Et voilà enfin une suite. Comme me l' a fait remarqué Madoka Ayu, elle se faisait attendre. Mais comme je l'ai dit c'est ma première fiction sur Castle donc je prends mon temps. J'espère être assez fidèle au caractère des personnages de la série.
Vous aurez au moins une réponse aux questions que vous vous posez.
Merci pour les reviews mais aussi pour les story alert.
Bonne lecture.
Appartement de Castle, 20h30.
Martha entra dans la chambre de son fils. La question qu'elle allait lui poser, mourut sur ses lèvres. Richard avait le regard lointain. Il triturait son omelette sans y prêter grande attention. Il ne fit même pas le moindre mouvement quand sa mère s'assit près de lui, sur le bord du lit.
- Richard ? Elle lui attrapa la main, l'obligeant ainsi à poser sa fourchette. Richard ?
- Hum…
- Tu n'as rien mangé. Ça va ?
- Ça va mais je n'ai pas faim.
- Je connais cette tête. Qu'est-ce qui te tracasse ? Et ne me répond pas « rien ».
- D'accord, je ne le dis pas. Je suis juste fatigué….
- Bien essayé, mais je suis ta mère, je te connais bien. C'est plus grave que ça. Dis-moi tout.
- Comment réagirais-tu si on te disait que ton fils est un assassin ? Dit-il d'un air sombre.
- Voyons ! Ne dis pas de sottises ! Tu serais incapable de tuer une personne !
- Pourtant si quelqu'un s'en prenait à Alexis ou à toi. Je pourrais le faire….enfin je crois.
- Ce n'est pas la même chose. Ce serait de la légitime défense. Voyant l'air de plus en plus triste de son fils. Richard tu me fais peur. Qu'y-a-t-il ?
- Cet homme que vous avez pris pour moi…. Je crois que c'est moi qui l'ai…tué.
Son regard était désespéré. Martha en resta muette de stupeur. Il avait l'air si malheureux. Elle serra son fils dans ses bras. Il se laissa faire, s'accrochant à elle comme à une bouée de sauvetage. Comment avait-il pu se mettre une telle idée en tête ? Après un moment, elle lui demanda pourquoi il pensait avoir fait ça. Il lui expliqua ce qui s'était passé à la morgue.
- Beckett a raison, c'est impossible.
- Pas si je me trouvais face à lui.
- Ne dis pas de sottises. Attends de faire ces tests. Tu verras que tu as tord et que nous avons raison.
- Avec un bon avocat, en plaidant l'irresponsabilité, j'échapperai peut-être à la peine de mort.
- Parfait ! Comme cela tu pourras toujours écrire. Gagner des millions. Et subvenir à nos besoins. Lança-t-elle d'un air joyeux en lui tapant sur l'épaule.
- Mère ! Comment peux-tu être aussi cruelle ! Répliqua-t-il.
- Ah ! Enfin l'esquisse d'un sourire. Tu arrêtes de dire des bêtises et j'arrêterai aussi.
- Marché conclu. Il réprima un bâillement. Je ne sais pas si cela viens des médicaments qu'ils m'ont donné. Mais j'ai l'impression de m'être transformé en marmotte.
- Alors je vais emporter ce plateau et te laisser te reposer.
- Où est Alexis ?
- Chez Ashley. La pauvre, depuis ta réapparition, elle est harcelée de questions.
- Je m'en veux tellement. Je n'arrive même pas à imaginer ce que vous avez dû endurer.
- Tu n'as rien fait pour. Ce n'est pas ta faute. Elle lui déposa un baiser sur la joue. Pour l'instant, ne penses qu'à une chose, te reposer.
Commissariat, samedi 9h50.
Beckett regardait la photo de Peter Blake, fixée au tableau. Elle comparait ses traits à ceux de Rick. Il y avait certaines similitudes. Cela avait du faciliter le travail du chirurgien.
Elle avait revu en détail tout ce qu'ils avaient trouvé. Elle était toujours dans le brouillard. La découverte de l'identité de la victime amenait plus de questions que de réponses.
Pourquoi un policier anglais d'Interpol avait subi une opération esthétique pour ressembler à Castle ? Pourquoi cherchait-il une équipe pour une casse ? Pour qui ? Lui, ceux qu'ils l'avaient torturé et exécuté ?
Et, comme si l'affaire n'était pas assez compliquée, Castle s'était mis en tête qu'il était le meurtrier. Elle avait lu les rapports des services scientifiques. Notamment les analyses sanguines. Elle était beaucoup moins sûre de son innocence maintenant. La donne avait changé. Ses ravisseurs avaient bourré l'organisme de Rick de psychotropes et de sédatifs. Ce qui expliquait en partie son état de fatigue générale. En avaient-ils profité pour faire agir Castle contre son gré ?
Rien que l'idée que Castle ait pu égorger Blake la fit frissonner. Lui en tout cas n'en doutait pas. Ce qui était bien assez inquiétant en soi. L'examen de la bâche, de la corde et du bloc de ciment n'avait rien donné. Ils étaient restés trop longtemps dans l'eau pour y relever quoi que ce soit. La corde et la bâche faisaient partie du matériel que l'on trouvait aisément dans n'importe quel magasin pour activités nautiques.
Elle soupira. Elle aurait dû faire comme Ryan et Esposito, profiter de son weekend. Seulement elle avait appelé son ami. Après lui avoir expliqué le motif de sa demande, il lui avait répondu que tout serait près pour le samedi après midi. Il était surexcité à l'idée de rencontrer Castle. Il était, d'après ses dires, un fan irréductible.
Une autre chose occupait son esprit. Le capitaine avait appelé Interpol pour les prévenir de la mort d'un des leurs. Ils furent plutôt surpris. Blake était censé être en vacances aux Maldives pour faire de la plongée. Son supérieur devait arriver le lundi matin. Avec des informations. Apparemment leur homme avait fit des siennes en désobéissant aux ordres.
Kate espérait vraiment qu'il lèverait une part de mystère dans cette affaire. Affaire dont Castle était la clef. Elle en était certaine. Comme elle était certaine que la mort de Blake n'était pas prévue. Contrairement à celle de Castle. Rester à trouver pourquoi.
Laboratoire scientifique, samedi, 14h18.
Jack Matters se rua sur Beckett et Castle dès qu'ils sortirent de l'ascenseur.
- Kate qu'elle plaisir de te voir.
- Merci Jack, inutile que je te présente la personne qui m'accompagne.
- Inutile en effet ! Je suis heureux de vous rencontrer Mr Castle ! Je suis un de vos plus grands fans.
- Merci Jack. Je vous enverrai un exemplaire dédicacé de mon prochain roman, promis.
- Génial !
- Jack, s'il te plait. Coupa Kate.
- Ah oui ! Suivez-moi.
Dans la pièce, sagement alignés sur une table, se trouvaient plusieurs bustes. La gorge était à la hauteur précise de la victime assise. En bout de table Castle repéra tout de suite le couteau. Il s'approcha, le ramassa et l'examina. Pas de doute, c'était bien le même modèle. Une image s'imposa. Sa main trembla légèrement. Il avait peur, pourtant il devait savoir. Lorsqu'il se tourna vers Matters, son regard admiratif et son sourire lui parurent déplacés. Mais quant il posa sa question le fan disparut et le professionnel réapparut.
- Que dois-je faire exactement ?
- D'après la photo. Il posa son doigt à un bout et suivant la ligne sanglante expliqua. On voit très bien que la coupure part du bas à droite, passe sur la trachée et finit sur la gauche légèrement plus haut.
- Je dois donc faire un mouvement montant ?
- Si vous y arrivez, oui. Tenez, mettez cette blouse de protection et ces lunettes. J'ai mis du sang pour faire plus réaliste, précisa-t-il.
- Bien.
Il s'avança, resserra la prise sur le manche du poignard. Il ferma machinalement les yeux pour effacer l'image de son propre visage le regardant terrorisé. Il posa la lame sur le coup et fit un rapide mouvement montant latéral.
Il resta pétrifié, incapable de bouger. Le faux sang coulant, l'effrayait. Aucun doute que cette histoire l'avait plus remué qu'il ne voulait l'admettre. Il sentit une présence à ses côté. Kate le regardait, inquiète.
- Ça va Castle ? Vous êtes livide.
- Ça ira, je vais tenir le coup. De toute façon ça ne pourra pas être pire que ça ne l'ai déjà. Alors Jack ?
- Non, ça ne correspond pas. Sur la plaie de la victime, la profondeur de l'entaille augmente. Vous c'est le contraire, vous mettez toute votre force au début.
- Je recommence ?
- Oui, vous avez encore six cous à trancher et j'en ai d'autres si besoin.
- Je peux faire les essais à la suite ?
- Oui, vous pouvez aussi changer de position si vous le souhaitez.
- Compris.
Il s'exécuta. Modifiant tour à tour, la prise sur le manche, sa position et la pression exercée sur la lame. Arrivé au dernier buste, il repensa à ce que lui avait dit Beckett. L'assassin était gaucher. Il prit le couteau dans sa main gauche. Son épaule étant moins douloureuse, ça irait.
Lorsque Beckett le vit faire, elle retint sa respiration. Pourquoi n'y avait-elle pas pensé. Elle croisa son regard alors qu'il se plaçait derrière sa 'victime'. Il était aussi paniqué qu'elle. Mais aussi parfaitement déterminé. Sans aucune hésitation il trancha la gorge en gélatine. Jack qui n'avait pas songé à cette possibilité, posa deux autres bustes sur la table. Il fallait au moins deux autres essais. Castle ne dit rien et fit les deux essais supplémentaires.
- Voilà. Et maintenant on fait quoi ? Demanda-t-il en enlevant ses protections.
- Allez prendre un café avec Kate. La salle de pause est au fond du couloir sur la gauche. Il doit encore rester du café dans le placard.
- Vous en avez pour combien de temps ?
- Donnez-moi une demi-heure. Allez, sortez de là tous les deux.
- Venez Castle.
Il se laissa tomber sur une des chaises. Kate s'occupa du café, le laissant tranquille. Dans des circonstances normales, il se serait amusé comme un gosse. Il aurait même émis des théories plus que bizarre et en aurait discuté pendant des heures avec Jack. Lorsqu'elle avait été le chercher, Martha lui avait parlé de l'idée 'démente' de son fils, qui se prenait pour un assassin. Elle mettait ça sur le stress occasionné par sa séquestration et aussi sur son imagination d'écrivain.
Elle n'avait pas eu le courage de lui dire qu'il s'agissait d'un policier. Elle prit les deux tasses et alla s'asseoir père de lui.
- Merci.
- Rick, je voulais…
- J'ai peur Kate. Il avait lâché ça brutalement.
- Je sais. Moi aussi… un peu.
- Vous avez du nouveau sur notre inconnu ?
- Oui. Elle reprit son souffle. Grâce à une amie de Lanie nous avons son identité.
- Pourquoi ne pas me l'avoir annoncé en arrivant chez moi ?
- Pour ne pas vous perturber d'avantage.
- Que me cachez-vous ?
- Il s'agit d'un policier Castle.
- Un flic ! J'ai peut-être tué un flic ! Vous auriez dû m'en parler ! S'énerva-t-il.
- Vous n'avez tué personne !
- Comment pouvez-vous en être certaine ?
- Parce que je vous connais. Peu importe votre état. Ce n'est pas votre nature.
- C'est aussi ce que m'a dit ma mère. Mais moi je sais bien que je l'ai tué.
- Non ! Vous n'avez tué personne ! Lança Matters en brandissant des feuilles.
- Vous…
- Oui j'en suis sûr. Vous vous êtes donné beaucoup de mal pour varier vos façons de faire. A croire que vous désiriez vraiment être ce meurtrier. Mais il y a une constante que l'on n'a pas avec l'originale.
- Et les essais de la main gauche ?
- Le mouvement et la profondeur ne correspondent pas. Vous êtes innocent et cela est prouvé scientifiquement.
Merci.
C'est tout ce qu'il était capable de dire. Il était tellement soulagé qu'il se sentait vidé de toute énergie.
- Tu m'envoies ton rapport le plus vite possible.
- Lundi tu l'auras sur ton bureau.
- Encore merci pour ton aide Jack.
- Cependant il reste un problème.
- Oh non, qu'est-ce qui ne va pas cette fois Castle ?
- Je ne l'ai pas tué, je suis convaincu. Mais ces images qui me reviennent en mémoires. Elles sont vraiment trop réalistes. Ce qui ne veut impliquer qu'une chose….
- Que vous l'avez vu se faire égorger
- Oui.
