Salut salut.
me voilà enfin de retour avec le chapitre 7 que j'ai mis un temps relativement raisonnable à écrire... euh... non non je ne suis pas dessus depuis la publication du chapitre 6. Mais entre le manque d'inspiration et les nouveaux débuts que me donnait sadiquement ma muse, j'ai eu du mal à m'y mettre. D'où l'importance des suivis ;). bref l'important c'est que vous l'ayez enfin.
Merci à tous pour vos commentaires, c'est important pour un auteur. Merci également pour vos lectures et vos favoris.
Cally je te remercie avec beaucoup de retard pour ton petit mot de soutien.
Sam, si tu passes par là merci pour ton commentaire sur "mal de toi". Je suis contente que ça t'ait plu surtout que Sylphide est un personnage que je ne connait pas bien.
Je vous laisse maintenant à ce chapitre tant attendu.
bonne lecture.
Chapitre 7 :
Hadès ralentit en pénétrant dans la grande salle de la Giuddeca. Il avait l'impression que les battements de son coeur faisait écho au bruit de ses pas sur le sol de pierre. Le coffret remis par Shun était toujours sur le trône, là où il l'avait laissé. Le dieu faillit les libérer dès que le jeune Andromède le lui donna mais alors qu'il contemplait les perles noires où sommeillaient les âmes de ses soldats, il avait hésité. A ce moment-là, la salle du trône était dévastée, le palais, tout le royaume même, n'étant qu'un champs de ruines. Comment leur expliquer alors que ce cycle millénaire de sanglants combats s'était achevé sur une nouvelle défaite ? Comment leur annoncer en plus, à tous ces spectres qui s'étaient dévoués corps et âme et étaient morts pour lui, qu'il était tombé amoureux de la soeur de son pire ennemi, leur pire ennemi, et qu'il allait en faire leur reine ? Oh bien sûr, il était leur souverain, leur dieu, alors ils n'avaient qu'à se plier à sa volonté et se taire. Oui mais voilà, Hadès, ou du moins celui qu'il était devenu se sentait redevable envers eux et avait des scrupules.
Perdu dans ses souvenirs le seigneur des enfers sortit le chapelet sans y prêter attention. La voix à la fois perplexe et un peu moqueuse d'Hypnos ramena Hadès à la réalité.
- Alors ? C'est ça ta preuve ?
- En quelque sorte, répondit Hadès avec un sourire énigmatique.
Il tendit devant lui la main d'où pendait l'objet. Sous l'impulsion du cosmos du dieu, celui-ci se mit à léviter et devint étincelant. Une lumière aveuglante dont le chapelet était le point d'origine emplit la salle. Seika dut non seulement fermer les yeux, mais également détourner la tête en portant le bras au visage pour s'en protéger. La lumière s'éteignit enfin sur cent huit spectres surpris d'être en vie et tous réunis au même endroit. Excédé par le brouhaha des retrouvailles de ces pitoyables mortels qui semblaient ne pas les avoir vu, Thanatos ordonna d'une voix forte.
- A genou devant votre dieu, le tout puissant seigneur Hadès.
Le silence, seulement troublé par le bruit des surplis résonnant à l'unisson, tomba d'un coup. D'un seul et même mouvement, tous les soldats s'agenouillèrent devant les divinités. Seika impressionnée par le spectacle se cacha instinctIvement derrière le trône. Hadès ne savait toujours pas comment leur annoncer. Aussi, afin de se donner un peu plus de temps pour trouver ses mots, le souverain s'y assit tranquillement et observa un moment ses troupes.
Tous ces visages tournés vers le sol, attendant ses ordres, Hadès les connaissait depuis les temps mythologiques pour certains. Le dieu pouvait deviner leurs pensées, leurs questionnements. Ses spectres devaient s'interroger sur la raison de leur soudaine victoire, sur son nouveau plan de guerre pour les plus pessimistes ou plutôt les réalistes, sur le temps qu'ils avaient dormi ou pourquoi ils n'avaient pas de souvenirs d'une vie humaine. A moins qu'ils ne se demandent tout simplement "quand est-ce qu'on mange ?" Cette dernière hypothèse qui arracha un sourire amusé à Hadès, fut exactement la première chose venue à l'esprit d'Eaque.
Le Garuda leva discrètement les yeux vers les divinités. Il se souvenait avoir été vaincu. Mort. Et pourtant il se tenait là avec tous les autres spectres. Était-il possible qu'il se soit déjà écoulé deux cent ans ? Au second coup d'oeil, le juge vit une petite rouquine sortir timidement de derrière le trône, encouragée par Hadès, sous le regard à la limite de l'amabilité de Thanatos et celui amusé d'Hypnos.
- Qui c'est le beau p'tit lot près de notre seigneur ? Tu crois que Pandore a eu droit à un look plus festif cette fois ?
- Je n'en sais rien mais ferme-la ! Gronda Rhadamanthe les yeux rivés au sol. Tu vas nous faire avoir des ennuis.
- T'en penses quoi Minos ?
Le Griffon leva franchement la tête pour l'examiner avant de déclarer :
- Pas mon genre.
- Ce n'est pas ce que je demandais, s'amusa le Népalais.
Décidément, les siècles passaient et rien ne changeait. Ces deux là étaient toujours impossible. Aussi le Whyvern jugea plus prudent de les ignorer. Hadès s'éclaircit la gorge. Ça par contre c'était nouveau. Et prit enfin la parole.
- Spectres. Le temps des guerres est désormais terminé. Aujourd'hui commence une nouvelle ère où votre rôle sera celui qu'il aurait dû toujours être : la bonne marche du royaume. Des événements survenus après notre énième défaite où j'ai moi-même perdu la vie...
Machinalement, le souverain porta sa main droite là où il avait reçu le sceptre d'Athéna. Depuis son retour, certains souvenirs de cette dernière guerre étaient assez flou. Le bonheur qu'il vivait avec Seika lui avait fait ignorer certaines questions. Il avait été transpercé par le sceptre entraînant la chute des enfers, après cela, il s'était réveillé une première fois mourant sur une plage puis une seconde fois dans le lit de Seika, son ange rédempteur, sa déesse. Mais entre les deux. Il était mort. Ça lui était revenu alors même qu'il prononçait ces mots à l'intention de ses troupes. Alors comment avait-il pu se retrouver agonisant sur cette plage ? Une main réconfortante posée sur son épaule le ramena à son discours qu'il n'avait quitté qu'à le peine le temps d'un battant de paupières. Hadès prit alors la main de Seika et y déposa un tendre baiser avant de poursuivre en la tenant précieusement dans la sienne.
- J'avais comme vous perdu tout espoir et cet ange ici présent m'a non seulement ramener à la vie mais a également sauvé mon âme des ténèbres et m'a redonné foi en l'amour, foi en la vie. C'est pour cette raison que nous nous unirons dans un mois. Cependant selon ma volonté divine je déclare dès à présent que Seika est la nouvelle souveraine des mondes souterrains. Peuple des enfers, acclamez votre reine.
La Japonaise qui avait déjà rosi au baiser, devint carrément écarlate d'être ainsi acclamé selon les rites antiques. Intimidée comme elle ne l'avait jamais été, elle avait l'impression de trembler de la tête au pied à deux doigts de s'évanouir ou de vomir, elle n'avait pas encore décidé. Pourtant seul un imperceptible serrement de la main de son fiancé trahissait son émoi. Tout observateur de la scène pouvait voir debout près du trône une frêle jeune fille arborant déjà le port d'une reine, faisant sourire de fierté Hadès.
Finalement, ça c'était bien passé. Ce fut la première pensée du souverain en entrant dans son bureau. Mais maintenant qu'il sentait le poids des six paires d'yeux qui le scrutaient dans l'attente de ses explications, il en était nettement moins sûr. Enfin cinq, car chaque fois qu'il posait le regard sur sa tendre Seika, c'était du soutien et de l'amour qu'il y voyait.
- Mon seigneur, cette fille est une humaine ordinaire. Fit Minos rompant ainsi un silence qui devenait pesant. Non cela ne se peut ! C'est très certainement une sorcière. Je ne sens qu'un cosmos émaner d'elle. Mais elle vous a manifestement ensorcelé.
Hadès ouvrit la bouche pour toiser l'impertinent. Cependant, il avait aperçu le léger sourire amusé apparu sur les lèvres de sa fiancée au mot "sorcière" visiblement l'idée l'amusait. Ce sourire n'avait pas non plus échappé à Eaque qui lança avec un clin d'œil à la jeune fille avant de s'exclamer.
- Oh oui ! Tu as raison mon cher. Notre seigneur est sous l'emprise d'un puissant sortilège. Un sortilège incurable qu'on appelle communément : Amour.
- Ce n'est vraiment pas le moment de faire le malin ! Répliqua le Griffon si vexé qu'il en oublia la présence des trois déités. Tu ne vois donc pas que notre seigneur Hadès est sous l'emprise de cette chose. Oui sous l'emprise ! Sinon comment expliquer qu'il l'épouse au mépris de son amour pour Dame Perséphone !
Outrés, les dieux jumeaux faillirent intervenir mais Hadès les arrêta d'un geste. Hypnos ne comprit pas pourquoi le souverain laissait passer un tel affront, jusqu'à ce qu'il vit ce qu'avait vu le dieu. Seika s'était avancé d'un pas vers les juges. Un seul pas de peur que le second ne la fasse défaillir. Et même si Hadès le devinait, une fois de plus rien dans son attitude ne trahissait son envie d'éclater en sanglots ou de s'enfuir en courant, voire même les deux. Son coeur de jeune fille amoureuse avait occulté que non seulement elle allait épouser un dieu mais également un roi et maintenant qu'elle en avait pris conscience, il s'agissait d'être à la hauteur.
- Minos du Griffon, dit-elle d'une voix douce mais ferme. De l'étoile..
- De l'étoile céleste de la Noblesse, lui souffla mentalement le dieu, non sans fierté.
- ... céleste de la noblesse. Je comprends ton inquiétude pour ton dieu. Mais sache que je l'aime de toute mon âme. Je n'ai nul désir d'interférer dans les affaires du royaume. Le trône ne m'intéresse pas. Ma seule ambition est de rendre heureux l'homme que j'aime. Quant à Dame Perséphone, j'ignore ce qui s'est passé mais il évidemment qu'elle n'est plus sinon la force de leur amour les aurait à nouveau réuni. Je n'ai pas l'intention de la remplacer dans le coeur d'Hadès au contraire leur amour éternel est un exemple pour tous et je tiens à honorer sa mémoire. Je ferais en sorte qu'elle ne soit jamais oublié. Mais je ne puis accepter de voir mon bien aimé souffrir plus longtemps et je suis certaine qu'elle ne le permettrait pas davantage. Alors pensez de moi ce que vous voulez mais rien ne me détournera du bonheur d'Hadès.
Le choc de la surprise cloua littéralement le bec du juge. A voir cette frêle petite chose, il s'était attendu à des pleurnicheries de gamine offensée. Pas qu'elle montre telle force. Seika l'aurait giflé que l'effet eut été le même. Son amour propre en avait prit un coup. Il était profondément vexé. Elle aurait tout aussi bien pu se mettre en colère. Mais elle avait parlé avec un calme sans appel comme l'aurait fait...
Perséphone, songea Rhadamanthe en écho aux pensées de Minos. Se pourrait-il que... le Whyvern sonda la jeune fille avec plus attention puis secoua la tête pour en chasser cette idée ridicule. Pendant un court instant il crut que cette insignifiante mortelle était la réincarnation de leur reine. Absurde ! Il attaqua sournoisement.
- Et bien sûr, tu comptes donner à notre notre seigneur ce que notre reine n'a pu lui donner.
- N'a pu lui donner ? Je ne vois pas ce que tu veux dire car il est évident que Perséphone l'a rendu très heureux.
- Je parlais d'un héritier, précisa l'Anglais.
La réponse de la Japonaise effaça son sourire satisfait.
- Ce qu'elle a été empêché de lui donner. Contrairement à Perséphone, déesse du printemps, je ne suis pas soumise à un ignoble pacte. Donc oui, je serais en mesure de lui donner un héritier.
N'ayant jamais pu fécondité sa douce, Hadès avait fini par penser que le problème venait de lui. Mais maintenant que Seika l'énonçait, ce fait le frappait comme une évidence. Déméter était soumise au cycle des saisons avec ce pacte, et même si dans le coeur de sa fille le printemps renaissait lors de ses retours aux enfers. Il en était hélas autrement pour son corps. Rhadamanthe qui n'avait pas suivi le même chemin de réflexion que le couple s'apprêtait à répliquer mais le Souverain le fit taire d'un geste.
- Ça suffit. Je vous ai laissé exprimer vos craintes afin de permettre à votre reine de les apaiser mais ma patience a des limites, dit-il avec autorité. Seika est désormais votre reine et j'attend de vous le même dévouement qu'envers Perséphone. Une union aura d'abord au lieu sanctuaire d'Athéna. Mais un mariage accompagné d'un couronnement aura également lieu aux enfers. Jusqu'à ce jour nous avons beaucoup a organisé ma fiancée et moi aussi pour faciliter les choses, nous résiderons en surface et je viendrais réorganiser les enfers quand cela s'avèrera nécessaire. Durant mon absence, Hypnos et Thanatos géreront le royaume. Eaque, tu seras personnellement au service de Seika jusqu'à couronnement...
- Mais votre altesse... coupa le Whyvern.
- Rhadamanthe, je ne vois pas ce qui te surprend. Tu as clairement démontré que tu n'étais pas apte à reprendre le rôle qui t'incombait au temps de Perséphone. Il est donc logique que je te remplace par Eaque. Il remplira ce rôle à la perfection.
- Bien mon seigneur, s'inclina juge déconfit.
Sur ce, Hadès congédia les juges et les dieux jumeaux. Il avait envie de rester seul avec Seika. A peine la porte fermée, le dieu la rattrapa de justesse et la serra contre lui. Les jambes de la jeune fille venaient de flancher. Il lui murmura tendrement.
- Pardon de t'avoir imposé cela mon amour. Je croyais...
- Qu'ils m'accepteraient avec enthousiasme ? Allons mon amour, coupa-t-elle affectueusement. C'est ce que tu espérais. Mais au fond tu n'y croyais pas, sinon tu m'aurais présenté bien avant. Par ailleurs, je te rappelle que toi-même tu t'es montré grognon au début de notre vie à deux. Et puis, un sur trois c'est ce n'est pas si mal.
Le souverain se mit à rire à l'évocation de leur début ensemble.
- Oh Seika ! Mon amour. T'ai-je dit à quel point tu es merveilleuse ?
- Pas récemment, taquina la jeune fille.
- Alors je te le dis. Tu es merveilleuse.
Hadès l'embrassa avec passion avant de poursuivre en lui effleurant sa joue d'un doigt léger. Seika sourit en percevant la même sensation que lorsqu'il lui avait transmis de son cosmos à Elysion.
- J'ai quelques affaires à voir avec les jumeaux. Ça ne me prendra pas longtemps. Mais avant, je vais te déposer à Elysion pour que tu y crées notre chez nous.
A peine acquiescé qu'elle se retrouva accrochée à son futur époux à se remettre d'une téléportation surprise.
- Reviens-moi vite mon amour, dit-elle avec un baiser.
Puis elle retira ses chaussures et fit jouer ses orteils sur l'herbe. Elle tourna sur elle-même les bras écartés et partit en courant vers un bosquet d'arbres. Hadès s'observa un instant avec un sourire amoureux avant de rejoindre ses devoirs de roi.
A suivre...
