Titre original : Draco Malfoy, a Story
Auteure : BlancheMalfoy
Traductrice : Falyla
Paring : Draco/Harry POV Draco
Rating : M
Disclaimer : Les personnages et les situations appartiennent à JK Rowling, l'intrigue de cette fic est de BlancheMalfoy. Je ne m'approprie que la traduction avec son accord bienveillant.
Sommaire : Après les événements du tome 7, Draco Malfoy n'est plus le même. Voici son histoire.
État de la fic originale : en cours, chapitre 11 en ligne
Note de la traductrice : bonjour à toutes et à tous. Je sais, je sais, j'ai un peu mis cette traduction de côté mais je ne l'abandonne en aucun cas, soyez rassurés. Je ne suis pas pour autant restée oisive pendant cette période, pour celle et ceux que ça intéresse, j'ai terminé, relu et corrigé la totalité d'OoD. Le talentueux Wannaplay (allez lire Résistances !) effectue en ce moment une ultime relecture afin de traquer les éventuelles coquilles oubliées.
Oui, oui, vous avez bien lu, la traduction d'Objects of Desire d'Azrael Geffen est (enfin !) finie. \o/
Dans un premier temps, les tomes 1 et 2 seront publiés en support papier avec illustrations puis la mise en ligne suivra, évidemment.
Pour les délais, ce n'est pas moi qui gère mais je vous tiendrai au courant.
Voilà, merci pour tous vos messages.
Bonne lecture.
L'histoire de Draco Malfoy
Chapitre 8
Il y a deux choses qui me détendent quand j'ai des crises d'anxiété et que je me sens pris au piège intérieurement, luttant désespérément pour me libérer de ce poids, c'est me promener sur ma propriété avec mes chiens et jouer du piano.
Mon père n'a jamais aimé l'idée de me savoir au piano. À ses yeux, c'est une activité de chochottes. Ma mère, cependant, s'est assurée que je prenne des leçons et que je m'y montre assidu. Jouer du piano, faire courir doucement ses doigts sur les touches et créer une parfaite harmonie est magique. La musique transcende l'âme. Elle la façonne, l'adoucit et la rend plus belle. C'est du moins ce que je ressens quand je joue.
L'âme déchirée, je m'asseois au piano et je commence à jouer Rachmaninov, concerto n°2. Je laisse la musique m'envahir et me submerger. Il n'y a pas d'orchestre derrière moi et pourtant, je peux l'entendre. Je peux entendre chacun des instruments comme s'ils faisaient partie intégrante de moi. Je me surprends à espérer que la musique me fera oublier Harry Potter et le fait que je ne sais absolument rien sur Le Livre des Morts à part ce que j'en ai lu dans quelques livres sorciers et moldus.
Le Livre des Morts, d'origine égyptienne, est un objet désiré par tous ceux qui apprécient la magie ou simplement l'histoire. On dit que ce livre a été écrit il y a plus de trois mille ans par un très puissant sorcier de cet époque. Le livre contient des potions et des incantations. Son but supposé est de servir de guide spirituel de la vie après la mort. Cependant, certains disent que ça va au-delà. C'est aussi un dangereux livre de magie noire. Il peut ramener les êtres d'entre les morts, pour autant qu'on lui fournisse un récipiendaire approprié – un corps muni d'une âme. Ce n'est pas un livre pour les timorés. Il est aussi tabou que les Sortilèges Impardonnables. Mais, jadis, il ne l'était pas. Ce n'était pas un livre diabolique ou, du moins, il n'était pas prévu qu'il le soit au début. Il y a tellement de choses qui sont au-delà de notre connaissance. C'est au-delà de la pure et simple magie noire. Bon, d'accord, ce n'est pas si simple mais c'est puissant et intéressant.
Ces imbéciles de Moldus pensent qu'ils le possèdent, du moins en partie, au musée de Londres. Ils ont un papyrus de vingt-quatre mètres qui contient des choses merveilleuses mais il manque la partie vraiment intéressante : les sortilèges magiques et des potions qui peuvent faire qu'une personne s'enfuie à toutes jambes en hurlant ou qu'elle se réjouisse en souriant méchamment. Enfin, c'est ce qu'ils disent. Le papyrus complet fait probablement au moins cinquante mètres. Il est, à l'évidence, plus long et mieux fourni. C'est une porte vers un autre monde.
Il a été trouvé par un Moldu mais la partie véritablement magique a été volée par un sorcier qui a décidé que le livre était trop dangereux pour être partagé avec le reste du monde et, par conséquent, devait être caché à jamais. Ce que les Moldus possèdent est historiquement intéressant mais il ne contient rien qui puisse tenter un sorcier. La partie qui méritait d'être volée est partie depuis longtemps. Et je ne sais absolument pas où commencer à chercher.
Ma seule consolation, c'est que les Tout-Puissants ne le savent pas non plus. Je suis une fois de plus retourné voir Burke pour récolter des informations. Comme d'habitude, il était d'une humeur de chien mais un sac d'or peut opérer des miracles sur le plus dur des cœurs. Il m'a assuré que personne ne connaissait l'endroit où se trouvait le Livre des Morts et je l'ai cru. J'ai été très généreux, après tout.
Pour l'instant, je me concentre plutôt sur ma musique. Peut-être que je pourrais en tirer quelques réponses. J'espère que les notes m'apporteront l'inspiration si ce n'est l'oubli. Rien que la musique et moi.
Un bruit soudain me distrait. Je regarde autour de moi et je découvre Angel qui m'observe de ses grands yeux verts. Il semble saisi d'étonnement de s'être fait surprendre à espionner. Je souris.
- Tout va bien, Angel ? je demande doucement pour le mettre à l'aise.
Il hoche la tête.
- Tu aimes le piano ?
- Oui. J'en ai entendu quelques fois quand on vivait près d'un théâtre à Londres…, il me répond timidement.
Mon cœur se serre à cette pensée. Je l'invite d'un signe.
- Viens par ici, alors.
Après une brève hésitation, il s'assied à mes côtés. Je l'encourage à sentir les touches du piano de ses petits doigts, ce qu'il fait presque avec révérence. Il me rappelle Scorpius au même âge quand il prenait place à côté de moi et me regardait jouer. Scorpius joue aussi mais il n'a pas la même passion que moi pour cet instrument.
Cependant, je peux voir qu'Angel montre que grands signes d'intérêt. À ma grande surprise, il joue le premier accord de la mélodie à la perfection. Je suis enchanté.
Je joue un peu plus et je suis impressionné par sa capacité à me copier. Il semble ressentir la mélodie, tout comme moi. Sans doute qu'il manque de délicatesse mais il a assurément du talent. C'est un prodige.
On se sourit. Je joue quelques accords supplémentaires et, même s'il est un peu perdu à la fin, il réussit à me copier encore une fois à la perfection. Il est incroyable.
Je commence à jouer La Grande Sonate pathétique de Beethoven. C'est un peu moins difficile que Rachmaninov mais pas moins beau. Après nous jouons Konna ni Chikaku de [1]. C'est plus doux, comme une berceuse. Il me suit bien. Nous laissons la mélodie nous envahir. Je souris comme je n'ai pas souri depuis longtemps. La douceur et l'innocence d'Angel font leur chemin dans mon cœur.
Nous sommes complètement immergés dans la mélodie. Je succombe totalement. Jusqu'à présent, il n'avait été qu'un moyen pour parvenir à un but, à garder Harry Potter à proximité. Mais maintenant, je le vois réellement pour la première fois. Je vois un fragile et adorable garçonnet, un garçon que des gens comme Goyle veulent transformer en Serpentard. C'est aussi surréaliste que nous deux en train de jouer du piano.
Je fais le vœu de le protéger coûte que coûte.
Astoria nous interrompt quelques minutes plus tard et l'emmène prendre un thé et des gâteaux. Je ne me joins pas à eux. Je continue à jouer, reconnaissant de me sentir l'esprit enfin apaisé. Ce changement a été soudain. Le piano est vraiment magique et il n'a même pas été créé par un sorcier.
Je désire Harry plus que tout autre chose mais je ne ressens plus le besoin d'utiliser cet enfant uniquement pour passer un peu de temps avec lui. Est-ce que j'ai finalement grandi ? Je ricane. Mieux vaut tard que jamais.
- J'ignorais que tu savais jouer du piano, commente une voix derrière moi.
Je rate un accord et mes mains se figent. J'avais complètement manqué sa présence, ce qui est très inhabituel. Je sais toujours quand Harry Potter est dans les parages. Je me rappelle quand il me suivait partout sous sa cape d'Invisibilité à Poudlard. Mais je dois avouer, cependant, qu'il s'est arrangé pour me surprendre parfois. C'est avec horreur que je me souviens de l'humiliant épisode où il m'a surpris à pleurer dans les toilettes de Poudlard. Je frissonne légèrement en pensant à quel point j'ai été proche d'être tuer par Harry ce jour-là.
- Qu'est-ce que tu fais là ? Tu ne crois pas que tu devrais frapper avant ? je demande sèchement.
Je me retourne pour lui faire face. Ses yeux verts sont plus brillants que d'habitude, comme s'il était ému. Ma musique, peut-être ? J'ose à peine y penser. Mais bon, l'espoir est permis, non ?
- Depuis quand tu joues ?
C'est tellement typique de Harry de se contenter d'ignorer mes questions.
- Depuis que je suis petit. Pas que ça te regarde.
- Je ne m'attendais pas à…
- … ce côté plus doux ? je finis pour lui.
- Je suppose, en effet.
Je cache mes mains dans mes poches.
- Qu'est-ce que tu fais là ?
- Tu ne m'as pas dit que je pouvais aller et venir comme il me plaisait ?
Touché.
- Si tu viens parler aux garçons…
- J'ai déjà essayé. Alfred ne dit pas grand-chose et je ne pense pas qu'Angel réalise qu'il est danger.
- Alors tu me crois maintenant ?
- Je n'ai jamais dit que je ne te croyais pas. J'ai juste dit que Voldemort n'était pas leur but.
Il marche jusqu'à la fenêtre et regarde au-dehors. Ses yeux semblent se perdre dans le paysage. Les miens prennent le temps d'admirer sa magnifique silhouette en contre-jour.
- Le livre du British Museum n'est assurément pas un objet sorcier. Il ne contient rien qui puisse être considéré comme dangereux.
- Tu n'aurais pas dû prendre la peine d'aller vérifier. J'aurais pu te le dire. De plus, Potter, si ce vieux parchemin du musée moldu était vraiment dangereux, tu penses vraiment qu'on l'aurait laissé là ? Tu ne crois pas qu'on l'aurait volé depuis le temps ?
Il soupire.
- On devait s'en assurer, Malfoy. C'est une étape normale dans une enquête. Je suppose que tu ne le savais pas puisque tu n'as jamais travaillé de ta vie, hein ? il me provoque.
Je me renfrogne. Certes, c'est en partie vrai mais ça fait quand même mal de l'entendre. Je me lève, furieux.
- Tu crois que j'ai passé ma vie à ne rien faire ? Ma famille a beaucoup d'affaires à gérer.
- Oh, oui. Lucius Malfoy est actionnaire dans de nombreuses compagnies sorcières et même avec quelques sociétés moldues ! Comment il les a obtenues, cependant, est quelque chose qui mérite pleinement d'être éclairci, spécialement pour les actions moldues.
- Je croyais que ton équipe de supers Aurors avait déjà enquêté sur les Malfoy.
- Ton père est le roi de la magouille.
Ça, c'est indéniable. En fait, j'envie réellement l'intelligence de mon père quand il s'agit d'enfreindre les lois. J'ai essayé d'être comme lui mais j'ai échoué lamentablement. Mais maintenant, je ne pourrais pas moins m'en soucier. Je ne cours pas après la fortune, le pouvoir ou la renommée. Je ne souhaite pas la gloire et encore moins le monde sorcier à mes pieds. Non. Tout ce que je veux, c'est Harry Potter.
Il faut croire que mes vœux sont toujours inaccessibles.
- Tu n'es pas venu ici me parler de mon père ?
- Non.
Harry se rapproche de moi. Il paraît exténué.
- Je suis là parce que j'ai besoin de mettre deux ou trois trucs au clair. Je ne sais pas exactement ce que tu prévois…
- Je ne prévois rien du tout. Je ne peux pas jouer au bon samaritain pour une fois ?
- Les choses n'ont jamais marché comme ça entre nous, Malfoy.
- Bien, c'est comme ça que je veux que ça marche dorénavant.
- Tu ne vois comme c'est absurde ?
Je marche bravement jusqu'à lui et je lui fais face.
- Écoute, Potter, je ne veux vraiment pas traverser une autre guerre. Même Serpentard a l'air d'une plaisante alternative contrairement à notre actuelle…
- De quoi tu parles ?
Harry est en colère. Il croise les bras et me lance un regard noir.
- Le monde sorcier ne s'est jamais mieux porté, Malfoy. Le taux de criminalité est le plus bas depuis quarante ans. Nos lois n'ont jamais été plus équitables. Les taxes sont…
- Ouais, ouais, je sais tout ça, Potter, je le coupe promptement.
Je n'ai vraiment aucune envie d'entendre son discours enflammé sur les merveilles accomplies par le Ministère de la Magie.
- Si tu ne tiens pas compte du Gang de la Mort, je suppose que notre monde est en effet bien plus sécurisé depuis que tu es responsable de l'équipe des Aurors.
Je fais une pause. Si mon père pouvait m'entendre en cet instant, il est bien certain qu'il me déshériterait sur le champ.
- Shacklebolt est un très bon Ministre, je reconnais tout en me détestant de l'admettre. Personne ne peut dire le contraire.
- Pas devant moi, du moins.
- C'est sûr. Mais il ne s'agit pas de ça. Je fais ça pour protéger les garçons.
Je cesse brusquement de parler alors que je suis littéralement à court de mots quand mes yeux se perdent dans les siens.
Harry me dévisage avec une telle intensité que je trouve soudain difficile d'avoir les idées cohérentes. Du moins, un instant.
- Tu n'essayerais pas la Legilimencie sur moi encore une fois, par hasard ? je demande avec suspicion.
- Parfois, tu me stupéfies, il me répond, à ma grande surprise.
- C'est nouveau, ça.
- Je pensais que tu serais enchanté à l'idée du retour de Serpentard au pouvoir. Je pensais que tu rejoindrais tes anciens amis et deviendrais un membre de leur groupe tout puissant.
Je fais une grimace.
- Je crois que enchanté est un poil excessif, je réponds.
- Tu sais ce que je veux dire. Je t'ai surveillé.
Apprendre ça me fout les boules et me ravit tout à la fois. Je sais, je suis un paradoxe.
- Tu ne fais pas partie de leur groupe. J'ai retourné ta vie dans tous les sens les dernières semaines.
Maintenant, ça, ça fait vraiment chier.
- J'ai découvert des choses intéressantes sur toi, des choses qui m'ont intriguées. Pas exemple, j'ai découvert que tu avais à peine quitté le Manoir.
Je pivote et avance jusqu'à la fenêtre. Je sens mon visage brûler. Je suis gêné à mort. Comment a-t-il pu tout découvrir ? Est-ce qu'il connaît mes sentiments ? Je repousse cette idée. Bien sûr qu'il les ignore. C'est impossible. Et ce serait bien trop humiliant s'il les connaissait.
- Tu es allé voir un psychiatre.
- Je fais une petite pause en ce moment, j'essaie de railler sans succès.
- Je sais que tu as souffert d'une sorte de déficience magique causée probablement par ces problèmes psychiatriques auxquels tu as dû faire face toutes ces années.
- Mais c'est confidentiel ! je m'exclame, outragé. Comment tu l'as su ?
Je sais que je suis assurément très pâle. Mon estomac baratte et je me sens pris de vertige. Je ferme les yeux. Si l'obscurité m'engloutissait, je l'accueillerais volontiers. Je ferais tout pour échapper à ce déplaisant moment.
Harry Potter est sans aucun doute le nouveau Dumbledore. Il sait absolument tout ce qui se passe, exactement comme le vieux !
- Malfoy.
- Comment tu l'as découvert ? j'insiste.
- Je suis un Auror. C'est mon boulot.
- Cette information est hautement confidentiel, Potter ! Ou du moins, je croyais qu'elle l'était… On ne peut vraiment faire confiance à personne…
Qu'Azkaban soit damné, je vais tuer mon psychiatre.
- Ton psy ne m'a rien dit, il me précise, comme s'il savait exactement à quoi je pensais. De plus, comment je l'ai découvert est hors de propos. Le truc, c'est que…
- Qu'est-ce que tu veux dire par hors de propos ? T'es dingue ou quoi ? On parle de ma vie privée, là !
- J'ai dû m'assurer que tu n'étais pas impliqué avec les Tout-Puissants ! Et, crois-le ou non, je pense vraiment que tu n'as rien à voir avec eux. Et je pense vraiment que tu te soucies de ces garçons !
Mes yeux s'écarquillent et mon cœur se met à battre la chamade.
- Je commence à te croire, Malfoy, il poursuit. En outre, je peux dire qu'Alfred et Angel aiment cet endroit. Je suppose que ça aide d'avoir une femme comme la tienne. Elle n'est pas du tout comme je l'imaginais.
- Ça veut dire quoi, ça, exactement ?
Il grimace comme s'il était en train de se demander s'il doit me le dire ou pas.
- J'imaginais qu'elle était comme toi.
- Et c'est une mauvaise chose parce que… je me moque en laissant volontairement ma phrase en suspens.
Il rit mais sans humour.
- Je dois vraiment répondre à ça ?
Je peux aisément deviner qu'elle était son opinion sur Astoria. Tout le monde pense qu'elle n'est qu'une version féminine de moi. Ils se trompent complètement.
- Bref, le truc, c'est que j'apprécie ton aide mais… il recommence.
- Tu es sérieux ? C'est donc ça ? je le coupe à nouveau. Tu apprécies mon aide mais tu veux que je me tienne en retrait ?
- Merde, Malfoy, tu voudrais pas la fermer et me laisser parler ? s'insurge Harry, très irrité.
Et bien sûr, je fais ce qu'il demande. Je suis un con.
- Je ne veux pas que tu sois impliqué, il me déclare.
- Mais je suis déjà impliqué, Potter, que tu le veuilles ou pas ! je réplique.
- Tu n'es pas du tout en condition de m'aider, Malfoy ! Tu t'es vu dans un miroir dernièrement ?
Je ne sais pas s'il avait l'intention de me blesser ou s'il essaie juste de mettre en face de la réalité. Je penche pour les deux. Je jette un coup d'œil au grand miroir suspendu au-dessus de la cheminée et je vois qu'il a raison. Je suis blême, presque transparent. J'ai aussi l'air terriblement faible et maigre. Mon charme de jadis s'est envolé. C'est humiliant.
Harry s'arrête à quelques centimètres de moi. Nous nous dévisageons à travers le miroir, les yeux verts, pleins de vie contre les iris gris délavé. Je me mors la lèvre inférieure. Harry ouvre partiellement les siennes. Et si je me tourne et je l'embrasse, qu'est-ce qu'il ferait ? Je suis peut-être fichu mais je ne suis pas mort. Mon désir pour Harry est plus fort que tout, plus fort même que ma faiblesse.
- Je serai ton Gardien du Secret. Les garçons peuvent rester ici, il dit finalement. Mais c'est tout. Oublie le Livre des Morts. Ça ne concerne pas. Laisse mon équipe s'en occuper.
Je me retourne. Nos deux corps se touchent presque. Je frissonne doucement. J'espère qu'il pense que j'ai un peu froid.
- Super, je réponds en me surprenant moi-même. Juste pour ton information, je vais adopter les garçons.
Harry ouvre des yeux comme des soucoupes. Je l'ai totalement scotché. Ça fait du bien.
- Tu ne crois pas que tu vas plus vite que la musique ? Ou tu as pris ta décision après que tu as découvert la connexion d'Angel avec Serpentard ? demande Harry, soupçonneux.
- Non, mais vraiment, Potter !
Je suis outré.
- Si c'était vraiment le cas, je me serais déjà tourné vers les Tout-Puissants ! Je sais que c'est dur pour toi d'accepter que j'ai des sentiments. Mais je me suis pris d'affection pour ces garçons ! Je suis un père ! J'aime mon fils ! Chaque fois que je regarde Angel et Alfred, je pense à Scorpius et dans quel genre de situation il serait si je ne l'avais pas fait ! Si j'avais été arrêté ou tué, Scorpius serait un autre de ces enfants perdus entre les mains de ces salopards !
Je me tiens devant Harry. Je me sens plus vivant que jamais.
- Tu peux dire ce que tu veux mais je vais les adopter ! je continue. Et si j'ai la moindre information sur le Livre des Morts, j'irai le chercher ! Je me fous de ce que tu dis. Je suis encore en vie, tu sais ?
- Encore ? Qu'est-ce tu veux dire par là ? Qu'est-ce qui cloche avec toi ? il demande et il semble sincèrement concerné par mon bien-être.
Bien, bien, bien. Et qu'est-ce que ça veut dire, ça, alors ? Cependant, avant que je puisse répliquer, Astoria fait son apparition.
- Draco, mon chéri, tu veux quelque chose de spécial pour le dîner ou…
Sa voix douce s'éteint dès qu'elle voit que Harry et moi ne nous tenons qu'à quelques centimètres l'un de l'autre. Nous sommes tous les deux furieux à cause de notre dispute et nos visages sont rouges. J'ai peur de ce qu'elle peut penser. Heureusement, Astoria n'est pas du genre à faire un scandale ou à dire quelque chose de déplacé. Bien qu'un peu rouge – tout comme moi – elle sourit simplement et s'excuse.
- Je suis désolée. Je ne savais pas que Mr Potter était là. J'aurais dû frapper.
- Ce n'est rien.
- Oui, j'étais sur le point de partir de toute façon, rétorque Harry.
Il est redevenu lui-même. J'envie sa capacité à chasser son embarras si rapidement.
- Malfoy.
Il m'interpelle en regardant droit vers moi.
- Oublie tout.
- Oh, vraiment ?
Je croise mes bras d'une manière que j'espère menaçante mais c'est plutôt puéril.
- Vraiment. Réfléchis avant d'agir. Ne fais rien uniquement pour me faire chier.
Très bien, je plaide coupable. Mais je veux vraiment adopter les garçons. L'idée ne semble plus si effrayante. Je les aime. Est-ce que c'est inconcevable ?
Harry ne me dit pas au revoir quand il s'en va mais au moins, il salue Astoria en se dirigeant vers la porte. Astoria me dévisage avec curiosité.
Je soupire. Je me sens éreinté. Je m'installe dans le fauteuil le plus proche et je me plonge le visage dans les mains. Astoria s'inquiète et elle vient rapidement s'asseoir à mes côtés. Je dois lui parler de mes décisions impulsives. Alors c'est ce que je fais.
NdT :
[1] Konna ni Chikaku de est le générique du manga animé Nodame Cantabile interprété par Crystal Kay.
À suivre…
Voilà. Ça vous a plu, déplu ? Des questions ? Laissez-moi un petit message et n'oubliez pas que pour vous répondre, une adresse e-mail ou un compte Ffnet est nécessaire. Sans ça, je n'ai que votre pseudo et je ne peux rien faire.
