Hey !

Les Téach's ne sont toujours pas à moi, hélas, hélas. Un jour, qui sait?

C'est un chapitre (devenu) essentiel pour la tournure de la fiction.
Merci pour vos reviews!

Enjoy!

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Chapitre 8 : Une étoile parmi l'atmosphère.

A nouveau, le portable vibra. Je prenais mon inspiration, lançais un regard un peu dur à ma mère pour être sûre qu'elle comprenait et je décrochais.

« - Aïlisan.

- Alors tu es à la maternité et tu ne me le dis pas?

-Oui…Je ne voulais pas t'affoler.

- M'affoler ? Hey ! Mais je sais que tu vas accoucher, quand même !
- Je sais… Mais j'ai simplement peur que tu….
-Fuis ?
-Oui, Bill, j'ai besoin de toi »

II y eu un blanc où j'entendais une voix derrière, ce que j'imaginais être son double. Sa respiration soufflait doucement dans le combiné, répercutant un sifflement grave. Dans d'autres conditions, je me serai laissé bercer par cette douce mélodie
Désormais, si tenté qu'il ignorait ce besoin de le savoir présent, il s'en trouvait informé.

«Aïlisan…… Ich bin da wenn du willst.
-Je sais.
-Je viendrai Aïli, j'essayerai de faire tout mon possible. Ce que je peux mais tu sais… Je m'étais imaginer père, mais pas si tôt, pas de cette manière.
-Oui, avec une fille que tu aimes, pas une vulgaire groupie.
-Aïli ! Où vas-tu chercher tout ça ?
-Oui. Tu sais quoi, j'ai demandé la chambre 483. Le médecin m'a dit que ce n'était pas le bon service. Mais je me retrouve avec la chambre 48.
- S'il suffisait de ça pour te dénommer groupie Aïli. Arrête de penser ça, veux-tu ?
-Merci Bill…
-Je viendrai te voir. Aussitôt qu'elle naît, je serais là.
-D'accord, merci.»

Il y eut un nouveau blanc. Cette fois, je l'entendais clairement parler avec quelqu'un. J'écoutais attentivement, ce n'était pas réellement correct, mais j'étais curieuse.

« Tom ! Alors, il n'y a rien ou bien ? …. Bah va demander s'il te plait ! Magne-toi ! »

Je rigolais doucement, en imaginant la scène. Bill au téléphone qui cri après son frère, entrain de manger des pop-corn devant la télévision. Quelques courtes minutes après, il y eut à nouveau du mouvement, des bruits, quelques paroles et enfin, Bill se souvint que j'étais à l'autre bout de la ligne.

«- Voilà, c'est confirmé, je serais là, d'accord ?

-D'accord ! Tu sais, si tu ne veux pas venir, je peux le comprendre. Ne te forces pas !

-Je serais là, Aïlisan. Je vais devoir te laisser. Bisous

-D'accord ! Merci Bill! Au revoir! »

Groupie ou pas, fan ou pas, enceinte ou pas, gamine ou non, je venais d'avoir Bill Kaulitz au téléphone. Peut être que certains se seraient préférablement vantés d'avoir eu une liaison avec lui, d'avoir goûté ses lèvres, d'avoir effleuré sa peau longuement ou d'avoir dans son ventre la moitié de lui.

Non, je préférais mille fois avoir entendu sa voix au téléphone, l'avoir entendu prononcé mon nom pour me dire au revoir, et l'entendre réclamer de mes nouvelles.
De cet appel, je retenais qu'il m'avait surnommé « Aïli », qu'il m'avait presque grondé, m'avait dit 'bisous' et ... ma mère me regardait, furieuse.

« Alors ? Il voulait quoi ? »

J'aimais la façon tendre et attentionnée que ma chère maman prenait pour me sortir de mes songes. La façon qu'elle avait de tout juger sans rien connaître, en se basant sur des préjugés

«- Maman, il voulait savoir tout plein de chose. Il veut venir me voir

- Il compte venir te voir ? De quel droit ?

-Hey ! Mais dis-donc, ce n'est pas toi qui me baratine depuis une semaine pour que je lui dise que je vais accoucher ! Il viendra me voir s'il le veut ! C'est sa fille que j'ai dans le ventre maman ! »

Son regard se transforma. Peut être qu'elle s'était rendu compte qu'elle était allée un peu trop loin. Elle tenta quelques excuses mais c'était un peu tard, elle m'avait vexée, blessée.

L'ignorant complètement, j'attrapais mon portable et je joignais Karen. Tellement de chose à lui dire soudainement. Elle passait tous les soirs depuis une semaine, me faisait un compte rendu de sa journée de cours et m'affirmait que j'aurais pas mal de boulot à la reprise. Puis elle m'embrassait et me laissait avec regret.

La matinée s'écoula lentement et ma mère me quitta plus tôt que d'habitude. De toute manière, nous ne parlions pas, alors à quoi bon ?

Tabea me rendit à nouveau visite dans l'après midi, s'assura que tout allait bien, et avec son regard tendre et réconfortant me tira les vers du nez.

«-Pourquoi ta maman n'est-elle pas restée ?

-Elle n'aime pas le père de Nuit.

-Ca ne doit pas être évident pour elle.

-C'est surtout qu'elle ne l'aime pas. Elle me répète cinquante fois par jour de l'oublier.
-Je ne l'ai jamais vu ici ce jeune homme. Et tu ne m'as jamais expliqué en quoi 'c'était compliqué', alors je t'écoute. »

Cette femme avait un don pour deviner les choses. Un don pour réconforter, quelque chose de magique émanait d'elle, ce petit plus qui fait que lorsqu'elle franchit le seuil de la chambre, tout devient beau.

« -Tabea, connais-tu Tokio Hotel ?

-C'est le groupe que tu écoutes en boucle…et mes filles sont fans. Alors forcément, Bill et Tom, je les connais.

-Justement. Je.. Le père. C'est… »

Non, je n'arrivais pas à le dire. Ça restait coincé dans ma gorge. Et pourtant je savais que je pouvais tout lui confier, qu'elle saurait garder le secret.

« C'est l'un des deux jumeaux? »

Alors je lui avouais tout, en passant par notre première rencontre et l'évolution de notre relation plutôt conventionnelle jusqu'à cet appel, que je qualifiais de magique.

Cette soudaine complicité, et je me remémorais notre dernière rencontre, celle où il me salua d'un bisou sur la joue et me souhaita pleines de bonne chose avant de partir, celle où je me retrouvais avec un DVD dédicacé dans les mains.

La sage-femme me fit un grand sourire. J'aimais quand sa main passait dans mes cheveux, comme une mère, qu'elle me soutenait de son regard plein d'étincelle, qui en disait long.

Elle me rassura, tout changerait quand Nuit respirerait enfin l'air de notre monde.

Les jours passèrent dans une routine languissante, et ce soir là, le mardi 8 janvier, quand Tabea m'examina, elle m'affirma que Nuit serait là très, très bientôt.

Je ne m'endormis pas facilement, anxieuse. Tabea ne laissait pas de place au doute sur son affirmation, et je lui faisais entièrement confiance. Ces instants seraient les derniers en tant qu'adolescente.

Mes rêves glissaient, m'emportant dans un univers de biberon rose, de pleurs de bébé incessant, d'hôpitaux et de poupée.

Encore dans un brouillard de sommeil, je me réveillais comme chaque nuit. J'avais froid et chaud à la fois. J'avais peur mais je me sentais protégée.

Je voulus me lever pour aller aux toilettes, la raison pour laquelle chaque nuit je me réveillais, mais une souffrance en bas du dos m'en empêcha.

Des piques de douleur me sortirent des dernières vapes de la nuit. Quelques choses de chaud et de visqueux s'insinuait lentement entre mes jambes. En évitant de m'effrayer plus que nécessaire, j'allumais la lumière de la chambre à tâtons.

Presque rassurée, cette substance n'était pas du sang mais, alors que tout devenait clair, je refusais de l'admette.

Grâce à l'interrupteur d'urgence, j'appelais l'infirmière de garde tout en essayant de ne pas me focaliser sur la douleur que provoquait mon bas ventre.

Il ne fallait pas être stupide pour comprendre que j'allais accoucher mais, je n'arrivais pas encore à l'accepter. Trop tôt, beaucoup trop tôt.

Une infirmière débarqua, je ne l'avais jamais encore vu. Des cernes marquaient son visage, et pourtant elle souriait

« Bonsoir… Tout va bien ?

-Non… Je crois que je vais accoucher. »