Chapitre 8 : Un regard
« Il faut vraiment que tu le prennes, il est magnifique sur toi… »
« Oui, aller on le prend ! »
Un gémissement frustré retentit alors.
« Par pitié, faites au moins semblant de me demander mon avis ! »
On aurait pu croire en voyant la scène que c'était une discussion entre une mère et ses deux filles…sauf que l'une d'elle ne l'était pas vraiment.
Une des passions de Rose Evans, après les fleurs et leurs propriétés, était sans nul doute le shopping…un mot nouveau dans une époque en pleine expansion.
Ginny était présentement entrain d'essayer un ensemble vert bouteille faisant ressortir à merveille ses yeux et protestait avec véhémence le fait que sa « mère » veuille lui acheter.
« Mais, c'est le troisième aujourd'hui…je ne veux pas être un poids…c'est trop cher et … »
« Ca suffit ! Tu es ma fille et ce n'est pas de ma faute si ma fille porte superbement cet ensemble et les autres ! »
Ginny rougit, non seulement Rose la considérait vraiment comme sa fille mais elle ne cessait de répéter qu'elle était dotée d'une grande beauté…une façon comme une autre de remonter le moral, pensait Ginny.
Le mois d'août était bien entamé et Rose insistait pour refaire entièrement la garde robe de ses deux filles en vue de la rentrée prochaine.
Ginny qui avait peu l'habitude de telles dépenses se sentait mal à l'aise à chaque fois et se faisait toujours charrier gentiment par Pétunia.
Elle s'était presque entièrement intégrée à sa nouvelle vie, Ginny avait été présenté aux autres membres de la famille Evans, oncles et tantes l'avaient tout de suite apprécié, ainsi qu'aux différents amis des uns et des autres. Son « père » et elle riaient souvent ensemble, Rose l'avait prise sous son aile et Pétunia malgré le fait qu'elle soit un peu plus âgée était devenue sa meilleure amie.
Mais sa tristesse restait présente, jamais elle n'aurait imaginé éprouver un tel sentiment de solitude mêlée d'amertume, bien sur la vie avait repris ses droits, mais elle ne pouvait tout simplement pas oublier…oublier sa vie d'avant qu'elle n'aurait plus…oublier cet avenir si noir qu'elle ne pouvait changer.
« N'y pense pas. »
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« AAAHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHHh »
Le cri retentit dans toute la maison. Ginny se réveilla en sursaut.
Que se passait-il ?
Prudemment elle descendit les escaliers.
Quelle ne fut pas sa surprise en voyant que ce hurlement n'était que la résultante de…d'un hibou ?
« Oh mon Dieu ! C'est un oiseau sauvage, Lily aide moi ! Il va me mordre ! »
Pétunia s'était cachée derrière Ginny en tremblant de la tête aux pieds de manière assez…grotesque.
« Mais qu'est ce que c'est que ces cris on vous entend de l'autre bout de la rue…Ah ! »
Rose sursauta et le carton qu'elle tenait lui échappa des mains.
« C'est un hibou ? Ce n'est pas par ce moyen que vous communiquez ? »
« Si »fit Ginny qui s'éloigna de Pétunia pour appeler doucement le volatil qui se posa délicatement sur son bras tendu. Elle détacha le parchemin familier et le hibou s'envola par la fenêtre restée ouverte.
« C'est une lettre de Poudlard. »
« Poud…Quoi ? C'est quoi cette histoire ? »
Pétunia était presque hystérique et regardait Ginny comme si elle était folle.
Rose demanda à Ginny de les laisser seules, ce qu'elle s'empressa de faire.
Le seul écho qu'elle pu entendre de leur discussion fut un « C'EST UNE QUOI ? » de la part de Pétunia.
Quelques minutes plus tard, des pas retentirent dans l'escalier et sa « mère » ouvrit la porte, l'air anxieux.
« Je crois qu'il faudra un peu de temps à Pétunia pour accepter…c'était une lettre de ton école ?
« Oui, c'est la liste des fournitures obligatoires. »
« Oh ! Fais voir ! »
Rose parcourut le parchemin des yeux, et Ginny vit son visage devenir blême.
« Où est-ce que tu veux que l'on trouve tout ça ? »
Ginny ne pu s'empêcher de rire, elle avait complètement oublié que Rose contrairement à son mari ne connaissait rien ou presque du monde magique.
Elle lui expliqua donc les moindres détails de ce qu'était le Chemin de Traverse.
Ce fut une Rose abasourdi mais réjouit qui lui répondit :
« Très bien, on s'y rendra dès demain, j'ai hâte de voir ça ! »
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« Par ici, il faut encore que j'achète certains ingrédients pour les potions… »
Le Chemin de Traverse était bondé, et Ginny tirait Rose par la manche pour ne pas la perdre. Sa « mère » était émerveillée et traînait. Quand à Pétunia elle avait tout simplement refusé de venir, elle ne voulait surtout pas entrer dans ce monde de « fous », de « monstres ».
Une violente dispute avait éclaté la veille des suites de la révélation de la vraie nature de Ginny, Pétunia ne supportait pas d'être apparentée à une sorcière et l'avait bien fait comprendre, injuriant Ginny de tout les noms elle avait déclaré ne plus vouloir l'avoir pour sœur.
Ginny avait été profondément blessée, depuis son arrivée elle avait considéré Pétunia comme une véritable amie, une soeur…elle avait l'impression d'avoir été trahi.
« Qu'est ce que c'est Lily ? »
Ginny se retourna et eut un pincement au cœur en reconnaissant la vitrine pleine de balais.
« C'est le magasin de Quidditch, le sport des sorciers, il se joue sur des balais, précisa-t-elle. »
« Oh ! Tu n'en veux pas un de balais ? »
« Non maman c'est hors de prix »
Ginny se plaqua les mains sur la bouche et regarda Rose avec appréhension.
« Je suis désolée…je… »
Mais Rose avait les yeux humides.
« Oh ! Ne sois pas désolée ! Je suis très heureuse que tu m'appelles maman, si tu le veux tu peux le faire…comme tu peux le faire pour Henry… »
Ginny rougit et acquiesça. Bien sur elle n'avait pas oublié et n'oublierait jamais ses parents, mais cette appellation lui manquait c'était plus fort qu'elle, et puis Rose et Henry étaient si gentils…
« Bon si on entrait ! » Fit Rose d'une voix enrouée.
« Je t'ai dit que c'était hors de prix ! »
Mais sa mère entra sans l'écouter.
Ginny devait avouer que l'idée d'avoir un balai était tentante mais c'était si cher…
Alors qu'elle regardait les différents modèles et qu'à coté d'elle sa mère lançait des réflexions telles que « Mais quelle est la différence entre tout ces balais ? » ou « Oh cette petite boule dorée est vraiment mignonne », Ginny croisa son regard…
Dans la foule de personnes qui l'entourait, elle était incapable de s'en détacher.
Elle sentit son âme brûler d'un feu inconnu au fond de son être, sa respiration se bloqua, son rythme cardiaque s'accéléra…Une douce chaleur l'envahit…Elle ne voyait rien d'autres à part ses yeux…
Il était grand, ses cheveux de jais partaient dans tout les sens, la monture de ses lunettes n'empêchait pas ses yeux chocolat de briller d'une lueur de malice et de joie…Il la fixait…
Et son regard remuait tout l'être, toute l'âme de Ginny…
« Tu sais finalement peut-être que tu avais raison ma chérie…je suis désolée…mais on ne peut vraiment pas se permettre un tel achat…tu m'écoutes ? »
Ginny détourna son regard, sortant ainsi de la transe dans laquelle elle était plongée.
« Oui, allons-y. »
Elle tenta un dernier coup d'œil en arrière, mais comme elle le sentait il n'était plus là.
Juste un regard…un seul regard…et elle avait compris que plus jamais elle n'éprouverait une telle sensation…sauf avec lui…
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Voilà, voilà…alors ce petit chapitre vous a plu ?
Alors donnez moi votre avis ! C'est très important pour moi…même si vous n'aimez pas !lol !
Pour répondre à la review de malia, je ne laisserai pas cette fic en plan, j'ai encore tout plein d'idées…Merci pour ta review, en fait merci pour toutes les reviews ça me motive quand je les lis !
Eléonore
