Propos Pensifs
« Mon cher monsieur.
Et bien ! Votre description de l'image péjorative de la femme m'a fait trembler ! J'ai honte de me voir à travers cette figure féminine que vous avez écrite. Par contre je vous avais demandé de ne pas mettre de compliments et vous n'avez su respecter cette règle…Vous m'avez une nouvelle fois fait rougir devant votre lettre. J'en ai assez ! (Et pourtant j'apprécie énormément cette attention de votre part.)
Lorsque vous avez écrit que la jalousie nous rendait « mignonne » je me suis sentie gênée et me suis rappelée un homme que j'avais aimé il y a quelques années, mon premier amour…Cela s'est mal terminé vu que ça n'avait jamais commencé.
Je me sens immature de vous parler de ça.
Pour les « parasites », je tenterai de vous faire un portrait concis et le mieux caché possible : il y en a deux, ou trois, l'un d'entre eux était ami avec moi depuis ma petite enfance mais, suite à ses fréquentations douteuses -pour ne pas dire horrible- et qu'il m'ait traité de la pire des manière en publique, je ne le fréquente plus. Cependant, il est possible qu'il veuille me contacter à nouveau car j'étais assez importante pour lui…Suis-je trop orgueilleuse ?
Le second est un horrible garnement ! Il a mon âge et de bonne note en cours mais il est d'une arrogance et d'un égocentrisme…Je me retiens de déchirer ce parchemin ! Je n'ai jamais pu le supporter, dès notre première rencontre je ne l'ai pas apprécié… Pour continuer, par le pire des hasards, il a décidé de me faire la cours à sa manière : montrer sa supériorité à tout bout de champs et embêter mes amis…La possibilité qu'il veuille avoir des informations sur moi pour tenter de me séduire ou même me faire du chantage est très importante.
Depuis peu, il y en a un troisième : un jeune homme amis avec le précédent mais qui est un modèle de gentillesse et de prévenance. (Je ne peux le ranger avec les deux autres vermines.) Même si parfois il se laisse entraîner dans les actions de son compagnon, je l'apprécie assez. Je ne le connais pas vraiment et il tombe souvent malade, ce qui le rend distant et parfois froid, mais…Votre délicatesse me rappelle la sienne, quoiqu'elle ressemble un peu plus à de la timidité qu'à votre galanterie.
Il faut que je vous avoue que, juste après avoir envoyée le hibou portant ma lettre précédente, j'ai utilisé votre interdiction contre le second personnage que j'ai décrit, le laissant pantois. Je vous remercie encore, et ne vous inquiétez pas, je tenterai de ne pas trop en faire usage.
Mes soupçons restent sur vous, vous m'en voyiez désolée, mais à chaque fois que je reçois une de vos lettres, elle renie l'un des suspects pour confirmer certaines de mes angoisses pour un autre…Mais si vous êtes ravis que…Je vais tenter d'élucider cette énigme !
Je ne dis rien de plus.
Reparlons de notre discussion sur les hommes et les femmes…Je pense que la chose que j'apprécie chez les hommes, ou plutôt que j'envie c'est justement de ne pas être trop « terre à terre », vous pouvez vous amusez sans qu'une masse énorme de contrainte ne vous écrasent. Aussi, votre manière de penser est plus simple que la notre…Nous cherchons la difficulté en voulant traduire tel ou tel comportement, en cherchant à donner des sous-entendu au moindre de nos gestes, mais comme vous l'avez dit, on ne fait qu'embrouiller un peu plus les choses. Et puis, vous nous faites rires…Sauf lorsque vous êtes trop arrogant.
Malgré ça, je Vous considère comme « à part », vous avez un charme étonnant et une courtoisie rare !
Pour continuer…La description que vous avez faite de cette partie du parc m'a tout bonnement laissée sans voix ! La manière dont vous parlez de ses secrets, son envoûtement, la grâce avec laquelle vous retracez ses couleurs et ses formes, et l'importance qu'a ce lieu pour vous…Vous allez me rendre jalouse mon cher !
Je suis encore toute émue d'avoir lu une telle oeuvre.
Je ne saurais vous parler de la même manière mais je vais tenter de défendre ce qui est mon lieu préféré dans Poudlard –même si depuis votre lettre, le parc approche de la première place.
En réalité il y en a deux : un hors des murs et l'autre à l'intérieur du château.
J'apprécie énormément la bibliothèque : c'est un lieu où l'on découvre sans cesse de nouvelles informations, où l'on apprend dans le calme que seule les pages jaunies par le temps arrivent à perturber par leur froissement, il me suffit de franchir sa porte pour me sentir sereine. Découvrir des secrets enfouis derrière des couvertures de cuir et la lumière reflétée sur les nuages de poussière qui se laissent voler paresseusement entre les étagères…Tout ça me rend rêveuse.
Cependant, il y a certains moments de la journée où il vaut mieux ne pas s'y rendre, quand il y a trop de monde par exemple.
Ensuite, j'affectionne assez les abords du lac : les couleurs changeantes de l'eau au fil des heures, ses reflets étincelant sur toute sa surface, la fraîcheur qu'il nous offre en même temps que les emplacements ensoleillées…
Oh, mais…Nous avons un point commun ! Nous apprécions la possibilité de choisir la température qui nous entoure.
J'aime rester aux rebords du lac pour contempler les ombres mystérieuses qui semblent glisser dans ses profondeurs…J'aurai voulu y aller une fois, pour découvrir quelles étaient ses créature que j'apercevais parfois, à la surface…
Mais je doute pouvoir le faire un jour…Et même si j'en aurais la possibilité, je n'oserais sûrement pas : cela fait parti de ces fantasme qu'il ne vaut mieux pas réaliser…
Me revoilà écarlate une nouvelle fois. Parlons d'autre chose désormais…
Parlons des cours : je ne sais pas si vous êtes professeur ou élève mais dans les deux cas, vous connaissez (ou avez connu) les même cours que moi. J'aimerai que l'on discute sur nos sujets favoris ou autres…
Pour offrir un exemple : j'ai d'horrible difficultés en arithmancie, je hais cette matière à causes de ces complications, le devoir sur lequel un élève lambda passerait un quart d'heure, je dois y passer une soirée. Et encore, je ne vous assure pas la moyenne. Par contre, sans travailler sérieusement j'arrive à avoir des notes brillantes en sortilèges…
Comme la vie est étrange, cher correspondant…
Qu'en est-il de vous ?
En priant que ma lettre ne vous déplaise pas trop.
Une jeune fille encore rêveuse.
P.S. : J'insiste ! »
