Bonjour à tous,

La semaine débutant un mardi, il est temps de passer au chapitre 8 ! Alors, comment s'est passé ce long week end ? De mon côté, il peut se résumer à un gros apéro de 3 jours, des bonnes tranches de rigolades, des barbecues et tout plein de bons moments !

Ce nouveau chapitre, tout beau tout neuf, vous l'attendiez... et pourquoi ? Juste pour voir les réactions de nos deux chouchous à leur réveil ! Eh bien vous allez être ravie d'apprendre que vous trouverez cela dans ce chapitre... profitez bien !

Merci à tout le monde... pourquoi ? Tout simplement, car vous avez eu peur pour Naïade, donc je suis très touchée. Une chose est sure, certains ont eu peur que je l'amène vers un triste sort, mais il m'aurait été impossible d'écrire cela... déjà sa douleur a été dure, alors sa mort... INCONCEVABLE... soyez donc rassurés pour la suite !

Lu et Dri ont rempli leur rôle à merveille encore une fois, tout comme Caro et Aurore, merci à toutes les 4. Comment ferais-je sans vous ?

Pour ce chapitre, quelques indications. Vous allez en apprendre un peu plus sur Texas... eh oui, il revient ! Sachez que l'histoire que je raconte sur lui est encore une fois son vrai passé. Il a rejoint ma sœur en décembre 2009 pour le plus grand bonheur de tous !

Place aux réponses pour mes sans compte !

Isamam : Encore pleuré... désolée ! Tu m'as fait rire, mettre un petit mot pour dire que Naïade était en forme dans son parc mardi dernier... Lol J'ai bien l'intention de continuer et de te faire lire tout ça...

Alice : Le réveil est pour ce chapitre... j'espère que ça comblera tes attentes !

Anne Laure : Merci. Alice viendrait perturber nos deux « tourtereaux » ?

Fraise : Chapitre émouvant en effet, et comme je disais, je n'aurais pu lui faire plus de mal que ce que j'ai déjà écrit ! Tu as raison, il n'y a que Bella pour ne pas comprendre pourquoi ce changement de couleur préférée !

Shicastee : Merci pour tous tes compliments et je suis ravie de te faire plaisir en écrivant sur les chevaux. Je te souhaite qu'un jour 4 sabots partagent ta vie, après 20 ans d'équitation, je te le souhaite vraiment, car c'est fabuleux tu verras.

Loutre : Bienvenue sur mes terres sauvages. Contente que ça te plaise. Merci pour tout.

Elo : Merci et bienvenue. J'ai bien l'intention de continuer ma fiction et de la mener à terme. Contente d'avoir pu satisfaire un de tes souhaits, et pour te répondre, non je n'ai pas trouvé d'autres fics avec des équidés. Merci pour mes chevaux.

Twines : Ne t'en fais pas, il n'y a aucun souci. Je suis contente que tu aimes mon histoire.

Anonyme () : Merci et les chapitres, c'est tous les mardis tant que je tiens le rythme.

Jennifer : Bienvenue parmi nous et merci.

Alicia, Katouchka, Chlo et Marion : Merci.

J'espère n'avoir oublié personne, mais je pense que chaque personne a eu son petit mot.

Si quelqu'un découvre d'autres fics avec des chevaux, pourriez-vous me faire suivre les liens, car il m'a été demandé si j'en connaissais, mais ce n'est pas le cas. Donc si vous en trouvez... n'hésitez pas, je les mettrai ici pour les faire connaître.

Encore merci à tout le monde, pour les mises en alertes et favoris que je reçois sur chaque chapitre, c'est juste énorme et touchant.

Bonne lecture.

Bisous

Charlotte

Chapitre 8 : Confusion

POV Bella

Je sentais quelque chose contre moi et un poids autour de ma taille. Mais de quoi s'agissait-il ? J'étais encore comateuse et ne parvenais pas à me souvenir d'où je me trouvais. Le bruit familier du foin mâché me ramena directement dans le box de Naïade. Je clignais des yeux, aveuglée par le soleil qui brillait déjà fortement, mais finis par réussir à les ouvrir, découvrant ma jument en train de manger quelques brins de son fourrage.

Je basculais sur le dos et à cet instant, je compris ce qui pesait sur moi. Edward dormait profondément contre mon épaule, un bras encerclant mon ventre et l'autre replié sous sa tête. Il était tout simplement divin à cet instant, le soleil se reflétant dans sa chevelure cuivrée, et son visage ayant perdu toute trace d'arrogance.

Le voyais-je ainsi car je commençais à le connaître et l'apprécier ou avait-il toujours été comme cela ?

Un seau se fracassa au sol en un bruit assourdissant. Edward se réveilla en sursaut et me fixa aussi surpris que moi quelques secondes plus tôt. Nous n'échangeâmes aucun mot, juste un sourire pour se saluer, mais ne nous séparâmes pas.

- Désolé de t'avoir réveillé Bella. Chantonna Emmett du bout de l'écurie. Tu connais ma maladresse. Pouffa-t-il.

- Tu ne perds rien pour attendre ! Je suppose que tu n'as pas fait les soins de Naïade.

- Non, je rentre de la tournée des troupeaux, ils ont été nourris et les abreuvoirs sont pleins. J'allais justement venir...

Il s'arrêta en plein milieu de sa phrase ce qui ne laissait rien présager de bon. Je relevais les yeux vers le haut du muret et découvris Emmett qui nous fixait Ed et moi toujours enlacés. Mon visage se teinta aussi sec et je signais par la même occasion mon arrêt de mort !

- Alors ça je le crois pas ! Mais ma parole, vous vous sentez si seules avec ta sœur que vous sautez sur le premier New Yorkais qui passe au ranch. Sans vouloir te vexer mec ! Dit-il à l'attention de mon ami.

- Aucun problème.

- Vous êtes en manque à ce point... mais vous savez, y'a des gars dans le coin qui ne seraient pas contre vous rendre service. Eclata-t-il de rire.

- Em s'il te plaît épargne moi. Il est tôt, je n'ai pas encore pris de café, arrête ça je t'en prie. Le suppliais-je.

- Rêve ma vieille, je ne vais pas laisser passer un truc comme ça ! C'était bien au moins ?

- J'en ai assez entendu, je me casse. Ronchonnais-je mal à l'aise en me détachant de l'étreinte d'Ed.

- Non Bella attend. M'interpela-t-il en m'attrapant le poignet. Em veut savoir, autant lui raconter non ? Me dit-il dans un clin d'œil.

Je souris, voyant exactement où il voulait en venir, il décidait de faire marcher mon lourdaud d'ami et j'avais bien l'intention de l'y aider.

- Très bien, j'espère que tu ne seras pas choqué jeune homme. Renchéris-je à l'intention d'Emmett.

- Ne m'insulte pas Bella !

- Pour être franc avec toi Em, Bella est le meilleur coup que je n'ai jamais eu. Elle est la partenaire idéale, souple à souhait, ouverte à toute proposition, non vraiment c'était juste terrible.

Je rougis et baissais les yeux, tout en retenant un rire.

- Oh ma belle, je ne t'imaginais pas être une tigresse au pieu. Félicitations !

- Et tigresse est un faible mot ! Si ces bottes de foins pouvaient parler, puis ce mur, et le sol de l'écurie, ou encore...

- Quoi ? T'es en train de me dire que vous avez testé toute l'écurie ? Alors là, je suis scotché. Même Rose et moi n'en avons pas fait autant.

- On ne s'est pas contenté de l'écurie. On a aussi été faire un tour et la forêt est très chaleureuse, les arbres, la mousse, non vraiment, c'était une nuit magique, comme je n'en ai jamais vécu avant. Ajoutais-je.

- Eh bien mon pote, t'es endurant ! Dit Em à mon pseudo amant, le regard envieux.

J'éclatais de rire, devant la mine de mon ami. Je ne pouvais plus me retenir face à sa tête. Sa naïveté était amusante et tellement déroutante aux vues de sa carrure. Il avait la taille d'un basketteur, la musculature d'un bodybuilder et la candeur d'un gosse de 10 ans.

- Quoi ? Qu'est-ce qui te fait tant rire ?

- Ta tête frérot ! On pourrait te faire croire n'importe quoi.

- Vous vous moquez de moi c'est ça ?

- Oui, désolée, mais c'était trop drôle. Rien ne s'est passé cette nuit, nous nous sommes endormis et au réveil nous étions enlacés, rien de plus à déclarer.

Son regard passait d'Ed à moi, nous suspectant et soudain une lueur s'alluma dans ses yeux.

- Je sais qu'il s'est passé un truc entre vous, vous vous regardez différemment d'hier, les yeux ne mentent pas !

Puis il partit juste après sa tirade. J'étais surprise par sa dernière réplique. Se pouvait-il qu'il ait raison ? Et que quelque chose se soit passé hier ? Pas physiquement, mais un déclic entre Ed et moi ? J'étais confuse et décidais de me lever pour dissiper le trouble qui s'installait lentement entre mon nouvel ami et moi.

- Je vais faire les soins à Naïade.

- Tu veux que je te seconde ?

- Ton estomac vide va supporter la vilaine plaie de la demoiselle ?

- Si tu fais allusion au cochon sauvage lors du feu de camp, ce n'est vraiment pas sympa de ta part de rester sur cette image de moi. Laisse-moi te prouver que je peux aussi assurer !

- Je n'avais aucune arrière pensée. Dis-je l'air innocent.

Nous débutions les soins de ma jument. Je commençais par les piqûres d'antibiotique et d'antidouleur afin de ne pas la faire souffrir au moment où je désinfecterai la blessure. Pendant ce temps, Ed défaisait délicatement le bandage, comme je le lui avais demandé. Naïade était légèrement tendue, elle craignait qu'il ne lui fasse mal. Elle le connaissait peu et était méfiante envers les inconnus, mais elle savait aussi que je ne laisserai personne lui faire du mal. Donc elle ne bougea pas.

Une fois le pansement retiré, nous étions face à la plaie recousue par le vétérinaire. Elle était légèrement gonflée, mais l'aspect était propre et ne m'inquiétait pas. Je passais désinfectant et crème cicatrisante, avant de déposer des compresses propres et stériles sur les points. Pendant que je les tenais, Ed fixa la bande pour retenir le tout. Il m'effleura les mains à plusieurs reprises, ce qui déclencha comme la veille, un frisson sur ma peau.

- Merci pour ton aide, et félicitations pour ton estomac.

- Je t'en prie. Et pour mon estomac... sache que ça a été plus compliqué que ce que je ne le pensais, mais je suis content d'avoir réussi à le maîtriser. Rit-il.

- Et si nous allions prendre un bon petit déjeuner maintenant ?

- Ce n'est pas de refus.

Nous regagnâmes l'hôtel où Alice nous accueillit avec le sourire.

- Bonjour vous deux. Bien dormi ? Pas trop inconfortable les bottes de foins ?

Nous échangeâmes un regard surpris Ed et moi, tels deux gamins pris en faute. Comment ma sœur était-elle au courant ?

- Je l'ignore. Répliqua mon ami, tentant de tromper Alice. Je viens d'aller aider Bella pour les soins c'est tout.

- Vraiment ? Demanda ma sœur le regard menaçant. Je n'aime pas les menteurs Edward. Et le brin de foin dans tes cheveux en dit long sur ton mensonge. Rigola-t-elle.

- Aurais-je oublié de te dire qu'Al est d'une perspicacité déconcertante ? Ironisais-je.

- Dans ce cas, je m'avoue vaincu. Et les ballots de foins ont été parfaits.

- Bella je voudrais te voir après ton petit déjeuner.

- Bien sur, rien de grave ?

- Non ne t'en fais pas. A tout à l'heure.

Nous prîmes notre collation dans la bonne humeur et une fois terminée, je rejoignis Alice qui était en plein ménage des chambres. Je l'observais un moment à l'embrasure de la porte. Elle s'activait dans la pièce, passant un coup de chiffon, caressant un drap de la main pour en retirer un pli, chantonnant pour se donner de l'entrain. A cet instant elle ressemblait vraiment à un petit lutin et j'aurais parié, si je ne la connaissais pas si bien, qu'elle était dotée d'au moins trois paires de bras !

- Tu voulais me voir ?

- Oui.

- Tu m'inquiètes Al, que se passe-t-il ?

- Mais rien, n'ai-je pas le droit d'avoir envie d'une discussion avec ma grande sœur ?

- Bien sur que si, mais cela fait si longtemps que nous n'avons pas prit le temps de parler.

- Oui et c'est une énorme erreur, car cela me manque. Et ce qui me manque encore plus, c'est de ne pas pouvoir te dire que je suis heureuse et amoureuse. J'aime Jasper comme je n'ai jamais aimé personne. Après que tu m'aies dit qu'il m'aimait, je me suis décidée à lui faire part de mes sentiments. Tu sais c'est vraiment un homme extraordinaire, j'ai l'impression d'être entière avec lui.

- Ça se voit que tu es heureuse. Tu rayonnes encore plus que d'habitude, tu as l'air détendue comme je ne t'ai pas vu depuis longtemps. Oh je suis tellement ravie pour toi Al, tu le mérites tant.

- Toi aussi tu le mérites Bell's. D'ailleurs... comment se fait-il qu'Edward soit venu te rejoindre cette nuit ?

- C'était donc ça le but de notre conversation. Dis-je hilare. Tu aurais pu être plus directe tu sais !

- J'avoue, je voulais en parler, mais je voulais aussi te dire comme j'étais comblée d'avoir rencontrer Jasper. C'est ce que je venais faire ce matin quand je vous ai surpris avec Ed dans les bras l'un de l'autre. C'était très touchant. Mais maintenant je veux savoir ce qu'il y a entre vous !

- Il n'y a rien Alice. Il est venu me tenir compagnie hier soir car il savait que j'étais mal. Nous avons discuté de nos vies, avons fait la paix et décidé d'être amis. Et nous nous sommes endormis. Je suppose que durant notre sommeil, le froid nous a dérangé et il y a eu ce rapprochement que tu as vu ce matin. Ça s'arrête là !

- Je ne suis pas si aveugle Bella. Il est parfaitement visible qu'il y a quelque chose entre vous. Vous êtes bien les seuls à ne pas vous en apercevoir. Rose le dit aussi, Jasper en est bien conscient et Emmett... eh bien je suis sure qu'il le verra bientôt. Il faudrait que vous ouvriez les yeux !

- Em nous a fait une réflexion ce matin, il croit aussi qu'il y a anguille sous roche. Mais je t'assure que c'est faux !

- A d'autres ! Enfin, je serai aux anges si tu trouves chaussure à ton pied, d'autant plus si c'est une grande marque New Yorkaise. Ria-t-elle.

Je la rejoignis dans son fou rire et il nous fallut une bonne dizaine de minutes avant de nous calmer. Qu'il était bon de partager cette complicité avec ma sœur, nous ne prenions plus suffisamment le temps, il faudrait y remédier. Je décidais qu'il était temps que je reprenne mon activité. Et c'est dans un débat intérieur que je me dirigeais vers la sellerie.

Bella, il serait temps que tu t'avoues que tu as un faible pour Ed, et depuis un moment ! Il t'a exaspéré longtemps, mais depuis quelques temps c'est tout l'inverse. Ouvre les yeux bon sang ! Il est jeune, beau, intelligent, certes arrogant, mais ça a son charme et avec ton caractère, ce n'est pas un problème ! Pourquoi ne profiterais-tu pas de la vie pour une fois, tu as droit au bonheur aussi ! Il ne restera pas indéfiniment, il repartira à New York, éclates-toi ! Et il faut bien dire que ce matin tu étais plutôt bien installée dans ses bras...

Je heurtais Edward que je n'avais pas vu arriver, trop prise par mes pensées. Je rougis instantanément lorsque ses émeraudes croisèrent mes prunelles.

- Ça va Bella ? Tu avais l'air ailleurs ?

- Oui ça va parfaitement bien. D'où viens-tu ?

- J'étais vers le parc de tes chevaux, je les observais. Et j'ai pensé à quelque chose.

- Ah oui ? Et puis-je savoir à quoi ?

- Eh bien je me disais que j'aimerais ne pas rester sur une mauvaise expérience avec Texas, donc si tu acceptais, je souhaiterais que tu m'apprennes un peu les méthodes que tu utilises pour travailler les chevaux et je m'étais dit que peut être, nous pourrions travailler sur ce jeune cheval.

- Je suis touchée que tu veuilles en apprendre un peu plus sur mon métier, mais je doute que Tex soit le cheval adapté pour découvrir ma façon de travailler.

- Commence par me raconter son histoire, car je ne sais rien de lui et après on avisera tu es d'accord ?

- Nous verrons. Texas est un cheval qui était destiné à la course, il a eu un accident de sulky lors de son quatrième entraînement. Il a eu les jambes gauches abîmées, et il a toujours un problème dans la cuisse. Il est de ce fait très craintif, surtout lorsqu'on se situe à sa gauche. Il est jeune, a du tempérament, sans oublier que c'est un cheval avec du sang, c'est à dire qui est réactif. Il a 3 ans, il est fougueux et c'est un travail lourd dont il a besoin, car il faut revoir toute la confiance avec lui. C'est de la rééducation, ce qui est bien pire qu'un apprentissage initial.

- Où puis-je signer ? J'ai une bonne assurance. Plaisanta-t-il.

- Sois raisonnable une seconde.

- Je n'ai jamais été aussi sérieux de toute ma vie. Je veux tenter le coup, je le regretterai sinon.

- Bien, faisons un essai et nous aviserons ensuite. Une seule question avant de s'engager dans quoique ce soit. As-tu peur de lui après ce qu'il t'a fait ?

- Non, j'ai compris que l'erreur venait de moi, il ne m'inquiète pas et je sais que tu me donneras les indications dont j'aurais besoin.

- Parfait, dans ce cas, va chercher un licol et va l'attraper au parc. N'oublie pas, il est méfiant du côté gauche !

Il partit fièrement jusqu'à la sellerie et je pris conscience que je n'avais pas réussi à lui refuser ce qu'il me demandait, alors que quelques jours en arrière, il m'aurait été inconcevable de mettre un de mes chevaux entre ses mains pour ce type d'apprentissage.

Il passa devant moi, sans même me regarder, il était déjà concentré sur ce qu'il allait faire. Je trouvais cela touchant qu'il m'ait demandé de s'occuper d'un cheval et particulièrement de Texas. Il me prouvait ainsi qu'il s'intéressait à mon travail, ma passion mais surtout qu'il ne tenait pas rigueur à ce yearling pour l'accident de la semaine passée.

Je l'observais arriver dans la pâture, le visage fermé, concentré, le licol bien en main et son pas décidé. A la vue de son comportement, je savais qu'il n'arriverait pas à attraper le poulain. Il était trop agressif dans sa façon d'agir, le cheval avait besoin d'être remis en confiance et là il arrivait comme le prédateur qu'il était. Droit au but, sans penser que le cheval ne réagit pas comme nous. A quelques mètres de Tex, celui ci pointa les oreilles, redressa l'encolure et jaugea l'homme qui s'avançait vers lui. En une fraction de seconde, il décampa à toute allure, à l'opposé de mon nouvel apprenti.

Edward se tourna vers moi, un masque d'incompréhension sur le visage et je pus percevoir une certaine déception.

- SOS ! Me cria-t-il.

Je le rejoignis rapidement pour lui expliquer comment agir.

- Tu pensais que ce serait plus facile n'est-ce pas ?

- En effet, quand je te vois faire avec Naïade, tout me paraît si simple.

- Mais parce qu'avec ma jument, il y a des années de travail derrière cette relation de confiance. Texas n'a jamais connu ça, tu dois lui montrer que tu n'es pas là pour le brimer, le cheval reste un animal avec des instincts, des réactions et ce que tu ne dois jamais perdre de vue, c'est que c'est une proie et toi un prédateur ! Pense en proie et tu trouveras les réponses pour obtenir ce que tu veux. Et surtout, fais preuve de patience !

Il repartit en direction de Texas, mais adopta une attitude tout à fait différente. Il comprenait vite, et il se pourrait qu'il arrive à quelque chose avec ce cheval. Il avança doucement vers lui, seules ses épaules redressées lui donnaient encore cette attitude de prédateur, mais il se pourrait que cela ne soit pas gênant. Après tout, Tex n'était pas un mustang sauvage, il connaissait déjà les Hommes.

Ed continua sa progression lentement. Lorsqu'il arriva à environ trois mètres de sa destination, il s'immobilisa. Il venait de capter l'intérêt du poulain par cette simple action. Il attendit quelques secondes et tendit sa main vers lui, lui laissant le temps de venir de son propre chef. Il fit tomber le licol au sol et avança d'un pas de plus à droite, vers l'encolure, toujours très calmement. Et là, Texas tourna et se dirigea vers lui en mâchouillant. J'étais ravie de voir que le premier contact était établi et que cela avait été rapide. Après quelques caresses, Edward recula, ramassa le licol et revint vers moi, un sourire victorieux aux lèvres.

- Tu as vu ça... c'était génial, j'ai réussi à l'approcher. Il s'est laissé toucher et n'a pas eu peur.

On aurait dit un môme la veille de Noël, mais je comprenais que trop bien sa joie. Je ressentais la même chose lorsque je travaillais un cheval sauvage ou à remettre en confiance. Cette sensation magique que quelque chose se tisse entre l'animal et moi, c'est ce petit lien fragile qui faisait que j'étais toujours aussi passionnée par mon travail.

- En effet, félicitations. Par contre, il est toujours au fond du parc. Pourquoi ?

- J'ai pensé que c'était un premier contact, je n'ai pas jugé utile de lui en demander plus. Tu m'as conseillé d'être patient.

- Eh bien je dois dire que si tu te comportes ainsi tout le temps avec lui, tu risques de faire un excellent travail. Tu as compris qu'il ne fallait pas le pousser, vraiment, je suis impressionnée. Je te conseille de refaire cet exercice plusieurs fois, lui rendre des visites dans la pâture, juste pour le voir, faire connaissance ou lui donner une carotte. Mais c'est un bon début.

- Ça veut dire que tu acceptes ma proposition ?

- Oui, j'ai envie que nous tentions l'expérience, il a bien réagi à ton approche, tu sembles l'intéresser, c'est un gros plus, donc c'est parti.

Je m'éloignais de lui en direction de la sellerie, alors qu'il s'était accoudé à la clôture du parc, un sourire sur le visage. Il paraissait serein et détendu, j'appréciais de le voir comme cela.

Je décidais d'aller chercher Sham's au parc, afin de le mettre dans le box de Naïade, pour qu'il lui tienne compagnie. Je ne savais pas combien de temps durerait sa convalescence, mais je souhaitais surtout maintenir son moral. Car si elle avait une baisse de régime, je jurerais que cela entraînerait des complications pour sa guérison.

De retour dans l'écurie, j'appelais ma jument et lui annonçais l'arrivée de son compagnon. Elle hennit dès qu'elle le vit et tous deux se reniflèrent lorsque j'installais le poney dans le box. Lorsqu'ils finirent de se saluer, je m'assis dans l'enclos avec eux. J'avais besoin de me confier et ils étaient mes meilleurs amis, je devais leur faire part de mes doutes.

- Je sais que je peux avoir confiance en vous, vous me jurez de ne rien répéter. Dis-je dans un sourire, amusée toute seule par ma blague. Puis je repris mon sérieux. Je suis perdue, je ne sais plus où je vais. Toutes les certitudes que j'avais sont remises en doute et cela à cause d'une seule personne. Personne qui m'exaspérait au plus haut point il y a quelques semaines et qui aujourd'hui est mon ami. Comment est-ce possible ? J'ai toujours été quelqu'un de régulière et là me voilà complètement confuse. Vous pensez que je dois agir à l'instinct, comme je le fais toujours ?

- Moi je dirais que ton instinct a toujours été de bons conseils il me semble non ? Répondit la douce voix de ma sœur.

- Je ne t'ai pas entendu arriver, tu m'as fait peur. Qu'as-tu entendu ?

- Uniquement la fin, ne t'en fais pas. Mais si tu veux me faire un résumé de la situation tu sais que je suis une tombe.

- Je ne crois pas, je...

- J'ai toujours été là pour toi, dans les bons comme les mauvais moments, je t'en prie, ne joue pas la sauvage avec moi. Surtout que je pense parfaitement savoir ce qui te met dans ce drôle d'état.

- Mais je ne suis pas dans un drôle d'état d'abord !

- Tu n'as jamais su mentir Bell's.

Je la regardais la moue boudeuse, bras croisés sur ma poitrine et le regard larmoyant. Je nous revoyais lorsque nous étions enfants, que nous nous querellions pour des choses insignifiantes. Nous n'avions pas toujours été si complices. L'adolescence avait été difficile, avec nos presque 3 ans d'écart, nous vivions en décalage à cette époque. Je me prenais pour une grande et je la trouvais gamine. La mort de nos parents nous avait vite remis dans le droit chemin et depuis cette tragédie, nous étions plus liées que jamais. Nous nous connaissions par cœur, et même, nous connaissions mieux l'autre que nous même.

- Tu as raison.

- Tu n'as jamais su mentir, mais par contre tu as toujours eu du mal à te lancer. Alors je vais te dire ce que moi je pense.

Soudain elle me fit peur. J'eus l'impression qu'elle allait me disséquer, jusqu'à percevoir le moindre recoin de mes pensées. Je déglutis bruyamment, ce qui n'échappa pas à ma sœur.

- Mais enfin, je ne vais pas te condamner. Sourit-elle.

Elle vint s'assoir à mes côté, nouant nos doigts.

- Il s'agit d'un certain reporter n'est-ce pas ?

Je la fixais interloquée, elle m'impressionnerait toujours. Cependant je ne répondis rien, donc elle poursuivit.

- Je crois que tu es un peu perdue vis à vis de Ed, que tu ne sais plus sur quel pied danser. Car entre disputes et rabibochages, tu n'arrives plus à te positionner par rapport à lui. Je ne peux te donner la recette miracle, la seule chose que je te conseille, c'est d'écouter ce que te dictent tes sentiments, oublie ta raison une minute et agis selon les battements de ton cœur.

Elle était douée ma sœur, sous ses airs de jeune fille fofolle et volage, se cachait une jeune femme au grand cœur et qui aurait fait son possible pour me voir à nouveau amoureuse.

- Merci Al. Je t'ai déjà dit que tu étais la meilleure ?

- Il me semble, mais surtout n'hésite pas à recommencer. Pourquoi se cacher la vérité ? Rigola-t-elle.

- En tout cas, tu es de meilleurs conseils que mes monstres. Chuchotais-je en donnant un coup de menton en direction de mes chevaux.

- Oh je suis choquée ! Sham's, Naïade, vous entendez ce qu'ose dire votre maîtresse ?

Nous rîmes encore plus, lorsque Sham's souffla à la réplique d'Alice, comme s'il venait de comprendre ce que nous disions.

- Alors que proposes-tu pour m'aider à trouver la voie à suivre ? Demandais-je à ma sœur, une fois mon sérieux revenu.

- J'ai une idée. Surtout qu'elle aura un double effet.

- Tu commences à m'intéresser... de quoi s'agit-il ?

Elle avait toujours des plans plein la tête. Son imagination débordante dégoulinait de plans foireux, mais parfois, je dois l'avouer, ils s'étaient montrés concluants.

- Je pense qu'il serait bon de prouver à notre cher Edward, que tu n'as rien d'une jeune femme vulgaire à l'allure de bonhomme comme il a pu le dire !

- Nous ne devions plus parler de cette histoire.

- Oh mais tu n'auras pas à parler une fois que je me serai occupée de toi.

- Je suis bonne pour passer entre tes mains n'est-ce pas ?

- En effet, mais je te jure que c'est pour ton bien. Nous ferons comme avant, ce sera amusant.

Comme avant... tu parles !

Dans certaines situations, j'avais su et aimé être plus féminine en arrivant ici. Nous avions multiplié les sorties pour nous intégrer, mais je n'avais rencontré que des hommes lourds et inintéressants de cette façon, à l'exception d'un. Celui-ci m'avait fait chavirer le cœur. Mais depuis la fin de cette histoire, je n'avais plus voulu être cette Bella. Je ne voulais plus entendre parler des « City dewller » (citadines) comme nous avions été surnommées dans le coin.

- Je suis partante alors. Par contre, quel est le second effet de ton plan ?

- Eh bien tout simplement, montrer que tu sais être une autre personne lorsque tu quittes les mûrs de ce ranch. Me répondit-elle un sourire carnassier.

Je souris, à la foin conquise par son idée, mais aussi inquiète par ce qu'il m'attendait.

Alors, ce réveil... vous a-t-il plu ? Cette approche avec Texas vous a-t-elle convaincu ou au contraire ce passage ne vous a pas conquis ?

Alice et Bella ont un nouveau plan... à quoi pensez-vous ?

Je veux tout savoir... ben oui je suis curieuse...

Bisous Bisous

Cha