Snape's Second Chance

8 - La revanche de l'homme heureux.

Poudlard était magnifique au mois de juillet. Les fleurs récemment nées des arbres coloraient le parc du château d'un halo doux et romantique. Le saule cogneur s'était paré de multiples feuilles et même la forêt interdite semblait n'être plus si menaçante. Le vieil édifice dans lequel Lily et Severus avaient passé 7 années semblait aussi s'être mis sur son trente-et-un. La journée n'était pas banale, elle marquait la remise des diplomes des dernières années ayant obtenu leurs Aspics.

Un très grand chapiteau avait été installé et des dizaines de rangées de chaises pour les étudiants et leurs familles. Le tout était présenté face à une estrade surélevée, d'où le directeur et le reste du corps enseignant distriburaient le St Graal de tous les futur employés de ministères, guérisseurs, commerçants et autres travailleurs du monde magique.

Les étudiants étaient placées dans l'assemblée en fonction de leur maison, et séparés de leurs familles qui occupaient des rangées précises. Severus étouffait sous sa robe de sorcier et son chapeau, il n'avait qu'une hâte, que la cérémonie soit expédiée au plus vite. Il jeta un regard à Lily qui lui adressa un petit sourire. Elle était encore plus belle que d'habitude, et c'en devenait un exploit vu les horreurs qu'on leur faisait porter à cet instant. Eperdu dans sa contemplation, il ne prêta pas attention au discours que le directeur entonnait, et se remémora leur histoire.

Il s'était jeté à l'eau un soir d'orage. Alors que le tonnerre grondait, il avait tout balancé, tout avoué. Son amour pour Lily ne connaissait pas de limites, il débordait de partout, suintait de son coeur pour l'emplir tout entier. Plus il l'observait, plus il était certain qu'elle était parfaite, et que c'était réellement l'amour de sa vie.

Poudlard avait été victime d'un séisme quand ils avaient fait irruption dans la Grande Salle le lendemain, main dans la main. Ce n'était une surprise pour personne de les voir aussi proches, mais les commérages allèrent bon train. Severus ne les écoutait pas, et à l'heure actuelle il se savait incapable de citer le moindre ragot qui s'était dit de lui. Il avait gagné Lily, et il en était tellement heureux que le reste n'avait pas la moindre importance. Il ne vivait que pour et par cet amour. Il ne vivait que parce qu'il savait que leur coeur battait à l'unisson, et que pour sentir la petite main de Lily se glisser dans la sienne, caresser ses cheveux ou redessiner les contours de son visage, pour sentir ses baisers papillonner sur ses lèvres, parfois fougueux, parfois emplis d'une douceur incroyable.

Les gens pouvait bien parler, Severus s'en fichait éperduement. Et quand ils dépassaient les bornes, Lily se faisait un malin plaisir d'intervenir. Lily la hargneuse sortait les griffes, mordait parfois, faisait taire les gens dont les mots ne lui plaisaient pas. Severus la laissait agir à sa guise, il savait qu'elle aimait imposer leur respect, et, depuis qu'il l'avait insulté, n'avait plus jamais rejeté son aide.

Alors, biensur, il y en avait pour jaser, se moquer de ce garçon qui laissait sa copine se dresser entre lui et le reste du monde. Mais il ne s'en préoccupait pas. Peut-être parce que celui qui s'y amusait le plus était l'amer James Potter. Celui-ci ne supportait pas de voir Severus et Lily ensemble. Il était tombé de son piedestal, avait compris qu'il avait été mis en échec par l'amitié qui les liait, et que les humiliations n'avaient fait que le déservir. Severus, pour sa part, avait renoncé à se venger, le regard de frustration que Potter posait parfois sur la main qui l'unissait à Lily était gravé dans son esprit, et valait tous les sales coups du monde.

Le discour qui, semblait-il, n'en finissait pas, se termina. Les premiers rangs furent appelés, les Gryffondor en premier. Ceux-ci avaient gagné la coupe des 4 maisons, il était normal qu'ils soient les premiers libérés de ce supplice. Severus regarda Lily monter sur l'estrade.

Elle était rayonnante. Son sourire, étiré jusqu'aux oreilles, illuminait tout le chapiteau. Severus se sentit ému, et éperdument fier. Il savait que sur le diplome de Lily, les félicitations seraient gravées. Son parcours était sans faute, et il sentit l'orgueil gonfler en lui. Il mourrait d'envie de se lever, et d'hurler : "Regardez tous, c'est ma petite-amie, et elle est exceptionnelle ! ", mais ne le fit pas. Après une petite révérence mutine, Lily avait quitté la scène et rejoignait ses parents qui, pour cette seule fois de sa scolarité, pouvaient approcher le chateau où elle avait élu domicile pendant 7 longues années.

Les Serpentards succédèrent vite aux Gryffondors et, rapidement, Severus monta sur l'estrade où il reçu son diplome, également avec les félicitations. Peu de serpentards avaient réussi cet exploit, et il admettait volontiers, que sans l'entêtement de Lily à camper à la bibliothèque, il aurait eut du mal à y arriver.

Avec empressement, il descendit de la scène et traversa l'allée à grandes enjambées. Lily vint à sa rencontre plus vite qu'il ne l'escomptait. Le percutant de plein fouet dans un grand éclat de rire, elle le fit tituber et enroula affectueusement ses bras autour de son cou. Il la serra fort contre lui et embrassa ses cheveux en lui murmurant à quel point il était fier. Fier d'elle, de lui, d'eux, et de leur amour qui, comme une barque soumise aux caprices du vent et de la mer, avait tenu bon sans faire naufrage.

Et alors qu'il lui disait tous ces mots, elle l'embrassa, étouffant ses phrases comme hâtive et lasse de ces bavardages qu'elle jugeait presque inutiles. Son baiser était fougueux, heureux, et il eclipsa tout ce qui les entourrait. C'est alors que Severus se rendit compte qu'il n'était pas prêt à y renoncer, même pour tout l'or du monde. Se décollant d'elle, il la regarda dans les yeux, joua avec une mèche de ses cheveux, et murmura contre ses lèvres :

" Vivons ensemble."

Lily le regarda incrédule, lui demanda de répéter, plusieurs fois. Severus s'impatientait, il lui fallait une réponse, rapidement, avant qu'il ne perde pied. Et, alors qu'il pensait que celle-ci ne viendrait jamais, Lily ouvrit grand les bras et hurla très fort "oui !" Puis, elle se reprit, l'embrassa encore, et répéta plusieurs fois le même mot, qui à chaque fois, emplissait Severus d'un sentiment de bonheur nouveau.

Finalement, après une étreinte qui sembla durer une éternité, Lily se décolla de lui, et rejoignit sa famille en courant pour leur annoncer la nouvelle. Severus ne bougea pas, la regardant avec tendresse de loin. Il se remémora son existence avant qu'elle n'entre dedans, et alors qu'une larme de joie venait illuminer son sourire d'homme heureux, il réalisa qu'il avait prit une bien belle revanche sur la vie.