J'adooooore le début de ce chapitre, j'espère que vous l'aimerez aussi. J'ai eu le temps de plus écrire, le chapitre et un peu plus long que d'habitude et je crois que je préfère les plus longs formats. Bref, enjoy !


Quand Jack rentra dans l'appartement, il entendit Hiccup et Rapunzel parler doucement dans la chambre du brun. Il avait besoin de lui. Jack avait besoin de lui mais la blonde était là elle aussi. L'albinos sentit l'abattement l'envahir à nouveau. Oh tant pis pour sa fierté. Au point où il en était, son estime de lui-même ne pouvait pas tomber plus bas de toute façon. Sa vie était merdique de A à Z. Il se déchaussa et entra dans la chambre d'Hiccup sans même frapper.

Les deux amis étaient sur le lit et travaillaient paresseusement. Rapunzel ne dit rien en le voyant arriver, plutôt surprise de l'intrusion soudaine tandis qu'Hiccup le regarda avec inquiétude :

- Jack ? Tout va bien ?

L'albinos renifla, mais ne répondit pas. Il monta à son tour sur le lit et s'assit derrière Hiccup, qui le laissa faire, anxieux. Jack posa sa tête sur l'omoplate de l'autre garçon, enserrant de ses bras son corps. Il ferma les yeux, murmurant finalement un « non » faible. Alors qu'Hiccup incitait Rapunzel d'un regard à ne rien dire, les deux étudiants reprirent leur travail. Jack se laissa bercer par leur voix et par la respiration du brun, qui caressait parfois ses bras sans surement s'en rendre compte.

Au bout de quelques minutes, il se sentit déjà mieux. Changeant de position, il s'allongea dos à son ami, la tête posée sur l'oreiller du brun, le serrant contre lui, ignorant le regard curieux des deux autres. Hiccup lui caressa un instant les cheveux puis se retourna vers son amie avec un sourire confus :

- Désolé, il a une dure semaine. Sa… en fait sa petite-amie s'est barré à l'autre bout de la planète. Ça ne se voit pas, mais il peut vraiment éprouver des choses.

- Je vois ça, souffla-t-elle en grimaçant. Comment il s'est blessé au bras ?

- Bêtement. On cuisinait c'est moi qui l'ai coupé.

- Il ne t'en a pas voulu ?

Hiccup tourna tête vers Jack, qui dormait déjà, lâchant un sourire :

- Non, je ne l'ai pas fait exprès. Il le sait très bien.

Rapunzel sourit à son tour :

- Vous êtes vraiment proches, tous les deux. Je ne pensais pas que c'était à ce point.

- On se connait depuis toujours, fit Hiccup en se retournant vers elle. On a traversé beaucoup de choses ensemble.

- Vous n'avez jamais été en couple ?

- Nous deux ? Non, dit doucement le brun et il rit presque. Je doute que Jack l'ait déjà envisagé. Et moi… même si j'ai y pensé pas mal de fois… je ne crois pas que je pourrais.

Rapunzel sentit de la tristesse, et un peu de douleur dans la réponse du garçon.

- Pourquoi ?

Hiccup réfléchit un moment. Il décida d'être sincère :

- Il a… ce côté sombre en lui et je ne veux pas y être mêlé.

- Jack ? S'étonna la blonde. Un côté sombre ? Tu as peur de lui ?

- Parfois, souffla d'une voix presque inaudible le brun.

- Mais pourquoi ? C'est la première fois que je le rencontre et je peux déjà affirmer qu'il ne te ferait jamais de mal.

- Je le sais, et c'est pour ça que je m'en veux de ressentir ça pour lui, mais… je n'arrive pas à me défaire de cette sensation.

Rapunzel sentait bien que son ami n'était pas du tout à l'aise avec la conversation. Mais il semblait y avoir un abcès qu'il fallait crever. Elle insista gentiment :

- Tu lui en as déjà parlé ?

- Non, il… il ne comprendrait pas. Peut-être même qu'il le sait, en fait. Et puis je ne veux pas lui faire de mal. J'aurais peur qu'il s'éloigne de moi si je lui dis ça, sauf que j'ai trop besoin de lui pour risquer qu'il s'en aille.

Cette fois-ci, Rapunzel était vraiment inquiète ; elle ne comprenait pas.

- Attends Hiccup, il… il t'a déjà fait du mal ?

- Non ! Répondit l'autre vivement mais pas trop fort pour réveiller l'autre. Non, jamais de la vie. Pas Jack.

- Alors pourquoi tu aurais envie de le repousser ?

Le brun grimaça il fallait qu'il le dise. Il avait besoin que quelqu'un d'autre comprenne. Il devait le dire à quelqu'un. Maintenant. Il n'avait jamais ressentit ce besoin avant maintenant. Il enleva ses lunettes et les posa sur sa table de chevet, caressant la tête de Jack au passage.

- Son… son père la battu pendant toute son enfance, Rapunzel. Je l'ai aidé comme j'ai pu mais quand Ivan l'a découvert. Il m'a passé à tabac et m'a laissé pour mort. C'est… c'est comme ça que j'ai perdu ma jambe.

Rapunzel avait hoqueté et posé sa main contre sa bouche, l'air terrifié. Hiccup se mit à verser des larmes. Il ferma douloureusement les yeux :

- Il m'a… c'est pas tout, il… le… son père… son père m'a violé, Zel.

Il éclata définitivement en sanglot, se baissant jusqu'à ce que sa tête touche le matelas, au moment où la blonde poussa une exclamation étranglée, joignant l'autre main à la première. L'interjection fit se réveiller en sursaut Jack qui entendit les pleurs de son ami. Il ne mit qu'une seconde à analyser la situation, ne pensant pas à se demander pourquoi Rapunzel était dans un tel état de choc il se retourna vivement vers Hiccup qui s'était à peine redressé. Se mettant dos à la blonde, entre eux d'eux, il prit son visage en coupe pour le regarder. Il était mort d'inquiétude :

- Hic ? Hiccup, qu'est-ce qui se passe ? Qu'est-ce que tu as ?

Son cœur s'effrita quand il vit que le brun évitait son regard. Voir son visage rempli de larmes et le rictus de douleur qui tordait ses lèvres le fit extrêmement souffrir.

- Hiccup… Hic je t'en prie, dis-moi…

Il en aurait pleuré de désarroi. Finalement, le brun accepta de lever ses yeux verts sur lui pour les fermer aussitôt quand il plongea sa tête, s'excusant, dans le cou de l'albinos, qui adopta sa position pour accueillir l'autre dans ses bras. Le cœur de Jack allait exploser : il ressentait une immense souffrance ; il savait que ça n'était pas la sienne mais celle d'Hiccup.

Il serra le brun contre lui, tentant de calmer sa propre respiration. Il fit le point sur la situation. Rien n'avait pu arriver. Il n'avait dormi que quelques minutes. Rien n'était arrivé. Alors que lui arrivait-il ? Posant sa joue contre la chevelure brune, Jack parla d'un ton calme mais tremblant :

- Qu'est-ce qui arrivé ?

Il s'adressait à Rapunzel. Il l'entendait pleurnicher dans son dos. Si elle avait fait la moindre réflexion… si c'était elle qui avait mis Hiccup dans son état, il la jetterait par-dessus le balcon. Et ça n'était pas une métaphore. Fille ou pas, amie d'Hiccup ou pas, elle paierait si elle lui avait fait du mal. Il l'entendit renifler plusieurs fois. Du coin de l'œil, Jack vit qu'elle tenta de poser ses doigts sur le bras d'Hiccup, dont une des mains se raccrochait à ses cheveux blancs, l'autre à sa veste. Il cracha aussitôt, ne bougeant pas d'un iota :

- Ne le touches pas.

- Jack… articula piteusement Hiccup dans ses bras, ses pleurs se calmant doucement,

L'interpellé changea immédiatement de regard et de ton :

- Je suis là, Hic.

Soudain, alors qu'il sentait que son ami allait lui parler à nouveau, Rapunzel intervint. Elle prit une voix étrangement sereine et choquée :

- Il m'a dit. Il m'a dit pour… pour ton père.

Jack en eut le souffle coupé. Quoi ? Il lui avait tout dit ?

- Hic ? Murmura l'albinos pour une conformation.

Quand le brun hocha la tête, Jack n'en revint pas.

- Pou… pourquoi il t'en a parlé ? Requit-il d'un ton bien plus détendu à la blonde, tournant même la tête vers elle.

- On parlait de toi et soudain, j'ai senti qu'il n'allait pas très bien. Alors je lui ai posé quelques questions… je ne l'ai pas forcé à parler, je te le jure.

Jack fronça ses sourcils en prenant une mine misérable. Est-ce qu'elle avait peur de lui ? Qu'avait dit Hiccup exactement ? Sa gorge le piqua. Il n'osa pas regarder Rapunzel quand il demanda :

- Il… est-ce qu'il… Hiccup a dit qu'il avait peur de… de moi ?

Il savait que le brun l'avait entendu. Mais il devait savoir. Ça le rongeait de l'intérieur de pouvoir être source de crainte pour Hiccup. Rapunzel secoua la tête puis ajouta, prenant conscience que Jack ne la voyait pas :

- Non. C'est le lien entre toi et ton père qui l'effraie, je crois.

Jack leva les yeux au ciel en se mordant violemment la lèvre jusqu'au sang pour ne pas hurler à l'injustice. Il n'y était pour rien s'il était le fils d'un monstre. Il se le répétait tous les jours. Ça ne suffisait jamais. Il sentait la rage monter en lui, des points noirs de colère devant ses yeux. Sa respiration se fit forte et saccadée. Il cligna plusieurs fois des yeux en réprimant des larmes, serrant les dents, reniflant à grande peine.

- Je ne suis pas lui…

Rapunzel ne se sentait pas à sa place ; elle se leva, quittant la pièce en refermant la porte derrière elle, se sentant responsable de la tournure des choses. Hiccup soupira, inspira un grand coup puis se redressa, face à Jack. Il garda ses mains où il les avait posées : une sur la nuque de l'albinos et l'autre agrippant sa veste bleue. Il regarda longtemps son ami avant de déclarer doucement, descendant les yeux :

- Je suis désolé, Jack.

Ce qui ne fit que peiner encore plus l'ainé, qui baissa à son tour son regard quand Hiccup voulut y plonger le sien. Le brun se détacha un peu de lui, voulant lui faire lever la tête. Jack évita le contact il s'avança jusqu'à que sa joue ne se pose sur l'épaule droite d'Hiccup. Et il poussa, ce que fit tomber le brun à la renverse. Jack suivit le mouvement, l'accompagnant sans l'écraser, finissant coucher sur lui, la tête sur sa clavicule, son nez frottant la peau de son cou.

Il savait que la position pouvait paraitre érotique. Qu'Hiccup n'était pas du tout à l'aise comme ça, avec le bassin de l'albinos contre le sien, écrasé sous son poids et sa force, coincé entre ses jambes. Jack sentait le cœur du brun battre fort contre lui ; c'était la peur qu'il entendait. En réponse à elle, il allongea son bras gauche pour venir attraper la main d'Hiccup dans la sienne. Elles étaient toutes les deux moites. Hiccup tremblait.

- J… Jack s'il-te-p-plait.

La voix du garçon était pleine d'affolement ; Jack sentait ses tremblements, sa respiration hachée, sa panique. L'albinos n'agissait jamais comme ça. Jamais. Il savait très bien ce que cela produirait sur son meilleur ami mais là, après ce qui s'était passé avec sa mère, il avait besoin de savoir que son seul allié était avec lui par choix, pas par peur. Qu'il serait toujours là pour lui, parce qu'il l'avait décidé, pas parce qu'il était effrayé de ce qui arriverait s'il était contre.

Il lâcha la main, et se redressa, appuyé sur ses avant-bras posés de chaque côté de la tête du garçon, caressant doucement son front de ses pouces. Il mit son visage tout près du sien, se faisant violence pour ignorer les larmes qui menaçaient de s'échapper des yeux verts confus, mêlant leur respiration un long moment.

D'un coup de rein, Jack échangea leur position, faisant sursauter Hiccup, qui était au bord de la crise de panique. Aussitôt, l'albinos, l'autre allongé sur lui, entre ses jambes, passa tendrement ses bras autour de son corps. Le maintenir contre lui, sans l'emprisonner. Lui faire comprendre que c'était lui le maitre de la situation. Qu'il pouvait s'en aller à tout moment. Mais Jack le supplia d'une dernière pression de ne pas s'enfuir. Juste avant de faire tomber ses bras sur le lit, l'albinos murmura :

- Tu peux pas voir peur de moi, Hic… je t'en supplie. Je ferais tout pour toi tu le sais. Je ferais tout ce que tu voudras pour que tu me vois comme celui dont tu as besoin. Je serais ce que tu voudras. Mais je… je peux pas… Si tu as peur de moi, Hiccup, je perds toute raison d'être. Je ne veux pas vivre en sachant que ma seule présence dans ta vie est un fardeau. Je veux plus que tout être là pour toi. Je veux que tu me fasses confiance pour être la seule personne sur cette putain de Terre qui préférerait mourir plutôt que de te faire souffrir une seule seconde.

Hiccup tenta de se redresser à son tour, s'aidant de ses abdominaux, s'appuyant un peu sur ses bras branlants qu'il avait de chaque côté de la poitrine de l'albinos. Il resta un moment avec son front posé sur le torse de Jack, le temps de retrouver une respiration plus lente. Alors que l'autre pensait qu'il allait finalement se relever, Hiccup se hissa un peu plus haut pour mieux se caler contre lui. Le brun amena ses mains dans les cheveux blancs et cala sa tête au creux du cou de l'albinos pour respirer son odeur.

- Serre-moi contre toi.

Jack fronça les sourcils, espérant que c'était positif. Il s'exécuta. L'étreinte dura longtemps. Le garçon se demanda si l'autre s'était endormi quand il l'entendit murmurer.

- Tu es à la fois la personne que j'aime le plus sur Terre, mais tu représentes aussi celle que je déteste le plus au monde, celle qui me terrorise. Je n'ai pas peur de toi, Jack. Mais comme le fantôme d'Ivan me hante dans mes moindres faits et gestes, toi tu es toujours là, et il m'arrive de me demander quand est-ce que, à ton tour, tu te transformeras en cauchemar. Parce que c'est comme ça que je vois toutes choses de ma vie. C'est arrivé avec mes parents, avec ton père, avec moi-même. Ça ne s'arrête jamais. La moindre personne que je rencontre finit par faire des dégâts et je n'y suis jamais étranger, encore moins insensible. Je n'ai pas peur de toi ; j'ai peur de ce que tu pourrais devenir avec le temps. J'ai peur de ce que moi je pourrais faire si on s'en prend à nous à nouveau. J'ai ce voile de crainte et de haine qui m'entoure sans cesse. J'ai beau essayer de l'oublier, d'aller bien, il y a toujours quelque chose pour me rappeler qu'il plane autour de moi. Tu tires le voile de ton côté pour m'en protéger mais il arrivera bien un jour où tu seras à bout de force. J'ai bien conscience que tu fais toujours tout pour moi alors que je me roule en boule et que j'attends simplement que ça passe. Je ne suis pas courageux, je ne suis pas fort, je ne me suis jamais battu… j'aimerais parfois que nos rôles soient échangés pour alléger ta culpabilité. J'aimerais que, pour une fois, ça soit moi qui te protège et pas l'inverse. Que ce soit moi qui porte ta souffrance.

Jack avait fermé les yeux ; il savait. Bien sûr qu'il savait. Il le savait qu'Hiccup ne pouvait plus se supporter lui-même. Qu'il se détestait, qu'il pensait être un boulet et une source d'ennuis perpétuels, de souffrances. Pourtant, pour rien au monde Jack ne l'aurait abandonné pour quelqu'un d'autre. Il souffla, un petit sourire dans la voix :

- Ça fait plus de quinze ans qu'on se connait et dix depuis qu'on s'est promis de toujours veillez l'un sur l'autre, tu te souviens ? Avant même que tu ne saches pour ma situation, tu étais déjà là pour moi. Tu tiens toujours ta promesse, Hiccup. Je serais mort il y a des années sans toi et aujourd'hui encore, si j'avais habité tout seul, je ne serais surement jamais rentré. Je ne dis qu'on peut avoir une vie parfaite mais… on peut vivre. On peut vivre en étant là l'un pour l'autre. Et c'est déjà beaucoup.

Il se passa un temps avant qu'Hiccup ne chuchote :

- Tu le penses vraiment ? Tu crois vraiment qu'on peut oublier tout ça ?

- Pas oublier, mais Hiccup…

Jack força le brun à relever la tête pour qu'il le regarde, gardant son visage en coupe. Il continua d'une petite voix :

- … l'accepter et ne plus le laisser interférer dans nos vies. Parce que, putain, on mérite d'être heureux. On le mérite vraiment.

L'autre lui sourit piteusement, mordant dans une vieille habitude sa lèvre inférieur puis vint poser son front contre le sien, leur nez se frôlant, leurs yeux clos. Après quelques secondes, Hiccup rit un peu en rouvrant ses yeux encore un peu embués. En l'entendant, Jack l'imita, le regardant d'un air interrogateur.

- Ne nous mets plus jamais dans cette position, s'il-te-plait Jackson.

En disant ces mots, il s'extirpa des bras de son ami qui poussa un soupir amusé en se levant à son tour. Il haussa les épaules :

- Ça ne m'a pas dérangé.

- Moi si. Ton corps se fout peut-être d'être collé à moi mais le mien à une disposition naturelle pour réagir à… ça.

Hiccup le désigna tout entier en riant puis fit mine de sortir mais Jack le retint par le bras pour l'amener dans ses bras. Le brun sourit en répondant à l'étreinte.

- Je commence à croire que tu aimes les câlins. Et on a assez d'un gay dans cet appartement, pouffa Hiccup.

- T'es trop con, rigola à tour Jack en le repoussant pour qu'il sorte.

Rapunzel ne les attendait pas bêtement au salon. Elle s'affairait dans la cuisine. Jack regarda Hiccup en haussant les sourcils celui-ci lui regarda la jeune femme tendrement.

- Zel ?

La blonde sursauta. Elle se tourna vivement vers eux et quand ses yeux rencontrèrent ceux d'Hiccup, ils s'humidifièrent. Hiccup s'approcha d'elle et lui prit les mains.

- Zel, c'était il y a longtemps. Je… ça m'a fait du bien de te le dire, j'espère que tu ne m'en veux pas. C'est juste… il a emménagé ici donc c'est un peu effrayant pour nous de le savoir roder dans la ville.

La blonde se pendit à son cou.

- Tu peux tout me dire Hiccup. C'est horrible… je suis désolée.

Hiccup sourit un peu en la repoussant doucement.

- C'est la faute de personne ici. Tu n'as pas à t'excuser.

Elle tenta un maigre sourire puis porta son regard vers Jack, qui n'avait pas bougé.

- Je suis désolée si tu ne voulais pas que je sois au courant.

Avant que l'albinos ne puisse répondre, Rapunzel continua avec un débit rapide :

- Tu ne me connais, et je ne te connais pas non plus. Je comprends que c'est difficile de me voir savoir des choses sur toi qui sont extrêmement personnelles alors que je ne suis personne à tes yeux. Mais Hiccup compte visiblement beaucoup aux tiens, tout comme il est important pour moi et il avait besoin de parler. Je vais tous nous mettre sur un pied d'égalité, parce que je n'aime pas être dans cette position. Une femme m'a kidnappée quand j'étais bébé et m'a retenue prisonnière pendant une quinzaine d'année. A 17 ans, j'ai enfin compris qu'il fallait que je m'enfuis à tout prix et je l'ai tué. C'était un accident. Je me suis défendue alors qu'elle essayait de me retenir chez elle, dans cette maison que je n'avais jamais quittée. J'ai passé plus d'un an dans un hôpital spécialisé. Aujourd'hui, je vis avec deux personnes formidables qui m'ont adopté et je suis parfaitement heureuse. Et je ne suis pas devenue folle. Ou une meurtrière. Tout ce qu'il y a de plus normale – enfin presque. Donc, Jackson Frost – ça vaut aussi pour toi, Hiccup –, une personne n'est pas définie par son passé. Il est facile de passer outre ; il suffit de le vouloir très fort.

Elle ajouta en grimaçant un peu devant la mine complétement ahurie des garçons :

- Et aussi, il aurait fallu tuer ton connard de père – sans offenses – quand vous en aviez l'occasion. Moi, je sais que ça a dû m'aider à m'en remettre. Surement. Si je l'avais pas fait et qu'elle revenait dans ma vie… eh bien je la tuerais pour de bon.

En voyant que les autres la fixaient bêtement, Rapunzel lança joyeusement :

- J'ai cuisiné quelque chose. Avec ce que j'ai pu trouver. Je me suis dit que vous auriez faim.

Hiccup rit nerveusement et l'aida à tout amener sur le comptoir.

- Je t'adore, Zel. Je savais qu'il y avait une raison pour laquelle je t'adorais autant.

Jack ne disait rien, regardant la blonde et son meilleur ami s'affairer. Il grogna. Il allait appeler Anna.

0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

.

Jack sortit sur son balcon, cigarette au bec, portable à la main. Il allait composer le numéro d'Anna quand il vit qu'il avait un message vocal. D'Anna. Il alluma sa cigarette et lança le message.

- Jack. Je suis partie. J'ai pas pu me résoudre à rester. Je ne t'ai pas menti. Je voulais vraiment rester mais je ne peux pas. Je ne peux pas laisser Elsa gérer ça toute seule. Je vais la rejoindre et vivre avec elle, avec tous les risques que ça comporte. Je ne reviendrai pas. Quitter Tooth et Astrid a été une des décisions les plus dures à prendre. Te quitter toi a été plus simple que ce à quoi je m'y étais préparé. Je t'aime. Je t'ai aimé. Et… j'espère que tu ne te feras pas tuer, et qu'Hiccup non plus. Prends tes responsabilités et règle tes problèmes. Prenez soin de vous. Adieu, Jack.

L'albinos posa sa tête sur la rambarde. Puis la releva. Elle était partie, pour de vrai. Elle l'avait laissé. Pour aller risquer sa vie à Détroit. Pour rien. On toqua à la porte de sa chambre. Il entendit Hiccup l'appeler doucement. Écrasant son mégot, Jack le suivit dans la cuisine. Rapunzel les y attendait sagement, comme une mère aurait attendu ses enfants. Jack secoua la tête, souriant en la voyant : elle le fascinait. Pourtant, elle n'avait pas vraiment un cursus d'enfance parfaite. Comme quoi, elle avait surement raison.

Finalement, Rapunzel partit aussitôt après, laissant les garçons pour qu'ils discutent, dans un incroyable élan de bon sens. Hiccup, très vite, questionna Jack sur la rencontre avec sa mère, même si, au vu de l'état du jeune homme plus tôt, l'issu semblait logique.

- T'avais raison. Il y a rien à dire de plus. Elle veut juste les entreprises et l'argent qu'elles représentent.

- J'aurais préféré me tromper. Elle a des preuves au moins ?

- Je crois que… je suis même presque sûr que mon père a jamais levé la main une fois sur elle. Elle a que dalle, selon moi.

- Oh Jack… Je suis désolé, souffla le brun.

- Elle a une nouvelle famille. Peut-être même qu'elle avait avant de nous quitter. Elle voulait juste nos preuves... enfin non, mes preuves. T'avais raison sur ça aussi, elle ne savait pas que tu étais impliqué.

- Savait ? Tiqua Hiccup.

- Ouais, je… j'ai dû balancer un « nous » sans faire gaffe. Bref, elle voulait nos preuves et nos témoignages. Je ne suis pas sûr, mais elle a parlé d'une ancienne voisine, qui existait vraiment ; elle l'a possiblement payée pour qu'elle fasse un faux témoignage.

Il s'arrêta un moment puis jeta négligemment :

- C'est… c'est à cause d'elle que mon père nous a retrouvé. Et à cause d'elle que je suis fait tirer dessus et qu'il est entré par effraction l'autre soir. Sans les menaces de ma mère, Ivan ne serait jamais revenu vers nous. Jamais.

Hiccup expira longuement avant de ne finalement dire d'un ton abasourdi :

- Quelle famille de tarés. Sans… enfin sans te compter dedans hein.

- Famille de tarés, répéta Jack avec la même voix.

- Tu… il faut qu'on fasse quelque chose. Vraiment, je veux dire.

Comme Jack le regardait en haussant un sourcil, Hiccup ajouta :

- On ne peut pas juste attendre que ton père ou ta mère décide de nous faire tuer ou je ne sais quoi. On doit agir avant eux. Mais sans eux.

- Mais agir comment ?

- J'en sais rien, Jack, mais il faudrait trouver.

0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

.

C'est vers le milieu de l'après-midi que ça arriva. On toqua à la porte. Jack fit signe à Hiccup, assis à côté de lui dans le canapé, de rester en arrière le temps qu'il vérifie que ça n'était pas son père. Ça ne l'était pas. L'albinos, fronçant les sourcils, ouvrit la porte sur une petite brune à l'air de punk. Hiccup se fit la pertinente réflexion qu'elle n'était certainement pas une scout.

- Bonjour, tenta gentiment Jack. Je peux t'aider ?

- Ça je sais pas mais moi, je peux ! Fit-elle joyeusement en un chuchotement discret.

Jack regarda le brun qui l'avait rejoint avec un sourire dubitatif, presque en riant.

- Si tu es tu es témoin de Jéhovah, je suis presque sûr que faire du porte à porte est illégal à ton âge, se sentit obliger de dire Hiccup, ce qui fit ricaner Jack.

La jeune fille elle, ne perdait pas son sourire. Elle entra comme si elle était chez elle, ignorant le « eh » outré du plus grand des garçons, se rapprochant de Jack. Elle lança sa main vers la veste bleue et en sortit un petit micro de la poche de droite, elle l'écrasa dans sa main. Le brun se leva et les rejoint, balbutiant :

- Attends, que…

- Wow gamine, qu'est-ce que tu fous ? Le coupa Jack en attrapant les miettes dans la main de la fille. Qu'est-ce que c'est que ça ?

- Un micro, génie. Il n'y en a qu'un, donc maintenant on va pouvoir parler. Hiccup, ferme la porte d'entrée.

Le garçon était trop ahuri – qui était-elle, comment elle savait pour le micro, qui l'avait mis là, comment elle le connaissait ?! – pour ne pas obéir. Jack attrapa la petite par les épaules et planta son regard abasourdi dans le sien.

- Je suis vraiment heureuse de te rencontrer, Jackson.

L'interpellé la relâcha comme s'il s'était brulé, allant s'asseoir dans le canapé et Hiccup, les bras croisés, sembla réalisé quelque chose. La gamine le suivit, s'asseyant sur la table basse, puis continua :

- Je suis t…

- Ta sœur, Jack. Je crois que c'est ta sœur.

Jack se tourna vers son meilleur ami bouche bée le brun se justifia :

- C'est le portrait craché de ta mère.

- Oh putain… non, souffla l'autre alors que la jeune fille souriait à pleines dents.

- Si, s'enthousiasma-t-elle.

- Non…

- Mais si !

Le jeune homme poussa une plainte sourde en murmurant un nouveau juron.

- Enchanté, frérot.

- Tu n'es pas ma sœur, grommela Jack.

- En fait je suis ta demi-sœur. Je m'appelle Emma. Ravie de te faire ta connaissance.

- Attends, intervint Hiccup, tu as quel âge ?

- 14 ans dans 2 mois.

L'albinos gémit en mettant sa tête dans ses mains. Hiccup, maintenant accoudé au dossier du canapé, posa sa main sur l'épaule du garçon.

- Attends, répéta le brun. Com…

- Déni de grossesse.

Hiccup soupira avant de lancer :

- Ok, Emma, on va reprendre depuis le début si tu veux bien.

- Dis, est-ce que tu veux te taper mon frère ?

Jack hésita entre rire et pleurer. Hiccup s'étouffa un peu avant de faire un faux sourire et de prendre une mine dure :

- Déjà tu m'as l'air extrêmement malpolie pour une gamine de 13 ans donc je vais être sympa et te donner ton premier, qui sera aussi le dernier, avertissement. On va mettre les choses au clair tout de suite : tu n'es pas sa pote et encore moins la mienne. Tu vas nous parler autrement à moins que tu veuilles qu'on agisse comme des adultes pompeux avec toi et qu'on te traite comme l'enfant que tu es réellement, bien que tu essayes de faire croire que tu n'en es plus une. Ça s'appelle du respect mutuel ; même moi je savais ça à ton âge alors que je n'avais déjà plus la chance d'avoir des parents pour me le rappeler. Donc tu vas tout de suite te calmer parce que j'ai tendance à vite perde patience avec les enfants mal élevés dans ton genre.

Jack avait ouvert les yeux – les avait même écarquillé – et écarté ses mains de son visage, étonné du ton autoritaire de son ami. Il n'aurait pas aimé être à la place de la jeune fille, qui s'était, elle, renfrognée. Hiccup, qui sentait bien qu'il était allé un peu loin, se radoucit.

- Désolé mais je pense qu'on avait besoin de ça avant de pouvoir vraiment discuter.

- Je comprends, soupira Emma. Je suis juste hyper excitée de vous rencontrer. Enfin surtout Jack, parce que, pour être honnête, je ne savais pas que tu existais Hiccup, avant il y a quelques mois. Je pensais pas que tu étais aussi important.

- Mais tu savais pour Jack. Depuis combien de temps ?

- Ça ne fait pas longtemps non plus. Presque un an, en fait, quand maman et papa ont commencé à avoir des problèmes d'argent. Je les espionnais. Je fais beaucoup ça, je ne peux pas me contrôler, je suis sans cesse en train d'épier les gens. Mes psys disent que c'est une maladie, mais moi je trouve ça cool. On apprend vraiment plein de choses. Bref, le nom de Frost est arrivé dans une conversation. Puis le tien, Jackson. J'ai vite fait le rapprochement avec les entreprises, l'ancienne vie de maman dont elle ne parlait jamais, et l'argent que ça pourrait leur rapporter. Et toi, aussi, Jack, qui était mon demi-frère.

- Qu'est-ce qu'elle disait ? A mon propos ? Intervint le concerné.

- Je ne savais pas que maman avait eu un fils avant qu'elle ne parle de faire un procès à ton père. Et comme, techniquement, je ne suis au courant de rien, je ne lui ai pas posé de questions. On a déménagé un peu avant Noël pour venir habiter ici. C'est là que j'ai commencé à me dire qu'il y avait encore beaucoup de choses que je ne saisissais pas. Mais je me suis fait choper à les espionner, un soir, du coup j'ai dû faire profil bas pendant un moment. J'ai quand même un peu continuer à laisser trainer des oreilles. Il te battait pour de vrai ?

Jack regarda Hiccup avant de hocher la tête.

- Ouais. Ouais, il me battait pour de vrai.

Emma eut un petit frisson et une grimace.

- Désolé pour toi. Mais c'était con de ta part de mêler Hiccup à ça, vu comme ça a fini.

Le cœur du brun rata un battement. Jack avait dit que sa mère n'était pas au courant. Comment Emma pouvait l'être ? Il réfléchissait à tout allure alors que l'albinos attrapa sa main, toujours sur son épaule, et la serra sans rien dire.

- Tu as entendu tout ce qu'on a dit plus tôt, n'est-ce pas ? Quand Rapunzel était là.

- Ouep. Sacré histoire, elle, d'ailleurs ! Enfin, vos petites confidences étaient mignonnes aussi.

- Ma… notre mère a entendu aussi hein, soupira Jack.

- Ça oui !

- C'est elle qui a mis le micro dans la poche de Jack ? Demanda Hiccup.

- Ce matin, oui. Elle s'est dit qu'elle pourrait apprendre beaucoup.

- Elle a pas dû être déçue…

Jack leva un regard compatissant sur Hiccup, comme pour lui demander pardon. Le brun grimaça juste ; il n'y était pour rien.

- Pourquoi tu es venu le détruire, Emma ? Demanda Jack au bout d'un moment.

- Ma vie n'est pas aussi merdique la vôtre mais j'ai ma propre dose de tourments.

A ces mots, elle montra les cicatrices sur ses bras, qui étaient sans aucun doute auto-infligées.

- Je pense que ce que tu as dit plus tôt est juste, Jackson. Vous méritez d'être heureux. Mais ni ton père ni notre mère ne laissera ça arriver. Je ne choisis pas de camps. Simplement, je vous donne une longueur d'avance. Maman s'est surement déjà aperçue que le micro ne marchait plus ; elle va vouloir savoir pourquoi. Et elle peut devenir tarée, parfois. Je tiens ça d'elle ; je suis juste excentrique là où elle est diabolique. Faites attention à vous. De mon côté, je resterai vigilante si j'entends des choses.

La jeune fille se leva et, avant de sortir, elle sourit.

- Et j'entends toujours des choses.

Il se passa un long moment avant que les garçons arrivent à parler.

- Je ne comprends plus rien à nos vies, souffla Jack.

- Je pense… je me demande si ta sœur n'a pas une maladie mentale.

Il se défendit quand l'albinos le regarda avec une expression déconcertée :

- Un trouble de la personnalité, voire de l'identité.

- Toi et ta psycho de merde…

- Je suis sérieux. Mais bon, elle nous a aidé, non ?

- Je crois bien, répondit, peu sûr de lui, Jack. Même si je n'ai pas compris pourquoi elle l'avait fait. Et c'est trop tard, de toutes façons.

A nouveau, un silence se fit. Ce fut Hiccup qui le brisa :

- Bon, maintenant, ta mère sait. Qu'est-ce qu'elle va faire tu crois ?

- Nous harceler ? Lança Jack pour rire, mais il grogna quand il se rendit compte qu'il avait surement tristement raison.

- Est-ce… est-ce qu'on devrait porter plainte ?

- Vraiment Hiccup ?

Le brun vint finalement s'asseoir à côté de son ami et se renfrogna, prenant une main dans la sienne.

- J'en sais rien. Mais j'ai peur, Jack. J'ai vraiment peur que ton père finisse par se lasser d'attendre et que… qu'il revienne.

- Si on porte plainte, on pourra demander une protection, argua Jack.

- On pourrait le piéger. Le micro, c'était pas une idée pourrie. Si jamais Ivan apprend que tu as vu ta mère, il va vouloir se venger, nous effrayer pour ne pas qu'on se range de son côté. Il viendra surement nous trouver ici on s'arrange pour le faire parler juste assez pour avoir une vraie preuve irréfutable et on le fait coffrer pour de bon.

- Je… Je ne veux pas prendre ce risque, Hic. Dieu sait ce qu'il serait capable de nous faire. Les micros ne nous sauveront pas la vie s'il a décidé de nous tuer. Je vais l'appeler, prendre les devants, lui dire que j'ai vu maman, mais que j'ai dit que je n'avais pas de preuves. Que je ne porterai pas plainte, que je ne lui ai rien dit du tout, que je ne l'aiderai pas.

- Mais Sarah sait, Jack ! Se désola Hiccup. Comment ton père pourrait te croire si jamais ta mère va lui balancer ce qu'elle a appris grâce au micro ? Ou pire, qu'elle s'en sert pour porter plainte à notre place…

Hiccup gémit en se mettant la tête entre les mains et Jack grimaça.

- Je pense pas que ça soit recevable comme preuve, ça. Si ?

- Je ne suis pas en droit, Jackson, asséna le brun.

L'autre soupira, se sentant plus qu'inutile. Il souffla :

- Pour ce que ça vaut, je préfère que mon père aille casser la gueule à ma mère en sachant qu'elle nous a espionné plutôt qu'il vienne ici.

Hiccup ne fit que soupirer.

0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o0o

.

Les garçons ne parlèrent plus de ça de la journée et Jack n'appela pas son père. Ils mangèrent en regardant une série stupide et en parlant de tout et de rien. Le brun avait ôté sa prothèse pour s'avachir confortablement dans le canapé. Les sujets de conversations varièrent, puis finirent par dériver sur Anna.

- Je ne veux pas en parler, Hic. J'aurais dû lui dire ce qui se passait, c'est tout.

- Tu as peur pour elle ? Demanda après un instant le plus jeune.

- Oui et non. Elle est avec sa sœur, et je sais qu'Elsa peut la protéger. Probablement bien mieux que moi, je peux protéger qui que soit.

Hiccup ne répondit rien.

- Je crois que… Je pensais l'aimer vraiment mais au final, je ne me sens pas si triste que ça. Je me sens surtout en colère. Est-ce que tu crois que… tu crois qu'à cause de notre passé, je ne sais plus comment on fait pour aimer et faire pleinement confiance ?

L'albinos détourna le regard quand Hiccup se redressa pour le fixer.

- Jack, je ne pense pas qu'on soit cassés à ce point-là. Moi j'aimais John. S'il se pointait ce soir à la porte, je le reprendrais sans doute dans ma vie. Je lui faisais confia…

- Tu n'as pas couché avec lui, le coupa Jack.

Le brun avala sa salive, mordant sa lèvre inférieure.

- Ça n'a rien à voir. C'est différent.

- En quoi ?

- Jack, je ne ferai pas un cours sur les relations sexuelles mais, cher ami hétéro, ça fait mal. Très mal.

L'albinos ronchonna :

- Je sais, c'est pas q…

- Ça fait mal, surtout quand ton partenaire est en fait un violeur, Jack, qui n'en a rien à battre que tu souffres le martyr. Donc toute la confiance et l'amour du monde ont beau avoir été du côté de John, je ne pourrais pas enlever de ma tête le lien direct entre le sexe et la douleur.

- Mais… – j'en reviens pas que je parle de ça avec toi – c'est toi qui aurait pu… enfin tu vois…

Hiccup rit presque devant la gaucherie de son ami.

- Oui, c'est vrai, mais comme moi-même j'identifie ça à de la torture, j'ai pas vraiment envie de l'infliger à quelqu'un, surtout si je tiens à la personne en question.

- Mais pourtant tu sais que ça fait mille fois plus de bien que de mal ! S'indigna Jack.

- Je ne suis pas idiot, Jackson, s'échauffa Hiccup. Mais quand ça arrive, la peur prend le dessus. J'ai beau me hurler dessus, ça ne change rien, c'est plus fort que moi : j'ai peur de ne pas être considéré. J'ai besoin de me sentir parfaitement en sécurité et John était loin de me donner ça.

La conversation n'alla pas plus loin, même si Jack essaya plus d'une fois de faire comprendre à son ami qu'il faudrait bien qu'un jour il dépasse sa peur, jusqu'à ce qu'Hiccup finisse par s'énerver contre lui et que l'autre s'excuse piteusement. Jack savait que l'autre avait peur que son partenaire l'assujettisse, consciemment ou pas. Finalement, ils ne parlèrent plus, regardant simplement la télévision. Jusqu'à ce que le brun s'endorme sur l'épaule de Jack.

Ce dernier sourit doucement puis se figea en repensant au deux derniers jours. Plus que jamais, sa vie lui échappait, mais Hiccup était toujours là à ses côtés. Constant. Il embrassa d'un geste maternel le crane de son ami avant de le remuer un peu.

- Hic, va te coucher.

L'autre geint puis grogna, tout endormi :

- Je veux pas dormir tout seul.

Jack se sentit un peu coupable. Il avait amené le sujet du sexe ; même si le brun faisait tout pour ne pas le montrer, Jack savait qu'il était terrifié que son père se pointe à nouveau. Et c'était compréhensible. L'albinos fit la moue, soupira. D'un geste las, il éteint la télé et aida Hiccup à se lever. Ce dernier marmonna quelque chose en s'appuyant de tout son poids sur Jack pour marcher.

Le plus vieux roula des yeux en voyant les efforts que faisait son colocataire pour le déranger le moins possible, si bien qu'il manquait de tomber à chaque saut qu'il exécutait. A nouveau, il soupira et, son bras autour de la taille de Hiccup, il le porta jusqu'à sa propre chambre – se faisant la réflexion qu'il ne pesait vraiment rien. Le brun était vraiment fatigué parce qu'il ne protesta même pas. Aussitôt dans la pièce, il enleva paresseusement son pull et son pantalon pour se vautrer dans la lit, gardant son t-shirt. Jack rit un peu en le voyant faire, se demandant s'il avait conscience de ne pas être dans sa chambre à lui. Il imita le garçon et se coucha à ses côtés.


Je ne sais pas pourquoi j'ai fait Emma un peu tarée et si elle va réapparaitre plus tard mais j'espère que le chapitre vous a plu !