Lésions

[ Susan POV ]

- Jamais tu n'aurais dû revenir !

- Maman, dis-moi immédiatement ce qu'il se passe. Qu'est-il arrivé à papa ?

- Il est à l'hôpital … souffla-t-elle, la tête dans les mains.

- Quoi ?

- Peu après ton départ …

Elle tentait désespérément d'aligner trois mots cohérents, mais la tâche semblait difficile. Je lui relevai la tête, et la forçai à me regarder dans les yeux.

- Il a fait un infarctus … Puis plus rien. Le coma. Je prie, mais rien n'y change. Il est presque mort.

Je me retins à grand peine de la gifler.

- Maman, tu n'as pas le droit de dire ça ! Papa est un battant, jamais il ne laissera le coma prendre possession de sa vie entière. Et tu n'as pas non plus le droit de m'accuser de ce qui lui arrive. Ouais, si j'étais pas partie, ça lui serait pas arrivé, mais c'est tellement horrible de m'en accuser ! Jamais une mère ne devrait avoir à dire ça à son enfant, et jamais je n'aurais dû te le faire remarquer. Ressaisis-toi bon dieu ! Tu crois vraiment qu'il va apprécier te retrouver dans cet état quand il se réveillera ?

Elle fixa mes prunelles, et eut l'air de penser que j'étais folle. Dans un sens, elle avait peut-être raison. J'étais littéralement en train de péter les plombs, mais je me devais de rester forte, intouchable, pour nous deux. Elle avait déjà baissé les bras, je devais lui montrer qu'avoir encore de l'espoir n'était pas interdit. Je croulais intérieurement, mais qu'importe.

- Je n'en peux plus … Je t'ai déjà perdu toi, si je devais perdre ton père …

Elle s'écroula dans mes bras.

- Maman, tu ne m'as pas perdue, je suis là, en chair et en os, devant toi, pour te soutenir. C'est bien réel.

- Comment savoir ? Peut-être que je suis en train de divaguer, peut-être bien que je deviens folle. Je suis en pleine conversation avec ma fille disparue, et son petit-ami également disparu se tient à quelques mètres à peine.

Je soufflai de douleur. Comment lui faire comprendre ? Je la serrai autant que je pus, soucieuse de la briser, telle une poupée de porcelaine.

- Maman je te jure que ça va s'arranger. Je vais aller le voir, maintenant, et il se réveillera bientôt, je te le jure de tout mon …

- Il arrive.

Je me retournai. Maxence avait l'air absent, ses yeux fixant un point au loin.

- Il sera bientôt à Forks.

Il me regarda soudain dans les yeux, semblant reprendre contenance.

- Nous devons rentrer.

- Mais je dois aller voir mon … commençai-je.

- Maintenant !

Je me détournai et pris ma mère par les épaules.

- Écoute-moi bien maman, c'est très important. Je dois partir, les gens chez qui je vis sont en danger, et je dois aller les aider, mais je vais revenir dès que tout ça sera fini. En attendant, garde espoir, ne lâche jamais ce petit fil, tu m'entends ?

Elle hocha la tête, l'air perdu, et des larmes perlèrent à ses yeux.

- Je te perds une seconde fois … chuchota-t-elle.

- Non, tu ne me perds pas, je vais revenir, c'est promis. Tu dois me croire.

Elle acquiesça, et je déposai un baiser froid sur sa joue brûlante.

- Je t'aime plus que tout maman.

Sans attendre de réponse, je me retournai, et pris la main de Maxence. Nous sortîmes, et nous mîmes à courir vers la ville, sans nous soucier des éventuels témoins ; nous courions trop vite pour être visible à l'œil humain. La culpabilité, amère et assommante, s'empara de moi, gelant mon cœur mort, mais Maxence ne me laissa pas le temps d'y penser.

- Pourquoi personne ne s'est donné la peine de nous prévenir ? Demanda-t-il, furieux, tandis que nous atteignions la forêt.

- Quoi ? Comment ça, personne ne nous a prévenus ?

- Non, personne.

- J'ai du mal à te suivre, là, comment as-tu su ?

Il sembla réfléchir, puis finit par lâcher :

- Je ne sais pas. Une intuition.

Je stoppai net, et il m'imita, étonné.

- Quoi ? Une intuition ? Tu te fiches de moi ? A ce que je sache, c'est Alice la médium ! Et si ton intuition se révélait fausse ?

- Susan, s'il te plaît, ne perdons pas de temps, il faut que ...

- Il faut que nous les appelions ! Je ne bougerai pas d'ici tant que ton « intuition » – je mimai les guillemets avec mes doigts, ironique – n'aura pas été confirmée !

- Tu es d'un ridicule !

- Je t'emmerde.

Il grogna, sortit son portable, et composa le numéro de Carlisle. Celui-ci décrocha dès la première sonnerie.

- Maxence ?

Il était étrange de l'entendre comme si j'avais moi-même tenu le combiné.

- Il arrive, grogna mon amoureux.

- Non, il n'a pas encore pris de décision, Alice n'a rien vu.

- Je sais. Mais j'ai un très fort pressentiment qui persiste. Il arrive.

- Un pressentiment ?

Je souris, moqueuse. Lui aussi était sceptique quant à l'intuition de mon cher et tendre. Max' me foudroya du regard.

- Je sais, c'est ridicule, mais je suis sûr et certain qu'il est en chemin. Le temps presse.

- Maxence, calme-toi. Premièrement, nous ne prendrons pas de décision avant qu'Alice n'ait vu quoi que ce soit. Sans vouloir te vexer, nous plaçons plutôt notre confiance en son extra-lucidité, dont on sait qu'elle a déjà fait ses preuves, qu'en ton intuition … Deuxièmement, il est seul, et nous sommes huit, sans vous deux. Je pense que nous pouvons nous débarrasser facilement de lui sans votre aide.

- Non, je veux aider, c'est de ma faute si vous vous retrouvez dans cette situation, bougonna Max'.

- J'ai plutôt l'impression que tu cherches une excuse pour tabasser quelqu'un, et tester ta force, intervins-je.

- La ferme, grogna Max'.

- Max', Susan a raison. Tu sais, Emmett aime chahuter, parfois violemment, donc si tu as besoin d'extérioriser ta force ...

- Mais non ! S'énerva Maxence. Carlisle, tu dois me croire, je t'assure que ce pressentiment n'est pas normal. C'est quelque chose de très fort, je n'ai aucune image précise dans ma tête, mais je le sais, c'est tout, tu dois me croire.

Il se répétait. De plus, je fus étonnée de l'entendre tutoyer Carlisle comme s'ils se connaissaient depuis des années. Je croisai les bras, attendant la réponse de Carlisle.

- Maxence, nous ne pouvons pas nous baser uniquement sur ton intuition. Et …

- Je rentre. C'est tout.

Il se tourna vers moi.

- Susan, tu peux rester pour ton père, moi je préfère aller aider là-bas, au cas où j'aurais raison. Carlisle, je serai là dans une journée, tout au plus.

Sans attendre de réponse, il raccrocha.

- Je déteste ça, grommelai-je.

- Pardon ?

- Ce que tu fais, sous prétexte d'une saloperie d'intuition !

- Susan, arrête, on en parlera quand je reviendrai ici.

- Non ! Tu n'éviteras pas les problèmes mon cher ! Maintenant !

Il soupira.

- Écoute, tu es énervée, moralement fatiguée, stressée, et tu as envie de voir ton père, ce n'est pas une bonne chose pour nous de parler de ça maintenant.

Il s'approcha de moi, mais je reculai. Il soupira derechef.

- Tu n'es qu'un égoïste, soufflai-je.

- Je ne vois pas tout à fait les choses comme ça. Je m'en vais aider les Cullen parce qu'ils sont en danger à cause de moi, et tu me dis que je suis égoïste.

- Les Cullen sont tout à fait capable de se débrouiller sans nous, à huit contre un … Seulement tes parents, eux, ne sont pas aptes à te laisser partir une nouvelle fois, sans donner de nouvelles.

- Je ne veux pas laisser les Cullen se débrouiller avec MES problèmes ! J'estime que je devrai même être le seul à tuer ce vampire ! C'est moi qui l'ai amené, après tout.

- J'en ai marre, c'est bon, va-t'en ! Et amuse-toi bien, surtout.

Je fis demi tour en direction de la ville, mais il vint se planter devant moi.

- Tu ne me dis pas au revoir ?

- J'estime que tu ne le mérite pas, mon cher.

Il eut une moue triste, mais je ne me laissai pas amadouer. Je le contournai et m'élançai vers la ville. J'entendis distinctement son soupir de lassitude, mais l'ignorai délibérément. Ma mère sembla surprise de me voir franchir le seuil, mais ne fit aucun commentaire. La voyant affalée sur sa chaise, l'air incapable de faire un quelconque mouvement, j'eus un peu pitié d'elle, et me pressai de lui servir un café. Elle l'accepta, le regard vitreux, et posa la tasse sur ses genoux, la tenant avec ses mains, sans même toucher au liquide. Je soupirai et la prévins que j'avais besoin de me rafraîchir un peu. Elle hocha la tête, l'air comme dans un autre monde. C'était faux, je n'avais pas besoin de me rafraîchir, j'étais aussi fraîche que possible, mais je sentais le mal de tête poindre, menaçant. La douche chaude était la seule solution contre ça. Dans la salle de bains, je me débarrassai de mes fringues boueuses, détachai mes cheveux, et me glissai sous le jet d'eau bouillante. Bizarrement, mes muscles se délassèrent, comme s'ils appréciaient la température. Je me savonnai tout le corps, juste pour voir combien de temps je garderai l'odeur du savon au miel sur moi. Ma propre odeur m'agaçait déjà, j'avais la fâcheuse tendance à me lasser rapidement, même des meilleures choses. Je ris à cette pensée. Je m'agaçais moi-même. Quelle putain d'ironie. Je ne restai pas plus de cinq minutes sous la douche par soucis d'économies. Ma mère avait déjà bien assez de soucis comme ça sans devoir en plus s'inquiéter de sa facture d'eau. Je filai nue jusqu'à ma chambre, à une vitesse telle que même si quelqu'un s'était tenu dans le couloir, il n'aurait pu m'apercevoir. Rien n'avait changé de place. Sauf le mot, qui avait disparu de mon lit. Mais rien, absolument rien, n'avait bougé. Les draps sur mon lit étaient pliés de la même façon, les papiers sur le bureau rangés à l'identique. Seule la fenêtre avait été fermée. J'ouvris mon armoire, et constatai sans grande surprise que mes vêtements n'avaient pas non plus bougé. J'attrapai un jeans et un sous-pull blanc que je me pressai de mettre. Retournant dans la salle de bains, je balançai mes vêtements sales dans le panier, et donnai un petit coup sur mes baskets terreuses. Je les enfilai, et redescendis. Ma mère n'avait pas bougé de sa chaise, ni porté la tasse à ses lèvres. Je fronçai les sourcils ; son café devait être froid.

- Tu comptes attendre qu'il soit gelé ? Lui demandai-je.

Comme au ralenti, elle sursauta, et rougit.

- Non, je …

- Maman, ça fait bien longtemps que tu n'as plus besoin de te justifier auprès de moi. En fait je voulais juste le numéro de la chambre de papa. Je veux aller le voir.

- Quand ? Maintenant ?

- Oui. Ça pose un problème ?

- L'hôpital est fermé à cette heure-ci, dit-elle en secouant la tête.

Je levai les yeux au ciel.

- Comme si c'était un obstacle, marmonnai-je, plus pour moi-même. Donne-moi ce numéro.

- Chambre 348, se résigna-t-elle.

- Merci.

Sans attendre de réponse, je me précipitai dans le hall, ouvris la porte d'entrée et sortis. Le soleil était levé, à présent, et j'espérai que Maxence ne soit pas encore sorti de la forêt. Il faudrait que je songe à m'excuser, lorsqu'il me téléphonerait. J'avais agi avec impulsivité, et de manière un peu trop excessive. Je soupirai, et pris la direction du centre ville, lentement. La cité commençait peu à peu à s'éveiller, et je voyais les gens, au chaud dans leurs maisons, prendre le petit déjeuner, lire le journal, ou allumer la télé. J'accélérai un peu le pas, me limitant. Je ne pouvais maintenant plus prendre le risque de me faire repérer en allant trop vite. Il me fallu plus d'une vingtaine de minutes avant d'apercevoir le centre hospitalier d'Everett. J'y étais déjà venue, des années auparavant, après une mauvaise chute dans les escaliers – double fracture du tibia. Je fouillai ma mémoire afin de me rappeler la disposition des chambres. Je savais déjà que les chambres dans les 300 et quelques se trouvaient au 3ème étage – logique, non ? – mais de quel côté pouvait bien se trouver la 348 ? Je traversai le parking et contournai le bâtiment principal, pour arriver dans des jardins, déserts. Là, je jetai un coup d'œil prudent autour de moi, puis m'élançai vers une fenêtre du 3ème étage. Mes mains s'agrippèrent au rebord supérieur à la vitre, et je m'intéressai à l'intérieur de la pièce. C'était une double chambre, inoccupée ; la porte menant sur le couloir, grande ouverte, laissait apparaître un numéro. Je me décalai de quelques centimètres, et vit l'inscription. 309. Je m'assurai prudemment que personne ne se trouvait dans le jardin et sautai silencieusement vers ma droite, sur le rebord voisin. Chambre 310 – vide, elle aussi. Bien. J'exécutai un saut périlleux arrière, afin de retomber dans les jardins. J'adorai tout ce que mon nouveau corps était capable d'accomplir sans subir de dommages. Tout ce que [i]j'étais[/i] capable d'accomplir. Je reportai mon attention sur la façade que je venais de quitter, et comptai mentalement vers la droite, jusqu'à la chambre 348, à l'autre bout du bâtiment, quasiment. Une fois de plus, je vérifiai que personne ne pouvait me voir, et sautai à la fenêtre. Les stores étaient à demi fermés, mais ne m'empêchèrent pas de voir l'intérieur. Voir mon père, étendu sur ce lit froid, dans cette chambre froide, me causa un choc au delà de ce à quoi je m'attendais. Il avait l'air si fragile. J'examinai les deux fenêtres, à la recherche de la plus petite ouverture. Une des fenêtres, coulissante, était ouverte sur un centimètre à peine. Je glissai mes doigts dans l'entrebâillement, et tirai très légèrement. Une sécurité semblait empêcher la fenêtre de s'ouvrir. Je fulminai. J'allais devoir forcer, et donc casser la sécurité. Mais qu'est-ce qu'ils croyaient dans ce foutu hôpital ? Que mon père, dans le coma pour on-ne-sait combien de temps, allait soudain se réveiller et être poussé par l'envie de se jeter par la fenêtre ? Ridicule. Je jurai à voix basse, et insistai un peu plus sur la fenêtre. Un déclic se fit entendre, et elle coulissa. Je me faufilai à l'intérieur de la chambre, et pris l'initiative de monter la température du radiateur, baissé quasiment au minimum. Quelle bande de sales radins !

Puis mon regard se posa inévitablement sur papa. Une machine contrôlait les battements de son cœur, tellement paisibles, et une perfusion lui fournissait de l'eau. Un frisson me parcourut. Il avait l'air si vulnérable ! Je m'approchai du lit, et posai ma main sur la sienne. Elle était chaude, comme toujours. Je levai nos deux mains, et posai la sienne sur ma joue, comme il avait l'habitude de le faire lorsque quelque chose n'allait pas. Ma gorge se serra, non parce que j'avais soif, mais parce que j'avais envie de pleurer, mais que les larmes, naturellement, ne pouvaient s'écouler. Je fermai les yeux et humai son odeur. Elle n'était plus comme avant, car à présent, celle de l'hôpital s'était incrustée dans sa peau, venant parasiter celle d'origine. Mais des effluves persistaient : une senteur boisée, exotique, chaude. Nous n'étions pas faits pour vivre dans un endroit où le soleil ne faisait que de brèves apparitions. Mon père était un gars du Sud, un Texan de pure souche, mais ma mère était allergique au soleil – au sens propre comme au figuré. Alors mon père avait préféré exécuter les moindres désirs de ma mère, et quitter le Sud, que de la perdre ou la contrarier. De temps en temps, nous allions voir les cousins de mon père, et mes grands parents, qui habitaient non loin de Houston, mais ma mère ne sortait pas, et cela exaspérait mon père. Alors nous rentrions à Everett. Lorsque j'y songeais, je devais reconnaître que j'avais plus hérité du physique de mon père que de ma mère. La peau café au lait, les yeux verts, les cheveux châtain clair. De ma mère, je n'avais hérité que la taille et le poids. Je n'étais pas très grande, ni trop petite, et avais une carrure de sportive, sans pour autant être robuste. Ceci à part, je n'avais aucun point commun avec ma mère. Elle était d'une pâleur presque maladive, qui s'alliait parfaitement avec la couleur gris métallique de ses yeux, et la blondeur de ses cheveux. Au premier abord, ce n'était pas une femme vers qui on allait facilement. Elle était toujours très distante, froide, rigide. Tout le contraire de mon père, qui s'était toujours montré ouvert avec tout le monde. Enfin, je m'égarai …

Les yeux clos, la respiration égale, la chaleur corporelle … Il ne semblait qu'endormi. On dit que les gens dans le coma peuvent entendre ce que l'on dit. Je n'y avais jamais vraiment cru, mais à cet instant, je désirais ardemment y croire. Alors je me mis à lui parler, à voix basse.

- Tu sais papa, rien n'a vraiment changé en moi depuis que je suis partie. Je suis toujours la même sur le plan mental. Bien sûr, j'ai sûrement un peu mûri. Mais je suis sûre que tu me reconnaîtrais. Je peux aussi affirmer que tu serais sans doute fier de moi. J'ai progressé tu sais. Et au fait, tu avais raison. Maxence est fou d'amour pour moi. Comment ai-je fait pour ne rien voir tout ce temps ? C'était tellement évident, pourtant. Mais l'essentiel est que je m'en sois aperçue, non ? Tu dis toujours mieux vaut tard que jamais. Je pense qu'il est temps que je t'explique la vraie raison de mon départ. Ça peut te mettre en danger, c'est pour ça que j'ai hésité au début. Mais de toutes façons, je ne suis même pas sûre que tu entendes ce que je dis. Papa, tu vas me traiter de folle, si tu te rappelles vraiment de tout ça à ton réveil, mais qu'importe. Je suis un vampire. Tu pourras rigoler, je n'en tiendrai pas rigueur, car je sais, c'est grotesque. Un vampire ! J'en ris moi-même. Pourtant c'est la pure vérité. C'est devenu ma condition, et je ne peux y échapper. Je n'ai pas choisi. S'il y avait un choix à faire, ma foi, je pense que je choisirais cette condition. Car malgré le fait que j'aie du vous abandonner, malgré tous les désavantages que cela incombe – la soif, l'envie, tout ça – eh bien cette condition je l'aime. Car grâce à ça, je suis réunie avec Maxence pour l'éternité. Grâce à ça, je vais certainement pouvoir réaliser des choses dont je rêvais, mais qui ne me semblaient pas accessibles, comme ce tour du monde que je veux faire depuis mes 9 ans, tu te souviens ? Oui, je sais ce sont des choses matérielles, et c'est particulièrement égoïste – je baissai les yeux sur mes pieds, un peu honteuse – mais ça me fait du bien de me dire que je serais encore là dans des années. Je ne serais jamais bien loin de vous, ne t'inquiètes pas. Mais papa, il faut que tu sois fort, et que tu battes ce coma, que tu te réveilles, parce que si rien ne peut me tuer désormais, ce n'est pas le cas de maman. Jamais elle ne survivrait seule, tu es son socle, sa béquille, enfin tu comprends l'idée. Elle est amorphe, j'ai l'impression qu'elle n'arrive pas à avancer sans toi. Alors tu vas bouger ton cul, et sortir de cette merde, tu m'entends papa ? J'ai foi en toi, je sais que tu peux y arriver. T'es un battant en toi. On a ça dans le sang chez nous, pas vrai ? Réveille-toi papa, je t'en supplie. Tu me manques tellement ...

Ma voix se brisa sur ces mots. Je reposai son bras le long de son corps, embrassant une dernière fois sa main, et décidai qu'il était temps pour moi de partir. Je me penchai et déposai un baiser sur son front, accompagné d'un « Je t'aime » à peine audible, puis me détournai de lui. Je repassai par la fenêtre, puis la refermai, respectant à l'identique sa position initiale, et je me laissai retomber dans le jardin, avec souplesse. Personne ne m'avait vu, tout semblait désert. Il était encore tôt, à peine 7 heures et demi. Je contournai le bâtiment et repris le chemin de la maison.

Je sais, c'est court, et en plus y'a pas d'action, et pas de suspens à la fin. Mais j'ai plus d'idées :(

Je n'arrêterai pas cette fiction, nop, mais c'est juste que les chapitre seront assez longs à arriver, comme vous devez vous en rendre compte ^^'

En fait à la base, je voulais le continuer un peu plus, qu'il soit plus long, mais j'y arrivais vraiment pas, donc j'ai abandonné.

Donc voilà, qu'en pensez-vous ?