La relecture m'a brûlé les yeux, tant les fautes que j'y voyais étaient atroces... J'espère donc avoir réussi à en éliminer la plupart et si ce n'est pas le cas, je m'en excuse d'avance!
Bisous et à bientôt ;)
La reine, en rentrant de la prison, tentait de comprendre l'émotion qui la submergeait. Elle crut d'abord ressentir de la tristesse à l'idée d'avoir vu Catherine à nouveau dans d'aussi lugubres circonstances, puis pensa qu'elle avait simplement été surprise de se retrouver face à elle. Lorsqu'elle admit enfin qu'elle se cachait une partie de la vérité, elle parvint à admettre que Catherine lui avait tant manqué qu'elle avait été heureuse de la revoir, et que le lieu et le moment lui importaient peu. Mais une fois encore, elle n'était pas tout à fait honnête.
Elle était en colère, elle était jalouse, profondément jalouse de William qui avait su aimer la comtesse, elle l'avait compris, comme elle-même ne saurait sans doute jamais le faire, elle était désespérée de ne pas mieux contrôler ses pouvoirs qu'au milieu de son adolescence – les murs, les meubles de sa chambre étaient tous couverts d'une couche de glace et d'épais flocons tombaient du plafond. Elle se sentait faible. Elle se sentait incapable. Elle était la reine d'Arendelle, et elle n'avait pas pu protéger son royaume de la menace qui pesait sur celui-ci.
« Tu ne peux pas tout faire, ma chérie. C'est impossible. Il faut que tu acceptes que l'on t'aide par moments. Laisse-toi aller de temps à autre, accepte tes faiblesses pour mieux apprécier ta force. »
Elle était persuadée que si son père avait été encore en vie, il lui aurait murmuré des paroles semblables et se souvenait si bien de sa voix, suave et rassurante, qu'elle entendit ces mots aussi sûrement que s'il s'était trouvé à côté d'elle.
Pour la première fois depuis bien longtemps, Elsa pleura. Les larmes coulaient sans relâche sur ses joues, et elle ne faisait rien pour les en empêcher. Elle se plongea dans le souvenir des jours heureux qu'elle avait vécus entourée de sa sœur et de ses parents, qui remontaient à de nombreuses années, puis elle pensa aux retrouvailles avec Anna, qui avait su lui pardonner outes ces années d'absence. Elle revit la naissance d'Erik, le bonheur de Kristoff.
Elle revit aussi sa rencontre avec Catherine, la première fois où elle l'avait aperçue. Elle se souvint avoir été éblouie par son sourire et ses yeux brillants, son visage entouré d'un nuage de cheveux marrons… Elle pensa à l'émerveillement de la jeune femme devant le dragon qu'Elsa avait façonné pour elle. Elle pensa enfin à la chaleur de son corps, qu'elle avait senti contre le sien lorsqu'elles s'étaient embrassées…
Pourquoi avait-elle chassé Catherine ? Pourquoi n'avait-elle pas prolongé ce baiser ?
Elle s'était alors montré raisonnable, elle le savait, mais également froide et sans cœur, alors que son cœur, bien au contraire, battait si fort quand elle pensait à la comtesse que la force de ses sentiments l'effrayait parfois.
Elle avait essayé de s'en défaire, de les chasser, mais elle ne pouvait plus nier cette flamme qui semblait la dévorer de l'intérieur car, si elle tentait encore de la faire, elle avait peur de perdre la raison.
—Elsa ! Elsa, est-ce que tout va bien ? Je viens d'apprendre ce qu'il s'est passé ! Tu n'as rien ? Raconte-moi tout, je t'en prie, ouvre la porte.
La reine, qui était adossée à la porte de la chambre, se leva pour laisser entrer sa sœur, qui trépignait d'impatience tant elle s'en voulait de n'avoir pas été mise au courant plus tôt.
La glace et la neige avaient disparu.
L'horizon était d'un rouge profond : un nouveau jour se levait sur Arendelle.
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Quelques heures plus tard, Anna, toujours aussi énergique, arriva au Fjord Bleu et demanda à voir Elena de Stankerfield. On lui indiqua la chambre et elle se hâta d'y monter.
Catherine, qui terminait sa toilette, se demanda qui pouvait bien lui rendre visite et s'en inquiéta, car elle avait fait de son mieux pour garder sa résidence temporaire secrète. La princesse, dès que la porte se fut ouverte, se jeta à son cou et la serra contre elle.
—Ma chère Catherine, comme vous m'avez manqué ! J'ai reçu bien peu de nouvelles, ces dernières semaines, lui reprocha-t-elle, avant d'ajouter qu'elle avait appris le service qu'elle avait rendu au royaume et qu'elle lui en serait à jamais reconnaissante.
La comtesse ne savait comment répondre à tout cela. Elle se contenta d'indiquer à son invitée un fauteuil et de s'asseoir en face d'elle.
Les deux amies parlèrent longtemps. Anna, fidèle à elle-même, voulait tous les détails de ses aventures. Catherine s'efforçait de rester vague et demanda des nouvelles d'Elsa car d'une part, cela lui éviterait de devoir parler d'elle et de l'autre, elle souhaitait réellement savoir comment se portait la reine.
Elle demanda également comment Anna avait su où la trouver.
—Hier soir, vous avez alerté un garde, qui s'est chargé de prévenir Elsa de l'évasion du prince Hans. C'est lui qui m'a appris où vous logiez.
Catherine regarda son amie, éberluée. Décidément, celle-ci ne reculait devant rien. Elle était pleine de ressources et là où une autre aurait fait fouiller tous les hôtels de la ville, elle s'était contentée de faire la conversation à ses gardes. La comtesse ne put qu'admirer l'intelligence et la patience d'Anna.
— Venez avec moi au château, la pria cette dernière. Je sais que ma sœur sera heureuse de vous revoir ! Vous n'allez pas rester seule ici !
Catherine qui, ayant renvoyé ses domestiques quelques jours auparavant, était effectivement plus seule que jamais, finit par accepter la proposition, tout en étant inquiète à l'idée de revoir Elsa.
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Les retrouvailles, contrairement à l'appréhension de Catherine, se passèrent calmement et avec de nombreux sourires. Il faut dire que lorsque les deux amies arrivèrent au château, elles montèrent directement au petit salon contenant le fameux tableau représentant George d'Onnuson, s'attendant à pouvoir y prendre une collation et poursuivre leur conversation en attendant qu'Elsa se libère. Or celle-ci avait justement eu l'idée de prendre une pause et y était installée en compagnie d'Olaf qui, revenu le jour même d'une expédition de plusieurs jours en compagnie de Kristoff, se faisait un plaisir d'en raconter chaque détail à la reine.
Indifférent aux nouvelles venues, le bonhomme de neige continua son récit. Elsa et Catherine se saluèrent. Anna les quitta presque immédiatement pour aller retrouver son mari. Bientôt, Olaf arriva au bout de ses aventures et, décrétant qu'il voulait voir si le petit prince avait grandi en son absence, quitta la pièce à son tour.
Catherine se trouvait devant le tableau représentant son père, et contemplait ce dernier. Elsa s'approcha et lui murmura : « Il aurait été très fier de vous. »
—Je ne sais pas quelle méthode vous avez employée, mais grâce à vous, deux ennemis de notre royaume sont sous les verrous pour de bon, ajouta-t-elle. Ils seront jugés sous peu par un tribunal qui ne leur fera aucune concession, je l'espère.
La comtesse, embarrassée, répondit qu'elle n'avait fait que son devoir.
—Non, lui murmura encore Elsa, qui s'était approchée et lui parlait dans le creux de l'oreille, vous avez fait bien plus que cela. Pourquoi ?
—Parce que… commença Catherine sans se retourner, je me devais de trouver un moyen de vous revoir, de me faire pardonner pour l'offense que…
—Vous ne m'avez jamais offensée, répondit la reine en lui prenant la main. Vous n'avez fait que me faire réfléchir à des choses que je préférais ignorer. C'est à moi de m'excuser, ma chérie, de vous avoir fait tant de peine.
La comtesse, surprise de ses paroles, se retourna. Elsa lui caressa la joue avec douceur, comme elle l'avait déjà fait un jour qui lui paraissait à présent si lointain. Elle plongea son regard limpide dans celui de son amie.
—Pourrez-vous me pardonner ?
Catherine déglutit avec difficulté mais, toujours incapable de répondre, se contenta de hocher la tête. Elsa, qui pensait que le meilleur moyen de se délivrer de l'emprise des sentiments qu'elle éprouvait pour la comtesse était finalement de les laisser s'exprimer, laissa son corps prendre le dessus, se libérant ainsi des préjugés qui l'empêchaient de suivre la voie de son cœur.
Lâchant la main qu'elle tenait dans la sienne, elle passa ses deux bras autour de la taille de Catherine et l'attira à elle. Cette dernière se laissait faire, mais semblait incapable de prendre une initiative à son tour. Pourtant, quand Elsa, après s'être approchée en douceur, posa ses lèvres sur les siennes, elle répondit ardemment à ce baiser et, petit à petit, reprit le contrôle de ses mouvements. Elle glissa ses mains dans la nuque de la reine, appréciant le contact de cette peau lisse et froide. Elle se serra contre ce corps qu'elle avait tant espéré sentir à nouveau contre le sien. Elle embrassa les lèvres, les joues, le cou qui s'offraient à elle.
Elsa se laissa faire quelques instants, puis elle attira de nouveau les lèvres si douces de Catherine contre les siennes, faisant ainsi taire les voix imaginaires qui lui reprochaient ce qu'elle était en train de faire.
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La pénombre commençait à reprendre son droit sur la ville lorsque les deux femmes se quittèrent. Catherine suivit une domestique jusqu'à une chambre qui lui avait été préparée et Elsa se rendit à son bureau, dans lequel Robert avait travaillé toute la journée, se demandant à quoi pouvait bien être occupée la reine.
Il ne lui posa aucune question mais Elsa jugea utile de le mettre au courant de la présence de la comtesse.
Etonnamment, il sembla se réjouir de la nouvelle et exprima le souhait de rencontrer la jeune femme afin de la remercier personnellement des services qu'elle avait rendu au royaume.
Elsa trouvait que ce n'était pas là son rôle mais préféra ne rien laisser paraître et lui affirma qu'il pourrait la rencontrer le lendemain. A présent qu'elle n'avait plus de raison de prétendre être plus attirée par le jeune homme qu'elle ne l'était réellement, elle se rendait compte que certaines facettes de sa personnalité étaient susceptibles de l'agacer. Il n'en restait pas moins un excellent ministre et lui était d'une grande aide elle résolut donc de le garder auprès d'elle.
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Durant la soirée, Catherine rejoint Anna, qui s'occupait de son fils. Celui-ci avait bien grandi durant les trois mois qui s'étaient écoulés depuis la dernière visite de la comtesse : c'était à présent un bébé en parfaite santé, au joues roses et au corps d'angelot, qui mangeait avec avidité. Il n'y avait pas une personne, au château, qui ne le trouvât adorable. Kristoff, en particulier, était fier comme un coq.
Lorsque Catherine entra dans la pièce, il était justement en train de le regarder dormir, des étoiles dans les yeux. En la voyant arriver, il la salua rapidement et s'empressa de partir, en disant simplement qu'il allait les laisser à leurs discussions de filles.
—J'ai l'impression que Kristoff ne me porte pas dans son cœur… murmura Catherine, qui avait déjà remarqué le manque de chaleur du jeune homme à son égard.
—Quelle idée ! Il vous adore, j'en suis certaine ! Etant rentré ce matin, il est simplement fatigué.
Catherine, constatant que la conversation n'irait pas plus loin, n'insista pas.
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Le soir, les trois jeunes femmes prirent un repas ensemble. Kristoff était allé se coucher tôt, et Robert, encouragé par la reine, avait été passer la soirée auprès des siens.
La table couverte de plats aussi appétissants les uns que les autres. Anna, qui avait toujours bon appétit, se servit de tout et mangea avec bonheur. Elsa et Catherine, au contraire, mangeaient peu et profitaient du fait du fait que la princesse était occupée pour se lancer des regards enflammés.
Comme au début de toutes les relations, et parce qu'elles pensaient surtout avec leur cœur, leur bonheur leur semblait inébranlable. En repensant au moment qu'elles avaient passé ensemble l'après-midi même, les deux femmes n'avaient qu'une hâte : que cela se reproduise.
—Votre mari sait-il que vous êtes ici ? demanda soudain Anna en toute innocence, pendant qu'elle se resservait de ragoût.
—Pas encore, non. Mais je vais lui écrire dès ce soir, répondit Catherine qui n'osa pas même admettre en son for intérieur qu'elle avait oublié de tenir son époux au courant de ce qu'elle faisait.
Elsa, à la mention du comte de Sigurd, se renfrogna et reporta son attention sur le contenu de son assiette, évitant soigneusement de croiser le regard de Catherine.
