Disclaimer: J'adorerais posséder l'univers de Harry Potter, mais malheureusement, cet univers appartient déjà à une richissime auteur blonde. Et comme je n'ai qu'une seule de ces trois caractéristiques, on va laisser tomber.

Notes de l'auteur: Eh bien voilà, je ne vous ai pas fait attendre trop horriblement longtemps pour ce chapitre, pas vrai? (réalise qu'elle à mit plus de deux mois). Euh...C'est quand même pas mal! Sinon, saluons tous la gentillesse de cette chère Myriam qui à gentiemment accepté de recoriger mes histoires. Avec deux bêta-reader, le niveau de fautes d'ortographe devrait frôler le zéro, ce qui me remplie de joie.

Dédicace: Ce chapitre est pour mes deux gentils bêta-reader et j'ai nommé Jean-Baptiste Grenouille et Myriam. Il est aussi pour mebahiah25 qui m'a laissé ma 100e review. Merci beaucoup!

Livre d'horreur, lieu de culte et remise en question

Sorcière, chuchota maman. Il est dit dans le livre du seigneur : « tu ne souffriras pas que vive une sorcière. Ton père à…

- Tu savais que Nathalie avait une aventure avec Lionel? Mais ouais, tu vois, Lionel… le grand black qui dort dans la baignoire une fois de temps en temps…

Ton père a accompli la tâche du Seigneur…

Je ne veux pas parler de ça, dit Carrie. (Elle était…)

- En tout cas, ils couchent ensemble. J'ai entendu Padraig les engueuler parce qu'ils ont baisé dans son hamac.

(Elle était toujours très troublée d'entendre maman parler de son…)

- Et tu imagines si Nath tombait enceinte? Je me demande comment ils appelleraient le bébé. Achille, peut-être… Qu'est-ce que tu en penses, Severus? Severus…?

(De son père) Je voudrais seulement que…

- Sev… Sev, est-ce que tu m'écoutes?

D'un geste vif et agacé, le jeune Serpentard fit claquer la couverture de son livre qu'il jeta contre l'accoudoir du vieux canapé marron sur lequel il était installé. Lentement, il tourna la tête, dévoilant à l'autre son air agacé.

- Alors? Tu m'écoutes?

- En fait, non, répondit-il sèchement en reprenant son livre qu'il se mit à feuilleter. J'essaie de lire, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

Sirius vint s'asseoir à côté de lui et posa son menton sur son épaule gauche de façon à pouvoir lire.

- Elle ne savait pas si son don lui venait d'un Dieu de lumière ou d'un prince des ténèbres, et découvrant enfin qu'elle se souciait peu de connaître la réponse à cette question, elle se sentit envahie d'un immense soulagement… Eh ben. Ça à l'air assez… spécial, comme truc. C'est quoi?

Snape, qui songea un instant à lui répondre « Un livre, crétin », trouva préférable de ne rien dire et retourna le livre pour qu'il puisse voir le titre.

- « Carrie ». Je vois. Et ça raconte quoi?

Severus étouffa un soupir. Black était d'humeur bavarde, une fois de plus. Quelle plaie.

- Bah… C'est un livre d'horreur moldu. En gros, ça raconte l'histoire d'une fille qui vit dans une famille ultradysfonctionnelle et qui se fait harceler à l'école jusqu'à ce qu'elle découvre qu'elle a genre… des pouvoirs paranormaux. C'est assez chouette. Par moment, j'ai l'impression que Stephen King s'est inspiré de ma vie et l'a américanisée.

Severus avait simplement voulu faire une plaisanterie, mais Black ne parut pas la trouver amusante. Au contraire, il s'éloigna légèrement de lui, l'air mal à l'aise.

- Bon, qu'est-ce que j'ai dit, encore? « Stephen King »? « Américanisée »…?

- Non… Non, c'est pas ça. C'est juste que… Est-ce que je t'ai déjà dit que je regrettais tout ce qu'on t'a fait?

- Oh, tu ne vas pas recommencer avec ça? Oui, tu me l'as déjà dit! D'ailleurs, si tu me répètes encore une fois que tu es désolé, je te vomis dessus.

- Bon, bon, d'accord. Mais…. Est-ce que tu me pardonnes?

Severus hésita un court moment avant de répondre :

- Oui, je suppose que je te pardonne. Mais… Pour être tout à fait honnête, il y a des choses que je ne pourrai jamais oublier, ni pardonner entièrement, et ça, c'est plus un problème pour moi que pour toi. Ça te va, comme réponse?

Ce fut au tour de Sirius d'hésiter un court moment. Il prit finalement le parti d'éclater de rire.

- Oui, je pense que ça me va… Merde, Sev, je me demande toujours si cette façon que tu as de toujours être si foutrement lucide, c'est emmerdant ou incroyablement sexy.

- Oh, crois-moi, rétorqua Severus en rouvrant son livre, c'est incroyablement sexy.

Mais il n'eut pas le loisir de s'avancer de beaucoup dans les tristes aventures de Carrietta White. En effet, Sirius lui arracha le roman des mains, le posa sur la table basse et l'embrassa. Pendant un bon trois minutes, ils jouèrent le bon vieux cliché des adolescents se tripotant sur le divan jusqu'à ce que Black, retenant la main de Severus sur sa hanche, sous son tee-shirt, ne murmure :

- Je t'aime.

Snape s'écarta brusquement de lui et répliqua, en pointant la table basse :

- C'est bien, mais ça ne te donne pas le droit de me faire perdre ma page.

- Ce que tu peux m'énerver, par moment, Severus!

Les deux jeunes hommes s'apprêtaient à se lancer dans un de leurs traditionnels concours d'insultes quand la voix légèrement hystérique de Nathalie traversa l'appartement.

- Astyanax Finch, si tu ne dis pas tout de suite à maman où tu as mis son porte-jarretelle noir, je te jure que je vais vraiment me mettre en colère!

Severus se laissa retomber au creux du canapé en soupirant, à mi-chemin entre l'amusement et le découragement.

- Je me demande à quoi ressemble la vie d'une personne normale. Je me le demande vraiment.

- Ne me demande pas ça à moi, répondit Sirius. J'ai l'air d'être une sommité en matière de normalité?

- Je sais bien. Enfin, tu viens à la cuisine? On va voir s'il y a quelque chose à manger, avant que Nathalie ne casse tout.

Ils y allèrent donc. Mais si Nathalie n'avait pas aggravé le bordel habituel, personne n'avait en tout cas songé à faire des courses depuis déjà un petit moment et le réfrigérateur était vide, tout comme les armoires qui ne contenaient rien de soi-disant comestible, mis à part quelques cafards.

Pendant que les deux garçons commençaient à songer à faire usage d'une quelconque forme de cannibalisme, Agatha entra dans la pièce et se mit à son tour à farfouiller dans les placards.

- On n'a jamais de cornichons, dans cette piaule… Qui est-ce qui les mange?

Severus haussa les épaules. Il ne se souvenait pas d'avoir jamais vu le moindre pot de cornichons dans cette maison.

- Je ne sais pas. Padraig, peut-être.

- Hmmpf.

Sans extrapoler davantage sur la question, Agie se laissa tomber sur une des chaises de cuisine, préalablement débarrassée de la pile des magazines qui l'encombraient. Sirius l'imita, visiblement découragé par le manque de victuailles. À peine une minute plus tard, Nathalie, entra à son tour dans la cuisine, l'air furibard.

- Ah, te voilà, toi, déclara-t-elle en pointant Agatha du doigt. Asty vient de me dire que c'est toi qui m'as piqué mon ensemble de sous-vêtements en dentelle noire. C'est vrai?

- Ouaip.

- Merde, Agie, tu fais chier! J'en ai besoin ce soir pour travailler!

Nathalie avait en effet trouvé un emploi de serveuse dans un bar louche du quartier et passait en moyenne cinq soirs par semaine en petite tenue, à approvisionner en alcool fort une bande de saoulons et de pervers.

- Oh, dis pas de conneries. Au nombre de fringues que tu m'as piqué… Et puis, les mecs que tu sers sont toujours tellement saouls que tu pourrais y aller en scaphandre, ils ne le remarqueraient même pas.

- Va te faire foutre, grosse salope! piailla la jeune femme avec un air d'adolescente colérique en se levant.

Elle tourna ensuite la tête vers la chambre où jouaient ses gamins et hurla :

- Asty! Andro! Venez! On va au restau indien!

- Oh, tu me ramèneras quelque chose? demanda Agatha.

- Ouais, compte là-dessus, ricana Nathalie en soulevant Andromaque du sol. Je te ramènerai un rat mort si j'en trouve un dans la rue.

- Pouffiasse!

- On se tire d'ici? murmura Sirius à l'oreille de Severus.

Ce dernier hocha la tête en signe d'assentiment. Bien que l'engueulade valut à peine plus qu'un deux sur une échelle d'un à dix (dix impliquant l'intervention des forces de l'ordre et au moins un internement en hôpital psychiatrique), l'atmosphère régnant dans l'appartement n'en était pas moins déplorable. Et puis, ils avaient de bien meilleures chances de trouver de la bouffe dehors qu'en dedans.

- Ce film était vraiment bien, mais vachement bizarre, déclara Sirius trois heures plus tard en retirant un cure-dent de son morceau de club-sandwich au poulet.

- Ça, c'est clair. Agie avait raison, « The Rocky horror picture show » est génial. Mais je crois que le type qui joue Rocky a pas fini d'entendre parler de ce rôle.

- Pas impossible. Peut-être que dans trente ans, il sera devenu un libraire ou un antiquaire qui grognera agressivement dès qu'on lui parlera de ce film, qui sait… Eh, tu as de la mayonnaise sur le menton.

Severus essuya vaguement son menton. Finalement, et malgré l'ambiance meurtrière qui régnait dans l'appart, les deux garçons avaient passé une excellente journée. Une fois de plus, ils étaient allés se réfugier au cinéma Amherst, qu'ils fréquentaient assidûment depuis qu'ils avaient découvert que le vendeur de billets était le frère cadet de Padraig, et qu'il était tout à fait disposé à les faire entrer gratis.

- Bon, il ne me reste que quarante pennies, soupira Sirius. On n'ira pas loin avec ça. Et toi, il te reste de l'argent?

- Seulement une livre. Je suppose qu'on va devoir rentrer à la maison.

- Je suppose. Et si elles se sont entretuées, on fait quoi?

- Humm, hésita Severus. On encaisse leurs assurances-vie respectives, on se tire à New York et on devient deux stars de Broadway.

- C'est vraiment très troublant de t'entendre faire de l'humour, Sev, j'espère que tu en as conscience. Et puis, bon, je chante comme un pied, tu me l'as dit toi-même. On y va?

Finalement, leurs craintes s'avérèrent toutes sans fondements. Personne n'avait trucidé qui que ce soit, et quelqu'un s'était même (Oh, miracle! Bénédiction! Providence absolue!) chargé de l'épicerie, comme en témoignaient les quelques sacs en papier qui trainaient. En fait, la maison avait retrouvé son habituelle atmosphère, mi-calme, mi-survoltée. Les deux sorciers allèrent faire un tour dans la cuisine. Là, Agatha était occupée à faire cuire suffisamment de languettes de poulets et de frites surgelées pour nourrir tous les affamés de Calcutta.

Lorsqu'elle les vit arriver, elle pointa sur eu sa spatule graisseuse d'un air quelque peu réprobateur.

- Ah, vous voilà, tous les deux. Écoutez, je sais que vous êtes des apprentis magiciens et que vous vivez dans un monde bizarroïde et tout, mais ce n'est pas une raison pour infester tout l'appart avec vos cochonneries à plumes!

- Pardon? demanda Severus sans comprendre.

- Il y a des saloperies de hiboux qui sont venues ici, tout à l'heure. Ces emmerdeurs emplumés ont failli péter une fenêtre, et j'ai été obligée de faire croire à Padraig qu'il se tapait un retour d'acide pour lui expliquer pourquoi je décrochais des parchemins des pattes de gros oiseaux!

Severus faillit éclater de rire en imaginant la scène. Quant à Sirius, il ne se retint pas, et pouffa carrément à la figure d'Agatha, qui ressemblait plus que jamais à une mère au foyer excédée (si elle en avait en tout cas déjà eu l'air auparavant).

- Ouais, c'est ça, rigolez, soupira-t-elle. En attendant, j'ai mis vos lettres sur votre lit. Vous pouvez m'expliquer pourquoi vous utilisez encore du parchemin? Je vois aucun putain d'avantage à remplacer le bon vieux papier usiné par ça.

Sirius et Severus s'observèrent un instant, cherchant un quelconque argument en faveur du parchemin. Heureusement pour la réputation de ce dernier, Agatha avait déjà changé de sujet.

- Enfin, je vous conseille d'aller vous en occuper tout de suite, sinon quelqu'un pourrait décider de lire votre courrier et ça pourrait être fâcheux.

C'était là un conseil plein de bon sens, et les deux garçons se dépêchèrent d'aller chercher leurs lettres. Severus ouvrit la sienne.

Cher Mr. Snape,

Veuillez prendre note que la nouvelle année scolaire commencera le 1er septembre 1975. Le Poudlard Express partira de la gare de King' s Cross, quai 9 et ¾ à onze heures précises. Vous trouverez également ci-joint la liste des livres et des fournitures qui vous seront nécessaires au cours de cette année.

Avec mes meilleurs sentiments,

Professeur M. McGonagall, directrice adjointe.

Jointe à cette lettre on ne peut plus traditionnelle, une note manuscrite écrite à l'encre violette. Albus, sans aucun doute.

Mon cher Severus,

Bonne nouvelle! Horace et moi avons pratiquement réussi à mettre au point une potion qui vous débarrassera de votre ennuyeux lien. L'antidote devrait être fin prêt d'ici deux semaines, voire une si tout se passe comme prévu. Ainsi pourrez-vous profiter un peu de votre été, finalement. Je vous donnerai des nouvelles sous peu.

Albus Dumbledore.

P.-S. J'ai appris votre changement d'adresse. J'espère sincèrement que les hiboux n'auront pas effrayé vos amis moldus.

- Ah, tiens, la tienne est à l'encre violette, constata Sirius en regardant la lettre de Snape. La mienne est bleu ciel.

Severus se contenta d'un mince sourire. Il n'avait pas envie de parler de la potion qui allait faire disparaître le lien qui les unissait. Il n'avait pas envie d'entendre Sirius s'en réjouir.

- Il va falloir aller acheter nos fournitures scolaires bientôt, remarqua Black pour briser le silence qui s'installait.

- Humm humm.

C'était une autre chose à laquelle il n'avait pas envie de penser. Il détestait ces moments où il devait traîner dans les boutiques d'objets de seconde main, à calculer les prix dans sa tête en priant pour que tout respecte son budget. Sans broder sur le sujet, il retourna dans le salon, suivi par Sirius.

- Oui, exactement. Tu fais ça très bien. Un peu moins serré, quand même. Voilà!

Apparemment, Padraig, installé à une extrémité de la table basse était en train d'apprendre quelque chose à Astyanax, installé de l'autre côté. Severus, curieux, alla jeter un coup d'œil.

- Padraig, dis-moi que j'hallucine et que tu n'es pas vraiment en train d'apprendre à un enfant de six ans comment rouler des joints?

- Ben quoi, ça peut toujours servir, non? Et puis, c'est lui que m'l'a demandé.

- Natalie est au courant?

Padraig haussa vaguement les épaules. Quant à Severus, qui se sentait étrangement las, il alla s'asseoir aussi confortablement que possible sur le vieux divan.

- Réponds-moi honnêtement : est-ce que notre vie est devenue un vaudeville sordide?

- Pardon? répondit Sirius qui se tourna vers le Serpentard, visiblement éberlué.

Les deux adolescents étaient étendus sur leur lit (enfin, sur le matelas qui leur tenait lieu de lit), ce qui était tout à fait normal, vu l'heure tardive.

- Je te demande si notre vie est devenue un vaudeville sordide. Vaudeville, pièce de théâtre légère, divertissante et riche en rebondissements. Sordide, qui dénote une misère extrême, dégoutante. Alors, qu'est-ce que tu en penses?

- J'en pense que t'es vachement névrosé, répondit Sirius en se recouchant. Névrosé, atteint de névroses, c'est-à-dire de troubles affectifs et émotionnels. Ça te va, comme réponse?

- Non, mais sérieusement, poursuivit Severus sans se soucier du diagnostic de son petit copain. On vit dans un appartement de trois chambres qu'on partage avec environ cinquante personnes et une colonie de coquerelles, personne n'a de travail respectable, et au lieu d'apprendre aux gamins comment attacher leurs lacets, on leur apprend à rouler des joints. Tu vois? Vaudeville sordide.

- Mais… hésita Sirius. Tu ne t'amuses pas, ici? Tu n'es pas bien?

- Oui, oui, je suis bien. Très bien, même, si je compare ça avec…

Il se tut quelques secondes, comme pris de court par ses propres mots.

- Mais c'est juste que… C'est juste que je veux une vie normale! Une vie normale avec un couvre-feu, de l'assouplissant à lessive et des sandwiches thon-salade. Tu comprends?

Il y eut un moment de flottement, uniquement troublé par le bruit de l'eau qui coulait dans la salle de bain (apparemment, quelqu'un avait éprouvé le besoin de prendre une douche à presque trois heures du matin). Sirius se demandait visiblement quoi répondre à ce genre de chose.

- Oui… je comprends, répondit-il finalement. Et je pense que tu as raison. Notre vie est effectivement devenue un Vaudeville sordide. Là où tu te trompes, c'est quand tu penses que c'est un truc qui nous est particulier. C'est toujours comme ça, je crois. La vie, c'est une étendue de misères plus ou moins dramatiques avec d'occasionnels moments de joie et de folies.

Le jeune Gryffondor laisse planer le silence un court instant, avant d'ajouter d'un ton très sérieux :

- Il me semble que ce que je viens de dire était plein de profondeur. Tu devrais noter ça quelque part. Sérieusement, Sev, tu devrais juste… Juste relaxer. OK?

- Si tu veux que je relaxe, passe-moi mon paquet de clopes, répliqua Severus.

Mais malgré son ton brusque, il paraissait déjà beaucoup plus calme. En fait, Sirius ne comprenait pas pourquoi le climat sociologique de l'appartement déplaisait tant à Severus. Lui, au contraire, adorait cela.

Il aimait tendrement les Potter, qu'il considérait comme sa vraie famille, mais il devait admettre que la liberté qui régnait chez les amis moldus de Severus lui plaisait immensément.

Contrairement à chez les Potter, ici, personne ne se souciait qu'il posât son verre sur un sous-verre ou pas. En fait, personne ne se souciait qu'il bût ou non dans un verre. Et personne ne le traitait comme un petit garçon de cinq ans. Mentalement, Sirius avait au contraire justement l'impression d'avoir grandi de cinq ans en moins de deux semaines et il adorait ça.

Néanmoins, James lui manquait. En pensant à James, Sirius sentit son estomac se tordre. Malgré tout ce qu'il avait pu dire à Severus, il n'était pas naïf au point de croire que James allait déboucher le champagne en apprenant avec qui il sortait.

Pour être tout à fait honnête, il n'osait même pas imaginer comment son meilleur ami réagirait. Mal, sans aucun doute. Une petite partie de son cerveau était convaincue qu'un jour ou l'autre, il lui faudrait choisir entre James et Severus, et cette pensée l'horrifiait.

L'idée de perdre l'amitié de son presque frère était littéralement insupportable, mais… Oh, et puis merde. Merde, à la fin. Il était beaucoup trop tard pour penser à tout ça. Et sur ces déprimantes pensées, Sirius ferma les yeux et essaya de dormir. Mais le sommeil mit longtemps à venir le chercher.

Au matin, lorsqu'il se réveilla, vers huit heures, Severus était déjà debout, ce qui ne le surprit pas outre mesure. Il sortit de la minuscule pièce aux murs de tissus, en prenant garde à ne pas réveiller les autres.

Dans la cuisine, Agatha et Severus étaient tous les deux assis à la table, en train de déjeuner (cigarettes et café, un régime parfaitement équilibré).

- Et moi, je te dis qu'elle s'ennuie de toi. Elle l'a dit à ma mère, il y a quelques jours.

Apparemment, ils avaient une discussion assez sérieuse. Pas encore une dispute, mais presque.

- Agatha, sois réaliste deux minutes. Elle se fout bien de moi, sinon elle n'agirait pas comme elle le fait. Elle a ton numéro de téléphone, non? Et est-ce qu'elle a appelé? Non. Elle en a rien à faire, de ce qui peut m'arriver.

- C'est faux. Elle est pas parfaite, c'est vrai, mais elle t'aime.

- Qu'est-ce que tu en sais? Et en quoi ça te regarde, de toute façon?

- Change de ton!

Bon, d'accord, là, c'était une dispute. À peine 0,5 sur la grande échelle des engueulades étudiée plus tôt, mais quand même… Assez mal à l'aise, Sirius s'assit à la table.

- Salut…

- Je me fous bien de ce que tu penses, Severus. Moi, je te dis qu'avant de retourner dans ton école de bizarroïdes, tu va aller voir ta mère!

- T'as pas à me donner des ordres! Je suis assez vieux pour prendre mes propres décisions tout seul! C'est ma vie!

- Euh… Est-ce qu'il reste du café?

- C'est peut-être ta vie, mais tu payes aucun loyer ici, alors tu m'écoutes ou tu dors sous le pont le plus proche, compris?

- Tu te prends pas pour de la merdre depuis que t'es majeure, hein? Mais t'es rien de plus qu'une femme de chambre minable, vaudrait mieux que tu l'oublies pas!

- Et toi, t'es qu'un gamin prétentieux et snobinard, voilà ce que tu es!

Bon, OK, ça valait peut-être un 1, finalement.

- Heum… Je suis là, au fait…

- De toute façon, si tu veux t'acheter de la poudre de perlimpinpin, de la bave de crapaud et Dieu seul sait de quoi tu as besoin pour ton école de magie, tu vas bien devoir aller la voir. Ne serait-ce que pour lui demander de l'argent.

La mâchoire inférieure de Severus se crispa légèrement, signe chez lui d'une intense frustration. Puis, son visage se détendit un peu, et il murmura, renfrogné :

- Bon, d'accord. Tu as gagné. Je vais aller la voir. Mais pas chez m… Chez elle. Il n'est pas question que je retourne là-bas. Et comme elle ne sort pratiquement jamais, sauf pour aller travailler, je ne sais pas trop où je pourrais aller la voir.

- Moi, j'ai ma petite idée là-dessus, répliqua Agie, apparemment peu impressionnée par les tentatives de Severus pour se défiler. On est dimanche, non?

- En effet, répondit-il, méfiant.

- Va la rejoindre à l'église, alors.

- Agatha! Non! Pas question!

La Agatha en question réagit à peine, se contentant de rappeler à Snape la proximité des divers ponts du quartier, ainsi que la messe était à dix heures pile, avant d'écraser son mégot de cigarette dans le cendrier le plus proche. Severus continua à la fixer d'un air buté durant quelques secondes avec de soupirer. Résigné.

- Bon, d'accord, très bien. Je vais y aller. Mais sache que tu fais vraiment chier. Viens, toi, ajouta-t-il en se tournant vers Sirius.

Sirius faillit rétorquer qu'il aurait bien aimé prendre son petit-déjeuner en paix, puis abandonna cette idée. Quand Severus était dans cet état d'esprit, le contredire n'emmenait jamais rien de bon. Il le suivit donc jusque dans la chambre, en faisant de nouveau attention à ne réveiller personne (précaution bien inutile, d'ailleurs : la seule autre personne qui se trouvait dans la pièce était si défoncée qu'on aurait pu organiser une parade militaire à côté d'elle sans qu'elle ne se réveille)

- On va aller voir ta mère? demanda Black.

- Oui.

- À l'Église?

- Eh oui.

- Ah. Chouette.

- Pas vraiment, non. Mais Agatha a raison, si je veux payer mes fournitures scolaires…

Sirius faillit lui dire qu'il pouvait très bien lui prêter de l'argent, puis se retint au dernier moment. Il était convaincu qu'une telle proposition aurait mis Sev dans un état dépassant de beaucoup la simple colère.

- Bon, tu vas avoir le grand bonheur d'assister à une messe moldue, déclara Severus en soulignant grassement son ironie.

- Tu es catholique? demanda Black, étonné.

- C'est ce qui est écrit sur mon certificat de naissance, oui.

- Comment ça se fait? questionna-t-il, assez stupidement, il est vrai.

Severus l'observa une seconde, l'air vaguement découragé par tant de sottise.

- Mes parents ont tous deux des racines irlandaises, daigna-t-il finalement lui expliquer. C'est d'ailleurs un des trucs qui les a rapprochés, au début, à ce qu'il paraît. Ma mère est devenue pratiquante après son mariage. On peut dire qu'au lieu d'essayer de régler ses problèmes, elle s'est jetée dans la religion à pieds joints.

Black acquiesça d'un signe de tête, principalement pour éviter d'avoir à répondre quelque chose.

- Je te préviens, tu vas passer l'après-midi le plus chiant de ton existence.

- T'exagères, Sev. Je suis sûr qu'on va s'amuser!

Ce dernier lui décocha un regard qui mêlait agacement, scepticisme et amusement.

- … Alors tu ne mentionnes ni la sorcellerie, ni notre… relation. Tu restes poli, tu ne fais rien de bizarre… En fait, imite mon comportement et ça devrait aller, d'accord?

- Oui, papa.

Sirius continua à suivre Severus tout en grimaçant en observant les horribles vêtements hyperconventionnels que ce dernier lui avait prêtés. Depuis qu'ils avaient quitté l'appartement, une demi-heure plus tôt, Sev lui rabâchait interminablement ses recommandations.

- Si quelqu'un nous parle, laisse-moi répondre. Ce sera beaucoup plus sécuritaire.

- Tu me l'as déjà dit, Sev. Trois fois.

- Tout ce que je te demande, en fait, c'est de te conduire comme si tu étais normal.

Sirius fit le choix délibéré d'arrêter de commenter ce que Severus lui racontait. De toute façon, ce dernier ne semblait pas entendre ses réponses. Ils continuèrent à marcher ainsi pendant une quinzaine de minutes, puis arrivèrent finalement dans un quartier résidentiel. Ce n'était visiblement pas ce que l'on aurait pu appeler un « Quartier riche », mais c'était tout de même bien moins mal famé que l'endroit où Severus et lui habitaient pour le moment. Ils passèrent devant ce qui était clairement une école primaire.

- Viens, dit Severus en entrant dans le parc de l'école. L'église est juste derrière, c'est plus rapide si on coupe par là.

Et il ajouta, l'air légèrement nostalgique :

- C'est là que j'allais à l'école quand j'étais enfant. Et c'est aussi là que j'ai rencontré Lily.

- Ah oui? répondit Sirius, intéressé. C'était comment, l'école moldue?

- Eh bien, dit le jeune serpentard sans arrêter de marcher, sur le plan scolaire, c'était assez ennuyeux. J'étais toujours très en avance sur les autres, tu comprends. Et j'avais tellement hâte de commencer à apprendre la sorcellerie... Mais sur le plan social, c'était beaucoup plus facile. J'avais même des amis, aussi incroyable que ça puisse paraître!

Pendant qu'il finissait de passer son culpabilisant commentaire, les deux garçons étaient arrivés devant un grand bâtiment que Sirius identifia comme étant une église moldue. Arrivé sur le seuil des portes entrouvertes, il remarqua que Severus n'était plus à ses côtés, mais plutôt planté comme un arbre au milieu de l'allée.

- Tu viens, Sev? demanda Sirius

- Je n'entre pas là-dedans, dit-il d'un air buté.

- Quoi? dit Sirius, désorienté.

- Pas question que je me tape une messe de plus. J'ai assez donné, merci.

- Mais… Et ta mère?

- On ira la retrouver après, trancha Severus.

- Et on fait quoi en attendant?

Le jeune Serpentard hésita un moment, puis son regard se fixa sur le parc de l'école.

- Envie de faire un tour de balançoire, Black?

- Tu n'as pas l'air de beaucoup aimer la religion de ta mère. Tu ne crois pas en Dieu?

Les deux garçons étaient allés s'installer sur les balançoires. Elles étaient un peu trop basses pour eux, et lorsqu'ils redescendaient vers le sol, leurs pieds trainaient sur le sable chauffé par le soleil.

- Non, je ne crois pas en Dieu, répondit finalement Snape, sa voix un peu couverte par le bruit des chaînes qui grinçaient. Et je crois encore moins en la religion. Et toi?

- Je ne sais pas vraiment. Un peu, je suppose. Je ne crois pas au bon père à la barbe blanche, mais j'imagine qu'il y un genre de… De puissance supérieure.

- Je vois, répondit-il. Beaucoup de gens sont comme toi.

- Mais pas toi?

Severus ne répondit pas immédiatement et pendant un moment, le silence ne fut rompu que par le bruit des chaînes mal huilées et le ronronnement des voitures au loin.

- Non, pas moi, finit-il par dire. Moi, je crois que les humains se sont inventé un Dieu qui les aime tous individuellement pour se consoler d'être si seuls et un sublime paradis pour se motiver à traverser leur vie merdique.

- Dis donc, c'est plutôt sombre, comme vision des choses.

- Je suis quelqu'un de sombre, Black, au cas où tu ne l'aurais pas remarqué.

- Je t'aime, sale dépressif.

Severus ne répondit pas. Il se contenta de sourire, mais d'un sourire sans la moindre trace de joie.

- Tu sais ce qui me fait vraiment chier? demanda-t-il finalement, sans se départir de son sourire amer.

- Non… Quoi?

- C'est que mon père a eu raison. Il a toujours dit que j'étais un pédé, une tarlouze. Et il a eu raison. Depuis le début.

Sirius sauta de sa balançoire et alla se placer à côté du jeune serpentard.

- Tu ne devrais pas dire ce genre de chose.

- Et pourquoi pas? rétorqua-t-il en sautant à son tour à terre. C'est la vérité, après tout. Toi qui m'accuses toujours de faire preuve de mauvaise volonté, tu devrais être content que je donne raison à mon père, pour une fois qu'il devine quelque chose… Sortez le champagne et les confettis, Tobias Snape vient d'avoir la confirmation de ce dont il se doutait depuis des années, à savoir que son fils unique est pédé!

- Arrête! le coupa Sirius. Arrête de parler comme ça, merde! C'est vraiment comme ça que tu te vois? Que tu nous vois?

- Oui, c'est comme ça que je nous vois! hurla Severus, qui avait apparemment perdu toute maîtrise de lui-même. Et tu devrais essayer de te voir un peu plus comme ça, toi aussi! Ça te préparerait peut-être à ce qui t'attend! Parce que l'appartement où on vit en ce moment, ce n'est pas le vrai monde. Dans le vrai monde, ça fait juste douze ans que l'homosexualité n'est plus considérée comme un crime, huit dans le monde moldu. Penses-tu vraiment que les mentalités ont évolué en douze ans? Oh non. Pour la majorité des gens, les personnes comme toi et moi sont soit des malades mentaux, soit des pervers dépravés. Belles options, non? Pour moi, c'est un moindre mal, j'ai l'habitude d'être considéré comme de la merde, mais t'as déjà pensé à ce que ça allait être pour toi? Tu penses peut-être que tu as l'immunité parce que tu es beau et intelligent et que tu es un maraudeur, mais tu te trompes. T'as trop profité de ta popularité et t'as été trop chiant avec trop de gens, et maintenant tu peux être certain qu'il y en a un paquet qui seront ravis de profiter de ça pour te descendre!

Pendant tout son laïus, Severus avait parlé à toute vitesse, sans s'arrêter une seule fois pour respirer. Il se tut aussi brutalement qu'il avait commencé à parler et se laissa glisser jusqu'au sol. Il finit par s'asseoir contre une des poutres de bois des structures de jeux, l'air profondément déprimé.

Sirius hésita un instant, puis vint s'asseoir à côté de lui et lui passa un bras autour des épaules au moment exact où Severus glissait une cigarette entre ses lèvres.

- Donne-moi en une, murmura Sirius, histoire de briser le silence.

Ce ne fut pas un franc succès. Severus ne répondit pas, se contentant de lui tendre une Marlboro allumée. Black se concentra sur la fumée chaude qui emplissait lentement ses poumons, faisant naître en lui une légère nausée. Il la jeta rapidement dans le sable, dégoûté. Quelques minutes plus tard, les cloches de l'église résonnèrent. Severus releva la tête et observa et se mit à jouer nerveusement avec sa cigarette.

- Tu as une idée du nombre de claques que ma mère s'est prises pour m'avoir défendu quand mon père me traitait de pédale? demanda Severus. Il avait la voix rauque, comme lorsque l'on hurle ou vomit. Comment je peux lui parler, maintenant? Pour elle, c'est un péché, peut-être même le plus grand de tous. Alors, j'ai deux options : lui dire la vérité et perdre son amour, ou passer le reste de ma vie à lui mentir. Qu'est-ce que je dois faire, Sirius?

Rares étaient les fois où Severus l'appelait par son prénom, mais il n'y fit pas vraiment attention sur le moment.

- Je sais pas, répondit-il. Je sais pas, je… Je suis au moins aussi paumé que toi. Ma mère se fout bien de ce qui peut m'arriver, mais… Tout ce que tu as dit est vrai. Oh, je suis sûr que Remus va s'en foutre. Peter aussi, probablement. Mais James… Je ne sais vraiment pas comment James va réagir.

C'était un pieux mensonge. Sirius connaissait James mieux que qui que ce soit, et il savait exactement comment il réagirait en apprenant que, non seulement son meilleur ami était une folle, mais qu'en plus, il sortait avec Snevillus Snape.

Pendant un long moment, peut-être une demi-heure, ils restèrent assis l'un contre l'autre sous les structures de bois. Sirius avait enlevé ses sandales, et il sentait le sable lui chatouiller les orteils. Puis, Severus jeta sa cigarette à moitié fumée par terre, se racla la gorge et se releva.

- Allez, viens. On rentre à la maison.

- Très bien, dit Sirius en remettant rechaussant ses pieds. Mais… pour ta mère?

Snape se contenta de hocher négativement la tête et Black, qui n'avait aucune envie d'insister, commença à se préparer mentalement à l'idée de coucher sous le pont.

Bien sûr, ses précautions s'avérèrent complètement inutiles. Lorsqu'ils passèrent la porte de l'appartement, ce fut pour trouver une Agatha visiblement sous l'effet d'une quelconque substance psychotrope avachie sur le sofa, passant et repassant Any colour you like sur le tourne-disque. En les voyant entrer, elle se contenta de leur adresser un vague sourire avant d'éclater de rire.

Sirius et Severus étaient finalement allés se réfugier dans leur chambre qui, miraculeusement, s'avéra être vide. Le jeune Serpentard s'était replongé dans son livre. Quant au Gryffondor, il avait, une fois n'est pas coutume, décidé de travailler un peu, et feuilletait son manuel de sortilèges. Manuel qu'il cacha précipitamment sous son oreiller lorsque Padraig entra dans la chambre. Sans frapper, bien sûr.

- Eh, Typhus, déclara le jeune homme en s'asseyant sur le matelas. Je peux vous parler, deux minutes?

- Euh… Oui, oui, bien sûr, répondit Severus, qui cacha aussi son livre, sans raison particulière.

- Ouais, bon, ce que je voulais dire, c'est qu'Agatha est une salope contrôlante, désagréable et dominatrice, mais elle est pas méchante. Elle essaie juste de faire ce qu'elle pense être le mieux pour toi. Mais si t'as pas envie d'aller voir tes parents, elle va comprendre. Tu saisis?

Pendant que Severus hochait positivement la tête, Padraig sortit une enveloppe de sa poche et la lui tendit. Sirius eut à peine le temps d'en voir le contenu à travers le papier lorsqu'elle passa devant la lampe, mais il réussit néanmoins à distinguer de l'argent moldu. Pas mal d'argent, apparemment.

- Padraig, je ne peux pas accept…

- Ah, ta gueule, Typhus! On a pas besoin de cet argent. Toi, oui. Si tu ne le prends pas pour t'acheter des bouquins de math ou d'anglais, je vais m'acheter de l'herbe ou de la vodka avec. Je ne t'aide pas, je règle mes problèmes de dépendance. Vu?

- Vu, murmura Severus, un très mince sourire aux lèvres.

- Bon. Parfait. Je vais aller voir si Agie est un peu redescendue sur terre. Bonne nuit, Typhus.

Il sortit de la pièce, laissant les deux adolescents seuls. « Typhus » posa déposa son enveloppe avec le reste de ses affaires avant de se rasseoir sur le lit.

- Je suppose que tu ne retourneras pas voir ta mère cet été, présuma Sirius.

- Je suppose que non.

Ils ne reparlèrent ni l'un ni l'autre de leur conversation du matin. Ils n'auraient pas su quoi se dire, de toute façon. Mais même sans être capables de mettre des mots sur le sentiment qui les habitaient, il avait tous deux l'impression qu'une sorte de compte à rebours s'était mis en marche. Il restait trois semaines de vacances.

Oui, bon, je sais. Ça commence à être un peu moins amusant. Si je peux vous rassurer, le prochain chapitre est plus joyeux. Mais si vous avez envie de me faire part de vos impressions, bonne ou mauvaise...Les reviews me remplissent toujours de joie, et me font exécuter ma fameuse danse du poulet ravi! Alors, reviewez sans modération!