Chapitre 8

Jack ne bougeait plus, écoutant les pensées de son amant puis l'attrapa au moment où il s'affaissait, son sexe glissant hors de son abri. Il l'aida à s'allonger et lui caressa doucement la joue tout en souriant.

– Je vois que tu as aimé, souffla-t-il en le voyant ouvrir les paupières.

– Oh oui, murmura le Gallois, c'était…

– Oui ?

– Fabuleux.

– Tu as raison. Viens, l'invita le leader en ouvrant ses bras pour l'accueillir contre lui.

– Tu crois qu'on a vraiment le temps ?

– On va le prendre, répondit l'immortel en couvrant leurs corps humides. Je veux te garder encore un peu près de moi.

Après quelques secondes, les deux hommes sombrèrent dans le sommeil.

Quand l'immortel s'éveilla une demi-heure plus tard, il regarda son amant encore assoupi. Le jeune homme était si beau ainsi alangui. Jack le caressa des yeux puis n'y tenant plus, il posa ses lèvres sur les siennes dans un tendre effleurement.

Ianto glissa sa main derrière sa nuque et demanda à approfondir le baiser qui se fit plus passionné puis, lorsque le leader s'écarta, il ouvrit les paupières et lui sourit.

– Hé ! Quel réveil ! fit-il taquin.

– Tu sais bien que je ne peux pas me passer de toi !

– Oui et je ne m'en plains pas. Tu sais, je crois qu'il faudrait quand même que l'on aille rejoindre les autres, ils doivent commencer à trouver le temps long.

– C'est possible !

– Ok, on y va, fit le Gallois en se levant, tendant la main à son amant pour l'aider à se mettre debout.

Ils allèrent prendre une douche rapide, gardant sagement leurs mains à l'écart du corps de l'autre malgré l'envie qu'ils avaient de le toucher puis ils s'habillèrent et quittèrent la chambre.

Quand Jack descendit l'escalier, Tosh leva les yeux et lui fit un petit signe puis elle se replongea dans son fichier.

– Tout se passe comme tu veux ? demanda le leader en venant près d'elle.

– Oui, pas de problème. Nous avons rapporté le dîner, il est dans la cuisine.

– Vous nous avez attendus ?

– Oui, pourquoi ? Nous nous sommes arrêtés pour boire un verre avant de revenir. Il n'est que 20 h, ce n'est pas un souci.

– Bien, je vais demander à Ianto de réchauffer les plats et nous irons en salle de conférence.

– D'accord, répondit la jeune femme en reprenant son travail.

L'immortel sourit et lui caressa doucement la nuque avant de se rendre auprès du médecin.

– Owen, tu es sur quoi ?

– Des bricoles à terminer !

– Ok, nous n'allons pas tarder à dîner si tu veux te joindre à nous.

Le praticien leva les yeux et dévisagea son leader sans rien dire.

– Quoi ? demanda ce dernier.

– Rien, répondit-il, c'est juste que tu as l'air heureux !

– Je le suis. Bon, j'y vais, reprit le Capitaine en tournant les talons.

Quand il passa près de la cuisine, il vit le Gallois occupé à faire réchauffer le repas et poursuivit sa route vers les voûtes. Quand il revint, quelques minutes plus tard, l'équipe était dans la salle de réunion et discutait à bâtons rompus. Il prit place et se servit, participant à l'échange.

Quand le jeune homme sortit pour aller chercher le café, Tosh fit le rapport rapide de ses recherches concernant le message reçu le matin-même. Jack avait l'air dubitatif, il ne comprenait pas ce que cela voulait dire.

– Ok, dès que tu as une réponse, tiens-moi au courant. Il n'y a pas idée aussi de demander à rendre quelque chose sans dire de quoi il s'agit ! Merci Ianto, fit-il lorsque son amant déposa sa tasse devant lui. Bien, quand vous aurez fini, vous penserez à rentrer chez vous. Il est très tard, vous avez besoin de vous reposer. Ian, demain tu verras les archives, il y a des choses à classer, tu ne devrais pas en avoir pour longtemps.

– Ok, répondirent Tosh et Owen en se levant pour quitter la pièce.

Le Gallois ne dit rien, mais se posait des questions. Cependant, le sourire de son amant le rassura. Il rassembla les boîtes et les posa sur son plateau sous le regard du Capitaine qui se faisait violence pour ne pas venir le prendre dans ses bras.

– Tu as besoin de quelque chose ? demanda l'agent presque innocemment.

– Oui, mais je crois que ça attendra un peu, fit-il en s'approchant tout de même.

– Je vois !

– Si tu es d'accord, nous passerons la soirée chez toi.

– Pourquoi pas ?

– Demain, je voudrais que toute l'équipe se retrouve au Razzi.

– Un piano-bar ? Je ne savais pas que tu aimais ce genre d'ambiance !

– Tu sais, j'ai eu le temps de faire le tour de tous les styles de musique et j'avoue qu'il n'y a que dans ces endroits que je me sens bien.

– Ah !

– Et dans tes bras, évidemment, s'empressa de préciser l'immortel en l'enlaçant.

– Je me disais aussi, répondit le Gallois en souriant. Bien, je vais te laisser, j'ai du boulot. Quand j'aurai fini, il faudra que je m'occupe de tes affaires pour les emmener chez moi.

– Tu feras ça demain, fit le leader avant de l'embrasser rapidement et de le laisser partir pour qu'il s'occupe des pensionnaires.

Une demi-heure plus tard, Tosh et Owen quittaient la base et les deux hommes les suivirent de peu. Le jeune homme était heureux, à compter du lendemain son compagnon habiterait à l'appartement.

Arrivé chez lui, il accompagna son amant dans la chambre et ils passèrent dans la salle de bain pour une douche. Pour une fois, ils restèrent sages et se couchèrent rapidement pour se laisser sombrer dans le sommeil.

Au matin, Ianto se leva rapidement en constatant que le Capitaine n'était plus dans le lit. En entrant dans le salon, il le vit, debout devant la baie vitrée et alla se coller contre son dos, la joue posée à son cou.

– Bonjour, fit-il doucement.

– Tu as bien dormi ? s'enquit l'immortel en se tournant vers lui.

– Oui.

Leurs lèvres se soudèrent pour un doux baiser puis le jeune homme s'écarta pour aller faire du café pendant que son compagnon retournait dans la chambre pour s'habiller. Ce matin, ils n'avaient pas le temps de traîner, il y avait du travail au Hub.

Une heure plus tard, ils passaient la porte du bureau de l'office et descendaient dans les profondeurs du bâtiment.

Après avoir pris leur petit déjeuner, les quatre membres s'occupèrent des priorités, l'informaticienne essayant toujours de trouver un indice sur l'objet recherché par leur mystérieux interlocuteur. Mais à l'heure du déjeuner, elle n'avait toujours rien.

Ianto avait passé la matinée à ranger les archives et lorsqu'il referma la porte pour aller commander le repas, il était satisfait, il ne restait que très peu de choses à classer, avant que, bien sûr, d'autres objets ne viennent y être déposés. Il ne se passait pratiquement pas une journée sans que l'équipe ne ramène une nouveauté !

Lorsque le livreur eut déposé les boîtes, le jeune homme se rendit en salle de conférence après avoir demandé à ses collègues de venir le rejoindre, ce qu'ils firent séance tenante, attirés par la délicieuse odeur que laissait le jeune homme sur son passage. Il sourit en voyant leur réaction et déposa les plats sur la table.

– Ça sent bon, fit le leader en entrant dans la pièce.

– Oui, mais ça se mange chaud, alors viens t'installer !

Le Capitaine prit place puis se servit. Tous apprécièrent les mets gallois que l'agent Jones avait choisi et le repas se finit par le traditionnel café. Quand tous eurent terminé, ils allèrent reprendre leur poste, laissant le réceptionniste s'occuper du nettoyage. Avant de sortir, Jack posa un doux baiser sur ses lèvres et s'éclipsa pour le laisser travailler.

L'après-midi se passa tranquillement et vers 17 h, Owen et Tosh quittèrent la base, laissant les deux hommes seuls. Le Gallois descendit dans les voûtes pour nourrir les pensionnaires puis prévint son amant qu'il montait voir leur nouvelle protégée.

– Ian, qu'est-ce que c'est ? demanda le leader en montrant ce que l'agent tenait à la main.

– Oh ! Juste une gourmandise, je lui avais promis un cadeau hier et j'aimerais savoir si elle aime le chocolat.

– Le chocolat ! Quelle idée !

– Pourquoi pas ? Elle aussi a le droit d'avoir des péchés mignons, tu ne crois pas ?

– Si, mais sois prudent.

– Évidemment, répondit-il en quittant la pièce.

Quand il entra dans l'antre du ptérodactyle, celui-ci était enveloppé dans ses ailes et semblait somnoler. Lorsqu'il vit le jeune homme, l'animal le suivit du regard, mais ne bougea pas. Ianto lui parla doucement et s'accroupit à quelques mètres, ouvrant le papier de la tablette.

– Je ne sais pas si tu vas aimer, mais on peut toujours essayer. Goûtes-y, tu verras, ça pourrait te plaire, fit-il en avançant la main.

La bête leva la tête et tendit le cou pour saisir délicatement le morceau placé sur la paume ouverte. Puis elle fit sauter la gourmandise, ouvrant le bec pour la faire tomber dans son gosier. Pendant quelques instants, elle sembla goûter la nouveauté avant de se redresser et de s'approcher à petits pas, une sorte de roucoulement sortant de sa gorge. Ianto sourit et lui tendit un autre morceau qu'elle fit disparaître tout aussi rapidement. Quand la tablette fut totalement engloutie, le Gallois se releva doucement et lui flatta le bec.

– Maintenant, je dois te laisser Myfanwy. Je repasserai te voir demain.

Il quitta l'antre à reculons et se heurta à l'immortel qui le regardait depuis de longues minutes. Il sursauta et étouffa un cri de surprise.

– Chut, ne va pas l'effrayer, fit le Capitaine dans un murmure.

– Tu auras pu dire que tu monterais !

– Pourquoi ? Je voulais voir comment elle allait réagir. Il me semble qu'elle t'apprécie.

– Elle est un peu perdue, un peu de gentillesse ne fait pas de mal.

– Je m'en doute. Ce soir, nous allons baisser la barrière. L'installateur doit passer demain, ce sera plus simple, j'ai vu qu'elle avait pris une décharge lorsqu'elle a voulu descendre dans l'après-midi.

– Tu aurais pu me prévenir ! fit l'agent en jetant un coup d'œil à la créature qui s'était à nouveau enveloppée dans ses ailes.

– Tu avais du travail, je n'ai pas voulu te déranger.

– Ok ! La prochaine fois, n'hésite pas à m'appeler, j'ai bien quelques minutes à lui accorder. Bon, maintenant, il faut que je prépare tes affaires, fit le Gallois en descendant vers la zone principale.

Il se rendit dans la chambre de l'immortel et prit un sac où il rangea les vêtements de son amant puis il le rejoignit près du sas. Jack abaissa la protection et le jeune homme siffla pour faire sortir le ptérodactyle de son antre. Quand il le vit descendre vers lui, il jeta un morceau de chocolat que la bête attrapa au vol avant de repartir se percher.

– Pourquoi as-tu fait ça ?

– C'est simple, tu m'as dit qu'elle s'était prise une décharge, elle a donc compris qu'elle ne devait pas sortir. Mais lorsque nous sommes absents, elle ne doit pas rester prisonnière. En lui montrant qu'elle ne craint rien, elle va prendre confiance.

– Vu comme ça, effectivement, ça peut le faire, fit le Capitaine en passant son bras sous celui du Gallois pour l'entraîner vers la sortie.

Quand ils arrivèrent à l'appartement, l'agent rangea les affaires sur les étagères disponibles et il alla prendre une douche, rapidement rejoint par son amant qui l'honora longuement, lui faisant perdre ses repères, se gorgeant de ses cris de jouissance. Quand enfin, ils quittèrent la cabine, ils commandèrent le repas, n'ayant plus la force de s'habiller pour sortir, malgré le désir du Capitaine d'inviter son compagnon au restaurant. De toute façon, le lendemain, ils devaient passer la soirée avec leurs amis, alors, autant se reposer !

Au cours de la nuit, le jeune homme se réveilla sur le canapé où il s'était endormi, lové contre son amant. Il se leva et l'incita à aller se coucher puis Morphée les reprit rapidement dans ses bras.

Quand le Gallois ouvrit les yeux au petit matin, il croisa le regard de son partenaire. Celui-ci le détaillait depuis de longues minutes et n'avait rien fait pour le tirer de son sommeil.

– Salut, fit-il doucement.

– Tu as bien dormi ?

– Oui, répondit-il avant de l'attirer à lui pour l'embrasser.

– Ian, je crois qu'il vaut mieux que l'on se lève, louper le restaurant que je voulais t'offrir hier, ce n'est pas grave, mais nous avons du boulot.

– Tu as raison, fit le jeune homme en rejetant la couette.

Il quitta la chambre, nu comme un ver, sous le regard rieur du Capitaine. Quand celui-ci le rejoignit dans la cuisine, il l'enlaça tendrement, se collant contre son dos. Tandis qu'il préparait les tasses, l'immortel lui grignota le lobe de l'oreille, le faisant soupirer.

– Jack, tu devrais arrêter, fit-il en sentant le désir monter dans ses reins.

– Je le crois aussi, répondit-il en s'écartant.

Il prit sa boisson et se réfugia dans le salon, il fallait qu'il se calme sinon, ils n'étaient pas près de quitter l'appartement.

Une heure plus tard, ils passaient le sas du Hub et entendirent Myfanwy crier. Le Gallois lui jeta un morceau de chocolat et elle remonta dans son antre. L'immortel releva la barrière et se rendit dans son bureau.

Quand Tosh et Owen arrivèrent, Ianto leur prépara une tasse de café et la leur déposa puis il descendit aux archives. Il avait encore du travail et voulait en être débarrassé au plus vite, d'autant qu'il devait aller ouvrir l'office de tourisme aux visiteurs.

Quelques minutes après son arrivée, l'artisan qui devait poser le filet se présenta à la porte et Ianto lui laissa franchir le passage secret tout en prévenant le leader qui devait l'accueillir.

L'homme se révéla très efficace et méthodique dans son travail et deux heures plus tard, la protection était posée. Quand il avait vu le ptérodactyle, il avait eu un mouvement de recul bien compréhensible, mais une parole et la présence rassurante du Capitaine lui permirent de finir son travail sans aucun problème. Quand tout fut terminé, Jack le raccompagna à l'office avant de redescendre à son bureau.

En fin de matinée, une alerte obligea l'immortel à partir en intervention. Le médecin devant terminer des analyses et le Gallois étant bloqué au bureau, il n'eut pas d'autre choix que d'y aller seul.

Quinze minutes après son départ, un homme se présenta à l'office et s'arrêta sur le seuil avant de s'approcher du jeune homme.

– Bonjour Monsieur, fit ce dernier avec un sourire. Que puis-je pour vous ?

– Je souhaiterai voir Jack Harkness !

– Il n'y a…

– Je vous en prie jeune homme, fit le visiteur d'un ton sarcastique, je sais qu'il dirige l'institut Torchwood. J'ai pris mes renseignements avant de venir, d'autant que j'arrive de loin, de très loin même. Alors quand il reviendra, dites-lui qu'un vieil ami souhaite le rencontrer.

– Bien, puis-je connaître votre nom ?

– John Hart ! lâcha-t-il avant de quitter le bureau.

Ianto le regarda partir et sursauta lorsque Owen s'approcha de lui, quittant la réserve où il était resté silencieux pendant l'échange.

– Un vieil ami, hein ! fit-il, je ne suis pas certain que ce soit le cas, je ne le sens pas ce type !

– Moi non plus, mais il faudra le dire à Jack.

– Si tu veux mon avis, autant ne rien dire pour le moment, s'il veut vraiment le rencontrer, il reviendra et on le préviendra.

À ce moment, des vacanciers entrèrent dans la pièce et l'attention du jeune homme se reporta sur eux. En fin d'après-midi, quand il ferma, il avait oublié la visite de cet homme et descendit dans le Hub. Ce soir, il sortait au pub avec son amant et ses amis et ils devaient rentrer chez eux pour se préparer. Quand ils quittèrent la base, ils s'étaient donnés rendez-vous à 21 h au piano-bar et se séparèrent.

À l'heure dite, ils se retrouvèrent devant l'entrée du Hilton dans lequel l'établissement était installé. En voyant arriver l'immortel, Owen siffla doucement et Tosh fit un grand sourire. Il faut dire que le leader avait bien fait les choses. Pour une fois, il avait délaissé son manteau et ses bretelles pour revêtir un costume bleu marine et une chemise blanche dont le col était ouvert. Le Gallois portait un jean noir avec une chemisette à petits motifs rectangulaires et une veste à épaules en cuir. Les deux hommes étaient élégants et à cent lieues de leurs tenues habituelles.

L'immortel les invita à entrer et ils furent installés à quelques mètres de la scène où trônait un magnifique piano blanc.

Un serveur prit leur commande et ils commencèrent à discuter. Peu à peu, la salle se remplissait et un homme avait pris place devant l'instrument, égrenant des notes en fond musical. Puis au bout d'une heure, il fut proposé, aux consommateurs qui le souhaitaient, de venir sur l'estrade pour une petite prestation sans prétention aucune. Quelques personnes se déplacèrent puis l'immortel se leva à son tour sous le regard surpris de ses amis. Il murmura quelques mots au pianiste puis se tourna vers la salle et s'approcha du micro.

Sur la scène, Jack écoutait le tempo, tapant légèrement du pied en cadence avant de commencer à chanter. Sa voix profonde envoûtait l'assistance qui ne disait pas un mot, se contentant de regarder cet homme qui avait une présence et un charisme imposant le respect.

Ianto buvait littéralement les paroles prononcées par son amant qui fixait, de temps en temps, son regard sur lui. Le Gallois sentait la chaleur l'envahir, à ce moment-là, il aurait préféré être très loin de ce club, seul, en compagnie de l'immortel.

Tosh sourit en le voyant si subjugué et fit un léger signe à Owen qui se pencha. En se redressant, il posa sa main sur la sienne et la serra tendrement, faisant rougir la jeune femme qui baissa les yeux.

À suivre…