Tony ouvrit les yeux plusieurs heures plus tard. Sa tete lui faisait un mal de chien et la lumière des rayons du soleil n'arrangeaient rien. Il clignota des paupières et tenta de remettre ses idées en place. Il était allongé sur son canapé et comme par réflexe celui ci jeta un oeil a sa montre. Il était exactement 16h10. Il avait dormi tout ce temps ? enfin, dormi, il devrait plutôt dire cauchemardé. Ressasser les souvenirs de sa rencontre avec Rick n'était pas ce qu'il préférait au contraire. Il se passa une main sur le visage et s'étira de tout ses membres. Décidément, qu'est ce qu'il pouvait être fatigué ! il ne comprenait pas pourquoi. C'est vrai, c'est pas comme s'il avait couru un marathon ou soulever des grosses caisses toutes la journée. Il se sentait faible. Avant, il pouvait au moins s'épargner cette sensation désagréable qui le révulsait au plus au point. Le jeune italien se leva et se dirigea en direction de la salle de bain afin de se rafraîchir un peu. Il traversa le salon, tenta en vain de ne pas percuter le moindre obstacle puis franchit la porte de la salle de bain. Son esprit avait soumis légèrement la question de savoir ou était Gibbs mais il l'abandonna bien vite.

Il s'appuya contre le lavabo et mouilla son visage a deux reprise avant de se rendre compte qu'un bruit d'eau se fit entendre. Il fronça les sourcils et se tourna vers la gauche ou il fut surpris de voir Gibbs, sous la douche, entièrement nu. Il resta complètement figé devant le spectacle qui s'offrait a lui et 3 mots ne cessaient de marquer son esprit. GIBBS - NU - DOUCHE - GIBBS - NU - DOUCHE - GIBBS - NU - DOUCHE ... et cet enchaînement aurait pu durer des heures, seulement il se reprit très vite et commença a bégayer vaguement des excuses envers son patron.

_ Euh ... désolé ... je ... je vais ... Puis Tony mal a l'aise désigna la porte avec sa main droite et fila a toute jambe, laissant derrière lui un Gibbs tout sourire.

Quelques minutes plus tard, Gibbs sortit de la salle de bain habillé cette fois ci. Il rejoignit Tony dans le salon ou celui ci faisait mine de lire un magazine alors que esprit était totalement ailleurs. Cela faisait une bonne dizaine de minute qu'il relisait la même phrase sans sans rendre compte. pourquoi mais pourquoi était il rentré dans cette foutu salle de bain ? pourquoi il n'avait pas frapper avant d'entrer ou pourquoi est ce que Gibbs n'avait il pas verrouillée cette putain de porte ?. La, il en était sur et certain, il était maudit. C'est ça. Il avait du être un pourri dans sa vie antérieure et maintenant il devait en payer le prix. Il n'avait jamais vu son patron nu et a vrai dire cela ne lui avait jamais effleurer l'esprit. Mais pourquoi est ce que l'on s'acharnait sur lui ? il l'oserait plus jamais regarder Gibbs en face maintenant, c'était trop gênant.

Gibbs quand a lui fut attendri et même amusé par la réaction de son agent. Voir un Tony gené était un agréable spectacle et l'ex marine ne put s'empêcher de penser que celui ci était trop mignon. Tony cachait son visage grâce au magazine et cela fit sourire l'ex marine.

_ Qu'est ce que tu li ? demanda t'il avec amusement.

_ Hein ?

_ C'est intéressant ?

Devant le froncement de sourcil de son agent, Gibbs décida d'éclaircir la situation.

_ Ton magazine ?

_ Ah ... euh ... Tenta d'articuler l'italien en venant de comprendre la question de son boss. Ben enfet ... Tony détourna son regard sur celui de son patron et vit un sourire aussi large qu'une soucoupe sur son visage. C'est alors qu'il prit conscience de la torture que lui infligeait l'ex marine. Un léger sourire se dessina sur ses lèvres et ses muscles se détendirent peu a peu. .. Tu te fout de moi, c'est ça ? demanda t'il sur un ton léger.

_ Non, loin de moi cette idée. Mais ce n'est pas souvent que je vois MON agent principal a court de mots. Répondit il, toujours le sourire aux lèvres.

_ Tu sais que je vais finir par te le faire bouffer ton sourire ! Puis menant les gestes a la paroles, le jeune italien lança le magazine en sa direction. Le chef d'équipe eut a peine le temps de l'éviter de justesse.

_ Fait moi penser a te ramener le plus tôt possible en salle de tir. Renchérit Gibbs devant la défaite de son agent.

_ Mouai. Fut le seul commentaire de Tony. Il était redevenu pensif et Gibbs se demandait bien pourquoi. Cependant, il était heureux que Tony ai put se détendre quelques minutes avait put profiter durant ce laps de temps de son Tony. Il avait aperçu le vrai tony durant cet échange et il désirait plus que tout que son jeune italien s'ouvre a lui et se laisse être lui même. Il ne voulait pas qu'il joue avec lui, il ne voulait pas qu'il porte ce masque de clown qu'il semblait porter constamment au bureau. Il connaissait le vrai Anthony Dinozzo, c'était lui, cette personne qu'il aimait plus que tout.

_ Il est bientôt midi. Prends tes affaires, on va faire un tour.

_ Je n'ai pas très envie de sortir.

_ Première chose a faire ... Tony le regarda intensément, se demandant bien ou son patron voulait en venir. ... ne pas t'écouter. Tony roula des yeux et sachant parfaitement qu'il n'allait pas avoir le dernier mot, se leva du canapé et prit sa veste. En l'enfilant, il eut comme un réflexe bête. Il plongea sa main droite dans sa poche a la recherche de sa petite boite mais la réalité lui revint a l'esprit. Gibbs ayant assister a la scène, afficha un regard triste mais ne dit rien. Il se contenta d'observer son italien puis leurs regards se croisèrent. Tony prit conscience qu'il n'était pas seul dans la pièce et releva la tete pour être face aux regard bleu de son patron. Tout d'un coup, il ne savait pas pourquoi mais il ressentait une certaine gène et une légère honte, il devait bien l'avouer.

_ Je suis désolé. Dit il en baissant les yeux.

_ Il te reste encore du chemin a faire mais je te promet que ça va aller. Répondit tout simplement Gibbs.


Tony était assis dans un restaurant Italien en face de l'ex marine. Ils s'étaient retrouvés a une table placée dans le fond de la salle près de la grande baie vitrée. Cet emplacement convenait très bien au jeune agent qui ne supportait pas la foule et aimait disposer d'un brin d'intimité. Si Tony aimait le contact humain, il ne supportait pas pour autant la foule. Il était agoraphobe depuis l'age de ses 15 ans suite a un concert qui s'était très mal passé. Il en gardait un mauvais souvenir ou les cris, l'hystérie et ou le manque d'oxygène se faisait de plus en plus rare. Il avait eu l'impression d'étouffer et il ne revivrait cette expérience pour rien au monde. Une fois la carte de l'établissement en main, la jambe de Tony ne cessait de trembler et ses mains se firent moites. Il ne comprenait pas pourquoi il se mettait dans un état pareil. C'est vrai il était en manque mais il pensait que le plus gros était fait déjà. Combien de temps tout ce cirque allait il encore durer ? Il tenta alors de se concentrer sur autre chose et observa les différents plats proposés. Cependant, même si tout ces plats avaient l'air aussi délicieux les uns que les autres, Tony n'en ressentait ni la faim, ni l'envie de goûter a l'un de ses plats. Il donna un bref coup d'oeil a Gibbs qui lisait lui aussi son menu. Puis, il ne sut pas pourquoi mais il lâcha violemment le menu sur la table en se disant que c'était absolument absurde qu'il consulte cette stupide carte puisqu'il connaissait ces plats par coeur. Il ferma les yeux et se pinça l'arrête du nez a l'aide de son pouce et de son index sous l'oeil attentif de Gibbs.

_ Tony ?

_ Parle moi, Gibbs. Parle moi, je t'en supplie ou je vais faire une connerie. Implora t'il d'une voix basse ou l'on pouvait distingué un léger sanglot.

_ Combien font 2356 divisé par 3 ? demanda t'il avec une voix douce.

_ Quoi ? demanda a son tour Tony, en relevant la tete vers son interlocuteur.

_ Combien font 2356 divisé par 3 ? répéta tranquillement l'ex marine.

Sans s'en rendre compte, Tony commença alors a calculer dans sa tete et il devait reconnaître qu'il n'était pas du tout doué en calcul mental. Décidément, lui et les maths ça faisait deux et cela ne remontait pas d'hier. Il continua cependant a chercher dans les moindres recoins de son esprit la réponse a cette simple question mais n'en vit pas le bout. C'est dix minutes plus tard, que Gibbs le tira de ses pensées avec un sourire tendre.

_ Toi qui connaît les spécialités que me conseilles tu ?

_ Euh ... Fut la seule réponse de l'italien pour le moment. La question de son patron venait de lui traverser l'esprit et comme il devait répondre a son boss, il laissa de coté ses recherches de calcul. ... euh, moi je prend toujours spaghettis a la bolognaise mais si tu ... Tony n'eut même pas le temps de finir sa phrase qu'il fut couper par la voix de son interlocuteur.

_ Alors ça sera deux spaghettis bolognaise. Dit il avec un léger sourire a la serveuse se tenant tout juste près de lui. Celle ci lui rendit un sourire et lui fit un bref coup de tete en signe d'approbation. Tony resta figé durant plusieurs minutes. Depuis quand la serveuse était elle a leur table ? il ne l'avait même pas vu venir, ni même entendu. C'était vraiment du pur délire !

_ Depuis combien de temps elle était la ? demanda t'il a son ami en fronçant les sourcils.

Gibbs regarda vaguement sa montre, 5 min.

_ 5 min ?

_ Tu étais très bien concentré. Se contenta de dire le chef d'équipe.

_ Mouai. Fit Tony méfiant.

_ Tony, tu me le dirais si quelque chose te préoccupait ?

A cette question, Tony remua difficilement sur sa chaise. Il ne savait pas trop quoi répondre, en réalité. Soit il se contentait de lui dire un mensonge mais il savait que Gibbs le verrait tout de suite, soit il disait la vérité et ça c'était une chose qui lui était très difficile. Devant le regard intense et insistant de celui ci, ou Tony avait la méchante impression d'etre lu et passer au rayons X, il capitula.

_ Je n'en sais rien. Puis, il se munit de son verre et le fit rouler sur lui même. Il ne savait pas comment Gibbs allait réagir face a cela c'est pourquoi il n'osait pas le regarder dans les yeux.

_ Tu ne me fait pas confiance ?

Devant cette aberration, Tony releva vivement la tete.

_ Si, Bien sur. Je n'ai jamais remis ma confiance a ton égard en question ... enfin pas depuis l'autre jour. Finit il de dire dans un murmure.

Gibbs savait pertinemment de quel jour, son agent faisait mention et il ne lui en voulait pas du tout. Si ce qu'il avait vu était juste alors c'était un comportement tout a fait normal.

_ Alors qu'est ce que c'est ?

Tony prit une grande inspiration, Je te fais confiance, Gibbs. Mais ... mais je n'aime pas, parler de moi. Le jeune italien ferma les yeux quelques instants. Il avait réussi a le dire. Il avait réussi a dire ce qu'il pensait sincèrement et cela ne lui était pas arriver depuis fort longtemps. C'était une sensation qu'il avait complètement oublié. Il se sentait comme plus léger mais il éprouvait aussi un certain remord a l'avoir dit. Tony n'aimait pas que les gens connaissent ses opinions, ses sentiments, ses peurs, ses faiblesses enfin tout ce qui pouvait les conduire a en savoir plus sur lui. Il avait commis une fois cette erreur, et il ne s'en était jamais réellement remis. Il pensait que de laisser une fenêtre ouverte sur sa vie, son passé ne pourrait être qu'une faiblesse. En effet, n'importe quel individu pourrait être apte a s'en servir contre lui et ainsi profiter de la situation. Il en avait déjà fait les frais et il ne voulait pas que cela recommence. C'était pour une de ces raisons que Tony jouait au clown et aimait se faire passer pour quelqu'un d'autre.

_ Je comprends.

_ Quoi ?

Gibbs sourit, Je ne suis pas un monstre, tony. Je peux tout a fait comprendre qu'une personne ai des réticences a parler d'elle. Je veux dire, je ne suis pas très bavard moi non plus.

Un petit silence agréable s'installa entre eux. C'est Gibbs qui le rompit en décidant d'engager une autre tactique. Après tout, il voulait connaître l'identité de ce Rick, persuadé que celui ci était la clé de tout ce mystère.

_ Quand je suis rentré chez les marines, j'avais 19 ans.

Tony fronça les sourcils devant l'aveu de son patron, quoi ?

_ J'avais 19 ans. Mon père m'a toujours répéter depuis ma tendre enfance qu'il n'y avait pas de plus beau métier que de servir son pays. Tu trouves que c'est le plus beau des métiers, toi ?

Tony haussa les épaules, Je ne sais pas trop, ... Il faut de tout pour faire un monde. Si l'on venait a manquer de médecins ou encore d'éboueurs, tout le monde pourrait en être touché.

_ Vrai. Reconnu Gibbs étonné de la façon de penser de son protéger. En réalité, il ne l'avait encore jamais entendu dire autre chose que les dernières répliques de films ou encore ses déboires avec les femmes. C'était un coté du caractère, de la personnalité de Dinozzo qu'il ne connaissait pas encore et il désirait plus que tout en apprendre plus.

C'est a cet instant que la serveuse arriva avec les deux plats en main. Elle les déposa délicatement sur la table et leur souhaita un bon appétit avant de repartir en direction des autres clients du restaurant. Les deux hommes mangèrent tranquillement toujours accompagné de petites anecdotes sur la vie de l'ex marine. Tony appréciait ça. Il appréciait que son patron lui fasse suffisamment confiance pour s'ouvrir un peu a lui. De plus, cela lui permettait de respirer un peu et de ne pas être l'objet de toutes les attentions durant un repas. C'était agréable, il se sentait bien. Les symptômes de manque c'étaient dissipés et il en remercia silencieusement Gibbs. Il savait que la présence de l'ex marine y était pour beaucoup mais il ne savait pas encore très bien l'expliquer. Ils finirent leurs assiettes, puis Gibbs commanda un café. Tony avait refusé poliment le dessert et le café. A vrai dire, il n'avait plus faim et le café n'était pas franchement une de ses boissons préférées. Une fois le café de Gibbs terminé, les deux hommes sortirent du restaurant et repartirent en direction du chemin de la maison de Gibbs.


A bientot, pour la suite ;) Et un grand merci pour vos reviews ! XD