Paul versus Théo
Cette partie du combat a été rédigée par le créateur du personnage de Mathieu. All right reserved
Fin de la deuxième rencontre de la onzième bataille du War Game, score : un partout,
Au terme d'une bataille d'anthologie, à l'épilogue pour le moins étonnant, Matthieu et Lyria sortirent, ensemble, de l'arène.
« Tu sais, je suis vraiment contente d'avoir fait ce combat contre toi !
- Ton père doit être un voleur.
- Ah bon ? Fronçant les sourcils, Pourquoi ?
Matthieu eut un sourire éclatant et rempli (à mort) de tendresse.
- Il a pris toutes les étoiles du ciel pour les mettre dans tes yeux.
-OOOOOOOHHHHHHH dit une Lyria rougissante de plaisir
Devant tant de roucoulades, nous aurions presque put entendre des dizaines de violons entamer leur plus beau morceau romantique, lorsque deux traits enflammés vinrent vites (ou plutôt très très vites) à la rencontre des deux tourtereaux.
-Mais qu'est-ce que….. Mugit Matthieu, Hache du Berserker, kalt !!!!
Une bise glaciale enveloppa l'attaque, puis deux gros morceaux de glace rebondirent sur le sol.
-MATTHIEU !!!!! VIENS ICI PRENDRE LA RACLEE DE TA VIE !!!!!!!!
Obligé de délaisser les yeux (superbes au demeurant) de Lyria, le concerné se mit à observer un poil plus attentivement son environnement immédiat. Il put alors noter de manière forte intéressante que devant lui se tenait, prête à lui sauter dessus, Kelly, furieuse, tenant ses lames d'effrit enflammées dans chaque main. Le seul rempart à ce courroux n'étant que Paul essayant de la retenir, mais il est vrai d'une manière peu convaincue. (En fait, on peut dire qu'il ne la retient que jusqu'au moment ou elle sera assez calme pour ne pas commettre de meurtre.)
-Mat, je pense qu'il serait bon pour ta santé de disparaître quelques temps, dit Paul toujours prêt à donner des conseils pertinents, même avec un ton faisant passer la banquise pour un enfer.
-Oui, euh… Lyria ?
-Oui mon Mathou ? Ronronna la bibliothécaire sexy.
Kelly : Mais laisse moi Paul !
Surveillant d'un œil inquiet ses deux amis, Matthieu eut une phrase pleine de courage.
-Je crois qu'une retraite stratégique s'impose. Pourrais-tu utiliser ton Andarta et nous mener loin d'ici ?
Kelly : Tu ne veux quand même pas le laisser impuni ?!
-Ragenrave ?
Paul : J'accumule la rancune patiemment.
-Non, plutôt un endroit tranquille, isolé, (sourire colgate) où on ne serait que tous les deux, tu vois ?
Paul : Tu me promets de ne pas le tuer ?
-Oui dans le désert ! Rien que nous deux à l'ombre des dunes ! Oh mon aaaaamooouuurrr, ce serait merveilleux !
-T'en fais pas un peu trop là ? Dit un Matthieu franchement étonné par toute cette débauche de verbiage amoureux.
-(Oh mon dieu, LE Sourire Malicieux de déesse) Un peu, mais j'adore voir ton amie enragée, minauda-t-elle.
Matthieu prit alors les deux mains de Lyria dans les siennes (faites rejouer les violons, SVP), la regarda yeux dans les yeux, lui sourit et lui dit tendrement.
-On est vraiment fait pour s'entendre tous les deux, maintenant…..
Kelly : RAAAAAAAAAAAAHHHHHHHHH !!!!!!!!!!!!!!!!!!!!!
Paul : Bon ok, (raclement de gorge) un, deux… Oh ciel, quel malheur ! Je l'ai lâchée ! (My goodness)
-… Si on pouvait se presser, j'ai vraiment hâte de découvrir ces dunes dont tu m'as parlée.
-DRAKE, AU PIED !
-Tout de suite, Darling. Andarta ! Au Désert Trois-quarts Vide !
Et sur ce, ils disparurent. Laissant, un, Kelly folle de rage et de frustration (ben oui, elle n'a pas put se venger dans l'instant, donc elle ne le fera jamais, elle n'est pas rancunière….. N'est-ce pas ?), et deux, Paul très calme mais pensant déjà aux multiples vacheries qu'il pourrait faire au « couple de l'année ». (Il est rancunier.)
-Ah le lâche ! Le traître ! Il est parti avec sa traînée !
-Kelly….
-Euh, SVP… dit l'arbitre avec l'air blasé de celui qui sait détenir une grosse boite de somnifère à la maison, serait-il possible qu'on continue, par pitié ?!
Kelly et Paul regardèrent l'arbitre avec la tête de gens qui viennent de se rappeler quelque chose d'important. Paul :
-L'arbitre a raison Kelly. Calme-toi, nous avons une bataille à gagner.
-Ok Paul, euh, ça ira ?
-Bien sur, voyons. A l'arbitre. Je suis prêt.
On entendit distinctement un soupir de soulagement.
-Bonne chance Paul ! On est tous derrière toi !
A ces mots, tout Ragenrave abandonna leur début de tournoi de belote coinché. (On ne sait jamais, elle peut peut-être nous voir la dame)
Quant à Paul, il s'avançait tranquillement vers l'arène, à peine avait-il le torse un peu plus bombé, mais on sentait qu'il se retenait de lancer des phrases du genre : « Je suis seul face à mon destin à présent » ou « Je ferai tout ce qui est en mon pouvoir pour faire triompher le bien sur le mal » ou encore «EH, regarder les filles ! Je vais sauver le monde ! ».
En face de lui, une petite silhouette dont le visage disparaissait sous la capuche de son long manteau noir s'avança, arrivée à une dizaine de mètre de Paul, elle lui demanda avec une voix semblable à celle d'un héros de Oui Oui :
-Etes-vous bien sur d'être amis ?
Étonné par cette question peu commune de la part d'un membre de l'échiquier avant un combat, Paul répondit :
-Certains, on s'entend très bien même ! Bon ok, on se chamaille parfois, mais c'est surtout lorsque les deux autres zigotos commencent à faire leur gamin.
-Tu n'aimes donc pas les enfants, Paul ?
Pris de court.
-Euh…. Je n'ai pas dit ça. Mais bon, il est vrai que je ne suis pas particulièrement attiré par tout ce qui a trait à l'enfance.
-Dommage.
Sur ce dernier mot, il entreprit de défaire son manteau. Cela fait, Paul ainsi que le reste de l'assistance purent admirer un…. (Mince alors !) magnifique Teddy bear d'un mètre de haut. Celui-ci était on ne peut plus mignon , de couleur marron, il ne semblait avoir comme ärms, en plus d'une canne à pommeau ornée d'un cristal noir, qu'un pendentif double face, l'un neutre, l'autre moqueur, et une bague à l'annulaire gauche. A noter qu'il puait le bonbon à la fraise.
-Je m'appelle Théo. Allez Paul, tu veux bien venir jouer avec moi ?
A Ragenrave, le public se taisait, une véritable chape de plomb de silence pesait sur le château. On pourrait se demander ce que l'assistance aurait bien pu faire d'autre,
Certes le nouveau combattant étonnait, mais comme il faisait parti du fameux trio des fous, on ne pouvait décemment juger l'avenir du combat sur son apparence, donc on se taisait et on attendait les prochains délires et invraisemblances à venir.
Seule Kelly eut une parole :
-Oh bon sang…
Qui fut complétée par un Matthieu rentré précipitamment. (Suivi de Lyria, évidemment)
-De bonsoir !
-Ah, te revoilà toi ! (Note au futur metteur en scène, penser à produire une version avec accent marseillais)
Des flammèches se mirent à danser sur la tête de la jeune femme.
-Euh, dis Kelly comme Paul va se battre, pourrait-on présenter un front uni pour une fois ?
-Ok, mais fais gaffe à tes fesses. T'as pas intérêt à te faire trop entendre !
-Messieurs êtes-vous prêt ? Demanda l'arbitre, puis sans attendre de réponse. Commencez !
-Eh bien mon grand garçon, chantonna Théo, allons-y ! Weapon ärm: Dark Crystal Staff, Sword!
Non seulement le pommeau en cristal, mais aussi l'ensemble de la canne du Teddy se mit alors à luire d'une aura noirâtre. Celle-ci grandit, se modela, puis finalement se durcit sous la forme d'une épée courte noire ; loin d'être lisse sa lame était au contraire recouverte de piques acérés sur toute sa partie inférieure, de sorte que l'on pouvait imaginer aisément que son but était plus de déchiqueter que de couper proprement.
-Bon ben, jouons alors, dit Paul dégoulinant de sueur et d'une voix mal assurée. Il empoigna le bracelet qu'il portait au poignet gauche et déclara, Weapon Ärm Épée de cyclone !
Se mettant à courir sur ses petites pattes velues, Théo s'écria :
-Et c'est partie pour un super duel d'escrime, youpi !
Et il sauta vers Paul…..
Sur le coté de l'arène, une sueur froide coulait franchement sur les nuques de Matthieu et Kelly.
-Kelly, Paul s'est bien fait traité contre sa micro-arkto-phobie, n'est-ce pas ?
-Oui, mais contre ça, j'ai bien peur qu'il fasse une rechute.
-Oh, merde.
-Sa micro-arkt… quoi ? Demanda Lyria
- il est allergique aux ours en peluche.
…….qui eut un mouvement de recul instinctif tout en bloquant maladroitement l'épée de son adversaire. S'ensuivit alors un étrange ballet. Profitant de sa petite taille, d'une vitesse hallucinante et de saut de kangourou ; au cri de guerre « Youhou, tu es mon ami » ; Théo ne cessait de presser son adversaire. En frappant d'estoc et de taille, en se fendant de manière extravagante ou encore en essayant de le raccourcir au niveau des membres inférieurs, il ne lui laissait aucun répit.
Face à cela, Paul en était réduit à reculer encore et encore, esquivant et parant les nombreuses tentatives de son adversaire, pourtant tenant le même rythme que le Teddy, il ne semblait ni déborder, ni essouffler. Tout le public attendait le moment ou passant à la vitesse supérieur Paul reprendrait l'avantage. Seulement rien ne venait, se cantonnant dans une défense aride ; au final, coûteuse en énergie, et pourvoyeuse de nombreuses coupures, il semblait incapable de porter le moindre coup. Jusqu'au moment ou (toujours avec une voix de télétubbies) Théo déclara :
-Je sens ton sentiment de répulsion envers moi, mon petit Paul, envers toute les choses de l'enfance. Quel dommage que ta peur domine ta haine, et qu'elle t'empêche de me toucher…..
-Tu n'es qu'une immonde créature ! Cria Paul, J'eusse aimé que tu aies eu des propriétaires et que le plus petit de leurs enfants t'ait jeté au feu !
-Des mots tout cela, j'ai torturé et tué mes proprios il y a longtemps, et (hihihihi !) je ne vais pas tarder à faire la même chose avec toi, Paulinou.
Sur ces mots, Théo repartit à l'attaque, et surprit Paul en augmentant son rythme de frappe. Après 4 ou 5 coups parés in extremis, mais lui coûtant tout de même deux autres longues estafilades au visage, son adversaire le projeta en arrière à l'aide du pommeau de son épée, puis effectua un impressionnant salto arrière se retrouvant à 5 mètres devant Paul.
-Essaye de bloquer ceci ! Spike Ball !
Sur ces mots, son Weapon arm se transforma à nouveau, pour prendre la forme d'une immense masse d'arme que Theo projeta à une vitesse surprenante pour sa petite taille. Sa chaîne s'allongeant démesurant, elle vint percuter Paul à la poitrine avant qu'il ait put totalement l'esquiver.
-Et maintenant, version Hammer !
Le souffle coupé, propulsé contre un mur par la violence du choc, puis couché à terre, il vit avec horreur le Teddy bear venir vers lui à la vitesse de l'éclair en tenant à bout de bras un marteau géant.
-PAUL !!! Crièrent avec angoisse Kelly et Matthieu, Ressaisis-toi !
Ils sont drôles eux, j'ai l'impression d'avoir percuté un semi-remorque, et en plus ce Teddy me paralyse. Puis en jetant un coup d'œil à la masse marron qui arrivait sur lui, Paul eut un pale sourire. Mais… c'est qu'il n'est plus du tout mignon maintenant…
En effet, Théo était loin d'être aussi avenant que quelques secondes auparavant. Au moment où il fut au-dessus de Paul, des griffes acérées et des crocs immenses lui étaient apparus, enfin des cicatrices couraient sur son pelage dorénavant mité. D'une voix de biker sataniste (impossible de décrire autrement), il gueula :
-JE VAIS TE REDUIRE EN BOUILLIE !
Et il abattit le Hammer sur Paul…
Un même « NON » de désespoir sortit de la bouche des combattants de La Cross Guard.
-Il est mort, personne ne peut résister à cela.
-Et nous avons perdu en plus…
-Vos gueules ! Aboya Gaïra. Regardez plutôt, l'arbitre n'a encore rien dit.
-Tu as senti, Kelly ?
-Oui, son potentiel magique est remonté d'un coup, rien n'est fini.
Ils eurent tous les deux un grand sourire.
-Cela ne fait même que commencer, dit Matthieu, ce Teddy va vite comprendre son erreur de s'être montré sous son véritable jour.
Sure de son fait, c'est à ce moment que Théo décida de rendre sa forme de canne à son Weapon. Pensant découvrir un macchabée écrasé, il vit avec surprise qu'il n'y avait que l'herbe d'écrasée.
C'est alors qu'une voix bien connue s'éleva.
-Tu es toujours une horrible chose Théo, mais tu ne me rends plus impuissant désormais.
On vit alors Paul, le manteau lacéré, la chemise et le torse ensanglantés, sortir lentement de derrière un mur.
-Heureux de l'apprendre, et si je te taille en morceau en chantant des comptines ? Tu ne survivras pas à un nouveau corps à corps dans ton état mon pauvre Paul. Dark Crystal Staff, Axe !
Une longue hache apparut alors dans sa main…
-Peuh, copieur va ! Dit Matthieu.
…puis il reprit sa course à la Speedy Gonzalez vers Paul.
-Épée de cyclone, rafales.
Paul se mit alors à faire tournoyer cinq ou six fois son épée devant lui, ce qui produisit à la surprise de tous, autant d'ondes de vent d'une vigueur peu commune qui vinrent à la rencontre du Teddy, le soulevèrent de terre et le projetèrent au loin par la voie des airs, lui faisant d'ailleurs mordre la poussière a l'atterrissage.
-C'est bien pour cela que je ne vais pas te laisser m'y embarquer. (Une de ses boucles d'oreille s'illumina) Dimension Ärm Clignotement.
Paul disparut alors…
-Enfin, il se décide à utiliser ses ärms et à passer à l'attaque, ce n'est pas trop tôt, dit Gaïra.
-Quel est cet arm Clignotement ? Demanda Dana
-C'est un dimension qui lui permet d'aller ou il veut dans un certain périmètre, soit il décide de manière précise l'endroit, soit il le laisse faire de manière aléatoire, c'est cela qui lui a permis d'esquiver le Hammer. Tiens, regardes.
… pour réapparaître au sommet de la seule tour du château tenant encore debout. Montrant au ciel la bague qu'il portait à la main droite, il cria :
-Guardián Ärm, Vol de corbeau!
Un nuage noir prit alors forme au-dessus de sa tête, un nuage de plumes, de becs, de serres et de croassements.
-Allez-y mes beaux, faites-moi de la charpie de ce nounours. En piqué !
Des dizaines de corbeaux foncèrent sur Théo, qui se mit à se défendre de façon désespéré en donnant moult coups de hache sur les volatiles, mais vite débordépar le nombre, il commença à prendre de terribles coups de becs.
-Si cela continue ainsi, il ne va pas faire long feu. Dit Kelly avec un sourire satisfait.
-La question centrale est de savoir ce qu'il va faire maintenant. Son Weapon a beau être surprenant et lui donner un avantage certain au corps à corps, il ne justifie pas sa présence au sein du trio des fous. Lyria, pourrais-tu nous éclairer ?
-Je n'en ai pas le droit, mais vous allez voir…
-Théo, je te préviens, je ne te laisserai pas le loisir d'abandonner.
-Mais je n'en ai pas l'intention, petit Paul, la suite arrive. Holy Ärm, la Malle à jouet !
Au milieu de la masse de volatiles, une lueur provenant du pendentif du Teddy apparut, grandit, les corbeaux furent projetés en arrière, et on put voir une grande malle en bois recouvert de graffitis enfantins. Passablement énervés, les oiseaux se jetèrent alors sur cet obstacle imprévu sans aucun résultat probant, la malle restait intacte.
Paul rappela ses corbeaux et dit, acerbe :
-Efficace comme protection.
-N'est-ce pas ? Déclara Théo du fond de sa planque. Non seulement cela me protège de la plupart des attaques physiques, mais en plus je suis soigné des quelques dégâts que tu m'as infligés. C'est la face neutre de mon pendentif.
-Par contre niveau attaque, c'est déplorable.
-Oh, ça c'est le rôle de la face moqueuse… Guardian Ärm: Le Pantin !
Deux ärms en un seul ? pensa Paul. Mais qu'est-ce que… ?
La malle se mit alors à tripler de volume, puis d'un coup une sorte de diable sorti de sa boite se propulsa vers Paul, comme il était muni d'une tête (ou la mâchoire prenait énormément de place), de deux bras aux doigts crochus, et d'un tronc démesuré en accordéon (ne semblant pas avoir de longueur limite) qui le reliait à sa malle, on pouvait penser raisonnablement que ce n'était pas pour lui faire qu'un gros bisou.
-Clignotement ! Cria Paul.
En une fraction de seconde, il disparut de son perchoir pour réapparaître une dizaine de mètre plus loin à terre, cela pour voir à nouveau le diable foncer sur lui.
Ce n'est pas possible, il a beau être rapide, il ne peut pas arriver si près de moi en un laps de temps si court.
Comme s'il lisait dans ses pensées, Théo chantonna sadiquement :
-Le pantin est toujours à l'écoute des enfants, Paul, si bien qu'à tout moment il sait ou tu te trouves.
D'accord… bon ben je sais ce qui me reste à faire.
-Clignotement !
Et il disparut à nouveau pour réapparaître sur un mur, il y eut un « zut » de dépit, puis il redisparut pour cette fois arriver sur une étendue de terre dégagé ou il se mit à courir…
-Hi hi hi hi hi, cela ne sert à rien Paul, tu ferais mieux d'arrêter de fuir pour te battre et mourir dignement !
… il clignota, et continua sa course quelques secondes dans les airs jusqu'au moment ou il s'écria en prenant son collier :
-Witherwing !
Deux grandes ailes noires lui apparurent alors sur le dos, il se mit à planer avec élégance, puis piqua à la rencontre du pantin.
-Des ailes ? Comme Roland ? Bon, plumes-le !
-Épée de cyclone !
L'arme lui apparut dans les mains, puis il fut sur le gardien adverse. Évitant les poings et les griffes grâce à son vol rapide et élégant, il commença à tourner autour, puis maniant vite et fort l'épée de cyclone, se mit à tailler de vastes croupières dans le revêtement de toile du pantin. Malheureusement, il apparut vite aux spectateurs que ce travail de destruction ne gênait pas outre mesure le gardien, en effet sa taille immense compensait les dégâts que Paul lui infligeait.
Si bien qu'au bout de quelques minutes, ses coups de griffes se firent plus précis, obligeant Paul à les parer avec sa lame, et lui interdirent l'approche de son corps. Ce duel griffes contre épée continua jusqu'au moment ou croyant voir une ouverture dans la défense du pantin, Paul fondit sur le haut de son tronc. Mais son adversaire fut plus rapide, une des mains frappa Paul sur le coté, lui arrachant un bon tiers de son aile droite. Propulsé comme une balle de ping-pong, et avant qu'il est put esquisser le moindre mouvement, le jeune homme fut accueilli par l'autre main qui le percuta violemment et l'envoya en chandelle dans les nues.
Un nouveau cri d'angoisse retentit dans le public, semblant inconscient Paul arriva au faite de son ascension, puis chuta très vite en direction de la gueule grande ouverte qui l'attendait. (Comme s'il était une cacahuète qu'on avait lancée négligemment)
Un rire hystérique monta de la malle. Croyant voir en direct la fin de son ami, Kelly commençait à fermer les yeux, lorsqu'un violent cris de guerre retentit dans le ciel. Alors qu'il allait être gober, Paul se mit à tournoyer sur lui-même, son épée tenue à bout de bras.
« Tornade !! ». Il se forma alors un tourbillon autour de lui, évitant la bouche, la trombe frappa sous le menton et en un éclair décapita le pantin, puis réduisit en charpie le long torse et les bras. Privée de son lien avec la malle, la tête s'écrasa au sol, tandis que Paul atterrissait lourdement. (Vous avez déjà réussi un atterrissage propre avec une aile déchiquetée, vous ?)
-Hourra, bravo Paul ! Cria Matthieu.
La malle disparut. A sa place, se tenant sur sa canne Théo eut un sourire inquiétant.
-Oui, bravo Paulinou. Tu as bien passé les tests d'admission.
Le jeune homme se relevait difficilement, la manche droite de son long manteau était déchirée et laissée voir une large coupure ensanglantée le long de son bras, le visage pale et le souffle court, il écarquilla les yeux.
-Pardon ?
-Oui, je mène une équipe un peu spéciale. Je crois que je vais t'inclure dedans.
-C'est quoi ces conneries ! Je crois surtout que je vais te réduire en miette, oui. Jamais je n'irai dans une quelconque équipe avec toi !
- Ton ami est mort, Matthieu. Dit tristement Lyria.
-Pourquoi dis-tu ça ? Ce n'est pas possible.
-Tu verras…
-Tss-tss, je ne vais pas te demander ton avis, mon enfant…
Darkness arm, Ames volées !
Sa bague se mit à luire faiblement, puis la pierre s'ouvrit, s'en échappa une douzaine d'ectoplasme qui s'alignèrent devant le teddy.
Théo fut alors pris d'un immense fou rire et hoqueta :
-Esclaves… hahahahahuhuhu…. Ce garçon est votre cible… hihihihihihi… allez ! Mouahaha… expliques-lui la suite, Roland.
Les âmes commencèrent à tourner autour de Paul qui tenta, sans succès, de les chasser à grands coups d'épée. Bizarre j'ai l'impression que je m'affaibli, mais… mon potentiel magique baisse aussi… pas d'erreur, je perds mes forces…
Roland avait perdu son éternel sourire, son regard était même empreint d'une certaine tristesse.
-Cet arm a pour propriété d'invoquer des âmes de combattants vaincus précédemment, celles-ci vont sans relâche poursuivre la personne qui leur est indiquée afin d'aspirer son fluide vital jusqu'à ce que mort s'ensuive. Cela fait, l'âme de l'infortuné rejoint l'arm et devient l'esclave de son propriétaire. Il n'y a pas de contre-mesure à part peut-être le sceau du mort ou le grimoire du thaumaturge. Je ne cache pas que c'est un sort assez déplaisant.
-Mais pourquoi rit-il ainsi ? Demanda Kelly.
-C'est la contrepartie, dit Lyria. Il entend les hurlements d'agonie ou de désespoir de ses esclaves, certains en meurent de peur ou deviennent fous, lui, il se marre…
-Déplaisant est un euphémisme, bon, je vais attendre alors. Déclara Paul d'une voix lente.
Un silence interloqué suivit ses paroles.
-Quoi, tu ne tentes rien ? Tu n'essaies même pas de t'échapper ?
-Cela ne ferait que m'affaiblir encore plus Matthieu, soupira-t-il.
- Abandonnes alors !
-C'est une manie chez toi ! Non, c'est un duel à mort.
Paul croisa les bras, et dans le silence (mis à part les rires volontairement non contrôlés de Théo) l'assistance attendit sa chute.
Son visage devint cadavérique, sa respiration sifflante, des marques rouges puis sanglantes apparurent sur ses mains, ses bras, et enfin son visage. Ne pouvant plus se tenir debout, il s'agenouilla.
-Paul…. Soufflèrent tristement Matthieu et Kelly.
- Je pense que c'est bon maintenant. Levant sa main gauche. Je t'invoque Midnight Vulture !
Puis il s'écroula à terre.
C'est alors que derrière lui une forme sombre apparut, deux ailes spectaculaires, un corps osseux, des serres comme des poignards, et un bec en forme de sabre se dessinèrent. Ce qui ressemblait à un immense vautour noir atterrit à coté de Paul.
-Je suis là maître, dit-il d'une voix d'outre-tombe, vous êtes près de l'issue fatale. Désignez-moi votre ennemi. Votre sang s'écoule, il crie vengeance.
Rassemblant ses forces, Paul dit doucement à l'oreille du vautour :
-C'est le petit ours à la canne là-bas. Mais n'effectues pas tout de suite la vendetta, contentes-toi de le désarmer et de le malmener, arrêtes-toi au moment ou je dirai ton nom.
-Très bien, maître.
-Va !
Midnight pris alors son essor et fonça en direction de Théo, voyant cela ce dernier redoubla de rire, puis d'une voix étranglée :
-Un gardien dans son état, il est fou ! Je vais le balayer en un coup ! Hahahahahaha ! Dark Crystal Staff spear !
Une lance de deux mètres apparut dans ses mains, puis entre deux hoquets hilares, la propulsa de toutes ses forces vers le vautour…. Qui loin d'être ralenti, la repoussa négligemment d'un coup d'aile, comme s'il ne s'agissait que d'un vulgaire fétu de paille ; puis piqua sur le teddy.
-Ce n'est pas possible, vu l'état de son manieur, ce ne devrait être qu'une simple baudruche… La Malle à Jouet.
Et il s'enferma à nouveau. Malheureusement pour lui, le vautour se posa, et sans aucune peine défonça le métal du coffre avec son bec, puis à l'aide d'une de ses serres, il attrapa le nounours terrifié, le jeta à terre, l'y plaqua, et enfin approcha son long bec de la tête…
-Midnight ! Ramènes le près de moi !
Ceci fait, Paul à l'agonie murmura :
-Ce vautour gagne en force à mesure que moi je les perds, si jamais je viens à mourir, il devient quasiment invincible, et ne disparaît que lorsque mon meurtrier m'a rejoint dans la tombe. Tu n'as donc pas le choix. Détruis ton Darkness pour me guérir, sinon…
Les yeux agrandis par la frayeur, Théo ne discuta pas. Il retira sa bague et brisa la pierre, dans l'instant les ectoplasmes disparurent.
-Bien, Midnight, occupes-toi de notre ami maintenant.
Avant qu'il ait put pousser le moindre cri, on vit la tête du Teddy rouler à terre.
L'arbitre qui s'était approché pour suivre la scène protesta :
-Mais il a cru que vous alliez lui laisser la vie sauve… il aurait sûrement abandonné…
Le visage toujours recouvert de balafres, mais retrouvant des couleurs, Paul se releva et dit :
-C'était un duel à mort, il aurait du s'en rappeler… et puis on ne sait jamais. Un nounours, c'est pas franc.
Puis, il s'éloigna sous les hourras de ses deux amis.
FIN
