Voilà le chapitre 8 pour votre plus grand plaisir, du moins je l'espère, Bises.
Caro.
8
Le lendemain, Hermione passa des heures entières à la bibliothèque à la recherche d'informations concernant ses origines.
La famille Matthiews était une très ancienne famille de sang pur qui s'était éteinte avec Wilhelmina, faute de descendance. Elle n'avait récolté que très peu d'information, ne retrouvant qu'un arbre généalogique.
Elle voulait absolument découvrir qui était son géniteur mais rien ne relatait cet épisode dans tous les livres qu'elle avait décortiqués avec avidité.
Tous les membres de cette famille étant à présent décédés, elle ne pouvait contacter personne.
Finalement, en dernier recours, elle se décida à aller voir Dumbledore. Réputé pour être un puits de connaissance, il aurait peut-être la réponse à ses questions.
Ce soir là, elle attendit patiemment la fin du diner, jetant de fréquents regards vers la table des professeurs.
Harry remarqua son manège.
- Hermione ? Tu as l'air pensive.
- Mmmm ?
- Pourquoi tu n'arrêtes pas de regarder vers les professeurs ?
- Oh. Je dois parler à McGonnagal concernant mon emploi du temps.
- Tu veux y ajouter des cours ? fit Ron en rigolant.
Elle se contint pour ne pas s'énerver et l'ignora royalement.
- Au fait, questionna Ginny, que t'es-t-il arrivé ?
- Comment ça ?
- Pattenrond t'as attaquée ? demanda-t-elle en désignant sa joue.
- Ah, euh oui. Rien de grave, je l'ai effrayé.
Ginny sentait qu'Hermione leur cachait quelque chose à tous.
Lorsque les enseignants quittèrent leur table, elle se leva à son tour.
Harry la regarda s'éloigner avec suspicion. Il sentait que quelque chose clochait mais ne parvenait pas à mettre le doigt sur ce qui le dérangeait. Il haussa les épaules et attaqua consciencieusement son riz au lait.
Ginny lui tapota l'épaule, Ron débattant avec Neville et Seamus sur la meilleure équipe de Quidditch de l'année.
- Harry, chuchota-t-elle. Quelque chose ne tourne pas rond.
- Je sais, répondit-il sur le même ton. Que veux-tu y faire ? Elle refuse de nous parler.
- Je crois qu'il se passe réellement quelque chose de grave. Je crois que l'on devrait rester vigilants, c'est tout.
Il hocha la tête, pensif.
Drago également l'observait. Le comportement de la jeune femme était étrange en ce moment. Une lueur était apparue dans ses yeux. Quelque chose de dérangeant. Elle semblait sure d'elle, hautaine, ne lui adressant la parole qu'en cas d'extrême nécessité et leurs rapports s'étaient dégradés.
A chaque fois qu'elle lui parlait, c'était sur un ton moqueur, un sourire narquois sur les lèvres, comme si elle savait quelque chose d'important qu'il ignorait et qui la mettait en position de supériorité face à lui. Et il n'aimait pas ça du tout.
Il la regarda quitter la grande salle d'une démarche gracieuse et chaloupée, décidé à mener son enquête.
Hermione repassa rapidement par sa chambre, mit la pensine dans son sac afin de la rendre à Dumbledore par la même occasion. Elle avait décidé d'être plus ou moins honnête avec lui, dans la mesure du possible, sans toutefois tout lui dévoiler.
Elle parcourut ensuite les couloirs jusqu'à la gargouille.
- Miss Granger, quel plaisir de vous revoir.
- Bonsoir. Le plaisir est partagé. Vous êtes d'une compagnie fort agréable et votre amabilité vous honore.
Elle était tout à fait consciente d'en faire trop mais la gargouille frémit avec délice sous le compliment.
- Le professeur Dumbledore est-il disponible ?
- Oui, je vous en prie, fit la statue de pierre en s'écartant pour la laisser passer.
- Merci.
Elle monta lentement les marches, se préparant mentalement à ce qu'elle comptait dire.
La porte du bureau s'ouvrit d'elle-même lorsqu'elle parvint en haut des marches.
- Miss Granger, bonsoir.
- Bonsoir professeur.
- Que me vaut le plaisir de votre visite ?
- Je dois vous parler de mes origines.
- Je me demandais quand vous vous décideriez à venir me voir, fit-il doucement.
Elle sursauta sous l'allusion.
- Vous êtes au courant.
- Bien sur Hermione. Mais ce n'était pas mon rôle que de vous dire que vos parents adoptifs n'étaient pas vos géniteurs. La décision leur appartenait.
- Oui, j'imagine, murmura-t-elle sans en être convaincue.
- Que savez-vous ?
- Je sais que je fais partie de la famille de sang pur Matthiews, que j'en suis la dernière descendante.
- Oui, une très ancienne famille, connue pour les pouvoirs et talents de chacun de ses membres. Une famille réellement exceptionnelle, de bien des façons.
- Serpentarde en majorité d'après ce que j'ai pu lire.
- Dans sa totalité à vrai dire. Vous êtes la seule exception.
- Professeur. Je veux savoir qui est mon père ?
- Cela a-t-il réellement une importante ?
- Absolument. Pour être honnête, je sais que ma mère m'a abandonnée pour me protéger de lui mais elle n'a pas dévoilée son identité dans la lettre qu'elle avait laissée à mon intention. Je veux connaitre la vérité.
Dumbledore soupira bruyamment et Hermione put distinguer à ce moment tout le poids du monde sur ses épaules.
Il se redressa et l'observa par dessus les verres de ses lunettes en demi-lunes.
- Je ne suis pas sure que vous soyez prête à connaître la vérité, Miss.
- Que voulez-vous dire ?
Elle se pencha en avant en fronçant les sourcils.
- La vérité n'est pas toujours bonne à savoir, surtout étant donné votre fragilité actuelle...
- Ne me dites pas que je suis fragile !
Elle s'était levée brusquement et se mit à faire les cent pas devant le lourd bureau en bois.
- J'ai surmonté la mort de mes parents, la découverte de mes origines, l'incompréhension de mes amis qui ne savaient pas comment réagir face à ma souffrance. J'ai dû avancer seule, totalement seule.
- N'avez-vous pas provoqué cette solitude inconsciemment ?
Elle réfléchit.
- Probablement, je l'admets. Mais étais-je censée réagir autrement ? Étais-je censée réclamer de l'aide de ceux qui auraient du me l'apporter d'eux-même ?
Dumbledore ne répondit pas, ressentant la douleur sous-jacente qui menaçait d'exploser véritablement d'un moment à l'autre.
- Je dois savoir, j'en ai besoin et peu importe les conséquences.
Le directeur sentit son cœur se serrer face à sa détermination.
- Bien, murmura-t-il. Je vous conseille de vous asseoir.
Elle obéit, docile. Elle le fixait, attendant patiemment qu'il commence. Elle ne comprenait pas la difficulté qu'il avait à lui dévoiler l'identité de son père.
- Hermione, j'ai très peu connu votre mère. Elle avait passé une partie de sa scolarité à Beauxbatons, ses parents souhaitant qu'elle ait une éducation à la française, élégante mais relativement libre. C'était une très belle jeune femme. Elle avait vos yeux. Et elle était très intelligente. Elle rêvait d'ouvrir une librairie.
Hermione écoutait, concentrée, et sourit à l'évocation de son souvenir. Maintenant elle savait d'où lui venait sa passion pour les livres.
- Votre mère s'est mariée très jeune. A la sortie de l'école, elle avait à peine 18 ans et est tombée enceinte peu de temps après. Elle a rencontré votre père lors de son retour à Poudlard, tous les deux intégrés à la maison de Serpentard. Ils apprirent réellement à se connaître lors des fastueuses réceptions organisées par les familles de sang pur de l'époque qui ne souhaitaient qu'une chose, trouver le meilleur parti possible pour leurs enfants.
Et les origines de votre père, bien que floues, lui permettaient largement d'y être convié.
- Venez-en au fait professeur, je vous en prie, dit tout bas Hermione.
Dumbledore se redressa, droit comme un i, joignant les mains, et son visage se durcit imperceptiblement, mais elle sentit sa raideur.
- Le vrai nom de votre père est Tom Marvolo Jedusor, mais on l'appelle à présent Voldemort.
