Bonsoir !
Exceptionnellement, je poste le chap maintenant, car je suis pas sûre d'avoir le temps demain !
Merci pour les reviews, ça nous fait toujours super plaisir ! Vous êtes des lecteurs géniaux !
On vous souhaite une excellente lecture !
Chapitre 8 : Les Maraudeurs
Plusieurs jours s'étaient écoulés depuis la rentrée et Hermione n'avait pas réussi à mettre la main sur Ginny, à croire que la Gryffondor l'évitait. Ce dimanche matin, l'enchanteresse gagnait le hall du château, trempée de la tête au pied. Merlin l'avait attrapée alors qu'elle se rendait dans la grande salle pour le petit déjeuner. La troisième année avait beau avoir argumenté qu'elle était dispensée de sport le jour de son anniversaire, l'enchanteur n'avait rien voulu savoir. Aussi, elle avait juste eu le temps d'avaler une tartine et une gorgée de café avant de se retrouver en jogging à courir sous une pluie battante. Et le pire fut la série de pompes les mains dans la boue froide.
A présent, la Sage n'avait qu'une idée en tête : gagner son dortoir, prendre une douche bien chaude et passer des vêtements confortables. Au détour d'un couloir, elle croisa Rusard qui lui hurla dessus, au motif qu'elle mettait de l'eau et de la boue partout où elle marchait. La Serpentard poussa un soupir et claqua des doigts. Toutes les saletés disparurent instantanément, sous le regard éberlué du concierge.
- C'est la moindre des choses, grommela-t-il.
Elle s'éloigna après avoir salué le cracmol d'un geste laconique de la main et bouscula Ginny en se retournant.
- D'abord Rusard et ensuite toi ? C'est bien ma veine… ironisa Hermione. Tu n'as pas réussi à prendre un itinéraire bis pour m'éviter aujourd'hui ? ajouta-t-elle vertement.
- De plus en plus aimable à ce que je vois, fit la rouquine qui effaça instantanément le sourire qu'elle affichait. Si j'avais su, je ne me serai pas creuser la tête à choisir un cadeau d'anniversaire ! Tiens ! Et bonjour dans les cachots !
Hermione regretta immédiatement ses paroles.
- Je suis désolée. Mais n'ayant pas eu de tes nouvelles des vacances et depuis la rentrée, je ne savais pas que penser…
- Tu es souvent désolée mais ça ne change pas grand chose à ton attitude.
La Gryffondor changea néanmoins d'expression en voyant le regard contrit de la Sage.
- Allez, bon anniversaire Hermione, reprit-elle avant de lui donner un baiser sur la joue et de lui tendre son cadeau.
Hermione déballa le paquet et découvrit un livre moldu sur l'origine de l'humanité.
- Histoire que tu en saches un peu plus sur ton rôle, se justifia la rousse.
- Merci. Dis, ça te tenterait de… dîner avec moi ce soir, dans la salle sur demande ?
- Ce soir ? Toi et moi ? Pourquoi pas... on pourra parler ensemble...
Hermione eut un sourire pour son ex-femme.
- Merci. Ce soir vingt heures ? Je m'occupe de tout…
Elle posa brièvement ses lèvres sur le front de la rousse et se mit en route. Quelques minutes plus tard, elle finit par atteindre sa salle commune.
- Tu tombes bien Hermione ! lança joyeusement Pansy. On a besoin de toi pour un devoir de métamorphose…
- Je n'ai plus le temps depuis que je suis l'attrapeuse de l'équipe, rétorqua la Sage, acide.
- Tu vas lui en vouloir pendant combien de temps ? demanda Millicent tandis que Parkinson battait des cils tout en arborant un regard de chien battu.
L'enchanteresse leva les yeux au ciel et grimpa les marches menant au dortoir. Elle attrapa ses affaires de toilette et se rendit dans les sanitaires. Quelques minutes plus tard, elle se glissa dans la douche avec plaisir. L'eau chaude coulait sur sa peau, dénouait ses muscles et la Serpentard eut un sourire extatique. Elle commença à se savonner quand le rideau fut tiré brutalement. Hermione retint un cri alors que Pansy la regardait, les bras croisés sous sa poitrine.
- Non mais ça ne va pas ? s'époumona la neuvième sage en tentant de cacher son intimité. Tu ne peux pas attendre que j'aie fini ?
- Pas vraiment. J'en ai assez que tu tires une tête de dix pieds de long. Ose me dire que tu n'es pas ravie d'avoir piqué le poste à Malefoy !
- D'accord ! concéda Hermione, en essayant d'attraper un bout du rideau pour dissimuler son corps nu. Tu as gagné, je ne t'en veux plus. Puis-je finir de me laver maintenant ? Seule ?
Pansy l'observa rapidement et eut un sourire mutin.
- Bien. Mais c'est dommage, j'appréciais la vue…
Parkinson referma le rideau de douche sous le regard abasourdi de la Sage. Cette dernière se dépêcha de finir de se laver, se demandant quelle mouche avait piqué son amie. Pansy plaisantait-elle ou…
L'enchanteresse décida de mettre cette question de côté pour se concentrer sur la problématique de l'année : faire que Pettigrow s'exile.
Elle gagna son lit et fut surprise de trouver un paquet à côté du jean et de la chemise qu'elle avait préparés. Elle s'habilla rapidement et s'assit sur le matelas. Elle défit le paquet et eut un hoquet de surprise en voyant une veste en cuir noir. Une veste qui ressemblait couture pour couture à celle qu'elle avait portée pendant des années. Un petit mot l'accompagnait et Hermione le lut aussitôt.
« Bon anniversaire ma grosse !
Une Granger sans sa veste en cuir n'en est pas vraiment une, aussi j'ai pris la liberté de t'en faire confectionner une selon mes souvenirs. Rassure-toi, je l'ai ensorcelée pour qu'elle soit en toute circonstance parfaitement coupée, donc tu peux enfin grandir et atteindre les un mètre vingt les bras levés sur un tabouret.
Amuse-toi bien aujourd'hui et va donc fricoter avec la directrice adjointe qui s'ennuie…
Bises,
Merlin »
Elle passa la veste avec un petit sourire et quitta le dortoir pour se diriger vers le bureau de Rogue. Ce dernier l'accueillit avec son regard noir habituel et lui désigna une chaise devant son bureau.
- Que me vaut le plaisir de la visite de notre attrapeuse ? demanda le maître des potions de sa voix doucereuse.
- Je voulais savoir si vous aviez eu le temps de parler à Dumbledore…
- Effectivement. Hier soir. Il a mordu à l'hameçon. Nous aurons la… chance, que dis-je, le privilège d'accueillir les quatre plus grands imbéciles que Gryffondor a connu en son sein pour assister au premier match de Quidditch de la saison, répliqua froidement Severus.
Il se tut un instant, plongeant son regard dans celui de son élève.
- Et j'espère que Potter père assistera à la déchéance de son arrogant de fils… finit-il, la voix menaçante.
- Je ferai mon possible, marmonna Hermione.
- Au prix de votre balai, je suppose que par possible, vous vouliez dire « Evidemment, professeur ! Potter ne remarquera la présence du vif d'or que quand ce dernier sera dans ma main... ».
- Le prix du balai ? Vous devriez arrêter de discuter avec le professeur McGonagall. Cela ne vous réussit guère… se moqua la Sage en se levant.
Hermione quitta les cachots en direction du bureau de Minerva avec le sourire aux lèvres. Non seulement son piège allait bientôt se refermer sur Pettigrow, mais en plus elle allait bientôt mettre une raclée à Potter en lui soufflant le vif d'or sous le nez. Décidément, la vie était belle.
Pansy attrapa une cigarette, un large sourire ornant ses lèvres.
- J'ai toujours adoré lorsque tu prenais ta douche... les gouttes d'eau te vont très bien.
- Pansy... soupira Hermione, d'un ton navré.
- Ben quoi ! Je rends un hommage à ta beauté et tu ne dis pas merci ? J'ai même pas sous-entendu que c'est un hommage posthume !
- Trop tard, tu viens de le faire… On passe à la suite ?
- Je n'attends que ça, très chère !
Après avoir quitté Hermione, Ginny se dirigea rapidement vers le bureau de sa directrice de maison. Elle voulait apporter quelque chose pour le dîner prévu avec son ex-femme et, en tant qu'élève coincé dans un internat, elle ne pouvait s'éclipser pour faire des courses. Aussi, elle demanderait à l'animagus de s'en charger.
Un rictus étira ses lèvres alors qu'elle frappait trois coups à la porte. Le professeur lui ouvrit la porte et la rousse pénétra d'autorité dans le bureau.
- J'ai rendez-vous avec Hermione ce soir dans la salle sur demande. D'après vous, il faut que j'amène quoi ? demanda-t-elle de but en blanc. Je pensais qu'une bouteille de champagne irait avec l'occasion.
Minerva se contenta d'hausser un sourcil et retourna s'assoir dans son fauteuil. Elle regarda calmement son élève qui attendait visiblement une réponse.
- Le champagne pour un anniversaire est un incontournable. Cependant, je me permets de vous rappeler deux choses. Vous êtes mineure, donc attention à la quantité que vous allez ingérer. Ensuite, comment allez-vous vous en procurer ? répliqua placidement l'animagus.
- Et bien, je pensais à vous. Après tout, vous avez la liberté de sortir de Poudlard, un avantage dont je ne peux jouir en l'état actuel des choses. Quant à la quantité d'alcool, je pense qu'Hermione pensera de son côté à une potion de vieillissement, ce qui devrait nous laisser le champ libre pour passer une bonne soirée, si vous voyez ce que je veux dire.
- Vous me prenez pour votre commis, Miss Weasley ? Je n'ai pas le temps de vaquer à vos occupations, j'ai bien assez des miennes. De plus, je n'encouragerai jamais mes élèves à suivre le chemin de la débauche. Vous vous êtes trompées de porte.
- Je pensais que vous seriez plutôt contente de faire quelque chose pour le moral de notre Sage. Qu'à cela ne tienne, je me débrouillerai autrement.
- Faire quelque chose pour le moral d'Hermione ? répéta Minerva avec ironie. Vous comptez passer… une bonne soirée ? Fort bien, mais je vous préviens, Miss Weasley, que s'il vous prend l'envie de jouer avec les sentiments de ma Sage, vous aurez à faire à moi. Votre… récente décision l'a profondément meurtrie, et je ne permettrais pas que cela recommence. Elle n'a pas besoin de ça en ce moment.
- VOTRE Sage ? Vous voulez parler de ma femme, celle que vous et la Source avez détournée de moi ?
- Si j'ai bien suivi ce qui s'est passé après l'épisode de la chambre des secrets, vous voulez plutôt dire votre « ex-femme » ? Après tout, vous l'avez quittée sans même lui laisser le temps de pouvoir s'expliquer ou vous convaincre… Belle preuve de maturité, Miss Weasley. Votre mentalité s'accorde parfaitement avec votre apparence physique.
Ginny vira au rouge brique sous l'insulte.
- Désolée, je n'ai pas de Guide, moi. Qui est à mes côtés quand j'ai peur ? Qui me soutient dans mes choix ? Certainement pas vous, et vous n'aidez pas Herm' à jouer ce rôle.
- Vous vous plaignez de votre solitude ? Vous ne pouvez vous en prendre qu'à vous-même. Hermione vous avez bien demandé de la rejoindre à Serpentard, non ? Bien entendu, vous ne l'avez pas écoutée et, au final, vous l'avez repoussée.
Minerva se tut un instant, dévisageant son élève.
- Quant à une éventuelle relation entre ma Sage et moi, vous n'avez pas à vous inquiéter, Miss Weasley. Je n'arrive toujours pas à comprendre ce qui a pu l'attirer chez vous, mais il est certain qu'elle ne le trouvera pas chez moi.
Ginny dévisageait l'animagus sans rien dire. Son expression s'était figée sous le soufflet.
- Vous... Je comprends par contre ce que Severus a trouvé chez vous.
Elle recula lentement vers la porte, sans lâcher Minerva du regard.
- Finalement, je pense que l'inhumanité naissante d'Hermione, c'est à vous qu'elle la doit.
- Et sa tendance à se servir d'autrui pour parvenir à ses fins, c'est un trait qu'elle a pris chez vous ? demanda McGonagall.
Des coups furent frappés à la porte du bureau et le professeur, stoïque, invita la personne à entrer. Hermione pénétra dans la pièce, un sourire aux lèvres qui se fana en ressentant la tension dans la pièce.
- Il y a un problème ? demanda-t-elle en passant sa main dans ses cheveux.
- Absolument pas, répondit Ginny en se forçant à sourire. Minerva se proposait d'aller chercher une bouteille de champagne pour notre dîner de ce soir.
- Vraiment ? s'enthousiasma l'enchanteresse. Merci, c'est gentil ! Je me demande ce que je ferais sans toi !
- On se le demande toutes les deux ! Il faut toujours avoir une Guide sous la main, ça rend les choses tellement plus facile à vivre… ironisa la rousse.
McGonagall ouvrit son agenda et afficha un sourire contrit.
- Malheureusement, je me suis avancée… J'ai une réunion avec Albus après mes classes. Désolée de ne pouvoir vous aider.
- Ce n'est pas grave, Minerva. C'est gentil d'y avoir pensé, répliqua la Sage. Je vais voir si Merlin peut nous aider ! Mais… Même pas ! Ginny, tu as toujours la faculté de faire apparaître ce que tu désires ?
La rousse se tapa le front du plat de la main et eut un rictus.
- Bien sûr ! C'est dingue, j'avais complètement oublié… dit-elle en jetant un court regard à la directrice adjointe.
Hermione poussa Ginny vers la sortie, laissant Minerva sous le coup de sa discussion houleuse avec son élève. L'animagus serra les dents et brisa la plume qu'elle tenait à la main.
En retournant dans la salle commune de Serpentard, Hermione songea à la soirée qui venait de s'écouler. Le dîner avec Ginny s'était bien passé, mais elle ressentait une certaine amertume. Elle avait eu l'impression fugace que la rousse voulait reprendre sa relation avec elle mais, au final, l'enchanteresse s'était fourvoyée.
Les deux sorcières s'étaient contentées de discuter calmement, riant de temps à autre, la Gryffondor l'interrogeant sur l'avancement de sa quête. La Sage décida de se satisfaire de ça. Si son avenir avec Ginny était compromis, elle tenait à garder son ex-femme comme amie.
« Laissons les chose se faire… Je verrai bien si elles évoluent dans le bon sens ! » songea-t-elle avant de s'endormir.
Le matin était frileux. La condensation avait laissée une rosée sur les feuillages dehors et les cachots étaient tout aussi humides. Mais l'ambiance qui régnait dans la salle commune de Serpentard réchauffait l'atmosphère. Tous les élèves étaient fébriles, joueurs ou non. Aujourd'hui, leur maison allait affronter les Gryffondors.
Pour mettre la pression sur les adversaires, tous les Serpentards avaient décidé de se rendre en même temps dans la grande salle pour le petit déjeuner. Ce fut donc une impressionnante troupe de vert et argent qui entra en rang serré autour de ses joueurs. Le silence se fit dans la salle tant la procession impressionnait et Ginny regardait le cortège, médusée. Hermione jeta un coup d'oeil en direction de son ex-femme et eut un léger signe de tête en sa direction avant de s'asseoir. Les Serpentards lancèrent des regards froids vers la table des rouge et or avant d'imiter leur attrapeuse. Les verts et argents entamèrent leur petit déjeuner, chantant un hymne que Millicent avait écrit la veille au soir.
Cette année la coupe sera à nous
Personne ne se mettra en travers de notre route
Gryffondor, Serdaigle et Poufsouffle seront à genoux,
Cela ne fait aucun doute !
L'effet fut immédiat sur les Gryffondors qui s'aplatirent sur leur chaise. Le professeur McGonagall manqua s'étouffer avec une gorgée de thé tandis qu'Hermione, en tenue de Quidditch, lui dédiait un immense sourire. La Sage sentit Minerva qui tentait de se contenir.
« Ca va ! C'est quand même mieux que Weasley est notre roi, non ? Et je te promets de ne pas faire de mal à Potter… » se moqua gentiment la troisième année.
« Si je sens ne serait-ce qu'une onde de vent qui n'a rien à faire sur le terrain, je te fiche en l'air de ton balai, sois prévenue ! »
« Tu n'oserais pas faire du mal à ta Sage, ô ma Guide adorée… »
« Ne me mets pas au défi, Hermione… »
Dumbledore, qui se tenait à côté des anciens maraudeurs qui avaient été invités spécialement pour ce match, haussa un sourcil et lança un regard interrogateur vers Severus.
- Monsieur le Directeur, les élèves de ma maison ont une grande compréhension des stratégies du jeu, qu'elles qu'en soient les phases. Je pense que Mesdemoiselles Parkinson et Bulstrode ont particulièrement travaillé à partir des théories de Lao Tseu.
James Potter ne put s'empêcher de rétorquer.
- Se peut-il que les Serpentard aient appris à lire récemment ?
- Se peut-il que les Gryffondor aient eu un jour un cerveau ? répliqua le maitre des potions.
- Allons messieurs, fit Albus, en tapotant l'épaule de l'Auror, laissons les enfants s'amuser de ces choses. Venez plutôt vous aussi vous restaurer avec nous. Severus, vous ferez bien une place à nos invités ?
- Ai-je le choix ? Entre un loup mal rasé, un fourbe, un vaniteux et un ...
- S'il vous plait, ne gâchons pas la rencontre avant la rencontre, tempéra le Directeur.
- Allez Servilus, soit sympa… se moqua Sirius.
Rogue se retint de se lever et arbora un sourire narquois.
- D'accord Black. Tu veux que je te mette une gamelle d'eau à laper sur le sol ?
James foudroya du regard le maître des potions qui finit d'une traite son café avant de se lever.
- Je n'aime pas manger avec les animaux, dit-il avec un haussement de sourcil dédaigneux. Et ne me demandez pas de leur serrer la main, Monsieur le Directeur. Surtout à l'un d'entre eux. Je n'aime pas trop revoir mes… anciens camarades de travail.
- Qu'est-ce que ça signifie ? aboya Sirius.
- Allons, réfléchis un peu, Black… répliqua doucereusement Rogue. Excuse-moi, j'avais oublié. Si tu avais été intelligent, tu serais chez les Langues de plomb, pas chez les Aurors.
Rogue eut un rictus satisfait et s'éloigna dans un mouvement de cape noire.
Hermione s'était mise en retrait et volait quelques mètres au-dessus de la mêlée. Des balais passaient dans tous les sens, le souaffle s'échangeait de main en main, et elle devait régulièrement se déplacer pour éviter les cognards lancés par Fred et Georges Weasley.
Gryffondor menait par soixante à quarante. L'enchanteresse devait absolument trouver le vif d'or avant que l'écart ne soit conséquent et surtout, avant que Potter ne mette la main dessus. Cependant, elle sentait le regard du Gryffondor dans son dos, qui épiait chacun de ses mouvements. Elle jeta un coup d'œil en arrière et se mordit la lèvre alors que Minerva ne la quittait pas des yeux, à l'affut de la moindre triche de la part de la Sage. Elle fit un tour du stade, Potter sur ses traces, essayant de localiser une source magique aux déplacements erratiques. Elle en profita aussi pour regarder la tête des maraudeurs dans la tribune des professeurs. Ils semblaient tendus, mais il était difficile de savoir si c'était le match ou la réplique de Rogue qui les hantait.
Soudain, elle sentit quelque chose se déplacer à vive allure devant elle, puis bifurquer sur sa droite. Lançant un coup d'œil par dessus son épaule, elle embarqua Harry dans un piquet fou. Sous les hourras de la foule qui venait de comprendre que les attrapeurs avaient le vif en vue, Hermione esquissa un décrochage à gauche. Potter, plus agile et voyant la manœuvre, lui coupa le virage pour prendre la tête dans la chasse. Mais, une fois dépassée par le Gryffondor, la Serpentard, rebroussa chemin et fila à vive allure dans le sens contraire. Potter se rendit compte bien trop tard de la ruse de la vert et argent. En fait, il ne la comprit que lorsque Bibine siffla la fin du match en voyant Hermione brandir le vif d'or à bout de bras.
- Beau contre-pied, ma chère ! lança Pansy quand Hermione passa au ras des gradins aux couleurs de sa maison pour saluer ses partisans.
L'attrapeuse lui fit un clin d'œil et jeta un regard au tableau des scores. Son équipe l'avait remporté 200 contre 80. Elle atterrit et fut aussitôt congratulée par les autres joueurs. Adrian lui serra vigoureusement la main, un sourire ravi éclairant son visage.
- Magnifique Granger ! On a bien fait de changer d'attrapeur ! s'exclama-t-il, réjoui.
Plusieurs élèves gagnèrent le terrain pour féliciter leur équipe et Hermione reçut plusieurs tapes chaleureuses dans le dos. Seuls Malefoy, Goyle et Crabbe ne participèrent pas à la liesse, se contentant de lui jeter un regard haineux. Mais la Sage s'en moquait, préférant observer de loin le visage défait d'Harry Potter.
« Ce n'est que ta première défaite… Tu finiras par t'habituer ! » songea l'enchanteresse avec un rictus moqueur.
Soudain, elle se trouva dans les bras de Pansy qui lui claqua une bise sonore sur la joue.
- Maintenant, tu as l'obligation de refaire ça à chaque match ! dit vivement Parkinson.
Elle desserra son étreinte et renifla tandis qu'Hermione haussait un sourcil.
- Va te laver, tu sens le fauve. On t'attend dans quinze minutes au plus tard dans la salle commune pour une fête extraordinaire. Ne sois pas en retard…
- Ca marche…
- Et si tu n'es pas à l'heure, je viendrai t'extirper moi-même de ta douche ! ajouta Pansy, amusée.
- Je sais que tu en es parfaitement capable, répliqua la Sage, ironique, avant de s'éloigner.
Elle jeta un dernier regard vers les gradins, et remarqua que Rogue discutait à voix basse avec les maraudeurs qui semblaient effarés. Elle eut un sourire satisfait et pour prendre le chemin des vestiaires. Ginny l'y attendait, les bras croisés sous sa poitrine, adossée contre le bâtiment.
- Bien joué… dit la rousse avec une grimace. Et je remarque que tu n'as pas triché.
- Merci, répondit Hermione, souriante.
Cependant, vous n'avez pas encore gagné ! Crois-moi, je vais motiver l'équipe pour qu'elle rattrape ce misérable écart de points !
- Bien ! Que le meilleur gagne ! lança l'enchanteresse avant de pénétrer dans les vestiaires, sous l'œil amusé de son ex-femme.
Severus se réjouissait intérieurement de la défaite de l'équipe de Gryffondor. Potter et Black grommelaient que Bibine n'avait pas fait son travail, qu'elle avait été achetée, que Granger avait triché de la pire des manières. Le maître des potions eut un rictus inquiétant et se racla la gorge pour éclaircir sa voix.
- Ce qui est déplorable, c'est que la ruse grossière qu'a employée mon élève ait aussi bien marchée sur l'attrapeur de l'équipe adverse… commença Rogue de sa voix doucereuse. Mais il faut dire que la subtilité n'est pas connue pour être une qualité de la maison rouge et or…
- On ne t'a rien demandé, Servilus, grogna Sirius.
- J'admets que, parfois, quelques Gryffondors arrivent à être assez malins pour cacher leurs… côtés sombres à leurs congénères, ajouta le directeur de Serpentard.
- Et que veut dire cette insinuation ? demanda calmement Lupin.
- Je suis tombé cet été sur quelques vieux papiers qui indiquait que l'un d'entre vous avait fidèlement servi le Seigneur des Ténèbres… murmura Severus.
Il retint un sourire alors que les visages des quatre maraudeurs s'assombrissaient.
- N'importe quoi ! aboya Sirius.
- Tu n'as trouvé que ça pour te rendre intéressant ? renifla dédaigneusement Peter.
- Dit le gratte-papier dont la vie est aussi palpitante que le trombone qui rouille dans ma poche, répondit Rogue, cynique. Pour le moment, je n'ai pas de nom. Mais soyez assurés que le suspense ne durera pas éternellement… J'ai toujours été extrêmement doué pour découvrir ce qu'on me cachait.
Le regard du maître des potions s'attarda longuement sur Lupin qui frissonna.
- Je n'ai mis que peu de temps à deviner que tu étais un loup garou. Aussi, démasquer un ancien collègue devrait me prendre que… quelques mois, au pire. Je sens que les prochaines semaines seront passionnantes. Bonne après-midi, messieurs !
Severus tourna les talons et s'éloigna en faisant claquer sa cape noire. Il descendit les marches des gradins et traversa le parc à grandes enjambées. En bas du perron, il reconnut la silhouette de McGonagall qui semblait l'attendre.
- Magnifique partie, Professeur, ironisa-t-il avec un léger rictus. Profitez bien de la coupe dans votre bureau, vous ne la conserverez pas longtemps.
Minerva le foudroya du regard et s'approcha de lui.
- Comment ca s'est passé avec vos anciens… amis ? murmura-t-elle.
- A merveille, se contenta-t-il de répondre.
Il hésita un court instant puis reprit la parole.
- Avant de me rendre la coupe, vous serez aimable de la nettoyer. J'aimerais qu'elle brille sur mon bureau.
Il s'éloigna vivement en direction des cachots tandis que McGonagall serrait les poings.
- Allons, tout n'est pas perdu ! lança une voix amusée.
L'animagus tourna légèrement la tête et aperçut Merlin qui marchait vers elle.
- Je sens que vous allez passer vos nerfs sur cette chère Miss Granger, lança l'enchanteur avec un regard pétillant d'amusement.
- Franchement, quelle idée a eu la Source de l'envoyer à Serpentard ! maugréa la directrice adjointe.
Le premier sage haussa les épaules.
- Elle apprécie sûrement l'ironie de la situation… Et elle n'est pas la seule ! Honnêtement, je trouve que la troisième scolarité de notre enchanteresse est bien plus intéressante et palpitante que les deux autres. Vous n'êtes pas de cet avis ?
La fête battait son plein dans la salle commune de Serpentard. Hermione, une bière au beurre à la main, écoutait les consignes de son capitaine pour les prochains matches. Purcey allait entraîner les poursuiveurs comme jamais afin que les rencontres soient gagnées avec le plus de points possibles. Serpentard devait prendre la tête du classement avec une avance conséquente.
L'enchanteresse hochait la tête de temps en temps, et profita qu'Adrian engueulait le gardien pour s'éclipser. Tout en évitant Pansy et Millicent qui conversaient plus loin avec Blaise et Théodore, la Sage se faufila hors de la pièce et gagna les couloirs sombres et calmes des cachots.
Elle se dirigea vers la bibliothèque avec un but précis : emprunter un livre sur les techniques des attrapeurs. Certes, la Serpentard avait la Source de son côté, mais elle ne pouvait pas l'utiliser à chaque fois. McGonagall découvrirait un jour ou l'autre la tricherie. Aussi, elle décida de travailler sa vitesse, ses mouvements, afin d'être aussi technique qu'Harry pouvait l'être.
Elle trouva rapidement parmi les étagères ce qu'elle cherchait et fit enregistrer le prêt auprès de Pince. Elle feuilleta l'ouvrage tout en se dirigeant vers le parc et grimaça. Certaines figures étaient très délicates et elle espérait ne pas se rompre le cou en essayant de les reproduire.
« N'est pas Harry Potter qui veut ! » se moqua la Source.
« Je dois reconnaître que je ne l'égalerai jamais sur un balai. » se contenta de répondre Hermione, sincère.
« Ca va te demander du travail et de la persévérance. Mais tu as tout mon soutien ! »
« Vous êtes bien urbaine, très chère… »
L'enchanteresse fourra le livre dans sa poche et, le temps étant particulièrement clément en ce samedi après-midi, elle décida de faire une promenade autour du lac.
« Si tu arrives à maitriser les techniques de ce livre, je suis sûre que ta rousse retombera dans tes bras… » continua l'Origine de toutes magies.
« Si tu le dis… » soupira Hermione, qui tentait de se concentrer sur la problématique Pettigrow.
« On s'en moque de cet imbécile. Pour le faire fuir, c'est plutôt simple. Tu te plantes devant lui et tu fais BOUH ! Ce poltron prendra ses jambes à son cou. Je ne vois pas pourquoi tu te compliques la vie… »
La Sage éclata de rire en imaginant la situation et secoua la tête.
« Je ne pensais pas que la Source avait de l'humour… » se moqua Hermione.
« C'est un des rares traits des humains que j'apprécie ! Donc, que vas-tu faire pour ton ex-femme ? »
La neuvième sage soupira et passa une main dans ses cheveux. Rose, Hugo, Ginny… Se pouvait-il qu'un jour sa famille soit de nouveau réunie ? Cela paraissait plutôt compromis.
« Admettons que ta rouquine change d'avis et retourne avec toi. Que fais-tu de McGonagall ? Car je sens toujours les battements de ton petit cœur qui s'accélèrent quand tu croises ses beaux yeux verts… » fit remarquer l'Origine de toutes magies.
« J'avoue être perdue. Je ne sais que faire… »
« Elle sera toujours présente dans l'équation. A toi de faire un choix et de t'y tenir… »
Hermione s'assit au bord du lac et contempla la surface de l'eau. Alors que ses pensées dérivaient, la Serpentard sentit quelque chose dans son dos. Elle tourna vivement la tête et aperçut Dumbledore qui s'approchait d'elle.
- Belle performance ! lança le Directeur avec un sourire.
La troisième année se contenta pour toute réponse d'un haussement de sourcil dédaigneux. Albus n'en prit pas ombrage et s'arrêta à côté de l'élève.
- Miss Granger, nous sommes partis d'un mauvais pied.
- Oui, il est certain qu'assassiner mes parents n'a rien fait pour arranger notre relation, gronda Hermione.
- J'aimerais avoir une discussion avec vous, à l'abri des oreilles indiscrètes…
- Et pourquoi serais-je assez folle pour accepter ?
- Peut-être parce que ce que j'ai à vous dire vous intéresserait ? Ce soir, ici même, après le couvre-feu ? proposa aimablement Dumbledore.
« Ca sent le piège… » marmonna la Source.
« Ca peut être une bonne occasion pour me débarrasser de lui. » objecta Hermione.
« Si tu le dis ! » soupira l'Origine de toutes magies.
- C'est d'accord, Monsieur le Directeur, marmonna la Serpentard.
Un sourire bienveillant illumina le visage de Dumbledore.
- A ce soir, Miss Granger ! Passez une bonne fin d'après-midi. Et encore toutes mes félicitations pour votre performance.
L'enchanteresse regarda le vieux sorcier s'éloigner, se demandant ce qu'il avait à l'esprit.
« Tu le sauras bientôt, Sage… » murmura la Source, inquiète.
La salle commune de Serpentard se vidait lentement, les élèves gagnant les uns après les autres leur dortoir. Hermione ferma son manuel de runes et le rangea dans son sac. Elle glissa sa baguette dans sa manche gauche et, se levant, attrapa sa veste en cuir pour la passer sur ses épaules.
- Tu sors ? demanda Pansy en levant les yeux de la Gazette du Sorcier.
- J'ai besoin de prendre l'air, répondit l'enchanteresse.
Parkinson regarda sa montre et eut une moue.
- C'est bientôt l'heure du couvre-feu, fit remarquer la jeune sorcière.
- Juste un tour rapide, promis. A tout de suite ! lança la Sage avant de quitter la salle.
Elle se faufila dans les couloirs des cachots et gagna le grand hall quelques minutes plus tard. Les portes du château étaient encore ouvertes et la Serpentard s'engagea dans le parc. La nuit était tombée depuis peu et le ciel, dégagé, laissait voir la lune.
Alors qu'elle se dirigeait vers le parc, elle regardait autour d'elle, cherchant des yeux la silhouette du Directeur de Poudlard.
« Tu aurais peut-être dû prévenir Minerva de ce rendez-vous/guet apens, choisissez la bonne réponse… » marmonna la Source.
« Ce n'est que Dumbledore. Rien que je ne puisse gérer. » répliqua sèchement Hermione en regardant sa montre.
Elle était pile à l'heure et se demandait si la ponctualité était une des rares qualités d'Albus. Après tout, elle ne le connaissait que peu, malgré l'entraînement qu'elle avait eu avec lui pendant sa deuxième scolarité. Quatre années à le fréquenter sans jamais percer le mystère qui entourait le directeur de Poudlard.
Elle remarqua au loin une ombre, à mi-chemin entre le lac et le château.
« Enfin ! » songea Hermione en se dirigeant vers la silhouette.
Elle se trouvait près du saule cogneur quand elle reconnut Pansy. La Sage fronça les sourcils alors que son amie lui fit un signe de la main.
- Mais que fais-tu ici ? grommela Hermione.
- Je t'ai suivie, pardi ! Tu avais ton air des mauvais coups, et pour une fois, je veux en faire partie. Alors, quel est le plan ? demanda Parkinson.
- Tu retournes immédiatement dans la salle commune ! ordonna l'enchanteresse en regardant par-dessus l'épaule de la jeune femme, à la recherche de Dumbledore.
Un grondement retentit derrière elle et Pansy, l'air paniqué, fit un pas en arrière. La neuvième sage se retourna vivement quand quelque chose bondit rapidement sur elle, la faisant chuter lourdement sur le sol.
- Hermione ! s'écria Pansy alors que l'enchanteresse toisait le regard jaune de son agresseur.
C'était un loup garou. La créature la maintenait au sol et la Sage cria alors que la bête la mordit violemment au bras. Elle sentait les crocs qui déchiraient sa chair, le sang qui coulait sur son avant-bras.
Un trait de lumière rouge fendit l'obscurité et toucha de plein fouet l'animal qui leva la tête, la mâchoire ruisselant du liquide chaud et poisseux. Les yeux du loup garou analysaient Pansy qui tenait sa baguette tendue devant elle. Hermione sentait la créature se tendre, prête à bondir sur la Serpentard.
- FUIS ! hurla l'enchanteresse qui se saisit des pattes avant de l'animal.
Elle se concentra et fit courir sa magie dans ses mains. Les membres du loup garou commencèrent à se couvrir de glace quand la Sage reçut un violent coup de patte au visage. Les griffes lui lacérèrent la joue et la douleur fut aigue. Hermione ramena ses genoux contre elle et expédia ses pieds dans le ventre du métamorphe qui fut propulsé deux mètres en arrière. Cependant, l'animal retomba souplement sur ses pattes et se jeta à nouveau sur la Sage qui n'avait pas eu le temps de se relever.
Un sort s'échappa de la paume de l'enchanteresse et percuta la bête en pleine poitrine. Le loup garou atterrit brutalement sur le sol et secoua sa tête, légèrement sonné. La neuvième sage, toujours à terre, recula promptement pour mettre le plus de distance possible entre elle et la créature, et se leva prudemment. Du revers de la main, elle essuya rapidement le sang qui coulait sur son visage et, sans quitter des yeux le loup garou, envoya sa magie sonder le parc à la recherche de Pansy. Cette dernière se trouvait plusieurs mètres derrière et se précipitait vers le perron du château.
La créature la dévisageait, approchant doucement, cherchant le bon angle d'attaque.
« Ne la blesse pas. C'est un élève… » dit doucement la Source.
« Je m'en doute… Je vais essayer de l'endormir. Je pourrais la ramener dans la cabane hurlante. » répondit Hermione.
Alors que l'animal allait bondir à nouveau sur sa proie, quelque chose surgit de l'obscurité et sauta sur le loup garou. Hermione ouvrit des yeux surpris à la vue de ce qui semblait être un félin. Plus précisément, un guépard.
- Mais qu'est-ce que c'est que ce bord… commença l'enchanteresse quand elle sentit quelque chose qui tirait sur sa veste en cuir.
Elle baissa les yeux et tourna légèrement la tête. Un petit renard tentait de l'emmener en direction du château et un chien loup apparut dans le champ de vision de la Sage pour prêter main forte au guépard qui se battait avec le loup garou. Et l'évidence frappa Hermione. Elle avait sous les yeux Harry Potter, Ron Weasley et Orion Black qui empêchaient Fama Lupin de se faire un festin de Serpentard.
« On ne le dira jamais assez, mais l'Histoire n'est qu'un éternel recommencement… » soupira la Source.
La neuvième sage leva la main et dirigea sa paume vers le loup garou. Un trait de lumière bleue fusa de ses doigts et toucha la métamorphose qui tomba aussitôt inconsciente. Le chien loup poussa un cri rageur et montra ses crocs à Hermione.
- T'inquiète pas Black, elle est seulement endormie. Tu peux la ramener dans sa cachette avec Potter et Weasley… maugréa la Serpentard en grimaçant.
Son bras gauche lui faisait un mal de chien et elle se mordit la lèvre. Le mois prochain, elle aurait la joie de tenir compagnie à Lupin dans l'endroit hyper select qu'était la cabane hurlante.
« Ne t'en fais donc pas, je ne te laisserai pas te couvrir de poils trois fois par mois ! Mais n'empêche, Dumbledore avait très bien pensé son piège… » marmonna la Source alors que l'enchanteresse tournait les talons pour s'éloigner sous les regards intrigués des trois minis maraudeurs.
« Je ne comprends pas tout. Rogue sait préparer la potion tue-loup. Sachant qu'il y a un loup-garou dans l'école, Fama devrait être sous traitement… »
« Sauf si Dumbledore a saboté la potion aujourd'hui. Ca ne peut être que lui car, à mon avis, le fait qu'un métamorphe se promène dans les couloirs du collège ne doit pas être connu de grand monde… »
« Le pire dans cette histoire, c'est que Potter va croire qu'il m'a sauvé la vie. Quelle merde ! » pesta l'enchanteresse en s'approchant des marches du perron.
Pansy l'attendait, tremblante de la tête au pied.
- Tu… tu as été mordue ? bégaya Parkinson, le visage livide.
- Malheureusement, oui, maugréa l'enchanteresse.
- Je t'emmène voir Pomfresh de suite ! Je… j'espère qu'elle pourra faire quelque chose.
- Rassure-toi, mes vaccins sont à jour, plaisanta Hermione alors que les deux Serpentard pénétraient dans le château.
- Tu crois que c'est le moment de faire de l'humour ? s'écria Pansy. Tu as attrapé la lycanthropie ! Tu sais ce que ça veut dire ?
- Que je vais pouvoir dormir sur mes deux oreilles trois fois par mois sans avoir à prier Merlin que Serpentard n'ait pas perdu de points pendant la nuit ? demanda une voix doucereuse derrière les deux sorcières.
Les Serpentards se retournèrent pour faire face au professeur Rogue.
- Je m'occupe de Miss Granger. Miss Parkinson, veuillez regagner votre dortoir. Et surtout, pas à un mot à quiconque sur cette histoire.
Pansy acquiesça et se mit à courir dans les couloirs en direction des cachots. Rogue attendit qu'elle se fût suffisamment éloignée pour prendre le chemin de l'infirmerie avec son élève.
- Je peux savoir ce qui s'est passé ? murmura le maître des potions.
- J'ai fait la connaissance de Miss Lupin sous sa forme la plus… bestiale.
Severus fronça les sourcils et passa une main sur son menton.
- J'ai pourtant confectionné la potion tue-loup.
- Et vous l'avez donnée à Dumbledore qui a sciemment trafiqué votre mixture après m'avoir filé rendez-vous à la tombée de la nuit.
- Et comme une imbécile, vous y êtes allée… Décidemment, vous restez une Gryffondor dans l'âme.
- Je m'attendais à un piège, mais pas à celui-là.
- Je vais proposer à Minerva d'organiser des combats de métamorphe. Je mettrai dix galions sur la louve de Serpentard. Ne me décevez pas, Miss Granger.
L'enchanteresse eut un léger rire et secoua la tête.
- Professeur, je ne pense pas me transformer.
- Et pourquoi seriez-vous immunisée contre la malédiction ? demanda-t-il sèchement.
« N'oubliez pas, chuchota Hermione dans l'esprit de son professeur. Je suis l'Origine de toutes magies… »
- Miss Granger ! Vous ici ? Je pensais que vous m'aviez oubliée… ironisa Pomfresh en lui désignant un lit. Qu'est-ce qui vous amène à une heure aussi tardive ?
- J'ai décidé de jouer une superbe scène de « Rencontre avec les loups ». Un très bon classique du cinéma moldu… répliqua la troisième année, acide.
- Et bien, installez-vous ici et racontez moi donc votre histoire à dormir debout pendant que je vous torture…
La Sage fit ce que lui demandait l'infirmière et grimaça quand cette dernière lui ôta sa veste et son haut pour nettoyer ses blessures. La médicomage finissait de panser les plaies de l'élève en maugréant. Un cas de loup garou était déjà lourd à gérer, alors deux ! Elle avait vertement tansé la Serpentard pour son manque de jugement à se promener la nuit dans le parc après le couvre-feu. Si les règles existaient, c'était pour une bonne raison.
« Quand je te le disais ! se mit à rire la Source. Tout le monde veut des règles, sauf toi ! Et tu vois dans quel état tu te retrouves ? »
« Pas grave, tu vas m'arranger ça ! »
« Méfie toi qu'un jour je te laisse tomber ! J'ai un certain standing moi ! Je ne me roule pas par terre pour me gratter les puces… »
Tandis qu'Hermione laissait son esprit dialoguer avec elle-même, heureuse que Pomfresh ne le sache pas, elle s'étendit sur le lit, s'enfonçant avec plaisir sous les couvertures pour y chercher du réconfort. Mais elle n'avait pas encore la tête sur l'oreiller que le Directeur de Poudlard débarqua toute robe au vent dans l'infirmerie.
Dumbledore se précipita vers le lit de son élève, l'inquiétude se lisant sur son visage ridé.
- Je suis venu dès que j'ai appris la nouvelle. Les tableaux dans mon bureau m'ont prévenu, dit-il la voix rauque d'émotion.
« Mais quel comédien née ! » songea Hermione.
« Il faut lui reconnaître ce talent. » ajouta la Source.
- Comment allez-vous, Miss Granger ? dit-il gravement.
- Elle a été mordue par un loup garou, Monsieur le Directeur, gronda Pomfresh.
Les deux adultes se regardèrent, partageant un moment de parfaite compréhension.
- Oui, j'ai eu la chance de croiser Miss Lupin ce soir, ironisa Hermione.
- Et que faisiez-vous en dehors de votre dortoir à une heure pareille ? demanda Dumbledore.
- J'avais un rendez-vous… répondit la troisième année, affable. On m'a posé un lapin. Cependant, une question me taraude. Nous avons un imminent maître des potions qui est passé expert dans la préparation de la potion tue-loup. Pourquoi Miss Lupin n'en a-t-elle pas bénéficié ?
- Comment savez-vous que Severus Rogue sait confectionner cette potion ? interrogea le Directeur.
- Je me suis renseignée sur tous les professeurs, répliqua Hermione. Je voulais savoir s'il y avait des charlots dans l'école…
- Mais Miss Lupin est sous traitement ! rétorqua Pomfresh ramenant l'échange sur le sujet principal. Il semblerait que, pour une raison inconnue, la potion n'ait pas marché ce soir…
- C'est bien ma veine, répliqua Hermione. Le seul soir où je me trouve dans le parc… Quelle étrange coïncidence…
- Effectivement, c'est un malheureux concours de circonstances, murmura Dumbledore. Nous allons devoir mettre en place des mesures de précautions pour les mois à venir, Miss Granger. Pompom vous expliquera la procédure pour préserver les élèves des… inconvénients mensuels de Miss Lupin, qui seront bientôt les vôtres.
- Procédures ô combien efficaces, se moqua la Serpentard. Mais par problèmes mensuels, vous parlez des règles douloureuses ?
Le Directeur mit une main protectrice sur l'épaule de la Serpentard avant de tourner les talons.
- Au moins, Fama ne m'a pas égorgée, fit la Sage en bougonnant devant Pomfresh qui tapait ses couvertures.
- Je me demande si je n'aurais pas préféré, répliqua sérieusement la médicomage, avant d'afficher un large sourire.
L'échange fut interrompu par l'entrée de McGonagall qui déplaçait une grande quantité d'énergie autour d'elle. En fait, elle semblait furieuse.
- Qu'est-ce que c'est que cette histoire ? siffla-t-elle entre ses dents, regardant fixement Hermione qui baissa rapidement les yeux.
- Il semblerait que notre élève ait décidé que la meilleure façon de devenir animagus soit de se faire mordre par un loup garou. Minerva, vous auriez dû lui expliquer qu'il y a d'autres façons, fit Pomfresh, d'un ton oscillant entre l'humour et le reproche.
- J'ai surtout l'impression qu'il faut que je lui réexplique les règles du jeu, répliqua la directrice adjointe sans quitter l'alitée des yeux.
Hermione tentait de disparaître au fond du lit. Elle avait beau avoir plus de cinquante ans, elle connaissait parfaitement sa Guide et savait qu'elle allait se prendre le savon du siècle. Elle songea qu'elle aurait donné n'importe quoi pour être ailleurs.
« Tu n'écoutes personne, assume ! Moi je vais me coucher… » fit sa petite voix intérieure.
« Mais… Lâcheuse ! » commenta la Sage en son for intérieur, avant d'oser lever le nez.
Son regard plongea dans les yeux verts qui la dévisageaient maintenant. Elle y lut une grande colère mais aussi de la peur.
- Vous pouvez nous laisser quelques instants, Pompom ? demanda sèchement McGonagall.
La médicomage hocha la tête et gagna rapidement son bureau.
- Je suis désolée, Minerva. J'aurais dû te prévenir que je devais rencontrer Dumbledore ce soir. Je savais que ce serait un piège mais je n'avais pas pensé à celui-là.
- Je dirais que tu n'as pas pensé du tout, répliqua l'animagus, le visage toujours fermé.
- Tu as sans doute raison, je réagis encore comme une Gryffondor et…
- N'insulte pas ma maison, cela n'arrange en rien ton cas.
Hermione pencha la tête en attendant la suite.
- Puisque tu étais dehors après le couvre-feu, je retire cinquante points à Serpentard. Mais pour ce qui est du risque que tu as fait prendre à Miss Parkinson, je te laisse avec toi-même. Il semble que la perte d'êtres chers ne soit finalement qu'un passe temps pour toi, puisque tu ne réfléchis toujours pas aux conséquences de tes actes.
Cette dernière phrase frappa la Sage en plein cœur. Son visage se décomposa, tandis que des larmes montaient à ses yeux.
- Tu n'as pas le droit de me dire ça, après tout ce que j'ai vécu. C'est... ignoble, vil et bas.
- Je suis bien d'accord avec toi. C'est la remarque la plus méprisable et la plus erronée que je pouvais avoir. Mais quand vas-tu enfin grandir et penser que tu n'es pas seule ?
Minerva s'assit sur le bord du lit au côté d'Hermione. Son regard vert n'exprimait plus maintenant que la peur qu'elle avait ressenti en apprenant l'accident. Sa main suivit la marque des griffes que le loup garou avait laissées sur la joue de l'élève. Elle effaça les larmes qui glissaient et prit finalement la Sage dans ses bras.
- Hermione, ne me refais plus jamais ça.
La Serpentard se laissa aller dans la chaleur de ce corps qui la protégeait des autres, mais surtout d'elle-même.
- Promis… murmura la troisième année.
Après un instant volé au temps, Minerva s'écarta et regarda Hermione dans les yeux.
- Jusqu'à la prochaine fois, c'est ça ? fit-elle avec un petit sourire.
Hermione lui rendit son sourire et se laissa aller contre son oreiller.
- Vas-tu devenir une… commença le professeur.
- Non. La Source m'a promis que non, rassura l'enchanteresse.
La directrice adjointe poussa un soupir de soulagement et un bruit de porte qui s'ouvre se fit entendre.
- Bien maintenant extinction des feux, fit Pomfresh depuis son bureau. Les visiteurs, dehors jusqu'à demain !
Minerva se leva et, après un dernier regard à la Sage, quitta l'infirmerie.
- Je suis heureuse de voir que tu es proche de quelqu'un, dit la médicomage en tendant une potion à l'enchanteresse. Même si c'est un professeur. Je pensais que tu étais du genre associable. Ravie de constater que je me suis trompée.
- Comme beaucoup, vous m'avez mal jugée, grommela Hermione en avalant le contenu du tube.
Elle posa la tête sur l'oreiller et s'endormit rapidement. Une dernière pensée cohérente l'accompagna dans son sommeil : comment aider Fama Lupin ? En tant que Source, si elle pouvait échapper à la malédiction, pouvait-elle aussi débarrasser la Gryffondor de sa lycanthropie ?
Le lendemain matin, Hermione put quitter l'antre de Pomfresh après avoir promis à la médicomage de revenir avant la tombée de la nuit. La Serpentard prit le chemin de sa salle commune avec l'idée de se laver, de changer de vêtements et de profiter de ce beau dimanche ensoleillée. Et surtout, elle n'avait que quelques heures pour trouver une explication convaincante au fait qu'elle ne se transforme pas en loup garou.
« Ca va être dur de mener Pomfresh en bateau… » songea la troisième année en avançant tranquillement dans les couloirs.
« La bonne nouvelle est que j'ai anéanti toute trace de contamination dans ton corps. » dit la Source avec bonne humeur. « Tu as bien assez de problèmes comme ça. Autant ne pas en rajouter… »
Hermione acquiesça et descendit les escaliers en direction du hall.
« Comment pourrais-je faire pour débarrasser Lupin de la malédiction ? » demanda la Sage.
« Deux options. Soit tu injectes ton sang dans le corps de la jeune fille, avec les risques que ça comprend, soit tu verses un goutte d'eau de la Fontaine de Jouvence dans une potion tue loup. Efficacité garantie. »
« Quels sont les risques à lui donner mon propre sang ? » interrogea l'enchanteresse.
La Source poussa un soupir navré.
« Si seulement quelqu'un de plus intelligent était venu me défier ! J'aurais dû choisir de parasiter Minerva. J'aurais eu des conversations beaucoup plus palpitantes… La magie circule dans le sang. Donc, si tu donnes ton sang à quelqu'un, ça aura le même effet que l'EPO sur un cycliste moldu. Et cela, jusqu'à la fin des jours du receveur… »
« Donc, si j'offre mon sang à Fama, elle gagnera en puissance magique… » résuma Hermione.
« Elémentaire mon cher Watson ! »
La Serpentard s'engagea dans un couloir et sursauta de surprise en tombant nez à nez avec quatre personnes qui semblaient l'attendre.
- Tiens, des Gryffondors dans les cachots ! ironisa l'enchanteresse.
Elle voulut croiser les bras sous sa poitrine, mais le gauche était encore douloureux.
- Granger… Enfin sortie de l'infirmerie, commença Potter.
- Tu as quelques instants à nous accorder ? demanda Black.
Derrière les deux sorciers, Ron et Fama se faisaient discrets.
- Avec plaisir… J'ai hâte d'entendre ce que vous avez à me dire, répondit Hermione.
Orion prit la direction du parc et Potter, après un regard froid à la Serpentard, lui emboita le pas. La Serpentard eut un petit sourire pour Ron et Fama et tous se mirent en route.
« Je sens que la conversation va être intéressante… » jubila la Source, impatiente.
La neuvième sage ne répondit pas. Que lui voulaient les minis maraudeurs ?
La suite la semaine prochaine !
En vous souhaitant un bon week-end et de bonnes vacances pour les petits veinards, on vous fait de gros bisous !
Sygui et Link9
