Disclaimer : Les cinq G-boys ne sont malheureusement pas à moi. Mais bon… Ça va pas m'empêcher de les emprunter un tit peu, pour m'amuser avec. C'est vrai quoi, c'est pas comme si je les rendais pas après. Hin hin hin...

Par ailleurs, j'ai aussi ramené en Guest-star, quelques persos de Fullmetal Alchemist, pour s'occuper du "Vogue - Rewrite". Sont pas à moi non plus, donc. XD

Mais Kathleen, c'est ma mienne ! … … En même temps, je mets quiconque au défi de la supporter plus de cinq minutes. ;p

Genre : Montagne Russe ? J'aime bien les trucs qui virent de bord pour un oui ou pour un non. :D

Résumé : Séquelle de "Double Shinigami". Après sept ans de relative tranquillité, de nouveaux ennuis tombent sur nos malheureux G-boys. C'est que, pour certaines personnes, "Paix" est synonyme de "terrain de jeux tranquille et rêvé pour idées tordues". … Ils auraient peut-être du s'en prendre à quelqu'un d'autre, non ?

Couples : 3&4, 1&2, 5&K. ( On change pas une équipe qui gagne. ;p )

Reviews : Encore un chap de plus ! Le suivant risque de se faire un peu attendre, puisque ma bêta-lectrice a son PC en rade. Et je ne poste rien qui n'a pas reçu son approbation avant, mdr. Mais rassurez-vous, ça m'empêche pas d'écrire. ;)

Ornaluca : Ça va, pour une fois je l'aurais pas torturé trop longtemps, mdr. ;)

Syt the Evil Angel : Nan, rien ne va plus. Même si on a un semblant de pause avec le retour de Kath. Mais ça va pas durer, je te rassure.

Thealie : Bah quoi ? Il te plaît pas, mon Wufei en boxer ? ¤jette un œil discret à ce qui était autrefois un clavier¤ C'est bien ce qui me semblait, lol. Et mon Duo conducteur, il te plaît pas, non plus ? Mdrrrrr ! ;p

Hayao Maxwell : Mais non, avec moi, faut pas douter. J'aime en faire baver (énormément) aux persos, mais c'est pour mieux justifier les happy-end derrière. J'espère que la suite te plaira toujours autant !

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Chapitre 7 : Blinding Light

Appartement de Wufei Chang et Kathleen Tigerwood :

Kathleen s'agita dans son sommeil, et finit par se réveiller en sursaut. Son premier réflexe fut de ramener ses genoux contre elle. Le second, de tendre la main sur le coté. Mais ses doigts ne trouvèrent qu'une place vide et froide. La jeune femme constata avec une certaine anxiété que les draps n'avaient même pas été défaits.

– Mrrrroaaaw ? fut le miaulement à moitié ronronné de Tabby.

L'angora se faufila lestement et colonisa les bras de sa maîtresse.

– B'jour le monstre, murmura affectueusement celle-ci en frottant sa joue contre la fourrure soyeuse et en grattant l'animal derrière les oreilles.

Le chat appréciait pleinement et le faisait savoir en pétrissant soigneusement le bras de Kathleen et à grands coups de ronronnements bruyants.

Cette dernière le câlina un moment, à moitié concentrée, essayant plutôt de remettre de l'ordre dans ses pensées.

Elle ne se souvenait que très vaguement de la bataille derrière le "Vogue", et du moment où elle avait repris connaissance dans une ruelle inconnue, son portable à la main. Entre les deux, son esprit n'était qu'une brume floue d'images, entrecoupée par de très rares flashs plus précis.

Ce qu'elle savait, c'est que l'endroit où elle s'était trouvée, l'avait terrifié. Et une peur sourde, la prenait à la gorge, chaque fois qu'elle y repensait. Elle avait oublié pourquoi, précisément, mais c'était plus fort qu'elle. Peut-être… un truc avec son pouvoir. Il lui semblait confusément que son sens-radar avait réagi n'importe comment depuis le moment où elle avait été enlevée.

Du moins, c'était ce qu'elle croyait se rappeler. Et il y avait…

… les yeux de Wufei…

Elle secoua la tête pour éclaircir ses idées.

Non-sens. Ce souvenir là était impossible. Totalement aberrant…

… Comme toutes les rares choses que je crois me rappeler… ajouta pour elle-même.

Elle frissonna, et son regard revint machinalement sur la place vide du lit. Elle n'hésita pas bien longtemps. Gardant le chat rayé contre elle, elle se leva et prit la direction de la cuisine, où elle percevait trois présences familières.

Un silence un peu surpris se fit, quand elle passa le pas de la porte, et trois paires d'yeux la fixèrent avec intensité. Les trois hommes avaient colonisé la table de la cuisine avec leurs laptops respectifs, éparpillant des feuilles et des feuilles de données au centre du meuble. Elle croisa le regard sombre et dubitatif de Wufei, par-dessus l'écran de son pc. Elle répondit par un léger sourire, pour lui signifier que tout allait bien.

– Coucou tout le monde, fit-elle, tout en allant mettre en marche la bouilloire.

Duo la rejoignit aussitôt, laissant deviner son inquiétude.

– Hey, Koneko-chan. Tu devrais pas te reposer encore un peu ?

Elle hocha la tête, d'un air détaché.

– Mais non, ça va. Et puis j'avais envie d'un thé.

Duo parut rassuré. Avec un petit sourire taquin, il enlaça sa compatriote, pour un câlin affectueux dans les règles. Celle-ci se laissa faire volontiers. Le natté attendit un moment, avant de poser la question qui leur brûlait à tous les lèvres.

– Qu'est-ce qui s'est passé, Imôto ? s'enquit-il au bout d'un moment.

Kathleen se crispa un peu.

– Je… ne me souviens plus très bien… dit-elle d'une voix assourdie.

– Même pas… de ton enlèvement ?

La question d'Heero était posée prudemment, comme s'il voulait éviter de la brusquer.

– Si… à peu près…

– Tu as vu tes ravisseurs ?

Kathleen fit signe que "non", resserrant instinctivement son étreinte autour de la taille de Duo. Celui-ci adressa une légère grimace à Heero, pour lui enjoindre d'avancer sur ce terrain avec précaution.

– Rien qui puisse les identifier ?

Elle fit de nouveau "non".

– Combien étaient-ils ?

– … Trois… Le plus grand… devait approcher ta taille, Heero. Les deux autres étaient plus petits que moi. Peut-être un mètre soixante, un mètre soixante-cinq… De carrure moyenne, pour les trois… ( Elle jeta un regard penaud au brun. ) Désolée, c'est maigre comme éléments…

– Ce n'est pas grave, Leen. … De quoi tu te rappelles, après qu'ils t'aient emmenée ? demanda le japonais avec douceur.

Kathleen se blottit un peu plus contre Duo, le regard légèrement vide, alors qu'elle essayait de chasser la brume et la peur qui voilaient ses souvenirs.

– A… blinding light… murmura-t-elle tout bas.

– Oui ? l'encouragea gentiment Duo.

– Il y avait cette lumière blanche… qui m'aveuglait chaque fois que j'ouvrais les yeux… reprit Kathleen d'une voix un peu lointaine. Je ne pouvais rien voir… Et les sons étaient… bizarrement déformés… Et je…

Elle se tut, laissant voir une profonde détresse sur son visage.

– Quoi d'autre ? Essaye de te souvenir, Leen, l'encouragea Heero avec patience. Tu ne te souviens pas de quelque chose qui pourrait nous aider ? Même pas d'un tout petit détail ?

– Je ne sais pas si j'ai envie de me rappeler ! gémit-elle en nichant son visage dans le giron de Duo.

« Laisse tomber, Ro, » ordonna silencieusement le natté à son amant, tout en frottant le dos de la jeune femme contre lui, pour la rassurer.

Il croisa au même instant le regard de Wufei, étincelant d'une sombre jalousie. Duo se racla mentalement la gorge, sans abandonner Kathleen pour autant.

C'est vrai, quoi ! Si le petit dragon avait voulu être à sa place, il aurait pu se bouger, plutôt que de rester scotché à son laptop ! Personne l'en avait empêché !

Kathleen tressaillit, quand la bouilloire électrique sonna, pour signaler que l'eau était chaude. Elle se dégagea doucement de l'étreinte de Duo, pour aller se préparer un mug de thé fumant.

–Tu peux me faire une tasse aussi, s'il te plaît ? demanda Wufei sur un ton neutre, alors qu'il s'était de nouveau intéressé à son écran.

Duo évita de peu de s'étouffer de surprise.

Pardon ! Il pouvait la lui refaire, là ! Et dire qu'il avait cru que Wufei était malade d'inquiétude au sujet de la jeune femme ! Ben, il avait pas l'air, finalement ! Est-ce que c'était trop lui demander d'être un tout petit peu attentionné avec elle ! SURTOUT MAINTENANT ! Kathleen était pas son chien, non plus !

– Mmh, mmh. Ok. Quelqu'un d'autre en veut, temps que j'y suis ?

– Nan, merci, grogna le natté, totalement dégoûté par le comportement distant du chinois.

– Non merci, moi non plus, répondit Heero en ralentissant à peine la cadence de ses doigts sur les touches de son clavier.

Duo entreprit de bouder, se retenant péniblement de dire ses quatre vérités à Wufei.

Kathleen risquait de lui en vouloir, et il n'avait aucune envie de se disputer avec qui que ce soit, ce soir.

– Déjà 19h… ? murmura pensivement la jeune femme, en avisant l'horloge de la cuisine, alors qu'elle était en train de porter son mug à Wufei.

Ce dernier lui prit doucement la tasse des mains.

– Tu as dormi pendant presque vingt-deux heures, signala-t-il avec un timide sourire.

– Oh… fit-elle, en fronçant le nez.

Wufei retenait la main de Kathleen dans la sienne. Il lui fit un peu de place sur la chaise, et la jeune femme se coula contre lui, tout en plongeant le nez dans son thé. Il glissa un bras dans son dos, pour assurer tendrement son équilibre. Kathleen se cala un peu plus confortablement contre son épaule.

– Vous faites quoi ? questionna-t-elle.

– On attend que la section scientifique nous fasse parvenir les résultats de l'analyse des vêtements que tu avais sur toi. Les études préliminaires ont montré la présence de nombreux produits chimiques. Bien trop pour que ce soit anodin. Grissom et son équipe (¤1) sont en train de les identifier. Mais pour gagner du temps, on essaye de monter une base de données avec le maximum d'entreprises liées à la chimie et à la biologie.

– Et je suis en train d'encoder le programme qui nous permettra de cribler ces données, dès que Grissom nous fera parvenir ses résultats, compléta Heero.

– … Ils vont pas trop l'abîmer, hein ?

– De quoi ?

– Le blouson… répondit timidement Kathleen.

– Pourquoi… ? Il a quelque chose de particulier ?

Kathleen se raidit un petit peu, parce qu'elle se voyait mal expliquer quelque chose qui n'était qu'un sentiment diffus. Et également parce que l'expression soudainement inquisitrice de Wufei la gênait.

– Non… Enfin, pas vraiment… C'est… Il me rappelait juste le tien. Tu sais, ton vieux blouson pour la moto.

Wufei cligna deux ou trois fois des yeux, sans y croire.

– Oui, je sais. C'est idiot, maugréa Kathleen, en se réfugiant derrière une gorgée de thé. Mais je l'aimais bien, c'est tout.

– Tu es vraiment incroyable… rit doucement son amant.

– Hn, ronchonna t-elle, un peu vexée de le voir se moquer d'elle, même gentiment.

Les lèvres de Wufei s'égarèrent sur sa tempe, dans une volonté de se racheter.

– Hn, répéta Kathleen, beaucoup moins remontée tout d'un coup. Tricheur…

Le chinois sourit légèrement, à peine coupable, laissant ses doigts courir sur la paume de la jeune femme, y traçant des mot tendres.

Elle fit mine de vouloir l'embrasser, mais il se déroba. A son froncement de sourcils interdit, il lui expliqua, sur un ton d'excuse, un rien embarrassé :

– Ne me tente pas. Si je commence, je ne suis pas sûr de pouvoir m'arrêter… Et j'aurais des scrupules à abandonner Heero et Duo, dès le début de la soirée…

– Ça se défend…

Mais une certaine déception perçait dans la voix de la jeune femme. Conscient qu'il lui fallait se faire pardonner, Wufei entreprit de la câliner un peu, même si d'ordinaire, il rechignait à faire ce genre de chose en public : Il préférait plutôt garder ses démonstrations d'affection pour quand ils étaient juste tout les deux.

Néanmoins, aujourd'hui était un cas de force majeure. Et il allait finir par craquer, s'il ne la tenait pas dans ses bras, au moins quelques secondes.

Duo regarda ses deux amis s'étreindre tendrement, avec un haussement de sourcils interloqué : Il avait vraiment du mal à suivre le mode de pensée de Wufei, des fois. Pourquoi avait-il besoin d'une excuse aussi débile qu'une tasse de thé, pour attirer Kathleen et oser la prendre dans ses bras ensuite ? Il pouvait pas le faire directement ? Ils étaient ensemble depuis un sacré bout de temps, maintenant. Ce n'était pas comme si ce genre de geste était anormal entre deux personnes qui s'aiment. Ni comme s'il lui était interdit de l'enlacer.

Il chercha le regard d'Heero et lui dédia une petite grimace, qui signifiait que le comportement de Wufei le dépassait complètement.

Heero rit silencieusement : Duo avait parfois du mal à admettre que tout le monde n'avait pas une facilité de contact et une exubérance identiques aux siennes.

Pour le japonais, la réserve de Wufei n'avait rien d'étrange. Mais il fallait dire aussi, qu'ils avaient des caractères et une culture assez proches, alors cette compréhension n'était peut-être pas si surprenante.

Un jour, il faudra qu'il explique ça à Duo…

Un gargouillement bruyant rompit tout à coup la quiétude de la pièce. Et des regards mi-surpris, mi-indulgents convergèrent instantanément vers un américain cramoisi.

– Désolé, souffla t-il, j'ai du être une pendule dans une vie antérieure…

Wufei intercepta Kathleen au moment même où elle allait se lever.

– JE m'en charge, décréta t-il avec fermeté. Toi, tu te reposes.

– Mais j'ai passé tout mon temps à dormir, protesta Kathleen. Faut bien que je m'occupe, non ?

– Nouilles sautées à la chinoise, contra aussitôt Wufei, avec un petit sourire en coin.

– … Je te vénère, céda la jeune femme, d'un air blasé.

– Si au moins c'était vrai, rit doucement son amant.

– Hn. Dégage, et mets toi à tes fourneaux, râla Kathleen, ce qui le fit rire un peu plus, alors qu'il lui obéissait de bonne grâce.

Machinalement, Kathleen jeta un œil aux fichiers informatiques à l'écran, et bientôt elle avait pris le relais dans le travail de Wufei, ignorant royalement les reproches que lui firent les trois garçons.

Au petit jeu de l'entêtement borné, elle avait toujours été la meilleure, de toute façon.

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Manoir Raberba Winner, L4 :

Trowa réprima un hochement de tête résigné, quand il surprit son ange blond, le téléphone en main.

– Quatre… Je croyais que le médecin t'avait dit de ne pas recommencer à travailler avant plusieurs jours.

L'arabe écarta la remarque d'un geste négligent de la main.

– C'est Wufei. Ils ont retrouvé Kathleen en bonne santé, expliqua t-il, pour couper court aux reproches du châtain.

Vu la fragilité de leur relation pour l'instant, il n'allait pas prendre le risque de se fâcher à nouveau avec Trowa, et donc de désobéir aux ordres du médecin.

– C'est vrai ! Où ! Quand !

Le blond lui fit signe de se taire, un doigt posé sur les lèvres.

– Elle ne se souvient vraiment de rien ? demanda-t-il à Wufei.

« – Juste quelques bribes… J'ai l'impression qu'il s'agit d'une sorte de blocage, mais je préfère ne pas l'embêter avec ça, pour l'instant. De toute façon, on a les résultats de l'analyse chimique, ce qui nous fait une première base de travail. Le progrès est énorme, comparé à avant. »

– Et pour Zaz ? Elle se souvient l'avoir vue ? souffla Quatre avec espoir.

Wufei laissa passer un temps de silence assez éloquent.

« – Si cela avait été le cas, elle nous l'aurait dit tout de suite, je pense, fit-il enfin, du bout des lèvres. Mais elle ne se rappelle que de son enlèvement, et du moment où elle s'est réveillée, en pleine rue. Les deux semaines qui se sont écoulées entre, sont absentes de sa mémoire. »

– Je vois, murmura Quatre, avec abattement.

A ce moment, quelqu'un héla Wufei en arrière-plan, détournant son attention de la conversation téléphonique, durant quelques instants. Cela permit à l'arabe de s'abîmer dans ses réflexions. Une idée germa inexorablement en lui, malgré tous les risques qu'elle comportait : Cribler toutes les entreprises connues, pour trouver celles qui utilisaient le cocktail de produits identifiés sur le blouson, était un premier pas, mais cela n'était pas assez. Il leur fallait d'autres éléments, pour localiser l'endroit où Kathleen avait été retenue – et où Zaz l'était peut-être encore -.

Des éléments dans la mémoire de Kathleen, et que lui seul avait le pouvoir d'extraire.

Mais c'était une action dangereuse… qui risquait de ne pas plaire à tout le monde.

« – Bon, Quatre, je vais te laisser. Il est près d'une heure du matin, sur Terre… ( La voix de l'asiatique se fit soudainement plus embarrassée. ) … et j'aimerais bien aller me coucher… » acheva-t-il, timidement.

Quatre décida de se lancer à l'eau.

– Wufei ! Attends… S'il s'agit effectivement d'un blocage psychologique, peut-être… peut-être que je peux y faire quelque chose…

« – … C'est à dire ? »

– Si je plonge dans l'esprit de Kathleen… peut-être que je pourrais avoir accès aux souvenirs qu'elle refoule.

A ses côtés, Trowa amorça des gestes de protestations véhémentes. Quatre lui fit signe d'attendre, un rien agacé. A l'autre bout du fil, Wufei observait un silence effrayant, ce qui ne surprenait l'arabe qu'à moitié.

« – Il me semblait t'avoir entendu dire que c'était dangereux pour l'esprit que tu explores, » observa le chinois, au bout de ce qui semblait une éternité.

Quatre se contraignit à respirer profondément, et prit le temps de formuler précautionneusement ses paroles :

– Oui, ça l'est. Si je ne fais pas attention, ça l'est.

Il se tut un instant, hésitant à avouer la vérité. Mais d'un autre côté, il ne valait mieux pas cacher une telle information au caractériel dragon. Celui-ci ne digèrerait pas la trahison, s'il la découvrait par la suite.

– Si lors de mon exploration, j'endommage l'esprit de l'hôte… reprit Quatre, je peux altérer son intégrité psychique, de manière irréversible…

« – En pratique, ça donne quoi ? » gronda Wufei, qui devinait déjà que la suite allait "fortement" lui déplaire.

Quatre mit trois bonnes secondes avant d'annoncer dans un souffle :

– Au mieux, l'hôte passe à l'état de légume, au pire… il en meurt…

« – ET ÇA NE TE DERANGE PAS UNE SEULE SECONDE DE JOUER AVEC LA VIE DE KATHLEEN, COMME ÇA ! » rugit aussitôt Wufei.

– Bien sûr que si ! Mais je serais extrêmement prudent, qu'est-ce que tu crois ? Je n'ai pas la moindre envie de blesser Kathleen !

« – Il est hors de question… hors de question… Je ne te laisserais pas lui faire courir un tel risque ! »

Wufei était tellement hors de lui, qu'il bégayait pratiquement de rage.

– Mais il n'y pas d'autre moyen ! protesta Quatre. Ce que vous avez pour l'instant, c'est bien, mais ça ne suffira pas !

« – Je refuse que tu lui fasses un truc pareil ! »

– Et qu'est-ce que tu fais de Zaz ! Tu te fous de ce qui peut lui arriver ! s'écria Quatre.

« – Ne soit pas stupide ! Je te signale qu'on remue ciel et terre depuis des jours, pour la retrouver ! Mais moi, je ne m'amuse pas à mettre en danger la vie de mes amis, pour ça ! »

– ALORS TROUVE QUELQUE CHOSE DE PLUS RAPIDE QUE MA SOLUTION ! cria Quatre, incapable d'opposer plus longtemps un calme olympien, à la fureur du chinois.

Wufei ne répondit rien.

– Il n'y a pas d'autre choix, Wufei ! insista l'arabe d'une voix pressante, et de nouveau maître de lui.

« – Non ! Hors de question ! »

Et Wufei raccrocha violemment.

Quatre mit cinq bonnes secondes avant de reposer le combiné, le cœur lourd.

– Il l'a mal pris ?

La phrase de Trowa sonnait autant comme une question, que comme une constatation.

– Comme Wufei quand on lui parle d'un truc pouvant menacer Kathleen, répondit Quatre en se forçant à faire un semblant d'humour.

– Je vois.

Ils restèrent silencieux un moment, alors que le télépathe tapait avec légèreté un rythme imaginaire, sur le plateau du guéridon où se trouvait le téléphone.

– Tu viens te promener ? proposa Trowa, d'une voix douce, décidant qu'il était inutile d'accabler son amant avec ses propres reproches. Il fait beau, et ça te ferait du bien.

– J'arrive.

Quatre couvrit la distance qui les séparait d'un pas triste. Il glissa son bras sous celui de Trowa et lui fit un pauvre sourire.

– Je sais ce tu penses de cette idée, murmura t-il, mais j'en ai assez de rester inutile et impuissant. Je suis sûr de pouvoir faire avancer les choses. Et je ne proposerais pas cette solution, si je n'étais pas certain de ce que je fais !

Trowa rit silencieusement devant la motivation farouche du blond.

– Ce n'est pas moi, que tu dois convaincre, signala-t-il.

– Mais tu n'apprécies pas plus l'idée que Wufei, objecta Quatre avec une légère grimace.

– Tu lis dans mes pensées, maintenant ? le taquina le châtain.

– Idiot… Je n'ai pas besoin de télépathie, pour savoir quand tu t'inquiètes pour moi.

Le sourire de Trowa s'élargit encore un peu plus : Il retrouvait enfin son Quatre…

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Appartement de Wufei Chang et Kathleen Tigerwood :

La jeune femme perçut le "truc", au moment même où Wufei s'étendait dans leur lit, à ses côtés. Il faut dire que le voir se coucher, dos à elle, et en la découvrant à moitié, tellement il s'enroulait rageusement dans les draps… était un signe qui trompait rarement. Elle attendit deux minutes, lui laissant le temps nécessaire pour ruminer un peu. Puis :

– Pourquoi tu es fâché, Fei ?

– Je suis PAS fâché ! trancha l'autre, avec un ton qui contredisait clairement ses paroles.

Kathleen laissa un nouveau "break" tactique de deux minutes. Ensuite, elle se tourna de l'autre côté, et se blottit le long du dos du chinois, nouant ses bras autour de sa taille.

Encore quelques minutes, à surveiller sa respiration et la tension de ses muscles, jusqu'au moment où elle le sentit "réceptif" :

– Tu me dis ? souffla-t-elle.

Il résista et observa un silence buté. Kathleen sentit les muscles puissants de ses épaules, se tendre à nouveau contre sa joue.

Elle allait devoir l'amadouer encore un peu.

Etape une : se débarrasser de l'élastique qui retenait encore ses cheveux de jais.

Etape deux : prendre un malin plaisir à dégager sa nuque avec soin et lenteur, avant de déposer ses lèvres par petites touches, sur la peau frémissante d'attente.

Le dragon ronchonna dans un grognement, mais sans chercher à se soustraire aux baisers, pour autant.

– Tu me dis, Fei-chan ? le cajola-t-elle dans un murmure. A moins que tu ne tiennes vraiment à te torturer l'esprit toute la nuit… ?

Il roula sur le dos, passant un bras autour de la taille de sa compagne, avec un soupir fatigué.

– Demain, Amour, répondit-il, avec lassitude. Je ne veux pas penser à ça pour le moment.

Il attira Kathleen contre son torse, et elle se blottit volontiers contre lui. La joue du jeune homme vint se frotter légèrement contre la sienne, puis il nicha complètement son visage dans ses cheveux.

– J'ai eu si peur de te perdre, avoua-t-il, d'une voix malheureuse et presque inaudible.

Comme s'il avait honte de lui confier ses craintes les plus profondes.

Kathleen resserra son étreinte autour de sa taille, sans rien dire : Certaines choses le blesseraient toujours plus que d'autres…

– Je t'aime, chuchota Wufei, je t'aime.

Sa litanie avait quelque chose de désespéré, qui serra douloureusement le cœur de Kathleen.

– Fei…

Il releva la tête, et la contempla un instant, silencieux, cette fois. Puis il inclina lentement son visage vers elle…

Lèvres qui se cherchent.

Se trouvent.

S'entrouvrent.

Corps qui frissonnent.

Souffles qui se mêlent.

Encore.

Sans fin.

Et puis rester là. Juste l'un contre l'autre. A écouter le cœur de l'autre. Le ressentir sous ses doigts, comme l'écho de son propre cœur. Et ne rien dire, de peur de briser à tout jamais ce fragile moment d'éternité.

Jusqu'à ce que la danse de l'amour ne reprenne, et que les deux jeunes gens enlacés redécouvrent et réinventent sa douce partition, par leurs caresses et leurs baisers.

La nuisette de satin glissa sur le sol dans un imperceptible bruissement de tissu…

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Duo passa dans le couloir en étouffant un bâillement fatigué. Il eut un léger pincement de cœur en surprenant les soupirs de plaisir à deux voix, que la porte de la chambre atténuait, sans les étouffer tout à fait. Il continua jusqu'au salon où il retrouva son homme, absorbé par son travail.

Il l'observa quelques instants, depuis le pas de la porte : La tête légèrement penchée, ses mèches folles balayant son regard d'un bleu intense, qui ne décollait pas de l'écran du laptop. Le "Soldat Parfait" avait refait surface, malgré toutes ces années où Duo s'était battu pour qu'il disparaisse définitivement.

Et l'américain ne savait pas s'il devait déplorer, ou se réjouir de cet échec.

N'empêche qu'aujourd'hui, c'était réconfortant de pouvoir compter sur le roc d'efficacité qu'était le japonais.

Enfin… presque…

– Ro ? ronronna-t-il, en se rapprochant à pas de loup.

– Hn, quoi ?

Les lasers bleus ne changèrent pas de cible une fraction de seconde. Duo se coula contre lui, sur le canapé.

– Tu viens te coucher ?

– Dans cinq minutes, Tenshi.

Le natté réprima in extremis un soupir bougon, et croisa les bras, en faisant clairement la gueule. Il tressaillit quand une forme serpentine se frotta contre ses jambes.

– Mrrrroaaaw, miaula le chat qui se dressa sur ses pattes arrières, et prit appui sur ses genoux, en le fixant de ses yeux d'or.

Duo céda : Il quitta le canapé, attrapant Tabby dans ses bras, au passage.

– Viens là, toi. Puisqu'on est deux à être abandonnés ce soir… annonça t-il très sérieusement à l'animal, en prenant la direction de la sortie.

– Je te dis que j'ai presque fini, Duo, insista Heero, en fronçant les sourcils, un rien contrarié.

– Ro, quand tu dis que tu en as pour cinq minutes, ça signifie que tu vas encore y passer trois heures. J'ai sommeil, je vais me coucher. Good night, Love.

Heero ouvrit et referma la bouche en silence, incapable de trouver les mots pour exprimer convenablement son indignation. Et incapable non plus de soutenir que le natté avait tort, sur toute la ligne. Il croisa le regard langoureusement mi-clos de Tabby, qui s'était confortablement juché sur l'épaule de Duo.

Et il eut la désagréable impression que le félin se foutait ouvertement de lui.

………

Finalement, il commençait peut-être à comprendre pourquoi Wufei ne pouvait pas encadrer l'animal…

A suivre…

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

(¤1) : met le générique des "Experts – Las Vegas" en fond Je suis une méga-fan de cette série. Alors j'ai pas pu résister au plaisir de coller une section Police Scientifique aux Preventers. C'était le mini X-over du jour.

" Well, who are you ? Who are you? Who, who, who, who ? "

¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤¤

Reviews onegaï :3