Bonjour à tous, désolée pour le retard, mais je suis en plein bac, et si ma mère savait que j'écris au lieu de réviser mon anglais, je crois qu'elle me tuerait ^^
N'oubliez pas les reviews ceux qui me lisent régulièrement ! Car je ne sais pas si ça vous plait, quels personnages vous plaisent et surtout, vos avis sur les chapitres !
Pour ceux qui découvrent la fic, n'hésitez pas non plus, je serai ravie de répondre aux questions de tous.
Eléonore.
« C'est laid un homme qui a peur. » Jean Anouilh, Antigone
Drago était en sueur. Il enleva avec rage son veston noir et le jeta à travers la suite dont sa famille disposait. Il n'y avait jamais personne car sa mère était continuellement enfermée dans sa chambre et son père se devait de faire figuration auprès de Bellatrix. Il était parfaitement seul.
Encore aujourd'hui, Drago avait trempé sa chemise blanche de sueurs froides. Il se dirigea vers la salle de bain et se mit à pleurer devant le miroir, se retenant à la vasque du lavabo. Il s'excusait par-là de ce qu'il faisait subir en bas à l'ancien Garde-chasse de Poudlard. A sa manière. Mais c'était toujours mieux que rien.
Pendant un temps, lorsqu'il avait été missionné par Lord Voldemort de tuer le professeur Dumbledore, il avait eu peur, au fil des tentatives de meurtres, de ne plus trouver en lui de trace d'humanité. Mais lorsqu'il avait recroisé Katie Bell, il s'était sentit affreusement coupable, et désespéré. C'est à ce moment qu'il s'était rendu compte que, quoique que l'on fasse, que les actions soient bonnes ou mauvaises, l'humanité ne désertait jamais, même chez le plus inhumain des hommes. Le tout était de protéger cette sensibilité naturelle en la cachant au fond de soi. Et ça, Drago savait le faire à merveille. Mais voilà qu'il venait à bout et ce, avant même que sa dette envers sa famille n'ait été payée.
Le Serpentard se fixa dans le miroir et se sentit profondément hideux et pathétique. Cela faisait bientôt deux longues journées que les Mangemorts l'obligeait à torturer ce pauvre Hagrid. Il se dégagea de la chemise qui l'étreignait et la laissa choir sur le sol. Il s'observa de nouveau. Il avait besoin de se voir après les horreurs qu'il commettait dans les cachots. Etait-ce bien lui ? Que faisait-il de sa vie ? Après tout, il avait le droit de se relâcher : il n'extériorisait rien depuis son propre emprisonnement.
Ses blessures dans le dos lui brûlèrent à cause de la sueur, et il aurait parié qu'elles se remettaient à saigner. Elles ne cessaient de suinter c'était abominable. Il aurait pu se retourner et s'inspecter dans le grand miroir face à lui, mais il ne voulait pas les voir. Il en avait affreusement honte et les regarder aurait été un supplice. A part Judi, l'infirmière, il ne les laisserait à la vue de personne. Il était certain que les Carrow avaient inventé de nouveaux sortilèges pour les prisonniers et les traitres. Une vision abominable survint alors qu'une goutte d'eau venait très certainement de tomber dans le creux d'une plaie. Il frappa violement contre la vasque ce qui calma sa sensibilité accrue.
Drago releva la tête et fit face à ses joues mouillées de larmes. Il prit une inspiration et s'aspergea la figure ce qui eut l'effet de le tempérer. Il devait rendre visite à sa mère. Il parcouru la suite d'un pas rapide, presque nerveux, prit un polo dans une commode, l'enfila et frappa à la porte de la chambre parentale. Comme aucune réponse ne lui parvenait comme d'accoutumée, il entra donc.
Sa mère était toujours sur le grand balcon qui surplombait leur parc, et regardait au loin dans le vide. Il s'approcha sans bruit et posa une main sur l'épaule de Narcissa. Elle ne réagit pas alors il prit la parole :
« - Comment s'est passé votre journée mère ?
- Mieux, si je n'avais pas toute la journée pensé à ce que tu faisais en bas dans les cachots. »
Elle se retourna et reprit, accompagnant sa pensée par un coup dans le torse de son fils :
« - Comment oses-tu Drago ? Je ne t'ai pas élevé comme ça ! Et te porter volontaire en plus !
- Et bien, plaisanta Malefoy un peu décontenancé par la violence soudaine de sa mère, au moins j'ai été le seul à t'arracher un semblant d'émotion depuis quelques temps. »
Elle lui jeta le regard le plus méprisant qu'elle pouvait, comme s'il avait été un étranger, puis cracha ces mots durs à l'oreille de son fils :
« - Tu me fais honte, et en plus tu es impertinent.
- Mère, je le fais pour les Malefoy. Quelqu'un doit racheter une crédibilité à notre famille, et ce n'est certainement pas père qui va s'en charger ! Vous êtes tous deux dévastés, je voulais simplement vous tenir à l'écart de tout ceci. Et puis, comment l'avez-vous su ?
- Là n'est pas la question ! » siffla vivement Narcissa. « Et ce pauvre Hagrid. Tu lui fais subir ce que nous avons subi. En as-tu seulement conscience ?
- Evidemment, mais tout passe par là. Ils me testent. » Il baissa la voix. « Lorsque j'aurais gagné leur confiance alors je choisirai de ne plus jamais avoir à faire ce genre de choses. Mais pour l'instant je ne pense qu'à nous mère.
- Et bien, Drago, ton âme est souillée, tu ne pourras plus jamais vivre sans ça dorénavant.
- Mais qu'en savez-vous à la fin ? Vous êtes une femme bon-sang ! Personne ne vous a jamais demandé de torturer quelqu'un ! Vous ne saurez jamais quel effet effroyable cela fait ! » s'emporta Drago.
Narcissa le regarda avec une haine nouvelle que Drago n'avait jamais vue auparavant. Et il en fut profondément blessé. Alors c'était comme ça ? On donnait tout pour sauver des personnes, mais celles-ci finissaient par nous haïr ?
Sa mère se remit à scruter l'horizon, cette fois avec un air qui en disait long sur ses envies de solitude. Il resta là, à regarder ce visage aussi glacial qu'impénétrable, puis il s'éloigna d'elle, et rentra dans la chambre. Il en sortit rapidement et claqua la porte derrière lui. Finalement la discussion avait été courte, et Drago regretta de s'être emporté, mais surtout, il avait peur de revoir cette haine dans ces yeux, le lendemain, ou plus tard de nouveau.
Il regagna la grande salle du manoir et, alors qu'il rentrait juste, il se fit héler par le célèbre traqueur Scabior. Ce dernier paraissait lui dire de venir. Il se trouvait en présence d'une vingtaine de rafleurs.
« - Et bien Malefoy, il paraît que tu t'es engagé de ton plein gré ? C'est papa qui doit être très fier…
Son auditoire, plus que bourru, rit à gorge déployée, tandis que le jeune homme serrait les dents, furieux.
- Et toi Scabior ? Ton père était heureux quand il a su que t'allais faire le manouch à la recherche de moldus ? Ah ! J'oubliais, il est parti en laissant à ta mère trois marmots sur les bras !
Scabior le scruta d'abord d'un air dangereux, puis lui sourit tout à coup, d'un grand sourire inquiétant. Il se leva lentement et se mit à son niveau, les yeux dans les yeux. Il s'avança jusqu'à se retrouver à quelques centimètres de Drago et lui souffla de son haleine fétide :
- J'espère qu'on sera dans la même division toi et moi quand tu commenceras les traques. On pourra régler ces quelques différents d'homme à homme. J'attends depuis longtemps que bébé Malefoy sorte des jupons de sa maman pour le corriger un peu.
- Moi aussi, je n'attends que ça. Je vais te faire la misère dès que j'ai l'occasion, sale Cracmol. »
Les deux hommes étaient tendus et serraient convulsivement les poings, s'imaginant, l'un comme l'autre, étrangler celui d'en face.
Seulement, Lucius Malefoy entra dans la salle à ce moment précis et appela son fils.
Scabior qui n'avait pas bougé, ricana « Dépêche-toi, papa t'appelle ! » à quoi Malefoy ne prit pas la peine de répondre et rejoignit son père.
Il lui fit signe de le suivre et, au grand désarroi de Drago, Lucius le conduisit aux cachots. Il n'aurait donc jamais la paix ? Il venait à peine de remonter !
Son père s'arrêta à mi-chemin des cachots dans ces interminables escaliers en colimaçon et saisit son fils par le tissu du col brutalement.
« Drago comment as-tu su qu'ils allaient te recruter ? »
L'intéressé ricana :
« - Si je vous le disais où serait le suspens père ?
- Si tu sembles tout prendre à la légère, ce n'est pas mon cas ! Lucius aurait voulu crier mais au lieu de cela il en était réduit à chuchoter fort, ce qui le frustrait énormément, et amusait beaucoup son fils. Drago, ils ont bien failli m'exécuter parce qu'ils croyaient que j'avais vendu la mèche ! Tu m'as mis dans une position délicate Drago !
- Je suis sincèrement désolé père… » Il n'avait pas vu les choses comme cela lorsqu'il s'était porté volontaire. A présent, il se maudissait de ne pas avoir envisagé cela.
« - Et moi de même, grogna Lucius. Qu'est-ce que te disait cette pourriture de Scabior ?
- Il faisait sa mauvaise langue sur notre famille, comme d'habitude père.
- Ne te frotte pas à ce genre de personnes Drago. Ta tante n'a pas les traqueurs en haute estime, alors si en plus tu te mets à leur parler, ne t'étonnes pas qu'elle nous humilie !
- Mais enfin, est-ce que vous pouvez sincèrement croire que je puisse sympathiser avec des ânes comme eux ? »
Lucius resserra sa prise sur le col de son fils et l'attira à lui pour lui chuchoter très bas à l'oreille :
« Ta tante est assez folle pour le croire oui ! »
Soudain des bruits de pas dans l'escalier leur glacèrent le sang.
« Qui est là !? » Fit une voix en-dessous d'eux.
Lucius leva très lentement son doigt jusqu'à sa bouche pour intimer à son fils de ne pas faire de bruit. La voix reformula sa question, plus fort encore.
Puis les pas redescendirent et la porte des cachots fut violement claquée. Père et fils attendirent un long moment en silence avant que Lucius ne prononce « hominum revelio ». Personne.
Ce dernier se retourna vers Drago et lui martela :
« En attendant, ils ont décidé d'en finir avec Hagrid. Ce soir, c'est toi qui devras le tuer. »
Ces mots résonnèrent comme une torture aux oreilles de Drago. Il allait bien ne plus être un homme finalement. Son humanité déserterait pour de bon, il était perdu. Il serait un monstre.
Il faisait presque nuit sur la plage et Hermione était anxieuse. Elle n'avait pas revu Fleur et Bill depuis la bataille de Poudlard. Ils n'étaient même pas venus pour l'anniversaire de Ron. Elle avait la drôle d'impression qu'ils ne voulaient plus rien avoir à faire avec l'Ordre du Phoenix à présent.
Justement, elle se trouvait devant la porte de leur maison sur la dune et cela faisait maintenant dix minutes qu'elle n'osait frapper. Il allait décidément faire nuit avant qu'elle ne signale sa présence. Peut-être qu'elle n'aurait pas dû venir, chercher par ses propres moyens à contacter MacGonagall…
Elle rassembla son courage, leva le poing pour toquer, resta en suspens, et, au moment où elle allait le baisser pour la énième fois, la porte s'ouvrit sur Fleur, un seau d'eau à la main.
La première expression qui traversa le joli visage de cette dernière fut de la méfiance. Hermione le remarqua et c'est certainement ce qui la persuada d'être un peu plus accueillante. Elle fit un semblant de sourire qui fit plus penser à une violente contracture qu'à un signe de bienveillance, et la salua cordialement. Apparemment, elle avait délaissé ses habitudes de faire la bise à la française pour un hochement de tête qui signifiait tout autant « Entre ! » que « Va-t'en ! ».
Cet accueil confirma ce qu'Hermione redoutait : elle ne trouverait pas de soutien ici. Elle avait pris tous les modes de transports moldus qu'elle connaissait pour se rendre ici, car elle n'arrivait plus à transplaner. Elle avait misé beaucoup d'espoirs sur Bill et Fleur pour la renseigner, et, peut-être même lui prêter main forte.
Elle entendit Bill d'en haut demander qui était là, ce qui parût sortir Fleur de son mutisme qui l'invita explicitement à rentrer.
Hermione se retrouva dans l'entrée, tout était couleur de sable, mais les escaliers de bois que descendit Bill à toute vitesse étaient couleur miel, comme si l'on s'était trouvé dans un chalet alpin.
« Hermione ! » s'exclama ce dernier en la voyant. Il avait toujours cette grande balafre dont la signature était bien évidemment de Greyback, mais cela n'enlevait rien à la prestance habituelle qui l'accompagnait.
« Bill ! Comment vas-tu ? » fit Hermione en tentant d'y mettre quelque entrain. Même si elle avait toujours eu un faible pour Bill, surtout lorsqu'elle était plus jeune, sa présence ne suffisait absolument pas à lui remonter le moral.
« A merveille ! Viens t'asseoir ! Fleur va nous faire du thé. » Et il entraîna Hermione au salon tandis que le visage de sa femme s'assombrissait à l'idée de devoir servir la Griffondor. Celle-ci le remarqua clairement, et se dit qu'elle ne devait décidément pas être appréciée de la française.
Le salon devait être la plus petite pièce de la maison l'invitée se demanda quelle idée leur avait pris d'installer en plus un fauteuil de deux places qui remplissait à lui seul pratiquement l'ensemble de l'espace. Ainsi, Hermione prit place sur un pouf très mou, lui-même posé sur un épais tapis en fourrure de yack. Elle n'avait jamais vu d'agencement aussi absurde, mais, entre le bon goût français et le bon goût Weasley, il n'y avait aucun doute que c'était Bill ou Molly qui avaient fait la décoration.
Hermione se trouvait donc assise par terre à écouter Bill déblatérer joyeusement sur les dragons, lorsque Fleur revint de la cuisine, un plateau dans les bras. Elle le posa, non sans mal, sur la table-basse qui empêchait Hermione de déplier ses jambes. Ils parlèrent longtemps de tout et de rien lorsqu'Hermione, relativement lassée et considérant que la conversation était assez engagée pour parler de choses sérieuses, leur demanda la raison pour laquelle ils n'étaient pas venus aux enterrements de Tonks et Lupin.
Fleur eut, à ce moment-là, l'air réellement furieux. Hermione tenta donc de justifier sa question :
« C'est vrai, je veux dire… C'est que vous n'êtes pas venus là où nous vous avions invités depuis la Grande Bataille… Vous décliniez à chaque fois. A croire que vous nous fuyiez. »
Et pour la première fois durant la conversation, Fleur eut la langue dénouée et parla sans détour :
« Eh bien, nous avons perdu tous nos amis lors de cet affrontement. Et Bill et moi ne voulons plus entendre parler de rébellion. Nous avons assez donné, et maintenant que les Ténèbres prolifèrent de plus belle, nous ne voulons pas nous frotter à eux, et encore moins avoir des ennuis. »
Hermione eut peur de comprendre le second sens qu'elle donnait là à sa phrase et tourna les yeux vers l'ainé Weasley, cherchant quelque soutien. Mais ce dernier évitait habilement son regard, fixant Fleur hypocritement, alors qu'il n'avait pas jeté un seul coup d'œil à sa femme depuis qu'Hermione était arrivée.
Hermione darda d'un regard noir l'intéressée : « Est-ce que je dois comprendre que ce sont moi, les ennuis ? »
Et celle-ci avec le même air lui affirma que oui, c'était bien d'elle qu'elle parlait lorsqu'elle parlait d'«ennuis».
Hermione resta pantoise cinq lentes secondes, puis prit ces mots comme congédiables. Elle prit son petit sac qu'elle avait posé à côté de son pouf, se leva, et prit la direction de la sortie sans un regard. Pourtant une main solide enserra son poignet avant qu'elle ne passe la porte.
Elle se retourna pour se retrouver face à Bill qui la sondait d'un air interrogateur.
« - Mais, pourquoi Ron n'est pas avec toi ?
- C'est vrai ça, renchérit Fleur, où est-il Hermione ? »
Fleur la regardait avec un air de défi, comme si elle savait la réponse que l'intéressée allait donner. Hermione crut pendant un instant que, si elle savait, elle était forcément mêlée à l'enlèvement et était donc une traitresse. Mais cette hypothèse était tellement inimaginable qu'Hermione ferma les yeux un instant, se disant qu'elle devenait folle à lier, et, quand elle les rouvrit, Fleur avait seulement le même air soucieux que son mari.
Hermione leva le visage vers Bill qui la dépassait de deux têtes au moins et se prépara à révéler la nouvelle qui allait les faire la haïr pour de bon.
« Tout d'abord, lâche-moi tu me fais mal Bill. » Celui-ci s'exécuta.
« - Pendant que vous vous évertuiez à nous fuir, Ron est tombé malade.
- Malade ? demanda Bill, qui ne paraissait pas tout à fait comprendre.
- En réalité, il est tombé en dépression. Il n'y avait plus ses proches : sa mère, vous, Harry et Ginny, Georges avait disparu de la circulation : je pensais le trouver chez vous en réalité, et Neville était également partit. Il ne restait plus que lui et moi. Il faut croire que je n'ai pas suffi à son bonheur, ce qui parait peu surprenant. Seulement, depuis quelques temps, il paraissait se remettre. Il était sorti de ce mutisme lorsque MacGonagall nous a rendu visite… Si seulement je l'avais écoutée. » soupira Hermione les yeux déjà embués de larmes.
« Pourquoi est-ce que tu parles de Ron au passé ? Continue ! » la pressa l'ainé Weasley.
« - Eh bien il y a environ une semaine, s'empressa Hermione d'une voix tirant de plus en plus dans les aiguës sous l'emprise de l'émotion et de la culpabilité, alors que j'étais en bas dans la cuisine, j'ai entendu une bruit du diable en haut alors je suis vite montée, mais c'était trop tard, tu comprends Bill ! Ils voulaient la Guerre, alors ils l'ont pris ! Pour nous provoquer…
- Comment ça « ils l'ont pris » Hermione !? Comment ça !? » Bill hurlait à présent et il la secouait violement, comme si cela allait la faire parler plus rapidement.
Mais Hermione était absolument terrifiée, elle ne savait plus que faire, alors elle pleurait comme un enfant. Elle répétait sans interruption à travers les sanglots : « Tu comprends Bill… Ils voulaient la Guerre ils l'ont pris ! Ils ont pris Ronald ! »
Elle qui s'était promis de rester forte, ce n'était clairement pas réussi.
Mais alors qu'elle ne s'y attendait pas le moins du monde, le poing de Bill fendit l'air et s'abattit violement contre le mur, tout près du visage d'Hermione. Ce qui eut pour effet de couper immédiatement les larmes de la Griffondor.
Bill commençait à se transformer en loup-garou et Hermione était plus terrifiée que jamais, prise en étau entre le mur et l'ainé Weasley, sous l'influence de la pleine lune qui exacerbait ses émotions. Ses yeux devenaient jaunes, son visage semblait devenir grisâtre, il montrait les crocs, qu'il avait beaucoup plus longs que ce qu'Hermione avait imaginé, et se rapprochait de cette dernière, menaçant.
Fleur le tira violement par les épaules et le poussa en direction de l'étage, dans les escaliers. Elle avait une force incroyable face à un loup-garou furieux nota Hermione, encore légèrement sous le choc. Elle entendit des bruits de porte qui se claquait, un son sourd contre cette même porte, qui ravivèrent des souvenirs douloureux. Elle était, depuis la disparition de Ronald, terrorisée par les bruits, même les plus anodins, qui venaient des étages.
Enfin après de longues minutes où Hermione tentait de faire abstraction de ce qu'elle entendait, Fleur daigna redescendre.
« - Ne reviens plus jamais Hermione. Tu te fais du mal, et surtout, tu cause du tort aux autres. Et Ron n'est qu'un exemple.
- Je m'en irai seulement après avoir obtenu le moyen de joindre MacGonagall.
- Ca tombe bien. » Fleur se rendit à la cuisine et ressortit avec un papier ou il était griffonné une adresse. « C'est son adresse, elle nous la donnée au cas où nous aurions quelques ennuis. » Elle le lui tendit d'un air suffisant.
Hermione lui jeta un regard haineux et lui arracha le papier des mains, pris sa veste jeta un « Pétasse » dans son sillage avant de claquer monumentalement la porte, qui en tremblait encore lorsqu'elle se retrouva sur le palier.
Il faisait nuit, les vagues étaient mouvementées ce soir, et la pleine lune se dressait, fière dans le ciel sombre. La marée était importante ce soir, ce qui était certainement la raison pour laquelle le vélo d'Hermione avait disparu. Quand cette dernière s'en aperçu, elle grogna de rage, faisant écho aux hurlements de Bill qui lui parvenaient.
Elle observa l'océan, contemplant l'immensité frémissante qui s'offrait à ses yeux. Elle buvait la beauté de ce paysage. Les paysages marins ne l'avaient jamais plus attiré que ça auparavant, elle préférait davantage les plateaux verts émeraude d'Ecosse, mais en cet instant, il fallait être fou pour ne pas sentir en soit la beauté de la plage.
Hermione se sentit d'humeur à marcher, elle rangea le papier dans son sac, et se mit à trainer ses pieds nus dans le sable fin, le regard tourné vers l'horizon, indistinct du ciel noir charbon. La jeune fille avait besoin de se détendre, elle enleva d'un geste souple et rapide sa robe, détacha le soutien-gorge qui lui enserrait la poitrine, posa toutes ses affaires plus en amont, pour ne pas les mouiller, et courut vers l'eau comme un enfant, redécouvrant ce que signifiait se baigner dans l'océan. Elle sentit l'eau, légèrement salée, glisser sur sa peau et la faire frissonner. L'eau était gelée de l'hiver pas encore terminé mais Hermione avait besoin de se remettre les idées au clair. Rien de mieux qu'une baignade pour ça. Elle n'était pas bonne nageuse, le courant la fit légèrement dériver et les vagues se bisaient sur son dos, ses épaules. Elle réfléchit sans inquiétude à la prochaine étape qui l'attendait : retrouver l'ancien professeur de métamorphoses de Poudlard. « Ah ! Si Ron avait été là… » se disait-elle tandis qu'elle jouait seule dans les vagues. L'océan grondait tellement qu'Hermione n'entendait plus les cris de Bill.
Une fois qu'elle sentit qu'elle avait vraiment froid, elle sortit doucement de l'eau. Elle chercha ses affaires à tâtons, et ne pensa pas à se servir de sa baguette, accrochée à sa cuisse, pour formuler un « accio ». Elle se repéra grâce à la position de la maison de Bill et Fleur qu'elle ne voyait que très loin, et, à moitié nue, se dirigea vers son tas d'affaires.
Mais, alors qu'elle avait fini par le retrouver, elle entendit des voix. Elle pensa que Bill et Fleur vérifiaient qu'elle était bien partie, alors elle se terra entre les longues herbes des dunes, se mettant plein de sable sur son corps encore mouillé.
Cependant, à mesure qu'elle se concentrait sur les voix, elle remarqua qu'il n'y avait aucune voix de filles, Fleur n'y était donc pas. Pire encore, toutes ces voix bourrues semblaient appartenir à des traqueurs.
Quand elle réalisa cela, Hermione plaqua une main contre sa bouche, pour cacher sa respiration bruyante, amplifiée par la peur. Les traqueurs se rapprochaient de plus en plus, et, en même temps, ils se dirigeaient vers la maison des Weasley. Hermione en voulait à Bill et Fleur, mais ils couraient un grand danger en ce moment. Les traqueurs se rapprochèrent d'Hermione, de plus en plus affolée entre les herbes.
Ils arrivèrent bientôt si proches, qu'Hermione pouvaient les voir de là où elle se trouvait. Ils passèrent à deux mètres d'elle, ne prenant pas la peine de baisser les yeux.
Ils avaient pratiquement tous dépassé Hermione quand l'un d'eux fit tomber sa gourde d'alcool fort devant la main d'Hermione.
Le souffle totalement coupé, ouvrant grand les yeux sous l'effet de la terreur, Hermione se fit statue. Mais le traqueur, parce qu'il avait certainement bu l'intégralité de sa gourde, ne prit pas la peine de la ramasser et ne vit pas la main d'Hermione à quelques centimètres. Il se contenta d'un « Oups ! » puis se fit rappeler à l'ordre par une voix qui semblait familière à Hermione, mais impossible de savoir à qui elle appartenait.
Elle resta tendue comme une corde d'arc pendant quelques minutes puis se leva sans bruit, pris ses affaires roulées en boule, et pris ses jambes à son cou.
Derrière elle, comme à leur grande habitude, les Mangemorts avaient mis feu à la maison de Fleur et Bill.
Mais pour Hermione, il était impossible de retourner sur ses pas, elle devrait les laisser aux mains des Mangemorts.
C'était ça, la Guerre.
REVIEEEEEEWWSS !
