Hello!
Désolée de ne pas avoir posté mon chapitre plus tôt, j'ai mis du temps à écrire et je suis en période de colles/interros donc ce n'est pas évident de trouver un moment pour geeker sur Feufeu. Quoiqu'il en soit, le voilà, le nouveau chapitre. Il n'est peut-être pas aussi "intense" que les précédents, mais il est quand même riche en émotions et en action...le prochain chapitre devrait se rattraper de ce point de vue-là. Sinon, pour cette fois, toujours pas de Ginny, pas de Parvati et pas de Daphnée, qu'on retrouvera dès le prochain chapitre. (j'arriverai à caser ces scènes là un jour, juré uu' ) Le chapitre mérite encore une fois amplement son rating, et il est davantage centré sur Hermione. Sinon, merci du fond du coeur pour vos gentilles reviews, et l'enthousiasme suscité par cette fic', ça me fait réellement plaisir et ça me donne envie de continuer à écrire, donc n'hésitez pas =) je posterai la suite le plus vite possible. Bisous!
[BLAISE]
Blaise Zabini descendit de l'Eurostar à quinze heures pétantes, dans la gare bondée de Londres St-Pancras. Le métis éprouvait d'énormes difficultés à se frayer un chemin parmi la foule, et paniquait à l'idée de ne pas voir Théodore parmi tout ce monde. Blaise traînait sa lourde valise derrière lui, et tripota nerveusement le casque qu'il avait gardé autour du cou, dont les oreillettes étaient grosses comme des enjoliveurs. Le garçon à la peau d'ébène portait des Ray Ban, un jean délavé et un t-shirt imprimé blanc. Blaise portait peu de bijoux: une chaîne en or autour du cou, une chevalière au majeur, et il avait une oreille percée. De temps à autre, le jeune Zabini consultait sa montre, inquiet de ne voir personne. Son ami ne l'aurait quand même pas laissé sur le quai de gare, n'est-ce pas? Blaise consulta ses messages sur son portable, au cas où il aurait des appels en absence. Mais rien. Le dernier message qu'il avait reçu de Théodore remontait à environ un quart d'heure, juste pour lui signaler quand il allait arriver à la gare.
Blaise allait appeler son ami lorsqu'il aperçut un couple qui semblaient attendre quelqu'un. Blaise plissa les yeux. Un sourire se dessina sur les lèvres du métis lorsqu'il reconnut son ami de toujours, l'air endormi. Sourire qui se fana presque aussitôt lorsqu'il vit qu'il n'était pas seul. Il était accompagné par une fille qui faisait une tête de moins que lui. La fameuse Hermione, en déduisit Blaise. Celle qui avait une voix de sainte-nitouche et qui s'esclaffait dès lors que Théodore faisait une blague, même quand la blague en question n'était pas marrante. Blaise n'avait vraiment pas envie de la rencontrer officiellement, même s'il avait feint d'être content pour ne pas le froisser. Théodore avait l'air vraiment mordu, et ça l'inquiétait quelque peu.
Le regard de Théodore s'éclaira lorsqu'il aperçut le garçon noir. Il quitta l'endroit où il était posté, Hermione sur les talons. Blaise se dirigea vers eux, un goût amer sur le bout de la langue. Ses retrouvailles avec son meilleur ami ne s'annonçaient pas aussi bien qu'il l'avait espéré. Peut-être devait-il blâmer son imagination pour le moins puissante et son don inné pour se faire des films improbables. Pendant tout ce temps où il avait négocié son séjour avec Richard, Blaise avait eu le temps de se faire une raison, qu'il se fasse à l'idée qu'elle allait être là, très souvent, sinon tout le temps. Blaise jeta un coup d'œil au couple et vit leur mains enlacées. Le métis crut avoir la berlue. Aussi loin qu'il s'en souvienne, Théo n'avait pas tenu la main à une fille depuis belle lurette, même lorsqu'il était avec Tracey. Au contraire, ils gardaient plutôt leurs distances, en public tout du moins. Quelque chose avait changé chez son ami. En bien, en mal, pour l'heure, Blaise ne saurait pas dire ce qu'il en était vraiment.
Lorsque Théodore fut à sa hauteur, Zabini étreignit son vieux pote, content de le voir malgré tout. Théodore lui rendit l'accolade, avant de lui taper amicalement sur l'épaule tout en lui adressant un grand sourire. Hermione, à côté de lui, souriait timidement et lui adressa un bref signe de la main, révélant des ongles impeccablement vernis en turquoise. Blaise faillit presque oublier que les anglais ne faisaient jamais la bise, et qu'ils se contentaient en générale d'une poignée de main pour se saluer. Blaise trouvait cela d'ailleurs vraiment choquant de serrer la main à une fille, mais qu'importe. Il avait presque oublié que la copine de Théo était une pure british, aussi il s'était retenu de justesse d'avancer la joue pour la saluer. Il ne fallait tout de même pas froisser un sujet de Sa Majesté dès son arrivée ici. D'ailleurs…une british. Blaise s'était demandé un instant si Théo était sérieux. Mais apparemment, il n'avait pas l'air de plaisanter.
-Mais elles sont passées où tes dreadlocks? S'écria Théodore, l'air effaré. Ça t'a pris un temps fou pour que tu puisse s les avoir, et maintenant, tu as presque la boule à zéro!
-J'en avais marre, alors, j'ai tout tondu. Expliqua posément Blaise, qui tentait d'oublier le pincement bizarre qu'il avait ressenti à l'estomac alors qu'il avait étreint son ami quelques instants plus tôt.
Puis, il se tourna vers la jeune fille qui accompagnait Théodore, restée en retrait.
-Tu dois être la fameuse Hermione, la copine de Théo? Interrogea-t-il, en français, s'attirant le regard perplexe de la principale concernée, qui finit par lui sourire en hochant doucement la tête.
Hourra! Pensa Blaise, avec soulagement. Au moins, elle comprenait le français, c'était déjà ça. Blaise, d'ailleurs, en profita pour la détailler de la tête aux pieds. Hermione était de taille normale pour une fille, elle n'avait pas de seins, ni même de hanches. En fait, elle était plutôt pâlichonne et surtout, bien maigre pour une fille de son âge. Elle avait néanmoins les pommettes hautes, un joli sourire et des yeux magnifiques, comme deux flaques ambrées. Un trait de maquillage soulignait son regard de biche, elle avait mis du rimmel et de l'ombre à paupières d'un beige pâle. Ce que Blaise avait surtout remarqué, c'était son impressionnante chevelure brune, ses boucles tombaient en grappes soyeuses sur ses épaules frêles. Elle avait de beaux cheveux, il n'était pas en mesure de le nier. Elle portait une chemise blanche et très transparente, ouverte sur deux boutons, suggérant amplement le soutien-gorge noir qu'elle portait en dessous. Elle avait passé un mini-short en jean par-dessus une paire de collants semi-opaques couleur taupe, et portait des chaussures à semelles compensées gris souris. Elle était à la fois habillée sobrement et sexy. Elle savait sans aucun doute se mettre en valeur. Blaise aurait même pu la trouver jolie…si seulement il n'était pas attiré par les garçons.
Blaise jeta alors un coup d'œil à son ami. Théo était toujours Théo. Toujours aussi grand, toujours aussi raide, toujours aussi guindé. Ses cheveux semblaient plus ébouriffés que jamais, et il semblait à Blaise qu'ils avaient poussé depuis la dernière fois qu'ils s'étaient vus, sans toutefois être trop longs, Théo avait toujours détesté avoir les cheveux longs. Son regard semblait s'être éclairé, sans doute était-ce en raison de l'amour qu'il portait à cette fille. Il avait l'air presque heureux, reposé. Mais ce changement lui allait bien. Le regard de Blaise suivait les grains de beauté qu'il avait dans le cou, jusqu'à celui qui se situait dans l'encolure de son polo rayé bleu ciel et blanc, qui sculptait son buste. Blaise détourna le regard, mal à l'aise. Non, vraiment, Théo avait l'air d'aller mieux.
Soudainement, Hermione se mit à rire, et Théo venait de passer un bras possessif autour de son épaule, mettant bien en évidence leurs mains enlacées. L'ami de Blaise avait un sourire jusqu'aux oreilles. Hermione et Théodore échangèrent un regard complice, et il posa ses lèvres sur son front. Blaise arqua un sourcil, sans comprendre le brusque accès d'hilarité d'Hermione, ni même ce qui avait pu amuser Théodore. Peut-être que Blaise avait raison quand il disait que l'amour, ça rendait sacrément stupide.
-Bon, ben, on y va? Proposa finalement Théodore, alors qu'Hermione le dévorait littéralement des yeux, avec beaucoup de tendresse.
-Ouais, concéda finalement Blaise. Je n'ai pas très envie de faire attendre Richard.
-C'est-à-dire que…commença Théodore, légèrement embarrassé. Richard n'a pas pu se déplacer à Londres aujourd'hui, alors nous sommes venus par nos propres moyens. Je sais que tu t'attendais à beaucoup mieux comme accueil, mais…tu connais mon père. Il n'est jamais dispo. Ça n'a pas changé.
-Ne l'en blâme pas, Théo, il fait de son mieux pour gérer la situation avec ta mère. J'imagine qu'en ce moment ça ne doit pas être facile.
-Non, ce n'est pas ça. Contra Théodore en s'empourprant. Il n'est même pas allé voir Maman. Désolé de te l'apprendre, mais il préfère passer son temps à traiter avec des clients véreux plutôt qu'avec son fils, ça a toujours été comme ça et je ne vois pas pourquoi ça aurait changé depuis qu'on habite à Bristol.
-Merde alors. Commenta Blaise, l'air contrit. Ça veut dire que tu passes tes soirées seul?
-On fait comme on peut, hein. Soupira Théodore, légèrement blasé. Mais je ne suis plus tout seul, maintenant. Hermione est là, la plupart du temps. Au départ, Richard râlait un peu, mais maintenant, il ne dit plus rien. Le point positif, c'est que j'ai appris à faire à manger.
-Et…sans indiscrétions, vous le faites quand il est là? S'enquit Blaise, une lueur perverse s'allumant dans son regard sombre.
-Faire quoi? Demanda bêtement Hermione, faussement ingénue.
-Le sexe. Lâcha Blaise, cash, en levant les yeux au ciel.
-pas quand il est là, non. Répondit Théodore, précipitamment, non sans lever les yeux au ciel. Quand c'est comme ça, on va plutôt squatter chez Hermione.
-Et au pire des cas, expliqua la jeune femme, quand on ne peut ni chez l'un, ni chez l'autre, on reste là où on est, et on essaie de rester discrets. Mais tu sais, on ne passe pas non plus notre vie dans le lit de l'autre, on sait aussi s'occuper sans nécessairement finir par une partie de jambes en l'air. On lit, on regarde la télé, on discute, on sort…on a une vie de couple parfaitement normale et équilibrée…enfin…je pense
Théodore rosit violemment lorsqu'Hermione mentionna leurs parties de jambes en l'air sans aucune pudeur. Blaise les regarda l'un et l'autre, alternativement. Alors comme ça, Théodore avait une vie sexuelle? Le cachottier, il ne lui en avait pas parlé! En même temps, ça ne faisait même pas un mois que Théodore était avec elle, ou peut-être tout juste. Voire même un peu plus, Blaise n'en savait trop rien. Il restait étranger à tout ça, et force est de constater que le temps où Théodore lui disait tout était à présent révolu. Blaise détourna les yeux lorsqu'ils se donnèrent un bisou tout en se souriant niaisement. Blaise leva les yeux au ciel, une nouvelle fois. Encore une fois, sourire comme un con n'était pas Théo. Où était passé son ami, l'écorché vif, celui qui portait son enfance difficile en étendard? Se pouvait-il que cette Hermione il ne savait plus quoi l'avait changé à ce point?
-Au fait, l'avertit Blaise, pour changer de sujet. Je n'ai pas embarqué toutes mes affaires, je vais certainement devoir faire des sauts en France pour chercher le reste de mes affaires, je ne suis décidément pas de taille à tout me trimballer tout seul, et ma mère n'a malheureusement pas pensé à faire affréter un jet privé. Ça te dirait de venir m'aider à jouer les déménageurs d'ici à ce que la maison soit vendue?
-Ca dépend. Bredouilla Théodore, tout en consultant Hermione du regard. Tu as combien de temps pour vider toutes tes affaires? Puis tu sais que la semaine, je vais en cours, et que le week-end, je vais voir Maman à Londres.
Blaise afficha une petite moue dubitative. Théodore ne paraissait pas réellement enchanté à l'idée de faire quelques virées en France. Le pire, c'était sans doute qu'il n'essayait même pas de cacher son manque d'enthousiasme. Pour ainsi dire, Blaise était vraiment déçu par l'attitude de son ami. Avant, Théodore aurait accepté d'y aller, peu importaient les cours et tout le reste. Blaise pouvait bien admettre que personne n'avait prévu que Meredith allait tomber malade, ni même que la famille emménagerait à Bristol. Théo avait du mal à s'adapter aux changements, il restait toujours à la traîne, rechignant à aller de l'avant. Blaise l'avait souvent repêché lorsqu'il menaçait de se noyer dans ses problèmes, Blaise s'était mis quatre pour lui, et Théodore n'était pas capable de lui rendre le dixième. Evidemment, le métis n'avait jamais attendu la moindre contrepartie, tout ce qu'il avait fait, il l'avait fait gratuitement, il ne faisait qu'espérer un simple retour d'ascenseur lorsqu'il avait besoin, était-ce trop demander? Blaise commençait à regretter d'être venu à Bristol. Il n'avait rien à faire ici, il n'était qu'un foutu étranger.
Lorsque les trois adolescents furent sortis de la gare, et eurent élu domicile à l'intérieur d'un café en attendant le prochain train à destination de Bristol. Hermione s'éclipsa un moment, pour aller aux toilettes, avait-elle dit. Ni Blaise, ni Théodore, n'avaient été dupes. Ils savaient l'un comme l'autre qu'Hermione s'était éclipsée pour les laisser parler, et seuls. Finalement, Blaise n'avait pas eu besoin de prendre Théo à part pour pouvoir deviser tranquillement avec lui, sans que cette pimbêche d'Hermione ne reste dans leurs jambes; Parce que non, Blaise ne l'aimait pas, il en avait décidé ainsi. Elle l'exaspérait avec ses airs de sainte nitouche, sa voix de crécelle et ses manières horripilantes. Depuis qu'il était arrivé, Blaise avait assisté en tout et pour tout à trois baisers, une bonne dizaine de bisous ( sur la bouche et sur la joue confondus) , et deux câlins très exactement, il avait compté. Et surtout, pendant ce temps, le métis avait eu la désagréable impression de jouer le rôle du pot de fleurs, devenu partie intégrante du décor.
Blaise avait la haine. Il se demandait s'il ne ferait pas mieux de rentrer par le premier train et s'exiler en Arabie Saoudite, là où était partie sa mère. Théodore était vraiment trop con. Mais Blaise ne pouvait pas se résoudre à suivre sa mère. Parce que s'exiler là bas revenait à tirer un trait sur son ami, et il en était hors de question. Quand Théodore est parti vivre à Bristol, Blaise avait très mal vécu la séparation. Ne plus voir son ami lui avait foutu un sacré coup au moral. Alors, en être si éloigné, il préférait éviter. Blaise aurait voulu dire à Théo qu'il lui avait manqué, mais les mots restaient bloqués en travers de sa gorge, l'étouffant à moitié. Le métis secoua la tête. Théodore n'était pas à lui, il devait bien se faire une raison. Théodore n'avait jamais été à lui, de toute manière. Théodore était l'électron libre, celui qui refusait de s'attacher. Enfin, jusqu'à ce qu'il rencontre cette foutue Hermione. Elle n'était pas jolie en plus. Il la trouvait fade et inintéressante. Elle n'était même pas bandante. Et Blaise se demandait sérieusement comment Théodore pouvait avoir envie d'une fille pareille. Il ne devait pas savoir où poser ses mains lorsqu'ils baisaient. Si tant est qu'ils avaient réellement baisé. Parce qu'il fallait en avoir envie, de se taper un cadavre. Blaise était vraiment déçu. Tracey était mignonne comme tout, puis elle avait des formes. Pas comme l'autre.
-Alors c'est elle, la fameuse Hermione? S'enquit Blaise, avec amertume.
-Ouep, c'est elle. Répondit Théodore, en s'étirant comme un chat.
-Qu'est-ce que tu lui trouves? Questionna Blaise, un peu trop abruptement, faisant arquer un sourcil à son interlocuteur.
-Elle est jolie. Souffla-t-il, légèrement rêveur. Elle est douce, tendre et fragile, intelligente et cultivée, raffinée et terriblement sensuelle. Elle…Elle est lumineuse, mais pourtant…on a l'impression qu'elle est bien plus sombre qu'elle ne le laisse présager. Je l'ai aimée dès le premier regard, Blaise, ça ne s'explique pas.
Blaise inspira profondément, en se frottant les tempes, faisant mine de réfléchir à ce que venait de lui dire Théodore. Seulement, il ne pouvait pas faire autrement que simuler la réflexion. Les paroles de Théodore lui avaient fait mal. Je l'ai aimée dès le premier regard. Oui, il le savait tout cela, Théodore le lui avait dit le soir même de leur rencontre. Et à la façon dont-ils se regardaient, ça crevait les yeux, qu'ils s'aimaient. Hermione le regardait presque avec vénération.
-Donc. Tu as vécu tes premières expériences sexuelles et tu ne me l'as même pas dit?
-Suis-je obligé de tout te dire dans les détails? S'insurgea Théo, non sans rougir violemment au passage. Hermione et moi sommes en couple, c'est normal que nous ayons envie de faire l'amour, c'est humain.
-Dis moi, ça fait combien de temps que vous êtes ensemble, pour mémoire?
-ça fait un peu plus d'un mois.
-Théo. Souffla Blaise, effaré. Tu es resté avec Tracey presque un an et tu n'as jamais rien fait avec elle. Et là, Hermione débarque dans ta vie, et tu te la tapes après même pas deux mois de relation? Où sont passés tes sempiternels je veux attendre? Non, mais tu es sorti avec Tracey Davis, qui était quand même une bombe! Hermione…
-Quoi, qu'est-ce qu'elle a Hermione? Demanda Théodore, brusquement, sourcils froncés.
-Ben…argua Blaise, à court d'arguments. Compare le corps de la divine Tracey, avec celui d'Hermione. Dis moi ce qui te fais envie là dedans!
Théodore jeta un regard noir à son ami. Blaise ragea sur place et but une gorgée sur son chocolat brûlant. Théodore haussa les épaules avant de boire son cafe latte. Théodore ne prenait jamais de chocolat chaud, il en avait une sainte horreur. Ça, Blaise le savait. Et il espérait presque que ce n'était pas le cas d'Hermione.
-Si c'Est-ce que tu veux entendre, Hermione est tout à fait baisable! D'accord, elle est un peu maigre. J'ai parfois peur de la casser lorsque je suis tenté de bourriner un peu. Mais Hermione me fait envie. Elle est bien faite. Ce n'est pas parce qu'elle n'a pas de seins, ou des fesses plates qu'elle n'est pas désirable. Moi, je les aime ses petits seins. Une femme, ça ne se résume pas à une paire de nibards. Puis va-t-en expliquer à un gay les attraits du corps féminin, aussi.
Théodore avait râlé pour la forme. Blaise se tut, légèrement songeur. Il y avait du vrai dans ce qu'il disait. Blaise avait toujours été gay, et par conséquent, il ne savait pas ce que c'était de toucher une femme. Cela dit, Blaise n'arrivait pas à envisager que l'on puisse passer de Tracey Davis à Hermione Granger. D'accord. Il devait reconnaître que malgré tout, Hermione était jolie. Mais quand même!
-Puis quand tu aimes la personne, ça change tout. Affirma Théodore avec conviction. Je ne saurais pas te l'expliquer, mais entre nous c'est électrique. Il suffit qu'elle m'effleure pour que mes sens soient en éveil. Il suffit qu'elle me caresse pour provoquer le désir. Je n'arrive pas à tempérer mes ardeurs quand elle est là. Elle non plus, d'ailleurs. Entre nous, c'est sexuel, c'est intense, c'est magique. On a besoin d'être avec l'autre, dans l'autre, tu comprends? C'est la seule façon qu'on a de se sentir enfin complets.
-Je pense pouvoir saisir. Marmonna Blaise, sombrement, tout en sirotant sa boisson. Mais à titre d'information. Puisque nous allons devoir cohabiter pendant un moment. À combien de nuits de sommeil complètes je peux prétendre? Parce que tu sais qu'il me faut toujours au moins douze heures de sommeil pour que je sois de bon poil.
-Ne t'inquiètes pas, vieux, ton sommeil est garanti. Répondit Théodore avec nonchalance. Nous ne sommes pas bruyants. Et non, Blaise, tu ne sauras pas la fréquence de nos rapports sexuels, ça ne te regarde pas. En tout cas, c'était bien essayé. D'ailleurs. On se le fait quand, ce concours de shooters? J'ai envie de me mettre une mine. Ce soir, on pensait aller à une soirée chez un type dont j'ai oublié le nom, tu en es?
-Une soirée? S'enquit Blaise, le regard brillant. Tu es sérieux? Tu me proposes une soirée dès mon arrivée à Bristol? J'en suis mec, j'en suis! On va se le faire, ce concours de shooters. Et prépare les mouchoirs, tu vas pleurer!
-Tu dis ça, mais rappelle moi combien de fois tu t'es fait plumer ces derniers temps? Riposta Théodore, un sourire goguenard accroché aux lèvres. Tu peux difficilement me battre, j'ai ça dans le sang.
-On verra! Coupa Blaise, avec un sourire énigmatique accroché aux lèvres.
C'était peut-être con à dire, mais l'annonce d'un éventuel concours de shooters de vodka le soir même suffisait à remonter sensiblement le moral du jeune métis. En définitive, que Théodore se montre un peu distant, c'était également normal, Théodore n'avait jamais été très enclin à montrer ce qu'il ressentait, ni même à parler, tout simplement. S'agissant des relations humaines, il avait toujours fait le strict minimum.
-Blaise? Demanda Théo, en finissant son café.
-Mh? Répondit le métis, légèrement songeur.
-S'il te plaît, sois gentil avec Hermione. C'est une fille bien.
-Je ne garantis rien, mais je vais tout de même essayer. Soupira le métis, d'une voix rauque.
Oui, il pouvait essayer. Après tout, ça ne l'engageait à rien. Au moins, si cela venait à échouer, on ne pourrait rien lui reprocher. Quelques instants plus tard, Hermione revint des toilettes, l'air encore plus maladif que quand elle était partie. Elle semblait un peu sur les nerfs et proche de l'hystérie. Lorsque Blaise lui demanda ce qu'il en était, elle répondit tout simplement qu'elle avait ses règles. Théodore leva les yeux au ciel. Il savait qu'elle mentait parce qu'elle n'avait pas eu ses règles depuis un long moment, et pas parce qu'elle était enceinte. Non, le problème était ce mal qui la rongeait de l'intérieur, qui la détruisait à petit feu, qui l'amaigrissait de façon dramatique. Néanmoins, Blaise ne releva pas, se contentant de lancer un sourire goguenard à Théodore. Parce qui disait règles disait abstinence pendant une semaine. Une semaine qui pouvait s'annoncer pénible pour deux adolescents qui éprouvaient de grosses difficultés à contrôler leur libido.
Sans mot dire, les trois jeunes sortirent du pub, et réunirent leur maigre pécule pour acheter des billets de train. Théodore grogna en s'apercevant qu'il ne leur restait plus assez, n'ayant vraiment pas de monnaie. Pourtant, Richard lui disait de toujours avoir un peu de liquide sur lui au cas où, mais en pratique, Théodore était vraiment fauché. Les deux autres ne s'en sortaient pas mieux. Hermione était bien plus riches qu'eux deux réunis, mais n'empêche qu'ils n'avaient pas le compte. Ils sortirent à nouveau de la gare, bredouilles. Tous trois se vautrèrent sur le banc en dessous de l'abri-bus. Théodore soupira, avant de sortir de ses poches un sachet de tabac à rouler, puis les papiers et les embouts qui faisaient office de filtre. Minutieusement, il entreprit de rouler une cigarette artisanale. Blaise regardait son ami faire, n'ayant même pas la force de râler, parce que lui ne fumait pas. Hermione, de l'autre côté de Théodore, sortit de la veste en simili-cuir qu'elle portait un paquet de cigarettes à l'intérieur duquel quatre malheureuses clopes se battaient en duel, laissant présager une panne imminente. Théodore lui prêta son sempiternel Zippo, et Hermione alluma sa cigarette, très concentrée. Bientôt, Théodore eut fini de rouler son poison. Il reprit le briquet à sa copine, et alluma son propre roulé.
Hermione expira un nuage de fumée blanchâtre, et Blaise était en train de se demander si c'était réellement moins cher de rouler soi-même ses clopes ou bien de les acheter toutes faites. Hermione soupira longuement, puis posa sa tête sur l'épaule de son petit-ami, lequel passa un bras possessif autour d'elle. Blaise vit rouge lorsque la main de l'anglaise se posa sur la cuisse de son amoureux, avant de se glisser autour de sa taille. Ben voyons. Parce qu'en plus, cette garce fumait, bien évidemment. Et elle était presque indécemment sexy avec sa cigarette à la main. Blaise se vautra un peu plus sur son banc, les mains dans les poches de son blouson noir. Putain. Faites qu'un bus arrive. Quelqu'un. Parce qu'il se faisait royalement chier là où il était. Et c'était cas de le dire: un des fameux gardes royaux, très célèbres pour leur couvre-chef à fourrure noire était posté à l'entrée d'il ne savait quel bâtiment. Blaise haussa les épaules. À peine était-il arrivé en Angleterre qu'il s'emmerdait déjà comme un rat mort. Et ça ne faisait que commencer.
[LAVANDE]
Lavande ne se sentait pas très bien. Elle se sentait nauséeuse et angoissée. D'ailleurs, cela devait se voir à sa mine, qui n'avait jamais été aussi mauvaise. Elle était pâle et fatiguée. Elle avait envie de rentrer chez elle et d'un bon bain chaud. Elle en avait besoin pour délasser ses muscles. Surtout, elle avait faim. Son estomac grondait bruyamment depuis tout à l'heure, et le policier en face d'elle semblait s'en moquer totalement. Lavande inspira profondément, pour tenter de réfréner son mal de cœur. Elle n'osait pas demander une bassine. Mais finalement, ça ne la chagrinait pas de devoir vomir sur le flic. Depuis tout à l'heure, il la traitait comme une délinquante, alors qu'elle n'avait vraiment rien fait. Elle avait simplement pris part à une manifestation et distribué quelques tracts dans l'enceinte de son lycée. Militer pour une bonne cause suffisait-il à faire d'elle une criminelle? Elle se le demandait, sérieusement.
Lavande croisa les bras sur sa poitrine, et bouda en avisant les menottes qui lui entravait les poignets. En plus, elle ne pouvait même pas se frotter les tempes ou faire quoi que ce soit pour dire de faire partir son malaise. Elle avait bien essayé les regards de chien battu, mais ces derniers s'étaient avérés complètement inefficaces, le policier resta de marbre. Lavande sentit les larmes lui monter aux yeux. Elle était toute seule, malade comme un chien, dans un commissariat à Londres, où elle ne connaissait personne, et surtout, là où personne ne viendrait la chercher. Pourquoi fallait-il qu'elle se mette dans les ennuis, tout le temps? Autre variante, pourquoi fallait-il que les ennuis viennent à elle avec un naturel carrément indécent? L'estomac de la jolie blonde gargouilla bruyamment, et le flic lui jeta un sourire sardonique. Elle avait froid, elle avait faim, elle avait peur. Et ça, tout le monde s'en moquait.
Ils attendaient son avocat. Un avocat commis d'office, bien évidemment, puisque celui de ses parents ne voulait même pas prendre la peine de faire le trajet Bristol/Londres. D'ailleurs, Lavande avait la trouille. Qu'allait-elle dire à ses parents? Parce qu'il fallait bien que quelqu'un paie la caution, n'est-ce pas? Et Lavande n'avait pas un sou sur elle. Qui plus est, elle était mineure, donc ses parents allaient forcément être avertis. Lavande, par réflexe, allait se prendre la tête entre les mains. Mais la jeune femme ragea en réalisant que ses menottes entravaient toujours ses poignets.
-Une bassine. Dit Lavande, d'un ton qui se voulait autoritaire. Il me faut une bassine, sinon, je vais vomir sur votre bureau. Et ne comptez pas sur moi pour tout nettoyer ensuite, parce que ce sera entièrement votre faute.
Bon, d'accord. Elle s'attendait à ce qu'on lui dise que tout ce qui lui arrivait était de sa faute, mais rien ne vint. Le policier se contenta de garder le silence, la fixant de son sourire goguenard. Mais quand Lavande demandait une bassine, elle était sérieuse, il ne s'agissait pas d'un caprice. Elle ne savait pas pourquoi, mais tout lui tournait sur le cœur, même l'odeur de l'after-shave du flic. N'y tenant plus, elle leva ses poignets liés et se pinça l'arrête du nez. Tant pis si elle avait l'air ridicule. Elle ne voulait plus sentir aucune odeur. Peut-être que si elle restait ainsi, sa nausée partirait….mais apparemment, pas. Elle eut un violent haut le cœur. La blonde suffoqua. Elle était certaine d'avoir le teint légèrement verdâtre.
-Et vous en faites quoi, de la dignité de la personne humaine? Coassa Lavande, une fois que sa nausée fut passée. Et des droits de l'homme, hein? Vous n'avez pas le droit de me laisser dans cet état. Et vous feriez mieux de me passer votre sandwich au lieu de me regarder mourir de faim. Sauf s'il y a des œufs. Je déteste les œufs.
Quand Lavande s'ennuyait, elle parlait, ennuyant les autres à son tour. Et parfois, on lui reprochait de parler trop. Comme à chaque fois, elle haussait les épaules. Ce n'était pas de sa faute si elle avait tant de choses à dire, mais personne pour l'écouter. Le flic pouvait bien rétorquer qu'il y avait des œufs dans son sandwich juste pour l'embêter, elle s'en fichait. Elle avait l'habitude de se faire embêter par tout le monde, juste parce qu'elle était blonde. Oh, évidemment, elle n'avait pas les magnifiques cheveux d'ébène de Parvati, ni même les boucles brunes d'Hermione, elle n'avait que des cheveux d'un blond filasse, fade au possible, qui ondulaient n'importe comment. D'ailleurs, ça devait se voir que ses cheveux n'étaient pas propres, non?
-Et sinon, je peux aller faire pipi? Demanda-t-elle, timidement, alors que le plus beau rouge venait colorer ses joues. Ça doit bien faire trois heures qu'on se regarde dans le blanc des yeux, et j'aimerais vraiment aller au petit coin…
-Nous attendons votre avocat. Coupa l'agent, sèchement. À moins que vous ne préfériez vous en passer?
-Non! Protesta Lavande dans un souffle. Avoir un avocat lorsque l'on est placés en garde à vue est un droit fondamental et personne n'a le droit d'y contrevenir! Très bien alors, attendons mon avocat. Qui est-ce, par curiosité?
-C'est un collègue de l'avocat de votre famille.
À cette réponse, Lavande éclata d'un rire nerveux, s'attirant le regard surpris du flic, qui haussa un sourcil impeccable. Cela faisait bien trois heures que Lavande était enfermée, et elle était tout simplement en train de péter un câble. Lavande ne restait jamais trop longtemps à l'intérieur, elle avait besoin de bouger, de dépenser son incroyable énergie. Lavande était fatigante, à bien des égards. Elle épuisait mentalement tous ceux qu'elle connaissait. Toujours à jacasser, toujours à glousser, toujours à pépier. Exactement comme maintenant.
-Dois-je préciser que tous les avocats appartiennent à la même profession, et que par conséquent, ils sont tous collègues? Un collègue peut très bien désigner un avocat ayant installé son étude à deux mètres du mien, ou alors, un autre qui exerce à Tombouctou! C'est vaste comme notion, un collègue. Serait-ce trop demander que vous me précisiez de qui il s'agit, pour voir si je le connais? Je connais tout le monde à Bristol, ou presque.
L'agent soupira ostensiblement, mais il garda son calme. Lavande avait bien conscience qu'elle se montrait particulièrement pénible, mais peut-être qu'au fond, c'était ce qu'elle cherchait, être pénible. Elle espérait l'avoir à l'usure. Peut-être que si elle continuait sur sa lancée, elle allait tellement le gonfler qu'il allait la relâcher et prier pour ne plus jamais la revoir.
-Savez-vous au moins pourquoi vous êtes là? Demanda le policier, d'un ton aigre, tout en consultant la pendule murale.
-Pour une broutille. S'énerva Lavande, qui n'aimait pas l'idée d'être incriminée pour si peu. Je n'ai fait que participer à une manifestation et distribuer quelques tracts. J'ai enfreint le règlement intérieur de mon lycée qui interdit toute forme de propagande, pas je ne sais quelle loi.
-Comment expliquez-vous que vous ayez presque émasculé le plaignant? Grinça l'agent, paré de son sempiternel sardonique.
-Légitime défense! Piailla Lavande, d'une voix suraigüe. Ce pervers m'a mis la main aux fesses, profitant de la foule compacte pour me peloter. Vous auriez préféré quoi, que je me fasse violer? Excusez-moi monsieur, sauf votre respect, mais vous ne savez pas ce que c'est d'être une femme, et par conséquent, vous n'avez pas le réflexe main aux fesses égale coup de genou dans les parties génitales. Vous ne retenez que la douleur qu'engendre cette atteinte à votre virilité, pas à ce qui a pu vous mettre dans une telle situation.
-Et vous avez l'habitude de parler autant?
-Je parle parce que je m'ennuie, je veux rentrer chez moi, je suis fatiguée, j'ai envie de vomir et j'ai une faim de loup, sont-ce des raisons suffisantes pour me plaindre, ou dois-je vous raconter mes déboires sentimentaux, et tous les malheurs que peut connaître une jeune femme de mon âge? Dois-je aussi ajouter que si je suis malade, j'ai le droit de voir un docteur qui délivrera un certificat médical attestant que je suis apte à rester en garde à vue?
-Ce n'est pas parce que vous avez un bobo quelque part que l'on vous relâchera aussi facilement. On vous a arrêtée en raison d'un acte de violence. Vous comprendrez qu'on ne vous lâchera pas dans la nature avant de nous être assurés que vous n'êtes pas un danger pour autrui.
-Ce n'est pas un simple bobo! s'indigna Lavande, outrée. Vous savez ce que j'endure, monsieur Sullivan? Nausées matinales, ça ne vous évoque rien? Ça fait une semaine que j'ai l'estomac barbouillé tous les matins, que l'odeur de la nourriture m'écoeure et que j'ai constamment envie de vomir. Sans doute ai-je dû choper la crève ou que sais-je, mais ce n'est vraiment pas plaisant.
-Très bien, je vais vous l'appeler, votre médecin. Maugréa l'agent, agacé par son flot de paroles incessant. Vous désirez autre chose?
-J'aimerais que vous me donnez mon portable, Monsieur. Demanda Lavande, très poliment. Il n'y a pas de risque que je prévienne un complice ou autre co-auteur, puisque j'étais seule au moment des faits, et qu'il n'y a personne que je connaisse ici.
-Peut-être, concéda l'homme, d'un ton bourru, mais je ne fais que respecter la procédure.
-Je m'en fiche de votre procédure! Couina Lavande, en fondant en larmes. Donnez-moi ce téléphone, j'ai besoin d'appeler quelqu'un. Rassurez-vous, ça ne durera pas longtemps. Je n'ai pas l'intention de raconter ce qui s'est passé dans le dernier Gossip Girl à ma meilleure amie, ni de lui parler du garçon merveilleux que j'ai vu tout à l'heure dans le métro.
Lavande sanglota un moment, sous l'œil effaré du policier, qui ne savait plus où se mettre. Lavande pleurait de vraies larmes de crocodile, secouée par les évènements de la journée. Elle avait simplement besoin de relâcher la pression. Et sa manière à elle de se décharger d'émotions trop fortes était de fondre en larmes, et ce d'autant plus qu'elle pleurait assez facilement ces temps-ci. Trop facilement, même. Lavande essuya piteusement une larme qui roulait sur sa peau de pêche, alors que le policier lui tendait tout de même un mouchoir.
-Calmez vous, mademoiselle. Tenez, le voilà votre téléphone, mais faites vite. Ajouta-t-il en glissant un regard par la fenêtre du bureau, pour vérifier qu'on ne le regardait pas.
-Merci. Pleurnicha Lavande avant de s'emparer de son téléphone, et de chercher dans son répertoire le numéro qu'elle brûlait d'appeler depuis tout à l'heure.
Elle appuya sur la touche adéquate, et lança l'appel. Elle se mordilla la lèvre inférieure, légèrement anxieuse. Le policier la regardait faire, en jetant des regards fréquents au dehors, comme s'il craignait que quelqu'un puisse le surprendre à tout moment. Mais il avait malgré tout envie d'aider cette jeune fille, qui n'avait somme toute rien d'une délinquante. À dire vrai, il ignorait pourquoi ses collègues l'avaient amenée au poste. Elle s'état juste trouvée au mauvais endroit au mauvais moment. Elle avait attrapée pêle-mêle parmi les casseurs qui s'étaient ramenés pour foutre le bordel dans la manifestation, le schéma classique en somme.
-Oui, allô Drago? C'est moi. Lavande.
Elle renfla légèrement, tout en tentant de se donner un minimum de consistance. Il fallait qu'elle oublie ses nausées, l'objet de sa présence en ces lieux, l'impression que tout était en train de partir en sucette. Elle se mordilla la lèvre inférieure, attendant que Drago se décide à dire quelque chose. Elle savait que simplement entendre le son de sa voix allait la réconforter. Finalement, se raccrocher à la voix d'un mec qu'elle n'aimait même pas était encore plus pathétique que de commenter le dernier épisode de Gossip Girl et les amours tumultueuses de Blair et Chuck, même si en ce qui la concernait, elle aurait préféré voir l'héroïne avec Dan Humphrey, elle qui les shippait depuis le début de la série.
-Brown? S'étonna Drago, à l'autre bout du fil, d'une voix rauque.
Et là, ce fut le trou noir. Lavande ne savait pas quoi lui dire. Il avait suffi qu'elle entende sa voix pour en perdre son latin. La blonde se mordilla la lèvre inférieure, furieusement. Elle aurait voulu lui raconter plus en détail ce qui s'était passé, lui dire qu'elle était malade et qu'un médecin allait bientôt venir parce que le flic était en train d'en appeler un, mais ça lui semblait trop long à expliquer et elle avait un temps limité de parole, alors, elle décida de faire au plus court, même si ses propos étaient restés un poil mystérieux.
-Je…C'est long à expliquer, mais…je suis retenue contre mon gré à Londres. J'ai été arrêtée et…
-Quoi? Coassa Drago, abasourdi. Mais…
-Tais toi, laisse moi parler, j'ai un temps de parole limité. Je…Je suis à Londres. Tu sais, la manifestation. Ça a mal tourné, et j'ai été arrêtée. Je suis actuellement au commissariat, toute seule. J'ai faim, j'ai peur et j'ai envie de vomir.
-Reste où tu es, Lavande, j'arrive. Grogna Drago, à l'autre bout du fil.
-Mais…protesta la blonde, sous le choc.
-Je te ramènerai des médicaments pour faire passer ton mal de cœur, c'est bien de ça dont il s'agit? Tant qu'on y est, je te ramène quoi à manger?
Lavande était abasourdie. Elle ne s'attendait vraiment pas à une telle réaction de la part de Drago, surtout parce qu'elle l'avait jeté lors de leur dernière discussion. Savoir qu'il était prêt à tout pour elle lui réchauffait le cœur, elle n'aurait jamais cru ça de lui. Même si elle le connaissait depuis des années, elle avait toujours des préjugés à son égard, et ces derniers avaient la vie dure. Lavande inspira profondément, sentant le malaise s'insinuer de nouveau en elle, vif et impérieux. Lavande se mordilla la lèvre inférieure, tentant de réfréner cette nouvelle nausée. Elle savait qu'elle ne tiendrait pas longtemps ainsi, qu'elle allait bientôt tourner de l'œil. Elle se sentait incapable de répondre à une simple question, celle de savoir ce que Drago allait lui ramener à manger. À dire vrai, rien ne lui faisait vraiment envie, la moindre chose allait être odorante et Lavande était vraiment incommodée par son odorat trop sensible.
Voyant qu'elle n'allait pas bien, le policier lui prit le téléphone des mains et expliqua lui-même la situation au jeune homme, qui attendait au bout du fil. Il disait que la jeune fille n'allait vraiment pas bien et qu'ils allaient probablement devoir l'emmener à l'hôpital, en attendant l'autorisation des hautes autorités pour la remettre en liberté. Puis, une fois que le flic eut terminé, il raccrocha, rendant son téléphone à Lavande, qui était livide.
-Vous avez de la chance, votre ami va sauter dans le premier train pour vous rejoindre ici.
-Il y a beaucoup de trains, en provenance de Bristol jusqu'à destination de Londres? S'enquit Lavande, d'une voix pâteuse.
Mais Lavande n'entendit pas sa réponse. Un voile noir brouilla sa vue, alors que son malaise avait gagné en intensité. Lavande respirait bruyamment, tentant de lutter contre le mal qui s'insinuait en elle. Ce fut peine perdue. C'est quand sa tête heurta le bureau en face du quel elle était ainsi qu'elle comprit qu'elle venait de tourner de l'œil. Ce fut à peu près la dernière pensée cohérente qu'elle eut avant de sombrer dans l'inconscience.
Lavande se réveilla à l'hôpital, branchée à différentes appareils. En l'espace d'un instant, Lavande paniqua, se demandant comment Drago allait faire pour la retrouver parmi cette multitude d'hôpitaux. Elle enfouit son visage dans son oreiller en voyant le policier de tout à l'heure, qui ne l'avait visiblement pas lâchée d'une semaine. Elle vit son sac à main attendre sagement sur la chaise réservée ordinairement aux visiteurs. Aussi avait-il pensé à lui ramener ses affaires. Si elle n'était pas aussi rancunière, peut-être qu'elle aurait pu trouver le flic bien sympathique.
-Votre ami a appelé il y a cinq minutes, pour dire qu'il était en route. Il ne devrait plus tarder.
-Et mon avocat? S'enquit Lavande, d'une voix pâteuse.
-il est arrivé entre temps. Répondit l'agent, avec un sourire d'excuse. Il a convaincu le plaignant de retirer sa plainte. Estimez-vous heureuse que le coup de genou que vous lui avez donné n'ait pas eu des conséquences plus graves, sinon, vous seriez dans les ennuis jusqu'au cou, j'espère que vous en avez conscience.
Lavande se mordilla la lèvre inférieure, contrariée. Elle resta songeuse un instant, puis, on toqua bientôt à la porte. Le policier s'écarta en laissant passer à la fois un médecin, et un homme d'une cinquantaine d'années, les cheveux grisonnants, impeccablement habillé. Le médecin s'affairait autour d'elle, alors que Lavande avait serré faiblement la main de l'homme qui venait d'entrer, pour le saluer. Elle laissa retomber mollement son bras le long de son corps.
-Richard Nott. Se présenta l'homme. Je suis votre avocat, je remplace Maître Hodgkin dans cette affaire. Alors c'est vous, la jeune fille qui s'est fait arrêter? Vous n'avez pas le profil d'une délinquante.
Lavande sourit faiblement devant la tentative d'humour de l'avocat commis d'office. Lavande avait toujours eu des préjugés sur la profession, elle les imaginait volontiers raides et guindés, si peu enclins à l'amusement. Coincés, en somme. Pourtant, Richard Nott était d'un autre genre. Il avait un humour caustique, et ses paroles étaient des plus acides. Un humour caustique qui lui rappelait quelqu'un…Il disait s'appeler Nott, n'est-ce pas?
-Excusez-moi, mais vous n'auriez pas un fils? Théodore? C'est le petit-ami d'une de mes meilleures amies et…
-Oui, mon fils s'appelle Théodore. Coupa l'avocat, sèchement, n'aimant visiblement pas que l'on évoque sa famille. En ce qui vous concerne, en revanche…vous n'êtes pas sans ignorer que le plaignant a retiré la plainte qui était dirigée contre vous. Après une brève analyse médicale, il s'est avéré que Monsieur Young n'allait avoir aucune séquelle consécutive au coup que vous lui aviez donné, et que dès lors, il n'y avait pas lieu de vous incriminer pour une infraction que vous n'ayez pas commise. J'ai fait en sorte de négocier votre liberté avec le plaignant, aussi vous êtes libre, Mademoiselle Brown. Vous pourrez retourner chez vous dès que possible, il me semble que l'hôpital est en train de procéder à divers examens, est-ce exact?
-oui. Répondit Lavande, la gratitude emplissant ses yeux bleus de poupée. Merci. Je suis navrée de vous avoir fait déplacer pour rien.
-C'est ma profession. Je me dois de traiter chaque dossier avec soin, même si c'est pour rien, comme vous le dites si bien.
Sur-ce, Richard Nott s'éloigna de Lavande pour s'entretenir avec le policier dans le couloir. Lavande soupira longuement, avant de se laisser retomber sur ses oreillers. La jeune Brown se mordilla la lèvre inférieure, alors que l'infirmière venait d'entrer à son tour.
-Mademoiselle Brown? J'ai les résultats des premiers examens que nous avons pu pratiquer.
-Et alors? S'enquit Lavande, avec inquiétude.
-Eh bien…Les premiers résultats indiquent que vous êtes enceinte, mademoiselle, il n'y a pas d'erreur possible quant au diagnostic. Je suis désolée.
-Enceinte? Balbutia Lavande, devenue livide. Mais…de combien de temps?
-Deux semaines et demi, pour être exacte. Répondit l'infirmière, en adressant à sa jeune patiente un regard désolé.
Lavande pâlit, avant de porter ses mains à son visage fatigué. Elle était sous le choc. Elle était enceinte. Enceinte. Elle tenta de se rappeler comment cela avait pu arriver, mais elle avait bien du mal à réfléchir. En fait, oui, elle s'en rappelait très bien. Drago et elle. La fameuse fête où elle avait perdu sa virginité. Elle n'avait fait l'amour qu'une fois, deux fois, si on comptait l'épisode de la douche, et elle se retrouvait enceinte! Non mais quelle conne! Alors, pour la deuxième fois de la journée, malmenée par ses hormones de femme enceinte, Lavande se mit à pleurer. Elle angoissait à l'idée de devoir l'annoncer au père de cet enfant, qui était présentement en route vers l'hôpital. Finalement, le pire était encore à venir.
[HARRY]
-Hermione? Appela Harry d'une voix forte, tout en tentant de se frayer un chemin parmi la foule gesticulante.
Tout en râlant, le Survivant jouait des coudes pour que l'on consente enfin à lui laisser le passage. Harry se faufilait entre les danseurs frénétiques et plissait les yeux parce qu'il faisait trop noir, il n'avait aucune chance de repérer Hermione de la sorte. Harry avait vu Théodore, en train de se faire un rail de coke, et il l'avait questionné parce qu'il était le mieux placé pour savoir où s'était réfugiée. Théodore avait haussé les épaules et répondu qu'il n'en avait aucune espèce d'idée, la jeune fille ayant filé à l'anglaise quelques instants auparavant.
Tout en soupirant, Harry s'était lancé à la recherche d'Hermione. Parce que c'était inquiétant qu'elle se soit éclipsée de la sorte, sans même en référer son petit-ami. Certes, ils n'étaient pas obligé de tout se dire, mais tout de même. Harry s'inquiétait trop facilement lorsqu'il s'agissait d'Hermione, elle était si fragile. Ron pensait qu'Harry la maternait trop, peut-être était-ce vrai, il ne surveillait pas suffisamment son attitude vis-à-vis d'elle. Hermione avait besoin d'eux, c'était un fait. Mais jusqu'à quel point?
Harry monta à l'étage de la maison, là où il y avait moins de monde. La foule était clairsemée, et on voyait surtout des couples en mal d'intimité, qui occupaient le couloir, à défaut d'avoir une chambre de libre pour faire leurs cochonneries. Harry évita de regarder un couple en pleine action, à même le mur, pour poursuivre son chemin, pensant savoir où il était le plus susceptible de trouver Hermione. Parce qu'Hermione ne serait pas partie comme une voleuse sans rien dire à personne, elle les aurait tout de même prévenus.
Harry trouva Hermione dans les toilettes, comme prévu. Elle n'avait même pas pris la peine de fermer la porte, et Harry eut presque des scrupules à la déranger dans ce moment intime. Mais Hermione n'était pas assise sur le trône, conformément à ce qu'il s'attendait. Hermione était agenouillée au sol, une bouteille de vodka à moitié vide dans la main. Elle s'était piteusement appuyée sur la cuvette des toilettes, le teint légèrement verdâtre. Hermione se perdit dans une quinte de toux, et cracha de la bile, suffocante. Elle s'essuya rageusement la bouche d'un revers de main, avant de boire une gorgée de vodka pure pour faire partir le goût dégueulasse du vomi. Sa méthode resta sans efficacité, puisqu'Hermione rechuta. Nouveaux haut-le-cœur, nouveaux vomissements. Elle renifla, et se redressa, dans une maigre tentative de s'appuyer contre la cloison, jusque derrière elle. Hermione posa sa tête contre le mur, et ferma les yeux. Harry soupira, et s'approcha de son amie malade.
-Hermione? Appela-t-il doucement, en posant une main fraternelle sur son épaule.
-H…Harry? Balbutia-t-elle, en tournant son petit visage vers lui.
Il n'y avait pas à dire, Hermione était vraiment dans un sale état. Elle avait les yeux exorbités, injectés de sang, ses pupilles étaient anormalement dilatées. Elle papillonna des yeux un moment, alors qu'elle se blottissait dans les bras rassurants de son ami, complètement amorphe. Elle lâcha la bouteille de vodka qui roula sur le sol et s'écrasa contre le mur d'en face, déversant son contenu sur le sol. Harry referma ses bras autour d'elle.
-Attention, Harry…je…vais…
Hermione n'eut pas fini sa phrase qu'aussitôt, elle s'était précipitée au dessus de la cuvette pour y vomir une énième fois, vidant son estomac déjà pas bien rempli. Elle toussa une nouvelle fois, et regretta de ne pas avoir sa précieuse bouteille de vodka à côté d'elle. Quelle idée aussi elle avait eue de la laisser foutre le camp. Elle était hors de portée, et le décor tanguait trop pour qu'elle se risque à ramper jusqu'au mur d'en face, qui était à moins de deux mètres d'elle. Harry, patiemment, tenait ses cheveux alors qu'elle vomissait encore, non sans s'étouffer dans une nouvelle quinte de toux.
Hermione tripota autour d'elle, puis elle sortit une cigarette de son paquet, avant de le jeter au sol sans ménagements. Puis, elle coinça la clope entre ses lèvres et l'alluma, non sans s'y reprendre à plusieurs fois tant ses mains tremblaient. Hermione attrapa le mégot incandescent, et tira une bouffée dessus. Elle exulta presque en sentant la fumée âcre lui rouler dans la gorge.
-Hermione, qu'est-ce que t'as foutu pour être dans un état pareil? La gronda Harry, sans toutefois la brusquer.
-Je…Je crois que j'ai un peu bu. Répondit-elle, honteuse, en baissant la tête comme une petite fille prise en faute.
Un peu? C'était vraiment un euphémisme, alors. Parce que pour être dans un état pareil, Hermione n'avait pas dû boire qu'un peu. N'était-elle pas en train de boire de la vodka pure lorsqu'il était arrivée? Qu'est-ce qui avait bien pu lui passer par la tête pour en arriver là? En s'approchant davantage, Harry put voir qu'elle avait pleuré, ses joues étaient encore chiffonnées des larmes qu'elle avait récemment versées. Qui plus est, son maquillage avait abondamment coulé, les traces de maquillage maculaient sa peau blême. Hermione, en ce moment même, ressemblait à un cadavre, ni plus, ni moins.
-Où est Théo? Balbutia-t-elle, dans un état semi-comateux, sa tête dodelinant péniblement contre l'épaule d'Harry.
-Il est en bas, avec les autres. Tu veux que j'aille le chercher? Proposa-t-il avec douceur.
-N…Non. Protesta Hermione, faiblement. Laisse-le se changer les idées, il en a besoin. Puis je suis tellement hideuse qu'il ne voudrait même plus de moi.
-Ne dis pas n'importe quoi. La rabroua-t-il gentiment.
-Si, c'est vrai. Pleurnicha-t-elle. Je suis moche. J'ai les cheveux touffus et des grandes dents. Je ne sais même pas comment il fait pour m'aimer tant je suis laide. Blaise me trouve laide, il a clairement demandé à Théo ce qu'il pouvait bien me trouver.
-Blaise est un imbécile. grogna Harry, tout en se promettant de casser la gueule du métis en question. Tu es jolie comme un cœur et beaucoup de garçons rêveraient de sortir avec toi. Je suis sûr qu'à l'heure qu'il est, ils sont en train de faire un complot contre Théo.
-Quoi? Bredouilla-t-elle, les yeux écarquillés. Qui va faire du mal à Théo? Si tu as des noms, balance, que je les contraigne à l'exil. Ils n'ont pas le droit de s'en prendre à Théodore.
-Je sais, Mione, je sais. Concéda Harry en prenant la frêle jeune fille dans ses bras.
Hermione ne chercha même pas à se débattre, elle se laissait clairement glisser sur la pente du sommeil. Harry posa un baiser parmi ses cheveux épars et humides, alors qu'elle continuait de psalmodier des paroles incompréhensibles, et surtout, incohérentes. Oui, Hermione était pathétique en cet instant, mais Harry n'osait pas le lui dire, de peur de déchaîner la furie qui était en elle. En ce moment, Hermione avait les nerfs à fleur de peau, elle multipliait les crises d'hystérie et en son for intérieur, Harry priait pour que Théodore soit capable de les gérer. Parce qu'une Hermione en train de péter les plombs, ce n'était jamais joli. C'était même plutôt flippant.
-Viens, Mione, je vais t'allonger dans un lit et tu vas pouvoir te reposer. Lui dit Harry avec tendresse. Il ne faut pas rester là, tu monopolises les toilettes.
-M'en fous. Grogna Hermione, puérilement, en claquant des dents. Ils iront pisser dans le lavabo ou le jardin, ce n'est pas mon problème.
-ça fait une heure que tu es là dedans. Fit remarquer Harry, en haussant un sourcil.
-C'est bien ce que je dis. Grogna Hermione d'une voix rauque. Personne ne fait attention à moi, j'aurais disparu que ça reviendrait parfaitement au même, tout le monde s'en fout.
-Allez, viens. Dit le Survivant avec fermeté, en empoignant Hermione par le bras. Il ne faut pas rester ici.
-Lâche moi. Protesta Hermione faiblement, sans chercher à se débattre. Si j'ai de nouveau envie de vomir, je fais quoi, hein? Je vomis sur tes chaussures?
-Il doit bien y avoir une bassine quelque part, mais tu ne peux pas rester là. Tu vas attraper froid et tu vas être fourbue de courbatures. Coupa le Survivant, en posant sa veste sur les épaules glacées d'Hermione.
-C'est bon, Harry, je t'ai dit que je n'ai pas besoin d'aide. Gronda Hermione, en plissant les yeux. Je suis capable de m'occuper de moi-même, je suis une grande fille.
-C'est ça! S'écria Harry, en levant les yeux au ciel. Tu es une grande fille complètement bourrée, qui ne tient plus sur ses jambes et qui est en train de vomir tripes et boyaux depuis tout à l'heure.
-Je t'ai dit de me laisser. Contesta Hermione, avec plus de force, en se levant à grand peine.
Harry tendit la main vers elle, prêt à la rattraper si besoin est. Hermione avait beau s'être redressée, le résultat n'était pas joli-joli pour autant. Elle tenait à peine debout, et il semblerait qu'elle allait vaciller à chaque instant. Hermione trouva même le courage de se pencher pour prendre la bouteille de vodka qu'elle avait abandonnée tout à l'heure. Elle voulut en boire une rasade, mais Harry l'en empêcha d'un geste, s'attirant le regard furieux de son amie.
-C'est bon Hermione, arrête ça, tu as assez bu pour ce soir. Dit-il en tentant de s'emparer de la bouteille litigieuse. Il faut que tu ailles te coucher, et que tu te reposes. Tu veux que j'appelle…
-Non! Cria Hermione, brusquement, alors qu'Harry restait toujours aussi calme et impassible. Tu n'appelles personne, je ne veux pas qu'on me voit dans cet état là! Ce que tu as vu ne s'est jamais produit, JAMAIS! D'ailleurs, je vais retourner danser, tu vois, je me porte comme un charme!
-Hermione, ne sois pas ridicule! Gronda Harry, dont les yeux verts lançaient des éclairs (sans mauvais jeu de mots…) Tu viens avec moi et tu ne fais pas d'histoires.
Sur-ce, il s'empara du frêle poignet de la jeune femme, et l'entraîna plus loin. Hermione, quant à elle, ne l'entendait pas de cette oreille. Elle tentait de se dégager de l'emprise de son ami, étant ridiculement déterminée à faire ce qu'elle avait prévu de faire. Qui plus est, Harry serrait si fort son poignet qu'elle en avait mal. Et la douleur n'était pas une sensation qu'elle appréciait, bien au contraire, elle ne faisait que décupler son instinct de survie, incroyablement haut en cet instant.
-Lâche moi Harry, tu me fais mal! Souffla Hermione, qui avait les larmes aux yeux.
-Si tu était plus docile, tout serait tellement plus facile. La rabroua son ami, qui l'entraînait vers la chambre la plus proche.
Il n'aimait pas violenter Hermione de la sorte, mais là, c'était nécessaire, elle était davantage en train de se détruire qu'autre chose. Et Harry ne pouvait pas la laisser faire. Elle se mettait constamment en danger, elle tirait sur la corde pour voir quand elle se casserait. Hermione s'était enfermée dans une spirale autodestructrice et il semblait être le seul à s'en rendre compte. Même Théodore ne voyait rien. Ou alors, il faisait comme si de rien n'était. Et Harry comptait bien secouer Hermione pour lui remettre les idées en place, il détestait la voir dans un état aussi précaire, il se sentait impuissant face à tout ce mal qu'elle s'infligeait.
-LACHE MOI! S'écria une Hermione complètement hystérique, non sans lui briser la bouteille sur la tête au passage.
Harry vacilla sous la violence du choc, sonné. Il avait senti son arcade sourcilière s'ouvrir, et le sang chaud qui coulait sur sa joue. Instinctivement, il porta ses doigts à sa blessure, et grimaça en voyant qu'elle ne l'avait pas loupé. La bouteille avait fait des dégâts, et l'alcool qui restait dedans n'était pas là pour arranger la chose, constata-t-il en sentant sa blessure picoter légèrement. Au moins, il n'y avait aucun risque pour que l'ensemble ne s'infecte.
Hermione, quant à elle, clignait bêtement des yeux, à peine consciente de ce qu'elle venait de faire. La jeune fille n'avait même pas réalisé qu'elle avait frappé son ami, et surtout, qu'elle avait presque failli l'éborgner dans sa manœuvre, elle était tout simplement sous le choc. Sa colère était retombée aussi vite qu'elle était venue, et elle jetait un œil horrifié à Harry, puis à la bouteille brisée dont elle tenait encore le goulot dans la main gauche. Hermione cligna une nouvelle fois des yeux, puis, elle s'élança en direction du couloir comme une fusée, prenant la fuite, incapable d'assumer la portée réelle de ses actes.
Harry ne réfléchit pas davantage. Une fois l'effet de surprise dissipé, ainsi que l'étourdissement consécutif au choc, il se lança à la poursuite d'Hermione, slalomant entre les danseurs frénétiques qui ne semblaient pas avoir pris conscience de ce qui venait de se passer. Harry se moquait bien qu'elle l'avait blessé, qu'elle était potentiellement dangereuse, l'important était de s'assurer qu'elle ne fasse rien d'irréfléchi. Il ne perdait pas de vue la silhouette filiforme d'Hermione, qui se débattait contre les envahisseurs, n'ayant cure que l'on puisse voir la reine de Roundview dans cet état, de toute manière, disait-elle souvent, elle avait perdu sa couronne dès lors que Malefoy avait pris l'initiative de rompre avec elle. Harry la vit se faufiler par une porte, et il s'y engouffra à sa suite.
Le spectacle qui s'offrir à lui le retourna complètement. Hermione avait ouvert la fenêtre de la chambre des parents de leur hôte, et elle s'était mise debout sur le rebord. Harry savait que si elle venait à se défenestrer, elle ne se ferait pas bien mal, après tout, même si cette baraque était immense, ils n'étaient ni plus ni moins qu'au premier étage, mais c'était pour le principe, pour qu'Hermione en vienne à une telle extrémité, il fallait vraiment qu'elle se sente désespérée. Elle avait ramassé une bouteille au passage, et en buvait de longues goulées, toussant en raison du liquide alcoolisé qui lui brûlait la gorge. Les larmes ravageaient ses joues blêmes.
-Hermione, ne fais pas ça! S'écria Harry, la voix blanche, qui remettait ses lunettes parties de travers en place.
-Faire quoi? Pleurnicha-t-elle d'une voix suraigüe. Ne pas sauter? Pourquoi je ne sauterais pas, Harry, dis moi? Donne moi une seule bonne raison de ne pas le faire.
-Tu es Hermione Granger, la reine du lycée. Tu as des amis et un petit-ami qui t'aiment, et qui s'inquiètent pour toi.
Quelque chose ne tournait plus rond, vraiment plus rond. Un sanglot hystérique montait dans la gorge d'Hermione et l'étouffait presque. Harry n'osait pas s'approcher, de peur qu'elle tombe. Il hésitait vraiment à appeler Théodore à la rescousse, lui-même saurait quoi lui dire, quoi faire pour la calmer. Mais en son for intérieur, Harry se disait qu'il n'avait pas le droit de mêler Théodore à tout ça. Hermione ne le permettrait sûrement pas.
-Reine du lycée, voyez-vous ça! S'écria-t-elle, en reniflant dédaigneusement. Mais je m'en moque que d'une guigne, de ce titre! Je n'ai jamais voulu être reine, ou quoi que ce soit d'autre du genre. Je n'ai jamais voulu de tout ça, Harry. jamais.
Hermione regarda dehors, et l'herbe qui s'étendait sous ses pieds. La légère brise s'insinuait par la fenêtre grand ouverte et faisait s'agiter imperceptiblement sa robe. Hermione but une nouvelle gorgée sur sa bouteille, et tangua légèrement. Harry, une fois encore, dût prendre sur lui-même pour ne pas se précipiter à ses côtés, pour ne pas voler à son secours. Un geste malheureux, et elle pourrait basculer. Il essayait de se persuader que d'ici, elle ne se ferait pas mal, mais ce boniment sonnait faux à ses oreilles. Il n'avait que trop peur qu'elle se blesse, qu'elle se détruise encore plus, il s'agissait juste de cela.
-Hermione, s'il te plaît. Murmura Harry, en s'approchant doucement. Descends de là, et viens avec moi. Je te promets que je ne t'enverrai pas te coucher.
-Tu ne m'enverras pas me coucher, soit. Concéda Hermione, en tournant son visage fatigué vers Harry. Mais qui sait, tu vas peut-être me faire bien pire que me mettre simplement au lit.
-Je ne vois pas ce qui pourrait t'arriver de pire. Argua Harry, en continuant à s'avancer calmement, soutenant le regard désespéré d'Hermione.
-Je t'ai blessé. Balbutia-t-elle, dans un filet de voix. Je…tu dois penser que je suis folle à lier. Et qui sait, je le suis certainement.
-Non Hermione, tu n'es pas folle. Tu vis des choses difficiles en ce moments, et c'est normal de perdre pied à un moment donné, surtout si tu continues à tout encaisser comme tu le fais. Tu ne peux pas porter le poids du monde sur tes épaules, Hermione, tu dois donner une partie de ton fardeau à quelqu'un qui t'aidera à le porter. Tu as besoin d'aide, Hermione. Tu dois simplement l'admettre.
-De quel genre d'aide aurais-je besoin? Gronda Hermione, non sans cynisme.
-Je suis persuadé qu'au fond de toi, tu le sais. Répondit Harry avec sagesse. Tu as besoin d'aller voir un psychologue. Tu as besoin d'aller voir un médecin. Ils ne sont pas là pour te faire du mal, tu sais? Et cela ne signifie pas pour autant que tu es malade, ou folle. Tu as besoin de voir quelqu'un, tu ne peux pas rester comme ça. Tu ne fais que te détruire.
-Je ne suis pas sûre qu'on puisse faire quoi que ce soit pour moi. Murmura Hermione, d'une voix éteinte. Ça fait tellement longtemps que je suis prisonnière de tout ce merdier que je ne suis pas certaine de pouvoir en sortir.
-Et tu crois que te balancer par la fenêtre c'est une solution? Tu n'as pas le droit de nous faire ça, Hermione! Ron a déjà perdu Pansy, il ne voudrait pas te perdre toi, et de la même façon qui plus est! Théodore est en train de perdre sa mère, tu n'as pas le droit de le faire souffrir non plus!
-Ron s'en fiche éperdument de ce qui peut m'arriver! Argua Hermione, avec lassitude.
-C'est faux, Hermione. Ron a dit ces choses sous l'effet de la colère, et tu le sais! Ron t'aime, nous t'aimons tous, sans exception. Ne te préoccupe pas de Blaise, ne te préoccupe pas de Drago. Nous sommes tes amis, et nous sommes là pour toi. Nous t'aiderons à surmonter cette mauvaise passe. Théo…aussi. Tu n'as pas le droit de l'exclure comme tu le fais. Vous êtes un couple, vous devez vous soutenir mutuellement. À deux, vous êtes invincibles!
-Théo…a probablement…d'autres choses à se préoccuper que de sa petite-amie à moitié cinglée. Grinça Hermione, cynique. Sa mère lui accapare beaucoup de son temps, je ne peux pas le monopoliser plus qu'il n'est nécessaire. Je ne veux pas qu'il me considère comme quelqu'un de malade, ou mentalement perturbé, je veux qu'il continue de se comporter de la même façon avec moi, voilà pourquoi je n'ai pas envie de lui parler de tout ça.
-pourtant, il le faudra bien, ne serait-ce que pour vider ton sac. Si Théodore t'aime, il restera à tes côtés, peu importe ce que tu lui auras appris. Un couple, ça doit être solide, et faire face aux épreuves qui s'imposent à vous. Si vous n'êtes pas capables de résister à la première tempête, alors abandonne. Quand on veut quelque chose, il faut parfois se battre.
-Je voulais pourtant…que tout soit parfait. Hoqueta Hermione, à travers ses larmes, alors qu'Harry était arrivé à sa hauteur. J'ai…j'ai tellement été déçue à cause de Drago, que j'ai peur d'être déçue à nouveau. Théodore est adorable, il est tout ce dont je pouvais rêver, mais j'ai peur Harry, s'il n'aime pas la vraie Hermione, qu'est-ce que je fais?
-Il faut que tu te prépares à cette éventualité, Mia. mais tu ne sauras pas en continuant à te taire. Tu ne peux pas te cacher éternellement, il arrivera un jour où tu devras faire face.
Pour toute réponse, Hermione se jeta dans les bras d'Harry, qui la serra contre lui. Il ne lui en voulait pas de l'avoir blessée, il lui pardonnait toujours trop facilement. Mais il tenait trop à elle pour la laisser tomber à la première occasion venue, leur amitié était bien trop précieuse, Hermione était comme la sœur qu'il n'avait jamais eue. Et comme tout grand frère qui se respectait, Harry avait mal de la voir souffrir autant, il aurait voulu avoir le pouvoir d'absorber la douleur si cela pouvait lui permettre d'absorber celle de la jeune fille.
[HERMIONE]
Hermione attendait sur le parking du centre médical de Bristol, une cigarette à la main. Elle était là, en train de fixer les portes coulissantes depuis au moins une heure sans jamais daigner y entrer. Elle consulta sa montre, à tout hasard. Elle avait rendez-vous avec son psychologue, et elle avait une heure de retard. Avec un peu de chance, il aurait pris en charge le patient suivant, et il l'aurait de par le fait oubliée. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, avant d'écraser sa cigarette au sol. Elle allait en sortir une autre pour se donner un tant soit peu de courage, mais ce ne serait pas raisonnable. Elle attendrait dehors une heure de plus, à tergiverser et à se demander si elle faisait bien d'y aller ou non. Alors, d'un pas raide, la jeune fille pénétra dans l'hôpital, sous le regard interloqué des quelques patients qui étaient là.
Hermione comprenait pourquoi on la dévisageait. Ses boucles brunes étaient désordonnées, et elle avait l'air d'une junkie. Son maquillage avait coulé des larmes qu'elle avait versées, et ses joues étaient encore chiffonnées par le chagrin. Surtout, elle portait des talons aiguille de dix centimètres, un débardeur vert pomme et une mini-jupe en jean relativement courte. Pour couronner le tout, Hermione portait sa veste en simili-cuir. Tous étaient d'accord pour dire que ce n'était pas forcément la tenue la plus appropriée pour se rendre à un rendez-vous médical, elle était presque trop bien habillée par rapport à toutes les personnes qui attendaient que vienne leur tour.
Hermione inspira profondément, puis en claudiquant, elle se rendit au comptoir, où se tenait la secrétaire. Hermione eut une moue amusée en avisant sa coiffure. La secrétaire avait les cheveux courts, ébouriffés, et teints en rose bonbon. Un trait de maquillage sombre soulignait ses yeux marron, et elle mâchait un chewing-gum avec énergie, tout en remplissant des papiers de son écriture ronde et imposante. Elle avait les écouteurs sur ses oreilles et balançait la tête au rythme de la musique qu'elle entendait. Hermione allait s'éclaircir la gorge pour signaler sa présence, mais heureusement, Nymphadora Tonks -c'était écrit sur son badge, en plus de son titre de standardiste- l'avait vue arrivée. La fille aux cheveux roses détailla l'adolescente, avant de se fendre d'un sourire aimable.
-C'est pourquoi? Demanda-t-elle, de son ton mielleux tout en couvant l'adolescente du regard.
-Je…j'avais rendez-vous avec le Docteur Lupin. Murmura Hermione, tout en réprimant de nouvelles larmes. Je…Je sais que j'ai une heure de retard mais…il…il fallait que je trouve le courage…d'y aller.
-Le docteur Lupin t'attendait. Répondit Tonks avec douceur, alors que le psychologue surgissait de derrière le comptoir, venant chercher sa patiente.
-Je suis désolée de vous avoir fait attendre. Couina Hermione, d'une toute petite voix.
-Je comprends. Assura la standardiste sans se défaire de son sourire. Ce n'est pas évident d'admettre qu'on a besoin de voir un spécialiste. On fera ton dossier après, d'accord?
Hermione acquiesça faiblement, et suivit Lupin jusque dans son bureau. Le psychologue referma la porte derrière eux et alla s'installer confortablement dans son siège. Hermione se mordilla la lèvre inférieure, hésitant encore à venir. Puis, Lupin l'invita d'un geste de la main à prendre place dans le fauteuil qu'il y avait juste en face de lui. Un frisson parcourut l'échine de la jeune femme, puis, la gorge nouée, elle alla s'asseoir, appréhendant cette séance. Elle ne savait pas vraiment quoi dire au psy. En fait, elle n'était pas sûre d'avoir envie de parler. Elle ne voulait pas mettre de mots sur ce qui la détruisait de l'intérieur.
-Alors Hermione. L'encouragea Remus Lupin, avec son sourire avenant. Dis moi ce qui ne va pas.
-Rien…tout. Murmura la jeune fille, d'une voix éteinte.
Par quoi devait-elle commencer? Drago? Pansy? Son père? Ou au contraire, devait-elle parler des choses positives, comme Théodore, ou son amitié avec Harry et Ron? Hermione s'enfonça dans son fauteuil, légèrement crispée. Et, une fois de plus, elle eut envie de partir. Elle commençait à regretter d'être venue. En fait, elle avait peur, et elle était tentée de céder à la lâcheté. Hermione passa une main dans ses cheveux emmêlés, et trembla de tous ses membres. Elle voulait dire ces mots qui la déchiraient de l'intérieur, ces mots qu'elle refusait de dire, voire même, dont elle refusait carrément le sens, la signification. C'était trop dur à admettre, à accepter. Elle n'y arriverait pas.
Hermione renifla, en proie à ses démons intérieurs. Elle avait envie d'une clope. Elle s'était promis de ne pas tomber là dedans, et elle fumait quand même, régulièrement. Peut-être pas autant que Théodore, mais tout de même. Elle sentait encore les regards suspicieux de Florence lorsqu'elle rentrait à la maison en puant le tabac froid. Sa mère s'irritait de l'odeur presque rance qui entourait perpétuellement sa fille, se mêlant avec son parfum capiteux. Elle songea ensuite à son portable, qui était dans son sac. Elle espérait un appel, mais cet appel ne venait pas. Peut-être qu'il ne viendrait jamais. Cela faisait bien trois jours qu'elle faisait le pied de grue, à côté de son téléphone. Mais à chaque fois qu'elle recevait un appel, ce n'était jamais celui qu'elle attendait, même si elle n'était pas mécontente d'entendre la voix grave de Théodore, ou les gloussements de Parvati. Hermione frissonna à nouveau, perceptiblement. Elle voulait ramener ses genoux sur sa poitrine, mais elle n'osa pas. Lupin attendait qu'elle s'exprime, pas qu'elle se ferme complètement.
-Je me sens mal. Coassa-t-elle d'une voix rauque. Je me sens tellement mal.
Elle frissonna à nouveau, alors que ses larmes montaient à nouveau. Le pire, c'est qu'elle ne savait même pas pourquoi elle pleurait. Elle avait mal, c'était tout ce qu'elle comprenait. Tout cette douleur qui la rongeait de l'intérieur, c'était grâce à Harry qu'elle en avait conscience. Et depuis l'épisode désastreux des toilettes, elle n'avait jamais cessé de pleurer. Elle se sentait consternée de son attitude envers ses amis. Elle avait même cassé une bouteille sur la tête de son cher Harry. Elle était odieuse, elle méritait qu'ils l'abandonnent, tous. Mais tous tenaient bon, ils restaient avec elle malgré tout. Hermione était tombée bien bas. À moins qu'elle ne se soit rendue compte que maintenant de la déchéance dans laquelle elle était depuis de nombreuses années déjà.
À défaut de cigarette, Hermione tripota le bracelet de coton noué que lui avait offert Parvati, il y a des années de cela. L'indienne avait eu beaucoup de patience à nouer les différents fils de coton entre eux, afin de créer une bande régulière décorée de motifs qui l'étaient tout autant. Parvati était une artiste, douée pour les travaux manuels. Hermione se souvenait de la sculpture que son amie avait façonnée à partir d'une boule d'argile, là où le travail d'Hermione ressemblait à une espèce de bouillasse marron dégoulinante d'eau, et qui ne tenait même pas debout. Hermione était si peu douée de ses dix doigts, si peu adroite. Elle était surtout intellectuelle. C'était comme ça.
-Elle est morte. Murmura Hermione dans un souffle. Ma meilleure amie est morte. Pansy est morte.
Elle l'avait répété trois fois, et à la troisième fois, elle s'était mise à sangloter. Elle avait mal, elle avait besoin d'expulser toute cette douleur qui la rongeait de l'intérieur, douleur mitigée à la saveur âcre de la culpabilité. Les épaules d'Hermione tremblaient, alors qu'elle s'était pris la tête entre les mains, chassant rageusement les larmes qui roulaient sur son visage et écorchaient son épiderme. Hermione n'avait jamais voulu parler du décès de Pansy, avec qui que ce soit. Elle avait toujours tâché d'éluder le sujet dès lors qu'il était amené sur le tapis. Dès que le nom de sa meilleure amie se glissait dans la conversation, elle se renfrognait et se fermait à toute discussion. Pourtant, les autres avaient bien essayé d'évoquer la mort de leur amie, à commencer par Ron. Ron avait espéré trouver en son amie une personne de confiance, à l'écoute, qui comprendrait son chagrin. Hermione s'était somme toute montrée cruellement indigne d'être leur amie à tous. En définitive, Ron n'avait pas tort lorsqu'il avait reproché à Hermione son égoïsme.
Mais Hermione n'avait rien fait de mal, elle avait tout simplement été dans une période de déni. Elle avait refusé d'admettre que Pansy était partie pour de bon, qu'elle ne reviendrait jamais. Hermione s'était affranchie de la réalité, pour ne plus vivre que dans ses rêves. Des rêves où Pansy était toujours là, et continuait de lui parler comme si elle ne s'en était jamais allée. Hermione avait vécu dans une période de semi-conscience, où elle ne se rendait pas compte de ce qui se passait. Tous l'avaient compris, mais pas elle. Hermione avait refusé d'ouvrir les yeux, et de pleurer la mort de son amie. Hermione n'avait pas versé une seule larme depuis l'enterrement de Pansy, en tout cas, pas qui aient un rapport avec le décès de la jeune Parkinson. Pleurer sur son sort, elle avait su faire. Mais pleurer son amie, jamais.
Et à présent qu'elle renouait avec la réalité, elle n'avait jamais eu aussi mal. Elle ne versait pas des larmes de princesse pourrie gâtée, c'étaient de vraies larmes de chagrin, qui venaient du fond des tripes et qu'il était difficile d'endiguer. Hermione avait accepté la mort de Pansy, elle était sortie du déni, et tout lui était revenu en pleine tête, elle avait assisté au retour du boomerang. Pour un peu, elle aurait été décapitée par la violence du choc. Contrairement à ce qu'elle s'était promis de faire, Hermione s'était recroquevillée sur elle-même, ramenant ses jambes contre sa poitrine. De son côté, Lupin ne disait rien, se contentant simplement d'attendre qu'elle s'exprime.
-Comment est-ce arrivé? Demanda Lupin, persuadé que sa patiente était sur la bonne voie.
-Elle…Elle s'est suicidée. Murmura Hermione, d'une voix blanche, en baissant la tête. Elle s'est ouvert les veines.
Elle s'est ouvert les veines…Hermione frissonna d'horreur, alors que de nouvelles larmes dévalaient ses joues. Elle se rappelait de ce que Théodore lui avait expliqué à ce sujet. Elle savait que ceux qui passaient à l'acte n'avaient pas forcément prémédité leurs gestes. Et cela l'effrayait d'autant plus qu'elle savait que son amoureux avait voulu en finir lui aussi, comme en témoignaient les vilaines cicatrices qui ornaient ses poignets. Parfois, elle broyait du noir en se disant qu'elle avait failli ne jamais le connaître. Dans un sens, elle aurait été privé de ses caresses, de ses baisers, de sa tendresse. Elle n'aurait jamais connu ses bras, son coup de reins qui lui prodiguait bien des délices, elle n'aurait jamais pu connaître l'amour, le vrai, celui qui prenait aux tripes. Alors, suite aux révélations de Théodore, elle avait eu cette peur viscérale de le perdre lui aussi, d'autant plus qu'elle le savait particulièrement fragile, psychologiquement tout du moins. Hermione n'arrivait pas à se représentait quelle serait sa vie sans lui.
-J'ai perdu mon amie, et je n'ai rien pu faire pour l'aider. Coassa Hermione à nouveau.
-Tu te sens coupable?
-O…Oui. Ça fait des jours que je vis avec ça sur la conscience. Je…Je me dis que…que c'est moi qui aurais dû partir et pas elle. Pansy n'avait pas le droit de mourir. Elle ne méritait pas ça.
-Personne ne mérite de mourir, Hermione. Répondit Lupin avec douceur. Toi non plus. Tu es jeune. Tu as encore tant à vivre. Tu n'as que dix-sept ans.
-Je sais. Couina Hermione, dont la voix était montée d'un octave. Mais…Mais…Je ne mérite pas…pas ce qui m'arrive. Je veux dire…je ne peux pas m'empêcher…d'y penser. Pansy…Pansy n'a pas eu la vie facile, elle méritait plus que quiconque d'avoir une vie heureuse. Pansy est morte, et c'est de ma faute, Monsieur Lupin, je n'ai…je ne l'ai pas vu venir.
Par suite, elle ne cessa de psalmodier que c'était de sa faute, qu'elle aurait dû mourir à la place de Pansy, écrasée par le chagrin. Elle ne cessait de répéter qu'elle n'avait rien fait pour l'aider, alors que son amie n'allait pas bien. Hermione disait que tout était de sa faute, et rien que pour cela, elle méritait de mourir. Lupin l'écoutait patiemment, et dut même l'interrompre parce que l'heure réglementaire était écoulée. Hermione hocha la tête, et acquiesça lorsque Lupin lui proposa de revenir pour une seconde séance. Elle se dit que cette fois, elle ne tergiverserait pas aussi longtemps pour y aller. Hermione serra la main de son psychologue en partant, puis elle déambula dans le hall de l'hôpital.
Le regard d'Hermione s'éclaira lorsqu'elle vit que Théodore l'attendait, affalé sur un siège de la salle d'attente, en train de pianoter sur son téléphone sous le regard excédé d'une dame qui attendait là. Lorsqu'il aperçut Hermione, le jeune homme se leva, et abandonna son exécrable voisine à sa solitude. Hermione se blottit au creux de ses bras, sous le regard attendri de Tonks, qui regardait le jeune couple depuis l'accueil. Il la serra doucement contre lui, tout en lui caressant les cheveux. Elle pleura encore un peu, dans le bras de son copain. Théodore, lui, ne disait rien, se contentant de la bercer contre lui. Il ne lui demanda même pas comment ça s'était passé, il estimait que ça ne le regardait pas, que même si Hermione était sa petite-amie, elle avait quand même le droit d'avoir un jardin secret, dans lequel il n'avait pas le droit de pénétrer sans sa permission.
Hermione leva son visage triste vers le sien. Théodore prit son visage en coupe, et caressa doucement ses joues brûlantes. La main d'Hermione caressa doucement son visage, puis, il se pencha sur elle pour l'embrasser tendrement. Hermione accepta son baiser sans se faire prier, le remerciant tacitement d'être là. Elle soupira de désir lorsque leurs langues se rejoignirent, ravie de retrouver le contact de son amoureux. Puis, Théodore rompit le baiser et lui chuchota à l'oreille qu'ils allaient rentrer à la maison. Elle mit le casque que le jeune motard lui tendit, puis, elle prit sa main, avant de s'éloigner de l'hôpital et de tout ça.
X
Hermione n'arriva pas à trouver le sommeil cette nuit là. Pourtant, elle avait réussi à chasser les gros nuages gris qui l'entouraient, et en partie grâce à Théodore. Ils n'avaient pas forcément fait l'amour, il s'était simplement contenté d'être avec elle. Ils avaient parlé de tout et de rien, ils avaient regardé un film, ils avaient fait leurs devoirs. Ils avaient pris leur bain ensemble, profitant des bras de l'autre sans jamais se caresser de façon si peu conventionnelle. Théodore avait même fait à manger, et Hermione, pour lui faire plaisir, en avait accepté une part. Résultat, elle se sentait ballonnée, comme si elle avait mangé à s'en éclater la panse. Mais, elle s'était promis de ne pas se faire vomir, de recommencer à avoir des habitudes alimentaires saines. Elle l'avait promis à Harry. Et tacitement, elle en avait fait la promesse à Théodore. Elle appréciait les efforts qu'il faisait pour qu'elle se sente mieux.
Hermione glissa un regard attendri vers son amoureux, qui dormait paisiblement. Théodore était couché en chien de fusil, le bras enfoui sous l'oreiller. Elle sourit doucement, avant de déplacer une mèche de cheveux bruns du bout des doigts. Théodore ne broncha pas. Il semblait si paisible, un sourire de contentement ourlait délicatement ses lèvres rosées. Elle se demandait à quoi il pouvait bien rêver, pour sourire ainsi. Elle caressa doucement sa joue, perdue dans sa contemplation. Elle adorait sa petite moue si craquante. Elle se rallongea doucement à côté de lui, puis, elle se pencha vers Théodore. Ses boucles brunes caressèrent la peau dénudée du Terminale, et ses lèvres s'approchèrent doucement de son oreille.
-Si tu savais comme je t'aime. Souffla-t-elle, en remettant une mèche de cheveux derrière son oreille, alors qu'une petite larme d'émotion roulait le long de sa joue blême.
Puis, tout en se disant avec une certaine tristesse qu'il n'avait sans doute pas entendu ses mots d'amour, Hermione se leva, et s'empara de son portable, puis du paquet de cigarettes qui était posée sur sa table de chevet. Elle alla ouvrir la fenêtre, et sentit le vent froid s'engouffrer dans la pièce. Elle s'assit sur le rebord, puis, elle s'alluma une cigarette, pour se donner du courage. Le cœur lourd, la jeune femme composa un numéro, qu'elle connaissait désormais par cœur. Tout en tirant une taffe sur sa clope, Hermione cala le téléphone contre son oreille, guettant avec plus ou moins d'impatience le moment où son interlocuteur décrocherait. Elle eut la gorge nouée en constatant que le téléphone sonnait toujours, sans que qui que ce soit ne vienne décrocher. Le cœur d'Hermione se brisa lorsqu'elle entendit le répondeur, pour la énième fois depuis qu'elle tentait de joindre son numéro. Elle décida néanmoins de laisser un message, ne sait-on jamais.
-Papa? Oui…C'est moi. Hermione. Je…je sais que tu es à Berlin en ce moment, et que tu as sans doute mieux à faire, mais…rappelle-moi. Mes amitiés à Greta.
Puis, Hermione raccrocha, avant de laisser des larmes silencieuses rouler sur ses joues. Elle tira péniblement une bouffée sur sa cigarette, et regarda le ciel d'un noir d'encre, constellé de petites tâches blanches et lumineuses. Un ciel sans nuages était tellement plus beau à observer à la nuit tombée. Mes amitiés à Greta. Jamais Hermione ne s'était montrée aussi hypocrite. L'implosion de sa famille arrivait à cause de cette salope d'allemande. Greta et Edward s'étaient rencontrés à Hambourg, pendant un colloque, il y a quelques années de cela. Edward avait trompé Florence pendant des années, et Florence avait entamé une procédure de divorce dès lors que l'adultère avait été découvert. L'instance de divorce était en cours depuis des années, mais Florence n'avait eu gain de cause que très récemment, ce qui expliquait pourquoi Edward n'habitait plus chez les Granger. En fait, même lorsque Edward et Florence étaient en train de divorcer, Edward allait souvent en Allemagne retrouver Greta.
Hermione s'était alors rendue compte à quel point Florence pouvait être douée pour la dissimulation. Elle avait menti à sa fille pendant des années, froidement, alors que la jeune Hermione voyait ses parents comme un couple modèle, qui avaient tout réussi dans la vie. Et pourtant, le péché avait délité leurs liens, et le poison de la mésentente s'était lentement distillé dans leurs veines, rendant leur mariage caduc. Hermione était tombée sur les fameux papiers il y a quelques jours à peine, et elle avait demandé des explications à sa mère séance tenante. Florence avait rechigné, refusant l'ingérence de sa fille dans sa vie de couple, mais le mal était fait, Hermione était tout autant concernée par le divorce que Florence l'était, car à présent il se posait la question épineuse de savoir avec qui elle allait vivre, n'étant pas encore majeure.
Hermione regarda pensivement la cigarette qui se consumait au bout de ses doigts. Malgré tout, elle n'arrivait pas à en vouloir à Greta. Greta n'y était pour rien si Florence n'avait pas su gérer sa vie de couple. Ce n'était pas non plus de sa faute si Florence était complètement frigide. C'était Florence, la menteuse. Et Hermione en voulait mortellement de lui avoir caché tout ça. Si Hermione n'avait rien trouvé, cela ne faisait aucun doute que Florence aurait continué à lui mentir encore. Quelle horrible bonne femme. Que Florence soit sa mère n'ajoutait rien au problème, bien au contraire. L'étreinte de deux bras puissants l'extirpa de ses pensées délétères. Hermione bascula la tête en arrière, pour sentir l'odeur douce et sensuelle de son homme.
-Théodore. Soupira-t-elle, les yeux fermés, alors qu'elle sentait les lèvres du garçon se poser dans son cou, dans le creux de sa nuque. Tu ne dormais plus?
-Non. Souffla-t-il simplement, contre sa peau, la voix encore chargée de sommeil. C'est le courant d'air qui m'a réveillé.
-Je suis désolée. Répondit Hermione, en frémissant au contact de son amoureux. J'avais besoin de m'allumer une cigarette, et de prendre l'air.
Puis, Hermione, lassée de lui tourner le dos, se retourna pour lui faire face. Elle sourit, avant se hisser sur la point des pieds, et de laisser un léger baiser sur ses lèvres. Théodore posa ses mains sur ses hanches, et rapprocha son petit corps contre le sien. Elle passa ses bras autour de son cou, pour mieux approfondir leurs échanges. Elle prit son visage fatigué entre ses doigts pour le regarder encore une fois. Il avait les cheveux plus ébouriffés que jamais, et les yeux bouffis de sommeil. Il réprima un bâillement, ce qui fit sourire Hermione, qui le trouva adorable en cet instant. Elle caressa du bout des doigts la cicatrice qui barrait sa pommette. Il frémit, avant de plonger sur ses lèvres avec gourmandise.
Sans prévenir, il attrapa Hermione sous les genoux, et il la porta comme une mariée pour la déposer dans son lit, s'attirant un énorme sourire de la part de sa petite-amie. Elle reprit ses lèvres avec avidité, et elle gémit légèrement lorsque la langue du jeune homme vint caresser le contour de sa bouche. Exigeante, elle entrouvrit les lèvres et frissonna intensément en sentant leurs langues se rejoindre. Elle aimait tellement la façon dont il l'embrassait, c'était tout bonnement divin. Leurs langues bataillèrent un long moment, et Hermione vibrait sous les sensations que son amoureux lui offrait. Elle écarta les cuisses pour qu'il puisse s'y installer. Il plaça ses mains de chaque côté de son visage, de façon à ne pas l'écraser de tout son poids. Hermione passa ses mains sous le t-shirt de son copain, alors qu'elle sentait son érection contre sa cuisse.
Hermione frotta lascivement son bassin contre celui de Théodore, le faisant légèrement grogner au passage. Puis, elle saisit les bas de son t-shirt pour le lui enlever. En moins de temps qu'il fallait pour le dire, Théodore était torse nu dans les bras de sa petite amie, en train de l'embrasser fougueusement. Il passa ses mains sous le top de la jeune femme, pour venir caresser ses seins. Hermione gémit légèrement en sentant les doigts de son amoureux titiller ses mamelons rosés, qui se dressèrent sous la sensation. Elle se cambra pour se coller contre lui, recherchant la chaleur de son corps. Leurs respirations s'étaient faites plus lourdes, plus saccadées, alors qu'elle remontait sa cuisse contre les hanches du jeune homme. Une de ses mains délaissa un sein pour venir caresser sa cuisse, la resserrant davantage contre lui. Théodore avait remonté le top de la jeune femme, pour découvrir son ventre, sur lequel il déposa une kyrielle de baisers, baisers qui arrachèrent quelques soupirs à la belle Hermione. Comment était-ce possible qu'elle ait envie de lui à ce point, c'en était presque douloureux. Elle le voulait en elle, le plus rapidement possible, tant le désir qu'elle ressentait était insoutenable.
Elle gémit une fois encore, alors que la langue de son homme s'était enroulée autour d'un téton, qu'il mordilla et suçota doucement. Insatiable, Théodore abandonna sa torture, pour reprendre les lèvres de sa petite-amie, avec avidité. Théodore grogna contre sa bouche lorsqu'Hermione fit glisser son caleçon le long de ses jambes. Il s'en débarrassa d'un coup de pied, et ôta la culotte d'Hermione, trempée par son désir. Presque aussitôt, elle noua ses jambes fines autour de sa taille. Sans plus tarder, il la pénétra d'un solide coup de rein, qui les fit gémir tous les deux.
-Hermione. Lâcha-t-il dans un souffle rauque, fermant les yeux sous l'effet du plaisir de la sentir si étroite et si humide autour de lui.
-Théo, s'il te plaît. Le supplia-t-elle, en bougeant lascivement son bassin, pour l'inciter à se mouvoir en elle.
Pour son plus grand bonheur, il initia un lent mouvement de va-et-vient, juste pour frustrer Hermione un peu plus, et prolonger leur plaisir. Il allait lentement, très lentement, et la jeune femme aurait aimé qu'il aille un peu plus vite. Leur étreinte fut longue et langoureuse, d'une lenteur éperdue. Il prenait le temps de la pénétrer au plus profond à chaque coup de rein qu'il donnait, lui arrachant à chaque intrusion un nouveau gémissement. La lenteur de Théodore était un supplice pour elle, elle voulait atteindre l'orgasme, mais le fourbe lui refusa ce plaisir. Il menait le jeu, il l'emportait dans la cadence qu'il avait imposée, il gardait le contrôle. Hermione soupira, avant de rouler brusquement au dessus de Théodore, se retrouvant en position dominante. Le jeune homme ouvrit les yeux, surpris. Elle lui adressa un sourire carnassier, avant de l'embrasser à pleine bouche non sans onduler du bassin, arrachant au jeune Nott quelques gémissements rauques.
La jeune femme posa ses mains sur son torse, alors que celles de Théodore venaient agripper ses hanches avec force. Elle planta ses ongles dans sa chair, arrachant à son amoureux un sifflement de douleur. Malicieuse, Hermione mena à son tour la cadence, imposant son rythme, sa façon de faire. Le plaisir de la jeune femme monta crescendo, alors qu'elle laissait échapper un nouveau gémissement, plus fort que les précédents. Théodore la regarda, le regard brûlant de désir. les longs cheveux bruns d'Hermione cachaient sa poitrine, et se soulevaient à chaque rebond, lui donnant l'air encore plus sauvage. Théodore serrait les hanches de sa compagne avec force, tant et si bien que de légères ecchymoses commençaient à apparaître sur la peau pâle d'Hermione. Puis, elle laissa échapper un dernier cri de plaisir, avant de basculer la tête en arrière et de se cambrer violemment. Ses muscles se contractèrent un maximum autour du membre dur de son amoureux, puis, elle se relâcha complètement, les joues roses. Théodore la rejoignit quelques instants plus tard, gémissant son prénom alors qu'il se répandait en elle avec un long râle de plaisir.
[RON]
Ron trouva Hermione assise sur une vieille caisse en bois, sur un terrain vague. Comme toujours, elle avait sa cigarette pendue aux lèvres, et semblait être ailleurs, comme pouvait en témoigner son regard distrait. Dans un premier temps, Ron n'était pas certain que c'était bien son amie qui se trouvait là. La jeune fille qu'il avait en face de lui semblait différente, plus mature. Plus femme. La seule erreur de Ron fut de voir la chrysalide, et non pas le magnifique papillon qui pouvait en naître. Et là, Hermione se révélait dans toute sa splendeur. Son corps était joliment mis en valeur par une robe blanche, légère et joliment dentelée. Elle avait aux pieds des chaussures montantes noires et sa veste en simili-cuir par-dessus la robe. Hermione croisa ses jambes, et dévoila indolemment un bas noir. Elle avait son portable dans une main, et sa cigarette dans l'autre.
Ron étudia son visage, toujours sans se faire voir. Le visage d'Hermione avait aussi changé. Peut-être était-ce la lueur particulière qui dansait dans son regard qui faisait cet effet là. Ses prunelles semblaient refléter un certain érotisme, une sensualité que Ron ne lui connaissait pas. Elle avait l'air plus en confiance, beaucoup plus sombre également. Comme si finalement, les derniers restes de son innocence s'étaient envolés, troquant son âme de femme-enfant contre la jeune adulte qu'elle était en train de devenir. Cela s'était également traduit niveau vestimentaire. Ce que portait Hermione était moins sage, moins prude. Évidemment, elle restait elle-même la plupart du temps, c'était simple, c'était sobre, c'était élégant. C'était féminin, raffiné et sexy, sans jamais être vulgaire. Elle osait de légers décolletés et des chemisettes transparentes. Elle osait les vêtements près du corps, qui moulaient son buste à la perfection. Hermione montrait ses nouveaux atouts, et plusieurs fois, les garçons s'étaient retournés sur son passage.
Bien sûr, cela s'était déjà produit auparavant. Hermione était sans doute l'une des personnes les plus en vue de Roundview, pour ne pas dire la personne la plus en vue, elle était après tout la reine incontestable et incontestée du lycée. Tous les matins, Hermione disait bonjour à un nombre exorbitant de personnes, subissant ces ritualités sans broncher. Théodore se prêtait également au jeu, et beaucoup de jeunes filles étaient intimidées de faire la bise au beau français, ce dernier ayant apparemment réussi à imposer cette coutume de son pays. On ne voyait jamais Hermione et Théodore sans l'autre, quand ils ne se tenaient pas par la main, il se tenaient par la taille. Ils s'affichaient sans aucun détour et semblaient heureux ensemble. Oui, Hermione avait l'air épanouie, plus qu'elle l'était avec Malefoy. Théodore répugnait l'idée d'évoquer leur vie sexuelle, étant bien trop pudique pour ce faire, mais à cet effet, il avait un merveilleux indic', qui n'était autre que Blaise, le pote de Théodore fraîchement débarqué.
Ron et Blaise avaient tout de suite sympathisé, bien plus rapidement qu'avec Théodore, que Ron commençait tout juste à apprivoiser. Blaise, c'était le rigolo de service qui avait toujours une blague à placer quelque part dans la conversation, salace de préférence. Ron avait fait la connaissance du métis lors de la dernière soirée en date, qui a eu lieu le soir où Blaise était arrivé sur le territoire anglais. Ron, Blaise et Théodore avaient descendu des dizaines de shooters, profitant de cette soirée entre hommes. Puis, venait le moment de se séparer. Blaise était parti avec un grand type qui lui avait tapé dans l'œil, et Théodore avait fini le shooter que Blaise avait laissé en plan. Ron et Théodore avaient fini la soirée à plaisanter, comme s'ils avaient toujours été potes. Sous l'influence de l'alcool, Théodore lui avait confié certaines choses, notamment à propos d'Hermione. C'est là que Ron comprit qu'il était vraiment fou d'elle, et somme toute, c'était assez déroutant.
Hermione venait toujours ici lorsqu'elle avait besoin de réfléchir. Elle venait sur ce terrain vague qui avait des airs de dépotoir simplement parce qu'elle savait que personne ne viendrait la déranger. Qui plus est, on ne dérangeait pas la reine lorsqu'elle était en pleine méditation. Mais Ron, lui, bénéficiait d'une dérogation spéciale parce qu'il était son ami. Tout du moins, avant, il avait été son ami, le grand roux ne savait plus trop quoi penser quant à leur relation. Hermione, dans un sens, avait raison de lui en vouloir, surtout pour toutes les vilaines choses qu'il lui a dites. Mais ne dit-on pas que trop de rancune tue la rancune? Depuis le temps, Hermione avait eu le temps de se remettre en question, n'est-ce pas? Alors, Ron inspira profondément et se jeta à l'eau.
-Hermione? Appela-t-il, pour attirer l'attention de la jeune femme.
La demoiselle tourna la tête, et fixa Ron, le regard incertain. Les prunelles ambrées d'Hermione tremblèrent, puis elle détourna les yeux, pour fixer le bout de sa cigarette, qui continuait de se consumer. Hermione passa une main embarrassée dans ses cheveux, et fronça les sourcils consécutivement à ce contact qu'elle ne reconnaissait pas. Elle se mordilla la lèvre, avant de tirer nerveusement une bouffée sur sa cigarette. Quelques instants plus tard, elle expirait un long filet blanchâtre, le regard lointain. Elle n'avait apparemment pas relevé la présence du grand rouquin à ses côtés.
-Je savais que tu serais là. Murmura Ron, en se plaçant devant Hermione. Tu viens toujours là lorsque tu as besoin de réfléchir à quelque chose en particulier.
-Qui te dit que je suis en train de penser à quelque chose, ou à quelqu'un? grinça Hermione, non sans sarcasme, faisant preuve d'une mauvaise foi affligeante.
-Tu as toujours cette expression mélancolique sur ton visage. Expliqua Ron avec patience. Tu as toujours expression lorsque tu es amoureuse. Je donnerais ma main à couper qu'en ce moment précis, tu es en train de penser à un grand brun plutôt séduisant qui a un sale accent français.
-Son père est anglais. Objecta Hermione en haussant les épaules, tout en faisant tomber la cendre de sa cigarette en la tapotant légèrement, mais sans jamais répondre à son propos. Mais ça m'étonne que tu parles de lui, Ronald. Vous n'êtes pas censés vous apprécier, aux dernières nouvelles.
Elle avait agrémenté ses propos d'une pointe d'acidité, qui lui était propre lorsqu'elle avait été prise en flagrant délit de quelque chose. Hermione n'aimait pas être percée à jour, mis à nu, et Ron le savait. Cependant, il ne se gênait pas pour appuyer là où ça faisait mal, pour mettre à jour des vérités parfois odieuses, des vérités qui écorchent. Hermione en avait fait les frais plus d'une fois, la dernière dispute en date avait eu lieu peu après la mort de Pansy, lorsque Ron avait accusé Hermione de s'en foutre pour préférer batifoler dans les bras de son français, peu important ce qui se passait autour d'eux. Ron avait été particulièrement injuste avec elle, et maintes fois, il s'en mordait les doigts. Mais Ron était comme ça. Il n'était pas le salaud auquel tout le monde aimait croire, il était simplement impulsif, et il disait ce qu'il pensait, quitte à blesser. Il n'était pas aussi diplomate que pouvait l'être Harry, il ne s'emmerdait pas avec tout ça.
-Eh bien…commença Ron, en se frottant nerveusement la nuque. Disons qu'on est devenus potes, on s'entend bien maintenant. C'est un chouette type. Il est vraiment cool. Il faut le connaître.
Hermione hocha doucement la tête, et passa une nouvelle main dans ses cheveux. Ron fronça les sourcils, trouvant l'attitude de son amie plutôt étrange. En fait, d'habitude, Hermione ne tripotait presque jamais ses cheveux. Ron étudia la jeune femme un instant, et comprit pourquoi il avait si longuement hésité sur l'identité de la demoiselle assise sur cette vieille caisse en bois avant de venir lui parler.
-Tu as coupé tes cheveux? Demanda Ron, bêtement, laissant son regard voguer sur la silhouette de son amie.
Hermione n'avait plus ses longs cheveux châtain clair. Elle avait troqué sa chevelure désordonnée contre un petit carré court et lisse qui lui arrivait jusqu'aux épaules. Elle avait coupé sa frange et leur couleur était plus foncée, ce qui faisait ressortir son regard ambré. Avec son sempiternel trait de maquillage sous les yeux, elle était…changée. Hermione esquissa une moue boudeuse, avant de tripoter une mèche de cheveux sombres, qu'elle enroula autour de son index.
-Oui, j'en avais marre de tous ces cheveux, je me sens un peu plus légère. Murmura Hermione, timidement. Pourquoi, ça ne me va pas?
-Si, mais…je veux dire…ça change. En bien, je te rassure.
Ron était aussi maladroit, aussi avare de compliments. Et même si ça partait d'une bonne intention, il finissait toujours par blesser la personne en face parce qu'il ne savait pas tenir sa langue et qu'il faisait des gaffes plus vite que son ombre. Hermione soupira, et baissa la tête, tirant une bouffée sur sa cigarette.
-Théodore, il en pense quoi? Demanda finalement Ron, en esquissant un léger sourire en pensant à son nouvel ami.
-Je…je ne sais pas. Répondit Hermione, maladroitement. Je ne l'ai pas vu depuis que je suis allée chez le coiffeur et que j'ai tout fait couper sur un coup de tête. Ça fait deux fois que je prétexte une indisponibilité parce que j'ai la trouille…j'ai justement peur qu'il n'aime pas. C'est stupide, je sais, mais…
-La seule façon de le savoir serait d'aller le voir, non? Hasarda Ron, en haussant les épaules, ne comprenant visiblement pas que les filles fassent tout un plat sur leur nouvelle coupe de cheveux susceptible de ne pas plaire à leur nouveau petit-ami.
-Je ne sais pas. Murmura Hermione, pour la seconde fois consécutive. Je…C'est Parvati qui m'a conseillé de le faire mariner un peu.
-Elle n'aurait pas pu trouver plus stupide comme conseil? Grogna Ron, légèrement blasé.
-D'accord, je reconnais que d'habitude, les conseils de Parvati sont plus sensés.
Les deux amis sourirent doucement en évoquant la jeune Patil. Ce sourire furtif encouragea Ron, qui y voyait là une occasion de se racheter, de rétablir le dialogue entre eux. Parce qu'Hermione lui manquait, tout simplement. Depuis qu'il avait été renvoyé de Roundview, les deux adolescents n'avaient plus vraiment l'occasion de se voir. Et Hermione ne prenait plus vraiment la peine de se rendre à la ferme pour l'y rejoindre, comme avant. Ron se souvenait très bien du baiser qu'ils avaient échangé une fois, alors qu'Hermione était déjà avec Drago. Hermione avait voulu savoir si ses sentiments pour le beau blond étaient toujours réels, alors, elle avait demandé à Ron de l'embrasser pour savoir, se sentant fortement attirée par lui à l'époque. Seulement, l'expérience n'avait rien de probant. Hermione ne ressentait rien pour son ami, qui soit autre qu'une amitié tendre et sincère. Pour Ron en revanche, cela avait été plus compliqué.
Quoiqu'il en soit, Hermione n'était plus vraiment celle qu'il avait connue au collège et au lycée. Cette Hermione là, bien que toujours sage, responsable, et excellente élève, était un peu plus délurée qu'avant. Elle se lâchait lors des soirées, se trémoussant lascivement au rythme des musiques endiablées, elle passait son temps à rouler des pelles à son copain tout en dansant sensuellement dans ses bras, elle finissait souvent les soirées complètement bourrée, mais jamais au point de rouler sur la table. Elle faisait simplement sa crise d'ado, certes à retardement, mais dans certains cas, mieux valait tard que jamais, non? Hermione, avant Théodore, n'avait jamais vraiment profité de la vie, il y avait toujours quelque chose qui l'empêchait de faire ce qu'elle avait réellement envie. Mais Ron ne se faisait pas de soucis à ce sujet. Il savait que Théodore remplirait son rôle de garde-fou à merveille. Il l'empêcherait de déraper pour de bon.
D'ailleurs, grâce à Blaise, Ron avait fini par savoir qu'Hermione et Théodore avaient apparemment une vie sexuelle très active, profitant au maximum des bras de l'autre avant de se séparer, même pour quelques heures. Ils étaient littéralement accro l'un à l'autre, ils étaient fusionnels à un point tel que Ron n'aurait jamais cru cela possible. Pour un peu, il en serait presque jaloux. Mais Ron avait somme toute réussi à comprendre quelque chose, en écoutant simplement Blaise parler. Ron avait compris que le métis ressentait bien plus de l'amitié pour son meilleur-ami, et que ça le rendait dingue de le savoir en train de s'envoyer en l'air avec Hermione. Hermione encaissait bravement les vacheries que lui lançait Blaise de temps à autres, et ne s'en formalisait pas. Hermione avait les épaules bien plus solides qu'elle n'en avait l'air.
-Tu as l'air d'aller mieux. Fit remarquer Ron, pour meubler le silence devenu gênant.
-Je…commença Hermione, incertaine. J'ai commencé à voir des spécialistes pour…tu sais quoi. Florence pense que mon état est dramatique, et que si je ne me ressaisissais pas bientôt, j'étais bonne pour un aller simple à l'hôpital, où ils me gaveront comme une oie.
-C'est vrai que tu as repris des couleurs. Commenta Ron, avec un sourire.
-Ne m'en parle pas, j'ai grossi. Soupira Hermione en tripotant nerveusement un bourrelet imaginaire du côté de son ventre.
-Et dis moi précisément où tu les caches, tes kilos? Demanda Ron, avec aigreur. Je n'en vois pas l'ombre. Et, entre nous, je ne pense pas que ton nouveau corps laisse ton mec indifférent.
-Tu crois? Balbutia Hermione, bêtement.
-Affirmatif. Répondit Ron, en assortissant ses propos d'un sourire espiègle. Il m'en a fait part l'autre soir, quand nous sommes sortis tous les trois avec Blaise.
-Tu lui as parlé de quelque chose? S'enquit Hermione, plutôt vivement, en plantant son regard ambré dans celui de Ron.
Pour toute réponse, Ron se mit à rougir violemment. Il avait conscience qu'il était en train de se trahir, qu'il ne pouvait pas prétendre s'échapper de ce mauvais pas par une porte de sortie factice, aussi était-il temps de prendre ses responsabilités et d'avouer à son amie qu'il avait balancé la vérité à son petit-ami, presque sans le vouloir. Mais, tentait de se justifier Ron, pour effacer toute trace de culpabilité en lui, c'était pour la bonne cause, s'ils y mettaient tous du leur, Hermione allait guérir plus facilement. Et il était hors de question de laisser Florence l'envoyer à l'hôpital, il en faisait le serment.
-Ben…c'est-à-dire que…bafouilla le garçon rouge, devenu rouge pivoine, contrastant de façon drastique avec la carnation naturelle de sa peau.
-Tu lui as dit, hein! S'écria Hermione, d'une voix suraigüe, alors que le poison insidieux de la panique s'insinuait lentement dans ses veines. Tu as dit à Théo que je suis anorexique!
-Je suis désolé, Hermione, mais c'est pour ton bien, il avait le droit de savoir. Il veut t'aider, tu sais. Il…il est vraiment content de voir que tu recommences à manger, tout ce qu'il veut, c'est te voir en bonne santé, et heureuse. C'est tout ce qui lui importe.
-Ah, et qui es-tu pour parler en son nom? Attaqua Hermione, furieuse. Son nouveau confident?
-Théodore me confie beaucoup de choses. Soupira Ron, en haussant les épaules. Il s'inquiète pour toi. Je…Arrête de mettre en application les conseils débiles de Parvati, d'accord? Ça fait plusieurs jours que vous ne vous êtes pas vus, et il ne se passe pas une seule soirée sans que je reçoive un message paniqué de sa part parce qu'il est en train de s'imaginer des scénarios catastrophes. Appelle-le, va sonner chez lui, mais je t'en conjure, arrête de le faire mariner, il ne mérite pas que tu joues comme ça avec ses nerfs.
-Attends. Je ne vois pas beaucoup le rapport entre le fait que je le fasse mariner, et le fait que tu lui aies balancé mon anorexie!
-Les faits sont qu'il est là pour t'aider. Il a plutôt bien réagi lorsque je lui en ai parlé. Il…il veut t'aider, Mione. Tu sais ce qui se passe avec sa mère en ce moment. Il n'a pas envie de te perdre non plus.
-Tu parles comme s'il avait déjà enterré Meredith. Souffla Hermione, dans un filet de voix, alors que son regard ambré s'était rempli de larmes.
-Si tu prenais la peine de t'informer, lui asséna Ron, durement, tu saurais que l'état de Meredith est très grave, et que les médecins sont très pessimistes quant à son espérance de vie! Je comprends que Théodore ne veuille pas t'ennuyer avec ses problèmes, mais il se passe exactement le même schéma qu'avec Pansy, tu ne cherches pas à savoir!
-Vas-y! s'écria Hermione, d'une voix perçante, en se levant d'un bond. Dis-moi ce qui te passe par la tête en ce moment précis! Non contente d'être une mauvaise amie, je serais en plus une mauvaise petite-amie!
-Je n'ai pas dit ça! Grogna Ron, de mécontentement. Tu interprètes toujours tout de travers, comme toi ça t'arrange, tout ça pour te faire plaindre!
-Si tu penses que je vais laisser Théodore traverser cette mauvaise passe tout seul, tu te trompes lourdement! S'écria Hermione avec fougue. Je ne ferai pas avec lui la même erreur qu'avec Pansy. Je…je regrette, Ron. Vraiment. Je…tous les jours, je vis avec l'idée que j'aurais dû être là pour elle. Parce que.…si j'avais su l'écouter, peut-être qu'elle serait toujours en vie? Je…je donnerais n'importe quoi pour retourner en arrière, et partir à sa place.
Face aux propos d'Hermione, Ron resta bouche bée. Cela ne pouvait signifier qu'une chose, qu'elle avait enfin accepté la mort de Pansy, et cessé de vivre dans le déni. À présent, elle n'en ressentait qu'une profonde culpabilité, une cruelle et inénarrable culpabilité. Ron vit des larmes rouler sur les joues de son amie, alors qu'elle se rappelait de ces souvenirs douloureux. Le cœur de Ron se serra. Oui, il avait voulu qu'Hermione descende de son petit nuage pour renouer avec la réalité, mais il n'aurait jamais pensé que son retour dans le monde réel puisse être aussi brutal. Ron pouvait presque ressentir la douleur qui irradiait son amie, et, maladroitement, Ron la prit dans ses bras, et la berça doucement contre lui, caressant les nouveaux cheveux d'Hermione.
-Tu sais pourquoi je me suis coupé les cheveux? Demanda Hermione, d'une voix tremblante. Je l'ai fait parce que cela me permettait d'enterrer l'ancienne moi, parce que je ne supportais plus cette fille là. J'espérais que simplement changer de tête suffirait à changer toute entière, mais je me suis lourdement trompée. Quoique je fasse, mon passé reste, et mes vieux démons également. Ils continuent à me harceler dès lors que je ferme l'œil.
-C'est un Bon début, Mione, c'est un bon début. Chuchota Ron en lui caressant doucement les cheveux. Tu ne peux pas changer du jour au lendemain, c'est un travail constant sur soi. Tu ne peux pas y arriver en claquant simplement dans les doigts.
-Comment tu fais, Ron, pour surmonter tout ça?
-Je serre les fesses et j'avance. Murmura Ron tristement. Je n'ai pas le choix. Il faut bien que je fasse quelque chose de ma vie, non? Harry m'a fait comprendre que Pansy n'aurait pas voulu qu'on passe notre temps à se morfondre. Tu sais, ne plus pleurer sa mort ne signifie pas pour autant qu'on l'aura oubliée…Pansy sera toujours là, dans nos cœurs, d'une certaine façon. Avec le temps, sa disparition sera moins douloureuse.
Ron n'y croyait qu'à moitié. Pourtant, il avait besoin de donner ces mots là à son amie, il avait besoin de croire à ce qu'il disait, de prêcher pour sa paroisse. Jamais mensonge n'avait paru aussi sincère. Ron, assailli par la culpabilité, posa un baiser dans les cheveux lisses et soyeux de son amie. Il trouvait son reflet chocolat à croquer, et si vraiment Théodore était indifférent à ce changement, il ne comprendrait vraiment pas, foi de Weasley! Ron caressa doucement le dos de son amie, content de la sentir tout contre lui. Mais elle ne lui appartenait pas, elle n'était pas pour lui. Son amoureux avait les cheveux sombres et les yeux bleus, son amoureux l'aimait à en perdre la raison. Puis, sans raison apparente, lassé de tout encaisser également, Ron fondit en larmes, sans autre préavis.
-Elle n'était pas enceinte. Sanglota Ron contre l'épaule de son amie. Le test qu'elle a fait était négatif. Elle en avait fait trois pour en être certaine, et elle n'attendait pas de bébé. D'un côté, je me dis que c'est un mal pour un bien, que je ne les ai pas perdus tous les deux…Mais d'un autre côté…
Ron se tut, la voix brisée. Pansy, le soir où ils s'étaient disputés, lui avait révélé qu'elle soupçonnait un début de grossesse, d'autant plus que Drago lui avait glissé qu'elle était un peu plus ronde que d'habitude. Ron avait d'autant plus regretté de ne pas avoir été là pour elle, de l'avoir abandonnée dans ces moments difficiles. Et Ron avait senti la déception l'envahir en apprenant que Pansy n'attendait pas de bébé. Peut-être parce qu'au fond, il avait l'espoir de connaître quelque chose avec elle, qui ne soit pas simplement que du désir. Il avait voulu autre chose avec elle, qu'une simple relation de sex friends. Ron avait été amoureux d'elle, et sa perte avait été d'autant plus brutale et difficile.
-Elle couchait avec Drago, tu sais. Révéla Hermione, en laissant échapper un soupir à fendre l'âme. Ils couchaient ensemble depuis des années, derrière mon dos. Elle cautionnait…et je n'arrive pas à lui en vouloir. Elle était la sœur que je n'ai jamais eue, notre amitié était bien plus forte que son amourette avec Drago. Je comprends qu'elle n'ait pas voulu me le dire pour ne pas me perdre, même si j'ai été en colère sur le coup. Mais maintenant…je m'en moque. C'est tellement dérisoire à côté de ce qu'on a pu subir ensuite.
-Ce qui me tue, Hermione, répliqua Ron avec force, c'est de ne pas savoir pourquoi elle s'est foutue en l'air. Je ne serai apaisé que quand j'aurai une raison valable et légitime, je ne pourrai pas faire mon deuil en restant dans toutes ces incertitudes.
-Tu sais, Ron…tu es peut-être persuadé qu'elle avait des raisons de faire ce qu'elle a fait…Mais si tu cherches, tu seras peut-être déçu de savoir qu'il n'y avait rien qui puisse justifier son passage à l'acte. Tu sais bien que Pansy était du genre à agir sur un coup de tête, peu importaient les conséquences. Théodore m'a expliqué qu'il n'y avait pas forcément de raisons qui poussaient quelqu'un à vouloir en finir avec sa vie.
-Je sais. Murmura Ron, tout doucement. Je sais qu'il est passé par là lui aussi. Et je sais également qu'on passera tous à travers ça, on doit y arriver.
-Promis? Demanda Hermione, en cherchant les prunelles myosotis de son deuxième meilleur ami.
-Promis. Conclut Ron en déposant un baiser sur le front de la jeune femme.
[THEODORE]
Théodore tira une bouffée sur le joint qui pendait lamentablement à ses lèvres, tout en restant concentré sur son jeu. Les battements de son cœur redoublaient à mesure que l'adrénaline procurée par le jeu montaient en lui par vagues successives. Blaise, à côté de lui, avait également une manette à la main, et il était déterminé à le trouver. Théodore, lui, était bien décidé à continuer de se cacher. Tout, mais pas se faire descendre par un tireur embusqué, même si le tireur en question n'était autre que son meilleur ami.
Le jeune Nott s'empara de la bouteille de bière à moitié vide, et en but une gorgée, sans quitter l'écran des yeux. Blaise était en train de dévorer un quartier de pizza, tout en continuant de s'exciter sur le jeu. Apparemment, la partie s'éternisait un peu trop aux goûts du garçon noir, qui ne cessait de jurer par intermittence. Les garçons trinquèrent, puis burent tous deux sur leurs bouteilles respectives, le goût âcre de la boisson leur restant sur les lèvres. Ce soir, c'était soirée jeux vidéos avec son meilleur ami, comme avant. Théodore ne put s'empêcher de remarquer que depuis qu'il n'était plus célibataire, il avait rarement eu l'occasion de se faire une partie de jeux vidéos, en solo. Bien sûr, Hermione l'avait déjà regardé jouer, et il avait même eu des velléités de lui apprendre les rudiments de Call of duty, mais l'opération s'était avérée être un véritable fiasco. Théodore avait somme toute réussi à trouver un domaine dans lequel Hermione était vraiment nulle. Et depuis, il n'avait cessé de la taquiner avec ça, entre autres choses qui la faisaient immanquablement bouder.
-NOOOOOON! Hurla Théodore, alors que son lui virtuel venait d'être abattu d'une balle en pleine tête. J'y crois pas! Tu m'as pris en traître!
-Je n'ai fait que de m'engouffrer dans la brèche, mec! Répliqua Blaise avec suffisance. Je n'y peux rien si tu étais en train de bailler aux corneilles. Puis fais-toi une idée, vieux, tu es en train de rouiller.
-pas du tout! S'insurgea Théodore, avant de prendre une poignée de chips dans le bol. Attends un peu, on se relance la partie et je vais te foutre la branlée du siècle, tu vas voir!
-Une branlée, je ne suis pas contre. Gloussa Blaise, en piquant le joint toujours coincé entre les lèvres de son ami.
Les lèvres de Théodore formèrent un o offusqué, tandis qu'il venait de rougir des pieds à la tête, outré par le sous-entendu que Blaise venait de faire. D'accord. Théodore avait l'habitude des blagues graveleuses de son ami, dont le cerveau était situé bien en dessous de la ceinture, mais jamais il n'avait eu à son égard des sous-entendus si lourds de sens. Lorsqu'il se rendit compte de ce que cela pouvait bien impliquer, Théodore s'empourpra davantage. Il tenta de reprendre consistance en buvant une gorgée de bière, mais c'était peine perdue, il était condamné à rester rouge brique jusqu'à la fin des temps. Il n'y avait pas pire comme punition.
-come on, Théo! S'écria Blaise avec enthousiasme, en gratifiant son ami d'une claque vigoureuse dans le dos. Qu'est-ce que t'as à rougir comme ça? On dirait que tu as vu un fantôme…Ou que devrais-je dire, vu que tu n'es pas des plus livides…Hum…on dirait que tu viens de voir une strip-teaseuse se déhancher lascivement devant toi, en très petite tenue.
-Sans vouloir t'offusquer, je préfère l'option fantôme. Grogna Théodore, en tirant une bouffée sur son joint. Ce n'est pas mon genre de fréquenter de tels lieux de perdition.
-Pour autant, insista Blaise, le regard lubrique, il me semble que tu es plutôt mal placé pour faire ta mijaurée. Ce que tu fais avec Grangie est loin d'être très catholique.
-Arrête de l'appeler comme ça. Râla Théodore, légèrement agacé. Et ce qu'on peut faire quand on est ensemble ne te regarde pas.
Théodore jeta un regard noir à Blaise, avant de se renfrogner. Voilà. Il avait parlé d'Hermione, et, même si le métis avait utilisé ce surnom débile et un poil péjoratif, Théodore aurait bien voulu qu'elle soit là. Non pas qu'il se faisait chier en compagnie de son meilleur ami, mais Hermione lui manquait, c'était comme ça. Et le fait qu'il n'ait pas pu la voir ce soir -ni même la veille, et l'avant-veille d'ailleurs- avait suffi à le frustrer. Ces jours-ci, il ne l'avait pas vue au lycée. Elle répondait toujours à ses messages, mais elle restait évasive, prétextant avoir besoin d'être seule. Mais Théodore n'était pas dupe, il savait que quelque chose clochait.
Trois hypothèses lui venaient immédiatement à l'esprit. Première hypothèse, son anorexie était bien plus grave qu'on ne pourrait le penser, et qu'elle avait fait une rechute. Pourtant, ces jours-ci, elle mangeait plus ou moins correctement, même si c'était en petite quantités. De toute manière, il n'y avait pas de restes, parce que Blaise-le-goinfre passait derrière et s'en mettait plein la panse, sans prendre un gramme, ce qui était foutrement injuste. Deuxième hypothèse, elle broyait du noir parce qu'elle avait enfin accepté la mort de Pansy, et elle faisait tout simplement son deuil. Troisième hypothèse, et c'était la plus difficile à envisager, elle se lassait tout bonnement de lui, pour tout un tas de raisons.
Soit, elle trouvait qu'il n'était pas assez bien pour elle. Soit elle était retournée avec son ex, sans lui annoncer au préalable qu'elle le larguait. Soit, il n'était pas un assez bon coup et il allait de toute manière se faire larguer. Soit, elle prenait ses distances avec lui, parce qu'elle ne savait pas trop bien où elle en était au niveau de ses sentiments. Dans tous les cas, il allait se faire lamentablement plaquer. La question qui se posait alors était de savoir ce qu'il avait bien pu faire pour la froisser, ce qui n'allait pas avec lui. Parce que pour qu'elle envisage de le quitter, il devait bien y avoir une raison, non? Pendant tout ce temps, il s'était montré gentil, attentionné, sensuel et torride, il lui avait donné bien du plaisir et il avait souvent séché ses larmes lorsqu'elle en avait eu besoin. Il l'avait comblée aussi bien physiquement que mentalement. Il ne comprenait vraiment pas.
Théodore soupira longuement, avant de laisser tomber sa manette au sol, qui tomba sur la moquette en un bruit mou. Il se frotta légèrement les tempes, tout en se morigénant pour sa stupidité. Il sursauta lorsque son portable vibra à côté de lui. Théo eut la bonne idée de s'en saisir avant que Blaise n'ait la merveilleuse idée de se mettre à lire ses messages. Son cœur cogna plus fort lorsqu'il vit l'expéditeur du message. C'était elle. Fébrile, Théodore ouvrit le texto. Il eut un sourire jusqu'aux oreilles en voyant ce qu'elle lui avait envoyé: bonne nuit. Je t'aime, à demain. avec un cœur en prime. Blaise darda sur son ami une œillade suspicieuse.
-Mec, t'es sûr que ça va? Y'a deux secondes, tu avais une tête de déterré, et là, tu souris comme un con.
-T'inquiètes. Tu me connais, je me fais des films pour rien. Soupira Théodore, avant de basculer en arrière dans son lit, dédaignant la manette pour contempler le plafond, l'air rêveur.
-Je sais que c'est un sujet épineux, mais tu veux en parler?
-Tu ne peux pas la voir en peinture. Objecta Théodore, en adressant une petite moue boudeuse à son ami.
-Non, certes, mais je peux essayer de me montrer compréhensif. Je te connais mieux que personne.
Sur-ce, Blaise s'allongea à côté de Théodore, virant le carton de pizza désormais vide. Une deuxième leur faisait de l'œil, ne demandant qu'à être mangée, mais tant pis, elle attendra. Théodore aurait voulu lui parler d'Hermione, de tout qui était parfait entre eux, mais il ne s'en sentait pas le courage. En réalité, ça ne s'expliquait tout simplement pas.
-Attends, viens, on se fait la pizza. Décréta Blaise en se redressant sur le coude, avant d'ouvrir le carton encore chaud.
Aussitôt, un relent de fromage vint flotter dans l'air, tandis que Blaise se frottait déjà les mains d'un air gourmand, s'occupant de séparer les parts de pizza prédécoupées. Théodore, lui, avait le cafard. Heureusement que son meilleur ami était là, au moins, Blaise pouvait l'épauler dans les moments difficiles. Théodore avait l'impression d'être égoïste. Oui, Théodore se remettait en question ces temps-ci. Et ça le bouffait. Théodore bouda encore un moment, puis se décida de prendre une part de pizza avant que Blaise ne l'ait totalement engloutie. Néanmoins, l'adolescent la mordillait du bout des dents, n'ayant pas vraiment faim. Il ne savait pas si c'était parce qu'il s'était goinfré de chips, ou parce que ses soucis prenaient le pas sur son appétit.
-Alors. Reprit Blaise, en tripotant un fil de la couverture qui dépassait. Raconte à tonton Blaise ce qui ne va pas.
-Ben…répondit bêtement Théodore, sentant le rouge lui monter aux joues une nouvelle fois. Je…ça fait un peu plus d'un mois que je suis avec Hermione. Et…plus ça va, et plus je me dis qu'il y a quelque chose qui cloche. C'est peut-être con à dire, mais…c'est presque trop beau pour être vrai. Je veux dire…elle m'est tombée un peu trop facilement dans les bras, tu vois? Ca fait même pas trois mois que je suis à Bristol. On est arrivés ici fin janvier, après les fêtes de Noël histoire de les passer en famille, puis…
-Tu t'égares. L'interrompit Blaise, évasivement, tout en buvant une nouvelle gorgée sur sa bière.
-Ouais, je sais. Soupira Théodore. Mais j'ai repensé à ce que tu m'as dit l'autre fois. Oui, je suis resté un an avec Tracey sans jamais rien faire avec elle. Mais elle ne me faisait pas envie, Blaise. Ça peut te paraître absurde, parce que selon toi, elle est canon, mais ça ne fait pas tout. Tracey avait beau être superbe, n'empêche que je n'étais pas certain des sentiments que j'avais à son égard. Et tu sais bien que je ne coucherais pas avec une fille que je n'aimerais pas.
Théodore soupira, légèrement effrayé par la course du temps. Il était arrivé à Bristol fin janvier, et ils étaient déjà en mars. Il était avec Hermione depuis la mi-février. Autrement dit, ils s'étaient mis ensemble peu après la Saint-Valentin, qu'il avait bien entendu passée avec elle malgré qu'ils n'étaient pas encore en couple. Et à présent qu'il y pensait, oui, Hermione lui était tombée entre les bras un peu trop facilement. Et ils n'avaient même pas attendu quinze jours pour faire l'amour. Théodore soupira, puis il se risqua finalement à demander à Blaise, expert en la matière.
-Tu crois qu'à force de coucher avec quelqu'un on finit par en être dégoûté? Ou encore, qu'on peut faire une overdose de sexe?
Blaise étudia son ami un moment, avant de lui adresser son fameux sourire en coin, qui venait souvent lorsqu'il avait une idée perverse derrière la tête. En se rendant compte de ce qu'il venait de dire, Théodore se mit à rougir violemment. Oui, il venait bien de parler d'overdose de sexe, et honnêtement, il pensait que tel pouvait être le cas. Après tout, depuis leur première fois, ils avaient multiplié les parties de jambes en l'air, et tout n'était que prétexte pour soulager leur libido. Ce n'était pas de sa faute si Hermione avait cette façon de se mordiller la lèvre inférieure carrément sexy, ou si elle portait des sous-vêtements exagérément prudes qui lui faisaient quand même de l'effet.
-Qu'est-ce que tu veux dire? Demanda Blaise, réellement perplexe.
-Ben…balbutia Théodore, rouge écarlate. Je…quand on se voit…on n'est pas vraiment capables de résister à la tentation, tu vois? L'appel de…de la peau de l'autre est plus fort. On…On a besoin d'être ensemble de cette manière, parce que c'est dans ces moments là que…qu'on se sent complets, en parfaite harmonie.
-Alors, où est le problème? S'enquit Blaise, qui ne voyait pas du tout où Théodore voulait en venir.
-Ce que je veux dire, c'est que la distinction entre l'amour et le désir peut-être difficile à faire. Qui sait….Peut être qu'on n'est ensemble que pour le sexe, justement. On se sent bien avec l'autre, alors on s'envoie en l'air, jusqu'à overdose. Mais les sentiments, alors? Ils seraient où, là dedans?
-Hermione, tu l'aimes?
-Oui. Confessa Théodore en baissant la tête. Je l'aime, Blaise, tu comprends? Je ferais tout pour elle, même vendre mon âme au diable. Et moi, ça me tue de me dire qu'elle n'est peut-être pas aussi amoureuse que je le suis.
-D'accord. Soupira Blaise, d'un ton morne. Tu…tu dis aimer Hermione, tu l'as même aimée dès le premier regard. Tu devrais être heureux qu'elle soit avec toi, même si pour elle, ça ne serait que pour le sexe. Mais dans ces cas-là, pourquoi se fatiguerait-elle à t'envoyer des textos pour te dire simplement bonne nuit, ou pour te dire qu'elle t'aime? Elle te l'a déjà dit, en plus, qu'elle t'aimait?
-Quoi, tu lis mes messages? S'insurgea Théodore, alors qu'il jetait un regard meurtrier à Blaise.
Le métis haussa les épaules, un sourire en coin accroché aux lèvres. Ce foutu sourire en coin que Théodore détestait tant, et qui ne laissait présager rien de bon. Blaise était un roublard, il avait ça dans le sang.
-On s'éloigne encore de la conversation. Fit remarquer Blaise, sans se défaire de son sourire en coin. Donc. Pour résumer. Le problème, c'est que tu penses qu'elle est avec toi pour le sexe, et qu'elle n'est peut-être pas amoureuse pour une raison X ou Y?
-Voilà, c'est ça. Grogna Théodore, en mordant une nouvelle fois dans sa part de pizza, qui n'avait pas diminué depuis tout à l'heure.
-Tu veux que je te dise? Tu te fais du mouron pour rien, mec. Je suis là depuis pas bien longtemps, et j'ai quand même compris certaines choses, je ne passe pas mon temps à m'admirer dans la glace pour me faire bander. D'accord, son autre mec c'était une bombe. Mais si elle n'a jamais voulu lui donner sa virginité, c'est qu'il y avait une raison valable, non? Je n'aime pas Hermione, c'est un fait. Mais ça m'a pas l'air d'être le genre de fille qui se fout dans le lit de tous les mecs qu'elle connaît.
-Je sais, Blaise, tu ne m'apprends rien. Mais…
-Il n'y a pas de mais. Si elle t'a donné sa virginité, c'est qu'elle se sentait suffisamment en confiance avec toi pour écarter les cuisses, et non pas parce qu'elle voulait s'en débarrasser ou une excuse bidon du genre. Elle l'a fait parce que ça avait une signification pour elle. Tu sais qu'Hermione est très fleur bleue, déjà, elle ne t'aurait pas donné sa virginité si elle n'avait pas un minimum de sentiments pour toi. On s'en fout de Drago, ou autres, c'est avec toi qu'elle l'a fait. Tu es son premier, et même si ça doit capoter un jour, c'est de toi dont elle se souviendra toute sa vie, parce que tu as été sa première fois, et parce que tu lui as donné ses premiers orgasmes. Et d'après ce que j'ai pu comprendre, vous avez l'air de bien prendre votre pied, tous les deux.
Théodore rougit violemment lorsque Blaise fit cette dernière remarque. L'adolescent darda sur son ami un regard suspicieux. Qu'avait-il pu voir ou entendre pour en venir à une telle conclusion? Il savait que ça n'aurait pas dérangé Blaise outre mesure de jouer les voyeurs, et à dire vrai, la simple idée que son meilleur ami ait pu apercevoir quoi que ce soit suffisait à le mettre mal à l'aise. Puis, comme pour enfoncer le clou, Blaise ne put s'empêcher de rajouter une autre remarque graveleuse, qui enfonça Théodore dans les affres de l'embarras.
-Crois-moi, elle n'avait pas l'air de simuler, l'autre fois. Gloussa Blaise, alors que le rouge des joues du jeune Nott s'accentuait. Oh, la plupart du temps, je ne vous entend pas, il est vrai que vous êtes relativement silencieux. Mais la dernière fois, vous aviez laissé la porte entrouverte. Je suis obligé de passer devant ta chambre pour rejoindre la mienne, ou la salle de bains, et je vous ai surpris, voilà tout.
-Putain. Lâcha Théodore, avec agacement, tout en se frottant furieusement les joues. Ça te fait marrer de me mettre mal à l'aise? Tu le sais, en plus, que je n'aime pas parler de ça!
-Tu sais que tu es mignon quand tu rougis? Rigola Blaise, alors que Théodore venait de lui donner un violent coup de coude dans les côtes. Et l'autre fois, je me suis bien rincé l'œil, tu as des fesses à croquer. Elle a de la chance, ta Grangie.
-Hermione. Rectifia Théodore, sèchement. Je rêve, ou tu es en train de me draguer?
-Oh, allez Théo. Dis pas que ça ne te fait pas plaisir de recevoir des compliments, je ne te croirais pas. Sérieusement, tu n'as pas de soucis à te faire. Gr…Hermione t'a dans la peau. J'ai bien vu les regards que vous vous lancez, et même la façon dont elle te regarde dans la vie de tous les jours, et il n'y a aucun doute quant à la nature des sentiments qu'elle nourrit à ton égard.
Théodore se renfrogna. Contrairement à ce que Blaise disait, non, ça ne lui faisait pas plaisir de recevoir des compliments, surtout si ceux-là venaient de son meilleur ami gay. Non pas qu'il était spécialement homophobe, après tout, il avait toujours accepté l'homosexualité de Blaise sans sourciller. Oui mais voilà, Théodore était mal à l'aise rien qu'en imaginant ce que Blaise avait pu voir. Il imagina alors son ami en train de se masturber en pensant à lui, et cette idée provoqua un drôle de frisson sur sa peau. D'autant plus que Blaise venait de lui dire franchement qu'il avait des fesses à croquer.
Théodore se frotta la nuque, légèrement embarrassé. Il n'osait pas envisager l'hypothèse selon laquelle Blaise serait éventuellement attiré par lui. Ils étaient potes depuis leur plus tendre enfance, merde! Ça ne pouvait pas se passer comme ça. Mais ça pourrait notamment expliquer le fait qu'il n'aimait pas Hermione. Il n'aimait pas Hermione non pas parce qu'elle était particulièrement détestable, mais parce qu'il était jaloux. Théodore rougit furieusement à nouveau. L'idée d'être l'objet des fantasmes de son meilleur ami le mettait extrêmement mal à l'aise, mais son corps, lui, semblait trouver cela particulièrement excitant. Merde. Merde. Merde. Théodore n'avait jamais été attiré par les hommes, d'une quelconque manière que ce soit. Corrélativement, il n'avait jamais non plus été attiré par Blaise, qu'il voyait surtout comme le frère qu'il n'avait jamais eu, étant enfant unique. Alors, pourquoi diable un curieux frisson agitait son bas ventre, réveillant au passage son érection qui devint rapidement douloureuse?
Putain. Voilà ce que ça donnait, lorsqu'il était sexuellement frustré. Il n'avait pas pu passer de soirée seul à seul avec sa copine depuis un petit moment déjà, Hermione prétextant toujours avoir quelque chose à faire depuis que Blaise était arrivé. Et là, il avait envie de baiser. Et s'il ne s'occupait pas de son problème rapidement, Blaise allait s'apercevoir de la bosse gênante que formait son pantalon. Non mais quel con! se morigénait-il, tout en engloutissant rapidement sa part de pizza. Puis, Théodore se leva précipitamment, sous le regard interloqué de Blaise.
-Qu'est-ce que tu fous? S'enquit le métis, légèrement perplexe.
-Je vais pisser. Répondit Théodore, sans aucune classe, en se dirigeant d'un pas raide vers la porte de sa chambre.
Il avait une bonne excuse, à savoir les deux bouteilles de bière qu'il avait descendues au cours de cette partie de jeux vidéos. D'accord, Blaise en avait bu une de plus, et à eux deux, ils auraient vite fait d'écouler le pack, mais voilà, toute excuse était bonne à prendre. Théodore se faufila par la porte de sa chambre, et alla s'enfermer dans la salle de bains, à double tour. Une fois à l'abri, le jeune homme défit rapidement la boucle de sa ceinture et fit sauter le bouton de son pantalon. Puis, tel un automate, il se dirigea vers le lavabo où il fit couler un filet d'eau froide. Il s'en aspergea le visage, pour calmer le feu qui dévorait ses joues ordinairement blêmes. Mais cela resta inefficace. Son membre était toujours aussi tendu, et il en était presque douloureux. Théodore siffla légèrement, avant de s'appuyer sur le bord du lavabo, à cran.
Alors en moins de temps qu'il fallait pour le dire, il avait ôté son pantalon et son boxer noir, répugné à l'idée de ce qu'il allait faire, mais il se donnait un tant soit peu de courage en se disant que c'était un mal nécessaire. Théodore n'avait jamais été un adepte des plaisirs en solitaire, tant et si bien qu'il doutait savoir comment faire pour se soulager. Il fallait dire qu'il n'avait découvert sa sexualité très tardivement, tout simplement parce qu'il n'y avait jamais pensé auparavant, comme s'il vivait dans un autre monde. Sans réfléchir outre-mesure, il enleva son t-shirt, se retrouvant entièrement nu. Le regard brûlant de désir, il se détailla dans le miroir, et modestie mise à part, il devait reconnaître qu'il était particulièrement bien foutu. Il se tourna alors, pour regarder son dos, puis ses fesses. D'une, la nature avait bien fait les choses, et de deux, tout le sport qu'il avait pu faire avait contribué à sculpter son corps de façon tout à fait appréciable. Puis, il se rendit compte qu'il était en train de se mater et rougit violemment.
Le regard du jeune Nott descendait sur son ventre, ses abdominaux bien définis, et enfin, sa virilité gorgée de désir, qui ne demandait qu'à être libérée de son emprise. Alors, lentement, sa main gauche s'empara de son membre tendu, et, le feu aux joues, il commença à se caresser, guettant les premiers signes de son plaisir. Mais son plaisir resta muet. Il n'y avait qu'Hermione pour provoquer d'aussi délicieuses sensations, elle seule savait provoquer autant de décharges électriques dans tout son corps, et elle seule savait le caresser de façon tout à fait divine…Alors, doucement, il imagina la bouche de la délicieuse Hermione se refermer sur son membre tendu à l'extrême, sa langue dansant habilement avec sa verge. Il essaya de se rappeler des sensations qu'il éprouvait lorsqu'elle le faisait, tout en adaptant ses caresses à son imagination débridée. Mais, n'y arrivant toujours pas. Le semblant de plaisir qu'il ressentait en se caressant de la sorte n'atteignait pas le dixième de ce qu'il éprouvait lorsqu'il était avec Hermione.
Théodore se mordilla la lèvre inférieure. Sa main initia un lent mouvement de va-et-vient autour de son membre, accentuant toujours plus ses caresses. Il laissa échapper un premier gémissement, alors que les premières sensations commençaient à se distiller lentement dans ses veines. Encouragé par ce maigre résultat, il adapta sa cadence à ses envies, et il jubila presque de ressentir autant de choses, et seul. Il continua alors de se masturber, tentant de réfréner les gémissements rauques qui s'échappaient de sa gorge, pour ne pas attirer l'attention de Blaise qui le pensait aux toilettes. Il se cambrait sous l'effet du plaisir, et il initia un mouvement de bassin pour accompagner ses va-et-vient, se repaissant de la chaleur de sa main. Il appuya son autre main sur le lavabo, pour se soutenir, ses jambes tremblant sous l'effet des émotions qui le parcouraient. Son cœur battait à toute allure, ses gémissements se rapprochaient de plus en plus. Puis, enfin, ce fut la délivrance. Son corps se tendit violemment, et il se répandit dans le lavabo, laissant échapper un long râle de plaisir. Il resta un moment appuyé sur le récipient en céramique, la tête baissée, laissant l'endorphine l'engourdir peu à peu.
Théodore resta ainsi un long moment, perdu dans ses pensées. Puis, il fit à nouveau couler l'eau, pour nettoyer le lavabo. Ça le répugnait légèrement, mais il était bien trop respectueux des autres pour laisser la salle de bains dans cet état. Puis, le jeune homme passa à la douche, pour se rincer des dernières traces de son méfait. Une fois qu'il se fut séché, il enroula une serviette autour de sa taille, et tel un automate, il se dirigea vers sa chambre pour y chercher son pyjama, qu'il avait laissé sur sa chaise de bureau le matin même. Il sursauta en voyant que Blaise était nonchalamment allongé sur son lit, ayant apparemment fini la pizza, un drôle de sourire aux lèvres.
-La salle de bains, hein? Gloussa le métis, qui n'avait apparemment pas perdu une miette de ce qui s'était passé.
-Ferme-la, Blaise. Grogna Théodore, sèchement, avant d'enfiler son t-shirt blanc, qui soulignait la finesse de son corps sculpté.
Puis, vint le moment où il allait devoir défaire sa serviette pour enfiler son boxer. Théodore se mordilla la lèvre inférieure, embarrassé. D'accord. Avant, ça ne l'avait jamais dérangé de se promener à moitié à poil devant Blaise, mais ça, c'était avant. Il se sentait extrêmement mal à l'aise à l'idée de se faire reluquer par son ami. Tout en soupirant, Théodore se retourna. Il s'empara de son boxer, puis il dénoua la serviette qui était autour de sa taille. Rapidement, il enfila son sous-vêtement, puis, d'un pas raide, il se dirigea vers son placard.
-Tu as un appel en absence. L'informa Blaise, d'une voix rauque. Au fait, il est sexy ton grain de beauté sur la fesse gauche.
-Hein? S'enquit Théodore, avant de se pencher sur son lit pour se saisir de l'appareil, non sans lever le majeur à son ami en réponse à sa dernière remarque, arrachant un gloussement au garçon noir qui adorait l'embêter.
Il vit alors que c'était Hermione qui l'avait appelé, avant de lui envoyer un message. Il pianota nerveusement sur l'écran tactile, puis il lut son texto. Elle disait qu'elle n'arrivait pas à dormir, et qu'elle voulait qu'il vienne chez elle. Théodore jeta un regard de biais à Blaise. Puis, il jeta le portable sur le lit, et se dirigea à nouveau vers son placard, pour en sortir un polo rayé vert et blanc, et un jean propre.
-Qu'est-ce que tu fous? Interrogea le métis, surpris par l'attitude crispée de son ami.
-Je…je ne dors pas ici ce soir. Dit aussitôt Théodore, en enfilant une paire de chaussettes. Je vais chez Hermione, elle m'a demandé de venir.
-Il est une heure du matin. Protesta Blaise, qui avait mis le jeu en pause.
-C'est un détail. Répliqua Théodore, alors qu'il nouait les lacets de ses vieilles Converse. Ses parents ne sont pas là, et elle n'arrive pas à dormir. Et moi, dans l'état où je suis, je n'y arriverai pas non plus. Alors, je vais chez elle. Ça ne te dérange pas de rester seul, pour ce soir?
Théodore omit volontairement de préciser qu'il avait un trop plein de libido à satisfaire, et qu'il n'avait pas vu sa copine ces derniers temps. Alors, il se moquait bien qu'il était une heure du matin, que tout le monde était censé dormir. Théodore irait passer le reste de sa nuit chez Hermione, point. Parce que son je n'arrive pas à dormir était loin d'être innocent, il le savait. Même s'il ne pouvait s'empêcher de se demander pourquoi elle ne l'appelait que maintenant, après qu'il se soit…qu'il ait…bref. Il songea alors, avec grand plaisir, qu'il va enfin pouvoir s'envoyer en l'air, à moins qu'elle n'ait d'autres plans. À cette pensée, un frétillement naquit au creux de son ventre, traduisant l'impatience qu'il avait de la retrouver, de pouvoir la serrer dans ses bras et respirer son parfum. Il ne restait plus qu'à obtenir l'assentiment de Blaise, et presque imperceptiblement, Théodore croisa les doigts pour que son ami se montre un tant soit peu coopératif.
-Non, ça ne me dérange pas. Je peux utiliser tes jeux? J'ai vu que t'avais Halo 3 et…
-Fais toi plaisir. L'invita Théodore, en prenant son portable et en enfilant sa lourde veste en cuir. Si Richard refait surface d'ici demain, dis-lui que je suis chez Hermione. Et si tu as besoin de quelque chose, sers-toi, tu es chez-toi après tout.
Sur-ce, Théodore sortit de sa chambre, sous le regard interloqué de Blaise. Il ferma la porte derrière lui, et se retrouva dans la rue faiblement éclairée. Il traversa les quelques rues qui le séparaient de la maison d'Hermione, et une fois qu'il fut au bas de sa porte, il fit biper son téléphone pour lui signaler qu'il était là. La tête décoiffée d'Hermione apparut à la fenêtre, et elle lui adressa un sourire. Quelques instants plus tard, elle lui ouvrait la porte, simplement vêtue d'une nuisette de satin bleu-nuit. Il n'eut pas fait un pas dans la demeure des Granger qu'Hermione s'était déjà emparée de ses lèvres avec avidité. Théodore eut tout juste le temps de refermer la porte derrière eux, pour les sauvegarder du voyeurisme des voisins, bien qu'à cette heure-ci ils étaient tous censés dormir.
-Tu m'as manqué. Souffla Hermione, entre deux baisers, arrachant un sourire à son amoureux.
Théodore resserra son corps tendre et chaud contre le sien, alors qu'Hermione mordillait le contour de son oreille, glissant ses petites mains sur son torse. Théodore pressa une main sur la courbe de ses reins, et apprécia ses caresses. Tout en gloussant, Hermione lui enleva sa veste, qui tomba au sol dans un bruit mat. Décidément, cette fille le surprenait de jour en jour. Et lorsqu'il vit le regard qu'elle lui lança alors, à la fois empli d'amour et de désir, Théodore admit que Blaise avait raison. Hermione était amoureuse de lui, et rien n'était susceptible de remettre en cause cela.
Cependant, un détail attira l'attention du jeune homme. Il fronça les sourcils, tentant de voir ce qui avait bien pu changer en elle. Il remarqua alors que les cheveux d'Hermione, pour une fois, étaient lisses. Elle les avait également coupés jusqu'aux épaules, arrachant au jeune homme un regard perplexe. Parce qu'en plus, elle avait fait une couleur, non? Il n'avait pas souvenir que ses cheveux étaient si foncés avant. La couleur était plus intense, moins fade. Puis, autre détail, elle s'était fait une frange, qui partait sur le côté, mettant en valeur ses beaux yeux marron. Théodore la trouvait belle à mourir, même si ce changement était somme toute déroutant. Il allait mettre un moment pour s'y habituer, mais soit. Il aurait tout le loisir de découvrir la nouvelle Hermione et cette perspective ne lui déplaisait pas -bien au contraire.
-Tu as coupé tes cheveux? Demanda-t-il, bêtement, en fronçant les sourcils.
-Pourquoi, ça ne te plaît pas? Questionna-t-elle, anxieusement.
-C'est joli. Murmura-t-il en posant ses lèvres sur les siennes avec tendresse, la voix rendue rauque par le désir. Mais je les aimais bien, moi, tes boucles. Je suppose qu'il va bien falloir que je m'y habitue.
Pour toute réponse, Hermione lui adressa un sourire ravi, et reprit ses lèvres en un nouveau baiser, tout aussi passionné que le précédent. Théodore glissa une main dans le dos de sa petite-amie, qui s'était serrée contre lui. Tu m'as manqué. avait-elle susurré, au creux de son oreille, en guise d'accueil. Le cœur de Théodore s'accéléra lorsqu'il repensa à ces mots. Pour l'heure, Théodore ne voulut pas savoir pourquoi elle n'avait pas voulu le voir, ou quoi que ce soit du même acabit. D'autant plus qu'Hermione venait de l'entraîner vers l'escalier, sa main accrochée à la sienne. Une fois qu'ils furent dans sa chambre, Hermione le poussa dans le lit sans ménagement, sans cesser de l'embrasser passionnément. Et alors qu'Hermione l'embrassait dans le cou, le faisant frémir à chaque fois qu'il sentait ses lèvres douces sur sa peau, Théodore se disait qu'il était bien chanceux, d'avoir une fille comme elle dans sa vie. Elle était douce, passionnée, intelligente et coquine. Elle était en somme parfaite.
[DRAGO]
Lavande marchait dans le jardin public, Drago à côté d'elle. Aucun ne pipait mot. En fait, ils ne s'étaient rien dit depuis qu'ils avaient quitté Londres, et Lavande semblait soucieuse, plus que jamais. Drago soupira, avant de passer son bras autour des épaules de Lavande. Lavande se raidit à son contact, mais elle ne protesta pas. Elle ne le rejeta pas non plus. À la place, elle s'était contentée de passer son propre bras autour de la taille ferme de Drago. De la sorte, on aurait dit un jeune couple, et c'était l'image qu'ils offraient à la face du monde, mais l'un comme l'autre savait qu'ils ne formaient pas un couple, qu'ils n'en seraient jamais un, même si en son for intérieur, Drago espérait que Lavande cesse de faire sa tête de mule et lui laisse une chance. D'ailleurs, le fait qu'elle ait passé un bras autour de sa taille n'était-il pas un signe? Non, lui souffla une petite voix insidieuse dans son esprit, elle a juste besoin de se sentir protégée. En sécurité.
Elle n'attendait rien d'autre, simplement des bras dans lesquels elle pouvait pleurer à sa convenance, Les filles n'avaient pas besoin de davantage. Elles voulaient toutes un mec qui soit en mesure de les comprendre, de leur parler. Hermione avait attendu ça de lui pendant des années, et Drago n'avait jamais été en mesure de le lui accorder. Peut-être était-ce parce qu'il n'avait pas non plus souhaité faire d'efforts pour l'écouter. Drago se demandait alors si Nott l'écoutait continuellement se plaindre. Il imagina alors que non. Nott était un garçon comme les autres. Et les garçons n'aimaient rarement entendre leur copine faire étalage de leurs problèmes, surtout s'ils étaient futiles. Il ne fallait pas se leurrer non plus, ils recherchaient tous autre chose, sans exception.
-Drago…chuchota Lavande, en se serrant davantage contre lui. Je…je dois te dire quelque chose.
Drago fixa Lavande, intensément. Blondie n'avait pas l'air dans son assiette. Elle avait le teint légèrement verdâtre, et des cernes immenses soulignaient ses yeux bleus de poupée. Lavande se mordilla la lèvre inférieur, et fuyait son regard, ce que Drago ne tarda pas à remarquer. Lavande se comportait toujours ainsi lorsqu'elle avait quelque chose de grave à annoncer, qui soit susceptible de déplaire au grand blond. Grand blond dont l'estomac venait de se contracter douloureusement, cela dit en passant. Il glissa un regard en coin vers Lavande, qui était obstinément muette. La jeune femme passa une main embarrassée dans ses cheveux ondulés, puis elle se jeta à l'eau, non sans rougir furieusement au passage.
-jesuisenceinte. Balança-t-elle, sans reprendre son souffle, le rouge de ses joues s'accentuant de façon dramatique.
Drago haussa un sourcil perplexe, n'ayant pas vraiment compris ce qu'elle avait cherché à lui dire. Ou plutôt…il avait très bien compris. Et il demandait confirmation, encore persuadé que son ouïe lui jouait des tours. Lavande avait dit cela tellement vite, qu'il n'était pas certain qu'elle l'ait réellement dit. Lavande se mordilla la lèvre inférieure, et osa seulement le regarder en face. Drago se sentit mal de voir tant de douleur dans son regard, si innocent, si candide. Lavande avait grandi bien trop brutalement, et la voir ainsi lui faisait l'effet d'une claque.
-Pardon? S'enquit-il, la voix légèrement rauque, comme pour lui demander de confirmer s'il avait bien entendu.
-Je suis enceinte. Répéta-t-elle, de façon plus intelligible, les yeux écarquillés par la peur, l'attente insoutenable de sa réaction.
Drago soupira longuement, avant de resserrer sa prise autour des épaules de Lavande. Elle était enceinte. Il l'avait mise enceinte, et elle en souffrait. Tout du moins, il avait déduit que c'était lui, le père de cet enfant. Sinon, Lavande n'aurait jamais pris la peine de lui en parler, il en était certain. Et à présent que Lavande lui avait annoncé qu'elle attendait un bébé, son bébé, il n'était pas certain de la meilleure réaction à avoir.
-Drago…chuchota Lavande, paniquée. Dis quelque chose, même si c'est pour m'engueuler, me dire que je ne suis qu'une idiote. Dis moi tout ça si t'as envie, mais par pitié, épargne moi ce silence!
-Pourquoi je te traiterais d'idiote? Demanda-t-il, perplexe. Ce bébé, on a été deux pour le faire, à ce que je sache. Alors, pourquoi je t'en blâmerais? Je suis tout autant fautif que toi, dans l'histoire.
-Je…On a fait deux fois l'amour et on ne s'est pas protégés…j'aurais dû y penser. Je…j'ai réussi à tomber enceinte dès ma première fois, je suis vraiment trop idiote.
-Lavande. Grogna Drago, la voix légèrement rauque. Moi aussi j'aurais dû y penser. Ce n'est pas de ta faute, Lavande.
-Je vais avoir un bébé alors que je n'ai même pas dix-huit ans. Sanglotait la jeune femme, contre son épaule. Je…que va dire ma mère? Elle va avoir honte! Je vais être montrée du doigt! Tout ce qu'ils verront, lorsque j'aurai mon bébé avec moi, c'est cette fille qui aura gâché sa vie parce qu'elle a été mère trop tôt. Soit je vais les dégoûter, soit il vont me regarder avec pitié, et je ne veux pas.
Drago ne disait rien, il la serrait contre lui et lui caressait doucement les cheveux. Il s'imagina alors ce à quoi pourrait ressembler leur bébé, une fois qu'il serait né. Ils étaient tous les deux blonds avec des yeux clairs. Il y aurait donc fort à parier pour que leur fils ou leur fille le soit également. Drago soupira, puis pressa un baiser au sommet de son front, berçant la jeune femme contre lui. Lavande pleurait à chaudes larmes sur son épaule robuste, et n'osait pas le toucher en le serrant dans ses bras davantage, de peur de le révulser complètement.
-Personne ne te regardera avec pitié, Lavande, parce moi, je serai là.
-Je ne veux pas t'imposer ça, tu n'as rien demandé à personne, je ne sais même pas pourquoi je te l'ai dit d'ailleurs.
-Et je t'aurais laissée assumer cette responsabilité seule, tu crois? Grogna Drago, avec aigreur. Tu penses sincèrement que je suis le genre de mec qui fout une nana enceinte pour la jeter ensuite?
C'était une question rhétorique. En fait, Drago n'attendait pas vraiment de réponse de la part de Lavande, ses yeux parlaient pour elle et ça le blessa, bien plus qu'il ne l'aurait imaginé. Drago avait compris que Lavande le prenait pour un salaud, probablement à cause de ce qu'il avait fait à Hermione. D'accord, il y était allé un peu fort avec elle, il le reconnaissait, ce qui était d'ailleurs un grand pas venant de sa part. Mais il ne l'aimait plus au moment où il a commencé à la tromper, alors il ne se sentait pas coupable, pour le moins du monde. En fait, il ne voyait pas du tout en quoi il pouvait avoir tort.
-J'ai compris. Lâcha-t-il avec amertume. Tu penses que je suis exactement ce genre de mecs.
-Je n'ai pas dit ça! Protesta Lavande, faiblement.
-Ton regard a parlé à ta place, c'est pire.
-Je suis désolée. Balbutia Lavande, en laissant échapper de nouvelles larmes. Je ne voulais pas t'offenser. Mais…que tu prennes aussi bien la nouvelle m'a.…surprise.
Pour toute réponse, Drago prit Lavande par les épaules, et posa ses lèvres sur les siennes. Lavande, surprise, se laissa faire. Par ce baiser, Drago tentait de lui faire comprendre qu'il l'aimait, que ses sentiments pour elle n'étaient pas feints, qu'il serait là pour elle et le bébé et qu'elle n'avait pas le choix, il avait le droit de connaître son enfant. Drago n'aurait jamais imaginé être père aussi jeune, mais il ne voulait pas abandonner Lavande. Pour le moment, il ne préférait pas penser aux neuf mois à venir, ni même au restant de leurs vies. Alea jacta est, advienne que pourra, il se sentait prêt à faire face à toute les épreuves. Il avait toujours été un lâche, il avait fui ses responsabilités, mais maintenant, il était temps de prendre les choses en main, de grandir.
Il n'osait pas imaginer quelle serait la réaction de Lucius et Narcissa s'ils venaient à apprendre qu'il avait mis une fille enceinte et qu'il comptait rester avec elle et leur bébé. Deux options étaient possibles: d'une part, ses parents seraient contents de voir qu'il prenne enfin ses responsabilités et qu'il deviennent un homme, d'autre part, ils pourraient tout aussi bien le renier, après tout, les Malefoy étaient assez conservateurs dans leur genre. Drago se sépara finalement de Lavande, et posa son front contre celui de la jeune fille. Lavande ne réagit pas, trop tétanisée pour ce faire.
-Je…je ne t'ai même pas demandé si tu comptais garder le bébé. Chuchota-t-il, près de ses lèvres, la faisant frissonner avec intensité.
-Ai-je seulement le choix? Couina Lavande, d'une toute petite voix. N'importe quelle fille aurait le droit d'avorter, mais pas moi. Je…Ma famille est catholique, tu comprends? Ils voudront probablement que je le garde, ils…Ils sont plutôt contre l'avortement et…
-Si tu dois faire quoi que ce soit, fais le avant tout pour toi. C'est de toi dont il s'agit, toi qui va porter ce bébé, toi qui va possiblement foutre ta vie en l'air. Moi, je serai là pour t'aider, quoiqu'il arrive, quoi que tu décides de faire. Je peux tout aussi bien être présent dans la vie de cet enfant en tant que père, ou bien t'accompagner à la clinique si tu souhaites avorter. J'ai participé à la conception de cet enfant, tu n'as pas le droit de m'écarter comme tu le fais. Tu dois accepter de te reposer sur quelqu'un, Blondie, tu ne peux pas toujours porter tout le monde à bout de bras.
-Mais ce n'est pas comme ça que ça marche, Drago! Regarde nous! Nous ne sommes même pas un couple. Je…On est certes les parents de cet enfant. Mais…Mais…Tu ne m'aimes pas, et je ne t'aime pas non plus. On ne peut pas se forcer à rester ensemble juste pour le bien être de notre bébé, ce ne serait pas sain. Si on doit construire quelque chose, autant le faire de notre plein gré, et non pas parce que quelque chose nous aura réunis, tu comprends?
Le cœur de Drago se tordit douloureusement lorsque Lavande exposa explicitement leur manque d'affection l'un envers l'autre. Dans le fond, elle n'avait pas tort, mais ça faisait tout de même mal à admettre. Lavande et Drago ne s'étaient jamais vraiment appréciés, sans pour autant se détester. Mais finalement, Drago s'était attaché à elle, à sa fraîcheur, à son innocence. Il avait pris conscience des sentiments qu'il avait à son égard après la fameuse soirée, celle qui a fait basculer leur vie à bien des égards. Non seulement elle lui avait donné sa virginité, et Drago était fier d'être le premier, son premier. Puis, elle était tombée enceinte. Qu'elle le veuille ou non, cela aura forcément une incidence sur leurs rapports, aussi moindres soient-ils. Elle n'avait décidément rien compris. Mais comment le lui faire comprendre avec un minimum de diplomatie? Drago n'avait pas vraiment envie de subir la colère d'une femme enceinte, qui étaient réputée dévastatrice.
Drago se pinça l'arête du nez, et ferma les yeux, tentant d'endiguer le flot d'émotions qui déferlaient en lui. Lavande ne l'aimait pas, c'était un fait. Et il en souffrait. Peut-être même plus que la perspective d'avoir un enfant sans jamais le connaître. Lavande, en face de lui, avait cessé de pleurer. Elle avait resserré ses bras autour d'elle, s'enlaçant doucement. Drago eut envie de la prendre dans ses bras, une nouvelle fois, mais il se l'interdit. Si ça se trouvait, Lavande ne voulait même pas qu'il la touche, qu'il s'en approche. Mais alors, pourquoi ne l'avait-elle pas repoussé lorsqu'il l'a embrassée?
-J'ai toujours voulu avoir une famille. Confia-t-il, les mains dans les poches. Une vraie famille. Pas des gens qui font semblant de s'aimer, pour se déchirer ensuite. Je…Mes parents ont été pendant des années le couple parfait, lisse et sans mensonges. Mais…ils n'ont jamais rien eu à se dire. Peut être était-ce parce qu'ils ne s'aimaient pas….ou parce qu'ils ne se sont plus aimés au fil des années. Ils sont ensemble. Ils ne se parlent simplement plus.
Drago ignorait pourquoi il était en train de raconter tout cela, comme si Blondie avait quelque chose à en faire. D'ailleurs, elle ne disait rien, se contentant de pincer des lèvres tout en rivant son regard sur un point fixe dans le lointain. Drago allongea le cou, pour tenter de savoir ce qu'elle regardait. Le blond fixa alors ce même carré d'herbe, où étaient assis deux jeunes parents, qui regardaient courir leur petite fille avec un regard empli de tendresse. Drago serra légèrement les poings. Lavande, elle, restait muette, presque obsédée par ce qu'elle voyait. Secrètement, le jeune homme espérait qu'elle souhaitait la même chose que lui. Embarrassée, Lavande détourna le regard, et fixa ostensiblement ses pieds. Drago soupira, puis, il prit le menton de Lavande entre ses doigts, pour la forcer à soutenir son regard.
-Lavande…supplia-t-il, en dévorant la jeune fille du regard. Dis-moi quelque chose. Ne prétends pas t'en foutre, je sais que ce n'est pas vrai.
Alors, Lavande prit doucement la main du jeune homme, les larmes aux yeux, puis, tout en soulevant légèrement son débardeur, elle posa la main de Drago sur son ventre encore plat, frémissant à son contact. Drago s'autorisa à sourire, alors que sa main s'appuyait plus franchement sur le ventre de la jeune femme. La gorge nouée, Drago enlaça Lavande, de toutes ses forces. Peu importaient ce qu'allaient bien pouvoir dire les autres, ses parents, ceux de Lavande, Hermione, leurs amis, il la voulait elle et seulement elle. Elle, et ce petit être qui était dans son ventre et qu'il aimait déjà, presque autant que sa mère, quand bien même cette dernière aurait toujours refusé son amour.
Et voilà ce nouveau chapitre, riche en émotions -tout du moins, je l'espère! Comme promis, Blaise a débarqué, et pour ainsi dire, il a foutu un coup de pied dans la fourmilière. Comme vous l'aurez compris, Blaisounet est gay. Les filles, baissez les armes. Parce que Blaise, en gay, il est quand même vachement hot. (je parle en toute connaissance de cause puisque j'ai déjà imaginé dans ma petite tête quelques scènes très…intéressantes…pour les plus perverses d'entre nous en tout cas *pan*) Puis même, pourquoi je me justifie, cette fic' avait cruellement besoin d'un personnage gay, après tout, toutes les générations de Skins en ont un, alors pourquoi pas cette fic'? Pour celles qui ne sentaient pas l'arrivée de Blaise, force est de constater que vous aviez toutes raison! Le courant passe très mal entre Hermione et Blaise, et immanquablement, Théo et Blaise vont finir par se déchirer à cause d'Hermione, tout comme Théo et Hermione vont se déchirer à cause de Blaise. C'est une drôle de dynamique que ce triangle là. Je pense également, sans révéler de gros spoiler, que vous avez tous remarqué que Blaise ressent plus que de l'amitié pour Théo, et les problèmes que ça va pouvoir amener=D Pour tous ceux qui se posaient la question, non, Pansy n'était pas enceinte. C'était encore autre chose, que je pense expliciter dans les prochains chapitres. C'est effectivement Lavande qui est enceinte. Je pense que c'était LE personnage à mettre en cloque. Déjà, parce qu'elle n'est pas très proche de Drago, et que c'est un bon prétexte pour les réunir, de deux, parce qu'enceinte, elle va être complètement délirante, et j'espère qu'elle va beaucoup vous amuser. Troisièmement, c'est parce qu'elle se sent seule, mal dans sa peau, et son environnement familial y est aussi pour beaucoup. Après tout, sa famille est très catholique, et pratiquants de surcroit, ils sont donc opposés à l'avortement, d'où son choix de garder le bébé.
Sinon, la publication de mes chapitres va se ralentir d'ici les prochaines semaines, bien que je vais tenter de tenir le rythme. En effet, j'arrive en plein dans mes périodes de colles/partiels et mon premier exam est dans moins d'un mois, alors, je panique!
Qui plus est, j'ai un nouveau projet de fic' qui mijote dans ma tête. Il s'agira encore une fois d'une romance entre Théodore et Hermione (comme d'hab'). Je ne vous en dis pas plus, vous verrez de quoi il s'agit quand je l'aurai publiée *pan*
Dans la foulée, le chapitre 11 du fils prodigue est en ligne, et je suis en train d'écrire le chapitre 6 de revivre. Une fois Would You Be Happier terminée, je pense me consacrer à Revivre, que je publierai toutes les semaines. J'espère donc que vous serez au rendez-vous, si vous aimez mes fics et tout le toutim =D Voilà pour les projets/avancements de fics en cours.
Je vous dis à très bientôt pour le chapitre 9. Bisous bisous, et n'oubliez pas la petite review en partant. Je vous aime =D
