Bonjour,

Voilà le 8ème chapitre toujours corrigée par l'adorable Elyrine. Dean et Dylan prennent enfin la fuite ... mais après quels sacrifices ?

Le chemin de la guérison commence maintenant pour eux et il sera long.
Merci de me lire, de m'écrire, ...

A jeudi

Sydney8201

Musique du chapitre :

Closer to the edge de 30 seconds to Mars

Chapitre 8 : Évasion

« Dans le monde tel qu'on l'a connu avant tout ça, on pouvait presque toujours bénéficier d'une seconde chance. On pouvait laisser passer une opportunité et la voir tout de même se présenter une nouvelle fois. On avait le temps d'analyser la situation, de réfléchir calmement et de peser le pour et le contre. Dans ce monde-ci, c'est différent. Si une chance, une opportunité d'accomplir quelque chose de bien se présente à nous, il faut la saisir sans réfléchir. On n'a plus le temps de prendre notre temps. C'est aussi simple que ça. Laisser une occasion nous filer entre les doigts, c'est la garantie de la voir ensuite être saisie par quelqu'un d'autre. Il faut ignorer les conséquences et ne surtout plus se laisser envahir par les doutes. Il faut sauter sur la moindre occasion et faire en sorte qu'elle ne nous déçoive pas ensuite. Il n'y a plus de seconde chance. Plus vite on le comprend et plus on a de chances de survivre dans ce nouveau monde. C'est une règle fondamentale. »

Manuel de survie de Dean Winchester.

Dean n'aurait pas su dire combien de temps il resta inconscient. Il n'aurait pas su dire non plus s'il dormait ou était juste évanoui. Il ne rêva pas. Il ne vit pas Sam non plus. Il sombra dans le néant pendant un temps indéfini et en émergea finalement quand les cris de Dylan l'en tirèrent.

Pendant une seconde, il ne fut plus vraiment sûr de se souvenir de l'endroit où il se trouvait. Il avait du mal à se rappeler des événements récents. Il se souvenait d'avoir quitté le camp et laissé Castiel derrière lui. Il se souvenait de l'école vétérinaire. Le reste était plus vague.

Il lui fallut un moment pour s'éclaircir les idées. La douleur intense dans tout son corps l'aida à se remémorer. Les cris de Dylan le ramenèrent également à la réalité. Il ouvrit difficilement les yeux et les posa sur son ami. Aaron se trouvait à côté de lui, son couteau dessinant une forme aléatoire sur son torse. Les plaies étaient peu profondes, ne le mettant pas en danger. Mais elles étaient douloureuses, cuisantes. Et le risque d'infection n'était pas à exclure.

Dean prit quelques secondes pour faire un bilan de l'état dans lequel il se trouvait lui. Sa main dont Aaron avait arraché les ongles le lançait affreusement. La douleur remontait dans tout son bras et faisait écho à celle dans sa jambe. Il baissa les yeux sur le petit morceau de peau qu'Aaron avait arraché. La plaie était rouge et boursouflée. Dean n'était même pas sûr de pouvoir tenir debout.

Il n'avait toutefois pas le temps de s'en préoccuper. Il devait continuer son bilan avant de songer à faire quoi que ce soit d'autre.

Il avait de nombreuses coupures sur le torse et les jambes. Elles le brûlaient mais n'étaient que superficielles. Celles à la base de son cou était différente. Plus profonde. Dean n'avait pas besoin de la voir pour le savoir. Il pouvait le sentir. Son tortionnaire avait pris le temps de graver son nom par dessus la trace que Castiel avait laissé sur lui. Il avait fait en sorte que les plaies soient suffisamment profondes pour laisser une cicatrice. Même si Dean parvenait à fuir cet endroit, il emporterait avec lui un souvenir indélébile de son passage entre les mains d'Aaron. Un souvenir qu'il ne pourrait pas cacher à Castiel. Le sang coulait toujours des lettres gravées dans sa peau et descendait lentement le long de son dos.

Il était toujours nu et la température basse de la pièce le faisait frissonner. Il n'avait toutefois pas le temps de s'apitoyer sur son sort. Il ne devait pas se laisser submerger à nouveau. Dylan avait besoin de lui.

Bien sûr, dans un coin de sa tête, il ne put s'empêcher de penser à ce qu'Aaron lui avait dit juste avant qu'il ne s'évanouisse. Au fait que Castiel ne voudrait plus jamais de lui. Qu'il le rejetterait probablement à la seconde où il le verrait à nouveau. Dean continuait de penser que tout ceci avait du sens. Mais il était plus lucide, à présent, et la confiance qu'il avait en son petit ami refaisait surface. Il devait croire que Castiel ne l'abandonnerait pas pour quelque chose qu'il avait subi contre son gré. Il voulait croire que l'amour que son petit ami avait pour lui ne disparaîtrait pas à la seconde où il verrait la trace laissée par un autre homme sur son corps.

Il n'avait pas le luxe de s'en soucier, de toute façon. Il devait avant tout voler au secours de Dylan. Aaron continuait de faire glisser la pointe de son couteau sur sa peau nue, la couvrant de coupures. Et Dylan continuait de crier pour que cela cesse. Dean savait que son ami était suffisamment solide pour ne pas craquer et tout avouer à Aaron mais il devinait également qu'il n'était plus très loin du point de rupture. Et entendre ses cris était une torture pour lui-même. Il ne supportait pas d'être témoin de la souffrance d'un proche. Peu importait ce qu'il avait appris sur Dylan quelques heures plus tôt. Peu importait qu'il soit réellement amoureux de lui ou que sa réaction ne soit imputable qu'à un manque et une frustration qu'il avait de plus en plus de mal à supporter. Il restait son ami. Son frère. Et Dean avait déjà perdu Sam. Il ne perdrait pas Dylan.

- Arrête ! Finit-il par crier quand il eut définitivement repris ses esprits.

Aaron sembla surpris d'entendre sa voix. Il arrêta toutefois de torturer Dylan pour lui faire face. Il le dévisagea une seconde avant d'avancer dans sa direction.

- Je me demandais quand tu serais de retour parmi nous. Je t'avoue que je suis impressionné que cela ne t'ait pas pris plus de temps.

Dean ne dit rien et utilisa le temps dont il disposait pour étudier Dylan. Il ne semblait pas avoir d'autres blessures que celles sur son visage et sur son torse. Aaron n'était pas encore passé aux choses sérieuses avec lui. C'était un soulagement. Mais Dean était réaliste. Il savait qu'il ne pourrait pas éternellement retarder l'échéance. Ils devaient trouver un moyen de s'enfuir. Ils ne pouvaient pas attendre plus longtemps.

- Ça va ? Demanda t-il à son ami.

Ce dernier respirait bruyamment et bien trop rapidement à son goût. Mais il était toujours conscient. Ce qui était définitivement une bonne chose.

- J'ai connu des jours meilleurs, répondit finalement Dylan sans le regarder.

Il continuait d'être gêné par ce qu'Aaron l'avait forcé à révéler un peu plus tôt. Dean aurait aimé pouvoir le rassurer, lui dire qu'il ne lui en voulait absolument pas. Il le ferait dès qu'ils seraient sortis. Il était évident qu'il allait devoir batailler pour l'en convaincre et ce serait sans doute pire encore quand ils seraient de nouveau avec Castiel. Mais il ne laisserait pas sa culpabilité ridicule l'éloigner de lui. Il avait bien trop besoin de celui qu'il considérait comme son petit frère auprès de lui.

- Je dois reconnaître que je suis surpris de voir qu'il est toujours capable de plaisanter dans une telle situation. Mais ça va changer rapidement.

Aaron avait visiblement une idée derrière la tête. Dean était terrifié par le sourire qu'il affichait. Il savait qu'il ne pouvait pas s'agir d'une bonne nouvelle.

- J'ai toutefois envie de le récompenser. Je sais bien que ces dernières heures n'ont pas été simples pour lui et il s'est montré extrêmement courageux. Je pense qu'il mérite un peu de répit. Tu n'es pas de mon avis, Dean ?

Le jeune homme leva les yeux vers lui et le foudroya du regard. Il choisit une nouvelle fois de ne rien dire. Peu importait sa réponse, de toute façon. Aaron ferait ce que bon lui semblait. Il n'en avait clairement pas fini avec eux. La torture allait continuer d'une façon ou d'une autre.

- J'ai eu le temps de réfléchir au cadeau que je pourrais lui faire à ton réveil. Et j'ai fini par réaliser qu'il ne voulait rien de moi, qu'il refuserait tout ce que je serais en mesure de lui proposer. Il fallait que cela vienne de toi. Je vais donc te laisser le choix de sa récompense, Dean. Bien sûr, tu devras choisir entre les deux propositions que je vais te faire. Mais c'est déjà extrêmement généreux de ma part de ne pas vous imposer quoi que ce soit.

Dean savait que le choix n'en serait pas réellement un parce que les deux propositions seraient atroces. C'était une autre forme de torture. Aaron ne manquait définitivement pas d'imagination dans ce domaine.

- Alors voilà... tu peux le récompenser en lui procurant toi-même un orgasme avec ta bouche ou tes mains ou tu peux accepter de laisser un de mes hommes te prendre ici, devant lui, pour lui offrir un spectacle live qu'il n'oubliera pas de sitôt.

Dean sentit aussitôt son cœur s'accélérer. Il avait vu juste. Ce n'était pas réellement un choix. Soit il laissait un des hommes d'Aaron le violer, soit il acceptait d'agresser sexuellement Dylan. Quel que soit sa décision, cela changerait à jamais sa relation avec son ami. Il ne pouvait pas faire cela. Il n'avait pas le droit de torturer Dylan de la sorte. Il ne pouvait pas non plus accepter de se faire violer. Il aurait la sensation de trahir Castiel et il était convaincu que son petit ami ne pourrait pas le lui pardonner.

- Si tu ne te décides pas rapidement, je vais choisir pour toi, Dean. Ne m'oblige pas à le faire.

Dean devait absolument réfléchir. Il devait aborder la situation différemment en mettant de côté l'horreur qu'elle lui inspirait pour tenter de trouver la meilleure solution. S'il choisissait la première option, Aaron devrait le détacher et il serait seul dans la pièce pour l'observer. S'il optait pour l'autre choix, un deuxième homme entrerait dans la salle et Dean serait probablement attaché jusqu'à la fin. Le meilleur choix devint aussitôt évident. Il reporta son attention sur Dylan.

- Je suis désolé, souffla-t-il avant de reporter son attention sur Aaron.

Ce dernier l'observait avec un large sourire. Il était visiblement extrêmement satisfait par la situation. Dean avait envie de le tuer. Il se promit de le faire s'il en avait l'opportunité.

- Je veux bien m'occuper de lui, déclara-t-il alors.

Aaron hocha la tête aussitôt.

- Je suis convaincu que ça aurait été son choix aussi. Parfait, alors.

Dean regarda Aaron s'approcher de lui et s'agenouiller devant lui pour commencer à lui détacher les mains. Il reporta ensuite son attention sur Dylan. Il espérait que son ami pourrait le lui pardonner et qu'il devinerait qu'il ne faisait pas ça pour s'épargner d'être violé. Il ne faisait pas ça pour le faire souffrir, mais uniquement parce qu'il s'agissait là de leur seule chance de s'enfuir. Il serait détaché et pourrait ainsi tenter quelque chose.

- Bien sûr, vous comprendrez que je ne peux pas vous laisser seuls pendant ce temps et qu'il m'est impossible de vous offrir l'intimité qu'un tel moment mérite. Je n'ai pas suffisamment confiance en vous pour vous faire un tel cadeau. Je vais donc rester là à vous observer. Et Dean... j'aurai une arme pointée sur Dylan jusqu'à ce que tu aies fini de le récompenser. Si tu tentes quoi que ce soit, c'est lui qui mourra. C'est compris ?

- C'est compris, assura Dean.

Il savait que ce ne serait pas simple. Mais il savait également qu'il n'aurait probablement pas de seconde chance. Il devait saisir cette opportunité. S'il échouait, il signait leur arrêt de mort à tous les deux. Tout reposait sur ses épaules. Il déglutit avec peine alors qu'Aaron finissait de le détacher. Il recula ensuite et vint se placer à côté de Dylan. Il appuya le canon de son arme contre sa tempe puis fit signe au jeune homme de les rejoindre de sa main libre.

- Je ne veux pas de cette récompense, tenta de protester Dylan.

- Je ne te laisse pas le choix. Et crois-moi, je suis convaincu que tu me remercieras ensuite. Regarde sa bouche et ose me dire que tu n'as jamais pensé à ce qu'il pouvait faire avec. Il est évident qu'il est fait pour ça.

Dean laissa l'insulte glisser sans réagir. Il se fichait de ce qu'Aaron pouvait penser de lui et de ce qu'il pouvait dire de son physique. La seule chose qui comptait était l'opportunité qu'il lui offrait de fuir. Et le fait qu'il s'apprêtait à tromper Castiel même s'il n'avait pas d'autre choix. Il espérait sincèrement que son choix ne gâcherait pas tout avec son petit ami. Il espérait qu'il pourrait comprendre.

- Dean, on n'a pas toute la journée, lança Aaron, tirant le jeune homme de ses songes.

Ce dernier prit appui sur les accoudoirs de sa chaise pour tenter de se remettre debout. La douleur dans son main et dans sa jambe lui arracha un petit cri. Il parvint toutefois à se relever. Il vacilla une seconde avant de faire un premier pas en direction de Dylan. Il était soulagé de voir qu'il réussissait à marcher. Ce ne serait pas simple de courir mais avec l'adrénaline, il avait une chance. Il continua d'avancer en gardant les yeux rivés sur Dylan. Son ami ne le regardait pas. Il fixait le sol et pleurait en silence. Dean en eut le cœur brisé. Il ne s'arrêta toutefois pas. Il ne devait pas tester la patience d'Aaron. Il devait lui donner ce qu'il attendait et l'attaquer quand il s'y attendrait le moins.

Une fois à la hauteur de Dylan, le jeune homme se laissa tomber à genoux. Tout son corps protesta contre le traitement reçu mais il fit en sorte de l'ignorer. Il posa ses main sur les cuisses de son ami pour garder son équilibre. Il ne savait pas vraiment comment procéder. Aaron dut le deviner puisqu'il se chargea de lui donner la marche à suivre.

- Tu pourrais commencer par l'embrasser, non ?

Dean ferma les yeux et adressa un prière silencieuse à Castiel. Il lui demanda de lui pardonner ce qu'il s'apprêtait à faire. Quand il rouvrit les yeux, Dylan le regardait. Il semblait totalement paniqué et triste. Il pleurait toujours.

- Ne fais pas ça, Dean. S'il te plaît... je ne peux pas... je ne veux pas tout gâcher, bafouilla-t-il alors.

- Tu ne gâches rien. Je ne t'en veux pas. Tout ceci n'est pas de ta faute, assura-t-il en retour.

- Je commence à m'ennuyer et croyez-moi, vous ne voulez pas que je prenne les choses en main, les interrompit Aaron.

Dean prit alors une grande inspiration puis se leva sur les genoux avant de se pencher en direction de Dylan. Il colla ses lèvres contre celles de son ami mais ne les entrouvrit pas et ne chercha pas à les bouger non plus. Il avait envie de pleurer à son tour. Il détestait ce qu'il faisait et l'idée qu'il était sur le point de tromper Castiel avec l'homme qu'il considérait comme son petit frère d'adoption. Il avait envie de vomir.

- Un peu d'enthousiasme, s'il vous plaît. Faites au moins comme si vous y preniez du plaisir ! Mettez la langue, les encouragea Aaron d'un ton enjoué.

Dean ferma alors les yeux et imagina qu'il embrassait Castiel. Bien sûr, l'illusion n'était pas facile à conserver. Les lèvres de Dylan étaient différentes. Ce baiser ne lui procurait aucune autre sensation que celle d'être le pire être humain au monde. Il n'y prenait aucun plaisir. Il n'avait toutefois pas le choix. Il fit donc ce qu'Aaron lui demandait et commença à bouger les lèvres puis pressa sa langue contre la bouche de Dylan. Ce dernier ne fit rien durant quelques secondes avant de céder à son tour. Leurs langues se trouvèrent après quelques instants. Dean se força à faire durer le baiser aussi longtemps que possible avant de reculer le visage. Dylan avait le souffle court et les joues rouges. Visiblement, ce baiser l'avait bien plus affecté que Dean.

- Maintenant, les choses sérieuses peuvent commencer, lança Aaron.

Dean baissa les yeux sur l'entrejambe de Dylan. Il avait fait en sorte de ne pas la regarder jusque-là. Mais il ne pouvait plus l'ignorer, à présent. Il baissa le visage dans cette direction. Quand il en fut suffisamment proche pour que son souffle effleure le sexe de son ami, il l'entendit gémir. Il ne devait surtout pas lui en tenir rigueur. Il était difficile pour un homme de ne pas réagir physiquement à une telle stimulation. Ça ne voulait rien dire.

- Dean, non, murmura Dylan une dernière fois.

Le jeune homme l'ignora. Il saisit le sexe de son ami dans sa main et commença à le masturber lentement. Il devait absolument mettre de côté ce qui se passait pour réfléchir au meilleur moyen de prendre le dessus sur Aaron. Il était toutefois difficile de se concentrer sur autre chose que la sensation du sexe de Dylan dans la main, la façon qu'il avait de tenter de retenir ses gémissements ou celle dont son sexe durcissait et se tendait entre ses doigts. Il était difficile d'ignorer qu'en le touchant ainsi, il changeait tout entre eux. Qu'il trahissait Castiel. Qu'il était peut-être en train de tout perdre.

Il ne put retenir les larmes qui roulaient sur ses joues. Il fut toutefois satisfait de parvenir à retenir le sanglot qui menaçait de sortir de sa bouche.

- Dean, qu'est-ce que tu attends ? Demanda Aaron après quelques secondes.

Le jeune homme choisit de ne pas l'énerver. Il baissa le visage et prit le sexe de Dylan dans la bouche. La texture était différente. Le goût, la taille et la largeur aussi. Il n'y avait rien de commun avec Castiel. Dean détestait cela. Il se détestait aussi un peu. Il était conscient de faire souffrir son ami et des conséquences que cela aurait sur leur relation et sur leur avenir. Il se força toutefois à faire en sorte de satisfaire Aaron. Il voulait que son tortionnaire baisse sa garde, lui offrant ainsi une opportunité de prendre le dessus. Juste une seconde d'inattention. Cela lui suffirait.

- Je savais que tu étais fait pour ça, commenta Aaron.

Dean fit comme s'il ne l'avait pas entendu. Il baissa le visage jusqu'à avoir l'intégralité du sexe de Dylan dans sa bouche. Puis il releva la tête et imposa un rythme soutenu à ses mouvements. Dylan gémissait au-dessus de lui. Par moment, il prononçait son prénom puis lui disait à nouveau combien il était désolé. Dean aurait préféré qu'il ne parle pas. Ça aurait été plus simple pour lui d'imaginer qu'il était avec Castiel. Mais il ne lui en voulait pas. Ce n'était sans doute pas simple pour lui non plus.

Après quelques minutes à faire des allers et retours sur son sexe, Dean sentit les cuisses de son ami se tendre sous ses mains. Il n'eut pas le temps de reculer ou de relâcher son sexe. Il sentit presque aussitôt Dylan se répandre dans sa bouche. Le jeune homme ignora le gémissement qu'il poussa à ce moment. Il ignora également les excuses qu'il prononça presque immédiatement après.

Il relâcha son sexe et cracha le sperme par terre. Il prit ensuite quelques secondes pour reprendre sa respiration.

- Alors Dylan, c'était comment ? Demanda Aaron après quelques secondes.

- Va te faire foutre, espèce d'enfoiré ! Répliqua Dylan.

- Ce n'est pas une façon de remercier l'homme qui t'a offert ce dont tu rêvais depuis tellement longtemps.

Dean leva les yeux vers son ami. Il dévisageait Aaron avec une colère évidente. Il avait les joues baignées de larmes et de la sueur sur le front.

- Je ne vais pas te remercier. Je te hais et je te tuerai. Je te tuerai pour ce que tu m'as fait et pour ce que tu lui as fait aussi. Je te ferai souffrir. Je te ferai crier et pleurer. Et quand tu me supplieras d'arrêter, je recommencerai, jeta Dylan.

Dean réalisa qu'il ne disait pas uniquement ça parce qu'il était en colère. Il était en train d'attirer l'attention d'Aaron à lui pour la détourner de Dean. Il avait compris ce que le jeune homme avait en tête et il lui offrait une chance de mettre son plan en action.

- Je te conseille de t'excuser si tu ne veux pas que je te fasse chèrement payer ta petite tirade ridicule, le menaça Aaron.

- Je ne vais pas m'excuser, espèce de fils de pute !

Aaron se tourna alors complètement vers Dylan. Il retira l'arme de sa tempe pour le frapper au visage avec la crosse. Dean grimaça en entendant son ami crier. Mais il ne perdit pas de temps à s'apitoyer sur son sort. C'était sa chance. Aaron ne le regardait plus et le canon de son arme n'était plus pointé en direction de Dylan. Il devait agir maintenant sans perdre une seconde.

Dylan continuait de défier Aaron du regard, du sang coulant d'une plaie sur le front que le coup de crosse avait créée. Il semblait fou furieux et l'était probablement. Dean se releva doucement sur les genoux alors que son ami reprenait la parole, insultant Aaron à nouveau. Ce dernier tomba dans son piège et l'attrapa par le cou, tournant le dos à Dean. Il avait visiblement perdu son calme et semblait déterminé à étrangler Dylan pour le faire taire. Dean prit une grande inspiration puis s'aida de ses mains sur le sol pour se mettre le plus discrètement possible sur ses pieds. Une fois sûr de ses appuis, il se jeta en avant, heurtant violemment Aaron dans le dos. Il ne devait pas lui laisser l'opportunité d'appeler au secours. Si d'autres hommes entraient, Dylan et lui seraient tués.

Dean ignora donc la douleur dans sa main et dans ses jambes. Il ne cria pas malgré l'intensité de la souffrance. Il se laissa tomber sur Aaron. Puis au moment où ce dernier heurtait le sol, il lui saisit les cheveux, lui souleva la tête et l'écrasa sur le sol. Il entendit le bruit de son nez ou de son crâne qui se fracturait sous l'impact. Sous lui, Aaron ne se débattit ni ne cria. Il était visiblement inconscient.

- Dean ? L'appela alors Dylan doucement.

Le jeune homme attendit une seconde pour s'assurer qu'Aaron ne jouait pas la comédie avant de se remettre debout à nouveau. La première partie du plan était une réussite mais il leur restait encore beaucoup à faire. Il devait rester concentré. Il fouilla donc les poches d'Aaron jusqu'à trouver la clefs des menottes de Dylan avant de faire face à son ami. Marcher était difficile et rester immobile également. Mais comme il l'avait prévu, l'adrénaline courait dans ses veines et lui donnait l'énergie suffisante pour continuer. Quand elle l'abandonnerait aussi, il serait probablement incapable de faire quoi que ce soit. Il espérait être loin de cet enfer d'ici-là.

Dean s'accroupit devant Dylan et détacha les menottes de ses chevilles. Il le libéra ensuite de celles qui retenaient ses poignets. Il évita soigneusement son regard. Il ne pouvait s'empêcher de repenser à ce qu'il avait fait quelques minutes plus tôt et n'avait pas la force d'y faire face pour le moment.

- Tu m'en veux, constata alors Dylan qui semblait avoir mal interprété son silence.

Dean secoua la tête. Il ne pouvait pas laisser son ami penser cela. Il n'était pas responsable de ce qui venait de se passer. Cela ne signifiait pas que ce n'était pas grave et que ça n'aurait aucune conséquence sur leur relation mais il avait besoin que Dylan soit concentré sur leur évasion et pour cela, il se devait de le rassurer.

- Non, je ne suis pas en colère. Je ne t'en veux pas. Tu n'es pas coupable. Je suis juste... je m'en veux de t'avoir fait subir tout ça.

- Tu ne peux... tu ne pouvais rien faire d'autre. C'est moi qui... je ne voulais pas que tu l'apprennes comme ça.

Dean savait très bien ce que Dylan sous-entendait par là. Il ne voulait pas que son ami apprenne ses sentiments ainsi. Il voulait certainement les lui cacher éternellement. Mais maintenant que la vérité était établie, ils ne pouvaient plus l'ignorer. Ce n'était toutefois pas le moment de s'en préoccuper.

- Dylan, tu ne maîtrises pas ce que tu ressens. Crois-moi, je suis bien placé pour le savoir. Je me fiche de tout ça. Je veux juste sortir d'ici et retrouver...

Il ne fut pas capable de prononcer le prénom de son petit ami. Il n'était pas sûr d'être digne de lui à présent. Pas après ce qu'il avait accepté de faire juste pour pouvoir s'enfuir.

- Castiel... je sais. Tu vas lui dire ?

Dean n'en savait encore rien. Il détestait l'idée de mentir à son petit ami. Mais il n'était pas sûr d'avoir la force de tout lui raconter. Il savait que cela marquerait la fin de leur relation. Il ne pouvait pas le perdre. Il ne savait cependant pas s'il serait capable de faire comme si de rien n'était. Il penserait constamment à ce qui était arrivé et Castiel finirait par le comprendre.

- J'en sais rien... je ne sais pas ce que je veux faire... je ne sais même pas si... pour le moment, je veux juste me concentrer sur notre fuite, d'accord ?

Dylan hocha la tête. Dean détourna alors les yeux. Il se dirigea ensuite vers ses vêtements. Ils étaient inutilisables. Aaron avait pris soin de les découper. Ils allaient probablement devoir sortir nus. Le jeune homme prit une seconde pour réfléchir avant de se tourner vers le corps inerte de leur tortionnaire.

- Aide-moi à le déshabiller, lança-t-il à l'attention de Dylan.

Ce dernier se leva alors de sa chaise. Il vacilla une seconde avant de venir s'accroupir à côté d'Aaron. Ils le déshabillèrent rapidement puis s'entendirent pour que Dylan enfile son pantalon pendant que Dean récupérait son caleçon et son T-shirt. Ils allaient devoir faire avec le peu dont ils disposaient. Dylan sortirait torse nu alors que le jeune homme s'enfuirait les jambes non couvertes. Il faisait froid dehors et ce serait probablement compliqué. Mais c'était mieux que de devoir courir entièrement nus.

Le tissu de son caleçon collait à sa plaie à la cuisse et le T-shirt frottait douloureusement contre ses nombreuses coupures sur le torse et dans le cou. Mais il n'y prêta pas attention.

Il récupéra l'arme d'Aaron, vérifia qu'il lui restait des balles puis indiqua à Dylan de prendre un des nombreux couteaux sur le plateau métallique. Ils se rejoignirent ensuite devant la porte. Dean colla son oreille contre pour s'assurer qu'il n'y avait aucun bruit dans le couloir. Quand il fut satisfait du silence, il ouvrit doucement la porte et jeta un coup d'œil de l'autre côté. Personne. La chance semblait enfin leur sourire. Le jeune homme prit quelques secondes pour se remémorer le chemin qu'ils avaient empruntés jusque-là. Il savait qu'il leur était impossible de le prendre à nouveau. Il y aurait trop de monde devant le bâtiment. Ils devaient tenter leur chance par l'arrière en priant pour que ce ne soit pas surveillé. Dylan le suivit dans le couloir sans protester. Ils avaient repris leurs chaussures mais ne faisaient aucun bruit sur le sol.

Après quelques secondes, ils aperçurent une porte au fond du couloir. Dean pria pour qu'elle les conduise à l'extérieur et pas dans un cul-de-sac. Il la poussa doucement pour ne pas faire de bruit. Il sourit quand il se retrouva dehors. La lumière du soleil lui agressa aussitôt les yeux et l'air frais lui arracha un frisson. Mais ça n'avait aucune importance. Ils étaient à l'extérieur et il n'y avait aucun garde pour les arrêter.

Il laissa Dylan refermer la porte derrière lui. Au moment où il relâchait la poignée, ils entendirent des cris à l'intérieur du bâtiment. Quelqu'un avait visiblement retrouvé le corps d'Aaron. Dean ne savait pas s'il était encore en vie ou non. Il s'en fichait. Il avait bel et bien l'intention de s'en assurer plus tard. Mais quand il aurait repris des forces. Après tout, la vengeance est un plat qui se mange froid.

Il fit signe à Dylan de le suivre et prit la direction des arbres en face d'eux. Il ne savait pas vraiment quel chemin prendre pour retourner à la route. Il s'en soucierait plus tard. Pour le moment, il devait surtout mettre le maximum de distance entre leurs ennemis et eux. Les arbres leur offraient une chance de se cacher quand on se lancerait à leur poursuite.

Ils marchèrent durant de longues minutes en silence. Puis, quand Dean dut s'arrêter pour reprendre son souffle, Dylan prit la parole.

- Je vais partir, déclara-t-il.

Dean leva les yeux dans sa direction sans comprendre.

- Comment ça ?

Dylan ne le regardait pas, visiblement déterminé à ne plus jamais croiser son regard. Il était mal à l'aise. Il avait toutes les raisons de l'être. Mais cela n'expliquait pas ce qu'il venait de dire.

- Je ne peux pas rester, c'est évident. Je veux dire... pas après tout ça.

- Et pourquoi donc ?

Dean trouvait son ami ridicule. Il lui avait pourtant dit clairement qu'il ne lui en voulait pas. Il le voyait toujours comme son frère. Cela ne changerait pas. Il refusait de laisser Aaron gagner.

- Dean, je ne suis pas sûr que tu aies bien compris ce qui s'est...

- Oh mais j'ai compris. Je ne suis pas stupide. Tu as des sentiments pour moi ou du moins, tu es attiré par moi. Et je t'ai... je t'ai pratiquement violé parce que je savais que c'était notre seule chance de nous en sortir. Je le sais et je ne vais certainement pas l'oublier de sitôt. Mais je ne vois pas en quoi cela t'oblige à partir.

Dylan semblait agacé qu'il ne comprenne pas et ne soit pas du même avis que lui. Mais Dean n'avait pas l'intention d'abonder dans son sens. Ils allaient devoir prendre le temps de discuter de tout ça afin de mettre les choses au clair. Mais il ne voulait pas perdre Dylan pour quelque chose dont ils n'étaient pas responsables.

- Tu ne m'as pas violé, Dean. Ne sois pas stupide. J'ai compris ce que tu avais en tête dès que tu as accepté et je ne t'en veux pas. Ce n'est même pas ça le problème. C'est tout le reste.

- Est-ce que tu... tu l'as compris quand ?

Dean n'avait rien vu venir. Il n'avait pas imaginé une seule seconde que son ami pouvait avoir développé de tels sentiments pour lui. Il ne le comprenait même pas vraiment. Dylan était clairement hétérosexuel. Bien sûr, le jeune homme était bien placé pour savoir que cela ne voulait rien dire en fin de compte. Il était tout de même surpris.

- Il y a quelques semaines... mais je ne savais pas ce que ça signifiait. Je te le jure. J'avais juste conscience de te voir autrement que comme un ami depuis quelques temps. Ce n'est que quand tu as commencé à parler de Castiel et toi à Aaron que j'ai compris ce que ça voulait dire. Ce que je ressentais.

- Écoute, Dylan... je sais qu'on va devoir en parler. Je sais qu'on va devoir mettre tout ça au clair. Et tu dois savoir que je ne partage pas tes sentiments. Je t'aime comme un frère et je suis amoureux de Castiel.

- Je sais tout ça, assura Dylan.

Dean hocha alors la tête.

- Du moment que tu en as conscience, je ne vois pas pourquoi on ne serait pas capable de surmonter ça comme des adultes. Je ne veux pas te perdre.

- Je ne veux pas te perdre non plus, admit Dylan d'une toute petite voix.

Dean sourit alors, soulagé de l'entendre. Il voulait croire que les choses pourraient rentrer dans l'ordre. Bien sûr, cela ne réglait pas le problème de ce qu'il avait fait ni du fait qu'il n'avait aucune idée de ce qu'il dirait à Castiel. Mais ce n'était pas le problème de Dylan.

- Alors inutile de perdre plus de temps à en discuter. Tu rentres avec moi. Point final.

- Tu es sûr d'avoir envie de... je ne dirai rien à personne mais je pourrais comprendre que tu ne me veuilles plus à proximité de Castiel et toi. Et puis si tu choisis de tout lui dire, je suis convaincu qu'il ne voudra plus de moi.

Castiel est plus intelligent que ça. Il comprendra qu'on n'avait pas d'autre choix. Je ne suis même pas sûr de vouloir lui en parler. Quant à ce que tu ressens, il n'a pas besoin de le savoir. Ce serait notre secret.

Dylan ne semblait pas convaincu mais il ne protesta pas. Dean lui en fut reconnaissant. Il pouvait sentir son corps protester et il allait rapidement être à court d'énergie. Ils devaient absolument se mettre à l'abri avant qu'il ne soit plus en mesure de faire le moindre effort.

- Est-ce que tu as la moindre idée de la direction à prendre ? Demanda-t-il alors à son ami.

Dylan secoua la tête. Derrière eux, ils entendirent de nouveaux cris. On était sur leur piste. Ils n'avaient plus de temps à perdre. Ils se remirent en route dans la direction opposée au bâtiment. Dean était frigorifié. Il avait mal à peu près partout. Le pire sans doute était la douleur dans sa main. Il pouvait aussi sentir du sang couler sur sa cuisse. Dylan n'était pas dans un meilleur état. Mais ils étaient déterminés et suffisamment forts pour continuer à avancer. Ils accélérèrent même le pas.

Après de nouvelles longues minutes durant lesquelles ils marchèrent en silence, ils finirent par déboucher sur un chemin balisé. Dean chercha une indication du regard mais ne trouva rien.

- Qu'est-ce qu'on fait ? Demanda Dylan dans son dos.

Dean n'en avait aucune idée. Marcher sans but n'était pas une solution. Ils s'enfonçaient dans la forêt et finiraient par se perdre pour de bon. Ils n'avaient rien mangé et pas dormi depuis trop longtemps pour continuer ainsi. Ils devaient regagner la route. Trouver une voiture. Rejoindre le camp.

- On va continuer sur ce chemin. On finira bien par trouver un plan quelconque. Ou on tombera sur une véhicule abandonné.

- Et ta voiture ?

Dean n'y avait pas pensé jusque-là. Mais à présent que Dylan l'évoquait, il réalisa que leurs ennemis avaient probablement récupéré l'Impala. L'idée lui donnait la nausée et une furieuse envie de retourner en arrière pour la récupérer. Mais il savait que ce n'était pas possible pour le moment. Ça ne le serait peut-être même jamais. Il devait se rendre à l'évidence.

- Elle est perdue, constata-t-il.

- Dean, je sais combien elle compte pour toi et je...

- Non, ce n'est qu'une voiture. Juste une voiture. Je ne prendrai pas de risque inconsidéré pour la récupérer. Je ne te mettrai pas en danger pour elle.

C'était un mensonge, bien sûr. L'Impala n'était pas seulement une voiture. Elle était bien plus que ça depuis sa naissance. C'était à l'intérieur que Sam et lui avaient passé une partie de leur enfance. Là qu'ils avaient gravés leurs initiales sur le revêtement d'une portière arrière. C'était une des dernières choses qui le rattachait à son frère. S'il avait été seul, il serait sans doute reparti la chercher. Mais il devait penser à Dylan. Il devait également penser à Castiel. Il avait trop à perdre pour agir de la sorte.

- Dean, c'est le moins que je puisse faire après...

- J'ai dit non, Dylan. On reviendra la chercher plus tard si on en a l'occasion. J'ai bien l'intention de leur faire payer à tous ce qu'ils nous ont fait. Mais pas maintenant... pas dans cet état. On tient à peine debout.

Dylan finit par hocher la tête.

- Tu crois qu'il est mort ?

Dean savait parfaitement de qui il voulait parler. Il haussa les épaules.

- Je l'espère mais je n'en suis pas sûr. S'il ne l'est pas, il voudra se venger. Il faudra qu'on soit prêt à se défendre. On doit avertir tout le monde au camp. On doit les prévenir et... on se vengera. Je te le promets. Mais il faut agir intelligemment.

Il était convaincu que Dylan avait tout autant envie que lui de prendre sa revanche. Il l'avait dit à Aaron. Il voulait le faire souffrir. Et Dean n'était pas opposé à cette idée. Il avait envie de faire subir les mêmes tortures à ce monstre. Il voulait l'entendre pleurer et les supplier de l'achever. Il n'avait jamais été quelqu'un de cruel. Mais ce qu'il avait subi l'avait clairement fait changer.

- On doit se remettre en route, se contenta-t-il toutefois de dire.

Il prit aussitôt la direction opposée à celle du centre des visiteurs dont ils venaient de s'échapper. Chaque nouveau pas était plus difficile que le précédent. Il avait la tête qui tournait. Il choisit toutefois de le garder pour lui. Il ne servait à rien de partager cela avec Dylan. Il était probablement dans un état similaire au sien.

Dean se raccrocha donc à la nécessité de prévenir les gens au camp pour continuer à avancer. Il s'interdit de penser à Castiel. Il était terrifié par la réaction qu'il aurait en le revoyant. Il était convaincu qu'il s'effondrerait, craquerait et serait alors inconsolable. Il avait conscience d'avoir perdu une partie de lui-même durant sa captivité. Il avait changé et il avait peur du nouveau Dean. Il avait peur des idées qui tournaient en boucle dans sa tête. Terrifié par son immense désir de faire souffrir l'homme qui l'avait torturé.

Derrière lui, Dylan avait le souffle court. Dean choisit de ne pas se retourner pour voir l'état dans lequel il était. Il choisit également de ne pas lui poser la question. Il connaissait déjà la réponse et elle ne l'aiderait pas. Il garda à la place les yeux rivés sur le chemin qu'ils suivaient, sur les arbres autour d'eux. Ils n'entendaient plus rien d'autre que le chant des oiseaux. Ils avaient sans doute semé leurs poursuivants mais ils ne pouvaient pas s'arrêter pour autant. Pas tant qu'ils n'avaient pas trouvé un véhicule.

- Dean, finit par l'appeler Dylan dans son dos.

Le jeune homme s'immobilisa alors. Quand ses yeux se posèrent sur son ami, ce fut pour le voir basculer en avant. Il n'eut pas le temps de le retenir ni la force de se précipiter pour amortir sa chute. Il ne put que le regarder tomber lourdement au sol. Il s'accroupit aussitôt devant lui et le tourna sur le dos.

- Dylan, tu ne peux pas me faire ça... je ne peux pas... je n'ai pas la force de te traîner. Je t'en supplie, murmura-t-il.

Mais son ami ne répondit pas. Il avait clairement perdu connaissance. Et Dean ne savait pas quoi faire. Il ne pouvait pas l'abandonner là pour aller chercher de l'aide. Il ne pouvait pas attendre qu'il se réveille. Il n'avait pas la force de le traîner jusqu'à la sortie. Il était impuissant et il était perdu.

- S'il te plaît, souffla-t-il alors.

Mais Dylan ne se réveilla pas. Et c'en était trop pour le jeune homme. Il avait fait en sorte de ne pas craquer jusque-là mais il était à bout de forces. Il sentit les premières larmes s'échapper des ses yeux sans pouvoir les retenir. Pas plus qu'il ne parvint à ravaler les sanglots qui montaient dans sa gorge. Il était en caleçon et T-shirt au milieu de nulle part, blessé, affamé et épuisé. Il se sentait seul et abandonné. Et il avait peur pour Dylan. Peur que ses blessures soient plus sérieuses que ce qu'il avait pensé. Il ne voyait pas d'issues. Il allait mourir ici. Il n'aurait pas l'occasion de prévenir le camp. Il ne reverrait pas Castiel, Gabriel et les autres. C'était la fin pour lui.

Il manœuvra le visage de Dylan jusqu'à pouvoir le poser sur ses cuisses puis il ferma les yeux. Il ne pouvait rien faire d'autre qu'attendre. Espérer que la vie soit enfin un peu clémente avec eux et leur envoie de l'aide. Il était difficile d'y croire après ce qu'ils avaient vécu entre les mains d'Aaron. Mais c'était tout ce qui lui restait.

Dean n'aurait pas su dire combien de temps il resta assis au milieu du chemin avant d'entendre un bruit sur sa gauche. Il était convaincu qu'il s'agissait des hommes d'Aaron. Il brandit l'arme volée dans la direction du bruit et attendit. Il tirerait sur le premier qu'il verrait. Il en abattrait autant que possible. Il refusait de mourir sans se battre.

Le bruit se rapprochait rapidement. Dean n'était même plus tout à fait sûr de la direction d'où il provenait. Il tenta d'apercevoir quelque chose entre les arbres mais ses yeux avaient de plus en plus de mal à faire le point. Après quelques secondes d'attente, il finit par voir un arbuste bouger puis une silhouette apparaître à quelques mètres. Il fronça les sourcils. Ce n'était pas un être humain. C'était un animal. Dean ne savait pas s'il y avait des loups ou des ours dans le secteur. Il serait probablement ironique de mourir ainsi après avoir échappé à une armée. L'idée le fit sourire.

Il laissa retomber son bras le long de son corps à mesure que la silhouette approchait. Il était en train de perdre connaissance. Et il devait probablement délirer également. Car à présent, il avait l'impression qu'il s'agissait de Red. Il reconnaissait son pelage roux. Dean tenta de prononcer son nom mais il en fut incapable. Et alors qu'il sombrait dans l'inconscience sans pouvoir lutter contre, il crut entendre la voix de Castiel quelque part dans les bois. Son petit ami prononçait son nom. Cela lui arracha un sourire qu'il emporta avec lui dans le néant.