Courant dans les couloirs, nous dépassâmes la plupart des morts-vivants, avant que ces derniers n'eurent le temps de se retourner vers nous. Quand aux plus rapides, Saeko et Kohta s'en chargèrent sans aucun souci. Malgré qu'il soit aussi en première ligne, Kenji n'eut même pas l'opportunité de montrer ses talents avec ses couteaux. Mais, à mon avis, cela devait pas mal l'arranger. Je ne comprenais même pas pourquoi Saeko avait eu l'idée de le placer ainsi, alors qu'elle ne savait même pas son niveau au combat rapproché. Quand à Rei et moi, notre principal travail fut d'assurer qu'aucun zombie ne nous suivait de trop près. Ce fut tout.
En un rien de temps, nous étions parvenus à effectué plus de la moitié du chemin, qui nous séparait du hall sans aucun problème.
« C'est beaucoup plus facile que je ne l'aurais imaginé ! La chance nous sourit enfin ! »
Cependant, alors que nous passions devant un escalier, menant à l'étage d'au-dessus, j'entendis une sorte de voix.
« Hum ? »
Laissant les autres continuer à avancer, je m'arrêtai devant les marches, et tendis l'oreille, à l'affût du moindre bruit suspect. Pourtant, à part des grognements de zombies, je
n'entendis rien.
« J'ai rêvé ou quoi ? »
_Takashi ! m'appela Rei ! Tu fais quoi à rester planter là !
_Euh, rien ! dis-je, en tournant le regard vers elle ! J'arrive !
Mais à l'instant où je me remis à courir, j'entendis très clairement :
_Prends ça, enfoiré !
Le bruit d'un énorme choc suivit l'ordre et je perçus le fracas que provoqua un corps en dévalant une partie des marches des escaliers. Bientôt, le corps de l'un des morts-vivants tomba jusqu'en bas des marches, avec le crâne en miettes.
« Là, c'est certain ! Il y a un autre survivant ! »
Me dirigeant, aussitôt, vers le premier étage, je montai les marches quatre à quatre avant d'arriver devant un combat. Dos à un mur et encerclé par plusieurs zombies, un groupe de lycéens constitué de trois garçons et deux filles étaient en train de se battre face aux monstres. Pourtant, il était évident qu'ils étaient en train de perdre le bien maigre terrain qu'ils leur restaient avant de toucher le mur. Se mettant devant les autres, un lycéen avec une batte de base-ball, dans les mains, envoya cette dernière dans les côtes d'un zombie qui se sentit éjecter contre un mur.
_Vas en enfer ! cria-t-il.
Pourtant, n'ayant pas visé sa tête, son adversaire se releva presque aussitôt et se prépara à lui faire regretter son geste. Derrière le lycéen à la batte, les deux autres garçons tentèrent de faire reculer le reste de leurs agresseurs et le frappant avec leurs sacs. Mais ce fut à peine si leurs maigres attaques les faisaient ralentir.
_Ils vont nous mordre, Takuzo ! s'apeura une fille, en commençant à trembler.
_Ne dis pas n'importe quoi ! s'écria le garçon, en plaçant sa batte devant lui ! Je refuse de me laisser transformer en ces choses !
Cependant, quand son agresseur se remit en marche, le garçon ne put s'empêcher de faire un pas en arrière, en l'apercevant en train d'entrouvrir ses mâchoires.
_Re … Recules !
Décidant alors d'agir, je me mis à courir dans leur direction de sauter en l'air, en prenant appuis sur la dernière marche. Profitant de mon élan, je me rapprochai des deux adversaires, en tenant ma batte, comme l'aurait fait un professionnel prêt à taper dans une balle. Cependant, dans cette situation, la balle fut le crâne du zombie, que je frappai en plein dans l'ossature de sa mâchoire. Autant dire qu'il n'aurait plus jamais la possibilité de la refermer. En tout cas, sa tête partit sur le côté tellement fort que je cru qu'elle allait s'arracher du reste de son corps.
« Home run ! osai-je penser, en le voyant tomber devant les pieds des lycéens. »
Ces derniers, soi-disant en passant, avaient tous des regards qui trahirent leur surprise. Il faut dire que n'importe qui aurait été étonné de voir quelqu'un mettre à terre l'un de ces monstres avec autant de facilité, et en si peu de temps.
Pourtant, et sans vouloir me vanter, ce geste, je n'arrêtai pas de le répéter depuis que
j'avais quitté le toit. Je commençais même à me demander si ma batte n'allait pas finir par se briser en deux, à force de l'utiliser ainsi.
Loin de penser à cela, un autre zombie se dirigea vers moi. Je m'apprêtais à le frapper, quand un troisième mort-vivant eut la brillante idée de se saisir de ma batte, alors que je la levai au-dessus de moi.
Je peux l'avouer, j'eus la surprise de ma vie en la sentant m'échapper de mes mains. En fin de compte, je me retrouvai en face de mon adversaire, avec, comme seules armes, mes mains qui me semblèrent étrangement vide. Et encore, je n'avais toujours pas compris ce qui venait de se passer.
« Elle est où ma batte ? »
Me voyant penaud, le leader du petit groupe décida d'intervenir et frappa le zombie au niveau des poumons, à croire qu'il n'avait toujours pas comprit comment se débarrasser de ces types. Son adversaire recula d'un pas, mais finit cependant par l'attraper au niveau de son haut avant de le ramener vers lui.
_Takuzo ! crièrent les autres membres de son groupe.
_Je ne veux pas mourir ! hurla ce dernier, en tentant de ce défaire de l'emprise de son agresseur.
Un clou percuta soudain la tête de ce dernier, et l'immobilisa sur place, avant qu'un coup de sabre ne finisse par le faire tomber par terre.
_Mais que … ? s'étonna Takuzo.
Tournant la tête, le cadavre qui avait volé ma batte sentit la lame d'un couteau lui traverser la gorge, tandis qu'un marteau lui broya le crâne. Le dernier zombie qui restait eut droit, quand à lui, te sentir l'extrémité d'un manche à balai coincer sa tête entre elle et le mur. Tentant de se dégager de là, il n'eut pas le temps de bouger, avant que Saeko ne le frappe assez fort pour le tuer.
_Les gars ? m'étonnai-je, en les voyant débarquer.
À peine me vit-elle, que Rei m'attrapa par la joue avant de me demander :
_Qu'est-ce qui t'as pris, à toi, de partir comme ça, te jeter dans la gueule du loup ? J'ai bien cru qu'il t'était arrivé quelque chose !
_Décholé ! réussis-je à articuler, avant de pointer l'autre groupe du doigt ! Ch'ais chuste voulut les protécher !
Les apercevant alors, mon amie finit par me lâcher tandis que Saeko leur demanda :
_Vous allez bien ? Vous n'avez pas été mordu ?
Voyant Takuzo toujours sous le choc d'avoir échappé à la mort d'aussi près, l'une des deux filles prit la parole :
_Non, nous ne sommes pas blessés !
Portant un regard sur leurs anciens agresseurs qui gisaient au sol, elle se tourna vers moi et me remercia :
_Merci infiniment de nous avoir sauvé !
« Je les reconnais ! remarqua Saya, en les dévisageait un à un ! Se sont ceux qui ont tenté
de se réfugier dans la salle des profs avant que des zombies ne les attaque ! S'ils sont encore en vie, c'est que la chance est de leur côté ! »
_De rien ! assurai-je, en reprenant ma batte ! Mais je dois bien avouer que j'ai finis par perdre le contrôle de la situation, en voulant jouer les héros !
_Pourtant, tu t'ai vraiment bien débrouillé ! assura Takuzo, en essuyant une goutte de sueur qui lui perlait le front ! Beaucoup mieux que moi, en tout cas !
_Tu es ? l'interrogeai-je.
_Je me nomme Takuzo ! m'apprit-il.
Cheveux noir coupé courts et yeux marron, le garçon me disait vaguement quelque chose.
« Ça ne serait pas lui le jeune prodige de l'équipe de base-ball ? Il paraît qu'il a un fan-club aussi important que celui de Saeko ! À la différence près qu'il est plutôt constitué que de filles ! »
_Moi, c'est Naomi ! s'exclama la porte-parole du groupe.
Ayant des cheveux de la même couleur que Takuzo, elle les gardait néanmoins assez court. Ce qui la caractérisa le plus fut le petit triangle, qu'elle avait sur la joue gauche, composé de trois grains de beauté. D'après ce que je savais sur elle, elle était celle qui avait réussi à devenir la petite amie de Takuzo. Mais pour dire la vérité, je n'avais jamais su si elle s'était approché de lui par amour, ou juste pour rendre les autres filles vertes de jalousie.
_Kawamoto ! se présenta à son tour, la seconde fille de groupe.
Contrairement à ses amis, ses cheveux la différenciait facilement des autres puisqu'ils étaient roux. De plus, elle avait des yeux de couleur or. Néanmoins, malgré le fait qu'on devine que c'était une fille et que son uniforme le prouvait, elle avait un côté assez garçon manqué. Le peu que je connaissais sur elle résumait sa participation dans le club d'athlétisme du lycée.
_Yamada ! s'écria l'un des deux autres garçons du groupe.
Côté chétif, il aurait pu rivaliser avec Kohta. Frêle et pâle comme il y a pas, il tentait de nous sourire même si son visage et le reste de son corps trahissait sa peur. Les choses que je savais sur lui étaient le fait qu'il avait une bonne relation avec Kawamoto et qu'il était un assez bon peintre et dessinateur.
( Ne sachant pas comment procéder pour remplacer efficacement les deux inconnus du groupe de Takuzo, j'ai décidé de le mettre parmi eux ! )
_Quand à moi, c'est Kaku ! nous apprit le dernier garçon du groupe.
Contrairement au deux autres lycéens, ce dernier était le seul à ne porter qu'un simple tee-shirt sur les épaules, à croire que sa veste n'avait pas survécu aux attaques répétées des
zombies.
_Moi qui pensait, il y a une demie-heure, que j'étais le seul survivant, je me suis bien trompé ! remarqua Kenji ! Actuellement, nous sommes treize encore en vie ! Il ne reste plus qu'à savoir combien d'entre nous le seront encore, quand nous atteindrons le mini-
bus !
_Le mini-bus ? répétèrent Takuzo et ses camarades.
_Nous comptons nous enfuir d'ici grâce à lui ! leur apprit Rei ! Cela peut-être risqué mais ça vous dirais de vous joindre à nous ? Plus nous serons nombreux et plus nos chances de réussite seront importantes !
Portant alors un regard sur nos armes qui étaient plus nombreuses et, surtout, plus efficaces que les leurs, ils se mirent à se regarder simultanément. Au final, Takuzo reprit la parole :
_Nous sommes d'accord pour coopérer et venir avec vous ! En toute honnêteté, nous aurons dix fois plus de chance de survivre en votre compagnie qu'en restant ici tout seul !
Se mettant à sourire, Saeko finit par redescendre les marches avant de dire :
_Dans ce cas, suivez- nous ! Et un conseil, faites le moins de bruits possible ! C'est ce qui les attire !
_D'a … D'accord !
Et ce fut ainsi que le nombre des survivants passa de huit à treize.
_Tu comptes toujours foncer tête baissée, Saeko ? voulut savoir Morita.
Alors que nous étions parvenus à atteindre le hall d'entrée avec nos nouveaux compagnons, nous avons très vite constater que la salle accueillait une bonne trentaine de zombies. À croire qu'ils avaient été prévenu de notre arrivée ici. Ce fut à cause de se rassemblement, que nous nous étions caché derrière plusieurs casiers tout en gardant un œil sur l'ennemi.
_Vu leur nombre, il est impensable que nous puissions tous les battre sans connaître de perte ! rétorqua Saeko ! Et puis, nous ne sommes plus dans un couloir mais dans une large piège ! Ils pourront donc nous attaquer dans tous les sens ! Non, ce qui faudrait c'est de pouvoir passer sans être vu !
_Ah oui ? s'étonna Saya ! Et comment comptes-tu procéder ?
_C'est bien toi qui disait qu'ils étaient aveugles, non ?
_Et alors ?
_Puisqu'ils ne peuvent qu'entendre, nous pouvons peut-être tenter de passer en étant le plus discret possible !
_Tu veux que nous foncions dans la gueule du loup de cette manière ? s'affola Kaku ! Mais ça ne va pas la tête ?
_Est-ce que vous être au moins sûr qu'ils ne peuvent pas nous voir ? voulut savoir Kawamoto.
_Pas à cent pour cent, mais il y a de grandes chances ! approuva Kohta ! Par contre, peut-être ont-ils développé un autre moyen pour nous repérer ! Ça ne serait pas impossible !
_Dans ce cas, il est mieux, pour nous tous, que quelqu'un se porte volontaire afin de se
rendre jusqu'au milieu de la salle pour remarquer si ces créatures sont belles et bien aveugles ! remarqua Saeko.
_Et qui va être l'heureux élu ? l'interrogea Takuzo.
Je crois qu'il n'est pas nécessaire de préciser qu'aucun d'entre nous n'était vraiment emballé par l'idée de devenir un cobaye, voir une pion de sacrifice. Il n'était pas question, pour nous tous, de vouloir mettre notre vie bêtement en jeu, alors que nous avions dû nous battre durement afin de survivre jusqu'à maintenant. Pourtant, un suicidaire finit par se manifester :
_Je veux bien le faire ! annonça Kenji, en levant la main en l'air.
_Toi ? s'étonna Saeko.
_Bah oui ! Ça sera une manière pour moi de pouvoir vous remercier de m'avoir sauvé tout à l'heure !
« À quoi pense-t-il ? voulut savoir Saeko. »
_Laisses tomber ! déclarai-je soudain, en passant devant le lycéen ! Je m'en occupe !
_Hein ? s'étonna le garçon.
_Qu'est-ce qui te prends, Takashi ? voulut savoir Rei ! Tu comptes vouloir te faire tuer ou quoi ?
_Pas du tout ! rétorquai-je ! J'ai même confiance en la théorie de Saya ! Elle ne s'est jamais trompé avant, non ?
_Je … Je ne peux pas t'affirmer qu'ils ne vont pas t'attaquer ! précisa-t-elle.
_Dans ce cas, je ne pourrais que dire que mon destin était de mourir ainsi ! remarquai-je, en commençant à m'en aller.
_Attends ! me supplia Rei, en se cramponnant à mon bras ! Pourquoi te portes-tu volontaire pour faire une chose aussi … ?
_Hisashi l'aurait fait ! assurai-je alors.
Trois mots. Trois simple mots avaient eut comme effet de figer Rei, qui me laissa alors mener la quête que je m'étais lancé. Pourtant, malgré toutes mes belles paroles, je ne pus m'empêcher de réciter quelque chose qui ressemblait fort à :
« Oh mon père qui êtes au ciel ! »
Me regardant prendre sa place, Saeko se tourna soudain vers Kenji, et le vit alors placer une main devant sa bouche, afin de cacher le sourire qui s'était affiché sur ce dernier.
« Qu'est-ce qui le fait rire ? »
Marchant droit devant moi, en serrant bien fort ma batte pour être certain qu'elle ne m'échappe pas des mains, je me mis à respirer de plus en plus lentement, au fur et à mesure que je m'approchais du centre du hall. Devant moi se trouvait la porte nous permettant d'accéder à la cour. Mais tout autour de moi, les zombies étaient en train de marcher ici et là, sans véritable objectif. Ils n'attendaient qu'une chose : qu'un bruit trahisse ma présence.
« Maintenant, je sais ce que ça fait d'être un avatar d'un jeu vidéo, auquel on a donné pour mission de faire ce genre de choses ! »
Au bout d'une dizaine de mètres, je finis par m'arrêter et fermai les yeux avant de me répéter :
« Il ne te voit pas ! Il ne te voit pas ! Il ne te voit pas ! »
Je me répétais ces mots une dizaine de fois, en boucle, afin de me rassurer un peu. Après un certain temps qu'il m'avait semblé durer une éternité, je finis par prendre le courage d'ouvrir mes yeux. La première chose que je vis, et non pas des moindres, fut le zombie qui marchait droit vers moi, les mâchoires grandes ouvertes. Rien que voir ça me suffit pour agripper ma batte à deux mains.
« Je me suis fait repérer ? »
Continuant de marcher vers moi, le zombie s'arrêta soudain à un mètre de mon corps. De là où il était, je pus sentir l'odeur du sang à plein nez ainsi ce qui ressemblait à un cadavre en train de ce décomposer. Je dus utiliser toute ma volonté pour ne pas plaquer mes mains devant mon nez tellement l'odeur était infecte. Semblant m'observer, le zombie resta debout devant moi, avant de faire demi-tour et de se rendre là où il était avant de se déplacer.
Durant tout ce temps, mon visage était resté immobile et n'avait affiché aucune émotion. Au contraire, à l'intérieur de mon cerveau, je peux vous dire que ça bourdonnait de partout.
« Mais pourquoi a-t-il fallut que je fasse encore l'âne et que je décide de prendre la place de Kenji ? Il s'était porté volontaire ! Mais non, il a fallut que j'ouvre encore ma grande bouche pour me remettre en danger ! Je me demande quelque fois si je ne suis pas le derniers des idiots ! »
En attendant, sans le constater à force de penser à ça, je restai planté là une minute entière sans qu'aucun zombie ne fasse le moindre geste hostile dans ma direction.
« Saya avait raison ! constatai-je, en en voyant plusieurs qui avaient le regard tourné vers moi ! Puisqu'ils n'ont plus d'iris, ils ne peuvent plus nous voir ! Mais je me demande si les autres seront assez discret pour pouvoir tous me rejoindre sans se faire prendre ! Je devrais faire quelque chose pour les attirer dans un coin de la pièce ! »
Fouillant alors dans mes poches, je finis par en sortir mon portable. Un Iphone 4 que je m'étais payé, durant les vacances d'été, après avoir passé ces dernières à travailler dans un fast-food.
« Désolé, vieux ! pensai-je ! Toi et moi, ça a été une grande histoire d'amour, mais il va falloir que je te sacrifie ! Ne t'en fais pas, je n'oublierais jamais les longs moments que nous avons passé ensemble ! »
Sur ses dernières pensées, j'envoyai mon précieux droit contre un casier, du côté opposé à celle de la porte d'entrée. Le bruit métallique que provoqua le choc fit tourner la tête de tous les zombies présent dans la salle. Puis, un à un, ils se dirigèrent tous vers le point d'impact, en passant devant moi. Quand le dernier s'en alla, je me dirigeais le plus discrètement possible vers la porte. Quand je l'eus atteins, je fis signe aux autres de me rejoindre. Aussitôt, Saeko et Morita avancèrent vers moi, suivis par Rei et Kenji, puis par le reste du groupe.
_Pas de bruit ! chuchota Sakeo, en commençant à pousser doucement la porte.
Aussitôt qu'elle fut ouverte, nous laissâmes passer les autres un à un en leur répétant de rester silencieux.
« C'est génial ! pensai-je ! Pour l'instant, aucun zombie ne nous a repéré ! Avec un peu de chance, nous pourrons atteindre le bus sans se faire attaquer ! »
Néanmoins, mes espoirs prirent l'eau en un instant. Se dépêchant de nous rejoindre Naomi et Kohta étaient proches de la sortie, quand la jeune fille sentit son pied déraper sur une flaque de sang. Perdant alors l'équilibre, elle eut le réflexe de s'agripper au haut de Kohta afin de ne pas chuter et provoquer du bruit. Malheureusement, surpris par son geste, et doigt constamment garder sur la cagette, le garçon, en se sentant tirer en arrière, appuya par mégarde dessus. Le projectile éjecté fonça alors droit vers … un boîtier d'alarme incendie.
« Dieu, je te hais ! pensai-je, en voyant l'objet transpercer l'alarme, en plein dans son milieu. »
Aussitôt, un bruit assourdissant se fit entendre partout autour de nous. Entendant l'alarme, les morts-vivants se mirent aussitôt à grogner ou à gesticuler dans tous les sens afin de mettre la main sur ce qui faisait ce bruit. De notre côté, les zombies les plus proches avaient pu entendre la petite détonation qu'avait provoqué l'arme de Kohta, et s'étaient tournés dans notre direction.
Rien qu'en voir un marcher vers nous suffit à me faire crier :
_Courrez !
Passant aussitôt devant nous, Kohta et Naomi prirent la fuite, tandis que Saya se dressa devant moi avant de me demander :
_Pourquoi as-tu hurlé comme ça ? Tu as sûrement attiré ceux qui étaient dehors !
Tout à coup, un zombie surgit derrière elle et s'apprêta à la mordre, avant que Morita n'intervienne.
_Maintenant on peut faire autant de bruit qu'on veut ! assura-t-il, en fracassant son crâne avec son marteau ! Ça ne changera rien !
_Il a raison ! approuva Yamada, en voyant les zombies en train de bouger dans tous les sens ! L'alarme incendie à l'air de les rendre dingue !
_Il faut se dépêcher de partir d'ici ! affirma Natsumi, en commençant à se diriger vers le parking.
_Naomi ! Tu restes près de moi ! lui ordonna Takuzo, en agrippant le bras de cette dernière ! Vous deux, protégez Kawamoto !
_Ok ! assurèrent ses deux compagnons, en commençant à entourer la jeune fille.
De son côté, se trouvant en première ligne, Kohta se mit à viser les cadavres ambulant qui avançaient dans notre direction. Mais plus il hésitait à choisir sa cible et plus le nombre de ces dernières augmentaient.
_Il y en a de plus en plus qui rappliquent ! remarqua-t-il, en visait celui qui était le plus proche de lui.
Mais avant qu'il n'eut le temps de tirer, il aperçut Kenji foncer vers sa cible et lui pointa la
lame d'un de ses couteaux entre les deux yeux. Il était clair que cet objet n'était pas la meilleure arme face à ces monstres. La preuve, c'est que la lame se tordit un peu, au contact de l'ossature. Pourtant, le coup fut assez puissant pour que la victime se sente tomber en arrière.
_Nous n'avons pas le temps de se poser des questions ! rétorqua Kenji, en se mettant à se lécher les lèvres, tout en récupérant son arme ! Il faut tuer ceux qui nous empêchent de passer ! Tous, s'il le faut !
_Mais qu'est-ce qui lui arrive ? s'interrogea Kohta, en le voyant sourire.
« Il n'était pas du tout comme ça, la première fois que nous l'avons croisé ! »
_Courez, vite ! m'exclamai-je, en assommant à nouvel ennemi, qui me bloquait la route.
Il ne fallut pas que je le répète deux fois pour que treize paires de jambes se mettent à courir en direction du parking. Très vite, on fur et à mesure que nous avancions, une formation se créa.
En première ligne, nous avions Saeko et Kohta, qui tuaient tous ceux qui représentaient une réelle menace. Les suivant, Rei ; Takuzo ; Kenji et moi nous chargeâmes de repousser tous ceux qui avaient échappé à la rafale de clou et à la pluie des coups de sabres. Tous les autres fermèrent la marche et s'occupaient juste de courir afin de rester en vie.
Pourtant, la formation eut quelques gros défauts comme le fait que l'arme de Kohta s'épuisa rapidement et qu'il devenait une proie facile quand il devait recharger son pistolet. Sans compter que son gabarit l'empêchait de garder le rythme très longtemps. Ayant plus d'adversaires à abattre, mon équipe épargnâmes quelques créatures, qui se dirigèrent aussitôt sur les plus faibles. Malgré l'intervention de Natsumi et Morita, les plus lentes du groupes, c'est à dire Saya et Naomi, se retrouvèrent bien vite encerclés par les cadavres ambulant.
_Dé … Dé... Dégagez ! ordonna Saya, en brandissant sa perceuse devant elle ! Sinon je vous troue le visage !
Loin d'être impressionné par ses mots, les zombies commencèrent à s'avancer vers elles quand une voix rugit :
_Vous n'avez pas comprit ce qu'elle a dit ?
Écrasé par sa batte, un zombie succomba aux pieds de Takuzo qui se mit à hurler :
_Allez venez vous battre, si vous êtes des hommes ! Je vous attends !
Comme l'espérait le garçon les zombies furent attirer par les cris qu'il poussait et commencèrent à se rabattre sur lui. Voyant sa diversion fonctionner, il ordonna aux deux filles :
_Dépêchez-vous de partir, je m'occupe d'eux !
_Ta … Takuzo ! s'apeura Naomi, en le voyant se faire entourer.
_Viens ! lui ordonna Saya, en lui prenant la main ! Il a dit qu'il gérait la situation ! Si tu lui fais confiance, alors laisses-le faire !
_Mais … Mais … !
Frappant un zombie comme si c'était une balle, Takuzo l'expédiait vers l'un de ses
congénères et les deux corps tombèrent à terre. Fracassant un autre crâne, le garçon s'apprêta à achever son adversaire, quand ce dernier, dans un dernier sursaut de vie, réussit à agripper sa batte.
_Lâches ça ! lui ordonna le garçon, en lui lançant un uppercut dans le visage.
Bien qu'il n'eut pas mal, la violence du coup fit reculer le zombie, qui lâcha sa batte. Tentant d'agripper de nouveau son arme, Takuzo ne vit que trop tard, la paire de mâchoires qui le mordit au niveau du bras.
Poussant un cri de douleur, il tenta de repousser le zombie, en lui repoussant sa tête avec sa main valide. Refusant de lâcher, son agresseur fut bientôt aidé par d'autres morts-vivants, qui se mirent à mordre le garçon de toutes parts.
Entendant les cris de douleur qu'il poussa, Naomi se retourna aussitôt et, à peine le vit-il en train de disparaître sous un tas de corps, fit mine de courir le rejoindre.
_Hé ! l'arrêta Saya, en lui prenant la main ! Tu crois aller où comme ça ? Tu ne vois pas qu'il est trop tard pour … ?
La lycéenne sentit soudain l'autre fille la gifler afin qu'elle la lâche. Dès que se fut fait, Naomi courut vers la mêlée de zombies et tenta de se faufiler entre eux. Bien sûr, les griffures et les morsures commencèrent à pleuvoir sur elle, mais elle s'en fichait. Continuant d'avancer, elle finit par apercevoir le corps de Takuzo, qui était maintenant en train de se faire mordre au niveau de la gorge.
_Na … omi ? s'étonna-t-il, en la voyant devant lui.
_Nous mourrons ensemble ! lui assura-t-elle, en lui prenant soudain la main ! Nous serons ensemble, pour l'éternité !
Sur ces derniers mots, Saya, la main sur sa joue endolorie, aperçut les deux lycéens disparaître pour de bon.
_Pourquoi est-ce qu'elle a fait ça cette idiote ? voulut-elle savoir ! Qu'est-ce qui lui a prit de partir ainsi ?
À côté d'elle Saeko, Yamada, Kawamoto et Kaku ne purent répondre à sa question. À la place, Yamada tomba à genoux, en apercevant ses deux amis mourir.
« Non, les gars pas vous ! »
Tout à coup, un flash apparut dans sa tête, et lui remémora le jour où les chemins des trois personnes s'étaient croisés :
…
Regardant une photo où l'on voyait Kawamoto et une amie à elle en train de prendre la pose devant le lycée, Yamada, assis sur un banc, en plein milieu de la cour, refaisait l'image sur papier. Cela pouvait paraître bizarre pour ceux qui passaient près de lui mais l'art était la seule matière dans laquelle il était bon. En plus, il ne connaissait rien de meilleur que dessiner afin d'oublier les petits tracas de la vie.
Il en était à trois quart de son œuvres, quand une voix dans son dos s'exclama :
_Waouh, c'est trop bien fait !
Sursautant, Yamada manqua de peu de faire tomber sa toile ainsi que son matériel par terre.
_Tu ne sais pas que les adolescents peuvent aussi victimes d'une crise cardiaque ! s'exclama-t-il, en se retournant vers la fille qui venait de l'effrayer.
_Désolé ! s'excusa Naomi ! C'est juste que j'ai été surprise par ton talent !
Jetant à son tour un regard sur la toile, Takuzo ne put s'empêcher de demander :
_Tu arrives à reproduire n'importe quelle photo ?
_Pas toute ! Mais ce genre de paysage, oui ! Pourquoi ?
_Ça te dérangerait de nous rendre un service ? Lui demanda le garçon ! On a une photo qu'on aimerait mettre sur toile, comme tu viens de faire ! On serait prêt à te payer !
_Hein ? s'étonna Yamada, surpris de sa demande.
_Bonne idée ! approuva Naomi ! Ça se voit tout de suite que tu as du talent ! Ce que tu as fait été magnifique ! Alors ça te tente ?
_Eh ben … euh … pourquoi pas ?
…
« Nous allons mourir ! pensa le garçon. »
Marchant soudain près de lui, il aperçut Kaku se diriger vers l'attroupement de zombies.
_Hé, Kaku ! l'appela-t-il ! Où tu vas ?
_Nous n'avons aucune chance de survivre ! marmonna le garçon, en continuant de marcher ! Alors autant tout arrêter maintenant !
_Quoi ? Tu vas quand même pas te … ?
Le garçon aperçut soudain quelques zombies foncer vers son ami, qui ne fit même pas le moindre geste de peur en les voyant arriver.
_Kaku ! s'exclama Yamada, en se relevant alors.
Devinant son geste, Kawamoto le saisit à la taille afin de l'empêcher de porter secours à son ami.
_N'y vas pas ! C'est du suicide !
_Lâches moi ! Il faut que j'aille l'aider !
_Laisses tomber ! déclara Saeko ! C'est trop tard !
En effet, ouvrant grands les bras comme s'il voulait étreindre quelqu'un, Kaku finit par se faire mordre au cou par l'un des monstres avide de chair et se sentit basculer en arrière à cause du surplus qui arrivait.
_Ka … Ku ! articula Yamada, en sentant la peur l'envahir de nouveau.
« C'est censé être ça, vivre ? Être confronté à une mort omniprésente ? Non, je ne veux pas vivre une vie comme ça ! »
Cessant soudain de bouger, il finit par dire à son amie :
_En fin de compte, Kaku avait peut-être raison !
_Hein ? Qu'est-ce que tu veux dire ?
_Qu'on ne pourra jamais survivre dans ce monde de fous ! assura-t-il ! Autant mourir
maintenant, comme ça on ne souffrira plus !
Une gifle s'abattit sur lui et, l'instant d'après il sentit la main de Saeko le tirer par la manche et l'obligea à la suivre.
_Dépêchez-vous ! lança-t-elle, ensuite à Saya et Kawamoto.
_Hé, qu'est-ce que tu fabriques ? l'interrogea le garçon ! J'ai dit que je n'avais pas envie de vivre dans ce monde !
_Et pour quelle raison ? Tu veux mourir juste parce que tu as peur ? N'est-ce pas un comportement de lâche ? Tu veux abandonner les siens pour éviter de te battre ? Tu veux vraiment que ta famille ou le reste de tes amis qui te reste pensent vraiment que tu n'étais le garçon qu'ils croyaient connaître ? Dans ce monde, chaque vie humaine est devenue extrêmement précieuse ! Pour survivre, nous avons besoin de tout le monde, toi y compris ! Alors, fais moi plaisir et ne dis plus jamais que tu veux mourir, tu m'entends ?
L'écoutant sans l'interrompre, le garçon finit par grincer des dents, comme s'il était agacé par ses paroles. Néanmoins, il finit par accélérer la cadence :
_C'est bon, j'ai compris ! De toute façon, je n'aurais même pas le cran de me présenter devant la mort !
Se tournant ensuite vers les deux autres filles, Saeko leur demanda :
_Et vous deux ?
_On veut vivre ! Évidemment !
Pendant ce temps, ouvrant la portière du mini-bus, Natsumi s'y engouffra, suivit de Morita et Kenji. Se dirigeant aussi vers le siège du conducteur,elle se mit à inspecter les pédales une à une.
_Mince, ce n'est pas comme dans une voiture normale ! remarqua-t-elle.
_Tu penses t'en sortir ? l'interrogea Morita, en s'asseyant derrière elle.
_Euh, je pense ! Attends ! Là, c'est le frein ! La boîte de vitesse ! L'embrayage !
De son côté, arme chargée, Kohta se positionna devant une fenêtre ouverte et se mit à couvrir ceux qui arrivaient jusqu'à nous. Quand il aperçut Kawamoto et Saya grimper dans le bus, il se mit à dire :
_Commando 5 à la base ! Nous venons de récupérer le cerveau de l'équipe et la fille aux cheveux de feu ! Je répète, on a le cerveau de l'équipe et la rousse ! Terminé !
_Tu peux arrêter avec tes bêtises ? le réprimanda aussitôt Saya.
Derrière elle, elle entendit un petit gloussement laisser échapper par Kawamoto.
_Ne l'encourage pas, s'il te plaît !
_Nous pouvons nous le permettre, non ? l'interrogea-t-elle, en continuant de sourire ! Après tout, nous allons finalement partir d'ici !
_Nous ne pourrons dire ça que lorsque que nous serons dehors ! rétorqua Rei, en arrivant avec Yamada.
Quand Saeko monta à son tour, j'agrippai la portière et me mis à crier à Natsumi :
_Vas-y, démarres !
Insérant aussitôt la clé, la jeune fille mit le contact et le ronronnement du moteur se fit
alors entendre.
_Nous allons voir si je mérite de passer mon permis ! déclara-t-elle, en posant les mains sur le volant.
Constatant qu'elle prenait les choses en main, je m'apprêtais à fermer la portière du moyen de transport, quand des voix nous supplièrent :
_Attendez-nous !
_Par pitié, aidez-nous !
_Ne nous laissez pas ici !
_Hein ? m'étonnai-je, en levant les yeux au loin.
Courant dans notre direction, tout en passant entre les zombies, un autre groupe de lycéens nous fit signe de les attendre. Assez nombreux, j'aperçus quatre lycéens, deux lycéennes ainsi qu'un professeur. Ce dernier était justement en train de dénouer la cravate qu'il avait autour du cou afin de pouvoir respirer plus convenablement.
_Fermes la porte, Takashi ! m'ordonna Morita.
_Attendez ! Il y a un autre groupe qui vient vers nous ! leur appris-je.
_Quoi ? s'étonnèrent les autres, en se mettant à regarder l'endroit que je montrais du doigt.
Portant un regard sur le professeur, Saeko vit sa monture qu'il avait au bout du nez ainsi que son costume à rayures noires. À l'intérieur du costume, il portait une chemise blanche avec une cravate noire qui était à moitié détaché. Son corps était plutôt mince et faisait penser de lui qu'il était un homme assez fragile.
_C'est Mr Shido ! le reconnut-elle ! C'est le professeur principal des première A !
_Mr … Shido ? répéta Rei, comme si elle venait de recevoir un coup de jus.
_Natsumi, attends qu'ils arrivent ! ordonnai-je.
_Moi, je veux bien ! assura-t-elle, en se mettant à regarder devant elle ! Mais les zombies
commencent à encercler un peu trop le bus, à mon goût !
_Roules leur dessus ! lui conseilla Kenji, avec un ton qui trahit une certaine excitation.
_Tu es malade ? s'exclama Yamada ! Tu veux que le bus se retourne ou quoi ?
Comprenant que nous devions agir rapidement pour partir d'ici, je me saisis de ma batte et fit mine de sortir du bus. Néanmoins, m'agrippant par l'arrière de mon haut, Rei m'ordonna soudain :
_Restes ici ! Ce type ne mérite pas d'être sauvé !
_Hein ? m'étonnai-je, en me retournant vers elle ! Mais qu'est-ce que tu racontes ?
_Je veux que tu le laisses crever ici ! m'apprit-elle.
_Ouais ! approuva à son tour Kohta, en mettant soudain la silhouette du professeur dans son viseur ! Pas besoin qu'on l'embarque, celui-là !
_Mais … Mais … ? bégayai-je.
« Qu'est-ce qui leur prend ? »
_Nous ne pouvons quand même pas le laisser ici ! rétorqua Kawamoto ! En plus, il y a
d'autres lycéens avec lui ! Les abandonner alors qu'ils ont une chance de s'en tirer serait
cruel, non ?
_Laissons leur quelques secondes, Takashi ! renchérit Morita ! Ils sont presque arrivés !
_Non, allons-y ! rétorqua Rei.
Les regardant les uns après les autres, je me mis à hésiter. Finalement, ce fut mon côté humanitaire qui prit le dessus. Avant que quelqu'un ne puisse m'arrêter, je quittai le bus et me dirigeai vers le groupe de Shido.
_Takashi ! s'apeura Rei, en me voyant faire.
Sortant à son tour du bus, Saeko la dépassa avant d'ordonner à Kohta :
_Couvres nous et tues tous les zombies qui approcheront !
_D'accord !
Ayant déjà parcouru une dizaine de mètres, je décidai d'ouvrir la voie aux nouveaux arrivants en fracassant le crâne d'un zombie. Répétant ce geste une seconde fois, je constatai bien vite que plusieurs des cadavres s'étaient tournés dans ma direction. Mais à peine l'un d'eux fut un pas qu'il sentit un clou s'enfoncer dans son crâne. Kohta venait faire une nouvelle victime. Quant à Saeko, il ne me fallut pas longtemps pour l'entendre fracasser des crânes non loin de moi. Néanmoins, cela ne voulait pas dire que nous contrôlions la situation, loin de là. Les zombies arrivaient en masse trop rapidement à mon goût.
_Dépêchez-vous ! ordonnai-je.
Comprenant nos intentions, Shido finit par s'arrêter et laissa passer les étudiants devant lui :
_Allez, vite ! Si vous voulez survivre, courrez droit devant vous !
_D'accord ! approuvèrent deux lycéens, en le dépassant.
Arrivant en tête, Tsunoda était un lycéen aux cheveux bruns, quoi que teint en blond, au sommet de la tête. Plutôt baraqué, il faisait parti de l'équipe de basket, et je pouvais l'avouer, il assurait à mort dans ce sport.
Tout son contraire, l'élève qui le suivit se nommait Kurokami. Loin d'être aussi musclé que le lycéen, il avait plutôt l'allure d'une petite branche de céleri. Sans compter qu'il avait des cheveux noirs lui poussant devant les yeux et cachaient à moitié ces derniers. Pourtant, il n'était jamais dur de discerner ses iris étroites qui ressemblait étrangement à ceux d'un chat.
_On fonce, professeur ! assurèrent les deux filles du groupe, en les talonnant.
Elle aussi joueuse de basket, Yuuki n'était d'autre que la deuxième fille la plus sexy du lycée, selon Morita. Loin d'être timide, cette personne appréciait beaucoup de voir les regards des garçons se tourner vers elle alors qu'elle faisait son apparition dans une salle ou dans un couloir. Et le pire, c'est qu'elle savait parfaitement se servir des garçons qu'elle draguait ouvertement avant de les jeter comme des vieilles chaussettes.
Courant derrière elle, la fille qui suivait avait plutôt une tête d'intello, avec ses long cheveux coiffés en tresses et sa paire de lunettes. Grande amie de Kawamoto et Yamada, Taniachi était la seconde fille qui posait avec la lycéenne, sur la photo que reproduisait Yamada. En voyant les deux filles ensemble, tout le monde s'accordait à dire que Kawamoto était la sportif du duo tandis que Taniachi, la savante. Malgré le fait que nous soyons dans la même classe, je ne savais rien d'autre sur elle.
Préférant se taire pour se concentrer sur sa course, Murai, grand gaillard aux cheveux brun, fut le suivant à passer devant le professeur, qui ne put s'empêcher de penser.
« Au rythme où vont les choses, il est préférable d'avoir une diversion qui puisse attirer ces fichus monstres qui commencent à entourer le bus. »
Malgré la gravité de la situation, le dernier lycéen avait emmené avec lui quelque livres de cours. À croire qu'il voulait réviser pendant l'apocalypse. En tout cas, c'est pas eux qui l'aidèrent, quand le lycéenne sentit son pied buter contre un caillou, qui lui fit perdre l'équilibre. Tombant de tout son long, il finit par se retrouver aux pieds de son professeur, qui semblait assez surpris de le voir dans cette position.
_Aidez-moi ! supplia-t-il, en le prenant par le pli de son pantalon ! Je crois que je me suis tordu la cheville !
« Et merde ! pensai-je, en l'entendant ! Si Shido doit le porter, il faut vite que je les protège ! »
De ce fait, je m'apprêtai à les rejoindre, quand j'entendis Shido s'étonner :
_Ah oui ? Tu ne peux plus marcher ?
Tentant de s'exécuter, le garçon exerça une pression sur sa jambe, qui se solda par une grimace de douleur :
_Non, je ne peux pas me relever !
_C'est bien dommage, vois-tu !
Affichant un drôle de sourire, il leva soudain la jambe avant de piétiner sans retenu le visage du lycéen. Les verres de ses lunettes se brisèrent alors et un débris s'enfonça dans
son œil.
_Quoi ? m'étonnai-je, en le voyant faire.
« Mais c'est quoi le problème de ce type ? »
Maintenant, je comprenais très bien pourquoi Rei et Kohta le détestait. Ce professeur n'était pas humain. Non, c'était un monstre tout comme ceux qu'il était en train de fuir.
_Ahhh ! cria le lycéen, en mettant ses mains devant ses yeux ! Ça fait mal ! Ça fait mal ! Pourquoi ?
_Les faibles ne peuvent survivre dans ce monde ! lui apprit le professeur, en se dirigeant jusqu'au bus.
Néanmoins, il eut à peine le temps de se retourner qu'il aperçut l'extrémité de ma batte fondre droit sur son visage.
_Mais que … ?
Il se tut sous l'action de l'impact. À vrai dire, je crus même que mon coup avait été assez puissant pour le tuer. Dans tous les cas, avec ses mâchoires pulvérisé, tout comme sa paire de lunettes, le professeur tomba à terre, inconscient. Surpris par mon geste, Saeko fixait ma batte couverte de sang, tandis que Kohta se focalisa sur le corps du professeur. Me regardant elle aussi, Rei se mit à bafouiller :
_Mais … qu'est-ce que … qu'est-ce qu'il … ?
M'apercevant en train de rester sur place, Morita apparut dans l'encadrement de la porte et me cria :
_Grouilles-toi, Takashi ! Magne !
Cessant alors de me focaliser sur l'adulte, je saisis le lycéen blessé par son haut avant de le pousser devant moi.
_Allez, dépêches ! On y va !
Aveuglé, le garçon trébucha au premier mètre. Il ne pouvait plus utiliser sa jambe et ne distinguait plus rien autour de lui. Par contre, pour ma part, je distinguais parfaitement la douzaine de morts-vivants qui commençait à nous encercler.
_Vite, Takashi ! me conseilla Saeko, en assommant l'un d'eux.
N'ayant pas d'autre choix, j'agrippais le bras du blessé et me mis à courir, tout en le forçant à me suivre. Le pauvre se retrouva à être traînait contre le sol, tandis qu'il s'efforçait à se mettre debout ou à courir à quatre pattes du mieux qu'il put. Cependant, ce fut plutôt en rampant qu'il se déplaçait jusqu'au bus tandis que je m'écriais :
_Bouges ! Bouges ! Marches ! Cours ! Fais n'importe quoi !
Bon, en tant que coach, je doutais fortement de ma méthode d'encouragement. Mais, vu la situation, j'étais persuadé qu'une équipe de chearleaders en bikini n'aurait pas pu faire mieux que moi. Me voyant incapable de me défendre, Kohta tirait sur tous nos ennemis qui commençaient à nous prendre pour suivre tandis que Saeko … je n'ose même pas décrire comment elle s'occupait d'eux.
Finalement, ce fut tant bien que mal que je laissais tomber le lycéen sur les marches du bus, avant de le pousser à l'intérieur. Me retournant, je fis un signe à Saeko, qui nous rejoignit aussitôt à l'intérieur de l'engin.
_ Natsumi, plein gaz ! lui ordonnai-je, en refermant la porte devant le nez de l'un des zombies ! Vite !
Aussitôt, la jeune file enclencha une vitesse et appuya sur l'accélérateur. Mais à peine démarra-t-elle, qu'elle aperçut deux silhouettes qui lui semblaient familières.
« Eux ? »
Présentant des blessures sur tout le corps et avançant vers le bus, en tentant les bras, la lycéenne aperçut ce qui restait des corps de Takuzo et Naomi, maintenant que ces derniers avaient été transformés zombie. Comble de malchance, le portail permettant de quitter le lycée était juste derrière eux. À moi de faire un miracle, il lui était impossible d'avoir assez de place pour pouvoir les contourner avant de foncer droit dans le portail.
_Je … Je ne peux pas ! s'apeura-t-elle, tandis que son pied quitta l'accélérateur.
_Ils ne sont plus vivants !
Apparaissant à côté d'elle, Morita était celui qui venait de murmurer cette phrase.
_Ces monstres les ont tués ! La seule manière de pouvoir leur venir en aide et de les tuer une seconde fois ! Permettons leur de vivre l'amour éternel dans l'au-delà !
Pendant un court instant, la jeune fille allait le traiter de fou, quand le visage de Tamaki s'afficha dans son esprit.
« Jamais je n'aurais aimé la voir ainsi et me dire qu'elle serait en train de souffrir ! C'est grâce à Saeko si elle a pu avoir le repos qu'elle méritait ! »
Appuyant sur l'accélérateur, elle se mit à dire :
_Ils ne sont plus vivant ! Ils ne sont plus vivants !
Un zombie se retrouva aplati contre le capot du moyen de transport. Presque aussitôt, un
autre connut le même sort que lui.
_Ils ne sont plus vivants ! cria Natsumi, quand se fut au tour de nos deux anciens compagnons.
Fermant les yeux, elle sentit une énorme secousse quand le mini-bus les percutèrent de plein fouet et les éjecta sur le côté.
« Soyez ensemble et heureux pour l'éternité ! »
Arrivant jusqu'au portail, elle continua de foncer, même en apercevant l'homme qui était la cause de tout ce carnage. Encore coincé derrière le portail, il était maintenant en compagnie de quelques autres zombies, qui avaient été attiré par tous les cris qu'avaient poussés les anciens élèves avant de se transformer. Loin d'être aussi sentimentale avec eux qu'elle ne l'a aidé avec les deux autres, Natsumi frappa volontiers contre le portail et pulvérisa ce dernier, en même temps que tous les corps qui se trouvèrent derrière lui.
Néanmoins, en voyant le sang gicler sur le pare-brise, la conductrice eut comme un haut le cœur.
_Tu te débrouilles très bien, Natsumi ! lui assura Morita, en la voyant pâlir ! Je sais que tu peux le faire !
Ravalant avec peine ce qui était en train de monter jusqu'à sa bouche, Natsumi hocha la tête avant de donner un grand coup de volant afin que le bus se retrouve dans une ruelle.
_Natsumi ! l'appelai-je ! À la prochaine intersection, tournes à droite ! Lorsque j'étais sur le toit, j'ai remarqué que toutes les autres routes étaient bloqués !
_D'accord !
Retirant la tête de ses mains, Yamada passa un regard par la fenêtre et se mit à dire :
_On a réussit ? On a quitté le lycée ?
_Je pensais vraiment pas qu'on allait y arriver ! avoua Kenji.
Pourtant, se furent l'une des seules personnes à se réjouir. En effet, depuis que j'étais monté dans le bus, j'avais très vite remarqué que j'étais devenu le centre d'attention. Malgré le fait que je savais parfaitement pourquoi, je demandai :
_Qui a-t-il ?
D'abord silencieux, Kurokami fut le premier à déclarer :
_Tu … Tu as tué … Shido ! Pourquoi tu as fait ça ?
_Parce qu'il s'en ait pris à lui ! lui appris-je, en pointant le lycéen blessé du doigt.
Ce dernier, affalé sur un siège essayant tant bien que mal à retirer ce qu'il avait dans les yeux. Le voyant faire, Saeko lui demanda :
_Peux-tu nous dire ce qui s'est passé ?
Comprenant qu'elle s'adressait à lui, le garçon levait le regard avant de déclarer :
_Euh … Eh bien … ! J'étais en train de courir, quand je me suis foulé la cheville ! À ce moment, puisque j'étais tombé devant lui, je pensais que Shido allait me venir en aide ! Mais ce fut le contraire, il m'a piétiné au visage et comptait se servir de moi pour attirer les zombies ! Je ne sais pas qui s'est, mais en tout cas, l'un d'entre vous m'a sauvé après m'avoir vengé !
Tentant de nous distinguer, il montrait son visage meurtri avant de déclarer :
_Si vous ne me croyez pas regardez ma figure ! Je ne me suis pas fait ça en tombant, tout de même !
_Là , n'est pas la question ! rétorqua Yuuki, en me fixant ! Si ce qu'il dit est vrai, alors je reconnais que Shido n'était pas le type de personne fiable que je croyais ! Mais étais-tu obligé de te débarrassez de lui comme ça ?
_Que veux-tu dire ? voulus-je savoir ! Qu'il aurait été mieux de le laisser monter alors qu'il n'a eu aucun scrupule à se servir de l'un d'entre vous pour sauver ses fesses ?
_Il a peut-être fait ça à cause de la peur ! rétorqua soudain Yamada ! Si ça se trouve, il aurait regretter amèrement ce qu'il venait de faire, une fois dans le bus ! Je reconnais que ce qu'il a fait n'était pas digne d'un saint mais il … !
_Il n'aurait jamais regretté ! rétorqua soudain Rei.
Me retournant vers elle, je la vis en train de nous fixer tout en affichant un visage sérieux. Pourtant, la lueur de son regard trahissait une joie sans égale. À l'intérieur d'elle, mon amie était aux anges. Aux anges de savoir que le professeur était maintenant hors course.
_Son père est un politicien scrupuleux souvent adepte des pots de vin et des coups tordus ! nous apprit-elle ! Quand au mien, il n'a pas cesser de lui mettre des bâtons dans les roues jusqu'à ce qu'il réussisse à le faire tomber ! Pour se venger, Shido, qui était déjà dans notre école, a décidé, pour le venger, de me pourrir la vie au lycée ! Il n'avait aucun scrupule pour cela !
_C'est pareil pour moi ! nous apprit Kohta ! À cause de mon surpoids, j'étais souvent harcelé par d'autres personnes ! On n'arrêtait pas de me frapper ou de me racketter parce que j'étais faible et j'avais aucun ami ! Mais le pire, ce fut sûrement quand cette personne me voyait me faire agresser, sans réagir une seule fois ! Je dirais même qu'il les encourageait indirectement de continuer ! Faire souffrir les plus faibles et ce qu'il adorait le plus au lycée !
Serrant alors son arme dans sa main, il s'écria en haussant le ton :
_Alors ne venait pas me dire que ce type allait tout bonnement nous suivre sans rien faire ! Le connaissant, il allait profiter de la situation pour prendre possession de nous et faire en sorte que nous l'écoutions au doigt et à l'œil !
L'écoutant, les membres du groupe de Shido se mirent à se regarder simultanément. À croire qu'ils ne pensaient pas du tout, à un seul instant que cet homme pouvait être aussi machiavélique qu'on le représentait. Finalement, lançant un regard par-dessus son épaule, Miura nous apprit :
_Hé, on voit la ville !
Regardant aussitôt par les fenêtres, nous pûmes apercevoir, aux loin, de nombreux immeubles, tout provenant des dizaines de colonnes de fumées. Maintenant que nous nous étions approchés du centre-ville, il était évident que le chaos allait réellement régner autour de nous.
« Pourtant … ! pensai-je, en regardant par la fenêtre ! Nous sommes obligés de nous y rendre pour retrouver nos familles ! »
