Hello Maia 30 ! Et oui, c'était déjà il y a 10 ans que Sirius et Crystall étaient ensemble... On voit pas le temps passer, hein ?
J'ai envie de t'applaudir Seilax ! OUI il se passe quelque chose de pas net avec Emeli et OUI le fait qu'elle ait vu Touffu dans le noir était là juste pour faire tilter les lecteurs ! Mais je ne dirais rien de plus! Va falloir attendre que le mystère soit dévoilé le lui-même...
Par contre pour la tour, ça n'a pas grand chose à voir avec le mystère (bon, un peu quand même mais ça ne fait pas pas partie des indices que j'ai semé). C'est juste que sa tante vient de la vieille génération. Les Saddler ont un manoir avec une tour isolée et quand sa tante était jeune c'est dans cette tour qu'étaient enfermés les enfants pas sages pour une durée plus ou moins longue. Bon, après il y a aussi quelqu'un qui y a vraiment passé toute sa vie. Oui, c'est super creepy. En vrai, Emeli n'y a jamais été enfermée, mais la menace marche vachement bien sur elle X)
Ce que voit Emeli dan le miroir est secret Mathilde ! Tu penses bien que je l'aurais écrit dans le chapitre précédent sinon. Peut -être que je le révélerais un jour.
Salut Pims10 ! J'ai toujours trouvé que Poudlard en manquait justement d'unité et ça m'a paru sympa d'en mettre un peu plus dans ma fic. Même si fondamentalement, ce sont quand même les Maisons qui se sont affrontées lors de cette bataille X)
Coucou Antig0ne ! Tu pensais que Mary allait voir quoi dans le miroir ? Moi, ça me paraissait logique qu'elle voit sa vie sans Voldemort. Après tout, il l'a quand même rendue orpheline même si elle a été élevée dans une famille. Et c'est le désir le plus profond qu'elle porte en elle, je suis sûre qu'elle a aussi été surprise que ce soit ça et pas quelque chose comme... voler sur un dragon par exemple X)
La fixité de l'image dans le miroir dépend du désir de chacun, je pense. Si tu veux juste voir ta famille, il n'y a pas de raison que l'image bouge beaucoup. Mais si tu veux voir une vie, il n'y a pas vraiment le choix : une image fixe ne peut pas répondre à ton désir.
Dumbledore a aussi dit que des gens ont dépéri en le contemplant. Je ne pense pas que quelqu'un pourrait rester devant la même scène assez longtemps pour en dépérir. Je trouve que ça se justifie mieux si le miroir peut refléter des scènes beaucoup plus complètes.
Pour tes questions : Crystall n'a pas été rejetée par sa famille à cause d'une histoire de sang pur, mais d'une visionomeuse qui a fait une prophétie plutôt sombre sur elle et Queenie et que sa mère a été trop bête pour ignorer. Et ils n'étaient pas aussi obsédés par le Sang-Pur que d'autres familles : il n'y a jamais eu de Mangemort chez les Entwhistle, même s'ils approuvaient les idées de Voldemort. Par contre, pour Sirius, je pense quand même qu'il serait arrivé à un moment une rupture plus ou moins conséquente avec sa famille.
Pour James et Lily... James est tombé amoureux de Lily en première année, et je pense pas qu'il se souciait vraiment de Voldemort à ce moment là. En revanche pour Lily... Je pense que sans Voldemort il y aurait eu moyen qu'elle finisse avec Rogue. Je sais pas. Ce n'est que mon humble opinion sur ces questions.
Ah oui, il fallait quand même que l'intrigue avance un peu à propos de la Pierre !
J'aime trop les Weasley pour les faire entièrement sortir de la vie de Mary adenoide ! J'ai pas pu résister XD Et ne soit pas trop pressé de mettre William chez les Gryffy : il a de bonnes raisons d'être à Serdaigle même si on ne dirait pas à première vue.
Pas de chapitre sur la Vengeance cette semaine ! Bonne lecture à tous ! =D
Jamais deux sans trois
La neige fondit doucement, au plus grand déplaisir de Peeves et au plus grand soulagement des élèves. Les Professeurs se mirent à leur parler des examens de fin d'année. Emeli s'en inquiétait beaucoup à cause de ses notes en métamorphose qui n'étaient pas satisfaisantes. Elle n'était pas mauvaise : sa note moyenne était d'Effort Exceptionnel. Mais sa tante était amie avec McGonagall et se montrait de fait intransigeante dans cette matière.
William, lui, prenait ça à la légère persuadé de ne rencontrer aucunes difficultés. Dans l'école moldue à laquelle il avait été avant Poudlard, il avait toujours été en tête de classe : pourquoi cela changerait –il parce qu'il étudiait la magie plutôt que les mathématiques ?
Mary, elle, avait d'autres choses en tête. Depuis qu'elle avait testé, avec grand succès, sa cape d'invisibilité, il lui arrivait fréquemment de sortir explorer le l'école de nuit. C'était bien différent du château qu'elle voyait dans la journée.
L'endroit était calme et semblait plus immense encore que d'habitude. Et quand les vivants s'enfonçaient dans un sommeil réparateur, les fantômes, discrets la journée, prenaient possession des lieux. Il y en avait plus qu'il n'y semblait au premier abord : après tout le château avait mille ans d'histoire derrière lui et avait vu mourir plus de personne qu'on le penserait. Ce Poudlard nocturne était comme une incarnation perpétuelle de son histoire et ça lui plaisait énormément. Elle aurait bien aimé pouvoir parler à tous ces fantômes, mais savait qu'il valait mieux qu'elle reste discrète.
Bien entendu, les Serdaigles de son année, surtout les filles qui dormaient dans la même pièce qu'elle, se doutaient qu'il y avait quelque chose. Ils n'étaient pas stupides. Elle semblait plus fatiguée en cours et elle avait souvent la tête dans les nuages, pensant à ses explorations de la nuit. Mais comme elle ne leur disait rien, ils ne posèrent pas de questions. William et Emeli se contentèrent de s'assurer qu'elle n'avait pas retrouvé le miroir du Rised et quand elle leur eut dit non, ils n'insistèrent pas. Ce n'était pas leur problème.
Au final, la seule personne, si tant est qu'on pouvait parler de personne, qui semblait au courant pour ses escapades nocturnes était Miss Teigne. L'affreuse chatte du concierge avait la fâcheuse manie de la suivre ces derniers temps tout en la fixant de ses yeux globuleux. C'était à ce demander s'il s'agissait vraiment là d'un chat.
- Va t –en ! s'exclama un jour la rouquine, plus que lassée de voir cette touffe de poil grise à chaque coin de couloir.
- Ce n'est qu'un chat Mary, soupira William.
- Elle me fixe tout le temps ! Vous ne trouvez pas ça énervant qu'elle soit toujours là ?
- Si tu réagis comme ça, c'est peut-être parce que tu te sens coupable de quelque chose, lui fit remarquer Padma qui passait par là.
La Potter lui jeta un regard et l'indienne lui adressa un sourire qu'elle voulait innocent avant de continuer sa route. Mais Miss Teigne occupait bien plus son attention et donc elle reposa ses yeux sur le nœud du problème.
- Vous croyez que si j'essayais de l'assommer avec mon bouquin de métamorphose elle me ficherait pas paix ? s'enquit Mary en jaugeant la distance qui la séparait du félin.
- Je crois surtout qu'elle se dépêcherait de courir dans les pattes de Rusard, oui, raisonna William. Un sortilège de confusion ce serait mieux et ça nous fera de l'entraînement. J'ai toujours du mal à viser les cibles en mouvement.
- On ne connaît pas de sortilège de confusion, lui rappela Mary.
- On aura une bonne raison de l'apprendre.
- Vous êtes tous les deux complètements tamponnés du chaudron, les interrompit Emeli. Ce n'est qu'un chat et je vais vous le prouver. Tiens moi ça !
Elle fourra sans ménagement son sac dans les bras de William. Puis elle s'approcha doucement de Miss Teigne avant de s'immobiliser et de s'accroupir quand la concernée plaqua ses oreilles sur son crâne.
- Je ne suis pas sûre que ce soit une bonne idée, intervînt son amie.
- Chuut, lui enjoignit la blonde. Salut Miss Teigne. Tu sais, on ne te veut pas de mal et on ne fait rien qui soit contre le règlement. Tu rends mon amie nerveuse et…
- Pourquoi elle lui parle comme à un humain si c'est rien qu'un chat ? chuchota William.
- Parce qu'elle aussi elle est sacrément tamponnée du chaudron : sinon elle n'essaierait pas de s'approche du chat de Rusard.
Les deux amis reportèrent leur attention sur Emeli qui avait continué à parler d'une voix douce et avait commencé à s'approcher. Miss Teigne la fixait d'un air méfiant, mais ses oreilles s'étaient redressées et elle avait l'air... curieuse. La blonde s'approcha, s'approcha et s'approcha encore avant de tendre une main. Elle ne prit pas l'initiative du contact, et se contenta de présenter sa main devant le nez de l'animal. Qui la flaira, l'air intriguée. Sûr que si elle ne connaissait que la main squelettique et décharnée du concierge ça devait être étrange.
Et là, l'impossible se produisit. Emeli posa la main sur la tête du chat et il se laissa faire. D'abord réticente, elle finit par se détendre sous la paume et se mit même à ronronner. Après quelques instants de ce traitement, la blonde souleva l'animal dans ses bras tout en continuant à la grattouiller avec application et se tourna vers ses deux amis qui la fixaient avec des yeux ronds comme des soucoupes :
- Vous voyez, ce n'est qu'un chat. Les animaux sentent quand vous ne les aimez pas et ils vous le rendent.
Elle frotta sa joue sur la tête de Miss Teigne qui ferma les yeux de bonheur. Le monde marchait sur la tête ! Et soudainement un affreux mugissement retentit dans le couloir :
- Qu'est ce que vous faites à ma Miss Teigne !? Bons à rien ! Vandales ! MEURTRIERS !
Ils sursautèrent tous et le chat en question sauta précipitamment des bras d'Emeli pour courir vers son Maître. Ce dernier l'attrapa et la serra contre lui avec précipitation tout en regardant les trois élèves comme s'il voulait les tuer. Ce qui ne devait pas être très loin de ses intentions réelles en ce moment même.
- Ce n'est pas… commença Mary.
- On la caressait juste, affirma Emeli.
- Vous l'agressiez ! se borna à cracher le concierge. Je vous colle à tous un mois de retenue !
- Un mois ? s'horrifia William.
- Parfaitement ! Et je vais demander au Professeur Flitwick qu'on vous retire cinquante points !
- Cinquante points ? s'étrangla Mary.
- Chacun !
- Chacun ? répéta Emeli. Attendez, c'était juste moi qui…
- Dans mon bureau ce soir à 20h et sans baguettes ! Bande de délinquants !
Puis, le concierge tourna les talons et s'en alla d'un pas rageur avec son chat. Les trois élèves restèrent immobiles, totalement abasourdis. Cent cinquante points en moins et un mois de retenue pour avoir caressé un chat ? C'était de l'abus de pouvoir ! Heureusement, leur cours suivant était celui de sortilège et ils s'en plaignirent abondamment auprès de leur directeur de maison à la fin de l'heure. Ils eurent la chance d'arriver à lui parler de l'incident avant que Rusard ne puisse le faire.
- Je ne vous enlèverais pas tous ces points, les rassura t –il. Mais je ne peux rien faire pour les retenues si ce n'est essayer de raisonner Monsieur Rusard.
- On ne lui faisait vraiment pas de mal, vous savez ? répéta une nouvelle fois Emeli. Je l'ai juste caressée et prise dans mes bras. On l'aurait laissée repartir dès qu'elle le voulait.
- Je n'en doute pas Miss Saddler. Mais il tient à ce chat comme à la prunelle de ses yeux et je sais que beaucoup d'élèves s'amusent à l'attraper pour l'enfermer. Sa réaction n'est pas bien étonnante. Si je peux vous donner un conseil, ne recommencez plus.
Ça, ils n'étaient pas prêts de le refaire ! Ça faisait déjà deux fois que ce maudit chat les envoyait en retenue. A ce propos, Mary s'empressa de griffonner une lettre à l'attention de sa mère afin de lui expliquer qu'elle n'avait RIEN fait si ce n'était regarder Emeli apprivoiser la chatte du concierge. Et que ce dernier avait inventé le reste. Ce n'était donc PAS sa faute si elle était en retenue. Son amie trouva l'idée excellente et envoya aussi un hibou à sa tante pour lui donner sa version de l'histoire. Au moins, ça éviterait les lettres incendiaires de leurs parents qui seraient forcément arrivées le lendemain.
Quand l'horloge de Poudlard sonna les huit coups annonçant qu'il était 20h, les trois Serdaigles se trouvaient devant la porte du bureau de Rusard, qui les attendait d'ailleurs avec une certaine impatience. Il les conduisit jusqu'au deuxième étage (mais pas dans le couloir interdit, bien entendu) et ouvrit une porte avant de leur faire signe de rentrer :
- Mais c'est les toilettes de filles ! Je ne peux pas y aller ! s'exclama William.
- Tu crois que quelqu'un s'en soucie quand c'est moi qui doit nettoyer la cuvette ? grogna le concierge avec le regard mauvais.
Il attrapa le garçon par le col pour le pousser dans la pièce. Qui était plutôt grande d'ailleurs. Mais leur attention se reporta bien vite sur les trois sceaux posés près des lavabos.
- Chacun son sceau et sa brosse à dent, leur apprit Rusard. Vous allez me frotter ce sol jusqu'à ce que je puisse me regarder dedans.
- Mais… Monsieur Rusard… C'est le la pierre : vous ne pourrez jamais vous regarder dedans peu importe sa propreté.
Un sourire menaçant, et satisfait, étira les lèvres de l'homme et ils frémirent tous. Ça déformait son visage, faisant ressortir ses dents jaunes et ses yeux aussi globuleux que ceux de son chat.
- Écoutez Monsieur Rusard, intervînt Emeli. Je suis désolée d'avoir touché Miss Teigne. Je ne voulais pas lui faire de mal. Je ne recommencerais plus.
Le sourire disparut et il fixa la blonde si longuement que s'en était inquiétant. Il avait presque l'air… perplexe. Mary se demanda si quelqu'un s'était déjà excusé auprès de lui. Sans doute pas, admit –elle.
- Frottez, maintenant, grogna t –il en se détournant soudainement.
Les trois élèves restèrent un moment immobiles, comme espérant que le travaille se fasse tout seul. Mais comme les brosses à dents ne jaillissaient pas des sceaux, ils durent se résigner. Elles n'étaient pas de première jeunesse d'ailleurs : la brosse était toute aplatie, quand il n'en manquait pas une partie, et le manche en bois distribuait joyeusement toutes les échardes qu'il avait en stock. Ils eurent tous l'étrange impression d'être observé durant tout le temps qu'ils passèrent à nettoyer le sol.
Quand le concierge les libéra, deux heures plus tard, ils avaient les mains et les genoux endoloris. Si c'était ça à chaque fois, ils allaient en baver durant le prochain mois. Et c'était sûr : ils n'allaient plus jamais s'approcher de Miss Teigne.
Ils avaient dépassé le couvre feu des première année quand ils arrivèrent enfin dans leur salle commune. Les élèves plus âgés étaient regroupés en petit comité et discutaient calmement pour ne pas gêner ceux déjà au lit. Dans un coin, un chaudron bouillonnait paresseusement, projetant des lueurs bleues sur le plafond. A côté, deux filles s'affrontaient aux échecs sur un plateau bizarre avec trois étages et beaucoup plus de pièce qu'un jeu traditionnel.
Le trio s'arrêta en passant à côté d'un grand cercle d'élèves assis en tailleur au sol et se tenant les mains. Ils pensaient que quelque chose allait se passer, mais après quelques minutes d'immobilisme total, ils finirent pas rejoindre leurs dortoirs et leurs lits respectifs, fatigués.
Le lendemain, Mary reçut une lettre de chez elle et pria pour que sa mère l'ait cru avant d'ouvrir le rabat.
Mary,
Je dois dire que ta version des faits me paraît plus cohérentes que celle de la lettre étant arrivée de Poudlard. Je ne pense pas que toi et tes amis ayez essayé "de torturer Miss Teigne dans le but de la tuer".
Toutefois, j'apprécierais assez que tu fasses plus d'effort. Toutes ces infractions seront dans ton dossier scolaire et je ne voudrais pas que tu le regrettes plus tard. Alors si je trouve qu'un mois de punition est un peu sévère pour avoir caressé un chat, je pense qu'au moins ça te fera réfléchir.
Tu as le bonjour de tonton Remus. Tu trouveras joint au courrier un colis qu'il m'a chargé de te transmettre. Ne mange pas tout d'un coup ou tu seras malade.
Maman
Effectivement, il y avait bien un colis encore attaché à la patte de la chouette. Mary se dépêcha de le récupérer pour y découvrir des chocolats. Elle sourit. Quand tonton Remus venait la voir au Phare, il lui ramenait toujours du chocolat. Les meilleurs qu'elle ait jamais mangé ! C'était à se demander où il les trouvait.
- Alors ? s'enquit William qui lui, n'avait pas reçu de lettre.
- Alors, ma mère l'a bien pris, mais elle m'a dit que c'était bien fait pour moi, résuma grossièrement la rousse.
- Sympa. Et toi, Emeli ?
- Ma tante est "grandement déçue de mon comportement immature", cita la concernée. Mais c'est moins pire que ce que je pensais.
- On s'en sort bien, déclara Mary.
- On s'en sort bien, confirma la blonde.
- Qu'est ce que vous avez encore fait tous les trois ? s'enquit Terry qui suivait la conversation.
- On est collés pour un mois parce qu'on a caressé Miss Teigne, révéla William. Mais on a réussi à éviter la perte de points.
La question occupa les première année jusqu'à leur arrivée en potion où il fallut, comme d'ordinaire laisser place au silence le plus complet. Mary et William avaient gardé leur place tout au fond de la salle, mais ça n'empêchait pas le sinistre professeur de venir rôder autours de leur chaudron plus souvent qu'à leur tour.
- Votre écorce de Wiggentree est coupée trop grossièrement Potter. Recommencez, lui ordonna t –il en faisant disparaître les ingrédients en question.
- Mais Monsieur ! Notre potion va louper : il fallait qu'on les incorpore maintenant !
- Surveillez votre ton, Potter. Avec une découpe pareille, votre potion aurait de toute façon loupé. Recommencez et dépêchez vous si vous ne voulez pas que votre travail soit une totale catastrophe.
Mary sentit la moutarde lui monter au nez. Ses lamelles d'écorces étaient parfaites ! Elle avait appris à découper des ingrédients sous la tutelle de sa mère et ce depuis qu'elle avait 8 ans par Merlin ! Bon, son kit de potion pour enfant ne contenaient pas d'ingrédients dangereux comme pouvait l'être l'écorce de Wiggentree, mais elle en avait vu d'autres !
Elle dut faire appel à toute sa bonne volonté pour recommencer à découper un autre morceau. Pour ne pas perdre trop de temps, elle la jeta au fur et à mesure dans le chaudron. Mais le résultat était là : à la fin leur antidote à la Goutte du Mort vivant était rouge-orangée au lieu de rouge corail et la Serdaigle savait parfaitement que Rogue allait en profiter pour leur mettre une mauvaise note ! Un comble quand on savait qu'il était à l'origine de ce léger raté !
- Je me demande ce que j'ai bien pu lui faire, se plaignit –elle dès qu'ils eurent quitté la salle de classe. Je suis bonne en potion, mes devoirs sont toujours rendus à l'heure et je suis polie malgré tout ! Il ne peut quand même pas se venger sur moi parce qu'il n'aime pas ma mère, hein ?
- C'est un professeur : il n'est pas censé laisser sa rancune personnelle déteindre sur son travail, raisonna Emeli. Il a sans doute un élève par classe qu'il torture plus que les autres et paf ! c'est tombé sur toi.
- Mais pourquoi ?
- Parce qu'avec tes cheveux roux, tu es la plus visible.
- Susan Bones est aussi rousse, lui signala sèchement Mary.
Voyant qu'elle était énervée, personne n'essaya plus d'intervenir. Et la retenue de la soirée n'améliora pas son humeur. Ils devaient continuer à frotter le sol, mais cette fois ils se trouvaient dans la salle de métamorphose où de grosses traces brunes suspectes semblaient incrustées sur les pierres. Ils décidèrent sagement de ne pas se demander de quoi il s'agissait. Il y avait néanmoins une amélioration notable ce soir là : les brosses à dent. Elles semblaient neuves.
- Merci Monsieur Rusard, lui dit Emeli quand il revînt les chercher à la fin. Pour les brosses à dents. Bonne soirée.
L'homme les regarda s'en aller avec une lueur étrange dans le regard. Quelque chose d'indéchiffrable, mais qui n'avait rien de négatif.
- Qu'est ce qui t'a pris ? lui demanda William.
- Il a fait un effort, alors autant lui montrer qu'on a apprécié, répliqua la blonde. Ça s'appelle la politesse et vous feriez bien d'en prendre de la graine !
- Mais il nous a filé un mois de retenue pour rien !
- Certes, mais ça ne change rien.
- Tu commences à parler comme Lisa, lui fit remarquer Mary
Ce à quoi la blonde répondit d'un haussement d'épaule avant de retourner au dortoir. Mary la suivit de près et trouva Mandy encore attablée devant le tableau noir de leur chambre alors que leurs deux autres camarades dormaient déjà. Après avoir récupéré Ladon, la rousse s'approcha :
- Que fais – tu ?
La concernée tapota son livre de métamorphose comme réponse. Il y avait par terre des tas de parchemins roulés en boule. Visiblement le prochain devoir de métamorphose lui posait quelques difficultés. Lisa et Padma avaient l'air d'avoir essayé de l'aider au vue des schémas et des mots clefs notés au tableau, mais sans résultat visiblement.
- Tu devrais laisser tomber pour aujourd'hui, finit par dire Mary. Personne n'arrive à travailler sur de la métamorphose à cette heure – ci et le devoir n'est que pour la semaine prochaine : tu y verras plus clair demain.
La brune cligna des yeux en la regardant. Puis, elle finit par hocher lentement la tête. Elle ramassa tous ses papiers pour les jeter et alla se coucher, tirant son drap jusque sur sa tête tandis que ses baldaquins se refermaient d'eux même sur elle. Décidément, Mary ne comprenait rien à cette fille.
Les retenues défilèrent au fil des jours. Ils devaient toujours frotter le sol, et c'était toujours aussi énervant. Un soir, alors qu'ils étaient occupés à récurer les escaliers menant aux cachots, ils se firent accoster par trois Serpentards de 6ème année dont ils ignoraient totalement les noms.
- On dirait qu'on nous a envoyé des petits rats, fit l'un d'eux.
Les autres ricanèrent et les trois Serdaigles prirent le partie de les ignorer. Mary sursauta violemment quand une chaussure noire frappa la marche juste devant son nez.
- Je sens que mes chaussures ont besoin d'être cirées, lui dit le propriétaire de la chaussure en question.
- Et ? s'enquit la rousse.
En réalité, elle avait très bien saisit ce qu'il sous entendait… Mais il était hors de question qu'elle s'abaisse à faire ça !
- Et tu as intérêt à vite t'y mettre, lui ordonna le Serpentard en sortant sa baguette d'un air menaçant.
- Certainement pas ! T'es assez grand pour trouver un sort de cirage et le lancer sur tes chaussures que je sache ! A moins que tu sois justement incapable de jeter un sortilège aussi basique ?
- Toi tu …
Mary ne sut jamais ce qu'il allait dire. A ce moment là, un long rugissement retentit dans le hall et figea les six protagonistes.
- Qu'est ce que c'était ? s'affola Emeli.
- Je ne sais pas, lui répondit l'un des Serpentards, toute animosité soudainement disparue.
Un autre bruit résonna, l'air plus proche cette fois. Et les plus âgés s'enfoncèrent dans les cachots sans demander leurs restes. Sans doute pour aller se réfugier dans leur salle commune. Ce qui était le plus intelligent à faire, convînt Mary. Sauf qu'elle, Emeli et William n'avaient nulle part où se réfugier dans ces cachots. Ils avaient plus de chance de s'y perdre qu'autre chose, à vrai dire...
Alors, doucement, ils remontèrent vers le hall qui se trouvait un palier plus loin. Mais il n'y avait rien. Prudemment, ils s'y engagèrent. Les tableaux accrochés là semblaient assez agités, preuve qu'ils n'avaient pas rêvés.
- On dirait que c'est passé, constata William.
Et juste à ce moment là, il y eut un mouvement devant la porte d'entrée du château qui restait toujours ouverte jusqu'au couvre feu des 7ème années à 22 heures. Puis une grand silhouette filiforme entra.
La tête de la Créature devait culminer à plus de trois mètres de hauteur et était perchée au bout d'un long cou où courraient des plaques noires qui descendaient sur son échine et jusqu'au bout de la queue. De la fumée sortait de ses narines et ses pattes étaient pourvues de griffes plutôt impressionnantes. Des écailles vertes foncées recouvraient tout son corps et ses ailes démesurées étaient noires comme les enfers.
Les yeux jaunes et fendus du dragon, car il s'agissait l'un d'un dragon, se fixa sur les trois élèves. Mary se figea de terreur. Elle avait grandi avec les histoires des dragons qui dévoraient les gens. Les moldus disaient aussi ce genre de chose, mais c'était autre chose quand on savait que les dragons existaient et que ces histoires étaient vraies !
Les deux partis se fixèrent le temps d'une seconde. Puis le dragon bondit en avant droit sur eux. Et dans un ensemble parfait, ils poussèrent un hurlement aiguë avant de détaler. Ils remontèrent les escaliers menant vers les étages quatre à quatre, entendant trop nettement le cliquètement des griffes du dragon sur la pierre derrière eux. Ils atteignaient le palier menant aux escaliers mouvants quand soudainement le bruit disparu, remplacé par un gros "woof" et une rafale de vent.
Et la bête se retrouva devant eux, bloquant à moitié le passage. Le dragon bondit à nouveau et cette fois, ils ne purent que se baisser. La Créature leur passa largement au dessus et rencontra avec un grand bruit le mur qui se trouvait derrière eux.
- Courrez, courrez ! s'exclama Mary en donnant l'exemple.
Ils reprirent leurs montée, mais malheureusement les escaliers n'étaient pas le terrain le plus facile pour fuir. Surtout que le dragon pouvait librement voler dans l'espace où les escaliers mouvants avaient été conçus. Ils devaient à tout prix arriver jusqu'à la Tour Serdaigle ! Là ils seraient à l'abri ! S'ils arrivaient à résoudre l'énigme. Rowena Serdaigle avait été la sorcière la plus intelligente de son temps mais elle n'avait absolument pas songé aux situations d'urgence quand elle avait mis en place ce système !
A ce moment là, l'escalier sur lequel ils se trouvaient se mit à se déplacer… et les amena nez à nez avec le dragon. Ce dernier les attendait, ramassé sur le palier, la queue battant derrière lui comme celle d'un chat traquant une proie. Autant dire qu'ils s'empressèrent de faire demi-tour. Ils bifurquèrent dans un couloir juste à temps pour échapper à une gerbe de flamme. Et ils entèrent de plein fouet dans les deux Préfets en Chefs.
- Ça va pas ? s'exclama le garçon.
- Courrez ! lui hurla William. Il y a un dragon !
Et sans demander leurs restes, ils reprirent leurs courses. Dans un sursaut fulgurant de lucidité, Mary se rappela qu'il y avait au fond du couloir un petit escalier dérobé qui arrivait juste devant la salle des professeurs ! Jusqu'à présent elle avait juste couru devant elle sans réfléchir pour sauver sa peau. Mais là elle avait un semblant de plan. Sans attendre, elle tira Emeli par la main et repoussa une tapisserie de licorne pour dévoiler le passage. Elle remercia silencieusement les escapades nocturnes qu'elle avait pris l'habitude de faire depuis qu'elle avait sa cape d'invisibilité et qui lui avaient permis de découvrir ce genre de choses.
L'escalier n'était pas bien engageant : deux personnes ne pourraient pas s'y croiser et il valait mieux ne pas être trop grand. Les marches en bois grinçaient et ça sentait l'humidité. Mais ils arrivèrent rapidement deux étages plus haut et allant jusqu'au bout de son idée, Mary ouvrit à la volée la porte de la salle des Professeurs et cria :
- Il y a un dragon dans l'école !
Les Professeurs McGonagall, Sinistra et Chourave qui se trouvaient là, assises autours d'un thé dans de confortables canapés violets, la regardèrent avec des grands yeux.
- Miss Potter ! s'exclama ensuite la sous-directrice. Que signifie ceci ?
- Il y a un dragon dans l'école, répéta Emeli en haletant.
- Sottise ! Cela…
A ce moment là, un rugissement retentit dans les couloirs vite suivit par un hurlement de douleur qui était tout ce qu'il y avait de plus humain. Les trois femmes bondirent sur leurs pieds et tirèrent leurs baguettes.
- Où l'avez-vous ?
- Dans le couloir du troisième étage.
- Restez ici et ne sortez pas avant que quelqu'un vienne vous chercher.
Ils s'empressèrent de hocher vivement la tête et les professeurs disparurent dans le couloir en refermant la porte derrière elles. Mary resta un moment debout, à reprendre son souffle et ses esprits ainsi qu'à se rassurer. Ils avaient semés le dragon. Et ils étaient entiers.
- Alors, tu as toujours envie de voler sur un dragon ? lança Emeli à l'adresse de William.
Le concerné, encore trop choqué pour parler, le contenta de lui renvoyer un regard apeuré. Ça, il ne s'imaginait pas du tout les dragons comme ça !
- Moi, j'aimerais plutôt savoir pourquoi il y avait un dragon ici, déclara Mary avant de s'intéresser à son environnement.
La salle des professeurs était grande et baignée par la chaude lumière des torches allumées le long des murs. Des tableaux étaient accrochés et les personnages qui y étaient peints semblaient les observer avec une grande attention. Une bibliothèque vitrée prenait une bonne partie du mur de gauche. Des fleurs de toutes les couleurs se trouvaient dans les vases et répandaient leur fragrance dans la pièce. Une pile de copie était abandonnée sur une table.
Sous les regards des tableaux, ils n'osèrent pas trop bouger. En bon Serdaigle, ils jetèrent un coup d'œil aux ouvrages de la bibliothèque, qui sembla siffler sa désapprobation après quelques instants. Ils finirent par s'asseoir aux places désertées par leurs trois professeurs et regardèrent le thé refroidir. Le plus angoissant, c'était d'attendre sans avoir aucune nouvelles.
Puis, après une éternité, la porte s'ouvrit sur une Chourave échevelée qui sentait le soufre et la fumée.
- Nous avons réussi à neutraliser le dragon, des Dragonniers vont arriver d'ici quelques minutes. Venez, je vais vous raccompagner à votre salle commune. Vous n'êtes pas blessés ?
- Non… Et vous ? Personne n'a été blessé ?
- Ivan Renshawn, le Préfet en Chef, va devoir être transporté à Ste Mangouste, mais il devrait s'en sortir.
- Que lui est – il arrivé ?
- Le dragon l'a attrapé et l'a secoué dans tous les sens. Il va peut –être perdre son bras.
La Professeur de Botanique devait aussi être en état de choc pour donner de telles informations à des élèves. Ceux – ci furent proprement horrifiés en entendant ça et ne posèrent plus de question jusqu'à retrouver –enfin!– leur salle commune. Inhabituellement silencieuse. La plupart des élèves étaient là, regroupés sur les canapés, fauteuils et même sur les tapis.
- La cabane du garde chasse a brûlé, déclara Anthony Goldstein quand ils s'assirent avec les élèves de leur année. Avec lui dedans.
- Pardon ? dit Emeli d'une voix soudainement aiguë.
- On l'a entendu hurler et vu courir vers le lac. Puis plus rien, souffla Padma qui était recroquevillée entre Mandy et Lisa.
- C'était atroce, renchérit cette dernière.
- Il y avait un dragon dans le château, révéla alors William. Il a essayé de nous manger, mais on a réussi à s'enfuir.
- Par contre le Préfet-en-chef doit être transporté à Ste Mangouste…
Un lourd silence suivit cette déclaration. Puis, il fallut aller dormir. Les Préfets poussèrent les plus jeunes dans leurs dortoirs respectifs vu qu'aucun professeur ne semblait décidé à venir les éclairer un peu plus sur la situation.
Mary s'empressa d'attraper Ladon et de le serrer contre elle. Il lui chatouilla le nez du bout de sa langue fourchue et elle s'empressa de lui raconter ce qu'il venait de lui arriver.
- Tu aurais dû essayer de lui parler Fouchelangue, lui fit –il remarquer une fois qu'elle eut terminé.
- Ce n'était pas un serpent, lui rappela Mary.
- Mais c'était un reptile : on parle tous la même langue.
- Tu n'as jamais rencontré de reptiles d'autres espèces…
- Peut –être, mais je le sais ! C'est beaucoup plus simple chez les animaux que chez les humains qui parlent jamais la même langue.
Étonnée, et peu convaincue en réalité, Mary hocha néanmoins la tête pour ne pas vexer Ladon qui pouvait se montrer extrêmement rancunier quand elle le contredisait sur un point dont il était sûr. Et il avait rarement tord.
La fillette était encore secouée de ce qu'il s'était passé quand elle s'endormit et elle cauchemarda de dragons noirs avec des yeux jaunes et fixes pourvus de dents grandes comme ses avant-bras. Et elle courait, courait, sans jamais arriver à le distancer, comme si elle faisait du sur place.
Le lendemain, tous les premières années étaient un peu comateux quand les réveils sonnèrent. Visiblement, Mary n'était pas la seule à avoir passé une mauvaise nuit, même si elle doutait que les autres aient rêvé de dragons, à part William et Emeli.
Ils ne furent bien réveillés que quand le directeur se leva de sa chaise en tapant sur son verre avec une cuillère pour capter leur attention au petit-déjeuner.
- Comme certains d'entre vous en ont été témoin, le château a été le théâtre d'un drame. Un jeune dragon, présent dans le parc, a mis le feu à la maison de notre garde de chasse tandis que celui – ci se trouvait encore à l'intérieur. Hagrid a été transporté à Ste Mangouste pour y subir des soins intensifs. Le dragon est ensuite entré dans le château où il a poursuivi des élèves avant que le Préfet en Chef Renshawn ne s'interpose pour les sauver. Cet acte de bravoure lui vaut aussi malheureusement un séjour d'une durée indéterminée à Ste Mangouste. La Créature a été finalement repoussée par les Professeurs McGonagall, Sinistra et Chourave avant que les dragonniers n'arrivent et ne l'emmène avec eux vers la réserve des Hébrides.
Le murmure qui avait débuté dès qu'il avait pris la parole se mit à enfler jusqu'à devenir assourdissant :
- Le préfet c'est pas interposé du tout, râla William. On lui a foncé dedans et le temps qu'il se relève le dragon avait changé de cible ! Il a sauvé personne !
- Quand même, on aurait eu du mal à s'en sortir si les Préfets n'avaient pas été là ! modéra Emeli.
- Pas du tout : Mary nous a fait passer par un escalier dans lequel il n'aurait jamais pu nous suivre. On se serait sauvés tout seuls !
- C'est de la mauvaise foi, ça William. Je ne suis pas sûre que je me serais rappelée de cet escalier si le dragon était encore après nous, intervînt Mary.
Le directeur frappa à nouveau sa cuillère sur son verre et le silence revînt peu à peu.
- Bien, je sais que les derniers événements ont de quoi faire parler, mais j'aimerais pouvoir terminer ce que j'avais à dire ! Des enquêteurs du Ministère accompagnés d'un dragonnier ont été dépêchés sur place. J'aimerais que les élèves directement concernés par l'affaire prennent le temps d'aller leur parler et que les autres laissent ces Messieurs travailler et restent éloignés de la maison de notre garde chasse. Je donne aussi 50 points à Gryffonfor pour Monsieur Renshawn. Je vous souhaite un bon appétit et une bonne journée.
Aussitôt les discussions éclatèrent dans la Grande Salle, ce qui était assez logique. Les Serdaigles et les Gryffondors avaient assisté à l'incendie mais n'étaient pas au courant pour le dragon. Quant aux Poufsouffles et aux Serpentards avec leurs salles communes sous terre, ils n'avaient pas été au courant avant d'arriver pour le petit-déjeuner et que la rumeur vienne à leurs oreilles avant d'être confirmée par le directeur.
Quand le courrier arriva, Mary s'attendait à recevoir une lettre de chez elle. Elle était même étonnée que sa mère n'ait pas fait le déplacement jusqu'à Poudlard. Mais rien n'arriva. Elle haussa un sourcil incrédule : jamais sa mère ne serait restée muette à ce propos là.
- Ma tante ne m'a pas non plus envoyé de lettre, déclara Emeli en devinant ce que pensait la rousse. Je crois que nos familles n'ont pas été informées de l'événement cette fois – ci.
Mary fronça les sourcils. Comme ça le corps enseignant de l'école faisait des cachotteries à leurs familles ? Ce n'était pas très intelligent sachant que Dumbledore venait à présent de révéler à tout le monde la présence du dragon. Ça remonterait forcément aux oreilles de leurs parents à un moment où à un autres... Sauf peut -être pour la mère de Mary qui vivait isolée sur son île et ne sortait que rarement. Mais si sa mère l'apprenait quand même, Mary ne serait pas la seule à passer un mauvaise quart d'heure. La Maître des Potions allait sauter sur l'occasion pour rentrer dans le lard au directeur.
En tout cas, elle était soulagée quelque part. Elle aurait eu du mal à expliquer à sa mère que, oui, elle s'était à nouveau retrouvée face à une Créature qui n'avait rien à faire ici et qui avait essayé de la tuer, et que non, elle ne l'avait absolument pas cherché.
- Miss Potter ! Miss Saddler ! Monsieur Armstrong-Jones !
Les trois première années se firent héler quand ils quittèrent la Grande Salle et se retournèrent vers le Professeur McGonagall qui s'approchait rapidement.
- Le directeur a omis d'en parler, alors je vais m'en charger : je vous accorde à chacun 15 points. Vous avez sauvé la vie de Monsieur Renshawn et peut –être d'autres élèves en venant nous chercher en salle des Professeurs. Autre chose : je sais que vous n'avez pas tout de suite cours. Je vous invite à profiter de ce temps pour rejoindre le dragonnier et les hommes du Ministère et leur parler de ce que vous avez vu.
- Où sont –ils ? s'enquit Emeli.
- Près de la cabane de Hagrid. Ils vous attendent.
Au lieu de retourner dans leur Salle Commune, les Serdaigles se dirigèrent donc vers l'extérieur. Il s'arrêtèrent sur le haut de la colline où se trouvait le château. En contrebas, on voyait ce qui restait de la cabane de Hagrid ainsi que quatre personnes qui semblaient sonder le terrain.
Ils descendirent vers eux d'un pas rapide et tombèrent en premier sur un homme avec un certain embonpoint qui tenait un carnet qui avait l'air minuscule entre ses immenses mains.
- Vous n'avez rien à faire ici ! Remontez au château ! leur ordonna t –il d'une grosse voix menaçante assortie à un regard sévère.
- Mais…
- Pas de mais !
- Le Professeur McGonagall nous envoie, intervînt William. C'est nous que le dragon a pris en chasse.
- Et vous êtes encore vivants ? s'étonna un deuxième homme qui s'était approché.
Il était solidement bâtit et habillé en cuir de dragon de la tête aux pieds. Une grande brûlure mangeait la partie gauche de son visage. Son œil de ce côté-là était tout blanc. Il était suivi par une femme avec de grosses lunettes qui avait elle aussi un calepin en main.
- Une mauvaise expérience avec un dragon, sourit le dragonnier en touchant du bout des doigts sa joue brûlée. Ça arrive. Vous avez eu beaucoup de chance. S'il n'avait pas été aussi jeune, vous seriez morts à l'heure qu'il est.
C'était tout à fait rassurant ce qu'il racontait là. Emeli et Mary échangèrent un regard avec un identique sourire crispé sur le visage tandis que William s'exclamait :
- Un jeune !? C'est une blague ! Il était énorme !
- Il ne devait pas avoir un mois : les dragonneaux acquièrent la moitié de leur taille adulte en un mois et celui – ci faisait à peine trois mètres au garrot.
Le dragonnier éclata d'un gros rire en voyant leurs airs ahuris avant de brusquement redevenir sérieux et de leur demander de lui raconter comment s'était comporté la Créature ce qu'ils s'empressèrent de faire.
- Hum… Il ne savait donc pas chasser, dit -il avec un air pensif quand ils eurent terminé C'est assez curieux : c'est la première chose que les mères apprennent à leurs petits. A son âge il n'aurait pas dû être aussi maladroit.
Mary marmonna quelque chose comme quoi il était déjà bien assez entraîné à la chasse de son point de vue.
- Je me demande s'il s'est vraiment perdu et retrouvé ici par hasard, poursuivit le dragonnier à l'intention de l'employée du Ministère qui lui collait au train. Il n'aurait pas survécu seul si c'était arrivé dans les premiers jours de vie et il n'aurait pas été aussi maladroit s'il avait été avec une dragonne plus longtemps. Il aurait su se débrouiller pour chopper trois gamins.
- Que voulez vous dire ? demanda la femme.
- Je pense qu'il a été élevé par le garde-chasse.
Ils ouvrirent tous des yeux ronds. C'était totalement illégal !
- Toutes les traces qu'on a relevées semblent avoir cette cabane comme point de départ. J'ai fait un tour dans la Forêt Interdite et je n'y ai pas relevé de traces qu'aurait pu laisser le dragon et Merlin sait que ce ne sont pas des Créatures discrètes !
L'employé du Ministère prenait des notes frénétiquement et le dragonnier fronça les sourcils avant de reporter son attention sur Mary, Emeli et William qui étaient encore sous le choc de la révélation.
- Vous n'avez pas été mordu, griffé ou brûlé par ce dragon, n'est ce pas ?
- Non, mais c'est pas passé loin.
- Vous pouvez remercier votre bonne étoile les enfants. La salive des Norvégiens à Crêtes est venimeuse et ils en ont les crocs et les griffes enduis. Et ça rend leur feu particulièrement nocif.
Pour appuyer ses dires, il donna un coup de talon dans un carré d'herbe du potager qui avait été calciné par le feu de la Créature. La terre avait pris une inquiétante teinte vert foncé et dégageait une odeur assez étrange.
- Il va être impossible de faire pousser quoi que ce soit ici avant des années, leur expliqua le dragonnier. Leur feu est presque l'unique raison pour laquelle la race des Norvégiens à Crêtes a failli s'éteindre vu qu'ils ne s'attaquent pas aux humains en temps normal. Ils marquent leurs territoires par le feu et les hommes en ont eu assez de voir leurs terres partir en fumée et devenir incultivables.
- Et aujourd'hui, ils font comment ?
- Ils ont une réserve bien à eux en Roumanie. Ne vous approchez pas des dragons, les jeunes ! Tenez vous le pour dit !
Les trois élèves se firent congédiés de la sorte et retournèrent vers le château sous le regard du gros sorcier qui avait l'air de surveiller qu'ils ne marchaient pas sur des preuves.
- Vous pensez qu'il va se passer quoi pour Hagrid si c'est vraiment lui qui avait le dragon ? demanda William qui avait tout de même un minimum de sympathie pour l'homme.
- S'il possédait vraiment ce dragon, il finira à Azkaban pour le reste de ses jours, répondit Mary. C'est illégal et très sévèrement puni d'élever ce genre de Créature.
- Azkaban ? releva le Né-moldu.
- Le nom de la prison sorcière de Grande-Bretagne.
- Il n'y a qu'une seule prison en Grande-Bretagne chez les sorciers ? s'étonna t –il.
- Pas chez les moldus ? s'enquit Emeli.
- Non, nous on en a plein.
Mary se désintéressa vite de la discussion de ses deux camarades. Elle préférait se demander comment Hagrid avait pu se procurer une telle Créature. Les gens ne se baladaient pas avec des dragons dans leurs poches ! Et croiser dans la même année un chien tricéphale géant, un troll et un dragon ne pouvait pas être une coïncidence. Surtout quand ça arrivait dans une école de magie…
Son esprit fut cependant bien vite occupé par autre chose que ce qu'il se tramait dans l'école. Les examens de fin d'année approchaient. La Tour de Serdaigle devînt aussi silencieuse qu'un cimetière durant toute la semaine les précédant ce qui était un changement suffisamment étrange pour être noté. On entendait parfois quelques chuchotements, vite éteints d'un "chut!" vigoureux, autrement, le seul bruit était celui des pages tournées. Ceux qui voulaient continuer à faire leurs petites expériences étaient priés de faire ça dans leurs dortoirs où de se trouver une salle de classe vide.
William, qui était décidément bien désinvolte, ne se mit à réviser qu'au dernier moment persuadé de tout réussir facilement. Il n'avait jamais eu de problèmes de ce côté-là.
Et la semaine des examens arriva.
La chaleur était étouffante dans la Grande Salle où les élèves passaient à tour de rôle par année pour les examens écrits. Ils passèrent ensuite individuellement les épreuves pratiques. Ils avaient des plannings très serrés : en une semaine tout Poudlard hormis les années de BUSEs et d'ASPICs devaient être passés à la casserole.
Mary estima avoir dans l'ensemble réussi ses examens. Le professeur Flitwick rit en voyant son ananas danser la célèbre macarena. Le professeur McGonagall lui adressa même un sourire quand elle réussit parfaitement la transformation de sa souris en tabatière. Les contre-sorts qu'elle montra au professeur Quirrell déclenchèrent chez lui un tic nerveux. Sa potion d'Amnésie était d'un bleu un peu trop claire quand elle l'eut terminé, et elle savait que Rogue en profiterait pour lui mettre une note bien en dessous de ce qu'elle méritait. En botanique elle tomba sur les tentaculas et s'en sortit beaucoup mieux qu'elle ne l'avait prévu. L'histoire de la magie fut une torture et elle avait probablement loupé l'Astronomie vu qu'elle avait annoté ses points cardinaux dans le mauvais sens !
William ressortit de la salle de son dernier examen en sifflotant joyeusement et Emeli lui envoya son livre de métamorphose à la figure avant d'aller s'enfermer dans son dortoir. Apparemment ça ne c'était pas très bien passé pour elle. Le Né-moldu fut le seul Serdaigle de première année à ne pas se faire du mourrons pour ses résultats. Anthony Goldstein finit à l'infirmerie après la dernière épreuve et y resta deux jours entiers pour se remettre du stress. Qu'est ce que ça allait être quand ils passeraient leurs BUSEs !
Mary croyait qu'avec ça, le plus dur était passé. Mais le soir où ils en avaient terminé avec leurs examens un détail lui sauta aux yeux. Dumbledore. Il était absent. Sa place était vide au dîner. Ce qui n'était jamais arrivé depuis le début de l'année. Son estomac se tordit et une phrase de sa mère lui revînt en tête "Il n'arrivera rien tant que Dumbledore sera au château".
- Mary ? interrogea Emeli en constatant que son amie avait cessé de manger.
- Dumbledore n'est pas là, répondit –elle.
- Hum… Ah oui, tiens. Qu'est ce que ça fait ?
- Dumbledore n'est plus là pour protéger la chose que garde le chien. Si Rogue veut la voler, c'est le moment ! Il faut prévenir quelqu'un !
- Tu es encore sur ça ? s'enquit Emeli d'un air ennuyé. Tu sais, je ne pense pas que…
- Faites ce que vous voulez. Moi, je vais prévenir Quirrell : lui il me croira puisque Rogue l'a menacé.
La rousse se leva rapidement et s'élança vers la porte de la Grande Salle sans se retourner. Le professeur de Défense Contre les Forces du Mal n'était pas non plus à table : elle se précipita vers son bureau bien décidée à sauver la chose, quelle qu'elle soit, que gardait le chien.
A suivre...
