Bonjour et bienvenue dans le monde du retard professionnel, dans cette entreprise familiale, nous nous transmettons de générations en générations cet art incroyable qu'est le retard. Nous cultivons l'imagination dès le plus jeune âge, pour permettre la création d'excuses plus loufoques les unes que les autres mais aussi les plus crédible.
La devise familiale : "La liberté c'est de n'arriver jamais à l'heure!"
Plus sérieusement je n'ai pas vraiment d'excuses, je dirai simplement que le syndrome de la page blanche est la maladie la plus insidieuse et terrible de l'écrivain ( un bien grand mot me concernant ) ( je ne compte pas les dépression et autres véritables maladies, certaines sont quand même sources d'inspirations.
BREF! C'est un chapitre qui a été, lui aussi, difficile à écrire ( une nouvelle fois!). mais j'ai trouvé une nouvelle technique et j'espère posté d'autres chapitres avant la fin de l'été.
Bisous et bonne lecture, j'espère que ça va vous plaire! Et merci encore à tous ceux qui mettent des reviews, c'est une vrai motivation et une immense source de fierté!
P.S. : J'ai remarqué que mes précédents chapitres comportaient beaucoup d'erreurs, je vais essayer de les corriger cet été, donc il se pourra que vous receviez des alertes pour des nouveaux chapitres alors que ce sera seulement moi les repostant.
P.P.S. : Au fait si certains se posaient la question, Harry attends bien des jumeaux, mais au départ je voulais qu'il le découvre plus tard seuleument avec les Cullens.
! ATTENTION ATTENTION ATTENTION ATTENTION !
P.P.P.S. : en fait ce chapitre était prêt depuis fin juillet mais j'ai oublié de le poster parce que je voulais commencer le chapitre suivant d'abord.
! MERCI MERCI MERCI MERCI MERCI !
Chapitre 7 : Soins et questions
Les pneus des voitures crissèrent sur les graviers tandis que la Volvo s'arrêtait en vrac devant la maison. À peine la voiture stoppée, que les passagers se jetèrent dehors, Alice ouvrit la porte à son frère qui s'engouffra rapidement dans la maison puis dans la cave.
La vue se portait sur celle-ci, une fois la volée de marches avalée, c'était un endroit étrangement lumineux et sain, un espace à la fois dégagé dans certains coins et encombré dans d'autres. Dans ces coins là, il y avait de superbes machines nouvelles technologies, assez inhabituelles pour une cave. Ce n'était certainement pas un des ces débarras poussiéreux et infesté de vermines et de toiles d'araignées, ces endroits dégoûtants, où l'on n'irait sûrement pas pour le plaisir.
L'endroit avait été spécialement construit comme une petite salle d'analyses médicales. Carliste, en bon médecin qu'il était, s'était reconstitué un endroit pour travailler. Malgré que les vampires guérissent plus vite que la normale et que leur blessures même les plus graves ne nécessitent pas plus que quelques points, Carliste aimait avoir cette pièce équipée des machines les plus performantes, parfois, du marché. La progression de la science, particulièrement dans le domaine de la chirurgie l'étonnait toujours et le faisait rêvé. Du point de vue de son siècle de naissance la médecine actuelle relevait presque de la magie, alors les posséder, c'était comme céder à un rêve de gosse.
Malgré leur très rare utilisation, les machines étaient vierges de toute poussière, le médecin adorait les bichonner, c'étaient ses petits bijoux et gare à celui qui oserait les abimer. Certains avaient des voiture ou des motos de collection, lui avait des échographes et des scanners. Et encore il n'y avait ici que les plus récentes, les autres se trouvaient dans un garde meuble, en sûreté, et avec elles il aurait facilement pu constituer un musée d'antiquités scientifiques.
La famille avait de l'argent par-dessus la tête, alors si il fallait que ça pour ravir le médecin, cela ne dérangeait personne, surtout que Carliste lui-même ne lésinait pas sur les moyens quand il s'agissait de sa famille, comme en témoignait l'île de Esmée.
Mais actuellement le médecin n'était pas là, le vampire aux cheveux cuivrés porta le corps inerte de Harry jusqu'au seul lit de la pièce, équipé de barrières en plastique blanc sur le côté, il était en tout point identique à ceux des hôpitaux. Une fois qu'Harry fut déposé à l'intérieur, Edward prit précipitamment ses constantes vitales. La pâleur du jeune homme était inquiétante ainsi que son immobilité, malgré le transfert rapide de la voiture jusqu'à la cave et les quelques secousses du trajet en voiture, il n'avait pas remué le moindre orteil, heureusement son cœur bien que faiblement battait à un rythme constant qui lui assurait une survie certaine jusqu'à l'arrivée du docteur et rassurait les vampires. Il jeta un regard rassurant sur Alice qui se morfondait, de l'autre côté du lit, parce qu'elle n'arrivait pas à voir ce qu'il allait se passer, et brancha un respirateur car l'humain semblait en difficulté pour respirer.
Le reste des enfants arrivait ainsi que leur mère qui ne comprenait pas le pourquoi d'une telle agitation.
Habituellement ses enfants étaient plutôt discrets, mis à part Emmet bien sûr, ce grand gaillard mettait partout où il allait, autant d'ambiance que s'il avait été dix. Mais le plus étonnant ce devait sûrement être Edward, malgré toutes les années qu'ils avaient passées ensemble il demeurait très discret sur sa vie, ou plutôt sa non-vie, elle ne lui connaissait d'ailleurs aucune relation, même pas de passage, elle avait même eu peur un moment donné qu'il ne se renferme sur lui-même à force de se morfondre sur sa « laideur de monstre sans âme » et d'être entouré de couple heureux et amoureux. Et pourtant il s'occupait de cet humain presque comme s'il s'en préoccupait.
Mais à sa connaissance Edward ne participait jamais aux conversations sur ce jeune homme si ce n'est pour demander qu'on arrête d'en parler, il semblerait par contre qu'il s'intéresse de très près à l'autre nouvelle humaine du lycée, parce que celle-ci parvenait à déjouer sa télépathie.
Elle observa tous ses enfants, chacun paraissait soucieux, particulièrement Jasper qui avait quitté son habituel air impassible et détaché de tout, Alice, assise près du blessé, était mortifiée et elle s'approcha pour la réconforter. Emmett était étrangement calme collé contre sa femme, comme toujours égale à elle-même.
L'ambiance teinté d'inquiétude la prenait à la gorge et malgré son incompréhension de la situation, elle commençait à s'inquiéter pour ce jeune homme, Harry si elle se souvenait bien, si pâle, dans ce lit d'hôpital, qu'il en paraissait mort et Esmée aurait été prête à y croire si elle n'entendait pas son cœur battre, sa poitrine s'agitant si doucement qu'on la dirait immobile. Elle regarda ses bras si minces/décharnés abandonnés de chaque côté de son corps, il était si petit, si maigre, par rapport à ses enfants, tellement fragile. Il réveillait en elle cette tendresse maternelle qui lui donnait l'impression de voir un de ses fils, un être de sa chair et de son sang.
Esmée ressenti alors le même soulagement qui éclata dans la pièce, lorsque son mari entra.
Ce dernier paru un instant surpris mais se repris aussitôt, il embrassa sa femme soulagée tendrement, avant de demander à chacun de libérer la salle qu'il puisse s'activer mais autorisa Edward à rester pour l'assister. Tout le monde sortit calmement même si un peu d'aide fut nécessaire pour sortir Alice, qui voulait s'assurer que tout se passerait bien, finalement son mari réussit à la tirer hors de la pièce alors que Edward hochait la tête et s'approchait les sourcils froncés de concentration.
Harry ouvrit les yeux sur un plafond d'un beige éclatant et d'une propreté effarante qui détonnait par rapport au souvenir qu'il avait du plafond de sa nouvelle chambre. Son esprit encore embrumé par le sommeil, et une langueur qui lui était encore inhabituelle au réveil, ne réagit pas tout de suite à la différence d'environnement et il tenta de se redresser en s'appuyant sur ses bras, seulement son geste fut avorté quand il rencontra une résistance. Harry tourna son regard embué vers la chose qui le gênait et toute fatigue disparue soudainement. Il tenta aussitôt de retirer la perfusion accrochée à son bras, mais une main l'arrêta.
- Ne fais pas ça, tu vas te blesser.
Il se retourna, paniqué, en direction de la voix, une main prête à se défendre tandis que l'autre tâtonnait à côte de lui à la recherche de sa baguette. Son regard écarquillé de frayeur se posa sur le vampire posté sur une chaise proche de son lit, un livre abandonné sur les genoux, semblant attendre son réveil sa main tendue dans la direction de Harry, sans doute dans le but de l'aider. Mais dans l'esprit embrumé et méfiant de Harry, cette scène fut remplacée par une autre, dans un endroit différent, avec une personne différente.
« Sale monstre, tu ne mérite pas de vivre… tu devrais nous être reconnaissant de t'avoir recueilli sous notre toit…
Le son de la rencontre entre les phalanges d'un poing et un autre corps résonna dans la pièce étroite et sombre.
Des gémissements et de plaintes retentirent ensuite. Il suppliait pour qu'il arrête, il s'excusait continuellement, implorant un pardon qui ne venait jamais. Et l'homme reprenait de sa voix grave, vociférant:
- Tu devrais nous être reconnaissant de t'avoir élevé et éduqué, alors qu'on aurait du te laisser moisir dans les poubelles comme le déchet que tu es... »
Jasper sentant sa peur leva les mains en signe de paix et s'écarta un peu plus du lit, en disant :
- Si tu enlève la perfusion sans précaution tu risque de te faire mal, et c'est pour te soigner qu'elle est là, c'est notre père qui l'a mis et il ne fait jamais les choses sans avoir réfléchi. Tu sais il est médecin…
Alice lui avait dit que parler en permanence avec Harry semblait le détendre ou au moins détourner son attention, même si c'était pour ne rien dire. Jasper ne se sentait pas rassuré d'être seul avec le brun, même si il pouvait sembler le meilleur choix dans cette situation en considérant son don. Mais à ses yeux Harry était trop éloigné, injoignable, comme pris dans un cocon imperméable à toutes ses attentions. Il sentait sa peur et sa douleur, comme une petite voix qui implorait « Aide-moi, aide-moi », mais il ne parvenait pas à l'atteindre.
Heureusement les renforts allait bientôt arriver, ils avaient fait suffisamment de bruit pour que les super oreilles de vampires à l'étage, les aient entendu et sachent que le patient était réveillé.
Il reposa son regard sur Harry qui s'était reculé dans le coin du lit à l'extrême opposé de lui, et suivait ses mouvements de ses yeux de biche traquée, comme une proie. Ses yeux étaient les mêmes que lorsqu'il faisait sa crise, à la fois ceux d'une proie effrayée et ceux d'un prédateur plein de rancœur et de haine, mais n'avaient heureusement plus cette brume sombre comme à l'instant et cela soulagea Jasper.
Il le vit s'humecter les lèvres et ouvrir la bouche, mais aucun mot ne sortit il ne parla pas et sa bouche se referma sans plus de cérémonie. Le laissant mal à l'aise, dans un silence pesant, avec des sentiments désagréable en pagaille et une paire d'yeux verts scrutateurs.
Jasper décida que le bruit de la porte de la cave qui s'ouvre était le plus merveilleux son au monde. Il aurait pu embrasser les pieds de son père quand celui-ci descendit les escaliers, un doux air sérieux au visage. Il regarda Harry et offrit la grâce tant attendu par Jasper, en rompant le silence :
- Bonjour Harry, je suis Carliste Cullen, le père des garnements qui sont ici, il ignora les regards vexés de ses enfants, c'est la première fois que nous nous voyons en étant tous les deux éveillés, il sourit doucement à Harry, mes enfants t'ont amenés ici parce que tu semblais malade.
- C'est un euphémisme… marmonna Emmet l'air amer et son père lui lança un regard noir, même si la phrase avait été dite sur un ton assez bas pour que seuls les vampires entendent.
- C'est pourquoi, continua un peu plus fort le médecin en reposant son regard sur Harry, ce que tu as dans le bras est important. Je t'ai examiné pendant que tu étais inconscient.
Il attrapa les feuilles où il avait annoté toutes les observations, tous les résultats d'examens, et les étudia un instant, sans prendre garde au raidissement soudain du corps de Harry, avant de reprendre :
- J'ai remarqué que tu avais de nombreuses carences, la perfusion va aider à les combler. Mais cela ne remplacera pas de vrai repas, lui dit-il en faisant des yeux menaçants. Il faut te nourrir plus, ton poids est clairement insuffisant tu es en grande insuffisance pondérale et si ton IMC baisse encore tu seras considéré comme un anorexique. Il faut aussi que tu te repose plus, comme tu manque de vitamine, il te faut plus de repos sinon au moindre virus ton système immunitaire ne va pas pouvoir tenir le coup. Je pense d'ailleurs que tu traîne sûrement déjà un rhume. Je crois que c'est à peu près tout ce que j'ai trouvé.
Carliste s'arrêta pour observer le jeune homme devant lui, son cas le laissait perplexe, à la fois à cause de sa complexité et à la fois parce que, sans qu'il ne sache pourquoi, le petit brun recroquevillé dans le coin opposé du lit avec une expression de défiance, de peur et de dégoût absolu éveillaient en lui beaucoup d'émotions ainsi qu'une implication envers lui qu'il n'avait pas avec ses autres patients. Il n'avait pas trouvé la raison pour laquelle le jeune avait fait une crise si violente et cela le troublait plus que ça ne devrait. Il mit par ailleurs de côté les petites irrégularités dans les résultats. Lentement mais sûrement il commençait à s'attacher à l'enfant.
Harry regarda l'homme devant lui, il ne savait que penser de la situation il était perdu. Des vampires, des putains de vampires, l'avaient vu au plus mal et l'avaient emmené dans leur tanière. Il tâta un peu plus le lit sous lui, mais aucune trace de sa baguette.
Résumons la situation : il était donc dans la tanière de 7 vampires sanguinaires et chasseurs expérimentés tandis que lui était désarmé face à eux. Le plus vieux et le chef devaient être celui qui parlait, puisque les autres semblaient écouter attentivement. Il se disait père de famille, mais les vampires ne pouvaient pas avoir de famille. Rien de ce que pourrais dire cet homme ne le convaincrait, un vampire médecin ce serait du jamais vu, comme s'ils pouvaient résister à l'appel du sang et de la violence. Il y avait aussi un grand costaud -enfin plus que les vampires habituels- et puis celui qui était à ses côtés à son réveil, Jasper lui semblait il. Enfin il y avait les trois femmes vampires, celle bizarre qui paraissait toujours dans la lune, celle qui avait une tête odieuse et la dernière, qui se tenait presque dans les bras du « père de famille », et qu'il voyait pour la première fois. Sans oublier le mec taciturne dont toutes les filles du lycée semblaient folles.
Et toute cette joyeuse petite bande de méchants lurons bloquait l'unique issue de la pièce, désespérant un peu plus Harry qui se demandait comment il allait s'en sortir.
- Il faut que tu te repose aussi, je peux te dire que même si je n'étais pas médecin ta fatigue serait plutôt simple à déceler, tout le monde ici l'a remarquée, surtout au vu des cernes violacés que tu as sous les yeux.
Voyant que Harry n'avait pas l'air de prêter attention à ses paroles mais plutôt aux différentes options qui lui permettraient de s'enfuir de cette pièce rempli de vampires sanguinaires, il soupira de dépit et continua donc dans l'intention de clore la « conversation », enfin pour l'instant, il comptait bien revenir à la charge avec des sujets un peu moins faciles.
- Bien je pense que pour l'instant ce sera tout, ma femme, Esmée, ici présente, il montra d'un geste la femme aux longs cheveux bruns qui s'avança avec un petit signe amical de la main et un sourire doux, elle va te préparer un plateau de nourriture et j'aimerai que tu mange le plus possible mais si tu ne peux pas finir ce n'est pas grave. Repose-toi bien d'accord, il aura d'autres choses dont nous devrons parler.
Il fit un signe à sa famille et chacun commença à sortir de la cave, le laissant en vampire-balai.
- Au fait Harry, il le regarda doucement, personne je dis bien personne ne va te faire de mal dans cette maison.
Sur ces mots le patriarche sortit de la pièce et ferma la porte laissant Harry seul dans le lit médical au beau milieu du ronronnement des machines de soins.
Harry attendit quelques instants toujours sur ses gardes et voyant que personne ne redescendait l'escalier, il se détendit, il déplia ses jambes, s'étirant un moment dans le lit. Puis il soupira. Qu'allait-il faire maintenant ?
D'abord il devait réfléchir : en premier il devait réussir à trouver ses affaires, ensuite il devait réussir à sortir de la maison, mais pour cela il allait devoir fausser compagnie à toute une famille de vampire. Se prenant la tête entre les mains il se dit avec beaucoup d'ironie, qu'il ne pourrait pas se mettre plus dans la merde. Bah ouais, disons le comme c'était, il était dans la merde jusqu'au cou!
Il passa le reste du temps à réfléchir à un plan d'évasion, à tel point qu'il sursauta quand la femme vampire, Esmée se rappelait il, ouvrit la porte et descendit les escaliers, un plateau chargé de nourriture dans les bras.
La vampire lui sourit tendrement, comme une mère le ferait et alors qu'Harry se repliait sur lui-même une nouvelle fois, elle déplia la petite table accrochée au bout du lit et posa son plateau dessus.
Le regard d'Harry fut attiré par le contenu du plateau, et il retint un haut le cœur quand il aperçut la quantité astronomique, pour lui, de nourriture.
- Oui, j'ai toujours tendance à en faire trop, dit Esmée en voyant le regard que portait Harry sur le plateau quasiment plein à ras bord, mais tu dois le savoir je n'ai pas souvent l'occasion de faire de la nourriture humaine, alors je dois dire que j'étais très enthousiaste et excitée à l'idée de te cuisiner quelque chose. Oh ! T'ai-je déjà dis que j'adorais ça. Cuisiner et faire des gâteaux. Alors tout ce que tu as sur le plateau est comestible, sauf les couverts, les assiettes et les verres bien sûr !
Elle rigola doucement et poursuivit :
- Alors il y a : des pancakes, des gaufres, du poulet, de la salade avec des tomates, une petite soupe de légumes du soleil avec des vermicelles et d'autres petites choses… Comme tu le vois j'ai fait un peu de tout, je savais pas du tout ce que tu aimais…alors surtout n'hésite pas Harry si tu as besoin de quoi que ce soit tu peux demander. Bien, elle essuya ses mains sur son tablier et se releva, demande si tu as besoin de quoi que ce soit, d'accord !?
Elle lui sourit une dernière fois gentiment avant de s'en aller et de le laisser seul à nouveau.
Sans qu'elle le sache, elle avait fait fondre un petit bout de la carapace de Harry avec sa gentillesse maternelle, il n'avait jamais pu résister aux mères, il avait tellement rêvé d'en avoir une lorsqu'il était plus jeune. Timidement il s'approcha du plateau, il ne se souvenait pas de la dernière fois qu'on n'avait cuisiné rien que pour lui. Sa gorge se serra de tristesse quand il repensa à leur dernier repas ensemble et il ne put empêcher un rire empli de sanglot de passer ses lèvres face aux souvenirs tendres mais douloureux. Il ne devait pas craquer maintenant, pas dans cette maison à portée d'oreilles de vampires. Mais c'était tellement dur de résister, il avait tellement envie de lâcher prise !
Son estomac se contracta violemment et il se pencha, le haut du corps à moitié hors du lit, avant de se mettre à vomir sur le sol. Lorsque les vomissements se calmèrent un peu ses sanglots redoublèrent. La porte s'ouvrit mais il l'entendit à peine, il saisit ses cheveux de ses deux mains et s'acharna dans sa peine et dans ses cheveux, se blessant sans y faire attention. Des mains saisirent les siennes et les écartèrent de sa tête tandis que d'autres le couchèrent sur le lit, il se débattit mollement mais les mains étaient plus fortes. Il entendit vaguement des voix chuchoter, apaisantes, avant de tomber dans le noir.
Lorsqu'il s'éleva dans le brouillard, les voix étaient encore là, toujours aussi douces autour de lui et un instant il crut que tout ce qui s'était déroulé comme un cauchemar, n'était finalement que cela, un cauchemar.
Il se remémora la couleur douce pastel du plafond de la tenture plafonnant leur lit à baldaquin, la douceur des draps et des couvertures, la chaleur de leurs peaux collées à la sienne.
Seulement, quand il ouvrit les yeux, il n'y avait rien de cela. Ni lit à baldaquin, ni douceur, ni chaleur. A vrai dire, cela faisait des semaines que plus rien de tout ça n'existait, que lorsqu'il ouvrait les yeux il vivait un véritable cauchemar, sans ses amours.
Harry soupira et jeta un regard las sur la pièce ressemblant fortement à une chambre d'hôpital. Il fronça les sourcils en essayant de se rappeler où il était et pourquoi, avant d'apercevoir deux personnes assises sur des chaises à ses côtés.
Carliste était décidé à parler au jeune homme, d'après les analyses il n'était pas atteint d'une grave maladie mais se faisait du mal, certes involontairement mais tout de même, et dépérissait rapidement sous les yeux de ces enfants, il devait faire quelque chose. Mais pour cela il devait dénouer les mystères autour de ce garçon, ce qui le ramenait à l'obligation de discuter avec lui des anomalies dans les résultats qu'il avait obtenu. Il y avait sûrement des informations dont il n'avait pas connaissance, et son côté médecin, malgré qu'il respecte profondément la vie privée des patients, ne pouvait s'empêcher de détester cette ignorance. Elle était un poison, une gangrène dont les racines étouffaient l'esprit, et actuellement son cerveau en était recouvert telle une jungle luxuriante. Carliste et Jasper observèrent Harry se recroqueviller dans le lit, Carliste soupira de dépit et le regard de Jasper se teinta d'inquiétude.
- Harry tu as eu un malaise tout à l'heure, comment va tu ? Commença Carliste.
Harry ne répondit rien se contentant de serrer ses jambes plus près de lui.
- Tu sais ce n'est pas grave si tu n'as pas pu manger, c'était sans doute trop consistant pour l'instant. Esmée était inquiète mais elle sera sans aucun doute ravie de te faire autre chose à manger.
Carliste regarda Jasper qui lui renvoya un infime hochement de tête, celui-ci utilisait son don pour calmer le brun.
- Ça va…
De façon tout à fait inattendue, la petite voix du brun retentit, répondant à la question posée.
Les deux vampires le regardèrent tout à fait surpris de l'entendre leur répondre, mais Harry était calme, enfin plus calme qu'avant.
- Eh bien… Harry… euh est-ce que tu as faim ? Peut-être veux-tu manger quelque chose ?
Mais cette fois ci Harry ne répondit pas, Carliste et Jasper attendirent un peu mais rien ne vint, malgré les ondes de calme que l'empathe envoyaient sans discontinuer au brun.
Alors Carliste demanda à sa femme de faire quelque chose de léger, de la soupe par exemple.
Plusieurs minutes passèrent ensuite, dans le silence, les trois se dévisageaient calmement.
Harry scrutait les deux vampires avec un œil nouveau, le brun n'était plus en colère ou effrayé-quoique peut être que si en fait un peu- contre les vampires, mais il ressentait aussi un calme déroutant prenant doucement le pas sur sa peur. Il était divisé : une partie de lui était lasse et si les vampires désiraient le tuer qu'ils le fassent ils ne pourraient lui faire de plus grand bien, son souhait le plus cher, de rejoindre ses amants défunts, serait enfin exaucé. Et l'autre partie s'insurgeait aussitôt, il n'était pas tout seul maintenant, plus tout seul, il ne devait pas décider comme cela de mourir. S'il ne voulait pas vivre pour lui qu'il le fasse au moins pour ce qui grandissait dans son ventre, c'était sa famille, une partie de lui et d'eux, mélangées, il n'était plus seul.
De leur côté, les vampires s'inquiétaient, l'empathe parce qu'il ne parvenait pas à ressentir les émotions de Harry et ne pouvait pas savoir comment allait l'humain et donc si il avait besoin ou non qu'il lui transmette un peu de sentiment de calme. Le paternel, lui, examinait consciencieusement de ses yeux de médecin le plus jeune, pour déterminer si son malaise avait eu des conséquences, et si une nouvelle crise pouvait en découler, ce qui serait problématique car même pour un humain Harry était anormalement faible.
La porte s'ouvrit et Esmée qui descendit les escaliers fut la nouvelle cible de tous les regards. Elle portait de nouveau un plateau, mais un unique bol et une cuillère à soupe y reposaient.
Harry fixa alternativement le bol et la femme au doux sourire maternelle, il l'observa attentivement déposer son fardeau sur la petite tablette du lit puis faire glisser celle-ci vers lui, et déglutit craintivement attendant une de ses nausées dévastatrices qui l'attaquaient à la moindre odeur, la moindre vue de nourriture. Mais rien ne vint, son estomac resta sagement à sa place, et ses boyaux ne se tordirent pas brutalement. La soupe avait des airs de monstre, et lui sûrement d'enfant dans le noir, tapis dans son lit la nuit.
La voix du médecin le distrait un moment, et il se rend compte que celui-ci était en train de parler, il délaisse alors sa soupe pour le regarder à nouveau.
- Je pense que cela devrait aller avec ça, disait Carliste en montrant la soupe d'un geste, voyant son air un peu perdu, cela sera bien plus digeste que le plateau précédent et je pense que la quantité et suffisante, mais si tu as encore faim et qu'elle te plaît n'hésite pas, je suis sûr qu'Esmée en a fait assez pour nourrir tout un régiment.
La plaisanterie légère détendit encore un peu l'atmosphère, d'autant plus qu'Esmée rit et répondit, comme une confidence/sur le ton de la confidence :
- Tu vois Carliste est jaloux car il ne pourra en goûter une seule goutte de ma merveilleuse soupe et qu'il va devoir se contenter de l'odeur qui embaume toute la maison, puis elle se tourna vers Jasper qui était resté silencieux jusque là, peut être que toi aussi tu es jaloux de Harry, Jasper. Ô mon pauvre chéri, toi aussi tu aurais voulu avoir de ma merveilleuse soupe, et bien désolé ce n'est que pour Harry.
Elle posa ses doux yeux sur lui et continua :
- Ne t'inquiète pas Harry, j'en ai fait bien assez pour toi, et si tu n'aime pas tu me demande n'importe quoi d'autre, d'accord !?
Le brun hocha doucement la tête, rougissant un peu sous l'attention, et cela sembla suffire à la femme puisqu'elle se releva, épousseta sa robe, adressant ses dernières recommandations à l'assemblée attentives, telle une mère le ferait :
- Bien je vais vous laisser, Carliste aimerait discuter avec toi Harry, la phrase sonnait presque comme un avertissement, et Harry se retrouva encore à hocher la tête, incapable de faire autre chose sous le regard de la maman vampire, qui se fit soudain plus tendre. Personne ne te fera de mal ici Harry, nous ne voulons que ton bien.
Le dit Harry se referma un peu à ses mots, la phrase lui rappelant bien trop de souvenirs. Des souvenirs qu'il aurait apprécié oublier, et il regarda, comme les autres, Esmée sortir de la pièce.
L'atmosphère resta calme presque tranquille, malgré la disparition de la présence apaisante d'Esmée et le raidissement de Harry, avant la dernière phrase.
Les mots commençaient à rentrer, même s'il ne voulait pas y croire, ici, personne ne lui ferait de mal, et son corps-le traitre- se détendait, comme s'il acceptait les mots tels une vérité universelle.
Il mangea précautionneusement sa soupe, savourant les cuillerées glissant sur sa langue, le goût éclatant sur ses papilles. Le silence régnait alors qu'il engloutissait sa soupe, se découvrant affamé. Il fut délicieusement repu quand il eut fini de pousser le vice à racler le fond de l'assiette, au point qu'elle fut presque plus rutilante de salive que de propreté.
Le calme se prolongeait alors qu'il se réinstallait contre le matelas relevé, s'enfonçant dans les coussins, et ignorant les vampires autant qu'il le pouvait, sans même penser à ne pas écouter l'ordre d'Esmée sur la future conversation.
Carliste le regardait attentivement, ne sachant par quoi commencer, finalement il se dit que la vérité serait un bon début.
- Harry... Il y a plusieurs choses que j'aimerais savoir... J'ai remarqué,...Hum…Que… Qu'Il y a des anomalies dans tes analyses...
Il fit une pause, mais Harry ne semblait pas savoir de quoi il parlait.
- D'abord tes nombreuses carences, et puis l'abondance de... choses qui ne devraient pas être présentent en de si fort taux, ou même pas du tout. Ton sang est étrangement fluide, par rapport à la normale, mais il ne semble pas transporter plus de nutriments, et ton taux de globules blanc est anormalement bas, ton système immunitaire n'est pas assez performant, ce qui peut expliquer une partie de ta faiblesse.
Au niveau hormonal, ton corps produit étonnamment des œstrogènes à une dose bien trop importante pour que se soit normal mais je n'ai pas d'explications, son visage prit alors un pli déçu presque rageur, avant que tout disparaisse alors qu'il reprenait son tas de feuilles, il ne vit pas l'air surpris et interrogatif de Harry, qui se demandait de quoi il pouvait bien parler.
- Il n'y pas que cela qui reste inexplicable, pour savoir si tout allait bien pour toi, si tu n'avais pas de fractures ou de lésions. J'ai voulu faire une échographie. Et cela a fonctionné sur tout ton corps, puis lorsque j'ai approché de ton abdomen, à ses mots Harry se raidit imperceptiblement sous l'œil attentif et étonné de Jasper, Carliste ne remarquant rien, distrait par ses propres paroles, l'image s'est noirci, plus rien n'était visible.
Carliste fixa l'enfant devant lui, cherchant la réponse dans ses yeux verts étrangement fuyants.
- J'ai pu faire toute l'inspection jusqu'à la poitrine puis tout à disparu... Harry... Est-ce que tu saurais pourquoi?
Harry continuait à éviter son regard espérant qu'il n'ai rien pu voir, réfléchissant à se qu'il devait faire, il se mordit la lèvre de dépit : que faire?
Le médecin aussi était dépité, il était persuadé que l'enfant avait les réponses mais celui-ci ne voulait rien lâcher.
- Bien... c'est pour ton bien que je dois savoir, je dois tout savoir sur toi si je dois faire un diagnostic pour te soigner et ce n'est pas ton silence buté qui apporte les réponses. Tu n'aide vraiment pas...
- Carliste, le chuchotement de Jasper l'interrompit dans sa tirade, le remettant sur le droit chemin alors qu'il commençait à s'énerver sous la frustration. Mais Harry semblait sous le coup du doute, peut être les choses allaient-elles avancées.
- Excuse moi, je m'emporte facilement quand je suis impliqué dans un cas qui me tient à cœur... Il y a une dernière chose que je dois te demander, pour protéger ma famille je suis obligé... Comment connais-tu l'existence des vampires ?
- ...
- Comment as tu pu nous découvrir ?
- ...
- Qui te l'a dit ?
Mais à chaque question répondait le silence.
Seulement, petite consolation le jeune humain hésitait, c'était visible sur son visage : il était en plein doute, et se mordait la lèvre inférieure se retenant visiblement de parler.
Presque suppliant Carliste continua:
- Ce n'est pas pour t'incommoder, t'inquiéter, je n'ai pa-... nous n'avons pas non plus l'intention de te blesser. Je veux simplement protéger ma famille en respectant nos lois. Je veux être certain que celui qui t'a informé, ne nous veux pas de mal, qu'il ne vient pas nous attaquer.
Avec un soupir, il se releva, Jasper l'imitant :
- J'espère qu'à force de te le répéter tu comprendras, tu a l'air intelligent Harry, personne ne te feras jamais de mal, il n'est pas dans nos intentions de te blesser, ni toi ni aucun humain. Je ne sais qui t'a tout appris mais nous ne sommes ni des tueurs, ni des mangeurs d'humains. Nous essayons de garder le plus d'humanité possible en gardant un régime uniquement animal.
Nous allons te laisser tranquillement réfléchir à ces paroles. Tu es libre de te lever et de te déplacer dans la pièce, nous reviendrons pour t'amener en haut et dans le reste de la maison... Tu n'es pas prisonnier! ...
Bien je pense que c'est tout, Jasper hocha la tête d'approbation, nous partons alors. À tout à l'heure !
Ils sortirent tous les deux, Jasper offrant un geste amical à Harry et guise d'au revoir avant de se détourner pour gravir les escaliers.
- C'est vrai ?!
L'exclamation surgit, retenant les deux hommes dans leur départ. Ils se tournèrent surpris vers Harry, qui était à l'origine du bruit soudain.
- Est ce que c'est vrai ? répéta le brun, hésitant mais désireux de savoir la vérité, la clé de toutes ses questions, ses interrogations qui le rongeaient. Sa main, inconsciemment levée, et sa question retenant les vampires sur le départ, bravant ses propres inquiétudes quand à leur présence dans la même pièce.
- Oui tu es libre-
- Non, ce n,'est pas ça, le coupa t-il vivement, est-ce que c'est vrai tout ça... vous n'êtes pas sanguinaires, vous n'avez aucun désir de sang et de souffrance, vous ne plongez pas sur les humains pour aspirer leur sang et leur vie, son ton montait peu à peu et ses bras s'agitèrent nerveusement appuyant ses paroles, révélant toutes ses pensées en même temps qu'elles montaient dans sa tête, enflaient dans sa gorge, le submergeant, se mélangeant, l'engloutissant avec ses émotions à fleur de peau. Il finit ses dernier mots en criant, sa voix se brisant avant d'avoir pu dire les mots qui lui tenaient à cœur:" Vous les avez tués, ils sont morts par votre faute ! Vous leur avez arraché la gorge ! Vous et votre espèce !"
- Oui c'est vrai nous ne sommes pas tout cela, les animaux sont notre seule source de nourriture, nous bannissons la souffrance, repoussant la violence comme un unique moyen de dernier recours, telle votre légitime défense. Je ne connais pas ton histoire et ne prétend pas la connaître, mais nous ne sommes pas les vampires que tu as dû croiser, ne nous confond pas, Harry. Ne juge pas sans connaître.
Il sorti laissant Harry, ébahi et légèrement hystérique, qui se mit à pleurer une nouvelle fois à bout de nerfs.
Il ne savait plus quoi penser, il avait l'impression que son esprit allait exploser sous la pression de tous les avis qui bataillaient sous son crâne. Harry devait les détester, ils étaient forcément coupable, n'est-ce pas ? C'était des vampires. Non, ce sont des vampires sanguinaires !
C'était leur espèce qui les avait massacrés, c'était de leur faute. Ils étaient des monstres.
Mais les mots du docteur l'avaient touchés plus qu'il ne voulait le croire. Commençait-il à ressembler à ses anciens tuteurs, méchants et étroits d'esprit ? Devenait-il aussi méprisant qu'eux sur un sujet qui lui était inconnu et lui faisait peur.
Les mots de son oncle lui revinrent en mémoire :
« Monstre! ... Abomination! ... Erreur de la nature! ... Sale petit démon! ...»
Devenait-il vraiment comme cette personne, violente et intolérante, qui lui avait tant fait du mal et continuait encore dans ses rêves les plus horribles ? Allait-il lui aussi ségréger les vampires, à cause des actes impardonnables de certains d'entre eux seulement ?
Cette pensée était tout simplement horrible. Son regard se porta un instant sur son ventre et la bile lui monta dans la bouche, son bébé allait-il porter sur lui, plus tard, le même regard qu'il portait, encore aujourd'hui, sur son oncle.
Il ne savait plus quoi faire, ni quoi penser, mais une idée se formait dans son esprit, et dans une prière muette, il implora ses amours, de là où ils étaient de l'aider à prendre la bonne décision, de le guider alors qu'il était perdu.
Il avait besoin d'aide.
