Donc le chapitre précedent vous a plu, cool ! Par contre, vous êtes nombreux à avoir disparu en review. Pourquoi ?

Retour dans ce chapitre sur les différents membres de l'équipe et leur manière d'affronter ce qu'il s'est et va se passer. Bonne lecture !


Chapitre 8 – Affrontements

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Ce n'était pas possible. Ça ne pouvait pas être vrai. Tony ne pouvait pas être mort. Il pouvait tout lui arriver, sauf ça. On ne réchappait pas à la peste pour s'écraser au pied d'une falaise. C'était comme survivre à une explosion nucléaire pour ensuite se tirer une balle dans la tête. Du grand n'importe quoi.

La seule explication plausible était un mensonge de Gibbs ou une erreur de sa part. Mais il ne se trompait jamais. Quant au mensonge... non, il n'aurait pas menti à ce propos.

Mais alors quoi ? Peut-être qu'il était sûr de lui alors que ce n'était pas vrai. Il ne savait pas que Tony était vivant. Oui, ça ne pouvait être que ça.

Abby dédaigna le CafPow à côté d'elle. Elle n'avait pas le temps de boire, elle devait retrouver le 4X4. Il fallait qu'elle mette la main sur celui ou celle qui avait agressé Tim et Tony à grands coups de pare-choc. Il ou elle risquait de recommencer en apprenant que les agents étaient vivants. Elle devait le retrouver avant qu'il recommence.

Ses doigts naviguaient à toute vitesse sur les touches du clavier. Plusieurs recherches étaient en cours. Dès que l'une se terminait, elle était aussitôt remplacée par une autre. L'ordinateur tournait à plein régime. Les autres machines feraient bientôt de même lorsqu'on lui aurait apportée des échantillons et le véhicule des agents pour analyse.

Elle n'avait pas le temps d'étendre son bras pour atteindre le gobelet en bout de table. Cela lui ferait perdre quatre-vingt quatorze centième de seconde, presque une entière. Elle ne pouvait pas se permettre de gâcher ce temps. Elle avait trop de choses à faire.


La petite icône indiquant l'état de la batterie du pc était alarmante. Un message s'était même affiché pour le signaler. Il fallait brancher l'ordinateur sur le secteur où il allait s'éteindre faute d'énergie.

Penché sur l'écran, Tim n'en avait cure. Il lui fallait retrouver ce type. C'était vital. Il devait l'attraper. L'aide d'Abby pour ses recherches était essentielle. À deux, ils iraient plus vite. Il avait besoin de la machine pour ça. C'était son unique objectif depuis la chute de Tony. Il souhaitait également le retrouver, mais c'était bien moins important à ses yeux que coincer le salopard responsable de sa mort.

L'écran devint subitement noir. La batterie était à plat. De rage, le jeune homme frappa avec violence le capot du véhicule de secours sur lequel il avait installé le portable. La carlingue émit un bruit sonore qui lui rappela celui entendu dans la voiture lorsque l'autre les avait percuté.

Il serra les poings, occultant l'élancement dans l'un d'eux. Cela ne faisait qu'une douleur de plus. Il avait déjà l'impression d'être passé sous un rouleau-compresseur, alors une de plus, une de moins...

Il avait attiré l'attention des gens par son geste. Il s'en foutait. Personne ne lui adressa de remarque de toute manière. Il était énervé. Un mot de leur part n'aurait fait qu'accentuer le problème, ils le savaient sans doute. Ils avaient également autre chose à faire, à commencer par faire venir un hélico pour remonter les vestiges d'une berline noire crashée cent mètres plus bas.


Il avait espéré de toutes ses forces ne pas revivre une telle chose. La mort d'un proche était toujours terrible. Cela devenait un cauchemar lorsqu'on était légiste et qu'on devait autopsier le corps.

Il l'avait fait pour une dizaine d'agents ces dix dernières années, commençant par Patchi pour finir avec Cade. Il avait cru mettre un terme à cette sombre série huit mois auparavant, comme à chaque fois. Il avait eu tort. Il ne savait pas comment il ferait cette fois.

Il se connaissait bien pour dire qu'il ferait son travail. Il le devait bien à Anthony. Mais, il doutait s'en remettre. Ça devenait plus dur à chaque nouvelle autopsie. Peut-être était-il temps pour lui de raccrocher sa blouse et profiter d'une retraite bien méritée. Car il doutait être en mesure de pouvoir continuer son travail après ça. Certes, il se faisait toujours cette réflexion dans ces cas là. Cependant, il l'envisageait avec plus de conviction aujourd'hui. Jimmy était prêt à prendre la relève. Il pouvait partir tranquille.

Avec un soupir, il prit place sur le siège face à son bureau. Il attrapa les rapports d'une précédente affaire qu'il devait relire et signer. Cela lui occuperait l'esprit puisqu'il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre. Cela lui permettrait d'effacer l'image de l'agent sur une des tables dans son dos. Il en venait à espérer qu'on ne le retrouve pas. Ce serait tellement plus simple pour lui.


Gibbs leur avait dit d'utiliser tous les moyens possibles pour récupérer la voiture et le retrouver. C'était bien ce qu'elle comptait faire, quitte à mettre à sec la trésorerie du NCIS. Vance pourrait bien leur dire quoi que se soit, ça ne changerait rien.

L'hélicoptère était le meilleur moyen dans le premier cas. Pour cela, il fallait que des hommes descendent harnacher l'engin afin qu'il soit hélitreuillé. Parmi eux, certains se mettraient à la recherche de Tony. Elle leur apporterait son aide une fois la berline prise en photo sous tous les angles possibles.

Cela signifiait qu'elle devait descendre. Pas que la descente en rappel la gênait. Elle n'avait pas le vertige, cela ne lui posait aucun problème. Le souci serait une fois au sol. Qu'est-ce-qu'ils allaient trouver ?

Pour la voiture, elle le savait, elle pouvait le voir de là où elle se trouvait. Mais pour Tony... elle craignait plus que tout de retrouver son corps. Sa vision la hanterait toute sa vie, elle le savait. D'un autre côté, il était hors de question qu'elle laisse des étrangers le trouver les premiers. C'était son rôle. Elle resterait ensuite avec lui jusqu'au retour à l'agence. Personne ne l'y obligerait, mais jamais elle n'aurait permis autre chose, quand bien même l'idée d'un corps déchiqueté près d'elle pendant plusieurs heures la terrifiait.

En fait, elle ignorait ce qu'elle craignait le plus, découvrir le corps sans vie de Tony dans un état lamentable ou réaliser face à lui que c'était vraiment fini. La vision d'horreur comme l'idée de ne plus jamais l'entendre lui parler l'effrayaient autant l'une que l'autre pour l'instant.


Vance était au courant maintenant. L'agence entière le saurait sous peu. Dans peu de temps, il aurait droit aux regards en coin, aux messes basses au sujet de l'agent et de son échec à lui pour ne pas l'avoir sauvé. Cela l'insupportait par avance mais, après tout, ne l'avait-il pas mérité ?

Il n'avait pas sauvé Tony. Il avait échoué, lamentablement. Il l'avait même vu lâcher volontairement ses prises après un « Je suis désolé. » qui lui avait glacé le sang.

Il le savait pourtant que quelque chose allait mal. Il en avait conscience avant l'appel d'Abby pour leur dire qu'elle n'arrivait pas à les joindre. Il se souvenait bien de cette impression étrange, dérangeante qui ne le quittait pas. Mais il l'avait ignorée, il avait fait comme si tout allait bien. Après tout, comme le disait le proverbe italien, pas de nouvelle, bonnes nouvelles. Pas vrai ?

Peut-être que c'était justement ça qui aurait dû lui mettre la puce à l'oreille. Pas le fait qu'il soit italien, mais que le proverbe n'avait que rarement tendance à se vérifier auprès des siens. Le meilleur exemple était le silence de Ziva et la Somalie. Il avait assez regretté ensuite de ne pas avoir réagi pour se promettre ne de jamais laisser la chose se reproduire. Cependant, le silence de ses agents n'avait duré que quelques minutes entre l'accident et les tentatives d'Abby de les joindre, pas plusieurs semaines.

Cela l'excusait-il ? Non, certainement pas. C'était son rôle de veiller sur eux, pas à eux de demander son aide. Il devait parer à toute éventualité, à tout problème pouvant survenir. C'était son job. Il avait misérablement échoué. Par sa faute, Tony était mort. Jamais il ne se le pardonnerait.


Il les voyait tous effondrés. Lui-même avait du mal à ne pas les imiter. Tony était un ami à lui aussi. Certes, il n'était pas aussi proche de lui que les autres, mais tout de même ! Et puis ils s'étaient bien rapprochés lors du départ de Gibbs pour le Mexique. Il le considérait comme un très bon ami et savait que c'était réciproque, bien que jamais Tony ne l'aurait admis.

Il n'arrivait pas vraiment à réaliser qu'il ne le reverrait plus. Enfin, si, dans un sens, il le reverrait, mais sur une table d'autopsie. Ce qui ne comptait pas.

Ne plus l'entendre parler, l'affubler de l'éternel surnom de Gremlin, se moquer de lui sans jamais être méchant, ne plus boire un café en discutant d'une affaire... tout ça était fini. Il n'arrivait pas à s'y faire. Il y a quelques mois, il se mariait et il était là. Ce n'était plus le cas.

Son boulot pouvait être difficile parfois, mais jamais autant que lorsqu'un proche était entre ses mains. Il pensait sans cesse au moment où on lui dirait que son corps avait été retrouvé, qu'ils allaient pouvoir se mettre au travail. Cette idée était terrible, mais ce n'était pas la pire.

Ce qui était le plus dur, c'était d'admettre sa mort. Lorsqu'il le verrait, il ne pourrait que se rendre à l'évidence. Il se demandait comment il réagirait. Tiendrait-il le choc ? Arriverait-il à faire son travail ? Ou s'effondrerait-il sous le coup de l'émotion ?

Il n'était pas une personne aux nerfs d'acier comme pouvait l'être Gibbs. De plus, il avait vu le patron s'effondrer. Alors comment, lui, pourrait-il tenir ? C'était insensé. Un de ses amis venait de mourir. Ça faisait mal. La douleur n'était pas physique, mais elle n'était pas pour autant plus supportable. Et il ignorait s'il pourrait y faire face lorsque Tony serait allongé sur une des tables d'autopsie.