Auteur : Subaru-d Série : X ClampGenre : FantastiqueCouple : SubaruXSeishirô

POUR MA PEINE…

Chapitre 6

Persos de Clamp pas à moi, empruntés, rendus après usage, pas à but lucratif, pas de sous en plus sur mon compte en banque, adresser lettres de menace à mon avocat, bla, bla…

Le personnage d'Hiroki Ayama est ma petite invention, par contre ^^

Cette fic est écrite dans un contexte réel assez trouble : les nipponisants le savent, Shinzo Abe, nouveau premier ministre japonais, prend (ou veut prendre) actuellement des mesures plutôt radicales (de mon point de vue, bien sûr ^^) : réarmement du Japon, rétablissement des châtiments corporels, etc, etc…L'analyse du phénomène étant plutôt de mauvaise augure pour le Japon, j'ai décidé que cette fic utiliserait ce contexte, qui sera bien entendu détourné. Pour ceux et celle qui ne voient pas de quoi je parle, voir actualité politique japonaise (au 29/01/07 du moins).

Cette fic ne retrace PAS la réalité et ne reflète ni message politique, ni discrimination particulière. Elle prend appui sur un fait d'actualité qui me semblait propice à une de mes idées.

***************

« Nous avons dressé des barrages sur toutes les routes et les gares… »

« Colonel…Admettez qu'ils ont filé. »

Howari était assis, les jambes croisées, derrière son bureau, en fixant le militaire sans ciller, le regard inquisiteur.

« Comment expliquez-vous qu'il vous ait fallu plus de deux heures pour réagir et faire bloquer les routes hors de Tokyo quand un assassin multirécidiviste s'échappe d'un établissement pénitentiaire ? »

Le colonel eut un léger pincement de la lèvre inférieure, mais répondit sur un ton égal :

« Nous n'avions pas prévu une évasion. »

« Pas prévu ? »

Howari s'était levé si brusquement de son fauteuil que son interlocuteur n'avais pas même perçu son mouvement.

« Colonel, quitte à essayer de vous dédouaner, autant me mentir que de me livrer une vérité aussi inconcevable ! Est-ce que vous savez au juste QUI était détenu ? Avez-vous vu emporter le cadavre de Fuwata ? Répondez. »

« Nous avions jugé la sécurité suffisante… »

Howari s'approcha jusqu'à pouvoir toucher le militaire, qui palissait de seconde en seconde. Il détestait ce type, depuis le jour de son arrivée. Officiellement, il s'agissait du bras droit du ministre de l'intérieur, lequel ne faisait plus un pas sans lui. Un manipulateur, un bon politicien…qu'aucun de ses subordonnés n'aimaient, mais à qui tout le monde obéissait.

« Répondez, colonel. Avez-vous vu l'état de Fuwata-san ? Il lui a transpercé la poitrine. A mains nues. Vous n'aviez pas prévu qu'un homme de cet acabit pourrait avoir l'envie de filer ? Ou se faire aider ? »

« Sumeragi n'était pas considéré comme dangereux, Howari-san. »

« Il est bien pire que ça, colonel. Il est amoureux. Complètement entiché, ça lui donne quasiment des ailes…quant à cette petite journaliste, elle est sous la coupe des deux, autant dire qu'elle n'a pas du rechigner pour les aider à monter cette mascarade. »

Howari avait été conduit hors du pénitencier lorsque l'évasion du prévenu Sakurazuka avait été confirmée, mais il avait insisté pour mener les opérations, se heurtant aux militaires après la découverte du cadavre d'un gardien, non loin d'une sortie de secours. L'état d'alerte avait été donné…

Sans résultats.

« Ils se sont peut être séparés pour échapper au contrôle. » Proposa le militaire alors qu'Howari retournait à son bureau, saisissant son troisième verre de whisky de la journée.

« Non. Sakurazuka ne laissera pas Sumeragi en liberté…nous avons eu quelques…échanges et il ne le laissera pas tomber dans nos mains. Il préférera se faire pendre, vous pouvez me croire, colonel. »

Il but et inspira.

« Mais je ne peux pas laisser un incompétent mener les recherches, désormais. »

Sa voix sembla s'étrangler alors qu'il parlait et le colonel entendit un petit bruit, avant de voir le verre que tenait le conseiller tomber en morceaux sur le bureau…et son visage se muer en un hideux rictus. Il voulut reculer mais n'eut le temps que de faire quelques pas alors que des ombres mouvantes envahissaient le bureau jusqu'à étouffer son cri d'agonie dans des sifflements et des grincements sinistres, le soulevant du sol.

Il y eut un craquement et le corps du colonel fut agité d'un soubresaut avant de disparaître dans les ombres, qui se retirèrent aussi vite qu'elles étaient apparues.

La porte s'ouvrit alors sur une jeune secrétaire, visiblement alarmée.

« Hiroki-san ? J'ai entendu crier…j'ai pensé… »

Très calme, le conseiller, sourit, détendu.

« Ce n'est rien…je me suis coupé sur mon verre. »

La jeune femme regarda autour d'elle, légèrement troublée de ne voir personne.

« Le…le colonel ? »

« Il est reparti. Veuillez m'appeler son subordonné immédiat, j'ai de nouvelles directives à lui donner. Ho, et vous lui direz qu'il sera sans doute promu. »

***

Hiroki s'était réveillée dans un futon, encore vêtue des habits qu'elle avait emprunté à Subaru la veille…Elle n'était pas tout à fait sûre de la façon dont elle était arrivée là, à peine un vague souvenir de quelqu'un qui la portait et parlait à voix basse en la couchant.

Ils avaient roulé pendant des heures, jusqu'à la nuit, et elle s'était endormie dans la voiture, contre l'épaule de Subaru…ou peut-être celle de Seishirô, c'était flou. Ils parlaient, tous les deux, et leurs paroles avaient fini par devenir inaudibles.

Encore chancelante, elle s'extirpa du futon et sortit de la petite chambre où elle avait été installée, pour tomber nez à nez avec une haute silhouette en kimono noir, qui lui arracha un cri de surprise et un violent sursaut. Dans la lumière du levant et en costume traditionnel, Seishirô Sakurazuka aurait pu être juste superbe…il était surtout intimidant, même s'il souriait avec cette effrayante douceur factice.

« Je vous ai entendue vous lever, Hiroki-san. Je me suis dit que vous voudriez vous rafraîchir…je ne me serais jamais permis de vous déshabiller, à l'instar de Subaru-kun, qui ne voulait même pas vous réveiller. Tenez. »

Il lui tendit un kimono mauve, plié et noué par une corde et un sceau familial.

« Et…Sumeragi ? »

« Comme un chat dans sa nouvelle maison…il a mis son nez partout et a paru presque déçu de ne rien trouver. Ho et il a repris son sexe d'origine, ce qui le rend légèrement plus aimable. »

« Vous avez passé la nuit à vous engueuler. » Soupira Ayama en contemplant le sourire satisfait du sakurazukamori, qui se pencha vers elle.

« Notre emploi du temps nocturne est quelque chose d'assez sensible pour que je n'en fasse pas étalage. L'eau est chaude dans la salle de bains, à votre droite. Le salon est droit devant. »

Elle renonça et ne fit pas prier pour se laver et se changer, non sans pester contre la ceinture de kimono. En rentrant dans le salon, elle s'arrêta sur le palier pour observer…

Subaru était agenouillé devant la table basse, enveloppé dans un long kimono blanc et rouge, les mains serrées sur sa tasse, les yeux dans le vague, il paraissait aussi épuisé que Seishirô semblait reposé et détendu. Il s'était approché du jeune exorciste et avait simplement posé sa main sur son épaule pour lui glisser quelques mots…un geste familier qui serait resté parfaitement sans ambiguïté s'il s'était agi de quelqu'un d'autre. Pourtant Hiroki, en le voyant faire, se sentait confusément mal à l'aise, un peu comme une intruse dérangeant deux amants en situation embarrassante.

« Vous avez fait vite. »

Embarrassé, Sumeragi le semblait tout autant qu'elle, et il chassa le sakurazukamori d'un regard appuyé, lequel s'écarta sans cesser de sourire.

« Je vous ai fait un thé et quelques douceurs pour reprendre vos esprits. Vous dormiez d'un sommeil agité dans la voiture…c'est le signe d'une vie un peu trop palpitante. Vous devriez vous ménager. »

« Ce n'est pas moi qui ai failli me faire pendre hier. » Lui fit-elle observer avec un regard critique tandis qu'il la servait.

« Ho, Subaru-kun non plus et je crains qu'il n'ait mal dormi. »

« Tais-toi. » Ordonna sèchement Sumeragi, s'attirant un sourire narquois. Pendant un instant, Hiroki s'imagina ce que pouvait représenter une nuit dans la chambre de Sakurazuka…non, décidément, elle n'avait ni suffisamment d'imagination, ni suffisamment de courage pour ça.

« La prochaine fois, prenez plutôt le sofa, Sumeragi-san. »

« Très drôle. Je ne sais pas ce qu'il vous a raconté, mais nous avons passé la nuit à parler de ce que nous allions faire maintenant. »

« Cet…Hiroki qui vous retenait, Sakurazuka-san, qui était-ce ? » S'enquit Ayama en se décidant à boire une gorgée de thé, qu'elle trouva âpre…décidément, elle avait trop l'habitude des thés en cannette. Seishirô poussa un sucrier en terre cuite vers elle en répondant :

« Un ancien client, et un gêneur. »

« L'un et l'autre ? »

« Un client pour moi, un gêneur pour Subaru-kun, ce qui nous a amené à un petit conflit d'intérêt il y a de cela quelques années. Il faut dire qu'Hiroki-san n'est pas à proprement parler quelqu'un de bienvenue chez les Sumeragi. »

« Je vois mal qui ne serait pas le bienvenue chez une famille d'onmyôjis qui protègent le Japon, hormis vous, Sakurazuka-san. »

« Les démons sont encore moins appréciés que je ne le suis, pour votre information. »

« Les…démons ? »

Ayama tourna son regard vers Subaru, qui hocha la tête en terminant son thé d'une gorgée.

« Hiroki est un kyûbi. Un démon-renard. »

***

Deux ans plus tôt

Il courait sous la pluie sans s'arrêter ni se retourner, alors même que ses poumons brûlaient douloureusement sous le manque d'oxygène et que l'eau lui brouillait la vue.

« Il est là ! »

Ils couraient aussi vite que lui…pour le moment. Quand ses jambes fatigueraient, il se ferait rattraper.

Subaru s'enfonça dans une rue transversale et s'agrippa à une fenêtre avant de bondir sur le toit d'un immeuble : ainsi il était plus visible, mais il avait davantage de marge si jamais il devait se défendre. Avaient-ils l'ordre de le ramener vivant ou de l'éliminer ?

Une sorte d'ombre noire surgit brusquement devant lui et un éclair déchira le ciel, éclairant son visage ruisselant de pluie, le forçant à reculer.

Bon, ils le voulaient vivant.

« Ne bouge plus, Sumeragi. »

Il fit face aux trois hommes…si tant est qu'il puisse encore appeler ça des hommes. Dès qu'ils l'avaient attaqué, à la sortie du métro, ils avaient repris une grande part de leur apparence d'origine : leurs yeux d'or, en amende et leurs longues dents blanches, éclairés par l'orage qui se déchaînait au-dessus de Tokyo les rendaient pire que monstrueux.

« Quel dommage qu'Hiroki le veuille vivant…je lui aurait bien pris un bout de chair. Et son cœur ? »

« On ne le touche pas ! » Gronda le leader « Il ne vaudra plus rien sinon… »

Le kyûbi eut un sourire qui découvrit son impressionnante rangée de dents.

« Tu va te débattre un peu, n'est-ce pas, Sumeragi ? »

Subaru recula lentement, jusqu'au parapet, sans quitter les démons des yeux, les muscles tendus mais le regard calme. C'était trop bête d'échapper à Seishirô pour tomber sous les coups de sous-fifre…Il jeta un œil en contrebas…la ruelle était trop étroite pour se recevoir au sol sans risques…

« Mais qu'est-ce qu'il fiche ? »

« Il a sauté ! »

A SUIVRE…