Chapitre 8 – Une danse ?
PDV de Caroline
J'entendis un bruit derrière moi, je me retournais. Il était là devant moi, et je ne savais que dire, que faire. Nous restâmes un moment à nous dévisager. Puis il approcha. Je continuai à le fixer. Il me tendit la main et me dit :
« Mademoiselle Forbes, m'accorderez-vous cette danse ? » j'acquiesçais d'un hochement de tête et m'avançais. Il m'attira tout contre lui, et commença à valser. Il avait plongé son regard dans le mien et ne me lâchait pas. J'y répondis pour ne pas perdre la face mais si j'avais eu le choix, j'aurais regardé ailleurs. Il me troublait quand il faisait ça, et j'avais beau donner le change, je me sentais mal à l'aise. Il s'arrêta net, et je sentis qu'il allait m'embrasser, alors je décidai de l'en empêcher en rompant le silence.
« Tu m'as invité à une danse, elle n'est pas terminée, cela ne se fait pas de l'interrompre avant la fin. »
Il sourit de ma feinte, son oeil frisa légèrement comme s'il me disait « pas mal » et il vint me susurrer à l'oreille.
« pas à celle là ! »
J'étais interloquée. Il reprit.
« Je ne t'ai pas invité à cette danse là Caroline, mais à celle ci ».
Je n'eus pas le temps de comprendre qu'il avait posé ses lèvres sur les miennes. Il commença par de tous petits baisers auxquels je ne répondis pas. Alors, il s'arrêta, me regarda interrogatif, et comme je ne réagissais pas il reprit plus délicatement encore. Un baiser sur le coin de ma lèvre supérieure, puis un autre sur celle du bas. Il joua avec sa langue, puis ses lèvres pour humidifier les miennes. Il reprit ses petites attentions pour ne finir que par un seul baiser. Il s'immisça dans ma bouche pour rejoindre ma langue qu'il effleura à peine, puis caressa doucement. Je sentis alors mes jambes se dérober, il me saisit plus fermement ce qui me fit gémir. N'y tenant plus, je me décidai à entrer à mon tour dans cette ronde humide ou virevoltaient nos bouches, ou s'envolaient mes réticences, mes derniers a priori et je profitais de ce ballet langoureux et sensuel. Je n'avais jamais songé qu'un baiser puisse être aussi agréable. Il allait en terminer mais je ne pus m'empêcher de l'inviter à nouveau et il revint pour un tour de piste supplémentaire. Je ne voulais pas en finir, j'en redemandai, de peur de ne plus jamais en avoir. Si vous saviez comme j'aurais souhaité détester, mais ce que je ressentis à ce moment là, fût mon premier baiser d'amour. J'avais beau m'en défendre, je comprenais que je l'avais dans la peau. Il mit fin à notre danse, me serra dans ses bras et me dit :
«Merci, love». Je sentis qu'il allait partir. Je me surprenai à lui dire.
«Merci ? Mais non, pas de merci, reviens danser avec moi tout de suite ! La salsa, la samba, la lambada, le cha-cha-cha, le paso-doble, le tango, le jerk, le rock, la rumba, le mambo, le boléro que sais-je ? j'ai envie de danser avec toi en do majeur, en si bémol, en fa dièse, à deux temps ou à quatre temps j'ai envie de danser avec toi maintenant. » Je m'interrompis et j'ajoutai penaude… « s'il te plait ! »
Il explosa de rires et me dit.
« Mle Forbes, Nous venons de tester le paso-doble, 4 temps en do majeur, une danse latine lente, exécutée tout en douceur. »
« Oui, très sensuel le paso-doble » Je ne m'en remettais pas.
« Une salsa, 8 temps en si bémol, ça te dit. La salsa est plus rythmée. »
« Il faut essayer pour voir. »
Il ne se fit pas prier et prit mes lèvres à pleine bouche, introduisant une langue conquérante cette fois. Il variait le rythme, m'explorait, dévorait mes lèvres. Il passa sa main sous mon chemisier et me caressa le dos. Il resserra son étreinte m'agrippa les hanches, et commença à les faire pivoter de gauche à droite contre son pantalon. Pas de doute, Klaus se dressait devant moi ! Nous en avions le souffle coupé tant notre envie était forte. Il s'arrêta net et me dit.
« Si je reste, Caroline, j'ai bien peur de ne pas être sage bien longtemps, je suis fou de désir pour toi et j'ai du mal à me contrôler »
J'ai pensé, parfait, excellent, soyons fous alors ! Saute moi-dessus ! Saute moi-dedans, à pieds joints, à pleine bouche, comme tu veux mais tout de suite maintenant ! Fais-le car je n'en peux plus. Nous sommes des animaux, laissons parler nos instincts, c'est la vie, c'est naturel. Je regardais ses lèvres que je rêvais d'approcher à nouveau. et je lui répondis.
« ah ! » (Seriously ? J'avais répondu « ah » ! je me promis de réviser mon guide des répliques percutantes pour instant décisif.)
Il posa son front et son nez contre les miens, je sentais son souffle, sa bouche appétissante à quelques centimètres à peine, ses yeux enflammés. Il resta un moment comme ça et il partit avec sa vitesse vampirique, me laissant brûlante de désir, seule, frustrée et pleine d'interrogations. Je m'assis par terre, là, les yeux dans le vague, me demandant si ce que je venais vivre était réel. Je me pinçai, j'eus mal. Alors c'était vrai !
Je lui en voulais depuis des mois de s'être fait passer pour Tyler et voilà que je l'avais embrassé par deux fois, et de nous deux, c'est lui qui avait le plus de tenue, de contrôle ! Un comble quand même ! J'entendis « Surprise ! ».
Tyler était devant moi, rouge de colère.
