Coucou tout le monde ! Tout d'abord je suis vraiment désolé pour mon iiiiiimmense retard. J'ai malheureusement été atteinte du virus de la page blanche, l'ennemi juré des auteurs, et j'ai eu beaucoup de mal à terminer ce chapitre – qui est d'ailleurs moins long que les autres et dont je ne suis pas satisfaite… - mais j'espère qu'il vous plaira quand même. Dans le cas contraire, je vous autorise à me lancer des tomates ; où des carottes. J'aime bien les carottes. Hm ? Midorima ? Tu veux que je t'aide à marquer des paniers ? Comment ça tu n'a plus de ball–aaaaah !

Bonne lecture !


Chapitre 7 : Kagami


Sommeil… Il avait sommeil…

Kise ouvrit péniblement les yeux, agressé par la lumière éclatante du soleil. Il avait oublié de fermer les rideaux l'autre soir. Il se retourna pour ne plus faire face à la terrible fenêtre ; et sentit le côté du matelas où aurait dû se trouver Aomine vide et froid. Il lui fallut trois bonnes minutes pour s'en rendre compte. Et quand il le réalisa complètement, sa réaction ne se fit pas attendre : il sauta hors du lit, ou du moins tenta, se prenant les pieds dans les couvertures et tombant face contre sol. « Comment ais-je pu baisser ma garde aussi facilement ? », s'affolait-il en avançant à toute vitesse dans le couloir désert. Et si Aomine avait réussit à trouvé sa pièce secrète ? Et s'il avait fait le lien entre lui, Reo Mibuchi et tous les autres, et qu'il avait déjà alerté son poste ? Et si…

… Il était simplement dans la cuisine en train de préparer le petit déjeuner ?

Kise cligna des yeux, se sentant bête. Il jeta un coup d'œil à la poêle où cuisaient deux œufs au plat. Aomine savait cuisiner ? Grande nouvelle. Ce dernier se tourna vers lui en sentant qu'on l'observait. Son visage était impassible. Avait-il l'intention de lui parler de l'incident de la veille ? Kise ouvrit la bouche pour parler, mais le bleu le devança :

- T'aurais pas un médoc où j'sais pas quoi pour mon mal de crâne ?

- Oh, euh… oui ! Bien sur, balbutia le blond.

Le jeune homme s'empressa de chercher dans les armoires les précieux médicaments, le regard pesant de l'autre dans son dos. Il demanda, mine de rien :

- Tu as pu te reposer un peu ?

- Bof. J'me suis réveillé avec l'impression de pas avoir fermé l'œil de la nuit. Mais j'ai connu pire…

Il bailla bruyamment. Kise avait trouvé une boite de doliprane et tendit le paquet au bleu qui grimaça. Il ne restait que des sachets en poudre…

L'ancien mannequin s'adossa contre le plan de travail pendant qu'Aomine buvait le médicament d'un air dégoûté. Il semblait normal. Etais-ce possible qu'il ait tout oublié ? Les paroles, les baisers… Kise secoua brusquement la tête en rougissant. S'il pouvait les oublier lui, ça l'arrangerait bien ! Aomine le regarda étrangement.

- Un problème ?

- Non… Aucun.

Ils finirent par s'assoir autour de la petite table de la cuisine où étaient déjà posés des aliments divers comme du pain, du lait, de la confiture, ainsi que des verres et deux assiettes, l'un en face de l'autre. Il avait dû fouiller un peu partout dans la cuisine pour trouver tout ça ; et Kise se sentait heureux qu'il ait décidé de faire des efforts, même si ce n'était qu'un petit déjeuner. Ils ne parlèrent pas beaucoup. Le blond ne savait pas comment aborder le sujet de l'incident de la veille. Il tentait bien de garder un air neutre à la Kuroko, mais il ne pouvait s'empêcher de se tortiller sur sa chaise, cherchant ses mots. Encore une fois, le bleuté fut le plus rapide. Entre deux bouchées de pain, il déclara :

- Au fait, j'pense pas t'avoir remercié correctement pour hier. Tu m'as amené chez toi et m'a même laissé dormir dans ton lit (à ces paroles, Kise failli bien lâcher sa fourchette). Alors merci.

- Oh eh bien… Momoicchi nous a ramené et Kurokocchi m'a aidé à te porter alors je ne suis pas le seul à qui tu dois des remerciements…

- Ils t'ont quand même refilé le sale boulot hein ? dit Aomine avec un sourire au coin, mais ce n'était pas vraiment une question. Il savait bien que ses vieux amis avaient déjà eu leur dose le concernant. Il était insupportable ivre.

Pour toute réponse, Kise ricana. Puis il reprit un air grave. Hésitant, il demanda :

- Aominecchi… tu ne te souviens pas de ce qui s'est passé hier ?

- Hm ? Ben on est allé voir ton pote hyperactif chanter. Y'avait son copain bizarre avec sa carotte. Puis on a commencé à boire et…

- Je ne te parle pas de ça, l'interrompit Kise les yeux fixés sur son assiette. Quand je t'ai emmené chez moi… tu te souviens de ce que tu as fais… où que j'ai fais ?

- Désolé, je me rappelle que du bar. P'têtre de la voiture de Satsu aussi, mais c'est tout.

Il avait dit ça bien trop vite pour que ce soit naturel. Kise fronça les sourcils. Aomine se levait déjà pour débarrasser son assiette en prenant bien soin de lui tourner le dos.

- Tu mens.

Daiki s'interrompit dans ses gestes.

- Je vois pas de quoi tu parles.

- Et moi je crois que tu le sais très bien.

- Bordel si t'as un truc à dire dis le au lieu de tourner autour du pot !

- Tu tiens vraiment à ce que j'en parle à voix haute ?

Le bleu se retourna, l'air maintenant assez énervé. Ryota reprit :

- Non, en fait, ça ne sera pas la peine.

Et il écarta le pan de son t-shirt, là où la marque du suçon était encore bien visible. Aomine détourna les yeux. De gêne, de dégoût, le blond n'aurait pas su le dire. Ce geste l'attrista, et il commença à parler d'une voix plus forte :

- On devrait peut être avoir une discussion tu ne crois pas ?

- Y'a rien à dire. J'étais bourré, tu l'étais aussi, fin de l'histoire.

- Tu sautes aussi sur Momoicchi et Kurokocchi quand tu es ivre?

- Mais pourquoi tu te prends autant la tête ? C'était une erreur ok ? Une putain d'erreur que je ne recommencerais surement pas. Je te suis reconnaissant de m'avoir arrêté avant qu'il soit trop tard. J'éviterais de picoler autant à l'avenir si ça peut éviter ce genre d'emmerdes-

- Tu pourrais tout simplement t'excuser, imbécile…

Les yeux du blond, cachés sous sa frange, n'étaient plus que deux fentes. Une erreur… qu'est ce qu'il détestait ce mot. Il lui faisait se souvenir de choses… désagréables. De la main de sa mère s'abattant sur lui. Des disputes continuelles entre ses deux parents. De l'expérience traumatisante qu'il avait vécut à cause de son premier manager. Et aussi…

« Je n'aurais jamais dû te mettre au monde ! »

- Oï Kise !

Aomine le secoua brusquement par les épaules, inquiet. Le blond sembla se réveiller alors, et se mit à fixer le plus grand d'un air décidé. Il l'empoigna par le col et l'embrassa à nouveau, d'un baiser chaste qui le dégoûta cependant bien vite. Aomine ne faisait rien pour se dégager mais n'y participais pas non plus, et s'il était surpris il n'en laissait rien paraitre. Kise s'écarta alors de lui, ne laissant qu'un long silence planer autour d'eux. Il serra ses ongles jusqu'au sang dans sa paume tant ses membres étaient pris de tremblements incontrôlables. Il ne voulait pas que l'autre le remarque. Il tenait à rester digne jusqu'au bout. Il finit par chuchoter :

- Ose me dire que ça ne t'as rien fait. Qu'hier seul l'alcool contrôlait tes gestes, que tu n'éprouves aucune attirance pour moi.

- …

- Regarde-moi quand je te parle Aominecchi.

- … Ton baiser ne m'a rien fait. Pour moi t'es qu'un gars comme un autre. Et non je ne t'aime pas, si c'est ce que t'essaie de me faire dire.

- Je n'essayais pas… !

- Ben voyons ! Sois réaliste Kise ! J'ai une tête de gay ? C'que j'ai dit tout à l'heure tiens toujours : j'ai jamais été attiré par toi !

Quelque part, le blond s'était préparé à cette réponse. Il ne s'attendait pas à voir Aomine lui tomber dans les bras, avec une déclaration passionnée et de l'amour plein des yeux, non il n'était pas aussi naïf que ça. Au contraire, il s'était préparé à un rejet bien plus violent que ça et c'est cette pensée qui laissait un sourire plaqué sur son visage, seul moyen de défense pour donner l'illusion que les mots du bleu ne l'atteignaient pas. Mais sa poitrine lui faisait mal. Elle se serrait un peu plus à chaque nouvelle parole de son homologue. Ses yeux le piquaient, mais il s'interdisait de pleurer devant lui. Il le faisait se sentir tellement faible… Il le détestait. Vraiment !

- Et puis tu réagis comme une gonzesse aussi. C'est pour ça que j'voulais pas essayer de m'en souvenir, j'étais sur que tu réagirais comme ç-

SBAFF !

Le coup était parti tout seul. C'est simple, il n'en pouvait plus. Etonnement, Aomine ne répliqua rien à cette attaque et finit de débarrasser la table, sa main massant sa joue rougie. Kise ne bougeait pas. Jusqu'à ce que le bleu reprenne la parole, et la ce furent les mots de trop.

- Je pense qu'il vaut mieux qu'on prenne nos distances. Je m'en voudrais de te laisser espérer quoi que ce soit de ma part.

- Je n'ai pas besoin de ta pitié.

- Je t'épargne juste des souffrances supplémentaires. Tu devrais me remercier.

- Sors de chez moi tout de suite Aomine.

Ce dernier tourna la tête vers lui, légèrement surpris par l'utilisation de son nom de famille prononcé d'un ton si glacial. Mais il décida d'obéir pour une fois. Après tout il l'avait bien cherché. Il quitta la pièce et Kise tenta tant bien que mal de contenir ses larmes. Il ne devait pas pleurer ! Il ne devait PAS pleurer !

Un détail lui revint alors en mémoire, qui le fit malgré lui retourner auprès de cette ordure d'Aomine. Il était en train de mettre ses chaussures et releva la tête avec – espoir ?, lui semblait-il, mais non, ce n'était pas le genre du personnage – à son approche. Le blond ne perdit pas de temps en bavardages inutiles. Il y avait déjà suffisamment de dégâts comme ça.

- Kagami… Qui est Kagami ?

Les yeux bleus s'écarquillèrent légèrement et ses poings se serrèrent. Il souffla d'une voix rauque :

- D'où est ce que tu sors ce nom ?

- Tu semblais faire un cauchemar hier soir et… tu n'arrêtais pas de marmonner « Kagami, Kagami » alors…

- Oublie ça tout de suite.

- Mais…

- C'est personne d'important ok ? Laisse tomber.

- S'il n'était pas important, tu n'aurais pas été dans un état pareil quand tu l'appelais dans ton sommeil !

- Mais ferme-la !

Son cri avait claqué comme un coup de fouet, et Aomine se tenait la tête comme si elle était sur le point d'exploser. S'énerver comme ça avec une gueule de bois n'était pas été une très bonne idée…

- Aominecchi ! Est-ce que tu-

- Je m'en vais.

- Mais ta tête…

- T'es chiant à toujours vouloir fouiner dans mes affaires ! Oublie tout ce qui s'est passé hier soir. Et fous-moi un peu la paix. J'commence à en avoir marre de t'avoir tout le temps dans les pattes.

La porte se ferma violement. Aomine était parti. Kise resta longtemps immobile, ses yeux vides fixés sur l'endroit où le bleuté avait disparu. Ce fut la sonnerie de son téléphone qui le tira de sa léthargie. Un appel de Momoi. Il attrapa d'un geste presque mécanique le petit appareil et décrocha. La jeune femme n'attendit pas qu'il réponde pour parler :

- Coucou Ki-chan ! Alors tout s'est bien passé ? Dai-chan se souvient nous avoir dit qu'on était les meilleurs amis du monde ? demanda t-elle d'un ton amusé.

- Momoicchi… Je...

Sa voix se perdit dans sa gorge et il ne put terminer sa phrase.

- Qu'est ce qui t'arrive Ki-chan ?!

- Rien. Pourquoi je ne me sentirais pas bien ? Non, vraiment, je n'ai aucune raison d'être triste…

Une larme salée s'échappa de son œil gauche, vite rejointe par ses sœurs. Tout ce qu'il avait accumulé jusque là s'écoula sans qu'il n'ait eu le temps de les arrêter.

- Uh…

- Tu pleures !

- Non, contesta Kise en s'essuyant rageusement les yeux avec son bras.

- … Il s'est passé quelque chose avec Daiki n'est ce pas ? Si tu ne me raconte pas j'irais moi-même le lui demander tu sais !

- C'est injuste…

- C'est pour ton bien. Ce n'est pas bon de tout garder pour soi tu sais.

Elle ne lui laissait pas vraiment le choix…

D'une voix encore un peu tremblante, Kise lui résuma les événements de la veille et de ce matin même, évitant cependant de parler des baisers et de ce qui avait suivi. Il pouvait sentir la colère de la rose à l'autre bout du fil. Quand il termina son récit, elle soupira :

- Mais quel imbécile ! Excuse le Ki-chan… il a un sérieux problème de communication.

- Non, il a été très clair, lâcha Kise d'un ton morne. Il ne veut plus que je l'approche parce que je le dégoûte…

- Mais non enfin ! Tu compte abandonner aussi facilement ?

- Il n'y a rien à abandonner Momoicchi. Et puis ce n'est pas comme s'il comptait beaucoup pour moi.

- Vous êtes aussi aveugles l'un que l'autre ma parole ! Depuis le début je vous vois vous tourner autour. Je le connais, c'est un têtu. Alors ce sera à toi de faire le premier pas ! La meilleure méthode pour conquérir le cœur d'un homme, c'est de le harceler jusqu'à ce qu'il accepte complètement ton amour !

- Ta méthode est plutôt flippante… Et puis si elle marchait vraiment tu serais déjà mariée avec Kurokocchi.

La rose demeura tout d'un coup silencieuse.

- Ah, mais ce n'est pas ce que je voulais dire ! s'exclama Kise pour rattraper sa gaffe. Je… désolé…

- Tu as raison Ki-chan, reprit-elle doucement. Mais avec Tetsuya, c'était différent. Il ne me voyait que comme une amie et puis… c'est comme ça, je n'étais pas son âme sœur.

Le blond réfléchit, songeur. Il ne voulait pas se rabaisser à courir après Aomine. Ça ne se voyait pas mais il avait une fierté ! Si quelqu'un devait faire le premier pas, ce n'était certainement pas lui mais le bleu. Après tout c'est lui qui lui avait balancé toutes ses horreurs. S'il tenait un minimum à lui comme le prétendait la rose, il viendrait s'excuser.

Le nom qui n'avait cessé de lui hanter l'esprit lui revint alors.

- Kagami ! Est ce que toi tu peux me dire qui est Kagami ?

- Heu…

- Aominecchi murmurait son nom dans son sommeil, et il n'a pas voulu me dire qui c'était quand je lui ai demandé tout à l'heure… C'est quelqu'un d'important pour lui pas vrai ?

- En effet mais…

- Alors tu sais qui c'est Momoicchi !

- … Oui.

Sa voix était hésitante, presque triste. Ça l'intriguait.

- Dis le moi s'il te plait ! Il a fait quelque chose à Aominecchi ?

- Ce n'est pas à moi de te raconter cette histoire.

- Mais…

- Je suis désolé Ki-chan.

Le blond raccrocha, assez énervé. Pourquoi personne ne lui disait rien ? Ce Kagami semblait de toute évidence être un sujet qui fâche. Les réactions de Momoi et surtout d'Aomine l'inquiétait aussi. S'il était arrivé quelque chose de grave à ce dernier dans le passé, ça aurait été précisé dans son dossier. Il hésita à contacter Midorima pour qu'il fasse des recherches, mais après réflexion il fallait qu'il trouve la réponse tout seul. Allez savoir pourquoi, il en faisait une affaire personnelle. Il trouverait seul l'identité de ce mystérieux Kagami. Le regard décidé, Kise alla s'enfermer dans sa pièce de travail. S'il y avait bien une chose qu'il détestait plus que tout, c'était d'être dans l'ignorance.

Il passa deux jours et deux nuits à mener son enquête, ne sortant que pour s'alimenter. Il avait aperçu Aomine de loin alors qu'il sortait les poubelles. Le temps d'arrêt qu'ils avaient eu en se voyant était digne des plus grands films américains. Kise aurait même cru voir une de ses boules de poussière passer sur le passage piéton qui séparait leurs deux maisons, comme celles qu'on aperçoit dans les westerns. Mais Kise était rentré illico chez lui, se détournant du regard insistant du bleuté sur lui. Il savait que bouder n'était pas professionnel, mais tant pis. Tant qu'Akashi ne faisait aucun commentaire négatif sur ses décisions, il continuerait d'agir à sa guise. C'était surement ce qu'il aimait le plus dans ce métier, avoir une certaine liberté d'action. Même s'il devait l'avouer, il laissait ses sentiments prendre le dessus dans cette affaire…

Bref, deux jours et deux nuits à chercher. Sur les réseaux sociaux, internet, les registres de naissance, les listes d'élèves et d'employés du pays, aucun Kagami ne semblait correspondre à ses critères. Aucun n'avait fréquenté les mêmes écoles qu'Aomine, Momoi ou Kuroko ; le plus proche géographiquement se trouvait être un vieillard en maison de retraite depuis cinq ans et il n'avait aucune raison d'avoir un jour rencontré Aomine. En bref, c'est comme si le personnage n'avait jamais exister ! Et puis le blond avait su se forger une bonne intuition depuis le temps et elle ne l'avait encore jamais trahie. Aujourd'hui elle lui soufflait que la personne qu'il cherchait ne serait pas si simple à trouver, ce qui le désespérait davantage.

A mesures désespérées solutions désespérées. Kise finit par utiliser son dernier recours, c'est-à-dire Kuroko. Le turquoise n'était pas bavard, mais s'il le suppliait il ne pourrait rien lui refuser. Ils étaient « amis », après tout. Et puis s'il y avait bien quelqu'un d'autre que Momoi qui connaissait la vie d'Aomine dans ses moindres détails, c'était bien lui.

Kise se sentait nerveux quand il se présenta devant la maison du turquoise. C'est d'une voix un peu tremblante qu'il le salua, et toujours avec une certaine angoisse qu'il pénétra dans son salon. L'intérieur était simple, joliment décoré. Numéro 2, le chien du petit bleu, était tranquillement endormi dans un grand panier en bois. Le maitre des lieux lui proposa de quoi boire, ce qu'il refusa.

- Je vais aller droit au but : ça fait des jours que je recherche un certain Kagami. Il semble être important pour Aominecchi et ni lui, ni Momoicchi ne veulent me dire un mot à son sujet.

Kuroko avait légèrement sursauté à l'entente du nom maudit, sa colonne vertébrale s'était crispé, et c'était plutôt étonnant de le voir ainsi, moins impassible que d'habitude. Ils avaient vraiment tous eu la même réaction, ça en devenait lassant. Le blond demanda d'un ton agacé :

- Tu ne veux rien me dire toi non plus ?

- Pourquoi ça t'intéresse de le savoir ?

- Et toi pourquoi ça t'intéresse de savoir que je veux savoir ?

Ils se défièrent un instant du regard.

- Ce n'est pas un sujet dont on peut parler aussi facilement Kise-kun. Si tes motivations ne me conviennent pas, ma réponse ne te satisfera pas non plus.

- Allons Kurokocchi, sourit le blond, ce n'est pas comme si ce que je ressens avait une quelconque importance pour toi, si ?

- Ça en a plus que tu ne l'imagine.

Le blond resta muet. Kuroko soupira.

- J'ai remarqué depuis longtemps. Momoi-san aussi. Nous ne sommes pas nés de la dernière pluie. Tu es intéressé par Aomine-kun depuis ton arrivée ici. C'est un homme avec beaucoup de charisme, qui a l'air détestable vu de l'extérieur mais quand on apprend à mieux le connaitre on se rend compte qu'il est en fait très gentil. Tu l'as remarqué par toi-même. Il a un sale caractère mais on s'y attache très vite. Je comprends que tu ai ressenti l'envie de vouloir t'en rapprocher, d'en savoir plus sur lui… Et il t'a accepté plutôt vite, ce qui est un exploit de mon point de vue. Il est comme une lumière. Mais comme toute lumière, il est entouré d'ombres capables de le dévorer à chaque instant. Tu comprends ce que je veux dire ? Il parait fort mais en réalité c'est quelqu'un de très sensible. Un accident a eu lieu l'année dernière et nous a… tous changé. Lui particulièrement. Ça l'a beaucoup affecté. Ce n'est pas une histoire qu'on peut raconter à la légère, et surtout pas à n'importe qui. Alors je te le redemande Kise-kun. Pourquoi as-tu tellement envie de savoir ce qu'il s'est passé ? Que représente Aomine pour toi ?

Ça devait bien être la première fois que le tueur l'entendait parler autant. Il baissa les yeux, ne pouvant plus supporter l'intensité du regard de Kuroko. Il murmura :

- Ce type n'est qu'un salaud égoïste et malhonnête. Je ne faisais que m'inquiéter pour lui et il m'a dit des choses horribles ! Je voulais me convaincre que ça ne m'affectais pas, que je pourrais m'éloigner de cet imbécile mais… haha… On dirait que j'en suis incapable, vu que je suis assez désespéré pour t'avouer tout ça. Et tu veux savoir le plus drôle ? Je cherche ce Kagami avec acharnement, mais en même temps j'ai peur. Peur de savoir qui il était réellement pour Aomine, parce qu'il a l'air de compter beaucoup pour lui. Je me rends compte que je jalouse une personne que je ne connais même pas et ça m'énerve !

Le turquoise resta un moment silencieux avant de faire quelques pas en arrière. Kise le suivit des yeux, étonné, pour le voir s'emparer d'un cadre et de revenir vers lui pour le lui tendre. Il l'attrapa, le cœur battant. La photo représentait trois garçons en uniformes de lycéens, dont Kuroko et Aomine, et un troisième que Kise était sur d'avoir déjà vu quelque part. Il réfléchit quelques instants avant de se souvenir que oui ! Il l'avait vu sur une autre photo que lui avait montrée Momoi le jour où il l'avait rencontré chez le policier. Le garçon avait les cheveux rouges vifs, des sourcils à la forme étrange et le sourire franc. Il agrippait d'un côté les épaules d'un Aomine au sourire tout aussi éclatant, que Kise ne lui reconnaissait pas, et l'autre bras tenait Kuroko par la taille. Kuroko qui souriait aussi, d'un sourire doux, plus discret. Ils avaient tous l'air heureux à cette époque. Alors c'était ça. Ce Kagami était simplement un autre de leurs vieux amis, avec qui il s'était apparemment produit quelque chose de grave. Il aurait laissé des hypothèses germées dans son esprit si son attention n'avait pas été autant accaparée par le Daiki adolescent. Un jeune homme plein de joie de vivre et qui semblait pleinement épanouit.

- Tu l'aime beaucoup pas vrai ? demanda doucement Kuroko qui avait remarqué l'intérêt qu'il lui portait.

Kise reposa le cadre à sa place.

- Oui, ça te vas comme réponse ? Tu as eu ce que tu voulais, c'est bon ? Est-ce que tu vas enfin pouvoir me dire la vérité maintenant ?

- Non.

- … Non ?

- Ce n'est pas à moi que tu devrais le demander.

- Kurokocchi c'est vraiment… ! commença Kise d'un ton assez énervé.

- Tu vas rester caché encore longtemps Aomine-kun ?

Kise se statufia, stupéfait. Dans l'encadrement de la porte venait d'apparaitre l'homme auquel il pensait depuis un bon nombre de jours déjà. Les bras croisés sur son torse, la mine sombre, Aomine le fixait d'un air étrange. Quoi, il était présent depuis le début ? Il avait tout entendu ? Les joues de l'ancien mannequin se colorèrent d'un rose vif, et il jeta un coup d'œil accusateur à Kuroko qui avait de toute évidence tout manigancé. Ce dernier le regardait comme si tout était normal, lui disant innocemment :

- Aomine-kun était là bien avant que tu n'arrive. Je n'aurais pas pu prévoir que tu me rendes visite au même moment que lui.

« Oui et bah en attendant tu t'es bien moqué de moi ! » se retint de répliquer le blond qui n'arrivait pas à croire qu'il s'était fait avoir aussi facilement. Il devrait présenter le turquoise à Akashi. Sur que ces deux là avaient des points en commun. Son chef l'apprécierait, sans aucun doute.

Kise regarda le bleuté qui le dévisageait sans vergogne, aucune expression présente sur son visage. Plusieurs minutes passèrent sans que personne ne dise quoi que ce soit. Même Kuroko qui était à l'origine de ce silence attendait patiemment. Quoi ? Kise ne le sut qu'au moment où Aomine s'avança vers lui d'un pas décidé, pour lui attraper le bras et l'emmener avec lui. Ils sortirent de la maison sans un mot pour Kuroko qui ne semblait pas attendre de salutation de toute façon. Le basané ne disait rien, entrainant l'autre jusqu'à dans sa voiture où il l'y jeta, à côté du siège conducteur, sans aucune douceur.

- Aie ! Aominecchi qu'est ce que tu- ?

Il ferma la portière, coupant ses protestations, et alla s'installer à sa place. Le moteur démarra et la voiture fila à toute allure. Kuroko les regarda partir avec un petit sourire triste. Il savait où son meilleur ami les emmenait. Tout était pour le mieux. Ils n'auraient plus aucun secret pour le blond désormais. Ça ne faisait que quelques semaines qu'ils le connaissaient et il s'était déjà si bien intégré à leur groupe... Aomine avait même décidé de lui raconter toute l'affaire avec Kagami ; même à Momoi et lui il n'en avait parlé que très vaguement. Il leur manquait tellement celui-là… Taiga…

Dans la voiture, la tension était à son comble. Le jeune policier ne disait toujours rien, les yeux fixés sur la route. Ils roulaient, roulaient ; Kise ne savait pas du tout où ils allaient, et il commença à légèrement s'inquiéter quand il vit le bleuté s'engager sur l'autoroute.

- Euh… Aominecchi ? Où est ce qu'on va ?

- Tu verras.

Ok. Ça, ça voulait dire « Arrête de poser des questions et tais toi ». Mais il n'y pouvait rien s'il était de nature curieuse ! Comprenant qu'Aomine ne lui dirait rien sur leur destination, il tenta un autre sujet. Il ne savait même pas pourquoi il voulait lui faire la conversation après celle catastrophique de la dernière fois.

- Alors… vous parliez de quoi avec Kurokocchi avant que j'arrive ? demanda t-il d'une voix un peu aigue.

- … De toi.

- De… de moi ?

Le bleu n'ajouta rien de plus et Kise concentra à son tour son regard sur la route.

- Je vois…

- Tetsu a toujours été de bon conseil. Et moi j'savais pas comment je pourrais rattraper le coup avec toi. Je pensais pas que tu viendrais et que tu… enfin, que ça tourne comme ça.

Ryota ouvrit la bouche pour répondre mais l'autre le coupa dans son élan :

- On est arrivé.

Il s'agissait d'un petit village pas très loin de Tokyo. On pouvait même apercevoir les tours de la ville et sentir l'air identiquement pollué. Aomine se gara sur une place publique faite exprès pour les visiteurs mais ne sortit pas tout de suite. Kise se tourna vers lui pour savoir ce qu'il attendait pour débloquer les portes quand il se fit attrapé le menton en coupe, le visage du bleu à quelques centimètres du sien. Ils se fixèrent un court instant avant qu'Aomine comble la distance qui les séparait encore. Par automatisme, Kise passa ses bras derrière sa nuque, approfondissant le baiser que son compagnon avait entamé. D'abord doux, Daiki se mit à mordiller la lèvre inférieure du blond pour lui demander l'accès à sa bouche. La rencontre de leurs deux langues envoya des décharges électriques le long du corps de Kise qui frissonna. Il réalisait combien ce contact était bon, à en devenir additif, et à quel point il en voulait plus. Cependant, il ne comprenait pas. Aomine ne lui avait-il pas fait comprendre qu'ils n'entretiendraient jamais ce genre de relation ? Au moment où ils se séparèrent, il lui lança un regard interrogateur et incertain, auquel le bleu répondit par un haussement d'épaule.

- Arrête de te poser autant de questions.

- Ce devrait être le moment où j'en pose le plus justement.

Le bleu eu un petit rire.

- J'ai arrêté de réfléchir depuis longtemps. Ça fait trop mal à la tête. Et mes méninges ont été assez torturées par toi ces derniers jours, alors je leur rends service et j'arrête de me mentir.

- J'ai du mal à comprendre…

- Idiot. C'est pourtant pas si compliqué de comprendre que tu me plais, si ?

La bouche de Kise s'ouvrit en un « oh » de surprise. Amusé, Daiki la referma avec son pouce et ouvrit sa portière.

- Allons-y.

Les mains dans les poches, le bleu marchait d'un pas vif et Kise devait presque courir pour rester à sa hauteur. Il tenait dans ses mains un bouquet de roses que le blond avait vaguement remarqué sur la banquette arrière de la voiture. C'est alors qu'il le vit entrer dans un… oui, dans un cimetière. Et il comprit.

- Oh…

Il n'y avait que quelques rangées de tombes. Aomine leur jeta à peine un regard. Il continua de marcher jusqu'à s'arrêter devant l'une d'entre elle. Il s'accroupit, déposant les fleurs sur la pierre grise.

- Yo Bakagami. Ça faisait longtemps.

Il se tourna ensuite vers le blond resté à l'arrière, ne sachant pas vraiment comment réagir face à ça.

- Voilà Kise. J'te présente Kagami Taiga. L'ex copain de Tetsu et aussi… mon ancien coéquipier.


Voilà voilà c'est tout pour cette fois. Maintenant le mystère sur Kagami s'éclaircit (qui avait deviné que c'était lui l' « âme sœur » de Kuroko ? Quiii ? ). Pour le prochain chapitre je compte faire un flash back de leur passé avec Aomine avec notamment la mort de Kagami (très importante oui, oui !) et qui sait, peut être qu'Aomine et Kise finiront ENFIN par se mettre ensemble. Enfin, Aomine a arrêté de se voiler la face ; pour Kise ça sera plus compliqué malheureusement. J'ai tellement de trucs à faire avec ses deux là… (mwahaha).

Merci pour vos commentaires !

Kaelys : Je suis contente que ça t'ai plu. Vraiment ? Ehe c'est que j'aime écrire des histoires compliquées ! :p

Naomi Fujiwara : Disons qu'Aomine était assez bourré pour faire… ce qu'il a fait xD mais il arrivait quand même à parler normalement doonc il était pas si bourré au fait. Et rassure toi, moi non plus je ne vois pas du tout Kise en seme : s'il ne voulait pas se faire dominer, c'était par fierté. Mais je vais lui changer sa « fierté » t'inquiète pas ;D (c'est pas du spoil si je dis ça hein… ?). Et sinon tu avais bien deviné pour Kagami, malheureusement… (dit l'auteur qui l'a tuer xD)

OtakuCookieNyan : Aha ton petit frère ressemble beaucoup au mien ! Mais non tu n'es pas bizarre voyons, j'ai les mêmes réactions que toi alors qui suis-je pour juger ? ;D En plus j'adore ton pseudo (il me donne toujours faim…dalleuse en force !). Merci beaucoup en tout cas !

Laura-067 : Eh oui Aomine aime déjà beaucoup Kise et ne supporte pas quand d'autres s'approchent de lui ; et c'était bien Kise qu'il regardait tendrement (je l'imagine tellement avec ce genre de regard oOo). Sinon tu avais encore une fois deviné pour Kagami ! Mais on ne pourra pas l'oublier car même mort il a son importance. Tout s'éclaircira au prochain chapitre ;D

SL-Fairy-Tail : Se faire violer ? Je n'oserais jamais voyons (kofkof). Pour la mort de Kagami ça sera au prochain chapitre ; Kise n'en sait pas plus que vous pour l'instant. Aha la carotte c'est juste LA référence à Midorima ! J'ai plein d'images de lui déguisé en carotte d'ailleurs :')

InfiniteScorpioInuko : Mercii beaucoup ! Le serveur était Hayama Kotaro, celui qui a les cheveux blonds/roux à Rakuzan ; j'adore faire apparaitre des perso même si c'est que pour quelques lignes ! Contente que la scène du baiser ai plu en tout cas :D

Alicia : Ooh la chanson t'a plu ? Il faut que tu écoute les autres characters song de KnB alors il y en de magnifiques. Quand au serveur, c'était Hayama Kotaro ;)

Et merci aussi aux deux Guest : ça m'a fait vraiment plaisir !