Disclaimer : NCIS est une propriété de ses créateurs, aka Donald P. Bellisario, Don McGill et CBS. Je ne possède rien et ne touche rien en contrepartie de l'écriture et de la torture psychologique et physique exercée sur les personnages. Dommage.
Avertissement : C'est du lourd. Warning pour violences et morts en cascade.
Résumé : Anthony Dinozzo est un agent banal du NCIS. Bon, mais dissipé, parfois trop. C'est du moins ce que les apparences portent à croire. Que se passe-t-il quand Abby se met en tête de découvrir ses secrets, quand Gibbs et son équipe sont confrontés à une affaire de meurtres en série dans laquelle le clan Dinozzo semble impliqué ?
Genre : Angst, crime, drama, family, hurt/comfort, romance, thriller.
Spoilers : Jusqu'ici, c'est très light. C'est une simple étude du personnage, vous savez, rien de très important au niveau du déroulement de la série en général.
Pairings : Gibbs/Tony en relation père/fils, Tony/Abby, frère/soeur, du Gibbs/Abby et Gibbs/Ziva, père/filles. Le seul couple viendra en fait de McGee/Abby.
Mon retard de publication est quasi criminel. Désolée, j'étais débordée, boulot, boulot, boulot. Mais, ahah !, réjouissez-vous et accueillez cet avant dernier chapitre ! Et oui, déjà. Rassurez-vous, j'ai déjà une autre fic NCIS en cuisson.
Je ferai mon possible pour vous servir la fin au plus tôt, mais je la dorlote, vous savez, je l'assaisonne, je tente de la remanier à la perfection, donc, patience, jeunes padawans.
Merci pour toutes vos reviews, elles me font chaud au coeur.
Bonne lecture !
L'appartement d'Anthony Dinozzo sentait le mal-être à plein nez.
Les murs étaient d'un blanc immaculé, violent. Le sol, un simple parquet d'un ton clair, ciré et brillant. Peu de meubles. Un canapé, une table basse, un écran plat, des DVD et des livres rangés dans une grande bibliothèque pour simple ornement de salon et salle à manger. Cuisine toute équipée mais réfrigérateur et placards vidés de leur contenus. Chambre impersonnelle, froide et blanche. Deux photographies sur le bureau, près d'un ordinateur dernier cri.
Deux jumeaux d'une dizaine d'années riaient au milieu des silhouettes de leurs frères aînés, sous le regard sévère du père et le pâle sourire de la concubine du moment, rivalisant de concert avec le posé assez excentrique d'une équipe d'agents très spéciaux lors d'une soirée arrosée du Nouvel An. Datant de quelques années, au jugé de la présence de la regrettée Kate.
Les deux familles. Le sang et le coeur.
Gibbs eut un mince sourire, qui se fana dès lors qu'il entra dans la salle de bain.
Le miroir était brisé, fracassé, et les débris se mêlaient aux gouttes de sang séché tombées au sol. Il grimaça, et, d'un geste consciencieux, s'appliqua à ramasser les morceaux les plus tâchés de liquide carmin, car tel était le but. Se relevant, il aperçut que l'armoire à pharmacie était entrouverte.
Ce qu'il y découvrit le laissa sans voix, mortifié.
Cachets, poudres, liquides, pilules, seringues. D'un geste tremblant, un à un, il laissa tomber les preuves du niveau avancé de toxicomanie de son agent dans l'habituel sachet à indices.
Il y avait là un tas divers et diffus de produits dopants, calmants, excitants, et d'autres encore, tellement d'autres.
Il en eut la nausée.
Il emballa le tout et redescendit, pour trouver l'équipe réunit dans le salon. Dans des coins différents, les membres de la famille Dinozzo s'affrontaient d'un regard noir et glacé. Il se demanda soudainement si les réunir avait été une si bonne idée.
- Du nouveau ?
- A part que Tony nous a caché son côté génie de l'informatique et son penchant pour la vodka, rien de neuf, boss.
Le ton amer de Ziva n'échappa à personne, mais aucun parti n'osa le reprendre. Il tourna la tête vers les autres.
Abby, assise sur le canapé de cuir noir, semblait au bord des larmes. McGee avait passé un bras autour de ses épaules, tentant de la réconforter. Ducky et Ziva étaient debout, droits, les bras croisés, les visages inquiets.
Vitali, dont il avait de plus en plus de mal à regarder le visage au fil du temps qui passait, était appuyé contre un mur, dans un coin, près de la fenêtre. Ses yeux passaient de la vision nocturne d'un Washington paisible au visage de son frère aîné, installé de l'autre côté de la pièce. De part le regard qu'ils se lançaient, l'amour ne devait pas être fou entre Vitali et Sebastian Dinozzo.
Près de lui se tenait Natalie. Belle, élégante, elle gardait son regard rivé droit devant elle, alors que son visage délicat était marqué par l'inquiétude et la fatigue. Elle était arrivée à Washington deux jours auparavant, accompagnée de ses deux enfants et de son allemand de mari, à qui elle avait dû tout raconter de son passé, de ses origines, ne pouvant laisser l'un de ses petits frères dans une situation si inextricable sans intervenir. Au final, son époux l'avait assez bien prit. Pourtant, il refusait encore de prendre part à l'affaire, ce qui n'était certainement pas pour lui déplaire.
Et puis, il y avait Sebastian et Carmine.
Appuyé nonchalamment contre la porte, un sourire moqueur aux lèvres, l'aîné ne cessait de murmurer des paroles en un italien qui semblait provocateur, à en juger par la posture raidie de Vitali et la main apaisante que Natalie posait souvent sur son épaule. Certes, son maintien et cette arrogance presque naturelle lui rappelait étonnamment Anthony, mais le lien de parenté s'arrêtait là. De ses cheveux de jais à ses yeux sombres et glacés, Sebastian ne ressemblait en rien au visage souriant de son agent. Gibbs s'était même demandé maintes et maintes fois pourquoi il avait proposé de les aider, quelques jours auparavant. Dans une réplique envenimée, Vitali avait simplement répondu que la vermine souhaitait certainement voir s'effondrer la dernière personne encore valable de leur damnée de famille. Et, au vu du sourire mauvais qu'affichait l'homme, cela ne pouvait être autrement.
Carmine, lui, semblait plus discret, mais possédait le même regard de franche moquerie. On l'avait qualifié de parfait hypocrite, du génial mesquin. Il était le petit frère en qui on avait une confiance aveugle, à qui on confiait tout. Anthony lui avait dit qu'il partait pour Peoria, quelques années auparavant, avant de déménager. Il n'y était resté que six mois, son père l'ayant retrouvé bien trop tôt à son goût. Il ne fallait pas être un génie pour savoir que Carmine avait eut un rôle à jouer dans le tout.
Deux alliés pour deux observateurs.
Certes, il savait avec une franche conviction que jamais Sebastian ou Carmine ne prendraient contact avec leur père. Non. Par contre, cela ne voulait pas dire qu'ils ne leur mettraient pas de bâtons dans les roues.
- Vous devriez laisser tomber, agent Gibbs. Je pourrais vous parier ce que vous voulez sur le fait qu'il s'est sûrement déjà noyé dans son vomi dans un club glauque du centre ville. C'est ce qu'Anthony fait, lors des coups durs.
- C'est sûr, parce que toi, en grand frère idéal, tu sais pertinemment de quelle façon il fonctionne !
- Ne joues pas le frère parfait et prévenant, Vitali, tu en as toujours été très loin. Tu préférais passer ton temps à boire, faire la fête et dépenser les sommes exorbitantes que te donnait notre père plutôt que d'avoir à écouter les états d'âme d'Anthony. Et, Natalie, ne joue pas non plus les victimes, tu es partie sans te retourner dès que tu en as eut l'occasion, tout en sachant ce qui se cachait derrière l'image de père parfait d'Ismaele Dinozzo. Ne jouez pas les petits samaritains. Pas besoin de se mentir, on sait déjà tous qu'Anthony doit déjà pourrir dans un fossé de la banlieue de Chicago, à l'heure qu'il est. Ce pauvre con a dû courir droit dans la gueule du loup, à ne pas en douter.
Vitali blêmit et se raidit, mais ne dit rien, comme si les mots avaient eut un impact flamboyant sur lui. Natalie, à ses côtés, se détourna, étouffant un sanglot derrière une main posée sur la bouche. Elle s'éloigna vers la fenêtre, ses épaules bougeant sous l'effet de ses larmes silencieuses.
Gibbs en resta étrangement déboussolé. Il croisa le regard de ce Sebastian, étrange personnage qui se révélait plus impliqué qu'il ne le pensait jusqu'alors. Le frère de son agent ne sourcilla même pas, soutenant son regard glacé par un jeu d'arrogance qui lui rappela douloureusement le disparu. Carmine, à ses côtés, observait la scène avec un dédain presque forcé.
- Qui a déposé le sang d'Anthony sur la scène de crime ?
Sebastian soupira, échangea un regard avec Carmine, qui semblait bien contre le fait de tout révéler aux amis et collègues du frère disparu, puis se tourna à nouveau vers Gibbs, ignorant le benjamin.
- Elle s'appelle Viola Dionisia. C'est l'une des filles du bras droit de notre père.
- Leandro Levi ?
Il y eut un silence consterné dans les rangs de la fratrie italienne. Puis, les yeux se tournèrent vers Ziva, qui avait posée cette question sans aucune arrière pensée. Le regard noir et horrifié de l'assemblée tira aux membres du NCIS des questions obscures.
- Comment ... Comment connaissez-vous ce nom ?
- Anthony l'a contacté après son arrestation. Il est venu jusqu'au NCIS mais leur entretien ne sait pas vraiment bien déroulé ...
Le nouveau silence qui s'afficha laissa les membres du NCIS pantois et glacés. Une immobilité blême et terrifiante subsista un instant dans les rangs des Dinozzo, laissant planer un silence inquiétant et froid.
- Figlio di puttana ! Cazo ! Je vais le tuer, cet espèce de sale bastardo !
Vitali venait de s'exploser la main contre le mur, le craquement facilement audible qui avait retentit dans la pièce en avait été le principal indice. Pourtant, il continua malgré tout à se défouler et ce ne fut que lorsqu'un Sebastian à la fois pâle et inquiet s'avança vers lui qu'il cessa, alors qu'il fut tiré en arrière et assit de force dans un fauteuil, sous ses protestations.
Natalie s'avança alors, blême, également, mais ayant retrouvée tout le tempérament hautain des Dinozzo, et s'agenouilla face à son jeune frère, examinant rapidement sa main baignant dans les teints rougeâtres et bleuis du sang et des os broyés.
- Bien ... Je crois que nous allons avoir besoin de quelques explications, vous ne pensez pas ?
Le ton du chef d'équipe était à la fois ironique et froid, alors que son inquiétude venait d'augmenter d'un cran, réagissant a la réaction inquiétante du frère jumeau de son agent.
Qui était vraiment Levi et, surtout, qu'avait-il fait pour déclencher une telle réaction à son égard chez ces jeunes gens ?
- Levi est ... C'est le meilleur ami de notre père, son avocat, son homme de main et, oui, effectivement, son bras droit et le père de Viola Dionisia. Il a toujours été là, que se soit lorsque nous vivions encore en Italie que par la suite, à Chicago. Et, disons que ... Eh bien ... Il a fait six ans de prison, en Italie, pour viol et abus, mais sinon ...
- Le viol de sa propre fille, l'aînée, Viviana, qui s'est d'ailleurs suicidée juste après le procès de ce salaud. Si notre père n'avait pas fait pression sur le préfet de police et si Levi n'avait pas été si bon avocat et si respecté, je crois qu'il aurait pu passer sa vie en prison. La pauvre fille, il l'avait quasiment défigurée.
-Mais, il n'a jamais ... Anthony ...
Ils échangèrent un nouveau regard, plus mesuré, presque jaugé. Natalie, toujours agenouillée face à son jeune frère, leva presque un regard paniqué vers lui, que ce dernier s'empressa d'éviter. Vitali, au teint blême, croisa rapidement l'affliction dans le regard de Sebastian, avant de se prendre la tête entre les mains.
Gibbs sentit son estomac se rebeller douloureusement. Jamais encore n'avait-il ressentit pareille impression de fureur et de nausée, ce qui du se voir, puisque Ducky s'empressa de poser une main ferme sur son épaule, certainement pour le calmer et l'empêcher de déchaîner sa fureur sur l'écran plasma accroché au mur près de lui.
- Non. Enfin ... Si c'est arrivé, nous ne sommes pas au courant. Mais, bref, Viola et Anthony étaient très proches, enfants, ils étaient tous deux en rébellion contre leurs pères, ils avaient vécus des choses difficiles, bref il était rare de les voir séparés. Mais, un jour, Viola a finit par prendre le même chemin que nous avons pris, et Anthony s'est éloigné. Et, le mois dernier, notre père lui a demandé de se rendre jusqu'ici pour voler un échantillon de sang de notre frère à l'hôpital où il reçoit son traitement post Y-pestis, histoire de créer toute cette histoire.
- Alors, tout cela, c'était juste pour piéger Tony ?
- Ismaele a la rancune tenace. Et puis, il ressemble plus encore à Antonn au niveau du caractère que tous deux ne voudraient l'avouer. Il est ce qu'il a sûrement toujours voulu être, ce qu'il aurait pu être s'il n'avait pas été si corrompu et si ... salaud. Et je crois que c'est pour cela qu'il veut rendre la vie de Antonn impossible, juste parce qu'il voudrait anéantir toute trace de ressemblance et de parenté entre eux.
Le chef d'équipe soupira, passant une main dans ses cheveux poivre et sel. Si seulement il pouvait avoir Ismaele Dinozzo face à lui, juste une petite minute, juste le temps de dégainer et de lui coller une balle entre les deux yeux, juste cet instant ...
Il ne permettait pas qu'on fasse du mal à Anthony, il ne l'avait jamais permis. Et apprendre de telles choses, le passé et les actes, tout cela ne faisait que renforcer son affection et son attachement pour le gamin.
Bordel, il ne fallait pas qu'il le perde. Il était certain que s'il arrivait quelque chose à Anthony Dinozzo, il ne s'en remettrait jamais.
Il fut tiré de sa rêverie par le cri étouffé de Ziva. Celle-ci, le portable fixé à l'oreille, lui jeta un regard de pure panique, chose qui l'interpella immédiatement. L'ancienne agent du Mossad n'avait pas pour habitude de montrer ses sentiments, et notamment sa peur. Or, l'inquiétude et la terreur, en cet instant, semblait presque s'évacuer par tous les pores de sa peau.
- Ziva, qu'est ce que ... ?
Elle ne prit pas même le temps de lui répondre. Sa main tremblante attrapa la télécommande et d'un geste rapide, la chaîne d'information nationale s'afficha à l'écran.
Des ruines fumantes. Des corps calcinés, percés, ensanglantés, vidés de toute substance et baignant dans leurs propres mares. Les halos fantomatiques des forces de l'ordre et des services d'urgence entourant le carnage. Les photographies des victimes passant sur l'écran, près d'un journaliste dépêché sur place à la pâleur cadavérique et au débit rapide.
Chicago, Illinois. Le Manoir des Dinozzo n'était plus qu'une battisse ruisselante de sang et de flammes.
Il lui fallut toute l'énergie et tout le courage possible pour parvenir à rester debout. Ses jambes et ses mains tremblaient, ses oreilles bourdonnaient et, perdu, il sentit même une larme couler sur sa joue. Le spectacle qui lui parvenait était lentement en train de lui broyer le coeur.
Ziva tomba près de Tim et Abby sur le canapé et, dans une douceur rassurante, serra leurs mains, alors que la gothique éclatait silencieusement en sanglots sur son épaule.
Ducky se détourna et s'éloigna de quelques pas, s'appuyant sur un des murs pour ne pas s'effondrer.
Carmine semblait absent de toute réaction, bien que son visage s'était fait plus pâle. A ses côtés, Sebastian était stoïque, le visage rivé sur l'écran, comme s'il avait du mal à comprendre que les informations qui passaient sans interruption les concernaient au plus près.
Natalie pressa une main sur ses lèvres et, très vite, se dirigea vers la salle de bain, où elle s'enferma, rendant tout ce qu'elle avait pu ingérer jusqu'alors.
Lorsque Gibbs se retourna, le visage dévasté, se fut pour constater que Vitali avait déjà quitté l'appartement. Un crissement de pneus, une série de klaxons et quelques cris plus tard, la voiture italienne s'élançait déjà sur la voie rapide, direction Chicago.
Chemin direct vers l'horreur.
On n'oublie jamais la douleur. On ne fait que vivre avec.
On n'oublie jamais l'horreur. On ne fait que vivre avec.
On n'oublie jamais le rejet. On finit juste par s'y habituer.
On n'oublie jamais l'idée. On finit juste par s'y habituer.
Il y avait trois gardes. Deux d'entre eux avaient des chiens, des bergers allemands. Les amphétamines; l'overdose; les bêtes crevées sans qu'aucun ne s'en rende compte.
Le premier garde était sur l'un des angles de la propriété. Un gringalet, le plus faible des trois. Un coup bien placé et la nuque broyée. Le deuxième se trouvait près de la grille. Une balle dans la tempe. Le troisième était à la console, surveillant de ses vingt-deux caméras les environs. Il se branlait en visionnant un film érotique lesbien lorsqu'il mourut d'une balle en plein coeur.
Désactiver les caméras. Prendre les armes de poings des gardes et leurs clefs. Déverrouiller l'alarme, dont le code n'avait pas changé, malgré les années. Entrer par la grande porte, comme si de rien n'était.
Et que commence le massacre.
Dix hommes, cinq femmes. Un gosse. Il comprit juste qu'il devait y avoir eut un nouveau venu dans la fratrie, sans qu'il n'ait été mis au courant. Ce dernier, il le laissa s'enfuir. Ce n'était pas comme si la pitié n'avait jamais fait partit de son langage courant.
Hommes de mains, domestiques, pour monter jusqu'à Levi et jusqu'au grand patron. Certes, il avait déjà l'épaule droite ruisselant de sang, l'arcade gauche défoncée et le nez broyé, mais la gâchette était toujours aussi facile.
S'il s'était un jour cru fou, il pensa juste que le paroxysme de la folie venait, en cet instant, de le toucher de plein fouet, et que cette folie là ne serait que permanente, sans aucun point de retour.
Il avait déjà pensé, un jour, l'atteindre cette folie meurtrière. Lorsqu'on l'avait mit à la porte, lorsque seul, sans un sou, sans perspective d'avenir, il s'était perdu dans les sombres méandres de la conscience et de la perversion. Drogue, alcool, prostitution, et tout autres joyeusetés. Une fois, et puis l'abandon total lorsqu'il était partit de chez Vitali.
Par la suite, il s'était battu pour retrouver un semblant de vie, loin des substances et des bons samaritains affamés de chair qui l'aidaient à survivre. L'université, un peu de tout, doué en tout, lamentable en sport. Puis, se créer cette nouvelle identité, le Tony si proche de son jumeau, composé le CV de l'arrogant bellâtre rêvé, puis passer par la police, métier à responsabilités au plus proche des dealers et des proxénètes. Il partait gagnant, le carnet d'adresses remplit et les informateurs nombreux. Affaires réglées, bons échanges de procédés entre chaque partis.
Et ne jamais quitter le caractère de Vitali, jamais.
Études scientifiques dissimulées, licence broyée au fin fond d'un tiroir, mise en avant de quelques années de sport, cacher les tremblements, les vomissements, le nez qui saigne, les sauts d'humeur dû au manque et à la drogue en général, faire le beau, draguer tout ce qui bouge, sourire à s'en détruire les zygomatiques, tout refouler jusqu'à n'en plus pouvoir.
Il avait finit par devenir, véritablement, son frère jumeau, jusqu'à même s'y perdre.
Mais, aujourd'hui, alors que son propre père reposait dans ses tripes, alors que son rire glacé se répercutait en écho sur les murs précieux de la demeure qui, lentement, s'explosait sous les flammes d'une bougie accidentellement renversée sur une draperie, il sut qu'il était redevenu lui-même.
Ténébreux Anthony, les yeux explosés par la cocaïne, les creux des bras piqués et bleutés, le teint blême et cireux, la silhouette androgyne, les doigts épousant parfaitement l'arme de service, le sourire fou, le regard vide, la pensée creuse et noire, le coeur vibrant seulement pour la perte supposée du frère jumeau tant aimé.
La pourriture sous le masque. Le néant sous l'abondance. Le seul et vrai visage d'Anthony Dinozzo, celui dont aucun ne pouvait soupçonner l'existence.
- Ça, sale pourriture, c'était pour Vitali. C'était pour Maman. Pour Natalie. Pour Raphaël. Pour Sebastian. Pour Carmine. Pour moi, pour avoir détruit ma vie, pour avoir détruit la leur. J'espère que tu brûleras en Enfer.
La fumée le fit tousser, alors que les couloirs se remplissaient lentement de flammes et de noir, faisant lentement disparaître sang et tripes versés. Se redressant, il serra, dans sa main gauche, la photographie d'une famille réunie et souriante. De sa main droite, il serra la gâchette, posant le canon sur sa tempe.
- Non vedo l'ora di vederti.
Le bruit caractéristique d'une balle envoyé dans un canon, d'un canon sous pression et de la détonation caractéristique qui s'en suivait retentit une dernière fois dans les couloirs du Manoir, enveloppant à tout jamais les restes de la grandeur du clan italien.
