Hola everybody !

Vous savez que je vous adore ? Vous êtes les lecteurs les plus géniaux. Je ne vous remercierais jamais assez pour votre assiduité et pour me faire l'honneur de donner vos impressions !

Concernant ce chapitre, les amateurs de longs chapitres seront contents de voir que je me suis lâchée encore cette fois et que malgré ça, il n'y a pas toutes les choses dont je voulais parler…enfin, vous comprendrez à la fin.

Bref. Il est question ici du maillot de bain de Bella et du bateau des Cullen, pour vous aider à les visualiser, j'ai mis deux liens de photos sur mon profil. Je voulais aussi vous prévenir, que ce chapitre est rédigé entièrement du POV Bella, et oui je sais…

J'aurais un petit aparté à faire aussi : Pour celles et ceux qui suivent la fic de ma sœur Giaah ('L'ACCORD'), elle tient à vous dire qu'elle est désolée pour le retard mais des problèmes de logistique l'empêchent de poster, elle devrait pouvoir le faire d'ici une semaine. Elle vous présente ses excuses.

Tous les personnages appartiennent bla bla bla bla…

Enjoy it !

Odrey ;-)

Chapitre 8 : « Edwardland »

« Je suis prévisible, hein ? » chuchotai-je alors que nous nous défiions du regard. Elle se contenta de hocher la tête doucement tandis que ses magnifiques yeux chocolat ne quittaient pas les miens. En baissant mes yeux, je vis ses lèvres s'entrouvrir et laisser passer son souffle de plus en plus rapide à mesure que les secondes passaient. Je n'arrivais pas à regarder autre chose que cette bouche tentante. Soudainement, le portable de Bella sonna et brisa la sorte de transe dans laquelle nous nous trouvions. J'avais l'impression d'avoir été hypnotisé contre ma volonté, je détestais ça.

« Excuse-moi » dit-elle avant de s'échapper et répondre à son appel dans sa chambre.

Je me laissai tomber sur le canapé et pris ma tête entre mes mains.

Chaque jour qui passait était de plus en plus difficile et je n'osais même pas imaginer le défi qu'allait représenter cette journée en mer.

POV Bella

Tremblante, je plongeai ma main dans mon sac à main pour trouver un portable introuvable.

« Mer-de ! » m'énervai-je en entendant cette maudite sonnerie sans pouvoir atteindre l'appareil. Finalement, je pris mon sac et renversai le tout sur le lit avec agacement.

« Allo ! » dis-je sèchement sans prendre le temps de regarder l'identifiant.

« Je dérange on dirait…J'interromps quelque chose peut être ? » demanda Alice avec un sourire dans la voix. Je me laissai tomber en arrière sur le lit et plaquai ma main sur mon front avant de repousser quelques mèches.

« Alice… » soupirai-je. Je ne savais pas si j'étais soulagée ou contrariée qu'elle me téléphone à ce moment. « Tu n'interromps rien du tout. Edward et moi…discutions simplement ».

« Tant mieux. Bon alors faut que je te raconte Bella ! » dit-elle avec excitation. « Quand je suis rentrée chez moi tout à l'heure, tu peux pas savoir dans quel état de nervosité j'étais, je crois que j'ai composé au moins trois fois son numéro mais j'ai raccroché avant qu'il réponde tant j'étais stressée ! J'étais sur le point de me lancer pour de bon quand soudain mon téléphone sonna avant que je fasse quoique ce soit ! Et c'était lui ! »

« Formidable Alice… » dis-je avec lassitude. Je ne voulais pas la vexer mais je n'étais vraiment pas en état de l'écouter avec attention et encore moins de compatir à son bonheur. J'avais un problème plus important qui occupait tout mon esprit et qui se trouvait actuellement dans la pièce d'à coté.

Après notre entrevue à midi entre Edward et moi, j'étais bien décidée à lui faire comprendre qu'il allait devoir mettre un peu du sien pour que notre cohabitation soit vivable. Mais depuis mon après-midi avec Alice, un bon nombre de choses avaient changé. Pour commencer, elle m'avait parlé d'un Edward différent de celui que je connaissais. Certes, son Edward et mon Edward partageaient la même timidité et la même réserve, mais le sien était plus attachant et moins coincé que le mien. J'avais presque eu du mal à croire à toutes les anecdotes qu'elle m'avait raconté sur lui en rentrant ici.

Quand Edward était arrivé, j'avais voulu croire un instant qu'il était le même que ce frère qu'Alice m'avait décrit. J'avais tenté de mettre de coté l'agacement qu'il m'inspirait et fait l'effort d'être courtoise pour apprendre à le connaitre davantage, mais il était d'une susceptibilité incroyable avec moi. Je ne savais pas sur quel pied danser avec lui, ni quelle attitude adopter.

Certainement pas celle que tu as eu quand il est sorti de la douche Bella, et encore moins celle de tout à l'heure…

« Bella, tu m'écoutes oui ?! » dit Alice avec insistance en me sortant de ma rêverie.

« Hein ? Ah euh…oui, oui Alice » mentis-je.

« Mouai… » répondit-elle avec scepticisme. « Enfin bref, il m'a dit que… ».

Voir Edward sortir de la salle de bain avec juste une serviette autour de la taille avait été un véritable choc pour moi. Cette image allait me hanter, et pas dans le mauvais sens du terme… si le régime pizza-bière donnait un tel résultat, j'allais vite m'y mettre moi aussi. Edward n'était pas comme tous ces mecs musclés à force de gonflette, lui était long et fin mais parfaitement dessiné, et j'avais failli m'évanouir quand mes yeux avaient glissé à mon insu sur le 'V' de sa ceinture abdominale, à peine dissimulé par sa serviette. Je ne savais même pas comment j'avais réussi à trouver la force d'articuler la raison de ma présence.

Sous le coup de l'émotion, je n'avais même pas montré de réserve quant à la sortie en famille prévu le samedi de la semaine suivante, à ce moment je croyais bien que j'avais été prête à dire oui à n'importe quoi pourvu qu'il soit dans mon champ de vision.

« …tu peux pas t'imaginer tout ce qu'on a en commun ! » continua Alice. Je réfléchis un bref instant à ses mots. Jasper et Alice ? Des points en commun ? Même si je la connaissais depuis peu, Alice semblait totalement différente de Jasper. Mais si elle le disait, pourquoi la contrarier ? Je préférais la laisser faire son monologue, je n'avais pas envie d'argumenter maintenant, toutes mes pensées étaient tournées sur ce que j'avais été sur le point de faire tout à l'heure.

J'avais failli commettre l'irréparable.

Pour tenter d'effacer l'image d'Edward torse nu, j'avais décidé de me venger en l'asticotant avec les boxers qu'Alice et moi avions achetés. Sauf qu'il m'avait bien eu quand il s'était approché dangereusement de moi. Comment oublier un tel souvenir quand l'homme en question se tient à quelques centimètres de vous, les cheveux humides et dégageant une odeur à vous damner ? Et je ne parlais pas de ses yeux émeraude qui vous dévisageaient avec intensité…Si Alice n'avait pas appelé, j'aurais été sur le point d'enfreindre ma règle n°3, à savoir, ne plus jamais l'embrasser. Et si cela était arrivé, je n'osais pas imaginer ce qui ce serait passé. Edward aurait sûrement piqué une colère noire, il m'avait assez fait comprendre que notre situation était purement intéressée avec son attitude tendue et ses contrats.

Il fallait vraiment que je me ressaisisse, je ne voulais pas donner raison à Jasper.

« …et donc il faut que tu commences à préparer le terrain Bella. Je compte sur toi. » finit-elle.

« Attends, attends ! Qu'est-ce que tu racontes ? Préparer le terrain ? » paniquai-je en réalisant ses propos.

« Ok Bella, j'ai compris. Edward est là et il est entrain de te faire des choses, c'est ça ? »

« Quoi ?! Mais non enfin ! »

« T'es pas super attentive à ce que je vois… »

« Pardon Alice, excuse-moi. J'ai juste pas compris ce que tu me demandais » mentis-je.

« Je t'ai dit qu'Edward est méfiant avec les garçons que je fréquente, mais comme Jasper est ton meilleur ami, tu es par conséquent ma meilleure alliée pour m'éviter tout tracas avec mon frère. Je te le laisse le soin de mettre en condition Edward. » expliqua-t-elle

« Tu plaisantes j'espère ?! » m'exclamai-je en m'asseyant brusquement sur mon lit. Elle pouvait pas me faire ça !

« Ecoute Bella, je t'en supplie ! C'est la première fois qu'un mec me fait cet effet là, j'ai pas envie de passer à coté de ça à cause de mon frangin. Jasper ne mérite pas d'être interrogé par la Gestapo, la honte ! Alors tous mes espoirs reposent sur tes épaules Bella »

« Rien que ça… ». J'étais désespérée mais je n'avais pas d'autre choix que d'accepter. « Tu me revaudras ça ! » grognai-je.

« Merci Bella, je t'adore ! Bon allez, je ne vais pas te déranger plus longtemps, il faut que j'appelle Kate ! »

« D'accord, salut Alice » répondis-je avec soulagement.

« A plus ! » dit-elle avant de raccrocher.

Je refermai mon portable et me laissai retomber sur le dos en soufflant. Cette journée était un véritable enfer.

Je ne savais pas quoi faire. Devais-je en parler maintenant à Edward, ou attendre un peu ? Non en fait la question était, voulais-je le faire maintenant ou retarder l'échéance le plus loin possible ? En temps normal j'aurais pris le taureau par les cornes, mais avec Edward je n'étais sûre de rien, en plus l'ambiance était déjà bien assez tendue comme ça entre nous, ce n'était peut être pas la peine de mettre de l'huile sur le feu dès ce soir. Avant d'en arriver là, il fallait que j'appelle Jasper. Je me levai du lit et recherchai son numéro dans mon répertoire tout en m'avançant vers la baie vitrée où les derniers rayons du soleil transperçaient.

« Bella ? » dit Jasper avec un sourire dans la voix. Ok, il était encore sur son nuage lui aussi, il allait vite redescendre.

« Jazz, toi et moi, on est dans la merde » dis-je avec sérieux.

« Parle pour toi, personnellement, je ne me suis jamais aussi bien senti depuis longtemps »

« Je suis contente que tu sois débarrassé de Maria et que tu aies accroché avec Alice, non pardon, que tu aies craqué pour Alice, mais à cause de ça on a un sérieux problème mon gars » dis-je.

« Comment ça 'j'ai craqué pour Alice' ? » demanda-t-il.

« Tu te fous de ma gueule Jazz ? T'es pas le seul à voir ce genre de choses ! » dis-je avec agacement.

« Donc tu admets avoir craqué pour Cullen ! » s'écria-t-il avec victoire. Je pestai contre lui.

« T'es chiant Jazz ! Je ne dirai rien ! Et de toute façon, c'est pas de ça dont je veux te parler » bougonnai-je. Je l'entendais rire à l'autre bout du fil, il devait jubiler. Il avait fait exprès de me piéger.

« Je crois savoir de quel problème tu veux me parler, et je te répondrai que c'est ton problème à toi et Cullen, pas le mien. Je n'ai aucune obligation de mentir à Alice moi… » me taquina-t-il.

« T'as mangé un clown ce soir ou quoi ? Faut que t'arrête de fréquenter Jake mon vieux ! » m'énervai-je devant son manque de sérieux.

« C'est bon Bella, du calme ! J'ai pas l'intention de faire foirer ton plan avec Cullen et te foutre dans la merde. Je vais essayer de garder votre secret pour le moment, je dis bien essayer. De toute façon, je ne sais pas où ça me mener tout ça, je connais Alice depuis quelques heures seulement, ça se peut que ça n'ira pas plus loin. »

« T'es sérieux là ? Ça ira bien plus loin cette histoire ! » m'exclamai-je.

« Ouai…je crois aussi » répondit-il. Au ton de sa voix je pouvais aisément l'imaginer avec un sourire niais sur son visage. Je me retournai et m'adossai à la vitre avant de soupirer lourdement. « Alors, comment ça se passe avec Cullen ? »

Juste à ce moment, on frappa à ma porte.

« Bella, tu veux quoi comme pizza ? » demanda Edward à travers la porte.

« Euh…une pizza au fromage » dis-je sans trop réfléchir.

« Une pizza ?! » dit Jasper en éclatant de rire. « Sans blague ! Il ne t'a même pas fait un diner aux chandelles ? »

« Pour ça, il faudrait attendre que Jake devienne hétéro ! Ce qui n'arrivera jamais. Edward et moi avons décidé de simuler la version du mariage routinier, tu sais quand le mari préfère passer plus de temps au travail que de rentrer écouter les jérémiades de sa femme, et évidemment dans ce genre de mariage il n'y a plus aucune relation sexuelle… » dis-je avec humour.

« Un mariage au bord du divorce en somme »

« C'est tout à fait ça » dis-je en riant. « Tiens en parlant d'Edward… »

« Qu'est-ce qu'il a fait encore ? » demanda Jasper avec une pointe d'irritation.

« A moi rien, mais toi par contre, t'as intérêt à faire profil bas avec sa sœur »

« Comment ça ? »

« Tu te souviens comment Jake et toi avez agi avec James ? Eh bien Edward c'est rien à coté parait-il. Il est de la vieille école quand il s'agit des prétendants de sa petite sœur, et Emmett n'est pas loin derrière apparemment »

« Tu plaisantes ? Avec James c'était justifié, c'était un vrai connard ! Je ne suis pas lui »

« Je sais Jazz, je sais…Mais je te laisse juste imaginer l'attitude d'Edward, et je ne suis pas sûre que ce soit toujours justifié avec lui. Donc, je te conseille de faire ami-ami avec lui si tu ne veux pas te retrouver avec le nez pété et trois côtes cassées. Alors de mon coté, je vais essayer de le préparer, et de ton coté, t'essayes du mieux possible de garder notre secret face à Alice, ok ? » proposai-je. Ça ne m'engageait pas à grand-chose puisque j'avais déjà cette mission à remplir.

« Pff…j'en reviens pas ! Je vais devoir faire de la lèche à Cullen pour sortir avec sa sœur, je rêve ! »

« En attendant, si Cullen n'était pas là, tu ne connaitrais pas sa sœur, alors sois gentil un peu » dis-je avec un sourire en coin.

« Tu dois avoir vraiment craqué pour lui Bee pour le défendre comme ça ! » ria-t-il. Je levai les yeux au ciel. « Ok, je vais faire de mon mieux, je te promets »

« Merci Jazz, je t'aime » dis-je.

« Moi aussi Bella, je t'aime. Bonne soirée »

« Bonne soirée » répondis-je avec un pincement au cœur avant de raccrocher.

Je soufflai profondément et me retournai pour voir la vue. La pénombre avait commencé à tomber et les premières lumières avaient fait leurs apparitions dans les bâtiments dans face. Il fallait que je ressemble mon courage une fois de plus et affronter Edward pour un dernier round ce soir. Je rangeai toutes les affaires étalées sur mon lit dans mon sac à main, puis sortis de la pièce.

Edward était installé dans le canapé qui faisait face à la télévision et regardait celle-ci.

« C'était Alice. » dis-je avec gêne en m'approchant de lui. Il hocha la tête sans me regarder et continuait de zapper. Pendant une fraction de seconde je me demandai s'il valait mieux que je m'installe à coté de lui pour pouvoir regarder la TV droit devant moi, ou plutôt me mettre à bonne distance de lui et m'installer sur un des canapés latéraux sachant que je devrais tourner la tête.

Bella, tu ne vs pas faire de la trigonométrie et calculer les angles non plus ?

Je pris sur moi et m'installai à coté de lui en prenant soin de laisser au bon mètre entre nous. C'était un bon compromis. Nous restâmes de longues minutes ainsi, sans échanger un mot, le regard fixé droit devant nous.

Quand la sonnette retentit, Edward se leva d'un bond comme si on l'avait brûlé et se rua vers l'entrée. Je l'entendis parler au livreur de pizza puis il réapparut les bras chargés de deux cartons. Il vint les poser sur la table basse puis alla dans la cuisine.

« Est-ce que tu veux une bière Bella ? » demanda-t-il.

« Volontiers » répondis-je en ouvrant les cartons. Je ne pus m'empêcher de faire la grimace en découvrant quelques lanières de poivrons sur ma pizza.

« Tu n'aimes pas ça ? » demanda-t-il en désignant avec la bouteille de bière qu'il me tendait les poivrons que j'étais entrain d'enlever.

« Non, ils se sentent toujours obligés de faire 'joli' en mettant des trucs de ce genre. Or si je voulais des poivrons, j'aurais précisé 'une pizza avec des poivrons'. Et tu sais ce qui m'énerve par-dessus tout ? C'est qu'ils te font payer les suppléments que tu demandes, mais quand il s'agit d'enlever des ingrédients, alors là, tu peux rêver pour qu'ils diminuent le prix en conséquence ! » débitai-je avec agacement en enlevant chaque poivron avec rage comme s'ils étaient la cause de tous mes maux. Quand je relevai la tête pour voir ce qu'il faisait, je fronçai les sourcils en le voyant sourire en coin alors qu'il ouvrait son carton de pizza.

« Serais-tu entrain de te moquer par hasard ? » demandai-je ayant du mal à ne pas sourire moi aussi.

« Je ne me permettrais pas, je suis entièrement d'accord avec toi » acquiesça-t-il. Je restai le regarder sans broncher tant j'étais stupéfaite qu'il partage mon avis. Une première, même s'il ne s'agissait que de pizza. « Moi j'adore les poivrons, mais je déteste les olives noires. J'ai beau leur dire que je n'en veux pas, ils n'en n'ont rien à faire, à croire que le fait de mettre des olives sur une pizza est ancré dans les gênes des pizzaïolos » ajouta-t-il en enlevant à son tour ses olives.

« Ça te dit un échange ? » proposai-je timidement. « J'adore les olives noires… ». Nous nous sourîmes et il prit mes poivrons tandis que j'attrapai ses olives.

Après cette mini-conversation des plus banales, le silence reprit place entre nous. Après manger, Edward prit son ordinateur sur ses genoux et sa paperasse, et se mit à travailler tandis que je faisais défiler les chaines TV en quête d'un programme potable. Mais au bout d'une heure, je me rendis à l'évidence, j'étais incapable de fixer mon attention sur ce maudit écran. Je ne pouvais m'empêcher de lorgner de temps en temps dans la direction d'Edward et imaginer son torse nu à travers son vieux t-shirt universitaire, sans compter son odeur qui chatouillait mes narines à chaque fois qu'il bougeait ou agitait une feuille de papier.

Je commençais sérieusement à débloquer. Il fallait que je me soigne.

Prétextant être fatiguée, je me levai et partis dans ma chambre m'enfermer. Je fis quelques pas devant le lit pour me calmer puis décidai d'aller me coucher, c'était sûrement la fatigue qui me mettait dans cet état pathétique.

Pour la première fois cette nuit-là, je rêvai d'Edward Cullen d'une manière à faire rougir la jeune femme que j'étais.

Le lendemain, ma première journée avec Angela fut libératrice. J'avais enfin l'impression d'être revenue une personne 'normale' et non plus la cancéreuse que je voyais parfois dans le regard de Jasper ou d'Edward. Voulant profiter de ce bref moment de bonheur, je décidai de repousser encore un peu le moment où je dirai tout à Angela sur mon mariage bidon, je n'étais plus à un jour près. Après le boulot, je décidai de passer au supermarché faire quelques courses, j'avais beau aimer la pizza et la cuisine chinoise, je n'avais pas envie de me nourrir que de ça. Et puis je rêvais d'utiliser sa cuisine, je sentais que ça allait être mon nouveau terrain de jeu.

Pendant un moment j'errais dans les rayons du magasin ne sachant pas quoi acheter. Qu'aimait manger Edward ? Tout ce que j'avais recueilli comme informations jusqu'à présent était qu'il n'aimait pas les olives noires, aimait la pizza, les plats chinois et le poisson. Je n'étais pas très familière avec la cuisine du poisson mais la mère de Jasper pourrait me donner une bonne recette si je lui téléphonais. Je décidai de prendre de prendre deux belles dorades et des légumes pour ce soir, puis finis le reste de mes courses avant de rentrer me mettre aux fourneaux.

Après avoir appelé Lily, la mère de Jasper, je préparai mes papillotes. Edward rentra juste quand je terminai et je fus contente qu'il ne voie rien pour garder la surprise.

Tu te prends pour une vraie ménagère Bella, bravo !

Je me dépêchai de rentrer le tout dans le four quand il s'approcha de la cuisine voir ce que je faisais.

« Il ne fallait pas te donner cette peine Bella » dit-il avec gêne en passant une main dans ses cheveux.

« Tu l'aurais fait à ma place peut être ? » demandai-je avec sourire en essuyant mes mains sur le torchon. « Rassure-toi, pour moi c'est un vrai plaisir de cuisiner surtout dans une cuisine pareille » rajoutai-je avant qu'il ne prenne la mouche.

Quand le diner fut prêt, nous nous installâmes à la table à manger.

« Je crois que c'est la première fois que je mange à cette table » dit-il avec gêne quand je le servis.

J'étais sur le point de répliquer mais je m'abstins au dernier moment, tout ce qui sortirait de ma bouche aurait risqué de ruiner le peu de détente qu'il y avait entre nous, et je n'avais pas besoin de ça pour ce que j'avais à lui demander.

« Ça ne va pas ? » demandai-je ne le voyant se figer devant sa papillote qu'il venait d'ouvrir.

« Si…si bien sûr. C'est juste que je ne m'attendais vraiment pas à manger du poisson ce soir…Merci » dit-il.

Tandis que nous mangions en silence, je tournai et retournai dans ma tête la manière dont j'allais aborder le sujet urgent qui me taraudait. En plein milieu du repas, je me levai pour chercher de l'eau.

« Edward ? » l'appelai-je en remplissant la carafe au robinet. Lui parler sans le regarder serait peut être plus facile.

« Oui ? »

« J'accepte de rencontrer le médecin dont a parlé ton père » dis-je de but en blanc. Ok, ce n'était pas vraiment la manière que j'avais imaginé pour aborder le sujet, mais le mal était fait. Je fermai les yeux, attendant ses sarcasmes.

« Vraiment ? » s'étonna-t-il avec sincérité. Je rouvris les yeux et me retournai pour voir s'il ne plaisantait pas. Incapable de formuler une réponse à voix haute, j'acquiesçai. « D'accord, je l'appellerai demain. » dit-il doucement en jouant nerveusement avec sa fourchette.

« Merci » murmurai-je en me rasseyant à table. Je n'en revenais pas, non seulement il m'avait épargné ses commentaires mais il ne m'avait pas posé de questions sur mon revirement. Peut-être était-ce le moment d'engager la conversation sur le cas Jasper-Alice ?

« Excuse-moi, je ne me sens pas bien » dit-il soudainement en se levant de table avant de courir vers la salle de bain. J'attendis quelques minutes mais voyant qu'il ne revenait pas, je me dirigeai à mon tour vers la salle de bain.

« Ça va Edward ? Tu as besoin de quelque chose ? » demandai-je avec hésitation à travers la porte.

« Le poisson n'est pas passé je pense, je suis désolé. Finis ton repas, j'en ai pour une minute » répondit-il.

Après cet épisode malencontreux, la soirée se déroula comme celle de la veille, Edward travailla sur son ordi et je partis au lit encore plus tôt. A la fin de cette deuxième soirée ici, un premier bilan s'imposait. Je devais l'admettre, il était moins négatif que je ne le pensais, certes, la tension entre nous était toujours palpable, mais le silence avait remplacé les sarcasmes et Edward était un peu moins distant. Un petit peu.

Et pourtant je n'étais pas soulagée. Si Edward commençait à se radoucir, je n'aurais plus aucune raison de le détester. Le seul bastion que je possédais allait flancher rapidement à ce rythme. La lutte sera dure mais je tiendrai bon, cette fois-ci je ne souffrirai pas.

Pendant le weekend, Edward et moi nous étions à peine croisés. N'ayant pas le courage de rester avec lui deux longues journées, j'avais préféré passer mon samedi et mon dimanche avec Jake. Au moins avec lui, je pouvais penser à autre chose qu'aux Cullen et retrouver un peu ma vie d'avant. Cependant j'avais du m'occuper d'un problème assez ardu. Ce n'était pas le tout d'aller fêter l'anniversaire d'Edward sur un bateau, mais il avait fallu que je lui trouve un cadeau, or mes moyens étaient plus que limités et surtout je n'avais aucune idée de ce que je pouvais lui offrir.

Quand je rentrai le dimanche en fin d'après-midi, Edward n'était pas là. Aussi, je décidai de profiter de son absence en testant sa super baignoire et en me prélassant avec délectation. Je ne savais pas combien de temps j'étais restée, mais quand ma peau commença sérieusement à rivaliser avec celle d'un pruneau, je décidai qu'il était temps de se sécher. J'étais toujours seule en sortant de la salle de bain, j'étais presque curieuse de savoir où était Edward.

J'étais au salon entrain de nettoyer mon matériel photo quand j'entendis la serrure de la porte d'entrée s'actionner. Instinctivement, je levai la tête vers l'entrée et vis un Edward tout en sueur pénétrer dans le séjour.

« Tu es déjà là » dit-il. Incapable de le quitter des yeux, je me contentai d'acquiescer tout en continuant de nettoyer l'objectif de mon appareil avec absence. « Je suis allé taper quelques balles » ajouta-t-il avant de prendre le bas de son t-shirt entre ses mains et d'essuyer son visage.

Edward Cullen, cachez ce 'V' que je ne saurais voir ! *

C'était trop pour moi. Je baissai immédiatement les yeux sur mon chiffon et me concentrai pour ne pas m'évanouir.

« Tu n'as pas à te justifier tu sais » chuchotai-je. Réponse purement formatée, j'étais plus que contente de savoir ce qu'il était parti faire en réalité.

J'eus à peine conscience du temps qui s'était écoulé quand je l'entendis revenir au salon, laissant une odeur de savon enivrante sur son passage.

« Ça doit être propre maintenant je pense » dit-il soudainement.

« Hein ? ». De quoi parlait-il ? Je levai la tête vers lui et le trouvai appuyé au dossier du canapé à moins de deux mètres de moi.

« L'objectif. Je mets quiconque au défi de trouver une poussière dessus » continua-t-il devant mon air hébété.

Je regardai avec attention ce que je tenais dans mes mains, je n'avais même pas réalisé que je passai toujours le même chiffon sur le même appareil depuis plus d'un quart d'heure. Me sentant ridicule par mon comportement, je reposai le tout sur la table basse et commençai à tout ranger.

« Bella ? »

« Hum ? ». Je continuai de ranger mon matériel sans le regarder pour cacher mon embarras.

« Jasper vient avec toi demain ? » demanda-t-il. Edward avec contacté le docteur Montès et il avait accepté de me rencontrer dès lundi dans la matinée.

« Euh non. Je ne lui en ai même pas parlé à vrai dire, je vais me faire trucider pour ça, mais il a trop de travail, je ne veux pas l'embêter avec mes problèmes. Et puis je peux endurer ça seule » répondis-je en bouclant ma sacoche.

« Je ne suis donc pas le seul à subir le comportement d'indépendance de Bella Swan ? » me taquina-t-il.

« Te voilà soulagé ? » répondis-je avec sécheresse en me levant. Quand je l'entendis pouffer, je me retournai et lui fis les gros yeux.

« Ok, ok…excuse-moi, c'est juste que j'avais presque oublié tes sarcasmes »

« Tu peux parler ! » m'exclamai-je en m'éloignant.

« Bella attends ! »

« Quoi ?! » m'écriai-je avec exaspération en me retournant.

« J'ai peu d'espoirs quant à ta réponse, mais je vais quand même me lancer, tel un kamikaze »

« Accouche Edward ! » m'énervai-je sous ses sous-entendus.

« Je voulais savoir si je pouvais t'accompagner demain » dit-il en croisant ses bras sur son torse.

« Pourquoi ? » lançai-je avec stupéfaction.

« Parce que » répliqua-t-il en haussant les épaules.

« C'est pas une réponse 'parce que'. »

« Parce que si j'étais à ta place, j'aurais aimé avoir quelqu'un avec moi. Ça doit pas être facile » expliqua-t-il.

« Tu n'es pas à ma place » répondis-je entre mes dents.

« C'est vrai pardon ! Bella Swan est la femme la plus forte du monde, elle peut tout faire toute seule et n'a besoin de personne, surtout pas d'un ami qui se préoccupe de sa santé ! J'ai compris, bataille pas vas ! » s'écria-t-il avant d'aller à la cuisine.

Je restai sans voix, plantée au beau milieu du séjour. Il avait encore une fois de plus réussis à semer le chaos dans mon esprit. J'étais en colère après lui, et pas seulement envers la condescendance qu'il avait employée mais aussi sur la véracité de ses propos. J'avais réellement la trouille d'y aller seule.

Je fis demi-tour et me précipitai vers la cuisine. Edward était entrain de regarder ce qu'il y avait dans le frigo. Je m'approchai de lui et mis mon poing sur la hanche et le pointai du doigt avec l'autre main.

« Ok le bon Samaritain ! Tu peux venir avec moi, mais je te préviens, tu resteras dans la salle d'attente ! » m'exclamai-je avant de faire volte-face et m'éloigner.

« D'accord… » répondit-il avec lenteur en me regardant comme s'il se demandait si j'étais saine d'esprit.

« Ah ! Et une dernière chose… » ajoutai-je en me retournant. « Ne laisse pas le frigo ouvert aussi longtemps, c'est mauvais ! ». Je n'attendis pas mon reste et m'éclipsai vers ma chambre en vitesse.

Je me jetai à plat ventre sur mon lit et tapai des poings sur le matelas pour évacuer ma colère. Je venais de dire à Edward qu'il pouvait venir avec moi à la clinique, je n'en revenais pas ! Mais pourquoi avais-je fait ça ? Je poussai un petit cri d'exaspération contre le matelas pour étouffer le bruit. Pourquoi arrivait-il toujours à ses fins avec moi ?

Peut être parce qu'il a utilisé le mot 'ami' et que ça t'a touché plus que tu ne l'aurais pensé…

Le lundi matin je partis tout de même travailler, le rendez-vous n'était pas avant dix heures et j'avais besoin de m'occuper. Tandis qu'Angela s'occupait des clients, je m'attelais aux développements et aux autres petites tâches qui la dépannaient. Je regardai ma montre, il me restait encore un peu de temps, la clinique se trouvait à deux pâtés de maison d'ici et je pouvais y aller à pied. Edward devait m'attendre là-bas.

« Bella ? » appela Angela en passant la tête par la porte.

« Oui ? » répondis-je en regardant un négatif à travers la lumière.

« Il y a quelqu'un qui te demande. Il dit être ton mari…» dit-elle avec inquiétude. Je laissai tomber le négatif et regardai Angela. J'avais l'impression que le sang s'était échappé de mon visage. « Tu…tu veux que j'appelle la police Bella ? »

« Non, non ! » répondis-je en secouant ma main. « Ça doit être une blague ! » dis-je en feignant de rire. Je passai devant Angela et entrai avec fracas dans la boutique. « Je peux savoir ce que tu fais là Edward ? » murmurai-je entre mes dents en agrippant sa manche pour l'éloigner d'Angela.

« J'ai eu Alice au téléphone ce matin et on est arrivé à mentionner la boutique. Comme c'était sur ma route je voulais te rendre service et te prendre en passant. »

« Tu ne me rends pas du tout service en fait, pourquoi tu t'es présenté comme mon mari, bon sang ?! » chuchotai-je en jetant un coup d'œil vers Angela derrière le comptoir.

« Je vois, elle n'est pas au courant…Désolé. Allons-y alors ».

Je hochai la tête et partis prendre vite fait mon sac derrière le comptoir.

« Il faut que j'y aille Angie. A cet après-midi ! » lui dis-je rapidement avant de m'éloigner.

« A tout à l'heure Bella. Au revoir monsieur…» dit Angela.

« Cullen. Mais vous pouvez m'appeler Edward. » répondit celui-ci en me tenant la porte pour sortir.

Merde !

Angela était perspicace, toutes les pièces du puzzle allaient se mettre en place dans son esprit. J'allais devoir m'expliquer en rentrant et ça n'allait pas être une partie de plaisir. Voilà ce qui arrivait quand on retardait trop l'échéance…

« Tu m'en veux ? » demanda Edward quand nous étions dans la salle d'attente. C'était la première fois que l'un d'entre nous disait quelque chose depuis que nous avions quitté la boutique d'Angela.

« Non. » répondis-je froidement. Ce qui était vrai car c'était à moi que j'en voulais, mais je n'étais pas en état de prendre des pincettes avec lui à cet instant. J'étais complètement nerveuse et je ne savais pas ce qui me stressait le plus. Rencontrer le docteur ou le fait d'avoir Edward assis à coté de moi participant à un événement de ma vie privée.

« Il faut que je te dise un truc Bella » dit-il.

« J'ai peur… »

« Quand j'ai téléphoné à Eleazar, je lui ai dit que t'étais ma femme »

« Quoi ? Je croyais que tu m'avais fait passer pour la femme d'un de tes clients ! » m'exclamai-je à voix basse.

« Oui…ben non en fait. J'ai pensé que ça pourrait être un plus s'il savait que tu étais la belle-fille de Carlisle ». Je soupirai et pris ma tête entre mes mains. « Il est tenu au secret médical, il dira rien »

« De toute façon, ça m'est égal. Ce n'est pas moi qui cherche à cacher mon cancer. »

« Mme Cullen ? Le docteur Montès va vous recevoir dans un instant » dit une employée avec sourire. Je tournai la tête vers Edward et répétai silencieusement 'Mme Cullen ?'.

« Je te rappelle qu'on est marié, il n'y a rien d'anormal pour eux » murmura-t-il.

« Bonjour ! » s'écria un homme en blouse blanche d'une cinquantaine d'années au teint mate. « C'est un plaisir de te rencontrer Bella et toi aussi Edward » dit-il en nous serrant chaleureusement nos mains chacun notre tour. J'étais étonnée par la familiarité qu'il employait avec nous mais cela ne me gênait pas, bien au contraire. « Entrez, je vous en prie » ajouta-t-il en montrant son bureau.

« Je vais rester là plutôt » dit Edward en se rasseyant.

« Très bien, comme tu veux » dit Eleazar.

Je m'installai dans la chaise qu'il me désigna et lui donnai tous les documents que j'avais en ma possession. Pendant plusieurs minutes nous parlâmes de la manière dont on avait découvert ma tumeur, les différentes interventions que j'avais eues et il m'écouta longuement sur les craintes que j'avais. Avec le dossier médical que le docteur Preston lui avait transmis, il vérifia chaque point et m'expliqua avec assurance que le cancer ne s'était pas développé en-dehors de la tumeur.

« On te l'a peut être déjà dit Bella, mais dans ton malheur t'as eu la chance de le détecter dès le premier stade. Beaucoup n'ont pas cette chance malheureusement. Vu ton âge et ta bonne santé, je ne pense pas que le cancer récidivera. Cependant je vais te prescrire des séances de radiothérapie en prévention, je pense que dix séances au rythme d'une par semaine devrait suffire dans ton cas. » expliqua-t-il. « As-tu des questions Bella ? » demanda-t-il avec un regard bienveillant en croisant ses doigts sur son bureau.

« Je…est-ce que je vais perdre mes… » hésitai-je sous l'émotion.

« Tes cheveux ? Non. Il ne s'agit pas de chimiothérapie ici. Les seuls effets secondaires que tu peux rencontrer sont minimes. Il se peut que tu voies apparaitre une tache rouge sur la zone irradiée, un peu comme un coup de soleil, mais ça partira avec la fin du traitement. Et peut être que tu te sentiras plus fatiguée quand le traitement sera bien entamé. » me rassura-t-il.

Nous restâmes discuter encore plusieurs minutes et il répondit à toutes mes questions avec patience, même les plus anodines. Quand je sortis de son cabinet, je me sentais légère et je ne regrettais pas du tout d'être venue.

« Merci beaucoup docteur Montès » dis-je en lui serrant la main.

« De rien Bella. C'est un plaisir, et ce le sera encore davantage si tu m'appelles Eleazar. » dit-il en me faisant un clin d'œil. « Edward, passe le bonjour à ton père de ma part »

Nous le remerciâmes puis partîmes en direction de la voiture après avoir réglé les affaires administratives.

« Merci Edward. » dis-je timidement une fois dans la voiture. Merci pour l'assurance, merci pour le docteur, merci d'être venu avais-je envie de lui dire.

« C'est normal Bella, ne me remercie pas » répondit-il avec embarras en mettant le moteur en route.

Gênés autant l'un que l'autre par cette démonstration spectaculaire d'émotions, le silence s'installa à nouveau entre nous.

*

La semaine s'écoula avec une rapidité fracassante.

Quand j'étais revenue à la boutique le lundi après-midi, j'avais dû faire face à une Angela suspicieuse. Comme je l'avais pressenti, elle avait tout deviné mais n'osait pas y croire. J'avais dû me montrer persuasive pour lui dire que c'était réel, mais il avait fallu qu'elle appelle Jasper pour être convaincue. Cependant, elle ne me blâma pas pour ne pas l'avoir mise dans la confidence dès le début même si je savais que ça l'attristait, mais c'était là les qualités d'Angela. Elle comprenait mon angoisse. Après lui avoir tout avoué, je me sentis soulagée et je pus enfin parler avec elle de tout ce que j'avais sur le cœur, mes doutes, mes émotions. Chose que je faisais d'habitude avec Jasper, mais étant donné le contexte, il était trop impliqué pour que je lui dise tout, et puis Angela était une fille…

Mercredi, j'avais fait ma première séance de radiothérapie. Bien qu'un peu nerveuse, tout s'était bien passé. Il s'agissait essentiellement de faire des mesures et des repères avant d'entamer le traitement en lui-même.

Avec Edward, une sorte de routine s'était déjà installée entre nous. Il partait avant moi le matin, revenait après moi, je préparais à diner, et le soir, je préférais le laisser au salon et aller lire dans ma chambre. Ça pouvait paraitre pathétique, mais cette sorte d'arrangement tacite me convenait parfaitement, moins je le voyais et mieux je me portais. Ainsi, j'arrivais à peu près à garder mes idées claires.

Seulement voilà, nous étions déjà samedi matin. J'hésitai à sortir de mon lit comme si poser le pied au sol allait déclencher la minuterie de cette folle journée. Soudain, j'entendis sonner puis frapper à la porte d'entrée. Je regardai l'heure. 8h46. Qui pouvait bien venir à cette heure ?

« C'est bon, j'arrive » entendis-je Edward bougonner.

Intriguée moi aussi, je me levai rapidement et enfilai un gilet léger sur ma chemise de nuit. Quand j'ouvris la porte pour sortir, j'aperçus Edward se précipitant vers la porte d'entrée vêtu d'un simple caleçon. Complètement prise au dépourvue par cette vision, je baissai la tête et partis en direction de la cuisine sans réfléchir.

La minuterie de cette journée folle venait réellement de s'enclencher.

« Alice ?! Rose ?! Emmett ?! Mais qu'est-ce que vous foutez tous là ?! » s'écria Edward.

« Joyeux anniversaire ! » s'exclamèrent-ils à l'unisson.

« Ne vous foutez pas de ma gueule, venez pas me dire que vous vous pointez à cette heure là chez moi pour ça ! »

« CestlafautedAlice » dit Emmett.

« Em ! Combien de fois t'ai-je dit de ne pas parler la bouche pleine ? » le réprimanda Rosalie comme un petit garçon.

« Je peux pas résister aux donuts » répondit-il.

« Où est Bella ? Elle dort encore ? » dit Alice avant de se diriger vers le couloir menant à la chambre d'Edward.

« Non ! Je suis là Alice ! » paniquai-je en lui faisant signe depuis la cuisine.

« Bon vous m'expliquez oui ou non ? » s'énerva Edward.

« Alice a débarqué chez nous à 7h complètement surexcitée. Elle voulait me montrer une robe qu'elle avait achetée et apparemment ça ne pouvait pas attendre… » dit Rosalie avec agacement. Apparemment elle avait mal digéré cette intrusion matinale.

« Exactement ! » dit l'intéressée en venant m'embrasser.

« Et après elle nous a mis la pression pour qu'on se dépêche de venir ici car elle voulait voir Bella » continua Rosalie en roulant des yeux.

« Tu as parlé à Edward ? » chuchota-t-elle à mon oreille. Je mordis ma lèvre inférieure, je n'avais jamais trouvé le bon moment pour lui parler de ça. A ma tête elle comprit et m'offrir un petit sourire pour cacher sa déception.

« Je suis désolée Alice, je te jure ! Je te promets de tout faire, mais c'est juste qu'en ce moment- »

« Relaxe Bella, je comprends » dit-elle en me faisant une œillade. « Dès qu'on aura un moment il faudra que je raconte ma nuit ! » ajouta-t-elle avec excitation.

« Allez Ed, arrête de râler ! Moi aussi j'aurais préféré rester sous la couette avec Rose ce matin, mais maintenant que t'es debout, autant petit déjeuner ! » s'écria-t-il en brandissant un grand sac de donuts et de bagels.

Tout le monde était réuni dans la cuisine et Edward et moi restions plantés côte à côte à regarder avec ahurissement les autres s'affairer à préparer le petit déjeuner.

« Heureusement que j'avais fait les courses… » murmurai-je pour moi-même en les voyant sortir confitures, jus d'orange, bacon, sirop d'érable.

J'entendis Edward soupirer à coté de moi et partit rejoindre les autres.

« Bella, je t'ai amené un super maillot bain, il est fait pour toi ! » dit Alice après avoir bu une gorgée de café. Alice me le décrit dans les moindres détails en faisant des gestes sur elle. Tout le monde tourna la tête vers Edward quand il s'étouffa avec son beignet.

« Ça va ? » m'inquiétai-je en lui tapotant le dos. Edward toussa et lança un regard assassin à Emmett lorsque celui-ci partit dans un fou rire.

« Oui, oui, merci. Continuez » dit Edward en faisant signe de la main.

Tandis que nous finîmes de manger, Edward partit se laver et se préparer.

« Alors tu lui as offert son cadeau Bella ? » demanda Emmett tel un gamin attendant le père noël. Il me tendait la perche…

« Eh bien figure-toi Emmett que j'étais sur le point de le faire, mais certaines personnes m'en ont empêché…pourquoi crois-tu qu'Edward était si énervé tout à l'heure ? »dis-je avec innocence en passant tranquillement l'éponge sur la table. Alice et même Rosalie pouffèrent de rire quand il resta bouche bée.

« Tu allais lui tail- » commença-t-il.

« Je n'ai jamais rien dit de tel Emmett… » le coupai-je. J'adorais le taquiner sur son sujet de prédilection. Ses yeux s'écarquillèrent de plus belle, Dieu savait ce qu'il avait en tête à ce moment. Finalement, il sourit de toutes ses dents et hocha la tête avec approbation.

Quand Edward réapparut, Alice me donna le maillot de bain et je partis dans ma chambre chercher des habits avant d'aller vers la salle de bain pour me doucher. Quand je croisai le regard d'Alice et Rosalie, je compris ma nouvelle erreur.

« Euh, en fait j'ai jamais pris le temps de faire de la place dans l'armoire à Edward, tous mes vêtements sont entreposés dans cette chambre. En plus le dressing est spacieux… » mentis-je en montrant avec mon pouce la chambre que je venais de quitter. Je repris mon chemin et m'engouffrai dans la salle de bain. J'allai quand même pas devoir dormir dans le lit d'Edward au cas où ils leur prendraient l'envie de nous surprendre !

Après avoir pris ma douche et m'être séchée, je plongeai ma main dans le petit sac qu'Alice m'avait donné pour sortir le maillot de bain. Elle avait raison, il était magnifique. Je me dépêchai de le passer pour voir s'il allait m'aller aussi bien qu'elle le disait. J'eus quelques difficultés avec le haut car je n'étais pas habituée avec ce genre de fantaisies. Je devais l'avouer, Alice avait le compas dans l'œil. Sans vouloir être prétentieuse, ce maillot de bain m'allait comme un gant et je me sentais très à l'aise dedans bien que je n'aie pas l'habitude d'être si dévêtue. Avant de sortir, j'enfilai une robe d'été, passai un peu de poudre sur mon visage puis séchai un peu la tignasse brune qui me servait de cheveux pour les discipliner.

Quand je revins dans le séjour, ils étaient tous prêts et m'attendaient dans le salon.

« Alors ? » demanda Alice.

« Il est super Alice, merci beaucoup » répondis-je en lui faisant une bise. « Ça va être dur de te le rendre » dis-je en riant.

« Tu plaisantes j'espère ? C'est un cadeau Bella, tu le gardes ! » dit-elle comme si je l'insultais.

« Nan c'est trop, je peux pas accepter- »

« Tut tut tut, je ne veux rien entendre » dit-elle avec fermeté, mettant un terme à toutes protestations. « Bon allez, tout le monde est prêt ? » demanda-t-elle en tapant dans ses mains telle une maitresse d'école. « Ah au fait Ed, on prend ta voiture, on va se serrer un peu mais j'ai pas envie de conduire et on est venu avec la mienne »

« T'es pas gênée Alice ! » dit Edward en fronçant les sourcils. J'étais à deux doigts d'éclater de rire quand cette dernière lui tira la langue puérilement.

« Mais oui, mais oui… » murmura-t-elle en se dirigeant vers la sortie de l'appartement.

« Partez devant, je vous rejoins, j'ai quelques trucs à prendre avant » dis-je avant d'aller vers la cuisine. « Edward, attends. » le hélai-je en prenant le gâteau que j'avais fait la veille pour l'emmener au pique-nique.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda-t-il en regardant derrière son épaule pour voir si les autres étaient sortis.

« Je suis désolée, je ne t'ai même pas souhaité ton anniversaire » dis-je avec embarras.

« C'est vraiment pas grave Bella »

« Si, si. Attends ». Je posai le gâteau près de mes affaires pour ne pas l'oublier et partis dans ma chambre chercher son cadeau.

« C'est un peu encombrant… » dis-je en lui tendant l'objet enveloppé.

« Tu m'as acheté un cadeau ?! Bella, je suis gêné, il ne fallait pas » répondit-il en le prenant.

« Avant que tu ne l'ouvres, sache que ce n'est vraiment pas grand-chose, c'est plus…un clin d'œil dirons-nous… » expliquai-je avec anxiété en jouant avec mes doigts.

Il déchira le papier et découvrit le grand cadre qui faisait presque un mètre de large. Il resta le contempler sans rien dire pendant de longues secondes et le stress monta en flèche chez moi. Mon idée de lui offrir une photo en noir et blanc de moi avec la robe blanche que je portais au mariage ne me semblait plus du tout marrante. Pourtant, il n'y avait rien de fâcheux dans ma pose, je m'étais appuyée à la balustrade de sa terrasse, tournant le dos à l'objectif mais en tournant légèrement la tête pour regarder l'appareil. Le tout était pris d'assez loin pour prendre la vue magnifique de Seattle derrière moi.

« Euh…Je voulais juste que tu aies une photo de ta première femme…une sorte de souvenir de notre situation…enfin… » balbutiai-je devant son manque de réaction. « Bon d'accord, c'était une mauvaise idée, pardon ». Je me sentais ridicule à présent de lui avoir offert ça, j'aurais peut être mieux fait d'écouter Jake et de lui acheter des places pour un spectacle coquin.

« Non…c'est…magnifique » dit-il d'une voix rauque avant de tourner la tête vers moi et de me regarder droit dans les yeux. « Merci Bella, ça me touche beaucoup »

Cette réaction fut si intense que le rouge me monta aux joues et mon cœur s'emballa.

Du calme Bella, il te remercie juste avec politesse pour ta petite photo.

« De rien. Bon anniversaire Edward ». J'hésitai une seconde puis fis un rapide baiser sur sa joue avant de partir illico prendre mes affaires et quitter l'appartement pour rejoindre les autres.

Quand j'arrivai au parking, ils attendaient tous les trois, appuyés contre la voiture.

« Vous en mettez du temps ! » dit Emmett.

« Emmett, je te rappelle que c'est son anniversaire… » répondis-je en lui faisant un clin d'œil.

Edward nous rejoignit juste après et sans un mot, il ouvrit la voiture et s'installa au volant. Tout le monde prit place rapidement et Edward démarra. Comme à son habitude il resta silencieux tandis que les autres riaient comme des enfants derrière, la grosse voix d'Emmett dominant largement celle des autres. Je trouvais Rosalie plus chaleureuse avec moi aujourd'hui, je n'avais pas eu le droit à ses regards condescendants ou à son ignorance. Je m'étais peut être fait des idées sur elle finalement.

Quand nous arrivâmes au port, le parking qui se situait près de la capitainerie et destiné aux plaisanciers était fermé. Une jeune femme s'approcha de nous.

« Vous êtes propriétaire d'un bateau ? » demanda-t-elle en regardant sa liste.

« Non, c'est mon- » commença Edward.

« Dans ce cas vous ne pouvez pas vous garer là » l'interrompit-elle.

« Le parking le plus proche est à des centaines de mètres ! On vient toujours ici » s'énerva Edward. Un brouhaha s'éleva dans la voiture devant le refus de la fille de nous laisser passer. L'employée du port ne cédait pas et quand elle commença à reculer, je donnai un coup de coude à Edward.

« Fais-lui du charme ! » dis-je à voix basse.

« Qu-quoi ?! » s'étrangla-t-il.

Tout le monde se tut instantanément comme si quelqu'un était mort.

« Ben quoi… ? Avec Jasper on le fait souvent, il faut savoir tirer avantage de ce qu'on a. Jasper est beau gosse et moi je suis une femme, ce qui suffit amplement aux hommes en général… Ne me dis pas que tu ne l'as jamais fait ? »

« Non ! » dit-il de façon outrée comme si je l'avais insulté. Je trouvais son comportement étrange j'avais l'impression d'être une hérétique en pleine réforme protestante, il ne manquait plus qu'il se signe et le tableau était parfait.

« Tu veux rentrer dans ce parking, oui ou non ?! » m'énervai-je face à son attitude. Avec un physique pareil, c'était dommage de ne pas en tirer profit !

« Je ne peux pas faire ça Bella » marmonna-t-il entre ses dents.

« J'y vais, je sais le faire moi » dit Emmett en sortant de la voiture.

Personne n'ajouta un mot pendant qu'Emmett négociait. Quand il revint, la barrière était ouverte.

« Un jeu d'enfant les amis ! » s'écria-t-il. « Tiens Ed, c'est son numéro de téléphone ! » ajouta-t-il en lançant un bout de papier à son attention.

« Fais gaffe à toi Em… » le menaça-t-il via le rétroviseur.

Quand nous arrivâmes sur le ponton où un beau voilier blanc était amarré, Esmé et Carlisle était déjà entrain de s'affairer sur le pont. Lorsqu'Esmé nous aperçut, elle se précipita hors du bateau et vint enlacer Edward.

« Joyeux anniversaire mon chéri ! 27 ans, ça ne me rajeunit pas tout ça ! Je me souviens quand tu étais petit et que- »

« Maman. » la coupa Edward doucement. « Tu tiens le même discours chaque année, alors si tu pouvais éviter cette fois-ci… » chuchota-t-il en donnant un léger coup de tête dans ma direction.

« Très bien Edward, mais ne t'inquiète pas, tôt ou tard Bella connaitra les moindres détails de ton enfance » dit Esmé en venant m'enlacer.

« Je te fais confiance pour ça… » maugréa-t-il.

Une fois qu'Esmé ait dit bonjour à tout le monde, j'étais sur le point de la suivre pour monter sur le voilier quand une main agrippa mon coude pour m'empêcher de continuer.

« Hep ! On ne peut pas monter comme ça petit Padawan ! » s'écria Emmett.

« Em, laisse-la monter ! » cria Carlisle depuis le pont du bateau.

« Eh ! Combien de fois m'as-tu puni pour ça ?! Pourquoi Bella aurait des privilèges, elle ? » bouda-t-il en regardant Carlisle.

« C'est une invitée et elle ne connait peut être pas les coutumes de la navigation, alors ce sera l'exception. Maintenant, laisse-la monter ! » ria son père.

« Bella est juste une invitée ?! Ça veut dire que tu ne veux pas considérer ta belle-fille comme un de tes propres enfants ? » continua Emmett. Carlisle leva les yeux au ciel et je l'entendis dire 'il est impossible celui-là !'

« Quel est problème ? » m'enquis-je.

« Il faut que tu demandes la permission de monter à bord Bella » dit Emmett en croisant les bras sur son torse.

« Quoi ? Ce n'est que ça ? » ris-je à mon tour en voyant Emmett se renfrogner. « Permission de monter à bord capitaine ? » demandai-je à Carlisle.

« Permission accordée ma très chère Bella ! » répliqua-t-il.

Edward m'aida à m'installer et prit mes affaires pour les mettre à l'abri, puis il partit aider son père pour les manœuvres tandis que les autres vinrent me rejoindre.

« Tenez les enfants ! » s'écria Esmé avec une voix aigue en distribuant des gilets de sauvetage alors que nous quittions le port de plaisance.

« Oh non Esmé ! Ça va me faire un bronzage horrible ! » râla Rosalie en prenant le gilet de mauvais gré.

« A toi de voir Rose, la beauté passe-t-elle avant la sécurité ? » répondit Esmé avec un ton moralisateur.

« Avec une magnifique journée comme celle-là, oui ! »

« Eh bien fais comme tu veux ! » dit Esmé en s'éloignant.

Rosalie prit le gilet et le glissa derrière sa tête pour lui faire un oreiller après s'être mise en maillot de bain. Au bout de quelques minutes, chacun trouva sa place sur le bateau. Emmett s'assis à la proue avec son Ipod sur ses oreilles, Esmé partit à l'intérieur préparer le pique-nique, Rosalie faisait sa bronzette sur le point le plus haut du pont, Edward avait pris la place de Carlisle à la barre et ce dernier était venu s'assoir à coté d'Alice et moi. Alice avait tiqué sur le fait que son père vienne interrompre le récit de sa nuit de bavardage avec Jasper.

Carlisle commença à m'expliquer comment il avait récupéré ce voilier pour une bouchée de pain il y avait près de vingt ans et toutes les heures qu'il avait passé à le retaper. Edward était venu souvent lui donner un coup de main pendant les vacances quand il était jeune et avait attrapé le virus de la voile lui aussi. Tandis qu'il me parlait de lui, je repensais à l'attitude qu'il avait eu dans la voiture tout à l'heure, aussi, quand Carlisle finit son récit, je posai la question.

« Alice, est-ce que tu sais pourquoi Edward a réagi si vivement tout à l'heure dans la voiture ? »

« Qu'est-ce qu'il y a eu ? » demanda Carlisle.

Un peu embarrassée, Alice relata l'incident du parking et ce que j'avais dit à Edward. Carlisle me sourit puis soupira.

« Tu as mis le doigt sur son complexe ». Parlait-on bien de la même chose là ?

« Je ne comprends pas » dis-je.

« Edward est complexé par son physique, il n'en a jamais parlé, mais on le connait par cœur et ça saute aux yeux. » dit Alice.

« C'est une plaisanterie ? Edward ? Complexé ? C'est le plus bel homme qu'il m'est été permis de voir ! » répondis-je avec stupéfaction. Alice et Carlisle se regardèrent et rirent doucement.

« C'est bien le problème. Il s'est persuadé que les gens, en l'occurrence les femmes, ne le remarquent que pour ça et qu'elles s'en foutent de connaitre sa personnalité. » dit Alice en roulant des yeux.

« Mais c'est absurde ! » m'exclamai-je sans trop élever la voix.

« C'est normal que tu penses ça, t'es sa femme » dit Alice en riant.

« Tout à l'heure, en lui disant d'utiliser son physique pour parvenir ses fins, c'était comme demander à une personne complexée par ses kilos en trop de poser nue devant un objectif. Ça allait à l'encontre de ses a priori. » expliqua Carlisle.

« Il a toujours été comme ça ? » demandai-je en jetant discrètement un coup d'œil à Edward, complètement abasourdie.

« Depuis l'adolescence je pense, l'heure où les premiers flirts apparaissent » répondit Carlisle.

« Oui papa, mais il a toujours été farouche, faut dire ce qui est ! » dit Alice en riant avant de se lever et aller rejoindre sa mère.

« Elle exagère » ria Carlisle. « Edward est le deuxième enfant de la fratrie et se situe entre deux autres enfants qui ont un caractère très…expansif dirons-nous. Emmett et Alice se sont toujours fait remarquer d'une manière ou d'une autre. Edward préférait s'isoler pour avoir la paix. Ça toujours été quelqu'un d'introverti qui n'exprime pas ses sentiments. Ma femme a toujours cru qu'Edward était malheureux ou je ne sais quoi et était toujours sur son dos, je ne suis pas psychologue mais je pense que c'était juste le caractère de notre fils. On a peut être trop voulu le comparer à ses frères et sœurs. Une chose est néanmoins certaine, c'est un garçon timide qui a toujours manqué de confiance en lui et ça s'est traduit par cet espèce complexe physique à la puberté. »

« C'est à cette époque qu'il a commencé à avoir ce complexe ? »

« Je le pense… » dit Carlisle pensivement. « Mais je ne connais pas sa vie en détails Bella, je ne suis que son père » ajouta-il en me faisant un clin d'œil. « Mais à l'heure où Alice et Emmett ramenaient sans cesse des copains et des copines à la maison, Edward préférait faire du piano dans sa chambre. »

« Je me rappelle, c'est l'époque où tu nous avais demandé de nous dire comment était Edward à l'école ! » dit Alice en revenant s'assoir avec un bout de carotte dans sa main.

« Je m'inquiétais c'est tout » dit Carlisle en haussant les épaules.

« Et alors, il était comment ? » demandai-je.

« Edward était le type inaccessible par excellence et qui faisait fantasmer chaque fille du lycée, toutes mes copines étaient folles de lui, ce qui n'aidait pas notre cher Edward à se sentir mieux, tu vois. Il avait même une sorte de fan-club qui le suivait partout, il était à deux doigts de péter un câble ! »

« Il n'est sorti avec aucune fille ? »

« Si… » répondit Alice en faisant une tête qui n'engageait rien de bon.

« Je crois que je vais vous laisser entre filles à partir de maintenant… » dit Carlisle en souriant. Il se leva et partit discuter avec Edward à l'autre bout du bateau.

« Raconte ! » pressai-je Alice avec enthousiasme telle une comère.

« Edward avait le béguin pour une fille au lycée, Gianna. Personnellement j'ai jamais accroché avec elle, elle avait des vêtements- »

« Alice ! ». Je savais que si je la laissais continuer, j'aurais eu les détails de la garde-robe de la fille en question.

« Ok, ok. J'en avais parlé à Em juste comme ça, mais tu penses que ce gros benêt est allé la voir pour jouer les entremetteurs… »

« J'imagine le pire…qu'est-ce qu'il a fait ? »

« Il s'est avéré que Gianna était une des rares filles qui n'était pas intérressée par Edward, elle le trouvait trop bizarre. Mais Emmett voulait vraiment aider Edward et devine ce qu'il a fait ? Il a capté que Gianna n'était pas insensible à son charme, du coup il passé un marché avec elle »

« Oh non…j'ai peur ». Alice acquiesça.

« Si Gianna acceptait de dépuceler Edward, il accepterait de sortir avec elle après… »

« Mais c'est ignoble ! » m'exclamai-je. « Pauvre Edward ! Dis-moi qu'elle n'a pas accepté…»

« Un peu qu'elle a accepté ! Cette fille était prête à n'importe quoi pour sortir avec le mec le plus populaire du lycée qu'était Emmett et faire partie des 'VIP' ! »

« J'ai envie de vomir. Comment est-ce qu'ils ont pu faire ça à Edward ? »

« Emmett et Edward se sont disputés après ça, assez violemment d'ailleurs. Emmett ne comprenait pas pourquoi son frère réagissait comme ça, il avait seulement voulu l'aider. Ça lui a pris du temps avant de murir et mesurer son acte. Edward a mis quelques mois à s'en remettre, il se sentait trahi. »

« Tu m'étonnes… » répondis-je en regardant dans le vide. « Il a du perdre le peu d'assurance qu'il avait »

« C'est clair. Mais les deux histoires qu'il a eues après ça n'ont pas été mieux, loin de là…en fait, Edward a eu une vie amoureuse assez catastrophique, enfin, jusqu'à ce qu'il te rencontre »

« Il y a eu qui après ? »

« Oh, il a eu des passades entre-temps, mais celle qui se fit connaitre par la suite s'appellait Heidi. Il était en troisième année à la fac quand ça a commencé si je me souviens bien. Je ne connais pas les circonstances de leur rencontre mais une chose est sûre, c'est elle qui est venue le chercher »

« Quel a été le problème avec elle ? ». Alice soupira.

« Heidi travaillait déjà pour Aro Volturi et était chasseuse de tête. C'était une femme magnifique et elle n'hésitait pas à se servir de ses atours pour recruter les meilleures compétences pour ses patrons. »

« Elle a séduit Edward pour l'enrôler dans cette société ? » demandai-je avec dégout.

« Oui mais il a fallu quand même plusieurs mois à Edward pour comprendre tout ça. Je crois qu'il se voilait la face, il voulait croire que c'était bon cette fois. Je pense même qu'il était attaché à elle. Et cette pouffiasse a du bien prendre son pied ! »

« Ça du être horrible pour Edward ». Je me sentais vraiment mal pour lui, je commençais à comprendre pourquoi il était si froid et distant avec moi.

« C'était la deuxième fois qu'une femme lui prouvait qu'il avait raison en somme. Ça du être dur pour lui, imagine ! Il devait vraiment penser que les femmes ne sortaient avec lui que pour leurs propres intérêts ! ». Une boule se forma dans ma gorge quand je réalisai que j'étais dans une pseudo-relation avec lui juste pour son assurance…

« Et la dernière ? On dit 'jamais deux sans trois'… » dis-je avec crainte. Je ne savais pas trop si j'avais envie de connaitre la suite.

« Avec Tanya, ça été le coup de grâce. Edward venait d'être diplômé et travaillait dans un cabinet de comptables à l'époque. Kate et moi avions une connaissance qui était en classe avec nous, Irina. Elle venait souvent avec nous en virée et les garçons venaient avec nous parfois. Irina avait tenté plus d'une fois sa chance avec Edward, mais il ne voulait rien savoir, elle ne l'intéressait pas et il n'était pas encore prêt à s'engager dans une relation. Et puis un soir, Irina a ramené sa sœur avec elle. Tanya. Elle venait de finir ses études à New York et revenait au pays. Assez rapidement, Tanya s'est rapprochée d'Edward, au début ce n'était qu'une simple amie et puis à force de ténacité, elle a réussi à le séduire. Elle a réussi à briser ses barrières à force de compassion et ils ont commencé à sortir ensemble au bout de quelques mois. Pff, elle s'est bien foutue de sa gueule ! » raconta Alice avec aigreur en regardant dans le vide.

« Qu'est-ce qu'elle lui a fait ? ». Alice regarda son frère au loin avec mélancolie et tristesse.

« Edward croyait avoir enfin trouvé quelqu'un qui le comprenait et en qui il pouvait avoir confiance. Tout allait bien pour lui, il m'avait même avoué après quelques mois qu'il pensait enfin être tombé amoureux. Ils sortaient ensemble depuis presqu'un an quand Edward m'a demandé conseil. Il voulait demander Tanya mariage et il avait besoin que quelqu'un le conforte dans son choix. Mais je ne la sentais pas cette nana, sans le lui avouer, je lui ai préconisé d'attendre un peu pour être sûr. C'était égoïste je sais, mais je ne regrette pas de l'avoir fait, car un jour, Irina et Tanya se sont disputées alors que nous étions dans un club, et là, Irina a tout déballé pour se venger de sa sœur. »

« Tout déballé ? ». Alice soupira à nouveau et me regarda avec de la colère dans les yeux.

« Irina et Tanya avait fait un pari, Bella. Irina n'ayant pas réussi à avoir Edward, elle avait mis au défi sa sœur d'essayer quand celle-ci était revenue sur Seattle. Je ne pourrais même pas te dire quel était l'enjeu du pari, ça ne m'intéressait pas de le savoir, mais Tanya était si sûre d'elle quelle avait poussé le pari jusqu'à dire qu'elle aurait gagné s'il la demandait en mariage. Et ce soir là, tout ça a éclaté à la tronche d'Edward devant tout le monde. Ça a été horrible »

« Oh mon Dieu ! » m'écriai-je en mettant mes mains sur mes joues. « C'est cruel ! »

« Je te le fais pas dire… »

« J'espère qu'il l'a giflé au moins ! »

« Même pas. Il a demandé à Tanya si c'était vrai et comme elle a été incapable de nier, il s'est levé et lui a simplement dit que c'était fini entre eux, puis il est parti. Il s'est enfermé chez lui pendant deux semaines entières sans donner signe de vie. Après ça il a refait surface, mais ce n'était que l'ombre de lui-même. Sa vie était devenue automatique et il s'est plongé corps et âme dans son boulot. La seule chose qu'il a faite qui sortait de l'ordinaire a été de changer d'appartement. Je pense que son ancien appart lui rappelait trop de mauvaises choses. »

« Tanya n'a pas cherché à s'expliquer ? »

« Si bien sûr, elle n'arrêtait de dire que ce pari n'était rien pour elle et qu'elle était réellement tombée amoureuse de lui. C'est peut être vrai, mais pour Edward c'était du vent tout ça. Il ne la supportait plus. Emmett et Rosalie ont dû intervenir pour qu'elle le laisse tranquille en la menaçant… »

« Il y a longtemps que ça s'est passé ? » demandai-je.

« Hum, un an et demi environ. Mais c'est du passé tout ça ! Tu es là maintenant, même si ça nous a surpris. Mais en réfléchissant, je comprends pourquoi Edward ne nous a pas parlé de toi. Pendant sa dépression, on a tous voulu l'aider, notamment ma mère qui était sans cesse sur lui à lui marteler d'aller voir un psy. Edward a toujours été son petit protégé et elle détestait le voir comme ça. Et au final, ça dû avoir l'effet inverse, il devait se sentir étouffer et c'est pour ça qu'il n'a rien dit. »

Je ne répondis pas et me contentai de lui faire un sourire qui devait plus ressembler à une grimace.

« Une dernière chose Bella. Comme Edward ne t'a pas parlé de ça, si tu pouvais éviter de lui dire que je t'ai parlé de tout ça… J'ai pas besoin de m'attirer ses foudres en ce moment… » dit-elle avec embarras.

« C'est évident Alice, promis » répondis-je. Je ne me voyais pas tout parler de ça avec lui…

Rosalie appela Alice pour qu'elle vienne et je me retrouvai seule. Pour essayer de penser à autre chose, j'attrapai ma sacoche et pris mon appareil photo pour prendre quelques clichés. Je pris quelques photos de la côte et du voilier. J'étais entrain de tourner autour de moi en regardant dans la visée pour trouver un autre angle, quand je tombai sur Edward qui était à la barre. Il arborait un polo blanc au col relevé et un bermuda large, ses cheveux étaient balayés par un vent arrière et quelques mèches venaient s'agiter devant ses RayBan. A cet instant, il me faisait presque penser à John Kennedy. S'en m'en rendre compte mon index s'emballait sur le déclencheur, mitraillant cet adonis qui se trouvait être mon mari pour quelques semaines.

Après les confidences d'Alice, je voyais Edward différemment. Finalement, nous n'étions pas si différents l'un de l'autre.


* Référence à la réplique de Molière dans Tartuffe « Cachez ce sein que je ne saurais voir ! »

Voilà. Finalement la sortie en mer va se dérouler sur deux chapitres alors que je pensais au début tout faire ici, mais c'est pas grave nous reprendrons là où nous nous sommes arrêtés mais avec un POV d'Eddy cette fois.

J'espère qu'après avoir lu les déboires sentimentaux d'Edward, vous comprendrez un peu mieux pourquoi il réagit comme ça. Mais je vous rassure, vous connaitrez aussi le passé amoureux de Bella par la suite.

Je sais que ce n'est pas flagrant encore, mais croyez-moi, ces deux là commencent à s'apprivoiser. Et pour ceux qui me demanderont 'mais quand est-ce qu'ils vont se rapprocher à la fin ?!', et bien je vous demande de me donner votre entière confiance (oui, oui, rien que ça^^) car je sais exactement où je veux aller et la façon dont ça va se dérouler. Un seul mot : Pa-tien-ce ! Mais entre nous, avouez que vous adorez les voir se torturer l'esprit !

Allez, je continuerai à vous donner un petit teaser dans mes replies si vous me donner ma dose de reviews (ben oui il n'y a pas que vous qui souffrez de dépendance ^^)