A/N: bonjour à tous chers lecteurs. Avant tout, je vous souhaite à tous un très joyeux Noël. J'espère que vous avez tous passé une bonne soirée de réveillon et que vous profitez de votre journée, pour ceux qui ont la chance de ne pas travailler.
Ensuite, je tiens à m'excuser de ne pas avoir posté ce chapitre plus tôt comme je vous l'avais promis. Mais j'ai une bonne excuse cette fois, très bonne. Je suis en plein déménagement depuis Vendredi et ça me prend beaucoup de temps. Comme je n'ai que ma voiture pour le faire, ça me prend tout mon temps. 40 Km allée plus 40 km retour et ça deux fois par jour. Plus les chargements et déchargements, ce qui est le plus difficile car il y a une rivière qui passe juste à coté de mon chemin et qu'avec les fortes pluies des derniers jours, elle a débordée dans mon jardin.
Et pour finir, je n'ai plus internet. Le village où j'habite n'est pas couvert par mon operateur actuel et je dois donc attendre la fin de semaine pour changer mon abonnement internet. Encore une chance que j'ai encore internet dans mon ancienne maison, ce qui me permet de vous poster ce chapitre.
J'espère qu'il vous plaira et que vous me le ferez savoir avec un commentaire.
Je vous laisse maintenant le découvrir.
Sweety
Lors d'une enquête, Teresa Lisbon croise la route de Patrick Jane, un homme d'affaire qui ne la laissera pas insensible. Il a un passé trouble qui l'intrigue, mais qui l'attire également.
Chapitre 7
Dans la voiture qui les conduisait au CBI, les agents Cho et Rigsby avaient du mal à ne pas penser à leur patronne. Ils la revoyaient encore allongée sur ce lit, presque nue, ligotée et à la merci de cet homme. Ce qu'il lui avait fait? Ils ne le savaient pas et auraient voulut ne jamais le savoir. Malheureusement, ils n'avaient pas le choix. Pour les besoins de l'enquête, pour pouvoir arrêter l'avocat de la famille Perkins, ils allaient devoir apprendre la terrible vérité.
Ce que les deux hommes savaient déjà sur la jeune femme était bien suffisant pour eux. La souffrance et les malheurs qu'elle avait vécus au court de sa vie, la peine de perdre sa famille. Tant de choses infligées à une seule personne. Une femme qui avait depuis décidé de dédier sa vie aux autres, à rendre la justice à toutes les victimes. Et jusqu'à présent elle avait fait du bon travail, du très bon travail.
Mais aujourd'hui les choses avaient changés. Teresa Lisbon était passée d'agents en charge de l'affaire à victime. Les deux agents n'aimaient pas ça. Et ils savaient que ce serait pire pour Lisbon. Elle ne s'était jamais vue comme une victime, malgré ce qu'elle avait vécu dans le passé, et elle refuserait qu'on la traite en victime aujourd'hui.
Ils arrivèrent enfin au CBI où ils garèrent la voiture avant d'en sortir. Rigsby ouvrit la porte arrière et en fit sortir rudement Mr Lewis qui se débattait.
-" Un seul faux mouvement et vous le regretterez," siffla l'agent entre ses dents. " Et croyez-moi, il n'y aura aucun témoin."
-" Vous n'avez pas le droit," riposta l'homme.
-" Je le prends ce droit," répondit Rigsby. " Tout comme vous avez pris le droit de faire du mal à une personne qui m'est chere."
Lewis ne répondit rien, mais continua d'avancer vers le bâtiment. Cho les attendait déjà dans le hall et, lorsqu'ils entrèrent, le silence se fit total. Les agents présents cessèrent de parler pour regarder passer l'homme qui avait osé s'en prendre à l'un des leurs, l'homme qui avait osé toucher Teresa Lisbon.
L'agent Lisbon était respecté de tous ici, et admirée. Elle était la plus jeune à avoir obtenue sa propre équipe, en gravissant les échelons à une vitesse incroyable. Elle avait donné tout ce qu'elle avait pour en arriver là. Certains l'enviaient, la jalousaient. Mais tous la respectaient.
Lewis se sentit soudain mal à l'aise, sous les regards de tout ces gens qu'il ne connaissait même pas. Il avança, la tête basse, traversant le grand hall jusqu'à l'ascenseur. Lorsqu'il entra dans la cabine, il releva les yeux pour voir les regards de haines des agents présents. Les portes se fermèrent enfin, le cachant à la vue de tous. Il se pensait libre des regards, jusqu'à ce qu'ils arrivent à destination. A l'étage les attendait un homme qu'il connaissait déjà et dont il redoutait le regard.
Virgil Minelli se trouvait là, attendant que l'homme qu'il pensait être un ami, arrive. Les deux hommes se fixèrent intensément avant que Lewis baisse la tête. Il venait de tout perdre aujourd'hui par ce qu'il avait fait. Et bien qu'une part de lui soit honteuse de son geste, une autre ne regrettait rien de tout ça. Il avait de bonnes raisons pour avoir agit ainsi, des raisons qui n'appartenaient qu'a lui de connaitre. Malheureusement aujourd'hui, il allait devoir révéler ces raisons, bien qu'il ne le veuille pas particulièrement.
Cho et Rigsby l'emmenèrent en salle d'interrogatoire avant de le laissait là. Ils retournèrent chacun à leur bureau. Lewis, dont les mains étaient toujours menottées, attendit que quelqu'un vienne le voir. Ils savaient ce que les agents cherchaient à faire, mais ça ne marcherait pas. Il n'était pas un de ces criminels de seconde zone que l'on pouvait intimider si facilement. Du moins c'est-ce qu'il pensait. Mais au bout de vingt minutes, il commença à s'impatienter et même à s'inquiéter.
Et alors qu'il commençait à vraiment perdre patience, la porte s'ouvrit pour laissé entrer Madeleine Hightower, un regard mauvais et une lueur meurtrière dans les yeux.
- oooo -
Cela faisait environ trente minutes que Jane attendait devant la porte de la salle d'examen. Teresa était de l'autre coté avec un médecin. Il était inquiet, il mourrait d'envie de passer cette porte et d'allé la rejoindre. Il voulait lui prendre la main et l'aider à traverser cette épreuve. Il voulait la rassurer, lui faire comprendre qu'il était là pour la soutenir. Mais il savait qu'il n'en avait pas le droit.
Il se passa une main sur le visage, chassant le reste des larmes qu'il avait versé lors du trajet en ambulance. Il ne lui avait pas lâché la main, était resté auprès d'elle jusqu'à ce qu'ils arrivent à l'hôpital. Seulement là avait-il dut lui lâcher la main, à contre cœur, pour laissé les médecins prendre soin d'elle.
Si Teresa n'avait pas tant besoin de lui en ce moment, il serait partit pour le CBI et la venger. Maitre Lewis, un homme qu'il connaissait et respectait, s'en était prit à elle, lui avait infligé ce qu'une femme redoutait le plus. Il sentit la colère montait en lui à cette simple pensée. Il serra les poings et les dents, se retenant de son mieux de ne pas exploser.
Il revoyait encore Teresa sur son lit, à demie nue. Il revoyait les larmes sur ses joues, il entendait encore ses suppliques. A cet instant, il avait sentit une rage meurtrière l'envahir. Mais il s'était retenu, focalisant son attention sur la femme devant lui qui avait tant besoin d'aide.
Mais maintenant, il ne supportait plus d'attendre dans ce couloir. Il avait besoin de la voir, de s'assurer que Lewis ne lui avait pas fait plus de mal qu'il ne le pensait. Il pria intérieurement pour qu'il ne lui ait pas fait ce qu'il craignait, pour qu'il ne lui ait pas infligé ça. Il ne savait pas s'il supporterait cette idée. Pire encore, comment Teresa réagirait à ça.
La porte de la salle d'examen s'ouvrit à l'instant où il s'apprêtait à y entrer. Une infirmière s'approcha de lui, posa une main douce sur son épaule et lui fit un faible sourire. Il tenta de le lui rendre, mais le cœur n'y était pas. La femme l'entraina avec elle dans la salle et il suivit sans un mot, trop heureux de pouvoir enfin voir Teresa.
Elle était allongée sur le lit, ses longs cheveux noirs contrastant avec le blanc de la literie. Elle avait des bandages autour des poignés, un pansement sur le front. Déjà, des traces bleues apparaissaient sur son si beau visage. Elle avait les yeux clos, mais elle ne dormait pas. Il pouvait le voir à la façon dont elle s'était tendue lorsqu'il s'était approché. Alors qu'il posait sa main sur son épaule, elle ouvrit les yeux et tenta un sourire qu'elle voulut rassurant, mais échoua.
Jane prit place sur la chaise à coté du lit, n'osant pas s'approcher plus près. Bien qu'elle semble se sentir à l'aise en sa présence, il savait que Teresa n'était pas encore prête aux contacts prolongés. Mais lorsqu'il retira sa main de son épaule, elle l'attrapa de sa main délicate. Elle avait la tête basse, n'osant pas rencontrer son regard. Jane savait parfaitement ce qu'elle avait. Alors, doucement, sans gestes brusques, il posa deux doigts sous son menton et la força à relever la tête.
Elle ferma les yeux et les garda obstinément clos. Il lui caressa tendrement la joue de son autre main, évitant les marques certainement douloureuses. Ce ne fut qu'alors qu'elle eut le courage d'ouvrir les yeux et de le regarder. Jane lui sourit. Elle lui rendit son sourire, et les larmes qu'elle avait jusque là retenues bravement, coulèrent le long de ses joues. Elle tenta de les chasser, mais il repoussa doucement sa main pour les chasser lui-même.
-" Je suis désolée Patrick," souffla Teresa.
-" Tu n'as aucune raison de t'excuser," dit-il. " C'est moi qui m'excuse."
-" Pourquoi?" Demanda-t-elle, soudain mal à l'aise. " Qu'est-ce que tu as fait?"
-" Ce que je n'ai pas fait plutôt," corrigea Jane. " Je n'ai pas été là quand tu avais besoin de moi. Et ce soir tu avais vraiment besoin de moi."
-" Mais tu étais là," précisa-t-elle. " Bien qu'un peu tard."
Cette phrase fit remonter la colère en lui et il serra involontairement la main de Lisbon qui émit un petit gémissement. Il la relâcha aussitôt et s'éloigna, se sentant coupable de lui avoir fait mal. Mais pour Lisbon, qu'il s'éloigne ainsi fut pire que de lui serrer la main. Elle se sentit rejetée, comme s'il ne voulait plus d'elle maintenant qu'il savait ce qu'elle avait subit.
Elle se tourna sur le coté, remonta ses jambes contre sa poitrine, ne faisant pas attention à la douleur de ses côtes. Elle laissa les larmes couler sur ses joues. Elle avait honte de ce que lui avait fait Lewis, honte de ne pas avoir été capable de se défendre. Et maintenant, à cause de ça, elle perdait la seule personne qui comptait pour elle, qui avait une si grande importance dans son cœur.
Jane sentit son cœur se serrer à la réalisation de ce qu'il venait de faire. Il avait crut la faire souffrir en lui serrant un peu trop la main. Mais c'est de s'éloigner qui la faisait le plus souffrir. Il se rapprocha, posa sa main sur son épaule, mais elle le repoussa.
-" Teresa," tenta-t-il.
-" Vas t-en," répondit-elle, des sanglots dans la voix. " Laisse-moi tranquille."
-" Je suis désolé Teresa, je ne voulais pas faire ça," tenta-t-il encore.
-" Tu n'as rien fait. C'est moi la fautive. Je suis flic, j'aurais dus me défendre mieux que je ne l'ai fait. Maintenant s'il te plait, pars et ne reviens pas."
-" Je refuse de t'abandonner," le ton de sa voix obligea la femme à se retourner. Elle rencontra son regard, un mélange à la fois de colère et d'amour. " Ce que cet homme t'a fait est horrible et je peux comprendre que tu veuille être seule. Mais je refuse de partir alors que tu as besoin de moi."
-" Je n'ai jamais eus besoin de personne avant," siffla-t-elle entre ses dents, ne supportant pas d'être une obligation pour lui. " Cette fois ne sera pas différente."
Jane resta sans voix face à cette admission. Il s'était douté qu'elle ait vécue des horreurs dans son enfance, mais il n'avait jamais imaginé une chose pareille. Il sentit ses yeux bruler, les larmes couler. Elle avait tellement souffert dans sa vie et maintenant ça. Son cœur se serra un peu plus et il ne résista pas plus longtemps.
En deux grandes enjambés il fut à ses cotés, l'attrapa par les épaules et l'attira dans ses bras avec force. Teresa se tendit immédiatement en sentant ses bras autour d'elle, sa respiration se fit plus saccadée. La peur l'envahie et elle sentit la sueur couler de son front.
-" Pitié," laissa-t-elle échapper dans un souffle, tremblant de tout son corps.
Mais Jane ne la lâcha pas. Au contraire, il resserra un bras autour d'elle tandis que d'une main il lui caressait le dos dans un geste doux et lent. Il savait que ce qu'il faisait était risqué, que Lisbon pouvait le rejeter, le repousser pour de bon. Mais il était prêt à prendre ce risque, car cela pouvait finir autrement. Si Teresa voyait qu'il ne la rejetait pas, qu'il était là pour elle, alors peut-être qu'elle lui accorderait sa confiance.
Il la sentit trembler de plus en plus et il eut peur un instant qu'elle soit en état de choque. Mais alors qu'il s'écartait doucement, il sentit ses mains attraper sa chemise et le retenir. Elle posa son front contre son torse et elle fut secouée de sanglots. Jane la laissa pleurer autant qu'elle en avait besoin, lui caressant la tête d'un geste rassurant.
Lisbon pleura comme elle n'avait pas pleuré depuis longtemps, évacuant toute sa peur, sa rage, sa peine. Elle pleura pour la victime qu'elle était redevenue, pour le mal qu'il lui avait été fait et pour ce qui allait suivre. Elle savait qu'elle ne s'en remettrait peut-être pas cette fois, pas comme lorsqu'elle était enfant. A cette époque, elle s'était débrouillée seule.
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Allongée sur le sol, la chemise de nuit en pièces autour de son petit corps meurtrit, Teresa n'osait pas bouger. Ses petites mains tremblantes étaient couvertes de sang. Elle avait peur de faire le moindre mouvement, peur que Mr Hollister ne se lève et recommence, qu'il lui fasse encore du mal. Il s'était passait des heures depuis qu'il l'avait trouvé dans son placard. Il l'avait frappé, l'avait touché à des endroits interdits et elle se sentait si honteuse. Personne n'avait le droit de la toucher là, personne. Même si elle n'avait que quatorze ans, elle savait que c'était interdit, que Jackson Hollister n'avait pas le droit. Il avait fait la même chose à Sarah, puis à Lindsey. Et maintenant elle.
Teresa tourna la tête vers son agresseur, un peu plus loin sur le sol de la chambre. Il était immobile, les yeux clos, du sang s'échappant d'une plaie à l'abdomen. L'adolescente se tourna sur le coté, grimaçant de douleur, puis se redressa sur les genoux. Elle laissa tomber le couteau qu'elle tenait bien fermement entre ses doigts. Elle l'avait prit avant de monter dans sa chambre, se doutant qu'elle en aurait besoin pour se défendre.
Elle avança doucement vers le corps de l'homme et elle l'entendit grogner. Elle recula rapidement, se retrouvant le dos contre le mur. Elle remonta ses jambes contre sa poitrine, les entourant de ses bras et laissa sa tête tomber sur ses genoux. Elle sentit la peur lui envahir le corps, ses yeux la bruler de larmes qu'elle tenta vainement de retenir.
Hollister ouvrit les yeux, grogna un peu plus fort et porta une main à son ventre. Il retira des doigts couverts de sang et tourna la tête vers Teresa. Il se redressa avec peine et avança vers la fillette. Il s'arrêta devant elle et Teresa s'immobilisa, retenant son souffle pour ce qui allait suivre.
-" Tu me le paieras salle gamine," jura l'homme entre ses dents. " Mais pas ce soir. Ne parle à personne de ce qui est arrivé ou la prochaine fois sera pire."
-" Je…" tenta-t-elle de parler, mais les mots ne vinrent pas.
-" Je me charge des explications," coupa-t-il. " Toi tu reste là jusqu'à ce que je vienne te chercher." Puis il s'éloigna avec difficultés vers la porte, mais s'arrêta avant de sortir et se tourna vers elle. " J'ai quand même passé un bon moment et je compte bien recommencer."
Et là, il sortit, laissant Teresa seule dans sa chambre, sa chemise de nuit en morceau et du sang partout sur le corps. Elle écouta les pas de Mr Hollister disparaitre au fond du couloir et seulement là laissa-t-elle les larmes inonder ses joues. Elle s'était juré deux ans plus tôt qu'elle ne serait jamais la victime de cet homme. Mais aujourd'hui, elle l'était et elle ne pouvait rien y faire. Elle espérait juste que ça n'arriverait plus jamais.
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Teresa pleurait toujours dans les bras de Jane et ce dernier la laissa faire jusqu'à ce qu'elle se sente mieux. Il savait que ce ne serait pas quelque chose facile à surmonter, mais il serait là pour elle, aussi longtemps qu'elle en aurait besoin et plus encore si elle le voulait bien. Il ne voulait plus la quitter. Ces quelques jours loin d'elle avaient été difficiles à supporter, plus qu'il ne le pensait possible. Il s'était inquiété pour elle, ayant peur qu'avec cette enquête le tueur de sa sœur ne s'en prenne à elle.
Ses peurs avaient été confirmées et il s'en voulait tellement. Malheureusement, il ne pouvait plus rien faire pour ça, il ne pouvait changer le passé. Par contre, il pouvait faire quelque chose maintenant. Il resserra ses bras autour de la jeune femme, lui embrassa le dessus de la tête et il la sentit bouger contre lui. Il la laissa s'écarter, mais garda ses bras autour de son corps.
Finalement, Teresa leva un regard humide de larmes vers lui. Ses cheveux étaient en batailles, cachant une partie de son visage. Jane passa une main sur son front, chassant quelques mèches. La marque sur sa joue fut alors beaucoup plus visible et Jane sentit de nouveau la colère monter en lui.
-" Ça ne fait presque pas mal," dit-elle, tentant de le rassurer. " Je… Je crois que j'ai besoin de me reposer."
-" Très bien," approuva Jane en se redressant. " Je vais te laissé dormir."
-" Non," dit-elle un peu brusquement en lui attrapant la main. " Reste avec moi s'il te plait. Je ne veux pas rester seule. Je… Je fais des cauchemars," avoua-t-elle en baissant la tête. " Je revois… celui qui… Je ne veux pas rester seule."
-" Je ne te laisserais pas seule Teresa," assura Jane. " Et si tu as besoin de parler, je suis là. Je sais que tu ne veux pas me dire ce qu'il t'ais arrivé et je ne t'y forcerais pas. Mais si un jour tu en ressens le besoin, n'hésite pas."
-" Pas maintenant," souffla-t-elle. " C'est trop tôt et… Mais si j'ai besoin de parler, tu le sauras."
Jane hocha la tête avant d'aider Teresa à s'installer aussi confortablement que possible dans le lit. Il remonta la couverture sur elle et s'apprêtait à s'installer sur la chaise lorsqu'une fois de plus, elle lui attrapa la main.
-" Viens près de moi," murmura-t-elle d'une voix suppliante.
Il hésita un moment. Il savait que les victimes de viols agissaient toutes de façons différentes, que certaines ne supportaient pas d'être touché. Mais il savait aussi que certaines se raccrochaient à une personne en qui elles avaient confiance. Teresa avait confiance en lui et il se sentait honoré. Mais se coucher avec elle n'était certainement pas une bonne idée.
-" Je le ferais avec plaisir en d'autres circonstances, mais pas ce soir," voyant son regard changer, il ajouta rapidement. " Je ne te rejette pas Teresa, ne te trompe pas. Je veux juste ce qu'il y a de mieux pour toi. Et pour le moment, dormir avec toi dans mes bras n'est pas le mieux. Mais je resterais là, sur cette chaise et te tiendrais la main toute la nuit."
Malgré son envie de dormir dans les bras de Patrick, de sentir son corps chaud contre elle et sa présence rassurante, elle comprenait sa façon de penser. Il avait raison, ce n'était pas une bonne idée. Alors elle se contenterait de sa main dans la sienne. Elle espérait juste qu'ils auraient un jour l'occasion de dormir ensemble, que Patrick n'hésiterait pas toujours à la toucher.
Teresa laissa retomber la couverture sur elle, la remontant jusqu'à son menton. Jane reconnut une sorte de geste pour se protéger plus que pour se réchauffer. Elle était définitivement traumatisée par ce qu'elle avait vécu et il lui faudrait du temps avant qu'elle se remette complètement, si toutefois elle y parvenait.
Il la vit fermer les yeux, mais elle ne s'endormit pas. Elle avait peur des cauchemars, ce qu'il ne pouvait lui reprocher. Lui-même en faisait parfois, concernant l'accident qui lui avait volé sa famille. Pour lui aussi le sommeil ne venait pas facilement.
Il entendit Teresa gémir doucement, les yeux toujours clos. Elle tenta de le masquer en baillant, mais Jane n'était pas dupe. Elle avait mal mais cherchait à le lui cacher. Il se souvenait de la première fois où il s'était rendu chez elle, lorsqu'il l'avait aidé à se déshabiller. La marque sur ses côtes. Elle lui avait expliqué plus tard que cela venait d'une altercation avec un suspect. Et l'agression de ce soir n'avait certainement pas aidé.
En pensant à ça, Jane se demandait toujours ce que Lewis lui avait fait exactement. Il l'avait frappé, de ça il ne doutait pas. Mais à quel point lui avait-il fait mal? Il n'osait pas demander, il avait peur de ce qu'elle lui répondrait. Mais il ne parviendrait pas à se détendre tant qu'il ne saurait pas. Et même s'il savait que ce n'était pas le bon moment pour lui parler de ça, il devait savoir.
-" Teresa?" Appela-t-il doucement. La jeune femme ouvrit les yeux et le fixa. " J'ai quelque chose à te demander."
-" Tu veux savoir ce que Lewis m'a fait," dit-elle, se doutant qu'il lui aurait posé cette question à un moment ou à un autre. " Je… Je dormais quand il est arrivé, je rêvais de… De mon passé," elle fit une pause, prenant une profonde inspiration avant de continuer. " Et au milieu de ce cauchemar, quelqu'un est arrivé."
Elle se mit à trembler et Jane se leva subitement de la chaise pour venir se placer sur le lit. Teresa se redressa un peu puis vint s'installer contre lui. L'homme l'entoura de ses bras, lui embrassa le front et elle reprit.
-" J'étais si fatiguée que je n'ai pas réussis à me défendre. Mais je l'ai frappé, ce qui m'a permis d'attraper mon téléphone et d'appeler le premier numéro disponible. Ensuite, il est revenu et je ne sais pas trop ce qu'il s'est passé, mais je me suis retrouvée attachée à mon lit avec mes propres menottes." Elle leva les yeux vers lui et lui sourit. " Tu étais là avec moi," dit-elle en montrant son cœur. " Je n'étais pas seule avec lui."
Jane lui rendit son sourire. Ce simple geste, ces simples paroles lui allaient droit au cœur.
-" Il a commencé à me toucher, comme il me l'avait fait lorsque j'étais enfant. Je me suis débattu, mais je ne pouvais pas faire grand-chose. Il était trop fort pour moi. Je l'ai supplié de me laisser, mais il a continué. Il m'a retiré ma…" Elle fit une autre pause. Elle ne pouvait pas entrer dans les détails, c'était trop difficile.
-" Est-ce qu'il… Est-ce qu'il t'a…" Tenta Jane, ne parvenant pas non plus à finir sa phrase, ne pouvant pas dire le mot.
-" Pas dans le sens où on l'entend non," souffla-t-elle. " Mais pour moi c'était pareil. Il n'y a pas de différence."
-" Je suis désolé Teresa" murmura-t-il contre ses cheveux où il déposa un baisé. " Je suis tellement désolé pour tout ça, de ne pas avoir été plus rapide, de ne pas avoir ravalé ma fierté plus tôt. J'aurais dus être là, alors il ne t'aurait pas fait ça."
-" On ne peut pas changer le passé Patrick," lui dit-elle. " Mais on peut faire ce qu'on veut de l'avenir. Et avec toi à mes cotés, je m'en sortirais."
Il y avait tellement de certitudes dans sa voix que Jane voulut y croire. Il serra Teresa un peu plus fort dans ses bras et la sentit se détendre pour finalement s'endormir. Il resta un moment là, sans bouger. Il savoura la chaleur de son corps contre lui, les mouvements de sa cage thoracique à chaque respiration. Elle était là, brisée, mais en vie. Au bout de quelques minutes, Jane se désengagea de Lisbon délicatement afin de ne pas la réveiller, puis se leva du lit.
Il marcha jusqu'à la porte, la regarda une dernière fois puis sortit. Il ne comptait pas partir bien loin, il avait juste besoin de souffler un peu. Il n'aurait jamais imaginé deux semaines plus tôt qu'il pourrait tomber amoureux d'une femme après Angela. Sa femme avait été son premier amour, la première à l'avoir comprit, à ne pas avoir cherché à le changer. Depuis qu'il l'avait perdu, il avait cru que sa vie ne serait plus faite que de son travail.
Jusqu'à ce qu'il rencontre l'agent Teresa Lisbon. Cette femme avait changé sa vision de sa vie. Il avait eut peur au début. Ces sentiments qu'il ne pensait plus jamais pouvoir ressentir l'effrayaient plus que n'importe quoi. Et finalement, plus le temps avait passé, plus il s'était rendu compte qu'il n'avait aucune raison d'avoir peur. En particulier maintenant. Teresa avait besoin de lui aujourd'hui et il serait là.
- oooo -
Walter Mashburn marchait dans les couloirs sans vraiment savoir où il allait. Il avait reçu un appel de l'agent Hightower l'informant de ce qui était arrivée à sa collègue. Elle lui avait également dit que Jane était avec elle et qu'il aurait certainement besoin d'un ami. Et il était son ami. Si Jane avait besoin de lui, alors il serait là.
Walter savait tout de la vie de Patrick, enfin presque tout. Il savait à quel point il avait souffert à la mort de sa femme et de sa fille. Il avait été là pour l'aider à remonter la pente après sa dépression. Il l'avait soutenu, avait été son ami, même quand Jane le repoussait. Aujourd'hui il avait vraiment besoin d'un ami et il serait là pour lui.
En marchant dans le couloir il aperçu justement son collègue qui marchait sans vraiment regarder autour de lui. Il semblait perdu, une tasse à la main et Walter imagina tout de suite le pire. Il se précipita vers lui et attrapa son bras.
-" Patrick ça va?" Demanda-t-il, mais Jane ne répondit pas alors Walter l'entraina vers une chaise où il le fit assoir. " Patrick, est-ce que Teresa va bien?"
-" Teresa," souffla Jane. " Elle va bien oui, mais elle…"
-" Qu'est-ce qu'il lui a fait?" Voulut savoir Walter.
Jane tourna alors la tête vers lui et le milliardaire put voir la colère dans son regard. Il craignit le pire et n'osa pas poser d'autres questions. Il se contenta de rester là, lui offrant sa présence et son soutien. Il se souvenait encore de l'époque où il avait perdu sa femme et sa fille et aujourd'hui, il agissait de même. Walter savait ce qui risquait de se passer s'il le laissait seul. Il ne pouvait pas le laisser.
-" Ce monstre l'a touché," siffla Jane entre ses dents. " Il a posé les mains sur elle, il l'a frappé, violenté."
-" Oh mon Dieu," souffla Walter. " Mais il ne l'a pas…"
Jane fixa son ami dans les yeux et l'homme eut sa réponse. Il laissa échapper un soupir de soulagement, même si c'était dur pour lui d'entendre qu'il lui avait quand même fait du mal. Il aimait beaucoup les femmes, couchait même souvent avec des femmes qu'il ne connaissait pas. Mais jamais il n'aurait forcé une femme, jamais. Et cet homme avait fait ça à Teresa. Walter savait que rien ne pourrait calmer Patrick si jamais il parvenait à s'approcher du coupable.
-" C'est celui qui a tué ta sœur?" Demanda le milliardaire.
-" Non. Je ne sais pas quel est le lien entre ces deux hommes, mais je finirais par le savoir et ils paieront tous les deux. Pour Lydia et pour Teresa. Elles méritent justice."
-" Pas venant de toi Patrick," intervint alors son ami. " Pense à Teresa, elle va avoir besoin de toi, mais pas en prison."
Le silence retomba entre les deux hommes. Mais au bout de quelques minutes, Jane se leva et Walter le suivit sans un mot. Ils marchèrent dans les couloirs jusqu'à une porte devant laquelle le blond s'arrêta. Il leva une main mais n'osa pas ouvrir. Walter savait ce qu'il y avait de l'autre coté, une femme qui avait souffert et qui avait besoin de soutien. Alors il ouvrit la porte et entraina son ami dans la chambre.
Là, sur le lit se trouvait l'agent Teresa Lisbon. Walter devait bien reconnaitre qu'elle était belle, malgré les marques sur son visage et ses bras. Ses cheveux faisaient comme une auréole autour de son visage. Il resta à l'entrée de la pièce lorsque Jane avança vers le lit. Il se contenta de le regarder lui prendre la main qu'il embrassa avec délicatesse. Oui, son ami aimait définitivement cette femme.
Il resta ainsi quelques minutes avant de se décider à partir. Patrick et Teresa avaient besoin d'intimité. Il repasserait plus tard pour voir si Patrick avait besoin de quoi que ce soit.
- oooo -
Madeleine Hightower se trouvait devant le bureau de l'agent Minelli. Elle savait ce qu'elle avait à faire et, même si c'était son travail, ça n'en était pas pour autant facile. Annoncer à son patron que l'un de ces agents se trouvait à l'hôpital n'était pas toujours simple. Mais lui annoncer les raisons de son hospitalisation était encore plus difficile. Tout le monde au CBI savait à quel point Minelli tenait à Lisbon. Certains étaient jaloux de l'affection que leur patron portait à l'agent, pensant que c'est grâce à ça qu'elle était si rapidement devenue chez d'équipe. Mais les autres savaient qu'elle avait travaillé pour obtenir ce poste.
L'agent se passa une main sur le visage, tentant de chasser les images de sa collègue et amie. Jamais encore elle ne l'avait vu ainsi, perdue, détruite. Ce que cet homme lui avait fait été horrible, et encore, elle ne savait pas tout. Elle ne voulait pas savoir. Il s'agissait de son amie avant sa collègue. Connaissant en partie son passé, Madeleine savait qu'il ne lui serait pas facile de surmonter ce traumatisme.
La secrétaire de Minelli lui fit signe d'entrer dans le bureau et Madeleine prit une profonde inspiration avant d'ouvrir la porte. Elle trouva son patron devant la grande fenêtre, fixant l'extérieur. Il semblait soucieux, comme s'il savait déjà ce qu'elle était venue lui dire. Lorsqu'il se tourna vers elle, il avait des larmes sur les joues.
-" Je sais tout Madeleine," dit-il avant qu'elle ne puisse dire un mot. " Je sais ce que Lewis a fait à Teresa."
-" Je suis désolée Mr, j'aurais dus la protéger," s'excusa Madeleine.
-" Vous ne pouviez pas le savoir, personne ne le pouvait." Minelli s'assit sur son fauteuil et fit signe à son agent de s'installer. " Teresa est un bon agent, elle se donne toujours à cent pour cent dans ses enquêtes. Mais elle n'aurait jamais dut être sur celle-ci. C'est de ma faute si elle est à l'hôpital maintenant."
-" Non Mr," protesta l'agent. " Elle n'aurait pas accepté d'être retirée de cette affaire de toute façon. Vous la connaissez."
-" Oui, je la connais bien," approuva l'homme. " Mais elle était blessée et n'était pas en pleine possession de ses moyens. J'aurais dus le voir."
-" Elle sait cacher ce genre de choses."
-" C'est vrai et c'est justement pour ça que j'aurais dus faire plus attention à elle. Teresa est plus qu'un agent pour moi," confessa-t-il et Madeleine put voir de nouvelles larmes couler sur ses joues. " Elle est comme la fille que je n'ai jamais eus."
-" Elle est comme une sœur pour moi," avoua Madeleine et Minelli sourit. " Mais elle n'est pas seule et ne le sera plus jamais."
-" Vous parlez de Patrick Jane."
-" Oui Mr. Je sens qu'il y a quelque chose entre eux et je sais qu'il ne la laissera pas seule, surtout pas maintenant."
-" Je sais pour le lien de parenté de Patrick Jane et Lydia Perkins," dit Minelli. " Je ne l'ais jamais pensé coupable de sa mort."
-" Teresa non plus, mais elle a fait son travail et à enquêté sur lui pour s'assurer de sa complète innocence."
Le silence s'imposa dans le bureau durant quelques minutes. Ni l'un ni l'autre ne sut quoi dire. Ils avaient tous les deux de la peine pour Teresa, pour ce qu'elle avait subit aux mains de ce monstre. Ils ne pouvaient pas changer le passé, ils ne pouvaient pas effacer ce qu'il s'était passé. Mais il leur était possible de faire quelque chose pour l'avenir.
-" Vous êtes en charge de cette affaire Madeleine," dit alors Minelli. " Je compte sur vous pour faire parler ces monstres."
-" Je le ferais Mr," certifia l'agent.
-" Et je veux aussi que vous retrouviez cette Mme Rush," ajouta-t-il. " Je sais qu'elle n'est en rien responsable de ces morts. Mais je sais aussi qu'elle est coupable de quelque chose et je vous fais confiance pour trouver quoi."
-" Bien Mr."
Minelli attrapa un dossier devant lui, montrant ainsi que l'entretien était finit. Madeleine quitta donc le bureau pour rejoindre l'équipe de Lisbon qui l'attendait pour poursuivre l'enquête. Ils étaient parfaitement capable de faire leur travail, ils savaient exactement quoi faire à ce stade de l'affaire. Mais, étant donné les liens qui unissaient chaque membre de cette équipe, Hightower se doutait qu'ils avaient besoin de quelqu'un pour leur parler, les rassurer.
Lorsqu'elle entra dans l'open space, elle trouva les deux agents assit à leur bureau, ainsi que l'agent Van Pelt, un peu plus loin. Bien qu'elle n'ait rejoint l'équipe que depuis quelques jours, la jeune femme s'était très vite adaptée et semblait parfaitement à son aise avec les autres. Madeleine se dit qu'il serait peut-être bien de l'intégrer définitivement à l'équipe, elle serait un très bon atout.
-" Comment va Lisbon?" Demanda Rigsby en s'approchant de Madeleine. " Etes-vous allé à l'hôpital?"
-" Pas encore, je reviens juste du bureau de Minelli," répondit-elle. " Je compte m'y rendre ce soir. Par contre, je ne pense pas qu'il soit bon pour elle de voir trop de monde à la fois."
-" Des hommes vous voulez dire," dit Cho et elle hocha la tête. " Alors dites-lui que nous pensons à elle et que nous sommes là si elle en a besoin."
-" Je lui dirais," affirma l'agent. " Bon, Minelli veut que vous recherchiez tout ce que vous pouvez sur Mme Rush. Elle n'a rien à voir avec ces meurtres, nous le savons tous à présent. Mais elle a des choses à se reprocher."
Van Pelt s'approcha alors avec un dossier dans les mains qu'elle lui présenta et elle le prit et le parcourut rapidement. Lorsqu'elle releva la tête, Van Pelt semblait un peu gênée, en attente d'un commentaire.
-" C'est du bon travail agent Van Pelt," la félicita-t-elle. " Messieurs, voici une nouvelle piste à suivre. D'après les recherches de l'agent Van Pelt, Mme Rush aurait de la famille à Sacramento, une cousine. Je veux que vous alliez la voir, que vous l'interrogiez et que vous voyiez si elle saurait où nous pouvons trouver sa cousine."
-" Nous avons déjà cherché de ce coté là," fit remarquer Rigsby. " Nous n'avions rien trouvé."
-" Sa cousine ne porte pas le même nom qu'elle," précisa Van Pelt. " De plus, c'est une cousine éloignée du coté de sa mère. J'ai dus chercher en profondeur pour la trouver et ça n'a vraiment pas été facile."
-" Bien, nous y allons de suite," dit Cho en se levant et en prenant le dossier que lui tendait Hightower. " Tenez-nous au courant pour Lisbon."
Puis, les deux hommes partirent, laissant les agents Van Pelt et Hightower seules. Les deux femmes attendirent un instant qu'ils soient dans l'ascenseur puis Van Pelt se tourna vers sa supérieur.
-" Comment va réellement l'agent Lisbon?" Demanda-t-elle.
-" Pas bien," avoua Madeleine. " Du moins, de ce que je sais. Elle va avoir besoin de beaucoup de soutien de la part de ses amis."
-" Je ne la connais pas bien, mais je suis là pour elle si elle en a besoin."
-" Je lui dirais."
Les deux femmes se regardèrent dans les yeux, comme pour se faire passer un message qu'elles seules pouvaient comprendre. Puis, chacune repartit à ses occupations.
- oooo -
Depuis qu'ils avaient trouvé Lisbon dans cette situation la veille au soir, Cho et Rigsby avaient du mal à se concentrer sur leur travail. De la voir ainsi sur son lit, attachée avec ses propres menottes. Jamais ils n'avaient pensé, ni l'un ni l'autre, qu'ils la verraient un jour dans une telle situation. Teresa Lisbon était une femme forte, capable de se défendre contre n'importe qui.
Elle les avait formé, avait fait d'eux les agents qu'ils étaient aujourd'hui. Elle leur avait apprit presque tout ce qu'ils savaient, leur avait donné des conseils qui leurs servaient beaucoup dans leur travail de tous les jours. Elle n'avait peur de rien ni de personne et tous le monde l'a respecté. Ils savaient que cela ne changerait pas, que personne ne lui reprocherait son agression. Même les meilleurs agents pouvaient parfois avoir besoin d'aide.
Mais la voir ainsi, si faible, si perdue. C'était plus qu'ils ne pouvaient en supporter, plus qu'ils ne pouvaient le tolérer. Ces hommes devaient payer pour ce qu'ils avaient fait, pour le mal qu'ils avaient infligé. Mais ce ne viendraient pas d'eux. Madeleine Hightower pouvait être terrifiante lorsqu'elle le voulait, et encore plus si on s'en prenait à ses amis. Teresa Lisbon était sa meilleure amie et ils savaient qu'elle ne laisserait pas passer ça.
Pendant que Cho conduisait, Rigsby relisait le dossier que leur avait remit Madeleine, recherchant tout ce qui pourrait leur être utile lorsqu'ils rencontreraient la cousine de Mme Rush. La jeune femme, Lucille Tucker, était vendeuse dans un grand magasin. Elle était mère célibataire de deux petits garçons de huit ans et se démenait pour payer ses factures et nourrir sa petite famille. Elle n'avait vraiment rien à voir avec sa cousine et Rigsby se demanda un instant si elle saurait quoi que ce soit sur elle. Mais ils devaient essayer, c'était la seule piste qu'ils avaient.
Cho tourna devant un immeuble de banlieue et se gara rapidement. Il arrêta la voiture, mais ne sortit pas tout de suite. Il se tourna vers son collègue pour le voir le fixer avec le même regard. Ils pensaient la même chose.
-" On se concentre sur cette affaire," commença l'asiatique. " Je sais que tu as toi aussi envie de faire payer Lewis et Phelps, mais ce n'est pas notre place."
-" Ils doivent payer pour ce qu'ils ont fait," siffla Rigsby entre ses dents.
-" Et ils payeront sois en sûr. Hightower leur fera avouer, bien que ce soit inutile avec ce que nous avons contre eux. Mais en attendant, nous avons un travail à faire et nous le ferons bien."
Il n'attendit pas de réponse de son collègue et sortit de la voiture. Rigsby le suivit, bien décidé à faire son travail. Il aurait bien le temps de contacter deux ou trois amis à la prison du comté. Rien de bien méchant, juste de quoi leur faire comprendre qu'ils n'auraient jamais dut s'en prendre à Lisbon.
Il sortit à son tour, rejoignant son collègue qui se trouvait déjà devant la porte de l'immeuble. Une femme d'un certain âge arriva et Cho lui tint la porte. Elle le remercia d'un grand sourire et continua sa route. Ils en profitèrent pour entrer et trouvèrent le numéro de l'appartement. Ils frappèrent à la porte. Lorsqu'elle s'ouvrit, ils entendirent des cris d'enfants et une femme apparut devant eux.
-" Je peux vous aider messieurs?" Demanda-t-elle en rattrapant de justesse un petit garçon qui tenta de sortir. " Brian retourne dans le salon," sermonna-t-elle l'enfant. " Désolée, mon fils est intenable aujourd'hui."
Rigsby sourit en faisant un petit signe à l'enfant qui lui tira la langue avant de s'enfuir en courant dans le couloir.
-" Je suis l'agent Cho et voici l'agent Rigsby du CBI," les présenta Cho. " Nous sommes là pour vous parler de votre cousine Mme Rush."
-" Oh, vous voulez dire Celia. Et bien entrez, nous serons plus à l'aise dans le salon," proposa-t-elle en s'écartant de la porte.
Les deux agents entrèrent et suivirent la jeune femme qui les dirigea vers la cuisine, loin du bruit que faisaient les enfants. Elle commença à préparer du café tout en gardant un œil sur les enfants. Elle déposa les tasses devant eux, puis s'installa.
-" Que voulez-vous savoir sur Celia?" Demanda-t-elle.
-" Nous aimerions savoir si vous pouviez nous indiquer où la trouver," expliqua Rigsby.
-" Elle a fait quelque chose de mal?" S'inquiéta Lucille. " Elle a des problèmes?"
-" Nous menons une enquête sur son agence d'escorte," répondit Cho.
-" Oh, alors elle n'a pas arrêté si je comprends bien," souffla-t-elle. " Je ne sais pas si je pourrais vous être utile mais je sais qu'elle a un appartement dans le centre ville."
-" Auriez-vous une adresse?"
-" Je vous la note," elle se leva, attrapa un bout de papier et un stylo et leur nota l'adresse de sa cousine. " Je sais qu'elle a eut beaucoup de problèmes par le passé et j'ai tenté de l'aider. Mais avec les garçons, je ne pouvais pas faire grand-chose."
-" Merci beaucoup Madame," remercia Rigsby.
Mais alors qu'ils s'apprêtaient à partir, Lucille rattrapa Rigsby par le bras et ce dernier se retourna vers elle.
-" Ne lui faites pas de mal s'il vous plait," supplia-t-elle. " Elle a fait beaucoup de mauvais choix dans sa vie, mais elle n'a jamais fait de mal à personne."
-" Nous ferons de notre mieux, mais nous ne pouvons rien vous promettre."
-" Je comprends," dit-elle en baissant les yeux. " Tenez-moi au courant."
Elle relâcha le bras de l'agent qui rejoignit son collègue à la porte. Les deux hommes retournèrent ensuite à leur véhicule et rentrèrent au CBI.
- oooo -
Cela faisait environ deux heures que Jane était assit sur la chaise, tenant la main de Lisbon qui dormait encore. Elle avait eut plusieurs cauchemars au cours de ces deux heures, et il l'avait à chaque fois rassuré. C'était toujours la même chose, elle criait, suppliait qu'on ne lui fasse aucun mal. La première fois, une infirmière était arrivée et avait tenté de la calmer. Mais ça n'avait fait qu'empirer les choses et seul Jane avait été capable de la rassurer.
Depuis, personne d'autre n'était venus, sauf l'infirmière Nora qui lui avait apporté une tasse de thé de sa réserve personnelle. La femme avait remarqué qu'il aimait beaucoup le thé et savait que celui de l'hôpital était imbuvable. Ils avaient un peu parlé et Jane en était très reconnaissant. Cela lui avait permit d'oublier un peu la situation actuelle. Sa colère avait disparut l'espace de quelques minutes. Mais dès qu'il avait reporté ses yeux sur Teresa, elle était revenue.
Il aurait voulut pouvoir la venger, faire payer Lewis. Mais il savait aussi que Teresa ne le lui pardonnerait pas. Malgré ce qu'elle avait vécus, elle refuserait surement qu'il s'en prenne à l'homme au risque d'aller en prison. Et elle aurait raison. Elle allait avoir besoin de lui, tout comme il avait besoin d'elle. Il ne voulait plus être séparé d'elle, il voulait passer le reste de sa vie avec elle, même s'ils ne se connaissaient que depuis peu.
Il sentit du mouvement sous sa main et posa les yeux vers la femme dans le lit pour la voir bouger un peu. Il craignit l'espace d'un instant qu'elle ne fasse un autre cauchemar, mais il fut soulagé en voyant ses paupières s'ouvrirent doucement. Il lui serra la main avec délicatesse, attendant qu'elle s'éveille. Elle se tendit en sentant sa main dans la sienne, mais se détendit instantanément lorsqu'elle tourna la tête vers lui.
-" Hey Teresa," sourit-il en lui caressant la main de son pouce. " Ça va?"
-" Tu… Tu es resté là toute la nuit?" S'étonna-t-elle en retirant la main.
-" Oui, tu avais besoin de moi," répondit-il, ne montrant pas sa déception de la voir s'éloigner de lui. " Tu avais besoin de moi."
Teresa ne répondit rien et s'enveloppa le corps de ses bras, comme pour se protéger. Bien qu'il sache que c'était un geste naturel après une telle agression, il n'en était pas moins triste. Il ne fit aucun mouvement vers elle, préférant attendre qu'elle le fasse. Cela prendrait du temps, il le savait et il serait patient. Qu'importe si cela prenait des semaines, des mois. Pour elle, il était prêt à tout.
Lorsqu'elle se tourna vers lui, il remarqua ses yeux brillant et résista à l'envie de la prendre dans ses bras et de la rassurer. Ce fut elle qui se redressa, avec difficultés, et lui attrapa la main pour passer son bras autour de ses épaules. Il s'exécuta sans discuter, s'installant sur le lit et la serra doucement.
Elle laissa ses larmes couler silencieusement sur ses joues, se serrant un peu plus contre lui. Se montrer faible ainsi n'était pas dans ses habitudes, mais elle n'y pouvait rien. Ce qu'elle lui avait dit plus tôt était faux, elle ne pourrait pas s'en remettre seule, elle allait avoir besoin d'aide. Seul Jane pourrait l'aider, elle ne se sentirait à l'aise avec personne d'autre. Et cela l'étonna. La première fois, elle n'avait pas supporté le contact avec qui que ce soit, en particulier les hommes.
Mais aujourd'hui, elle avait besoin de quelqu'un et cette personne était Patrick, aussi étrange que cela puisse paraitre. Il avait été là pour la libérer des menottes, pour la faire sortir de son appartement et la conduire ici. Il avait été là toute la nuit alors qu'elle faisait des cauchemars. Elle ne s'était pas réveillée, mais elle avait sentit une présence rassurante.
Teresa leva les yeux vers elle, sa vision brouillée par les larmes. Il lui envoya un tendre sourire et lui embrassa le front doucement, sans gestes brusques. Elle ferma les yeux et savourant ce tendre contact. Au bout de quelques minutes, elle s'écarta de lui et il la laissa faire. Elle grimaça en se redressant dans le lit, mais Jane ne l'aida pas. Il savait qu'elle avait besoin de le faire seule, de se montrer qu'elle était capable de se débrouiller seule.
Une fois qu'elle fut assise, elle tourna la tête vers lui. Elle savait qu'il attendait qu'elle lui parle, mais elle n'était pas certaine d'être prête pour ça. Elle lui avait déjà parlé de son agression, ne lui avait rien caché, bien que cela ait été difficile. Mais lui parler du reste, de son enfance. Elle ne le pouvait pas, du moins pas maintenant. Peut-être lui en parlerait-elle plus tard, peut-être lui avouerait-elle ce qu'elle avait fait. Mais pas encore.
-" J'ai besoin d'un peu de temps Patrick," lui dit-elle. " Je ne suis pas encore prête à t'avouer ce que j'ai subis dans le passé."
-" Je ne te demande rien Teresa," affirma-t-il. " Je te donnerais le temps dont tu auras besoin. Je veux juste que tu sache que je serais toujours là pour toi. Et qu'importe ce que tu as fait, je ne te jugerais pas."
-" Qu'est-ce qui te fais croire que j'ai fais quoi que ce soit?" Prit-elle un air étonnée.
-" Je le sais c'est tout," répondit-il. " J'ai moi-même fais des choses dont je ne suis pas fier. Je ne suis pas encore prêt à t'en parler et je ne sais pas si je le serais un jour. Mais je sais aussi que si ce jour doit arriver, tu seras là pour moi, tout comme je serais là pour toi."
-" Merci Patrick," souffla-t-elle en lui prenant la main.
Elle regarda la chambre autour d'elle avant de se tourner de nouveau vers lui.
-" Quand pourrais-je sortir d'ici?" Demanda-t-elle.
-" Le médecin n'a encore rien dit, mais je pense qu'il serait bien que tu reste ici encore un peu," et avant qu'elle ne proteste, il leva une main et continua. " Tes blessures sont assez graves Teresa, tu as besoin de repos. Je sais que tu penses pouvoir te soigner seule, mais je pense qu'il serait mieux que tu laisses des professionnels prendre soin de toi, ne serait-ce que pour quelques jours."
-" Mais j'ai du travail," protesta-t-elle cette fois.
-" Tes collègues s'en chargent," assura-t-il. " Et je me sentirais plus tranquille de te savoir ici plutôt que seule chez toi."
-" Tu… Tu ne resteras pas avec moi?" Demanda-t-elle d'une petite voix, tentant de masquer sa déception.
-" J'ai du travail qui m'attends," répondit-il. " Et je risque d'être trop occuper pour t'aider convenablement." Il s'approcha d'elle et lui prit les mains. " Je voudrais pouvoir être là, mais Walter a besoin de moi. Je ne peux pas repousser mon travail plus longtemps, sinon il risque de tout perdre."
-" Je comprends," et elle comprenait vraiment. " Mais lorsque tu seras un peu plus libre, viens me voir. Ne me laisse pas seule ici."
Jane savait comme il lui en coutait de lui dire ça, d'avoir besoin de quelqu'un. Il la prit alors dans ses bras et la serra doucement.
-" Je ne te laisserais pas seule," la rassura-t-il. " Je viendrais te voir le soir après le travail et je resterais jusqu'à ce que l'infirmière de garde me revois."
-" Très bien," accepta-t-elle. " Je resterais aussi longtemps que le médecin le jugera nécessaire. Mais j'ai besoin de m'occuper. Je vais devenir folle si je reste ici à ne rien faire."
-" Ne t'inquiète pas, tu auras de la compagnie," assura Jane. " Tu ne verras pas le temps passer."
-" Et qui accepterait de rester avec moi toute la journée?" S'enquit-elle.
-" Une amie," fut tout ce qu'il répondit.
Elle ne lui posa pas plus de question, elle lui faisait confiance. Elle sentit alors ses jambes se mettre à trembler et Jane l'aida à se réinstaller dans son lit. Juste à cet instant, la porte de la chambre s'ouvrit et Madeleine entra, un petit sourire sur le visage.
-" Oh, je dérange peut-être," dit-elle en s'apprêtant à ressortir.
-" Non tu ne dérange pas Madeleine," assura Teresa en remontant la couverture sur elle. " Tu tombe bien au contraire, je crois que Patrick est attendu quelque part."
-" Je dois aller au bureau," précisa-t-il. " Et je suis content de voir que Teresa ne sera pas seule pendant mon absence."
-" Je lui tiendrais compagnie aussi longtemps qu'elle me supportera," plaisanta Madeleine pour détendre un peu l'atmosphère.
L'agent sentait que son amie ne se sentait pas bien et que le dépars de Jane ne l'enchantait pas, comme si sa simple présence la rassurait. Elle n'avait encore jamais rencontré qui que ce soit qui puisse la rassurer ainsi. Les deux femmes se connaissaient depuis de nombreuses années et Madeleine savait à quel point il était difficile pour Teresa de faire confiance à qui que ce soit. Et contre toutes attentes, elle avait accordé sa confiance à cet homme qu'elle ne connaissait que depuis deux semaines.
Madeleine observa le couple, car s'en était bien un, se parler. L'homme caressa la joue de Teresa qui lui sourit. Oui, elle avait changé en si peu de temps son agression semblait les avoir rapproché. Elle était heureuse pour elle, Teresa méritait vraiment un peu de bonheur dans sa vie et si ce Patrick Jane pouvait lui en apporter, alors elle en était ravie. Il se pencha pour lui embrasser le front avant de s'éloigner. Il s'arrêta à coté d'elle.
-" Ne lui posez pas de question sur son agression s'il vous plait," lui dit-il. " Du moins pas tout de suite. Je sais que vous le devez pour les besoins du dossier, mais elle est encore fatiguée. Elle a fait des cauchemars toutes la nuit et pour le moment la seule chose dont elle a besoin est d'une amie."
-" Je vois que son bien être vous importe beaucoup," fit-elle remarquer.
-" Enormément," avoua-t-il.
-" A moi aussi et je ne ferais rien qui la mettrait mal à l'aise," affirma Madeleine. " Je lui poserais des questions uniquement si je sens qu'elle est en état de répondre. De toute façon, Lewis ne sortira pas de prison avant longtemps."
-" Merci."
Puis il quitta la chambre en laissant les deux femmes ensemble. Madeleine s'approcha alors du lit où se trouvait Teresa et prit place sur la chaise.
-" Alors Teresa, comment te sens-tu vraiment?" Demanda-t-elle.
-" Fatiguée, j'ai mal partout et je suis impatiente de sortir d'ici," répondit Lisbon.
-" Tu sais que je dois te poser des questions sur ton agresseur," commença Madeleine, " Mais si tu ne te sens pas encore prête à parler, ne te force pas."
-" Il est important que je le fasse maintenant et je le ferais, même si c'est difficile."
-" Très bien, c'est toi qui vois."
-" Je veux tout te dire maintenant."
Madeleine fixa son amie dans les yeux, voulant être bien sûr que c'était ce qu'elle voulait. Lisbon lui rendit son regard, se montrant aussi forte que possible pour les minutes à venir. Elle était consciente que ce ne serait pas facile, qu'elle ferait encore bien d'autres cauchemars en racontant son agression. Mais elle le devait. Elle devait faire taire la victime en elle et parler. Cela aiderait ses collègues à faire leur travail plus rapidement. De plus, elle savait que plus tôt ce serait fait, plus vite elle pourrait tenter d'oublier.
Alors elle prit une profonde inspiration et raconta tout.
TBC…
A/N2: et voilà pour aujourd'hui. J'espère que vous avez aimé ce chapitre, même si moi je ne le trouve pas super. Mais je vous ai déjà fait bien assez attendre.
Je vous souhaite encore de très bonnes fêtes et une bonne journée.
Sweety 25/12/13
