Bonjour mes petits farfadets !

Hé oui, hé oui, je suis enfin de retour ! Je suis désolée de ne pas avoir pu poster pendant un mois, mais j'ai vraiment été prise dans une spirale de révisons, d'exams et d'entretiens, sans compter le stage, bref je vais pas vous raconter ma vie en détails, on s'en bat un peu les boursoufs, hein ;)

Mon rythme de publication risque d'être un peu chaotique jusqu'en juillet, mais j'essaierai quand même de publier au moins une à deux fois par mois.

Toujours est-il que voilà le 8ème chapitre, j'espère qu'il vous plaira !

Bonne lecture :)


CHAPITRE VIII :

Dimanche 14 juillet 2004, Parc National du Dartmoor

«Harry ! Harry ! Regarde des poneys !

-Oui Teddy, ils sont très jolis. Mais fais bien attention où tu mets les pieds, il y a plein de pierres ici.»

Harry regardait avec un mélange d'amusement et d'inquiétude le petit garçon slalomer entre les roches et éviter habilement les ornières, tout en ne lâchant pas du regard le troupeau de chevaux sauvages qui venait de faire son apparition au loin. L'orphelinat organisait ce jour-là une sortie éducative à la campagne dans une des plus belles réserves naturelles de l'Angleterre. Bien qu'au départ peu enthousiaste à l'idée d'être entouré de ses camarades, Teddy s'était finalement laissé gagner par la bonne humeur ambiante. Le soleil brillait haut dans le ciel et il régnait une atmosphère de vacances particulièrement agréable en cette chaude journée de juillet. Harry se tourna alors vers Hermione pour lui faire remarquer la joie du petit garçon, quand il vit qu'elle avait le regard perdu dans le lointain, l'air lasse et soucieuse.

«Tout va bien ? Lui demanda-t-il.

-Oh, euh oui. C'est juste que... je pensais à George.

-Comment va-t-il ?

-Il refuse d'admettre qu'il a un problème, répondit-elle en soupirant.

-Arthur a essayé de le raisonner ?

-Oui, il est revenu le voir deux fois cette semaine, mais rien n'y fait, il ne veut pas se faire soigner. Il prétend que tout va bien... tu le connais, il fait des blagues et il essaie de faire croire à tout le monde que ça veut dire qu'il va bien.

-Hum, parfois ça prend du temps pour reconnaître qu'on a un problème, tempéra Harry. Il est dévasté par la mort de Fred, même six ans après. Il a sans doute besoin de retrouver un peu de courage avant d'accepter d'être interné à Sainte-Mangouste.

-Je ne sais pas, j'ai l'impression que plus il va rester comme ça longtemps et moins il aura le courage de se soigner.

-Hum... j'essaierai de passer le voir pour en parler avec lui.

-Je vais le voir ce soir, tu veux venir avec moi ? Demanda-t-elle.

-Je ne peux pas, je suis de garde à l'institut. Mais j'irai sans doute demain ou mardi soir.

-D'accord. Comment se passe le boulot au fait ? Avec tout ça, on n'a même pas eu le temps d'en parler.

-Oh, bien. Daphné est sympa. Elle est même plutôt chaleureuse en dépit des apparences.

-Ah ah, elle t'intéresse ? Le questionna Hermione avec un sourire entendu.

-Non, c'est une collègue agréable mais ça s'arrête là. Elle est quand même un peu trop guindée pour moi.

-Tu me rassures, j'ai cru que tu en pinçais pour la fiancée de Drago Malfoy. Tu imagines la crise, alors que vous arriviez enfin à vous parler normalement ? Lui dit-elle avec un regard légèrement moqueur.

-Mouais, je n'ai pas l'impression que ce soit sa fiancée de toute façon. Ils se calculent à peine et même Zabini-le-glaçon passe plus de temps avec elle.

-Haha ! Il ne desserre toujours pas les dents celui-là ?

-Si. L'autre jour il m'a demandé si je pouvais lui passer une fiole vide.

-Et bien... En tous cas évite d'être trop sympa avec Daphné, tu connais ta propension à faire tourner les têtes et briser les cœurs.

-Hé ! Arrête de parler de moi comme d'un Don Juan ! Ce n'est tout de même pas de ma faute si certaines femmes s'imaginent des trucs là où il n'y en pas. Et puis d'abord comment on peut tomber amoureux de quelqu'un qu'on ne connaît pas ou à peine ? C'est insensé, grommela Harry.

-Tu sais bien que ton statut de célibataire et de futur médicomage en attire plus d'une.

-Ouais, ça et mon surnom de Sauveur, ironisa-t-il.

-Non je ne pense pas, répondit-elle avec un air songeur. Tu sais, maintenant que le régime de terreur de Voldemort a cessé d'exister tu as en quelque sorte cessé d'être utile au monde sorcier.

-Et bien, merci Hermione ! S'exclama-t-il l'air faussement outré.

-Non, mais attends, dit-elle en laissant échapper un petit rire. Ce que je veux dire c'est qu'on est plus à Poudlard au bal du tournoi des trois sorciers. Les filles ne veulent pas se pendre à ton bras juste pour se pavaner. Les femmes qui te tournent autour ont envie de créer un foyer avec quelqu'un et elle voit en toi un charmant célibataire qui pourrait tout à fait être un bon mari et un bon père. Et en voyant comme tu es avec Teddy, ce n'est pas moi qui vais les contredire.

-Mouais. N'empêche qu'elles ne me voient pas avec Teddy, elles.

-Tu as fait des interviews où tu as parlé de lui je te rappelle. Et puis je crois que tu as encore beaucoup de choses à apprendre de l'amour, Harry. Il n'est pas si loin le temps où je tentais de vous expliquer à Ron et à toi le mystère des sentiments et de la personnalité féminine.

-Laisse-moi deviner. J'ai le quotient émotionnel d'une petite cuillère c'est ça ?

-Peut-être bien.»

Ils se sourirent en repensant à cette période de leur vie où la moindre amourette prenait des airs d'affaires d'état. Harry se souvint de ses déboires avec Cho Chang, qui lui avaient fait se poser tant de questions et qui n'avaient été que le début d'une longue série de séances explicatives dans la salle commune de Gryffondor. Il peinait pourtant à se rappeler ces moments, comme si c'eut été la vie d'un autre, les souvenirs d'un autre. Il ne savait pas si c'était parce que de l'eau avait coulé sous les ponts, ou si c'était parce qu'il avait compris depuis qu'il n'aimait pas les femmes, mais quand il tentait de se remémorer le temps où Cho et Ginny avaient été ses petites amies, cela lui semblait tout bonnement irréel.

Cependant il devait reconnaître que, bien qu'étant légèrement à côté de la plaque concernant ses préférences, Hermione n'avait pas tout à fait tort. Il avait du mal à se laisser aller quand il était avec un de ses amants occasionnels et il s'était déjà forgé une réputation de Don Juan dans quelques bars moldus de Londres. Même avec Charlie il n'était pas toujours très correct. Il était toujours assez distant avec lui dès qu'ils avaient fini leur affaire. Il songeait d'ailleurs depuis un moment à stopper cette relation malsaine entre eux. Il savait qu'il ne plaquerait jamais tout pour rejoindre Charlie en Roumanie et Charlie le savait aussi. Et même si Harry l'appréciait beaucoup, il devait bien avouer qu'il n'était pas tombé amoureux de lui pour autant. Et à bien y réfléchir il n'était jamais tombé amoureux de qui que ce soit.

Il fut alors interrompu dans ses pensées par la directrice de l'orphelinat qui venait à leur rencontre. Elle avait l'air soucieuse et Harry comprit qu'elle était assez angoissée à l'idée d'être interrogée par des membres du ministère de la magie à propos de Teddy. En effet, ceux-ci devaient venir pour évaluer leur projet de création d'un foyer pour orphelins sorciers et, pour ce faire, ils voulaient voir si l'orphelinat moldu était vraiment inadapté aux besoins du garçon.

«Mrs Dwight ? Tout va bien ? Lui demanda-t-il.

-Oui, enfin je... j'aurais voulu vous poser quelques questions sur ces personnes qui vont venir demain. Je ne sais pas si vous avez le droit de m'en dire plus, mais j'aimerais savoir si je dois prendre des mesures spécifiques pour les accueillir.

-Oh, ne vous inquiétez pas pour ça. Ils ont des taxis à leur disposition qu'ils utilisent lors de leurs déplacements dans le monde moldu. Enfin je veux dire... ici... chez les non-sorciers, s'excusa Harry en voyant qu'elle ne saisissait pas du tout la fin de sa phrase.

-Ah, très bien. Mais est-ce qu'il n'y aura pas de problèmes de compréhension ? Moi-même je ne sais pas si je saurais très bien expliquer le... le particularisme de Ted.

-Ne vous en faites pas. Tenez-vous en à décrire son humeur et son renfermement. Ils savent ce que c'est que d'être un métamorphomage, ils feront le lien d'eux-mêmes.

-Hmpff ! Permettez-moi d'en douter vu ce qui s'est passé la dernière fois, dit-t-elle d'un ton aigre. Si votre ami ne vous avez pas prévenu de sa... transformation, le pauvre enfant aurait attendu jusqu'au dimanche suivant pour reprendre forme humaine.

-Le ministère de la magie est l'équivalent de l'administration chez les mold... les non-sorciers, un calvaire, souligna Hermione.

-Tout de même, passer trois jours transformé en loup, soupira Mrs Dwight en secouant la tête. Nous ne savions même pas quoi lui donner à manger !

-Je sais..., répondit Harry avec le même désabusement. Mais si jamais cela se reproduisait donnez lui les mêmes repas que d'habitude et n'ayez pas peur de l'approcher. Il est toujours le même, quelle que soit l'apparence qu'il prend.

-Oh et nous avons ensorcelé un objet pour vous, déclara soudain Hermione en sortant un gallion de sa poche.»

Mrs Dwight regarda l'objet avec suspicion, mais finit par tendre la main pour le prendre.

«C'est une pièce de monnaie sorcière, mais celle-ci est spéciale, expliqua la jeune fille.

-J'en ai une réplique qui communique avec celle-ci, ajouta Harry en sortant un gallion à son tour.

-Qui communique ? Demanda Mrs Dwight en fronçant les sourcils.

-Oui, regardez. Il vous suffit d'appuyer au centre pendant quelques secondes, comme ceci, pour que la mienne se mette à vibrer, dit-il en posant les deux pièces dans la paume de sa main pour lui montrer. Ainsi vous pourrez m'avertir s'i nouveau un problème.

-Oh ! La vôtre est en argent maintenant ! S'exclama-t-elle en voyant le gallion se transformer en mornille avec une image de loup gravée au centre.

-Oui, c'est au cas où Harry ne sentirait pas la pièce sur l'instant, expliqua Hermione. En vérifiant de temps en temps il pourra constater s'il y a eu un changement, ce qui le préviendra de votre alerte.

-Et bien... vous ne pourriez pas envisager de faire installer le téléphone chez vous, Mr Potter ? Demanda la directrice de l'orphelinat. Tout ceci est tellement étrange...

-Je sais Mrs Dwight, mais nous n'avons pas le choix. Il n'y a pas d'électricité dans notre monde, alors le téléphone..., répondit Harry.

-Bien, alors ainsi soit-il, dit-elle en faisant tourner la pièce entre ses doigts comme si c'était la chose la plus extraordinaire qu'elle ait jamais vu.

-De toute façon les choses vont probablement se simplifier maintenant que le ministère a décidé d'étudier notre projet d'orphelinat, déclara Hermione. Si ça se trouve, vous n'aurez même jamais l'occasion de l'utiliser.»

Harry espérait en effet que ce soit le cas. Teddy avait vraiment paniqué la dernière fois. C'était sa première transformation complète en animal et il se sentait mal de ne pas avoir pu être là, un peu comme un père manquant les premiers pas de son fils. Mais maintenant qu'une commission spéciale avait été créée par le Magenmagot dans le but d'évaluer la nécessité et la viabilité de leur projet de foyer pour sorciers orphelins, Harry avait l'espoir que les choses rentrent dans l'ordre. Hermione et lui avaient fait marcher leurs contacts pour accélérer la procédure et, heureusement, Amelia Bones se souvenait fort bien d'eux grâce à sa nièce Susan qui n'avait pas tari d'éloges à leur sujet quand elle faisait partie de l'A.D. En tant que responsable du département de la justice magique, Mrs Bones avait fait remonter leur dossier directement au siège du Magenmagot, leur évitant ainsi toute la paperasse et les errances administratives habituelles. A priori le projet semblait en bonne voie et Hermione ne s'était pas trompée en pensant que Garp pourrait leur être utile. L'autorisation de création de foyer qu'ils avaient obtenu avait incité le Magenmagot à se dépêcher de statuer sur cette affaire.

Maintenant Harry allait devoir attendre encore une ou deux semaines pendant lesquelles les membres du ministère ferait une enquête auprès de l'orphelinat moldu pour déterminer si oui ou non il serait plus préférable de placer des orphelins sorciers dans une structure appartenant au monde magique. Si lui et Hermione obtenaient une réponse positive, ils n'auraient plus qu'à les convaincre d'autoriser la directrice de Poudlard à leur communiquer la liste des élèves inscrits afin de pouvoir accueillir les orphelins sorciers des quatre coins de la Grande-Bretagne. Après ça, ils pourraient commencer les travaux de restauration et, si les choses continuaient à ce train, l'inauguration aurait lieu dès septembre. Harry pourrait alors voir Teddy autant qu'il le voudrait et pas seulement les week-ends. Et surtout le petit garçon pourrait être entouré de gens comme lui et s'épanouir.

Harry revint sur terre quand il vit l'objet de ses pensées arriver vers lui en courant, un large sourire aux lèvres, après avoir réussi à donner une touffe d'herbe à un des chevaux. Il souleva le petit garçon de terre et le fit tournoyer avant de le reposer pour ébouriffer ses beaux cheveux dorés dans lesquels s'était glissée une mèche bleue. Même si Harry était un peu triste de voir la Cabane Hurlante disparaître alors que son père et ses amis y avaient passé une bonne partie de leurs jeunes années, il était plus heureux qu'il ne l'avait été depuis longtemps. C'était presque sûr maintenant. Teddy allait revenir dans le monde magique et il allait vivre à Pré-au-Lard. Quand il aurait l'âge de comprendre, Harry lui raconterait les aventures trépidantes des maraudeurs et lui offrirait la carte qu'il avait gardé précieusement dans un coin de son bureau, espérant pouvoir un jour la lui transmettre.

Ces joyeuses pensées ne le quittèrent pas de la journée et, pour une fois, c'est le cœur léger qu'il quitta le petit garçon pour rentrer chez lui afin de se préparer à sa nuit de garde.

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Manoir Malfoy, autour de minuit

Harry achevait de remplir le dossier d'Anna Perkins, une patiente admise à l'institut peu de temps avant qu'il y soit recruté. Il avait été étonné en constatant qu'elle était une né-moldue. Même si Drago semblait avoir mis de l'eau dans son vin depuis la fin de la guerre, Harry n'aurait pas pensé qu'il soit capable de tant de rigueur professionnelle. Naïvement, il avait cru que l'institut ne devait recueillir que des personnes de "bonnes" familles et éventuellement ayant un coffre bien rempli à Gringotts. Pourtant cette Miss Perkins, qui était la petite-fille du vieux monsieur passant presque toutes ses journées dans la salle d'attente, venait d'une famille moldue très modeste.

Harry enleva ses lunettes et se massa les tempes. Il avait vu une crise pour la première fois juste quelques heures auparavant quand cette jeune patiente s'était mise à hurler et se tordre dans tous les sens alors qu'il était sur le point de lui administrer une dose de la potion-test. Depuis qu'il avait été embauché il n'y avait eu que trois crises de patients et c'était tombé sur Strout et Daphné. Cette dernière lui avait d'ailleurs raconté avoir été complètement paniquée. A présent Harry voyait tout à fait de quoi elle voulait parler. Il avait mis au moins vingt secondes avant de réagir et d'ordonner à un elfe de maison d'aller chercher des potions calmantes auprès de Mrs Patmore. Et il n'était pas sûr de s'habituer à ce spectacle.

Il soupira et remit ses lunettes afin de relire ses notes. Dans une heure il lui faudrait amener Miss Perkins aux bains quand elle se réveillerait et dans deux heures il devrait administrer une dose de potion-test à un autre patient, puis le surveiller toutes les trente minutes jusqu'à environ six heures du matin. Autrement dit, il n'était même pas utile qu'il s'allonge quelques instants dans le lit de camp mis à leur disposition lors des gardes. Il se leva de son bureau et regarda au-dehors. Il faisait nuit noire, mais les quelques pièces de l'institut encore éclairées à cette heure lui permettait de distinguer le jardin à l'abandon et ses grands arbres aux branches parfaitement immobiles. L'atmosphère était lourde depuis la veille et l'orage semblait être pour cette nuit.

Harry ouvrit les pans de sa robe de travail et défit les premiers boutons de sa chemise pour tenter de respirer un peu mieux. Puisqu'il devait se remettre au boulot dans une heure, il décida de faire un tour dans le service pour passer le temps. Il sortit donc du bureau et fit d'abord un tour parmi les chambres des patients afin de vérifier si tout était dans l'ordre. Puis, au détour d'un couloir, il remarqua de la lumière dans la salle de potion dont la porte était restée entrouverte. Il lui semblait pourtant que Mrs Patmore était partie se coucher trois heures plus tôt. Il entra donc, se demandant si elle n'avait pas oublié de fermer la salle.

Et il se figea sur le pas de la porte en constatant que Drago était là, occupé à faire des potions. Voyant qu'il semblait extrêmement concentré au-dessus de ses quatre chaudrons bouillonnants, il tenta de battre en retraite l'air de rien, mais alors qu'il amorçait un mouvement de recul, le blond tourna soudain la tête vers lui.

«Oh, euh... excuse-moi. Je... J'ai vu de la lumière et je me demandais si Mrs Patmore n'avait pas oublié de fermer la salle» expliqua Harry.

Il essayait de ne pas paniquer en repensant au jour où Drago avait quasiment assommé le cinglé qui avait osé le déranger en pleine préparation lorsqu'ils étaient encore à l'École de potions et de médicomagie. Comme un fait exprès, il avait bien entendu oublié sa baguette sur son bureau.

«Ce n'est rien. Je travaille souvent tard ici» répondit Drago en ajoutant une poignée d'herbes dans ses chaudrons.

Harry, fasciné par son habilité et la maîtrise de ces gestes, mit quelques secondes avant de reprendre la parole.

«Ah... d'accord. Bon, ben je..., hésita Harry, confus sur l'attitude à adopter.

-Comment se passe ton premier tour de garde ? Demanda alors Drago.

-Euh, bien. Enfin... Une patiente a fait une crise tout à l'heure, je n'ai pas pu lui donner sa dose du coup.

-Ah. Qui c'était ?

-Anna Perkins. Elle est arrivée dans le service il y a un mois d'après son dossier.

-Ah oui. Hum... c'est dommage, dit pensivement Drago tout en baissant le feu sous ses chaudrons.

-Pourquoi ça ?

-Si je ne me trompe pas, chez elle la maladie s'est déclarée il y a seulement deux mois. C'est le premier sujet qu'on ait accueilli qui en est à un stade aussi précoce, c'est donc une parfaite patient-test.

-Oh, je vois. Elle est plus susceptible de répondre au traitement que les autres, constata Harry.

-Oui. Combien de temps a duré sa crise ?

-Trois minutes. Le temps que les potions calmantes agissent, c'était déjà fini. Je vais l'amener aux bains quand elle se sera réveillée.

-Hum. Bien, approuva-t-il avec un hochement de tête.»

Drago se pencha ensuite sur ses chaudrons pour en vérifier le contenu et les vida d'un coup de baguette.

«Euh... est-ce que je... je t'ai dérangé ? Demanda Harry, surpris par son geste.

-Dérangé ? Répéta Drago l'air étonné.

-Oui, la potion... elle n'était pas réussie ?»

Drago le regarda un instant sans rien dire avant de laisser échapper un rire qui détendit les traits de son visage empreint de fatigue.

«Je viens de remplir trente fioles, se reprit-il en pointant du doigt l'espace de conditionnement placé sous la table sur laquelle il travaillait.

-Ah... et bah dans ce cas... ouf ? Lâcha Harry avec un sourire confus.

-Drago Malefoy ne rate jamais aucune potion, répliqua-t-il. Et puis même si tu m'avais distrait, tu crois vraiment que je t'aurais lancé un endoloris ?

-Non, j'avais plutôt pensé que tu chercherais à m'assommer avec des chaudrons en fonte de plus de 20 litres, avoua Harry.

-Pardon ?

-Oui, tu sais, il y a quelques années il y a ce gars qui avait essayé de rentrer dans la salle de potions alors que tu étais en pleine préparation et...»

Drago l'interrompit en éclatant franchement de rire cette fois-ci. Déconcerté, Harry attendit quelques instants qu'il se calme et reprenne son souffle.

«Et tu as cru que c'était pour ça que je l'avais attaqué comme un gobelin en furie ?

-Ben oui. Pourquoi sinon ?»

Drago secoua la tête et attrapa la caisse de fioles pleines sous la table pour les ranger sur l'étagère. Il reprit la parole en soupirant :

«C'était mon copain à l'époque. Je te passe les détails de ses infidélités à répétition, mais crois-moi que ce jour-là il l'avait bien mérité, dit-il sur le ton de la conversation.»

Harry en eut le souffle coupé et pensa que c'était une chance qu'à ce moment précis le blond soit dos à lui pour ne pas voir sa réaction. Il se sentait vraiment idiot d'être choqué comme ça, alors que lui-même était gay, mais entendre quelqu'un, qui plus est Drago, en parler de façon aussi anodine était tout nouveau pour lui. Sorti des bars gays, il n'avait jamais vu personne s'assumer de la sorte et avec une telle désinvolture, comme si son homosexualité ne posait aucun problème.

Il tâcha alors de reprendre contenance et, quand Drago se retourna vers lui, il s'était recomposé une expression neutre.

«Et bien... vu ce qu'il s'est pris ce jour-là, j'espère que c'était mérité en effet, plaisanta-t-il.

-Amplement, assura Drago avec un regard entendu.»

Harry l'aida ensuite à ranger le reste des fioles tout en essayant de trouver un sujet de conversation. Il avait l'impression que le silence qui s'était fait entre eux après cette révélation était un peu bizarre et il n'avait pas envie de paraître mal à l'aise face à l'homosexualité de Drago.

«Et donc Daphné et toi alors vous n'êtes pas... ? Demanda Harry.

-Fiancés ? Par Merlin, non ! Répliqua Drago avec une grimace éloquente.

-Ah, ok.»

Peine perdue. Il ne savait même pas quoi ajouter après ça, alors que c'était lui avait lancé le sujet. Il était sur le point de jeter l'éponge et de retourner dans son bureau tenir compagnie aux plantes que Strout avait commencé à installer un peu partout.

«Pourquoi tu me demandes ça ? L'interrogea soudain Drago.

-Hum ? Oh, euh je ne sais pas. Comme ça, répondit Harry en haussant les épaules.

-Daphné t'intéresse ?

-Quoi ? Non, pas du tout.

-Pas du tout ? C'est une jolie fille pourtant, fit-il remarquer.

-Oui, bien sûr, mais c'est pas mon genre, expliqua Harry en priant pour qu'il s'en tienne là.

-Ah. Et donc ton genre c'est... ?

-Euh... pas les blondes. Enfin non... ça dépend. J'ai pas vraiment de type particulier en fait. C'est juste que Daphné, je ressens pas d'attirance spéciale pour elle.

-Allez, arrête de t'enfoncer. C'est pas un interrogatoire du Magenmagot, dit Drago en rigolant. Je vais finir par croire que c'est à moi que tu t'intéresses.

-Quoi ? Mais non... je suis pas...»

Il se stoppa net en captant l'air clairement moqueur du blond qui s'était adossé à l'étagère pour pouvoir mieux profiter du spectacle d'un Harry Potter rougissant et bafouillant.

«Les gars qui attaquent leur copain à coups de chaudron, c'est pas trop mon genre non plus» répliqua-t-il alors en tentant de reprendre contenance.

Drago lui fit un petit sourire en coin et le cœur d'Harry rata un battement.

«Ah oui et tu les préfères comment alors ? Demanda-t-il avec nonchalance. Et si tu me dis roux, je te jure que je t'envoie un 20 litres dans la figure.»

Harry se figea. Il ne savait pas quoi répondre à ça. Il n'avait pas clairement dit à Drago qu'il était gay, pas encore du moins. S'il répondait à sa question, il était fichu.

«Oh par Merlin ! Ne me dis pas que Weasel trompe Granger avec toi ? Demanda soudain le blond en interprétant mal sa réaction.

-Qu... non mais ça va pas, quelle horreur ! Dis pas des trucs comme ça, c'est mon ami d'enfance ! Je te demande moi si tu couches avec Goyle ? S'indigna Harry en oubliant toute réserve.

-Hahaha ! Tu sais que tout ce que tu diras contre la belette sera dit et répété ? Plaisanta-t-il. Quand même... comparer Weasley à Gregory Goyle, même moi j'aurais pas osé ! Ajouta-il goguenard.

-Hé ! Je l'ai pas dit dans ce sens là. Et puis c'est quoi ton problème avec lui au fond ? Tu arrives bien à ne plus m'appeler le balafré alors pourquoi tu continues à te foutre de lui ?

-Parce que c'est un suprématiste roux, répondit Drago soudain très sérieux.

-Un... suprématiste ? Tu es complètement malade, dit Harry en secouant la tête.

-Tous ces roux et tous ces bébés de roux qui envahissent le monde sorcier... tu ne vas pas me dire que tu trouves ça normal, si ?

-Je crois surtout que tu passes trop de temps au-dessus de tes chaudrons.

-Oh, allez, je suis sûr qu'entre vous vous m'appelez toujours la fouine, assura Drago en reprenant son petit air malicieux.

-Non. En fait on se contente de parler d'espèce en voie de disparition, répliqua Harry en lui rendant son sourire.

-Hum, touché. Bon alors tu vas me dire quel est le roux que tu te tapes ?

-Bon sang ! Je ne me tape aucun roux. Et je dois y retourner, mes patients m'attendent, déclara-t-il en tournant les talons.»

Harry tâcha de faire fi du petit rire qu'il entendit derrière lui alors qu'il sortait dans le couloir et il se dirigea à grands pas vers son bureau. Quand il fut arrivé, il se laissa tomber sur sa chaise et passa une main nerveuse sur sa figure. Il n'arrivait pas à comprendre ce qu'il lui avait pris d'en dire autant. D'habitude quand on lui posait des questions de ce genre, il mentait ou se débrouillait pour détourner habilement la conversation. Mais avec Drago il avait perdu ses moyens.

Soudain, un grondement sourd parvint à ses oreilles. Il tourna la tête vers la fenêtre et vit la nature en train de se déchaîner au-dehors. L'orage venait de commencer.


Tadaaaa ! Bon on avance un peu entre ces deux-là, qu'en pensez-vous ?

Voilà, au prochain chapitre on retrouvera George en un peu meilleure forme et avec du changement à venir, ainsi que Ron et Hermione. (Je trouve qu'on voit pas assez Ron en fait dans cette histoire, vous avez cette impression aussi ou bien c'est moi qui psychote ?)

A la prochaine et n'hésitez pas à laisser une petite review ;)