Merci à Cosmos Asma, Cihanethyste et StrangeEye pour leurs reviews.

Vous tenez le coup face à la chaleur ? Demain sera la dernière journée, mais aussi celle où la chaleur atteindra son pic avant de finalement redescendre ! Je vous souhaite donc bonne chance et une bonne lecture !

Disclaimer: L'univers de FF7 ne m'appartient pas, tout est à Square Enix. Mais Amy et les autres terriens sont issus de mon imagination.


Acrobaties et lutte

Le lendemain, j'en eus assez.

J'avais encore rêvé de Daniel pendant la nuit, et je ne supportais plus son absence.

Pourquoi personne ne l'avait encore retrouvé ? Depuis que j'avais signalé sa « trahison », il avait été classé comme « ennemi de l'Arche » et les Observateurs avaient mené des recherches, mais il était introuvable. J'aurais aimé qu'il revienne, pour cesser de souffrir ! Sans parler de Marlène et Denzel. Mais en même temps, s'ils les retrouvaient…

Ils les tueraient ! Ils n'auront aucune pitié, gémit Tifa dans ma tête.

Je frissonnai d'horreur en imaginant ça.

N'y tenant plus, je filai prendre une douche puis je me mis à réfléchir. Que faire ? Je n'étais pas d'humeur à fouiller à nouveau dans la mémoire de Tifa. J'en avais assez, j'avais besoin de sortir prendre l'air. Je me changeai, car je m'étais réveillée en nage, puis je sortis de la maison.

Les gens dans la rue ne firent guère attention à moi. Certes, j'étais une « nouvelle » pour eux, mais ils ignoraient que j'étais dans le corps d'une gaïenne, du coup je ne semai pas la panique.

Le militaire placé devant ma porte me suivait, à un mètre de distance, sans dire un mot. Cela me gênait un peu, mais qu'importe. Au moins, j'avais le droit de me promener.

Je m'arrêtai face à la grille du cimetière de la ville. Je n'avais jamais visité cet endroit et n'avais aucune raison particulière d'y aller, mais j'étais curieuse.

Je m'engageai donc dans l'allée, entre les rangées de pierres tombales. Un détail m'interpella : ces tombes avaient toutes un nom, certaines une photo, mais aucune date de naissance ni de mort.

Comment est-ce possible ? s'étonna Tifa.

Je me souvins alors d'une règle de Hiddenville : ne pas parler du passé. Évidemment ! Les dates indiquaient des évènements passés. On avait poussé cette règle à l'extrême jusque dans ce lieu réservé au deuil et au recueillement.

Je pensai à Lizzie, morte sur Terre le jour où ma vie avait basculé. Au moins, elle avait été enterrée sur notre planète natale et elle avait droit à une sépulture décente, avec sa date de naissance et de mort. Mais penser que moi, je mourrai ici, dans ce monde, avec une pierre tombale ne portant qu'un nom, sans date pour donner une idée de la période où j'avais vécu, comment avait pu être ma vie…

Et moi ? Quand ils me tueront, aurai-je droit à une tombe, même sans dates ? demanda Tifa.

Je secouai la tête. Ils n'allaient quand même pas la tuer… ?

Tu es naïve ! dit la jeune femme, avec un rire sans joie.

Ne supportant plus cet endroit, je pris le chemin du parc. Là, je m'arrêtai face au lac et m'abîmai dans la contemplation de l'étendue d'eau.

Soudain, un bruit de gravier me parvint, signe que quelqu'un venait dans ma direction. Je tournai la tête et aperçus Mme Chase.

Je détournai le regard en soupirant de fatigue. Cette maudite fouine ne pouvait pas nous laisser un jour de répit ?

Un vrai pot de colle ! grinça Tifa.

Je n'eus pas besoin de lui répondre. Elle sentait mon agacement tout comme je sentais le sien.

Je l'entendis s'arrêter près de moi.

« Quelle agréable surprise, Mme Chase ! Vous m'avez suivie ? »

« Suivie ? Non, je venais juste m'assurer que tu allais bien. »

Mais bien sûr ! dit Tifa.

« J'avais dit que j'avais besoin d'un répit », répondis-je à la conseillère.

« Je sais, mais le Noé et les autres conseillers s'inquiètent. Des gens ont quitté Hiddenville. Beaucoup de gens. Des rapports indiquent qu'ils se sont dirigés vers la région de Cosmo Canyon. »

Je la regardai avec surprise. Des gens s'étaient enfuis ? Alors ça… Mais ce n'était pas si étonnant, quand on voyait le régime politique de cette ville.

Ils ont préféré vivre libres, hors de cette cage dorée, plutôt que de continuer à suivre les ordres de ce tyran de Noé, me dit Tifa. Les veinards ! Si on pouvait faire la même chose…

Je devais admettre que l'idée me séduisait, mais cela m'effrayait de me retrouver seule et perdue dans un monde dont j'ignorais tout.

« Les conseillers veulent plus d'informations, c'est très important. Et… certains ne peuvent s'empêcher de se demander si votre… situation avec cette gaïenne vous pose problème. Si cela vous fait… douter de notre mission. »

Je revis en flash les visages de Daniel, Marlène et Denzel. Je ne pouvais m'empêcher d'éprouver de l'affection pour eux. Pas seulement parce que Tifa les aimait. Ses souvenirs m'avaient permis de comprendre que c'était des gens bien. Les imaginer morts, tués dans une guerre entre mon peuple et le leur… Rien que d'y penser, j'en avais la nausée.

« N'avez-vous pas d'autres informations à me transmettre ? » insista la conseillère.

Peu importait la réponse que je lui donnerais, elle n'y croirait pas. Elle continuerait avec ses fichues questions !

Tourne-lui le dos et éloigne-toi d'elle en silence. Peut-être qu'un peu de mépris lui fera comprendre que la discussion est close, me suggéra Tifa.

J'en doute, répondis-je, en faisant toutefois ce qu'elle disait.

Je fis quelques pas, quand j'entendis Mme Chase me suivre. Tifa avait raison : c'était un vrai pot de colle !

« Dites-moi, Amicia… avez-vous… pitié de ces gaïens ? »

« Pas vous ? »

Mauvaise réponse ! me dit Tifa.

L'ignorant, je poursuivis sur ma lancée.

« Avez-vous seulement idée de ce que ça fait d'être à ce point plongée dans la vie d'une personne ? N'avez-vous jamais ressenti toutes ces émotions ? Tout ce chagrin, cet amour… »

Mme Chase m'arrêta et me regarda comme si des cornes avaient poussé sur ma tête.

« Insinueriez-vous que les gaïens ont des sentiments, Amicia ? Voyons ! Ce sont des aliens, pas des humains comme nous ! Ils sont brutaux, vicieux et violents. Ils ont failli détruire leur planète plusieurs fois, et ils capturent les leurs des années pour les vendre à des labos. »

Et moi, alors ? Vous m'avez infligé une expérience dans un de vos labos ! Comment pouvez-vous vous juger humaine, après m'avoir fait une chose pareille ? Me voler mon corps, mon intimité mentale, me réduire à l'état de fantôme dans mon enveloppe corporelle… C'est pire que la mort ! rétorqua Tifa.

Pourtant, les autres propos de Mme Chase avaient fait mouche. Tifa avait été consciente de la cruauté de la Shinra, elle avait lutté contre ça pendant longtemps, et même si au final son groupe d'amis avait réussi à mettre à bas la société, l'issue n'avait pas vraiment été celle qu'elle souhaitait. Il y avait eu tant de morts, de sacrifices…

Mais justement, pensai-je. Cette honte, cette douleur que tu ressens te rendent humaine ! Plus humaine qu'elle, en tous cas.

Tifa ne me répondit pas. Je sentais qu'elle réfléchissait, elle doutait depuis si longtemps… Et le fait qu'une terrienne tente de la réconforter ne l'aidait pas vraiment. D'ailleurs, pourquoi prenais-je sa défense ? Mme Chase avait peut-être raison. J'étais en train de me perdre, d'oublier qui j'étais : une terrienne ! Je devais penser aux miens, pas à des inconnus appartenant à la vie d'une autre que moi.

« J'ai une bonne nouvelle ! » dit Mme Chase, me tirant de mes pensées. « Un de nos Observateurs a aperçu Daniel aux portes de Nibelheim, il y a maintenant 24 heures. Nous pensons qu'il sera bientôt capturé puis ramené ici. »

« NON ! »

Le cri était sorti de ma bouche en même temps que celui de Tifa dans ma tête.

Avant que j'eusse compris ce qui se passait, mes mains saisirent la femme à la gorge et se mirent à l'étrangler.

La conseillère prit peur et bascula en arrière. Paniquée, je regardai sans comprendre mon corps chuter avec elle et la plaquer au sol en serrant son cou.

Le militaire courut juste derrière moi et me frappa à la tête avec la crosse de son arme, me faisant perdre connaissance.

J'ignorais combien de temps je restais inconsciente, mais quand je me réveillai, je me trouvais dans la chambre de l'hôpital, où j'avais déjà passé tant de jours à récolter des informations.

J'étais allongée sur le lit, avec une méchante douleur à la tête.

« Amicia ? »

Je me mis en position assise et me tournai vers la source de cette voix.

Mme Chase était debout devant moi, encadrée de deux militaires et d'une scientifique qui prenait des notes.

Je remarquai des rougeurs sur le cou de la conseillère.

Bien fait ! ricana Tifa dans ma tête. Elle les a bien méritées. Si seulement j'avais serré encore plus fort, j'aurais eu le temps de la…

Arrête ! Je t'en prie ! Par ta faute, on est de nouveau ici.

Je baissai les yeux vers mes mains.

« Je suis désolée, conseillère ! Je ne sais pas ce qui m'a pris… »

« Nous le savons, nous », dit la scientifique. « La gaïenne a réussi à reprendre le contrôle sous le coup de la colère. Apparemment, l'intensité de cette émotion a surchargé le cerveau et permis à l'autre de reprendre les commandes pendant un bref instant. »

C'était donc ça ! Elle avait réussi à reprendre le contrôle pendant quelques secondes. Incroyable.

« Nous allons devoir mettre un terme à l'expérience », poursuivit la femme.

« Comment ça ? »

Cela signifiait-il que nous allions récupérer chacune nos corps ? Grand dieu, j'espérais que oui !

« Vous allez retourner dans votre corps, Mlle Williams », dit la femme.

« Et nous allons mettre une autre personne, plus raisonnable et lucide, dans celui de la gaïenne. Une personne qui a bien conscience de l'importance de cette mission », poursuivit Mme Chase.

Elle ?! s'écria Tifa.

« Vous ?! » dis-je en me levant, horrifiée.

« Oui, moi ! »

« Mais… l'écart d'âge… ? Vous disiez qu'il fallait avoir moins de 10 ans d'écart pour réussir à passer dans le corps d'une autre personne et… »

Mme Chase haussa des épaules.

« C'est conseillé, pour limiter les risques de dommages cérébraux. Mais ça ne fera pas de mal à mon corps, juste à celui de la gaïenne. On me remettra dans mon propre corps juste avant qu'elle meure, et tout ira bien. »

Non ! Tout mais pas elle ! Ça m'est égal de mourir, mais je t'en supplie, je ne veux pas d'elle dans ma tête.

Je m'efforçai de la faire taire, pour me focaliser sur mon interlocutrice.

« Quand aura lieu l'échange ? » demandai-je.

« Dans une semaine. Votre père reviendra bientôt au camp de quarantaine, puis nous le ferons venir ici, où il se chargera lui-même de l'opération. Nous ne voulons plus commettre d'erreurs avec les caissons. En attendant, repose-toi ! Bonne nuit, Amicia. »

Mme Chase m'offrit un dernier sourire hypocrite avant de sortir de la pièce avec ses sbires.

J'attendis un instant puis allai à la porte. J'actionnai la poignée, mais c'était verrouillé.

Amicia, il faut qu'on sorte d'ici !

« Et pour aller où ? Que faire ? »

Ton père ! Tu crois que si on le retrouve avant eux, il pourra nous aider ? Il nous écoutera, lui, non ?

En effet, c'était quelqu'un doté d'une conscience, pas comme cette sale fouine. Mais je ne voyais pas comment sortir d'ici et le retrouver avant eux.

« Comment veux-tu qu'on sorte d'ici ? Nous sommes enfermées ! »

Prends la chaise et mets-la contre la porte, sous la poignée, pour la bloquer.

Je fis comme elle m'indiquait.

Maintenant, va à la fenêtre et ouvre-la.

Là encore, j'obéis. J'ouvris la fenêtre et regardai en bas. J'eus un frisson en voyant combien le sol en dessous de nous était éloigné. On était au cinquième étage !

Il faut sauter, me dit Tifa.

« Quoi ? Tu es folle ! Pas question. »

Regarde l'arbre !

En effet, il y avait un arbre, à quelques mètres de nous. Sauf qu'il était trop loin à mon goût.

Campe tes pieds sur le rebord, agrippe-toi au cadre, prends de l'élan et saute !

Je jetai un coup d'œil vers la porte. Pourquoi ne pouvait-on pas essayer autre chose, comme tenter de discuter avec les gardes ?

Non ! C'est la seule solution et tu le sais. Allez !

Essayant de maîtriser les tremblements de mon corps, je levai la jambe et parvins tant bien que mal à poser mon pied sur le rebord. Une chance, ce n'était pas très fin.

Les mains agrippées de chaque côté au cadre, je levai l'autre et me tins en position accroupie.

Maintenant, appuie fort avec tes jambes, pousse en avant et saute !

« Mais… c'est dangereux ! Je n'ai jamais fait ça. »

Pourquoi n'avais-je pas pris le parkour comme option sport, sur Terre ?

Allez, vas-y ! Ce n'est pas si haut.

Oh si, c'était haut. TRÈS haut.

« Je ne peux pas ! »

Mais moi, si !

Et soudain, je sentis mes jambes me pousser en avant malgré moi. Avec un cri strident, je plongeai en avant. Je pédalai des bras en continuant de crier.

Mes mains s'agrippèrent à des brindilles, trop fines pour me soutenir.

Je sentis mon corps commencer à tomber droit vers le sol, quand je vis une branche devant moi, plus grosse que les autres.

Par réflexe, je parvins à l'agripper. Ça y est ! Le choc dans mes bras me fit grimacer, mais je tins bon.

Glisse-toi vers le tronc, maintenant ! Vite !

« Je fais ce que je peux… »

Soudain, des éclats de voix me parvinrent depuis la fenêtre de ma chambre, puis le bruit d'une porte fracassée.

Ils ont entendu tes cris ! Dépêche-toi !

Elle avait raison. Le temps que j'atteigne le tronc, j'entendais les militaires donner l'alerte.

Une fois au sol, je m'adossai au tronc en haletant. Jamais encore je n'avais vécu une expérience de ce genre.

Pas le temps de reprendre ton souffle. Il faut qu'on y aille.

Elle avait raison, une fois de plus. Je me mis donc en route à travers la rue, quand soudain, le bruit des sonneries de téléphone autour de moi retentit. Oh non ! L'alerte était en train de passer dans toute la ville.

Bientôt, les gens allaient sortir de chez eux et faire une battue avec les militaires pour nous retrouver.

Je regardai autour de moi, puis réalisai que l'hôpital se trouvait près du mur, donc près de la sortie ! Mais jamais je ne pourrais passer le poste de surveillance.

Dis-moi, ce mur…

« Quoi ? Dépêche ! » lui dis-je en jetant des regards nerveux aux fenêtres allumées.

Il y a souvent un conduit d'évacuation dans ce genre de construction.

Un conduit d'évacuation… Je repensai au jour où j'étais arrivée. Il faisait nuit, je n'avais pas vu grand-chose, j'étais fatiguée, et le véhicule était passé à toute vitesse…

Ne panique pas, reste concentrée ! Je me suis souvent retrouvée dans ce genre de situation, quand j'aidais Avalanche à détruire les réacteurs de Midgar. Parfois, on devait trouver une issue lors d'une embuscade. Continue d'avancer vers le mur et ne cours pas ! Économise tes forces.

Je continuai de marcher d'un bon pas, jusqu'à arriver face à une partie du mur qui n'était pas surveillée. Le sommet était couvert de barbelés.

Longe-le sur la droite.

« Mais la sortie est vers la gauche. »

Justement ! C'est là qu'ils s'attendront le plus à te trouver. Et puis, le conduit d'évacuation est rarement près de l'endroit où se trouve le plus gros des troupes.

Ça se tenait. Je continuai donc d'avancer vers la droite.

J'entendis des voix et des bruits de pas, à plusieurs mètres sur ma droite, vers la ville.

« Des habitants se rapprochent… » murmurai-je.

Ne t'arrête pas ! Continue.

Je ne pus m'empêcher de poursuivre en courant, jusqu'à ce que j'enfin, j'aperçoive une ouverture dans le mur. Elle était ronde et faisait presque ma taille.

Soulagée, je courus devant et me heurtai à une grille.

« Non, non, non, non ! » suppliai-je en l'attrapant à deux mains.

Tire-dessus ! Arrache-la.

J'essayai, mais on l'avait boulonnée.

Sers-toi de ma force ! Donne un bon coup de pied dedans et défonce-la.

Elle m'envoya une image de la poste à prendre. Jambe gauche fléchie en avant, les bras positionnés devant moi, jambe droite tendue en arrière, poids du corps prêt à pivoter d'un côté à l'autre…

J'exécutai le mouvement demandé, mais mon coup fut un peu maladroit. Je me fis mal au pied en frappant.

Aïe ! Fais attention, enfin. Recommence !

« Désolée ! Je ne suis pas championne de karaté, moi. »

Cette fille était pire qu'un sergent-chef dans un camp d'entraînement, mais je recommençai malgré tout. Cette fois, le coup ne fut pas aussi puissant que Tifa l'avait espéré, mais je réussis à frapper sans me blesser.

J'en fis un troisième, bien plus puissant. Je vis les boulons au sommet de la grille se détacher.

Ça marche ! Continue.

Galvanisée par ce début de succès, je recommençai. Je frappai trois fois de suite, chaque fois plus fort et avec plus d'adresse. Bientôt, toutes les attaches en métal cédèrent.

Je saisis la grille et la jetai à côté de moi. J'allais m'engager dans le conduit, quand j'entendis des voix dans mon dos.

« Arrêtez ! »

Je me figeai, puis me tournai vers la source de cette voix. C'était Max ! Mon ancien compagnon. Sauf qu'au lieu de porter une tenue de civil, il avait un uniforme militaire et un pistolet dans les mains.

« Où crois-tu aller, comme ça ? » dit-il sur un ton arrogant.

Désarme-le !

Elle m'envoya des images de différentes figures possibles, mais je doutais d'en réussir une seule, vu mon niveau.

Max me jaugea des pieds à la tête avant de sourire.

« Tu es bien plus séduisante dans ce corps, Amicia ! »

Il savait ?! Oh, mon Dieu…

« On m'a parlé de l'expérience. Tu aurais dû te montrer obéissante et danser avec moi au bal. »

Je serrai les poings de colère. Il m'énervait toujours autant.

« Quelle fille voudrait sortir avec un fumier dans ton genre ? »

L'air furieux, Max abaissa son arme. Je ne compris pas son geste. Quand tout à coup, il tendit sa main libre vers moi.

Je sentis une force invisible me soulever du sol et me plaquer contre le mur. Je gémis, tant la pression était forte !

« Eh ouais ! J'ai un don, maintenant », dit-il avec fierté.

Incapable de parler, je répondis par un haussement de sourcils.

Lorsqu'enfin il baissa la main, je tombai au sol en gémissant. Les yeux baissés, j'entendis Max approcher.

J'avisai une pierre près de moi. Me redressant sur les genoux, je la jetai vers lui.

Aussitôt, Max tendit les deux mains et la bloqua. Je profitai de la diversion pour lui foncer dessus et le saisis à la taille pour le plaquer au sol avec moi.

Je saisis un de ses poignets, quand il tendit l'autre main vers moi. Le corps de Tifa parut réagir de lui-même, tant il avait déjà connu ce genre de situation. Mes mains saisirent son bras libre et le firent passer sur ma gauche, main tendue vers le ciel.

Comprenant qu'il allait bientôt reprendre le dessus, je roulai sur le côté sans lâcher son épaule gauche et, quand il fut debout, je lui enserrai le cou de toutes mes forces. Mon genou se dressa pour frapper les siens, le faisant tomber au sol, la tête toujours coincée dans un étau.

J'hésitai à serrer davantage.

Achève-le ! m'encouragea Tifa.

Non, je ne pouvais pas. Aussi ignoble fût-il, je n'étais pas une meurtrière. Du coup, je restai à la même pression autour de sa gorge, mais dès que le sentis faiblir, je le relâchai. Il tomba inanimé dans l'herbe.

Haletante, je me redressai et pris appui sur mes genoux en regardant Max. Décidément, ce corps était utile.

Voyant au loin des lumières de lampe torche qui se rapprochaient, je n'attendis pas plus longtemps et m'engouffrai dans le conduit.

Je sentis mes chaussures s'enfoncer dans de l'eau boueuse, tandis qu'une horrible odeur de détritus envahit mes narines, mais je ne m'arrêtai pas pour autant.

Je poursuivis en me guidant avec mes mains le long de la paroi du conduit, jusqu'à ce qu'enfin, je sente l'odeur se dissiper, puis la terre sèche sous mes pieds.

Je débouchai dehors, de l'autre côté du mur.

Sans plus attendre, je me mis à courir vers la forêt et la liberté.

Enfin, j'étais sortie de Hiddenville.