Merci pour vos dernières reviews, vous êtes des amours !
Elle s'en voulait. Le peu de vin qu'elle avait bu l'avait poussée à baratiner avec lui un peu plus qu'à l'accoutumée. Pire, elle l'avait ouvertement courtisé et lui ne savait où se mettre, ses longs silences pour répondre à ses sous-entendus en étaient la preuve formelle. Il la considérait comme une amie et rien de plus. Ce dont elle doutait depuis quelques temps était redevenu une sèche réalité en une poignée de secondes. C'était évident. Ce rapport de séduction, Cal l'entretenait avec toutes les femmes, amies ou non, ce n'était pas un critère distinctif. En gravissant pieds nus ces marches, Gillian Foster se trouvait bête. Elle était tombée dans le piège que lui avait tendu sa propre vanité et elle était surprise d'en être si cruellement touchée. Et bien qu'elle eût tenté de réfléchir froidement à la situation, elle ne pouvait s'empêcher de sentir l'amertume qui coulait dans sa gorge.
« Non, Gillian attends !
Il s'était levé soudainement comme s'il avait reçu de façon inattendue une salve inespérée de courage. Gillian interrompit son ascension pour se tourner en sa direction.
- Oui Cal ? dit-elle la bouche légèrement entrouverte.
Il la rejoignit au pas de course dans l'escalier. Accroché à la rampe en fer forgé, il se posta devant elle. Elle le surplombait d'une marche. Il la contempla un moment sans parvenir à prononcer un mot : son visage était éclairé par l'unique applique de la façade de l'hôtel : de cette manière, la couleur bleue de ses yeux ressortait de façon presque surnaturelle. Sa beauté était infaillible, car immanquablement, elle le réduisait au silence et l'envoutait sans qu'aucune lutte ne puisse être rendue. Mais à cet instant, il sût qu'il ne supporterait pas une journée de plus sans lui dire. Il grimpa la dernière marche pour se mettre à son niveau. Il lui saisit la main qui n'était pas prise par ses escarpins.
- Moi aussi.
Intriguée, Gillian arqua un sourcil.
- Moi aussi quoi ?
Son visage ne dégageait aucune expression, sa voix ne laissait réfléchir aucune émotion, elle était indécryptable comme jamais. Sans indicateur, c'était décidément trop dur à avouer. Avec son autre bras, il lui entoura la taille tout en maintenant au début une distance décente. Il fit une moue d'approbation.
- C'est vrai que ce n'est pas très clair, avoua-t-il.
Il resserra son étreinte de telle sorte que son visage s'approchait dangereusement du sien.
- Moi aussi, je… dit-il en marquant une petite pause le temps de sourire, je t'aime »
Comme pour illustrer ses paroles, son deuxième bras vint également entourer sa taille, Gillian posa les siens sur chacune de ses épaules en entourant son cou. A ce degré de proximité, l'hésitation et l'ambiguïté n'étaient plus permises. Il s'interdit de réfléchir plus pour enfin poser ses lèvres sur les siennes.
NB : je ne sais pas pourquoi, mais j'ai toujours trouvé que les escaliers étaient des lieux profondément... romantiques.
Ce chapitre est un peu court, il aurait mérité d'être rattaché au précédent, mais c'était juste histoire de vous faire mariner un petit peu. ;)
Vous n'êtes pas trop déçus par le dénouement j'espère ? Je vous promets un chapitre de plus, et même peut-être deux !
