Ma que calor avec la Wyverne... vous voici prévenus ; ))
Chapitre 8 : Coeur de Wyverne
Nos mains s'étreignent d'un trottoir à l'autre pour mieux se lâcher en plein carrefour bondé. Nous fendons la foule tels des chasseurs sans proie ni gibier.
Je ris parfois en me jetant sur lui et il me fait tourner sur le trottoir, pivotant de toute sa hauteur. Un baiser vient clore le tour de manège. L'été est là.
Au bureau, nous sommes des plus discrets. Les seuls regards entendus à surprendre sont, respectivement, ceux de Minos et d'Aiacos. Mais il y a une autre personne à qui le fruit de cet amour ne convient guère et elle ne tarde pas à apparaître pour administrer au Juge, qu'elle considère comme sa possession, une démonstration d'autorité dans les règles !...
Le ricanement annonce la sanction à venir.
"Tu es ridicule, Rhadamanthys. Regarde-toi."
Elle s'approche, glissant le pouce à l'ongle pointé le long des lèvres coupables du Juge.
"A moins que ce soit pour attirer mon attention..."
La punition pénètre dans le corps indiscipliné comme un poison, contractant l'estomac dans un spasme douloureux qui le renverse en avant, maculant les pages écrites du nouveau contrat d'un vomissement sanglant comme un coup de poing mortel à même les viscères.
"Crois-tu vraiment que je puisse tolérer longuement ce manège, Rhadamanthys ?"
Il tousse, s'essuyant du revers, maculant le col de sa chemise sous le gilet sans manches.
Elle glisse son arme sous le menton rebelle.
"Regarde-moi, Rhadamanthys !..."
Ses pupilles appellent le feu divin.
"Me suis-je bien faite comprendre, Juge ?"
Ses yeux suivent avec précision le filet carmin laissé aux commissures du Juge impénitent.
"Est-ce clair, Rhadamanthys ?"
Il retient avec peine une nouvelle quinte sanglante.
La stagiaire, dénommée Clémentine, est le nouveau jouet des Juges en manque d'amour.
"Mais rien ne te vaut." se plaît à me rappeler Aiacos.
Le Garuda vient faire son nid au creux de mon épaule. Mon nez plonge dans les mèches de jais.
Que faire pour aider Rhadamanthys ?...
Comme s'il devinait mes pensées, ses doigts viennent jouer avec mon médaillon : "Briser le lien ne va pas s'avérer aisé."
"Il en coûtera."
"S'il survit." cherchant mes lèvres pour les sceller et mette fin au doute.
Je m'installe et fais rouler la chaise jusqu'aux plans que j'étudie, compulsant le tout sur la base de données.
Il règne une chaleur intenable dans les locaux ; clim en panne oblige.
Aiacos est le premier à tomber le t-shirt et Clémentine s'en lèche les lèvres.
Minos préfère s'éventer avec ce qui lui tombe sous les doigts.
Quant à Rhadamanthys, il s'est contenté de desserrer son nœud de cravate, chemise moite de sueur.
La pluie s'abat, faisant hurler le vent et rouler le tonnerre, illuminant les cieux de cette électricité déchargée sur Terre. Je cours, cherchant refuge et là, attendue, une porte cochère dans une ruelle déserte !...
Rejointe bientôt par une Wyverne joliment trempée... mais pas à court d'idées !...
Ses mains montent toujours plus haut, partant de mi-cuisses, couvrant mon corps de sa silhouette massive, lové sur moi comme le plus doux des dragons, main glissant sous la cuisse pour mieux me hisser sur lui, prêt pour ce à quoi on lui demandait de renoncer !... la pluie frappe son dos offert aux éléments et à la vue, glissant en moi en un tour de main, laissant mes soupirs lourds flatter oreilles et aiguiser sens, mouvements réduits alors que les éclairs déchirent le ciel suppliant, bougeant de plaisir non dissimulé, visage marqué par un défilement coupable ; transgression ultime zébrée de cris à l'unisson alors que nous basculons dans le vif du sujet, hurlant notre caprice à pleins poumons, nous moquant ouvertement de la représentante de tous les dieux. L'orgasme nous cueille au moment où la pluie se fait plus forte et l'orage porté à son paroxysme. Il n'a pas renoncé. Et son corps est prêt à subir les affres de ce nouvel égarement. L'aimer n'en revêt que plus de valeur encore.
Il se laisse tomber sur le canapé, trempé mais heureux, souriant, secouant la tête en arrière, mouillant le dossier.
Je le rejoins, me glissant tout contre lui, main sur le gilet, venant m'attaquer au lobe de son oreille impie, lui murmurant la chaleur de quelques mots qui lancent ses reins dans un feu charnel. La langue se charge de l'achever, glissée dans l'interstice, traîtresse. La main descend plus bas, sur le renflement délictueux, le renforçant davantage jusqu'à lui arracher des sons d'une indécence ténébreuse. J'observe le sourcil se froncer à mesure que son plaisir monte toujours plus haut, traits froissés par la luxure.
Un instant, mon âme tremble de voir débarquer la furie faite femme mais le baiser chaud me retire à ma contemplation morbide, m'amenant dans les contrées accueillantes de sa peau. L'instant d'après, je le chevauche comme on dompterait un étalon sauvage, vue s'échouant sur le renflement de sa pomme virile, tandis que de la bouche ouverte s'échappent une folle cascade de cris et d'appels impudiques. Mes mains courent de part et d'autre de ses bras qu'elles ramènent en croix sur le dossier, s'arrêtant sur le bracelet cuir qui orne le poignet droit. Jouer des hanches, associées aux contractions interdites autour de son attribut tendu, gorgé de plaisir illicite, bouche venant happer une à une les expressions grognées qui lui échappent dans un flot ardent, descendant en mordillages humides sur la pomme vibrante. Le travailler jusqu'à ce qu'il donne tout dans un rugissement exalté. Nouvel éclat éblouissant de plaisir mâle, se mêlant à un orgasme tout féminin. Jouer sur lui, le taquiner encore pendant qu'il demeure dur, regard s'amusant avec le sien, sourires se répondant entre deux plaintes lascives, feu impudent dansant sans fin au fond des prunelles, vives de vie. La Wyverne est si belle lorsqu'elle se laisse aimer... au mépris de toute absolution.
Le cri est retenu entre les dents closes, en barrière à la douleur. Le fouet vient lacérer un nouveau pan de chair, laissant éclater un aboi étouffé.
"Je veux t'entendre crier, Rhadamanthys ! sois bon chien et hurle !"
Les doigts viennent se crisper autour de la prise d'acier des chaînes autour des bracelets de poignets, corps soumis au caprice dévastateur d'une furie déchaînée. Elle-même manie le fouet sur le dos offert du Juge, traçant des sillons toujours plus profonds.
"Tu nous y obliges, Rhadamanthys. Ta folie nous y oblige !"
Nouveau coup qui emporte son pesant en chair. Nouveau cri contenu au fond de la gorge, conscience s'éloignant lentement de la prison, filant entre les barreaux noircis par le temps.
Le fouet se change en serpent et là, il hurle, se redressant dans le lit, moite de terreur.
Un cauchemar... ce n'était qu'un cauchemar. Il jette un œil sur la place vide. Il aimerait que je sois là, à ses côtés, maintenant.
