Titre : Vent d'Est
Auteur : Mokoshna
Manga : Naruto
Crédits : Naruto est la propriété de Masashi Kishimoto.
Avertissements : Yaoi un peu plus tard, SasuNaru et KakaIru, AU. Les personnages sont OOC mais c'est normal on va dire, ils n'ont pas été élevés pareils que dans le manga...
Blabla de l'auteur : Un peu plus d'informations, un peu plus de choses qui se passent... Et le début des histoires personnelles qui apparaît.
Un chapitre publié un peu plus tôt parce que ma coloc' a absolument tenu à le lire avant de partir au boulot et que je dors à l'heure où elle s'en va... Donc au lieu d'être publié le lundi midi, il l'est le lundi à 00 heure et quelques.
Bonne lecture !
Chapitre 7 :
Nouvelle donne
En y repensant bien, Iruka n'aurait pas dû être aussi surpris par ce qu'il avait découvert sur la pellicule. Il avait rencontré bien des choses incroyables tout au long de sa carrière en tant que militaire : la magie sithe utilisée par l'élite anglicane, les déserts glacés de Russia et les créatures de l'hiver qui y vivaient, les illusions franches-terroises et même les étranges oiseaux-dieux d'Arcadia et leur technologie qui avait si bien servi à forger la civilisation des terres de l'Est. Son propre pays d'origine, le Japonin, avait maints secrets et maintes surprises en réserve, à commencer par l'existence des Bijû et ce qu'ils avaient apporté aux Japonins des siècles auparavant. Les ninja étaient des êtres de l'ombre, créations artificielles que leurs ancêtres avaient réussi à forger à partir des secrets habilement dérobés à leurs dieux. Wensëli lui-même et son Feneris n'étaient-ils pas la preuve que tout était possible en ce bas-monde ?
Meelian était une Compagne au physique juvénile qui ne laissait pas deviner l'immense intelligence qui se cachait derrière les épaisses montures argentées de ses lunettes. Elle connaissait Wensëli depuis près de deux siècles ; c'était elle qui l'avait orienté vers le Feneris et l'avait aidé à le renflouer après que son créateur, le redouté criminel Nergen, avait été tué par les Sithes. Elle n'avait même pas sourcillé en voyant la technologie rudimentaire utilisée sur l'appareil photographique. En moins de temps qu'il n'en faut pour le dire, elle avait déjà extrait toutes les photographies prises sur la pellicule et les montrait sur un écran géant aux deux militaires.
— C'est fascinant, vraiment fascinant, ne cessait-elle de répéter, les yeux pétillants.
Iruka pouvait facilement comprendre son état d'esprit. Meelian était une scientifique dont le plus grand plaisir était de découvrir de nouvelles inventions, de nouvelles choses. La contemplation d'un mystère de plus devait la combler de joie.
— Tu ne peux pas faire mieux, Meelian ? demanda Wensëli en fixant d'un oeil impatient les images floues et en noir et blanc qu'elle leur montrait. Ce n'est pas très net.
— Pas très net ? s'écria-t-elle, méprisante. Je ne sais pas si tu t'en rends compte, mais tu m'as donné un jouet aux fonctions limitées, à moitié cassé, et qui a été utilisé dans de très mauvaises conditions vis-à-vis de ce dont il est capable. Je trouve au contraire que je me suis extraordinairement débrouillée. N'importe quel ingénieur humain t'aurait donné une ombre en guise de preuve !
— Une preuve de quoi ? demanda Iruka sur un ton intéressé.
— La preuve de l'existence d'une nouvelle forme de vie !
Meelian se frotta les mains, visiblement ravie. Wensëli plissa les yeux pour essayer de voir ce qui l'excitait autant.
— Je ne vois toujours qu'une ombre floue, dit-il en haussant les épaules.
Meelian se rapprocha de l'écran, agacée, et y pointa une baguette de présentation fine qu'elle avait sorti de son impressionnante veste de laboratoire. Elle s'en servit pour indiquer tour à tour les sections qu'elle nommait.
— Ici, on voit très nettement la queue de l'animal, dit-elle d'une voix impatiente, et là son corps sinueux. Quelques pattes courtes, mais celles qui sont à l'avant ont une taille respectable, je dirais plusieurs dizaines de mètres au bas mot.
— Comment peux-tu le savoir ? s'étonna Iruka. Je ne vois aucun repère pour calculer son échelle.
— On peut le voir grâce à l'ombre de l'Ange Céleste sur ce nuage, dit-elle simplement. Si tu compares avec celle de la bête (et je ne doute pas que c'en soit une), elle doit faire environ trois cent mètres, soit mille de vos pieds anglicans.
— C'est... énorme, dit Iruka. En es-tu sûre ?
— Est-ce une insulte ?
— Désolé.
Il se tassa un peu plus dans son siège sans plus faire attention à la moue boudeuse de Meelian. Les questions se bousculaient dans sa tête.
— Je ne pense pas qu'il s'agisse d'une créature franche-terroise, dit-il enfin. Nos espions n'auraient pas été si imprudents au point de laisser passer quelque chose d'aussi gros, dans tous les sens du terme.
— Pourtant, quand on voit ce que les Francs-Terrois peuvent faire...
— Non. Ce n'est vraiment pas le genre de l'empereur Ferdinand IV. S'il disposait d'une telle force de frappe, cela ferait longtemps que nous l'aurions su.
— Il faisait peut-être un essai ?
— Sur un appareil contenant une partie de la noblesse anglicane se rendant à Arcadia ? Ce serait stupide.
Wensëli ne répondit pas, mais le sourire en coin qu'il eut à ce moment en disait long sur ce qu'il pensait de l'intelligence de la race humaine. Iruka ne chercha même pas à défendre les siens : il avait bien d'autres soucis en tête. Meelian ajusta l'image en pianotant rapidement sur le clavier tactile qui se trouvait devant elle, et les deux hommes virent une tête au museau sombre serti de longues et fines moustaches apparaître devant eux. Les yeux de la créature luisaient d'une manière qu'Iruka n'avait aucun mal à qualifier de démoniaque.
— Qu'est-ce que c'est, à ton avis ? demanda-t-il à Meelian.
— Un dragon.
— Les dragons n'existent pas, dit Wensëli sans s'émouvoir. Toi qui es une scientifique, tu devrais savoir cela.
— Et toi qui n'es pas loin d'être un aventurier, tu devrais savoir que toute légende n'est pas que chimères. Si les dieux existent dans ton univers atrocement balisé, alors pourquoi pas un dragon ?
— Les dragons sont des créatures maudites.
— Tout comme les Bijû, murmura Iruka, pourtant j'en ai vu de mes propres yeux. Pourquoi a-t-il attaqué l'Ange Céleste ?
Meelian secoua la tête.
— Ça, c'est à toi de le découvrir, mon cher. J'ai fait ma part des choses.
— Alors le Feneris doit faire face à un dragon, dit Wensëli. C'est un dénouement inattendu, même si je dois avouer que je suis plutôt curieux.
— Curieux pour quoi ?
— Je me demande seulement si nous sommes en mesure de l'affronter.
— Il n'y a pas de raison, dit Iruka. Pour l'instant, nous ne savons pas pourquoi il a attaqué l'Ange Céleste. Si ça se trouve, mes compatriotes ont trouvé le moyen de l'irriter, ce qui en connaissant William Sagan est une explication plausible.
Wensëli ne paraissait pas convaincu.
— Menace ou pas, j'aimerais quand même le retrouver, ce dragon.
Iruka acquiesça. Meelian n'était pas loin de sautiller sur place, tant elle était excitée. Elle laissa bientôt les deux hommes afin de terminer une expérience qu'elle avait mis en suspens en apprenant qu'on avait besoin de ses compétences. Lorsqu'elle se fut suffisamment éloignée avec son matériel, Iruka put parler à l'aise.
— Tu n'y crois pas, à cette histoire de dragon, je me trompe ? dit-il à un Wensëli pensif.
— Bien sûr que non, fit son ami d'une voix sèche. Tu connais Meelian. Toujours à chercher les solutions les plus abracadabrantes au moindre mystère. À la croire, les dieux passent leur temps à se balader sur terre.
Ce qui n'est peut-être pas si fou qu'on le croit, se dit Iruka en repensant soudain aux légendes qu'il avait entendues dans sa vie et aux monstres qu'il avait eu l'occasion de rencontrer. Surtout si on a comme moi assisté à une scène de l'enfer...
o-o-o
Naruto ne savait pas s'il devait être flatté ou alarmé que Kakashi fasse autant de cas de lui ; sa vie avait si radicalement changé en quelques jours qu'il n'était plus sûr de grand-chose, d'ailleurs. Après les révélations du jônin sur le Bijû qui habitait son corps, il se sentait perdu, lancé trop tôt dans un monde dont il ne soupçonnait même pas l'existence. Kakashi ne chercha pas à minimiser l'ampleur de ce que la présence du Kyûbi dans son corps impliquait.
— Iruka était au courant ? demanda-t-il d'une voix blanche.
— C'est lui qui a voulu s'occuper de toi, d'après ce que je sais. C'était très noble de sa part, en sachant ce que le Kyûbi avait fait à sa famille.
Les mains de Naruto tremblaient quand il voulut soulever son haut pour regarder sur son ventre. Le tatouage était toujours là, inchangé. Pour la première fois, Naruto remarqua que le tracé était plus pâle que durant son enfance ; il s'y était tellement habitué qu'il n'avait pas fait attention à ce détail... La vue de sa peau, si lisse et tendue, le remplit de dégoût. L'oeil de Kakashi le scrutait en silence, et il eut envie de hurler jusqu'à ce que sa gorge soit sèche et qu'il cesse de respirer. Ces mains étaient celles qui avaient serré Iruka des centaines de fois ; ce ventre était celui qui contenait le monstre qui lui avait fait tant de mal.
— Comme ça ? Il n'a jamais cherché à...
— Te tuer ? On m'a dit que oui, mais il aurait changé d'avis et... Enfin, je ne suis pas sûr de connaître les détails. Et si tu lui demandais toi-même ?
— Comment ? Il est loin !
Il réprima à grand-peine un sanglot. Quel imbécile ! À quoi cela lui servirait-il de pleurer maintenant ? Devant lui, Kakashi attendait calmement, comme si ce genre de révélation était une chose qu'il faisait tous les jours. Naruto le haïssait bien un peu en cet instant.
— Nous en avons discuté avec le Hokage. Il pense envoyer une équipe spéciale pour le ramener ici. J'ai essayé de me proposer, mais il a refusé catégoriquement. Il croit que je serais mieux ici à t'enseigner à être le meilleur soldat possible.
— Je ne veux pas être soldat ! s'écria Naruto sur le ton de la colère. Je déteste la guerre !
— J'ai bien peur que tu n'aies plus le choix de ce côté-là.
— Et pourquoi ? Je suis bien libre de choisir ce que je veux faire tant que je ne suis une menace pour personne, non ?
— C'est vrai, mais il y a bien des ambitieux dans ce monde qui ne pensent pas comme toi.
— Je sais, fit Naruto avec amertume. Croyez-moi, je sais.
Naruto repensa au Grand Chambellan, à la Reine Elaine, à Iruka qui semblait détester sa position de Commodore bien qu'il n'en parlât jamais. Son oncle Stephen avait toujours été sur la défensive en sa présence ; et lors des rares fois où il se retrouvait en face des Sithes qui composaient la suite personnelle de la Reine, ceux-ci l'avaient regardé avec horreur et condescendance. Jusqu'où savaient-ils, pour le Kyûbi ? Et jusqu'où Iruka était-il allé pour préserver la vie d'un être qu'il était censé haïr ?
— Pourquoi Iruka a fait tout ça ? Il a tout abandonné pour moi ? Il n'y était pas obligé !
— C'est un ninja, dit Kakashi d'une voix morne. Il doit obéissance et respect à ses supérieurs.
— Il a donc agi sur ordre.
Cette pensée était insupportable, plus encore que de savoir qu'il y avait un monstre dans son corps. Naruto serra les poings. Dire qu'il y avait quelques heures à peine, il pensait être l'homme le plus heureux du monde en ayant découvert les ramen ! Il avait l'impression que d'un coup, tout son univers si gentiment délimité, toutes ses convictions avaient été balayées pour ne plus laisser qu'une place nette qui ne demandait qu'à être remplie. Il leva les mains devant ses yeux et les regarda bouger comme si c'était la première fois.
— Ne va pas te prendre le chou plus qu'il n'est nécessaire, dit Kakashi en lui agrippant le poignet. Tu viens de découvrir quelque chose de plus sur toi, c'est vrai, mais tu n'en restes pas moins Naruto. Tu as une personnalité et une manière de penser qui n'appartiennent qu'à toi.
— Mais...
— Iruka a laissé toute sa vie derrière lui pour essayer d'en fonder une nouvelle pour toi. Est-ce ainsi que tu le remercies ? En balançant tout ça aux quatre vents juste parce que tu viens d'apprendre que tu n'étais pas seul dans ton univers intérieur ?
Naruto eut un rire nerveux.
— Tu dis de drôles de choses, Kakashi.
— Et toi, tu as une grande gueule et tu énerves Sachiko, mais il n'empêche que je t'apprécie quand même, d'une certaine manière.
— Ah ! Sachiko ! Est-ce qu'elle est...
Il baissa la voix.
— Est-ce qu'elle sait, pour le... pour lui ?
— Non, mais je compte bien le lui dire quand elle sera de retour de sa mission. Ou tu peux le faire toi-même si tu veux.
Le coeur de Naruto se glaça.
— Est-ce bien nécessaire ?
— Je pense que oui. Il sera difficile de lui cacher à partir du moment où nous passerons à un niveau d'entraînement supérieur.
— Je ne veux pas...
— Je sais.
Kakashi jeta un coup d'oeil en direction de son ventre qui était encore visible. En voyant cela, Naruto le couvrit brusquement de son survêtement en se promettant de ne plus jamais le montrer nulle part.
— Je déteste ce stupide tatouage. J'aurais préféré de jamais être tombé de l'Ange Céleste !
— Ce n'était peut-être pas une si mauvaise chose, dit Kakashi.
— Bien sûr que si ! Sans ça, je serais tranquillement chez moi à l'heure qu'il est ! Et je ne saurais rien de ce... de cette malédiction !
— Et quand la vérité te serait tombée dessus sans que tu sois préparé, le monde aurait passé un très mauvais quart d'heure.
Naruto secoua la tête.
— Comment ça pourrait être le cas ? Je ne veux de mal à personne...
— Toi non, mais il faut que tu comprennes que la bête qui est en toi est très malfaisante. C'est un démon qui a détruit un nombre insensé de vies et n'hésiterait pas à le refaire pour recouvrer sa liberté.
— Alors il faut le tuer !
— Ça ne marche pas comme ça.
— Bien sûr que si ! s'écria Naruto, hystérique. Il faut juste que...
— Ça ne marche pas comme ça ! hurla Kakashi. Naruto, tu ne sais pas la moitié de ce que cette histoire implique !
— Alors explique-moi ! Dis-moi ce que je dois faire pour éviter de faire du mal à des innocents !
Kakashi se tut et le regarda longuement. Naruto n'osait pas bouger de peur de le faire partir ; il attendit donc qu'il eut fini, maudissant comme jamais sa venue au Japonin. Cela prit un temps considérable ; il pouvait presque voir les rouages s'agiter sous le crâne du jônin. Kakashi était tendu, méfiant ; si ce qu'il lui avait raconté sur le Kyûbi était vrai, il avait toutes les raisons de l'être. Naruto aurait donné cher pour pouvoir se rappeler de cette période.
— Nous allons faire un marché, dit enfin Kakashi. Tu vas continuer à apprendre tes cours, puis nous passerons à la pratique. Chaque jour, si je juge que tu as fait assez de progrès, je te permettrai de me poser une question. Que j'y réponde ou pas est à ma discrétion, bien entendu.
Naruto commença à protester, mais Kakashi le fit taire d'un geste.
— C'est tout ce que je peux te proposer, fit-il d'une voix lasse, et c'est déjà beaucoup. Je ne suis pas censé te parler de tout ça avant que tu ne sois en mesure de te battre. Ce marché pourrait bien me coûter ma tête s'il arrive aux oreilles de la mauvaise personne.
— Le Hokage, par exemple ?
— Pas nécessairement, mais il est vrai qu'il avait émis quelques réserves... Quoi qu'il en soit, fais de ton mieux, et nous verrons.
— Pourquoi est-ce que je dois tellement devenir un ninja ?
— C'est une question.
— Kakashi !
Le jônin soupira.
— Tu préfères rester sans défense si un ennemi essaie de t'attaquer pour s'emparer du Kyûbi ?
Naruto sentit le sang se retirer de son visage.
— Ils ne feraient pas ça... Personne n'est au courant, n'est-ce pas ?
— À peu près tous ceux qui ont plus de dix-huit ans dans le village le savent, bien qu'ils n'ont sans doute pas fait le rapprochement avec toi.
Naruto eut l'impression de recevoir un coup au creux de l'estomac.
— Et ils n'ont rien dit en me voyant ?
— Ils te croient mort. Là encore, c'est grâce à ton tuteur.
— Quelle chance, fit Naruto d'un air narquois. C'est tout ce qu'il me fallait, que les gens croient qu'Iruka m'a tué étant bébé. Je n'aurais plus qu'à faire un tour avec lui en avion au-dessus de leurs têtes et ils croiront que je suis revenu des enfers pour les égorger dans leur sommeil.
Kakashi lui mit une main compatissante sur l'épaule.
— Courage ! Veux-tu rester là à te morfondre sur ton sort ou essayer de trouver le moyen de contrôler ton destin ?
— Je...
La main de Kakashi était chaude et légère. Naruto ne savait plus que penser de cet homme au faciès éternellement dissimulé derrière ce masque de tissu sombre. Allié sûr ? Opportuniste ?
— Pourquoi tu me dis tout ça, Kakashi ? Tu m'avais affirmé que tu aurais des ennuis si ça se savait. Alors pourquoi te donner tant de mal ?
Le regard de Kakashi se fit plus dur.
— Je n'aime pas garder les secrets plus qu'il n'est nécessaire, surtout si le fait de les révéler faciliterait les choses. J'ai déjà bien trop de secrets dans ma vie.
— Comme Sasuke, par exemple...
Naruto avait dit ça sans y penser ; il se plaqua une main paniquée devant la bouche en se rendant compte de son erreur. Kakashi ne parut nullement fâché.
— Tiens, tu étais donc au courant... Je me disais bien que Sasuke se montrait un peu familier avec toi. Ça ne lui arrive jamais, d'habitude. Il a bien trop peur de se faire démasquer.
— Kakashi, pourquoi est-ce qu'il doit s'habiller en fille ?
— C'est une question, fit Kakashi avec une pointe d'amusement dans la voix.
— Ça ne me concerne pas !
— Raison de plus. Tu imagines si Sasuke l'apprenait ? Il m'en voudrait...
Naruto hésita, mais il avait tellement envie de savoir... Sasuke était l'un des seuls amis qu'il avait jamais eus dans sa vie, le plus proche depuis Rebecca. Il voulait tout savoir sur lui, partager ses secrets et l'aider si possible. Il se demanda comment le travesti réagirait à la nouvelle de la présence du Kyûbi dans son corps...
— Tu l'aimes beaucoup, n'est-ce pas ? murmura Kakashi.
Naruto fit un large sourire.
— Il fait quelquefois un peu peur et il peut être super coincé quand il s'y met, mais c'est quelqu'un de génial. Et il m'a payé quatre ramen !
Kakashi éclata de rire. À chaque mouvement, son bandeau placé de travers sautait sur son front ; Naruto s'attendait à ce qu'il se détache mais cela n'arriva pas. Dehors, la lumière du soleil déclinait ; il était donc si tard ? Le temps était doux, une sensation de tranquillité flottait dans l'air, comme un matin de congé où il n'y avait rien d'autre à faire que de somnoler dans son lit. Naruto cligna des yeux, un peu fatigué. Il n'avait rien remarqué, mais toutes ces histoires l'avaient épuisé et il se sentait prêt à aller s'effondrer dans le placard miteux dans lequel il couchait. Kakashi finit de rire et le regarda d'une drôle de manière.
— Je t'aime bien, dit-il doucement. Tu es peut-être ce qu'il faut à Sasuke. Reste son ami, veux-tu ?
— Bien sûr ! Mais tu ne m'as pas répondu...
— Il ne t'a rien dit ? Sasuke...
— Il m'a parlé de son frère. C'est vrai qu'il veut le tuer ?
— Itachi Uchiha ? Oui, il veut effectivement l'éliminer.
— Pourquoi ?
— C'est un fou assoiffé de pouvoir. Il avait tué toute sa famille minus Sasuke quand celui-ci avait huit ans.
Les yeux de Naruto s'écarquillèrent sous l'effet de la surprise et de l'horreur.
— Je l'ignorais...
— Il était très puissant, et il n'a cessé de progresser depuis. Sasuke l'adorait. C'est lui qui a découvert les corps de ses parents quand il est rentré de classe.
— C'est abominable ! Pourquoi a-t-il fait ça ? C'est...
Naruto secoua la tête, incapable de continuer. Quel genre d'homme irait tuer ses parents ? Lui qui avait toujours voulu rencontrer les siens et pour qui Iruka était toute sa vie, il ne pouvait imaginer ne serait-ce que lever la main sur son tuteur, son frère.
— Sasuke, est-ce qu'il...
— Ça suffit comme ça, dit Kakashi sur un ton brusque. Je considère les questions sur Sasuke comme faisant partie de ce que tu dois de demander après une journée d'apprentissage.
— Mais... Tu m'avais dit...
— Je ne suis pas comme ton Iruka, dit Kakashi sans le regarder dans les yeux. Je n'ai pas assez de cran pour faire face à mes démons et leur pardonner sans que cela ait de répercussion sur notre relation. Demain. Ou... un autre jour, nous avons tout le temps d'en parler. Sasuke ne va pas s'en aller du jour au lendemain.
Naruto ne comprenait pas bien, mais Kakashi devait avoir ses raisons d'agir ainsi, n'est-ce pas ? Il était le tuteur de Sasuke et ne voulait que son bien, comme Iruka était son tuteur et l'avait si bien protégé depuis toujours. Néanmoins, une boule d'angoisse lui serrait le ventre. Oubliant sa peur de tantôt, il se mit à espérer le retour rapide de Sasuke. Ils pourraient continuer à comparer leurs existences et le soir, ils iraient manger ensemble, en bons camarades qu'ils étaient...
— Je ferais mieux de me remettre au boulot, dit-il en voyant que Kakashi avait fini de parler. J'ai encore beaucoup à faire avant d'arriver au niveau des autres.
— Oui, chuchota Kakashi qui avait l'air bouleversé. Oui, c'est mieux. Je... je vais te laisser...
Il partit sans un regard en arrière. Naruto sentait un vide en lui, pile à l'endroit où se trouvait le sceau d'encre qui contenait le Kyûbi. C'était déconcertant, surtout après tout ce que Kakashi lui avait dit (et ce qu'il ne lui avait pas dit non plus).
Il retourna à ses cours, mais le coeur n'y était plus.
— Reviens vite, Sasuke... murmura-t-il en espérant vaguement que le vent apporterait ses mots à son ami et le ferait venir plus vite.
o-o-o
S'il y avait une chose que Sasuke détestait, c'était les histoires de coeur, surtout quand cela le concernait. La perspective de passer une mission entière à escorter un homme tel que Kabuto Yakushi ne l'enthousiasmait guère ; encore moins depuis que celui-ci lui faisait les yeux doux. Entre lui et Lee qui n'arrêtait pas de draguer tout ce qui avait (à sa connaissance) des seins pour se prouver qu'il n'était pas du tout intéressé par Gaara du Sable (et celui qui dirait le contraire aurait à tâter de ses poings !), il commençait à se sentir ridiculement acculé.
— Sachiko n'est pas du genre à sortir avec des types louches dans ton genre ! s'écria Lee en montrant ses poings à Kabuto. C'est une jeune fille respectable, elle !
— Je ne vois pas en quoi c'est si aberrant, dit Kabuto en remontant ses lunettes sur son nez. Je pense être un bon parti, et notre union vous assurerait mon soutien inconditionnel.
— Ce serait... de la prostitution ! s'indigna Lee. Sachiko est au-dessus de ce genre d'acte odieux !
Et surtout, cela aurait pour effet de dévoiler le véritable sexe de Sasuke, ce qu'il voulait éviter autant que possible. Il supplia Sakura des yeux pour qu'elle lui porte secours. Son amie se mit à rire et attrapa Lee par la peau du cou. Autour d'eux, les ninja venus prendre leur avis de mission les regardaient en tâchant de ne pas rire. Ils avaient l'habitude de voir un homme ou un autre se battre pour les beaux yeux de Sachiko Hatake, la nièce du fameux ninja copieur Kakashi et aussi l'une des plus jolies filles du village. Le fait que l'un de ses soupirants soit Kabuto Yakushi n'avait rien de surprenant : celui-ci était en effet très ambitieux et rêvait d'épouser une héritière de grande famille. Les clans Hyûga et Yamanaka lui ayant été fermés suite à plusieurs histoires embarrassantes que tout le monde s'efforçait d'oublier, il ne lui restait donc qu'à se rabattre sur des noms moins prestigieux en termes de lignée, mais non moins influents. Sachiko Hatake était ainsi sa cible privilégiée, au grand dam de Sasuke qui devait redoubler de vigilance en sa présence. Comme si cela ne lui suffisait pas de devoir surveiller Kabuto pour qu'il ne leur fasse pas un coup bas, il devait en plus veiller sur sa chasteté ! Cela commençait à en faire trop, même pour lui.
— Je crois que Sachiko est assez grande pour se débrouiller toute seule, tu ne crois pas Lee ? dit Sakura de son côté. Elle a aussi le droit de décider avec quel garçon elle veut sortir.
— Certes, approuva Kabuto avec un sourire charmeur. Et ce sera moi.
— Ça j'en doute, fit Sakura avec un clin d'oeil. Sachiko a déjà des vues ailleurs.
— Comment cela ?
— Il y a ce garçon, Naruto, elle semble s'y intéresser particulièrement, si tu vois ce que je veux dire...
— Sakura !
Sasuke se maudit de ne pas avoir arrêté Sakura à temps. Il ne fallait pas que Kabuto découvre l'identité de Naruto, cela aurait été désastreux ! Sakura plissa les yeux, surprise, mais se tut comme le lui avait indiqué Sasuke. Trop tard ; le mal était fait. Kabuto parut très intéressé.
— Vraiment ? Et qui est ce Naruto ?
— Personne, fit sèchement Sasuke. Sakura se fait des films.
— Pourtant...
— Ah, Naruto, c'est pas ce type avec lequel vous êtes rentrés l'autre jour ? demanda Lee en fronçant ses épais sourcils. Je ne vois pas ce que tu lui trouves, Sachiko, il est très quelconque !
— Il n'y a rien entre Naruto et moi, grommela Sasuke. C'est juste un civil qu'on a sauvé en route et ramené au village.
Lee fit la grimace, visiblement vexé par le ton qu'avait pris sa belle. Sasuke avait d'autres chats à fouetter que sa petite susceptibilité de mâle éconduit : Kabuto le fixait de ses yeux torves, essayant sans doute de démêler le vrai du faux afin de voir s'il y avait une information qu'il pourrait réutiliser à son avantage. C'est que Sasuke commençait à le connaître, Kabuto, à force de le fréquenter.
— J'ai fini, dit Neji en revenant dans leur groupe.
Il était parti durant une dizaine de minutes pour enregistrer leur départ auprès du service qui s'occupait des missions. Sakura lui fit un sourire crispé, mais elle était bien la seule : Kabuto et Lee se faisaient la tête et Sasuke avait une furieuse envie de leur arracher ce qui leur servait d'appendice viril.
— Quelque chose ne va pas ? dit Neji.
— Sachiko s'est trouvé un fiancé, grogna Lee. Un type que je ne connais pas.
— Puisque je te dis que ce n'est pas le cas, dit Sasuke entre les dents. Ne va pas te faire d'idées saugrenues, surtout !
Lee ne l'écoutait plus. Tant pis ; cela lui passerait bientôt. Ce n'était pas dans son genre de garder une rancune très longtemps. En revanche, Sasuke s'inquiétait davantage pour Kabuto : pourquoi n'avait-il rien dit ? Que préparait-il ?
— J'aimerais bien le rencontrer, dit justement Kabuto, histoire de voir quel sorte d'homme est mon rival en amour.
— C'est inutile, il n'est pas du tout en course.
Sasuke lança un regard quelque peu paniqué à Neji qui ne broncha pas.
— Ce n'est pas vraiment le moment de discuter de ce genre de choses, dit-il sans s'énerver. Il nous faut partir. Kabuto, n'aviez-vous pas dit que vous étiez pressé ?
— C'est vrai. Tout est prêt ?
— Oui. Il ne reste plus qu'à y aller.
— Dans ce cas, je te suis, Neji.
Neji leur emboîta le pas ; c'était son privilège en tant que chef de groupe. La discussion à propos de Naruto avait été abandonnée, mais Sasuke savait que ce n'était que partie remise. Il se passa la main dans les cheveux, comme à chaque fois qu'il était nerveux. C'était une mauvaise habitude dont il n'avait jamais vraiment réussi à se défaire, mais fort heureusement il ne se le permettait qu'en présence de gens à peu près sûrs. Il fallait qu'il pense à broder un mensonge convaincant avec Neji durant le voyage...
Kabuto le frôla en passant, ce qui fit sursauter Sasuke qui pensait encore à ce qu'il pouvait inventer pour expliquer la présence de Naruto au village. Il lui lança un regard irrité.
— Fais attention.
— C'est plutôt toi qui devrait faire attention, Sachiko, fit-il avec un sourire doucereux. Tu avais la tête ailleurs ?
Sasuke ne prit pas la peine de répondre. Le geste brusque qu'il avait fait après avoir été surpris par Kabuto avait défait ses cheveux ; il les arrangea de manière distraite. Quand il eut fini, il s'aperçut que Kabuto le fixait de ses yeux de fouine.
— Quoi ?
— Joli tatouage, dit Kabuto avec un sourire en désignant la nuque de Sasuke, à présent recouverte par une tresse épaisse. Je ne l'avais jamais remarqué avant. Ce sont des chaînes d'or ?
À quoi jouait-il ? Sasuke se retint de tâter du bout des doigts la marque qu'il portait à l'arrière du cou depuis son enfance. D'habitude, elle était cachée par ses longs cheveux, mais il avait dû trop les relever et l'espace d'un instant, elle était apparue aux yeux de tous. Il n'y faisait jamais attention. Kakashi avait insisté pour la lui apposer à l'époque de son arrivée dans sa maison ; selon lui, c'était une preuve de son appartenance au clan Hatake. Le jônin en possédait un semblable à l'emplacement du coeur.
— Un caprice de fille, dit-il prudemment. À l'époque, je trouvais ça joli.
Il était sans doute plus prudent de dissimuler sa véritable signification. Kabuto toisa longuement Sasuke ; il était impossible de savoir à quoi il pouvait bien penser. Puis, sans prévenir, son sourire s'élargit.
— C'est ravissant, dit-il en s'éloignant.
Sasuke trouva sa remarque curieuse, mais il n'y pensa bientôt plus : Lee venait de se précipiter vers lui à la suite de Kabuto pour lui faire lui aussi des compliments sur sa coiffure. Il fut si empressé, si enflammé que Sasuke oublia bien vite ses autres soucis pour ne plus se concentrer que sur les différentes manières de rejeter son ami avec le plus de tact possible.
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Shikamaru n'aurait jamais cru pouvoir dire un jour de Shino qu'il était expansif ou passionné, pourtant force était de constater que cela était le cas : cela faisait une demi-heure que son compagnon tentait de lui expliquer en détail le fonctionnement du petit bijou de technologie qu'il avait sous les yeux. L'appareil volant occupait tout un hangar garni d'outils et d'instruments hétéroclites. Jiraiya le jaugeait d'un oeil sûr, mais en prenant bien soin de rester en retrait pour ne pas déranger ses hommes. Ino s'amusait à parler chiffons avec un Sai amorphe qui ne l'écoutait que d'une oreille tout en faisant des croquis.
Cet « avion » comme l'appelait Shino était bien la machine la plus étrange que Shikamaru ait aperçue jusque-là. Il avait la forme grossière d'un insecte volant doté de deux paires d'ailes aux tailles différentes qui avaient été repliées le long de son corps. L'arrière (là où était placé selon Shino un moteur à propulsion) était plus volumineux que l'avant, et l'unique habitacle situé en tête de l'appareil était rempli de commandes et de manettes diverses qui donnaient le tournis à quiconque ignorait leur fonctionnement. Bien que dépassé, Shikamaru ne pouvait s'empêcher d'admirer ce que son ami avait accompli. La construction de cette chose avait dû lui prendre des années.
Shino avait été de prime abord assez récalcitrant à révéler la présence de cet appareil volant. Shikamaru ne pouvait guère lui en vouloir : entre la loi qui interdisait l'usage des moyens de transport motorisés sur le continent et les préjugés des habitants, il avait toutes les raisons de penser que la demande du Hokage pouvait cacher une tentative d'arrestation déguisée. Nier était plus facile, mais finalement le devoir l'avait emporté sur l'instinct de survie et il avait consenti à les mener dans le hangar désaffecté qui lui servait de lieu de construction.
— Comment ça se fait que personne ne s'est rendu compte de rien avant ? demanda Ino en abandonnant l'idée de faire de Sai son prochain cobaye vestimentaire. Une machine de cette taille qui se monte, ça fait du bruit, non ?
— Le quartier appartient à ma famille, dit Shino, en plus le hangar est insonorisé. Nous avons pris toutes les précautions possibles et imaginables.
— C'était bien joué, admit Jiraiya.
— Comment avez-vous fait pour le découvrir ?
— J'ai mes sources. Et je suis Hokage, ce ne serait pas très professionnel de ma part d'ignorer ce genre de choses dans mon village.
Shino hocha la tête d'un air grave.
— Serais-je arrêté après la mission ?
Shikamaru s'en inquiétait également : il avait beau trouver Shino étrange et ne pas être très rassuré par cette drôle de machine volante, il ne souhaitait pas que son ami soit mis aux fers pour autant. Jiraiya fit un sourire confiant.
— Cela fait des années que je sais ce que tu fais ici, mon garçon. Tu ne crois pas que si j'avais vraiment été contre, tu ne m'aurais pas entendu hurler plus tôt ?
— Quelle drôle d'idée, quand même ! s'écria Ino. Construire cette chose en cachette depuis tout ce temps ! Pourquoi t'as fait ça ?
— L'idée me fascinait, dit Shino. Lorsque j'étais enfant, ma mère me parlait souvent de la glorieuse force de frappe aérienne de la Franche-Terre. Elle m'a même montré des dessins et des plans qu'elle avait emmenés avec elle.
— Elle est où, ta mère, Shino ? Je ne l'ai jamais vue. Elle est morte ?
— Non.
— Une très belle femme, si je me souviens bien, dit Jiraiya avec appréciation. Une blonde, non ?
— Oui.
Shino n'en dit pas plus. Shikamaru savait par expérience qu'il était inutile de le faire parler s'il ne le souhaitait pas, surtout quand le sujet était aussi intime. Jiraiya n'insista pas non plus. Il n'y eut qu'Ino pour paraître frustrée.
— Et c'est tout ? Quel était son nom ?
— Ça t'avancerait à quoi de le savoir, Ino ? soupira Shikamaru.
— Ben, s'il s'agit vraiment d'une fille de noble, elle doit être connue, non ?
— Laisse tomber.
— Mais...
— C'est un ordre, dit Jiraiya.
Ino fit une moue boudeuse.
— Bon, très bien. De toute façon, je suis sûre que c'est du flan. Quelle princesse noble irait épouser un type aussi loin de chez elle ?
Ce qu'elle voulait réellement dire était : « Quelle princesse noble irait épouser un Aburame », mais même Ino avait assez de tact (et de prudence) pour ne pas se montrer aussi grossière. Shino ne dit rien. Il était difficile de savoir ce qu'il pensait de l'union de ses parents : quand il ne parlait pas de sa Libellule, comme il avait appelé l'appareil volant qu'il avait fabriqué, il avait tendance à redevenir le garçon taciturne et secret que Shikamaru avait toujours connu.
— Comment allons-nous tenir là-dedans ? fit Shikamaru en changeant de sujet. Il n'y a de place que pour une seule personne, n'est-ce pas ?
— J'y ai pensé, dit Shino. Il est possible de rajouter un habitacle sous le fuselage, à condition que les passagers ne soient pas trop regardants question confort. Par contre...
Il se tourna vers le Hokage.
— J'ai prévu assez de carburant pour la distance qui nous sépare de Franche-Terre en passant par-dessus les terres, mais je ne suis pas sûr que cela suffira pour l'Anglica.
— On ne pourrait pas passer par l'autre côté, par le Grand Océan ? demanda Shikamaru.
— Je ne préfère pas. Outre que je ne connais pas la distance exacte et donc la quantité de carburant nécessaire, il est plus facile d'atterrir en urgence quand on survole un continent que quand on se trouve au-dessus d'un océan avec seulement quelques îles comme points d'escale.
— Peut-être, mais comment veux-tu passer dans le ciel cathay et russian sans attirer l'attention des deux empires ? dit Ino. Je me méfie particulièrement de Cathay.
— Si nous passons suffisamment au large de leurs terres au départ, cela devrait aller. Ils ne s'intéressent pas à ce qui se passe dans les îles du Nord.
— Passer par les Islidiens ? fit Ino d'un air dégoûté. Tu n'as pas une autre idée ?
— Je ne crois pas qu'il soit très pertinent de ressortir à tout propos nos petits préjugés internationaux dans le cadre d'une mission.
— Peut-être, mais...
— Ça suffit comme ça, grogna un Jiraiya passablement énervé. Débrouillez-vous comme vous voulez, mais je veux Iruka Umino dans mon bureau au plus vite, et si possible sans créer d'incident diplomatique, vous m'avez bien compris ?
Les trois amis n'eurent le choix que de s'incliner, bien qu'Ino et Shino se jetassent encore des regards en coin lourds de significations. Shikamaru les ignora mais se dit qu'il aurait fort à faire pour les tenir, ces deux-là. Était-ce la raison pour laquelle le Hokage l'avait choisi comme chef de mission ? Il était à peu près l'une des seules personnes qui arrivaient à réfréner l'impétuosité d'Ino avec son père et Chôji (cela tenait surtout au fait qu'ils se connaissaient depuis très longtemps) et il savait après les quelques missions qu'il avait déjà eues avec Shino que celui-ci le respectait en tant que ninja et chef.
— À vos ordres, Hokage ! dirent-ils en choeur.
À suivre...
Teaser :
Shikamaru se força à ouvrir les yeux malgré la peur qui lui serrait l'estomac. À ses côtés, Ino paraissait parfaitement à l'aise, comme si le fait de s'envoler à bord d'une machine était une chose qu'elle faisait tous les matins au réveil. Ils ne pouvaient pas voir Shino de là où ils étaient, mais celui-ci leur avait affirmé avoir installé dans leur habitacle une liaison-radio avec son propre cockpit. Les commandes étaient là, devant lui, mais il n'osait pas y toucher avant d'avoir eu un avis du pilote.
Au sol, il n'y avait que Jiraiya et Sai. Ce dernier les observait sans réagir, ce qui était loin d'être le cas de son patron. Jiraiya ressemblait à un enfant ninja qui venait de recevoir son premier kunai : il faisait de grands signes de la main et sautillait presque sur place, le regard brillant et le sourire radieux.
— Faites bien attention à vous et ramenez-nous Iruka Umino sain et sauf, surtout ! hurla-t-il de toute la force de ses poumons.
Merci de votre fidélité et à bientôt dans le Chapitre 8 : « Départs » !
