Bonjour à tous et à toutes !

Décidément, je suis productive cette semaine ; il faut dire que ce chapitre est assez court. Bonne lecture !


Disclaimer : Le monde d'Harry Potter et ses merveilleux personnages appartiennent intégralement à J.K. Rowling. Rien n'est à moi, à l'exception de l'intrigue et de quelques personnages originaux.

The scars of others should teach us caution.

Les cicatrices des autres devraient nous apprendre la prudence.

(Saint Jérôme)

SIRIUS :

« Je me demande ce qui cloche chez lui », dit James d'un ton pensif alors que les trois amis étaient confortablement installés devant le feu de cheminée de la Salle Commune des Gryffondor ce soir-là.

« Chez qui ? » Sirius ramassa un morceau de charbon tombé près de l'endroit où il était allongé sur le sol et le jeta dans le feu.

« Zinzin, bien sûr. »

Relevant la tête, Sirius suivit le regard de James. Lupin était assis seul à une table au fond de la Salle Commune, plongé dans son livre de Métamorphoses, avec plume et parchemin à portée de main.

« Je trouve qu'il a l'air normal », lâcha Sirius, prêt à se laisser retomber sur le sol.

« Moi aussi », renchérit Peter depuis le fauteuil où il s'était roulé en boule, en face du canapé de James.

« Je veux dire, je me demande pourquoi il n'arrive pas à garder un seul ami », expliqua James. « On l'a vu assis avec Servilus dans le train, et pourtant Servilus n'a pas daigné lui jeter un seul regard quand on est montés dans les barques. Ensuite, j'ai pensé que le courant allait peut-être passer entre Longdubat et lui en cours de Sortilèges, parce que je l'ai même vu sourire pendant un moment là-bas, mais Longdubat est retourné avec Michael Douglas pour le déjeuner et Lupin s'est encore retrouvé à manger tout seul. »

Sirius inclina la tête vers son ami. « Tu l'as vraiment observé de très près. »

« Il y a quelque chose d'anormal chez lui. »

« Tout ça parce que tu penses qu'il s'est peut-être moqué de ta mère ? » demanda Peter, incrédule.

« Non », insista James en regardant Peter. « Je te l'ai dit, il y a un truc pas normal chez lui, et si je dois être dans la même chambre que lui pendant les sept prochaines années, je veux savoir ce que c'est. »

« Eh bien, Servilus n'est pas vraiment du genre amical », fit remarquer Sirius. « Peut-être qu'ils se sont contentés de lire en silence pendant tout le trajet en train. »

« Même, ça leur ferait toujours une fibre commune de rats de bibliothèque », s'entêta James. « Et Zinzin pensait visiblement la même chose. Vous l'avez bien vu courir à sa recherche quand on est montés dans les barques. Il avait l'air carrément dégoûté de voir Servilus assis avec d'autres élèves. »

« Bah, ça n'aurait pas marché de tout façon », dit Peter. « Servilus a été envoyé dans la fosse à serpents où est sa place et on a écopé de Zinzin. »

« Ce n'est pas la question », dit James. « Même Rogue, que personne n'aime, a rejeté son amitié. Et Longdubat, hein ? »

Sirius comprit qu'il n'était pas prêt d'entendre la fin de cette discussion et soupira. « Hé ! Longdubat ! » cria-t-il à leur camarade de classe, en pleine partie de Bataille Explosive avec Douglas près de la porte d'entrée.

Longdubat se tourna vers Sirius. « Quoi ? »

« Viens ici une seconde. »

Longdubat paraissait indécis, alors Sirius roula sur le ventre et lui fit un regard implorant. « On ne manigance rien, promis ! »

Longdubat avait toujours l'air hésitant, mais il s'approcha tout de même des trois amis. Sirius ne pouvait pas vraiment le lui reprocher, étant donné qu'il avait déjà fait perdre vingt points à Gryffondor en lâchant une Bombabouse dans le chaudron de Parkinson en cours de Potions le jour même.

« Eh bien, quoi ? » demanda-t-il d'un air impatient une fois debout près de Sirius.

« Lupin et toi aviez l'air de vous entendre plutôt bien en cours de Charmes aujourd'hui. »

Longdubat eut l'air perplexe. « Oui, et alors ? »

« Pourquoi tu n'es pas son ami ? » demanda Peter. « Est-ce qu'il t'a fait quelque chose ? »

« Pardon ? » Longdubat les fixa, le front plissé sous l'effet de la confusion. « Comment ça, ''fait quelque chose'' ? »

« C'est que, comme il ne fait visiblement pas partie de tes amis, on se demandait. » Sirius fit un geste vague en direction de Lupin. Celui-ci les regardait d'un air suspicieux, bien que Sirius sût qu'il ne pouvait avoir entendu leur conversation par-dessus le bavardage des autres élèves.

« Ce n'est pas parce qu'on a papoté ensemble en cours de Sortilèges qu'on va tout à coup devenir meilleurs amis », dit Longdubat. « Il n'a rien fait de mal. C'est un brave type. » Il les regarda tous les trois, agacé. « Si vous vous souciez tant de lui, pourquoi ne lui proposez-vous pas de rejoindre votre petit club ? »

Il fit demi-tour et retourna à sa partie de Bataille Explosive.

« Tu vois », dit Sirius à James d'un air satisfait, « absolument rien de bizarre ».

James n'avait pas l'air convaincu. « Tu dois au moins reconnaître qu'il y a quelque chose d'anormal chez lui. »

Sirius soupira et se retourna encore une fois vers Lupin qui était penché sur son parchemin, ses cheveux fauves cachant ses yeux. Ses joues étaient un peu rouges.

« Pas vraiment anormal », dit Sirius. « Je veux bien admettre qu'il y a un truc bizarre chez lui, mais pas ''anormal'' pour autant. » Il hésita à divulguer ce qu'il avait vu le matin même.

« Qu'est-ce qu'il y a ? » demanda James, qui connaissait déjà Sirius beaucoup trop bien pour sa tranquillité d'esprit.

« Ce matin, il s'est brûlé la main dans la douche. Je l'ai vu mettre une lotion anti-brûlure dessus. »

« Et alors ? »

« C'était vraiment un très gros pot, et il était presque fini. » Sirius jeta un rapide coup d'œil à Lupin avant de replonger dans les yeux noisette de James. Il baissa la voix. « Il avait un peu remonté sa manche pour appliquer la lotion et j'ai vu des cicatrices sur son poignet. »

« Des cicatrices ? » répéta James en fronçant les sourcils, un éclair d'inquiétude passant sur son visage.

« Oui, je n'ai pas pu bien voir parce qu'il a sursauté en m'apercevant et sa manche est retombée, mais il y avait des cicatrices. Une ronde et brillante, comme une brûlure, et d'autres qui ressemblaient à des entailles. »

Il y eut un moment de silence alors que James et Peter digéraient l'information.

« Tu penses qu'elles viennent d'où ? » demanda Peter avec nervosité.

Sirius haussa les épaules. Mais intérieurement, il pensait à sa mère et à la fois où elle l'avait giflé avec le dos de la main. Il se souvenait de sa bague qui entaillait sa peau, se souvenait du choc sans nom et de l'horreur qui l'avaient envahi alors qu'il était projeté à terre. Il se demanda s'il existait quelque part des parents qui ne confiaient pas le soin de punir leurs enfants aux elfes de maison. Il se demanda s'il existait quelque part des parents qui ne se contentaient pas de gifles et de séjours de trois jours dans la cave.

Il regarda James et vit un rougissement coupable sur les joues du garçon.

« Il est quand même bizarre. »

« On n'a pas à être ses amis », lui assura Sirius, répétant ce qu'il avait dit la veille au soir. « Il est complètement malade. Mais peut-être qu'il y a une bonne raison. »

Il vit James jeter un autre regard à Lupin, plus évaluateur que moqueur à présent. Le garçon aux cheveux faunes s'était tellement recroquevillé dans son coin de la pièce qu'il avait presque l'air d'essayer de se fondre dans sa table.

« D'accord », dit James. « On ne sera plus méchants avec lui. On restera polis. Mais je ne veux pas être son ami. »

Sirius ne put après coup expliquer pourquoi ces mots le soulagèrent à ce point. Après tout, pourquoi aurait-il dû se soucier de ce qui arrivait à Lupin ?

La vue de ce petit poignet recouvert de cicatrices semblait gravée au fond de son esprit.


À bientôt pour le chapitre neuf ! :)