La haine, le mépris, le dégout, la colère, la rage… Toutes ces émotions tourbillonnaient en elle mais celle qui prédominait était la déception. Et bon sang, qu'est-ce qu'elle avait honte de se l'avouer, hélas c'était bien le cas. Déçue de Malefoy, déçue qu'il ne l'ait pas aidé alors qu'elle allait se faire violer sous ses yeux, déçu qu'il ne soit même pas venu s'enquérir de son état après l'agression et tellement déçue d'elle-même. Comment avait-elle pu nourrir un quelconque espoir le concernant ? Il n'était que froideur et rancœur, rien de bon ne pouvait naitre en lui. Drago Malefoy était un Mangemort, jamais elle ne devait oublier ce fait. Et merde, il l'avait tellement fait souffrir depuis qu'elle vivait ici, n'avait-elle donc plus aucune fierté pour oser le supplier ? Lui ? Cet être infâme !
Tu tournes en rond ma pauvre fille, tu te jures de t'éloigner de son aura maléfique puis tu attends de lui qu'il te protège. Tu le détestes un jour et tu te sens attiré par lui un autre jour…, ronchonne sa Peur.
Jamais ! Au grand jamais elle n'avait été attirée par cet homme, au mieux elle avait ressenti une certaine curiosité sur sa personne mais c'était tout. Il était intriguant et charismatique, c'était indéniable, mais il n'en restait pas moins calculateur et sournois. Pour une fois, sa Peur se trompait, elle le détestait, point. Et ce sentiment n'avait fait que s'accroitre au fil des jours depuis l'agression dans la cave il y a de ça quelques semaines. A ses yeux, son « maitre » était resté le même, quoique encore moins bavard qu'à l'accoutumée, il ne la rabrouait plus et ne lui demandait plus de l'habiller. A vrai dire, son rythme de vie ressemblait à ses premiers jours passés dans le manoir, avec un Serpentard absent et l'ignorant totalement. Quant à son épouse, alors elle, elle semblait s'être volatilisée. Hermione ne la croisait presque plus. La dame s'en allait tôt le matin et rentrait très tard le soir, peu encline à passer du temps avec son mari. Soit, c'était leur problème, la Gryffondor s'en lavait les mains.
Désormais, sa Peur paraissait perdre du terrain, c'était étrange mais depuis sa mésaventure avec les deux hommes dans cette horrible pièce sombre, plus rien n'avait d'importance à ses yeux. A présent elle se montrait moins consciencieuse dans son travail, ce qui chagrinait Saku qui devait passer derrière elle pour que tout soit impeccable. Hermione aurait dû s'en soucier mais même sa crainte de voir l'elfe de maison se faire punir à sa place avait plus ou moins disparu. Après tout, pourquoi tout le temps se soucier de tout le monde ? Si jamais elle avait été battue et violée dans cette cave, est-ce que Saku l'aurait secouru ? Certainement pas ! Oui, elle devenait de plus en plus aigrie. Au fond d'elle, la lionne savait pertinemment qu'on ne pouvait demander à une elfe de maison de se révolter contre son maitre, mais merde, Hermione en avait assez de devoir rester juste alors que ce monde était injuste et pourri jusqu'à la moelle. Alors oui, étrangement, elle ressentait de moins en moins cette angoisse latente, bien que son malaise en présence du Serpentard, lui, soit resté intact.
La journée défilait lentement comme toujours, Hermione nettoyait le sol du grand hall pendant que Saku s'activait dans la cuisine. C'est alors que la porte d'entrée s'ouvrit avec fracas laissant apparaitre le « maitre » des lieux qui pénétra dans le manoir d'une démarche ferme et véloce avant de rapidement gagner les escaliers, sans même un regard pour son esclave, la mine contrariée. Depuis quelques temps, Malefoy passait toutes ces journées dehors et revenait l'humeur encore plus maussade que d'habitude, s'enfermant dans son salon fétiche sans rien avaler. A défaut d'en être inquiète, Hermione était curieuse. Sa curiosité, ça, personne ne la lui enlèverait, c'était certain. Du coin de l'œil elle aperçut Saku se précipiter à la suite de l'homme blond, un plateau repas entre les mains.
- Saku ! Attends ! s'écria Hermione en s'approchant hâtivement de la petite créature.
- Oui Mademoiselle ? s'enquit-elle.
- J'ai fini de nettoyer le sol alors que tu as encore beaucoup de travail. Laisse-moi lui amener ce plat à ta place.
D'abord indécise, Saku finit par déposer lentement le plateau entre les mains d'Hermione, le regard toujours aussi suspicieux.
- Ne faites pas de bêtise, la prévint-elle.
A l'écoute de ces mots, Hermione ne put s'empêcher de lever les yeux au ciel. Quelle faute avait-elle commise qui mérita qu'elle fut humiliée à ce point depuis qu'elle résidait ici ? Enfin, mieux valait ne pas s'appesantir sur le sujet avec la créature bien trop subjective et dévouée à son connard de « maitre ». En gravissant les marches qui la menaient au salon, sa petite voix intérieure ne cessa de se moquer d'elle. Ne s'était-elle pas promit de ne plus jamais chercher à se retrouver seule avec lui ? A l'éviter autant que possible ? Encore une fois, elle avait craqué et qui sait ce qu'il allait encore résulter d'infect après cette rencontre.
Arrivée devant la porte, Hermione frappa faiblement du pied avant d'y entrer, sans même attendre la réponse de l'homme. Ce dernier était nonchalamment assis dans son fauteuil, les yeux rivés à la cheminée, la tête posée contre son poing fermé. Sans un mot, la jeune femme posa le plateau sur la table basse et s'éloigna de quelques pas sans pour autant quitter la pièce.
- Je m'en vais, l'entendit-elle chuchoter après un long silence.
Devant sa non-réaction, il leva ses yeux dans sa direction, le visage fermé.
- Mets-toi à genoux devant moi.
Sans émettre la moindre protestation, Hermione prit place, étrangement excitée devant l'air solennel qu'il affichait. Il s'en allait ? Pour de bon ? Oh Merlin que ce soit ça et qu'elle puisse enfin être délivrée de son influence néfaste.
- Je m'en vais, reprit-il sur le même ton, la fixant sans ciller.
- Combien de temps ? demanda-t-elle instinctivement.
Elle crû le voir sourire, mais c'était surement une illusion. Drago Malefoy ne souriait jamais, tout comme elle d'ailleurs.
- Quelques jours, j'ai un… un travail à accomplir. Mais je reviendrai sois en sure, alors ne nourris pas à nouveau l'espoir insensé de t'enfuir, déclara-t-il le regard à présent noir.
Quelques jours, c'était tout ? Et de quelle sorte de travail s'agissait-il ? Est-ce que les Mangemorts prévoyaient quelque chose de grande envergure ? Ou bien s'était-il trouvé une maitresse ? Et bordel, pourquoi est-ce que ces deux hypothèses l'agaçaient autant l'une que l'autre ?
- Quel genre de travail ? questionna-t-elle, étonnée de sa témérité.
Un étonnement que devait partager le Serpentard au vue de sa mine perplexe. Reprenant contenance, Malefoy se pencha vers elle, approchant son visage du sien.
- Penses-tu pouvoir me poser cette question ? murmura-t-il presque contre son oreille, ce qui la fit frissonner d'effroi.
- Je pense en avoir le droit, répondit-elle sans se démonter.
Interloqué, le grand homme blond l'observa, le sourcil levé et la bouche légèrement entrouverte.
- Tu n'es que mon esclave…
- Je suis votre esclave, en effet, l'interrompit-elle froidement. Et depuis que je suis votre esclave, je me suis fait rabrouer, humilier, battre, enfermer dans un placard et j'ai presque été abusée sexuellement par l'un de vos amis. Alors oui, je pense que j'ai le droit de savoir si je peux espérer ne pas vous voir revenir, conclut-elle en haussant le ton.
Mais qu'est-ce que tu racontes ! hurle sa Peur, prise elle aussi au dépourvue face à ce discours virulent.
Hermione elle-même n'en revenait pas de sa témérité. Elle qui n'avait vécu que dans la peur et la crainte s'était aujourd'hui insurgée et rebellée. Quelque chose s'était cassé en elle, quand cette horrible homme s'était jeté sur elle pour la violenter et ce devant Malefoy. Le voir la contempler, sans même réagir ou ciller alors qu'elle lui suppliait de l'aider… Avoir senti les mains osseuses de ce Mangemort contre sa peau et sous le regard du grand blond… Elle qui s'était sentie si avilie et faible, sans défense et paniquée, alors que le Serpentard assistait à la scène… Quelle horreur, elle se sentait trahie. Depuis des semaines, depuis cette agression, elle croyait devenir folle. Comment se sentir trahie par son bourreau ? C'était impensable, voire même comique. Il fallait que ça cesse, ce soir, elle devait se révolter, le pousser à bout. Peu importait les coups, peu importait la violence, peu importait la Cage… Au final, rien n'était pire que d'attendre un geste, un mot, une parole affectueuse ou réconfortante de son ennemi. Elle préférait mourir ici et maintenant plutôt que de continuer à vivre ainsi.
Sans même se rendre compte de la folie qui lui prenait, Hermione se mit debout et toisa son « maitre » d'un regard hautain. Le voir à ce point abasourdi était presque jouissif pour la lionne. Une agréable chaleur se diffusait dans son ventre, sa poitrine se soulevait d'excitation, sa bouche devenait pâteuse. Des semaines qu'elle agissait comme si rien ne s'était passé, à faire croire à son foutu « maitre » et à Saku que tout allait pour le mieux, qu'elle était restée la même. Mais c'était faux. Après une agression sexuelle, plus rien n'était pareil. Un homme maigre au rire moqueur apparaissait sans cesse dans ses cauchemars les plus noirs alors qu'elle n'osait même plus se rendre dans la cave. Sans parler de Malefoy, aussi étrange que cela puisse paraitre, elle rechignait à lever les yeux vers lui, par honte. Honte qu'il l'ait vu dans cette posture, honte qu'il imagine qu'elle ait pu souhaiter se retrouver dans cette situation ou d'autres pensées plus sordides encore. Ce manoir lui faisait perdre le peu de raison qu'il lui restait, Malefoy la rendait dingue ! Cette maison était sa nouvelle Cage, elle devait s'en extraire de force.
Incapable de raisonner correctement, Hermione sortit en trombe du salon et partit en courant, sans même savoir où elle allait. Son sang battait à ses tempes, son cœur semblait vouloir exploser dans sa poitrine, son cerveau était de toute évidence déconnecté. Mais peu lui importait, elle suffoquait, elle devait se barrer et vite fait. Au loin, elle crut entendre des cris résonner mais elle ne s'arrêta pas pour autant, elle devait s'enfuir. Dévalant les escaliers comme une furie, la lionne se précipita sur la porte d'entrée, l'ouvrit en grand, huma l'air frais qui fouettait son visage et fit un pas vers la sortie quand elle sentit qu'on l'empoignait violement par le bras, la projetant contre le mur derrière elle. La porte se referma aussitôt, faisant disparaitre ce vent froid qui lui avait fait tant de bien.
- Mais tu es complètement folle ! rugit l'homme en face d'elle. Que croyais-tu faire, hein ? Tu ne peux pas sortir d'ici ! Est-ce que tu piges ? Tu es enfermée dans cette maison !
La Peur n'existait plus, la lionne en elle l'avait étripée et réduite en miettes. Plus de peur, plus de cauchemar, plus de Cage !
- Oui je suis folle, complètement timbrée ! Ce matin je me suis levée comme chaque putain de matin avec la même idée en tête, celle d'être une parfaite et docile esclave alors que je suis en train de crever ! Je ne peux plus faire semblant ! Je m'en rends compte aujourd'hui, j'en ai marre d'être quelqu'un d'autre ! Je ne suis pas TA PUTAIN D' ESCLAVE ! hurla-t-elle, comme en transe.
Qu'est-ce qui l'avait mis dans cet état ? Quel avait été déclic ? Elle n'en savait foutrement rien. Qu'il parte faite un raid avec des Mangemorts ou qu'il se tape toutes les greluches de la terre entière, elle s'en foutait royalement. Respirer, c'était ça, elle ne parvenait plus à respirer entre ces murs oppressants. La lionne ne souhaitait qu'une seule chose, bondir sur lui, toutes griffes dehors, et lui labourer sa saleté de face arrogante. Défigurer ce visage si imperturbable, si beau, si parfait qu'il en était encore plus détestable. Dieu qu'elle le maudissait.
Alors qu'elle s'apprêtait à lui lancer une autre tirade cinglante à la figure, il fondit sur elle et la plaqua contre le mur, hors de lui. Merde, elle avait réussi à le pousser à bout et le résultat était franchement flippant.
- Alors qui es-tu ? Si tu fais semblant d'être une autre, qui est-tu ? tempêta l'homme, les mains posées de part et d'autre du visage de l'esclave.
- Que lui est-il arrivé ?
- Qu'est-ce que tu racontes encore ! gronda Malefoy.
- L'esclave avant moi, qu'as-tu fait d'elle ? glapit-elle férocement.
Elle ne devait absolument pas lui révéler sa véritable identité, même si elle en mourrait d'envie, juste pour ressentir la joie perverse de le voir changer de couleur à cette annonce, il était important qu'elle ne se laisse pas aller à ce point. Même si elle devinait qu'elle n'allait pas sortir indemne de cette joute verbale, il était hors de question de risquer de se faire torturer par d'autres Mangemorts en échange d'informations sur l'Ordre.
- Tu n'oses pas me répondre, n'est-ce pas ? ricana-t-elle pour masquer son trouble devant l'homme qui lui faisait face et l'observait sans même cligner des yeux.
- Tu ne peux pas me tutoyer…
- Oh par pitié, tous ces usages n'ont plus aucune importance à présent ! Je vais très certainement y passer ce soir-même alors je m'en fous complètement de ces histoires de maitre et d'esclave !
Sa respiration était de plus en plus saccadée, son corps était en feu, son ventre se contractait au rythme des battements de son cœur. Le visage du Serpentard se tenait quelques centimètres du sien, étrangement il semblait plus calme à présent, son regard à la fois sombre et enflammé glissait sur elle, augmentant le sentiment le trouble de la femme, mal à l'aise d'être scrutée de la sorte.
- Tu veux savoir ce qui lui est arrivé ? Cette idiote s'était amourachée de moi, elle me suivait partout comme un petit toutou, c'était affligeant. Elle s'imaginait certainement que comme je ne la tabassais pas à longueur de journée, je nourrissais peut-être une quelconque affection pour elle. Alors je l'ai baisé, quelques fois et ma chère et tendre épouse l'a su. On ne dirait pas comme ça mais elle est plutôt jalouse.
Hermione écoutait la voix grave de l'homme en retenant sa respiration. Son « maitre » lui racontait tout, sans même sourciller. Cette esclave, son affection malsaine pour lui, leurs parties de jambes en l'air. Curieusement, c'était cette partie-là qui dérangeait le plus la lionne.
- Bien sûr, Astoria n'aime pas se salir les mains, alors elle a invité quelques amis de la famille ici, dans la cave. Tu la connais cette cave, n'est-ce pas ? ronronna-t-il narquoisement.
Les poings de la Gyffondor se serrèrent mais elle ne pipa mot.
- Bref, ils étaient plusieurs, ils l'attendaient. Je l'ai entendu hurler à la mort des heures durant, quand enfin ils s'en allèrent. Je n'y avais pas participé, les délires en groupe, ce n'est pas mon genre. Une fois la récréation terminée, je suis allé voir ce qu'il restait de mon esclave. Ne fais pas cette tête terrifiée, elle était encore vivante. Mais je l'ai achevé.
- Pourquoi ? murmura-t-elle la voix cassée.
- Cette pauvre fille était brisée autant physiquement que moralement, à quoi bon la sauver si c'est pour qu'elle se suicide plus tard… Le moins que je pouvais faire pour elle était de la libérer, dit-il doucement mais fermement.
Des larmes s'échappèrent des yeux voilés de la jeune femme et glissèrent lentement le long de ses joues livides. Cette histoire était atroce, du début à la fin, tout avait été ignoble. Cette pauvre esclave, cette fille, qui tout comme Hermione avait certainement eu une famille, des amis, une vie. Elle avait ressenti de la joie, de la douleur, de l'espoir. Oui, elle avait eu l'espoir d'être protégée par Malefoy, tout comme ce fut son cas dans cette cave avec ce Mangemort, mais il l'avait tué, de sang-froid, et n'en exprimait aucun regret. Toujours tétanisée par cette terrible révélation, elle n'aperçut pas le grand homme s'incliner sur elle et aspirer délicatement une des larmes qui coulait sur son menton, avant de se redresser calmement. Comme électrisée par ce contact, Hermione le regarda, muette, les yeux exorbités. Malefoy la dévisageait gravement, faisant courir ses prunelles avides de son menton jusqu'à ses lèvres avant de remonter sur son visage pour finalement croiser le regard de la femme brune, qui essayait de reprendre contenance.
- Je… je ne suis pas comme elle, balbutia-t-elle difficilement.
- Comment ça ?
- Je ne suis pas comme cette femme, continua-t-elle plus franchement. Si on m'avait fait subir ce qu'elle a subit, je vous aurai tous tué avant de me foutre en l'air.
Le regard de Serpentard sembla s'embraser, ses dents mordillèrent compulsivement sa lèvre, ses mains plaquées contre le mur se rapprochèrent du visage de sa captive, l'emprisonnant davantage.
- Mais encore ? murmura-t-il de sa voix rauque.
- A sa place, jamais je ne serais tombée amoureuse d'un tel enfoiré. Lorsque je suis obligée d'être près de toi, j'ai envie de vomir. Je te déteste à un point inimaginable. De toute ma vie, jamais je n'aurais pensé haïr quelqu'un avec tant de force. Tu me débectes ! cracha-t-elle, son cœur battant à tout rompre.
En voyant Malefoy lever la main, Hermione ferma rapidement les yeux, persuadée qu'il allait la gifler, quand à la place elle sentit une douce caresse sur sa joue. Abasourdie, la Gryffondor ouvrit les yeux et découvrit la mine étrangement calme et décontractée de son bourreau, comme si tout ce qu'elle venait de lui balancer en pleine face ne l'avait pas atteint. Non, l'homme se contentait de caresser son visage et chaque mouvement de sa main semblait brûler la peau de la femme, sans pour autant qu'elle en souffre. Cette sensation étant déconcertante et inédite.
- Qui es-tu ? demande-t-il placidement.
- Qui je suis ?
- Oui Helia Galicia, qui es-tu ?
- Je ne suis pas celle que tu crois, maronna-t-elle en se dégageant de la prise excessivement douce de son ennemi.
- Alors qui es-tu ? insista l'homme en reposant sa main contre le mur.
Elle devait se taire, la fermer, la boucler. Elle devait rester Helia Galicia, c'était vital ! Hermione serra les dents et pour la première fois depuis qu'avait débuté cet échange houleux et baissa les yeux pour qu'il ne découvre pas ses craintes. A son grand désarroi, le Serpentard approcha son visage encore plus près d'elle, à quelques centimètres de sa bouche, à tel point qu'à un moment elle crû même qu'il allait l'embrasser, quand elle l'entendit souffler quelques mots.
- Moi je sais qui tu es, je sais ce que tu souhaites cacher avec tant de virulence. J'ai très rapidement vu clair dans ton jeu. Veux-tu savoir ce que je sais de toi, petite esclave ?
- Dis-moi tout…, gémit-elle contre son gré, sans lever les yeux du sol.
- Tu es une foutue lionne revêche, une sacrée bonne boxeuse, une défenseuse des droits des elfes et une insupportable miss-je-sais-tout.
La sensation d'un poids qui s'effondre dans son estomac, sa gorge qui se serre, son cœur qui arrête définitivement de battre. Les yeux écarquillés d'horreur, Hermione leva son regard et le posa sur le grand homme qui la dominait de toute sa hauteur. Aucune moue victorieuse sur son visage, aucun sourire triomphant sur ses lèvres. Les bras vigoureux qui l'encerclaient retombèrent mollement le long de son corps rigide et c'est silencieusement qu'il s'éloigna de quelques pas, sans pour autant la lâcher des yeux.
- Depuis quand ? s'entendit-elle dire, paralysée
- Depuis longtemps Hermione, depuis très longtemps, juste après ton arrivée.
- Pou… pourquoi n'avoir rien dit ? bredouilla-t-elle, tiquant sur son prénom. Même à Poudlard, il ne l'avait jamais appelé ainsi.
Le Serpentard se passa la main dans les cheveux en soupirant de fatigue et de lassitude.
- Tu ne sais pas ce que c'est Hermione, de subir sa vie, de ne rien pouvoir décider, de vivre tout en souhaitant mourir.
A ces mots, Hermione eut envie de rugir de rire. Elle ? La pauvre esclave ne connaissait pas ce sentiment ? Elle qui vivait dans la peur et l'angoisse latente depuis des années ? Comment osait-il proférer ce genre d'inepties devant elle ?
- Et tu es apparue, dans cette salle à manger morose et vide. La féroce et courageuse Hermione Granger, réduite en esclavage et travaillant dans ma maison. J'ai cru revivre. Toi qui a Poudlard avais toujours tout contrôlé, toi qui étais constamment entouré de tes pathétiques amis, pour une fois tu étais seule, entre mes mains. J'avais l'ascendant, j'étais le maitre, annonça-t-il fébrilement, les jambes arquées et les poings serrés.
- Tu es complètement givré…
D'un bond il la rejoignit et la plaqua contre son corps, enroulant ses bras autour de sa taille fine alors qu'elle luttait pour s'échapper.
- Oui Hermione, je suis complètement et définitivement fou. C'est pour ça que je ne te laisserai jamais quitter cet endroit. Je te l'ai déjà dit mais je vais me répéter : Tu m'appartiens, non pas parce que tu es mon esclave mais parce que je l'ai décidé. Hermione, tu es à moi, tu es mon médicament contre cette foutue dépression qui me guette, tu es mon défouloir quand je suis sur le point de craquer. Tu es mienne et je te garderai aussi longtemps que je le peux, à mes côtés, avoua-t-il en la serrant un peu plus contre lui.
- Et si je me tue ?
- Tu restes une Gryffondor, le mot suicide ne fait partie de ton vocabulaire. Mais sois rassurée, je ne te laisserai pas te faire violer par ces chiens de Mangemorts. Avec Nott, j'ai été pris au dépourvu, mais ça ne se reproduira plus. Tu es à moi et je ne compte pas te partager avec d'autres.
Agrippant son visage avec fermeté, il planta son regard acier dans celui auburn de son esclave, glissant ses deux pouces sur ses lèvres pleines. Hermione restait sans voix. Il avait tout manigancé, depuis le début. Il savait qui elle était, il s'en était amusé et étrangement, il avait besoin d'elle. Pour la première fois depuis qu'elle vivait ici, elle eut peur de Malefoy mais non pas pour sa violence cette-fois ci. Non, sa peur augmentait au fur et à mesure que le regard de l'homme la scrutait de haut en bas, une ardente lueur alarmante dans ses iris. Jamais il ne l'avait contemplé de cette façon, l'œil passionné, mordant à nouveau sa lèvre, ses mains puissantes palpant son visage. Hermione avait l'impression qu'à présent, il la considérait comme une femme, à part entière. Et maintenant, la lionne ne pouvait voir que l'homme en lui, ce grand mâle à la stature impressionnante et au charisme certain. Tous deux avançaient sur un terrain glissant, il fallait qu'elle réagisse avant que ça ne dérape complètement.
- Tu te trompes Malefoy, je préfèrerais me tuer plutôt que de t'appartenir, gronda-t-elle, la voix pleine de défi.
- C'est toi qui te fourvoies, ma petite lionne, susurra-t-il le sourire en coin et le regard froid. Tu m'appartiens déjà.
D'un geste brusque, il la rejeta contre le mur et s'éloigna en direction des escaliers.
- Je partirai demain très tôt, ne sors pas de la chambre, je ne veux pas te voir avant mon départ, ordonna le grand blond sans se retourner. Et n'oublies pas Hermione, tant que tu es coincée entre ces murs, je peux faire de toi tout ce que je veux.
Et sur ces bons mots, il gravit les hautes marches en marbre et disparut.
Le souffle court, le corps frémissant, le cœur menaçant d'exploser, Hermione se laissa une nouvelle fois tomber au sol, les paupières closes. Comment avait-elle fait pour survivre à cet échange ? N'importe quel maitre l'aurait torturé et tué sur le champ après l'affront qu'elle avait osé commettre. Mais pas Malefoy, non, lui était beaucoup plus retors. Et surtout, il l'avait dit lui-même, il ne comptait pas se débarrasser d'elle, il avait besoin d'elle, de sa présence. A cette pensée, le corps de la femme s'enflamma de plus belle, ce qui la décontenança au plus haut point. Cet homme avait un problème, c'était évident, mais elle-même n'était pas totalement saine d'esprit, ce qui devait expliquer cette attraction malsaine mais pourtant indéniable entre eux.
- Calme-toi Hermione, calme-toi. Tu devrais être rassurée, il n'a pas dans l'idée de te donner en pâture aux Mangemorts, c'est plutôt une bonne nouvelle. En plus, il s'en va dès demain et qui sait dans quel état d'esprit il reviendra, se sermonna-t-elle durement. Le pire est passé, tu as pété un câble, lui aussi, mais personne n'est mort. Tu es encore vivante et ça c'est un putain de miracle ! Alors respire un bon coup et tu trouveras un moyen de t'échapper de ce merdier, comme toujours !
Malefoy s'en irait, elle resterait seule afin de pouvoir réfléchir sereinement. Elle ne devait pas penser au Serpentard penché sur elle et avalant sa larme. L'image d'elle collée à son torse musclé ne devait pas lui revenir sans cesse en mémoire. Elle n'était pas faible comme l'avait été l'ancienne esclave. Elle connaissait Malefoy, ils avaient été camarades à Poudlard, elle savait comment il fonctionnait. Par Merlin, il devait bien encore subsister un peu de ce garçon dans l'homme qu'il était aujourd'hui. L'étudiant avait des faiblesses, le « maitre » devait aussi en posséder.
« Hermione, tu es à moi, tu es mon médicament contre cette foutue dépression qui me guette, tu es mon défouloir quand je suis sur le point de craquer ».
Si elle était le médicament qui lui permettait de guérir, elle pourrait devenir le poison qui le tuerait.
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Voilà un chapitre qui annonce un gros changement dans cette histoire, une importante étape vient d'être franchie ce qui entrainera cette fiction vers une "nouvelle" direction ! Chapitre plus court que le précédent mais parce qu'il était important qu'il s'arrête là, vraiment ! ^^
Alors ? Votre avis ? Hermione a finalement craqué en pétant un câble mais Drago aussi en révélant qu'il connaissait son secret... Qu'avez-vous pensé de cet échange ?
Pour répondre à quelques questions et/ou constatations :
- je peux comprendre qu'on puisse trouver Hermione plus lisse que Drago, il est vrai qu'en "créant" un personnage aussi paradoxal et sombre que Drago, Hermione peut paraitre un peu "fade" à côté... J'espère néanmoins que dans ce chapitre elle a montré un peu de sa "folie" ^^
- l'histoire devait compter 10 chapitres mains finalement ce sera surement 11 (voire même 12 mais pas sur) !
- je n'aurais pas laissé Nott la violer car je ne me sens pas capable d'écrire ce genre de choses dans mon histoire, on va dire que j'ai pas assez de "cou*lles" pour ça haha
Hâte de lire vos reviews pour ce chapitre et merci merci merci de m'en laisser ! (je vais peut-être franchir le cap des 100 avec ce chapitre héhé) ! :D
