Wow, merci pour les reviews ! J'essaie d'écrire vite, mais je ne veux pas écrire n'importe quoi non plus... Mais je vous promets que je fais de mon mieux !


Booth se réveilla avec le soleil. Les portes françaises menant à la galerie étaient restées ouvertes, et les rayons matinaux entraient pleinement dans la chambre. La journée s'annonçait splendide, et la chaleur envahissait déjà la maison. L'air était salin, on entendait les mouettes à l'extérieur, et l'odeur du café que Théodora venait probablement tout juste de faire montait depuis la cuisine. Allongé sur le dos, Booth dut faire un effort immense pour ouvrir les yeux. Il lui fallut plusieurs minutes pour reprendre ses esprits. Il réalisa, au bout d'un moment, que son bras gauche était engourdi. Il voulut le bouger, mais c'était impossible. Il se tourna vers sa gauche, et c'est à ce moment qu'il se souvint qu'il n'était pas seul… Bones était encore endormie, couchée sur le côté, à peine à quelques centimètres de lui. Il ignorait comment ils avaient pu se retrouver dans cette position, mais alors que Bones était allongée sur le côté et lui tournait le dos, il avait le bras gauche passé sous son corps. Il se dégagea difficilement, ne voulant pas la réveiller, et resta un moment allongé à la regarder dormir. Il songea qu'il aimerait bien se réveiller ainsi tous les matins. Une pensée finit par le sortir de ses rêveries : elle allait sans doute bientôt se réveiller. Mieux valait pour lui être dans la douche à ce moment… Il en avait grand besoin ! Il s'assied péniblement sur le rebord du lit puis passa sa main dans ses cheveux. Il réussit à se tirer hors du lit et à se trainer dans la douche. Il ouvrit le robinet et l'eau commença à couler. Elle avait tout intérêt à être très froide…

Bones ouvrit les yeux au moment où elle entendit l'eau de la douche couler. Elle avait cru qu'il ne sortirait jamais du lit. Elle était réveillée depuis presque une heure déjà et n'avait pas trouvé le courage de même se retourner. Elle avait plutôt préféré profiter du moment. Cette maison était paradisiaque, et l'ambiance qui y régnait apportait un petit je-ne-sais-quoi de réconfortant. Elle n'arrivait pas à se mentir : elle avait apprécié le sentir près d'elle à son réveil. Elle songea qu'elle aimerait bien se réveiller ainsi tous les matins. Elle entendit Booth refermer le robinet de la douche. Elle devait faire vite et sortir du lit avant qu'il ne ressorte de la salle de bain. Elle agrippa le drap qui portait encore son parfum et l'enroula autour d'elle comme elle l'aurait fait d'une couverture en laine. Elle sortit ensuite sur la petite terrasse et alla s'asseoir dans la chaise qu'elle avait occupée la veille. La mer était splendide et la journée s'annonçait magnifique. Oui, cet endroit était définitivement un morceau du paradis…


Lorsque Jared arriva dans la cuisine, il trouva Parker et Clara assis au comptoir-lunch et en train de dévorer des pancakes aux fruits. Le café venait d'être fait, et le cabaret d'Anne était déjà redescendu, signe qu'elle était réveillée et qu'elle avait déjà fini de déjeuner malgré l'heure matinale.

- Oncle Jared ! s'exclama Parker avec énergie. Tu veux des pancakes ? Tante Théo a promis d'en faire d'autres…

- Elles ont l'air délicieuses, lui répondit Jared en venant prendre place debout derrière les enfants.

Il se pencha au dessus d'eux pour sentir le doux parfum de leur petit déjeuner lorsque Clara leva sa fourchette et lui en offrit une bouchée. Il l'avala avec plaisir et lui murmura un « merci », la bouche encore pleine de sirop.

- Et où est la cuisinière, demanda Jared, question que je puisse moi aussi profiter d'une si belle assiette de pancakes ?

- Je crois que tante Théo est dehors, répondit Parker.

- Elle est dans l'entrée avec monsieur Donovan, ajouta Clara.

- Monsieur Donovan ? demanda Jared suspicieusement. C'est un voisin ?

Clara secoua la tête.

- Un ami, alors ?

Clara répondit encore une fois par la négative.

- C'est son petit copain ? essaya encore Jared, curieux.

Clara eut une mine de dégoût et secoua la tête de plus belle.

- Monsieur Donovan est le fils de madame Donovan ! répondit-elle enfin comme si c'était la réponse la plus évidente du monde.

- Bien sûr ! s'exclama Jared, sarcastique. Pourquoi n'y ai-je pas pensé plus tôt ? Et je parie que c'est également le mari de madame Donovan ?

Clara lui jeta un regard qui voulait dire : « Te fiche pas de moi ! ». Jared eut l'impression, l'espace d'un instant, d'être en présence d'une femme adulte.

- Je vais aller voir si ta mère a besoin d'un coup de main, ajouta Jared qui cherchait un moyen de se sortir de l'embarras. Soyez sages !

Il quitta la cuisine et lorsqu'il arriva près de la porte d'entrée, une petite voix féminine lui parvint de l'intérieur : « Je suis toujours sage ! ». Il ne put s'empêcher de rire.

En ouvrant la porte, il entendit des voix venant de l'entrée de garage qui était en bas de la galerie.

- Deux jours, Teddy. Mais pas plus.

La voix était masculine. Jared se dit que ce devait être monsieur Donovan.

- Deux jours ? T'es malade ! Je t'ai dit que je te paierais ! Je t'ai toujours payé ! Mon employeur a des paiements en retard, je recevrai mon chèque à la fin de la semaine prochaine.

- Et moi je te dis que je t'accorde un délai jusqu'à lundi. Débrouille-toi pour le reste.

- T'as pas le droit de faire ça !

- L'entente, c'est ça. Tu ne la respectes pas, l'entente prend fin.

Jared s'était avancé près de la rambarde de la galerie, et jeta un coup d'œil à l'étage inférieur tout en prenant soin de rester assez à l'écart pour ne pas se faire remarquer. Theodora était dans la cour, et une voiture était venue s'ajouter à celles qui étaient déjà dans l'entrée. Un homme se tenait là, probablement le fameux monsieur Donovan. Il devait avoir près de quarante ans. Theodora et lui semblaient avoir une discussion très animée.

- Très bien ! lâcha la jeune femme. T'auras ton argent lundi. Maintenant, fous le camp !

- Lundi matin, sans faute ! Je passerai le chercher chez Charlie. Comme ça je sais que tu ne seras pas en retard…

- Je t'ai dit de foutre le camp !

- T'en fais pas, c'est fort probablement la dernière fois que tu me payes, beauté.

- Ça fait des mois que tu dis ça. Et tu vois bien, je te paye encore…

- Tu penses que ça va durer un autre mois ? Avec ce que j'ai vu la semaine dernière, je suis bien surpris de te voir en face de moi encore ce matin…

- Je t'ai dit de foutre le camp ! T'auras ton argent lundi.

Theodora se retourna et monta sur la première marche menant à la galerie de l'étage. Jared vit l'homme retourner à sa voiture et partir en direction du village. Qui était-il ? Quel montant d'argent pouvait bien lui devoir Theodora, et pourquoi ? Les questions valsaient dans sa tête. Une chose était sûre : sa sœur semblait dans le pétrin. Mais comment aborder le sujet sans qu'elle ait l'impression d'avoir été espionnée ?

Theodora attendit de le voir disparaitre avant de remonter pour retourner à l'intérieur. Elle pénétra dans la maison et trouva Jared assis entre les deux enfants, au comptoir-lunch.

- Alors ? lui demanda-t-il armé de son plus grand sourire. Il paraît qu'il y a des pancakes au menu ?


Booth et Bones descendirent ensemble et trouvèrent Jared attablé devant une montagne de pancakes. De l'autre côté du comptoir, Parker et Clara, vêtus de tabliers, cassaient des œufs. Theodora supervisait l'opération.

- Salut papa ! s'exclama Parker en voyant son père entrer dans la cuisine. T'as vu ? Clara et moi on fait votre petit déjeuner, à Bones et à toi ! Oncle Jared a aussi dit qu'il allait en reprendre.

Clara quitta son porte au pas de course et se dirigea vers la table de la cuisine, dont elle tira deux chaises, invitant les deux adultes à s'asseoir auprès de Jared.

- Madame, monsieur, leur dit-elle d'une voix trop sérieuse pour être la sienne, si vous voulez bien prendre place, le petit déjeuner sera bientôt servi !

Booth et Brennan se regardèrent mais prirent néanmoins place tel que demandé par la petite fille. Le mélange fut bientôt prêt et les enfants mirent la table pour leurs deux nouveaux invités pendant que Theodora s'occupait de la cuisson.

- Tu fais toujours des déjeuners comme ça, ou c'est pour nous accueillir ? lui demanda alors Jared.

- Je me suis promis de rendre les derniers moments de maman agréables. Ça passe aussi par son petit déjeuner, même si je sais qu'au fond, elle ne le mangera pratiquement pas.

Elle déposa deux pancakes dans une assiette à côté de la cuisinière et Clara vint les porter sur la table. Booth et Brennan se servirent. Lorsque Theodora en eut terminé d'autres, Clara alla les poser sur la table mais en garda une qu'elle mit dans une petite assiette.

- Je vais la porter à grand-mère ! s'exclama-t-elle toute fière.

- Chérie, lui répondit sa mère, grand-mère a déjà mangé, ce matin…

- Oui, mais celle là, c'est Parker et moi qui l'avons faite ! Elle n'a pas goûté à NOS pancakes !

Theodora sourit en secouant la tête.

- Allez, file ! lui lâcha-t-elle en lui montrant l'escalier d'un signe de tête. Mais attention ! Si elle dort, prends soin de ne pas la réveiller !

- Promis ! répondit la petite fille alors qu'elle montait l'escalier.

Son assiette à la main, bien concentrée à ne pas échapper son contenu, elle montait chaque marche comme s'il s'agissait d'un défi en soi.

Theodora continuait de cuire des pancakes, et bientôt même Jared dut avouer qu'il était rassasié. L'ambiance était légère, familiale. Les adultes parlaient de tout et de rien. Parker jouait les chefs et s'amusait à faire le service. Le soleil était splendide, et la journée s'annonçait magnifique.

- Alors, demanda Jared, quel est votre plan de match pour la journée ? Moi, j'irais bien faire un tour au village.

- Au village ? lui demanda Theodora en riant. Mais que veux-tu bien aller faire au village ?

- J'en sais rien ! Faire un tour !

- Jared, c'est de Nags Head dont on est en train de parler… Il n'y a rien d'intéressant à des kilomètres à la ronde. Voilà pourquoi c'est l'endroit idéal pour des vacances : on n'a rien de mieux à faire que de relaxer et profiter du soleil, du vent et de la plage !

- N'empêche ! J'irai tout de même faire un tour !

- Parker, poursuivit Theodora, si tu as envie de profiter du vent, Clara a un super cerf-volant que vous pourriez faire voler sur la plage.

La proposition n'était visiblement pas tombée dans l'oreille d'un sourd.

- On pourrait faire un pique-nique ?

Theodora se mit à rire, une fois de plus.

- Si tu veux. Je vous préparerai quelque chose. Tu pourras m'aider, si tu en as envie.

- Moi, l'idée me plaît ! s'exclama alors Seeley. Bones, qu'est-ce que tu en dis ?

- Oui, répondit-elle, pourquoi pas ?

Tout le monde s'était mis à la vaisselle lorsque la petite Clara redescendit les mains vides.

- Grand-mère a dit qu'elle gardait mon pancake pour plus tard, dit la petite fille en entrant dans la cuisine.

- Tu ne l'as pas réveillée, j'espère ? lui demanda sa mère.

- Non. Mais elle m'a dit de te demander si tu pouvais lui monter un café.

La petite ne remarqua visiblement rien, mais Seeley et Jared virent que le visage de Theodora avait changé à la seconde où le café lui avait été commandé. Ses yeux s'étaient embrumés et son éternel sourire avait soudainement disparu.

- Clara ? lui demanda Theodora au bout de quelques secondes, va t'habiller s'il te plait. Amène Parker avec toi. Préparez-vous pour votre matinée sur la plage. Nous préparerons ensuite votre pique-nique.

Les enfants disparurent comme un coup de vent, et on entendit la voix de Parker lancer un « génial ! » alors qu'ils montaient l'escalier. À la seconde où ils avaient quitté la cuisine, Theodora se dirigea vers l'armoire qui était au dessus du four, l'ouvrit et en ressortit une fiole et une seringue. Seeley, Jared et Brennan la regardèrent, médusés.

- Le café, osa lui demander Seeley, c'est un code pour quoi ?

- C'est un code qui veut dire que c'est une très mauvaise journée… Maman a de la douleur, il faut que j'aille lui faire une injection. Ça va l'endormir, mais ça va la soulager un peu. Ça vous dérangerait de garder Clara sur la plage le plus longtemps possible ? Je sens que la journée sera pénible pour maman, et je préfère éloigner Clara quand c'est le cas. Elle en voit bien assez comme ça.

Seeley hocha la tête et jeta un regard à Brennan. Il n'eut pas besoin de parler qu'elle comprit et lui répondit de la même manière.

- Nous allons garder Clara à l'écart pour la journée, dit Brennan à Theodora. Avez-vous besoin de quelque chose en particulier ?

- Non, répondit Theodora. J'ai tout ce qu'il lui faut ici. De toute façon, plus rien n'est vraiment efficace contre sa douleur.

- Je vais rester avec toi, ajouta Jared en posant sa main sur celle de sa sœur. Je te donnerai un coup de main.

Theodora hocha la tête, puis sortit de la cuisine avec la fiole et la seringue, puis monta à la chambre de sa mère.


À la mémoire de Dawn, la maman de mon copain, qui est décédée dans la nuit de mercredi à jeudi à l'âge de 50 ans. Elle était l'inspiration du personnage de Anne Tanner-Booth et de sa maladie... Le ciel compte maintenant un ange de plus, et il est magnifique.