Bonsoir bonsoir !
Il est donc là. Le chapitre 6. Comme toujours le blabla est à la fin ! Bonne lecture à tous.
Disclaimer : ceci n'est qu'une fanfiction et je ne gagne absolument rien si ce n'est le plaisir des reviews. Tout l'univers appartient à JKR
Si tu pars, Matt Pokora
Elsa R : Je trouve fascinant cette capacité que tu as d'inventer des fictions pareils ! félicitations, vraiment ! Oh merci beaucoup ! ^^ Je suis Fan de TOUTES tes fictions (celles de ton blog aussi !) je les relis régulièrement ! Tu es courageuse, parce qu'il y en a beaucoup sur mon blog lolCe chapitre est vraiment super, il a dû être particulièrement dur à écrire ! En effet, c'était un peu particulier. Il est difficile de décrire un esprit aussi torturé J'ai vraiment hâte de lire la suite, j'espère que ce sera pour très vitecontinue, tu as un don ! bon courage à toi ! :) Voici donc la suite ! A très bientôt et merci infiniment pour tes compliments, ça me touche.
Lauryn15 : Je suis complètement accro à tes fiction. C'est vrai ? Je suis honorée :) Moi qui a l'habitude de tout savoir dans les fanfiction que je lis, je me retrouve totalement perdu. C'est que j'arrive à me démarquer, tu m'en voit ravie ^^ J'espère vraiment que tout ira bien à la fin parce que je ne supporte pas les sad end. Je te rassure, moi non plus lol Tout le monde a le droit a une fin heureuse et si cette histoire fini mal je serais trop triste. Apres tout se qu'ils ont revu...Enfin bref j'ai adorée se chapitre tout comme les précédent et j'espère que l'autre chapitre arrivera avant 2019 :) Comme tu peux le constater, ta requête n'a pas été honorée lol
La : Hello ! Je lis ce chapitre un peu tard mais bon vaut mieux tard que jamais. Oh je ne vais sûrement pas geindre, as-tu déjà vu combien de temps je mets à poster ? :OJ'ai trouvé ce chapitre un peu lent mais la fin est super ! L'action n'est pas souvent au rendez vous dans cette fiction, je te l'accorde. Mais ce n'est pas non plus le but. J'ai trop hâte de voir ce qu'il se passer par la suite ! Par contre je n'ai pas du tout envie de prendre cet ascenseur émotionnel...Voilà, voilàA bientôt j'espère ! Et pourtant… lol bonne lecture ! merci ^^
Maxwen : Salut je suis ton histoire j'avoue Qu'il ma quand même fallut trois jours complet y compris la nuit pour lire tes trois fictions Wow ! :D et j'espere Sincèrement que tu vas poster un autre chapitre car ton histoire est géniale Je n'ai jamais abandonné une histoire en cours rassure toi. Je mets du temps - parfois beaucoup je te l'accorde - mais je finis toujours par poster je ne cache pas que je me suis dit « Mais pourquoi elle n'arrete pas à la fin du trois? » ahaha je me suis dis pareil ! lol c'était sensé être le dernier oui il y avait des choses que tu ne pouvais pas laisser comme ça tel que Sonia et Hermione mais finalement je ne suis absolument pas déçu de la suite de cette fiction j'espère juste que tu vas réussir à la terminer Oh ne t'en fais pas pour ça ^^ peu importe le nombre de partie que tu fais encore je voudrais juste que tu réussisses à la terminer j'ai lu trop souvent des Dramione exceptionnelles mais inachevée et la tienne est vraiment super. Merci du fond de mon petit cœur en Nutella :) Continue comme ça . Au faites petite question tu connais Wattpad? Alors, effectivement oui je connais Wattpad et je déteste. On m'a déjà plusieurs fois volé mes fictions pour les poster, je suis constamment obligée de jouer au gendarme. Vraiment, je n'aime pas du tout cette plateforme … voila voila merci et bonne lecture ^^
Ch.6. Détresse et incompréhension.
Fini le voyage
Passer cette porte et c'est un naufrage
Ferme est ton visage
Je n'étais en sorte qu'un ange de passage
Comme laisser pour mort
Seul dans ce décor
Le corps en otage
Et par dessus bord
Il faudrait encore trouver du courage
Drago sentit la colère enfler en lui comme un ballon. Il inspira fortement, passa les mains dans ses cheveux et les laissa retomber en expirant tout l'air qu'il venait d'emmagasiner. Il fit un pas en direction du lit, mais Harry l'arrêta.
« Drago… » dit-il laissant planer de l'inquiétude mais aussi de l'avertissement.
Drago tourna la tête vers lui et le rassura d'un regard.
« Tout va bien, je gère » répondit-il simplement.
Il approcha du lit et s'assit prudemment sur le bord. Hermione le suivit du regard, le visage inquiet. Il sut qu'elle ne jouait pas la comédie.
« Est ce que c'est vraiment toi ? » murmura Drago en la regardant.
« Bien sûr que c'est moi. Drago, qu'est ce qu'il y a ? J'ai un mauvais pressentiment » le blond soupira.
Il avait envie de lui caresser le visage, de l'embrasser, de la serrer dans ses bras à la faire suffoquer… pourtant il n'en fit rien. Il détourna très vite le regard et se releva.
« Drago ? » demanda-t-elle l'incompréhension imprégnant sa voix.
« Je veux d'abord que Blaise t'examine. Ensuite, on t'expliquera tout » dit-il avant de sortir de la chambre sans autre cérémonie.
« Mais… » la porte se referma et Hermione reporta son regard sur son fils.
Max sentit son cœur se gonfler et rejoignit sa mère en deux enjambées.
« Maman » dit-il en se penchant pour la serrer contre lui.
Hermione le serra en retour tout contre elle, oubliant quelques secondes l'attitude étrange de son mari.
« C'est bon de te revoir parmi nous » dit-il en se détachant d'elle.
« Est ce que quelqu'un veut bien m'expliquer ? » demanda-t-elle.
« Chaque chose en son temps Hermione, Blaise va venir te voir, nous voulons nous assurer que tout va bien d'abord » lui répondit Harry.
« Pourquoi je n'irai pas bien ? Je suis là, c'est ce qui compte non ? »
Harry et Ron se lancèrent un regard éloquent, ce qu'elle ne loupa pas.
« Je vais vraiment devenir dingue si vous ne me dites pas tout de suite ce qu'il se passe ! » s'énerva-t-elle.
Se sentant coincés, ses deux meilleurs amis se regardèrent à nouveau, mais furent sauvés par l'arrivée de Blaise, suivit de Drago.
« Salut Mia »
« Blaise, tu peux leur dire que je vais parfaitement bien, que je puisse enfin être mise au courant de ce qu'il se passe et ainsi rentrer voir mes trois autres enfants ! » pesta la jeune femme ne supportant plus toute cette tension.
Blaise jeta un regard à Drago qui s'était dirigé vers la grande fenêtre, tournant le dos à tout le monde. Il hocha la tête et s'approcha de son amie. Il prit sa tension, écouta son cœur, alluma sa baguette pour tester ses deux yeux.
« Tu as mal à la tête ? »
« Non »
« Pas de nausées ? »
« Non… »
« Ni de vertiges ? »
« Au nom de Merlin, Blaise non ! Je vais bien ! » s'écria-t-elle.
« Tu as été amnésique pendant plusieurs semaines » laissa tomber Drago, jetant ainsi un silence dans la chambre.
« Quoi ? Comment ça ? »
« Il se trouve que l'instigateur de l'affaire 851 était John »
« Le père de Cassy ? » s'exclama-t-elle complètement ahurie.
« Oui. Il est malade et s'est mit à enlever des enfants sorciers, afin de neutraliser la magie en eux. Il s'est associé à des moldus du département des sciences de l'université pour pratiquer des expériences sur les enfants. Il s'est aussi associé à une sorcière, elle s'appelle Anna. Il se trouve que s'était la sœur jumelle de Géraldine, la petite amie défunte de Sébastian. Cette dernière à profité de son partenariat avec John pour tourmenter Sébastian et se venger de lui pour la mort de sa sœur. C'est aussi elle qui nous a jeté le sort noir. Pour savoir ce qui nous arrivait, notre fils avec le reste de nos amis, a retrouvé Cassandra alors accusée de meurtre, pour entrer dans nos esprits, mais elle a faillit mourir… Thomas qui s'appelle maintenant Dorian et qui était devenu policier aux Etats Unis, a été affecté avec sa collègue Coleen, à la surveillance de Cassandra, puisqu'elle était activement recherchée par le FBI. Ils avaient un mois pour prouver son innocence. Victoire a travaillé d'arrache pied pour ralentir le poison qui courrait dans nos veines et nous tuait à petit feu. Notre fils qui avait reprit contact avec son grand père, a fait appel à lui et à Rogue pour préparer une potion journalière qui nous aiderait toi et moi à faire face a cette magie noire, en nous rendant notre partie logique que ce sort nous enlevait… » expliquait Drago d'une voix monocorde, presque dénuée d'émotion, comme s'il récitait une litanie apprise par cœur.
« Sirius et Astoria » murmura Hermione pour elle-même.
Son mari hocha la tête.
« John qui vivait chez nous a trafiqué ta potion » continua-t-il.
« Oui je me souviens que Sirius n'était plus là »
« Tu as affronté Malcolm toute seule et tu l'as tué. Tu as anéanti une partie de ton esprit en faisant cela et tu étais sensée mourir. Comme tu le sais, Cassandra et moi sommes venus te porter secours et… tu t'es réveillée »
« Oui… me voila » dit-elle comme une évidence.
« Non. Tu t'es réveillée il y a plusieurs semaines de cela, sans le moindre souvenir de ce qu'il s'était passé depuis l'attaque du métro. »
« Quoi ? »
« Pour toi, ce n'était pas réel. Nous avions réussi à sauver ton esprit, mais pas sans conséquences. Pour toi j'étais redevenu le petit ami qui t'as abandonnée à Poudlard et tu refusait de croire que nous étions mariés, avec trois enfants »
« Qu'est ce que tu raconte, je ne comprends rien » dit-elle en s'asseyant sur le bord de son lit.
« Il dit la vérité, Hermione » intervint Harry.
« Mais comment est-ce possible ? »
« Tu étais ce l'on peut dire de affectée psychologiquement. Malgré tout tu nous as aidé à sauvé notre petite fille et… »
« Nel ? Elle est en vie ? »
« Oui. Sa mort était un coup monté par l'esprit de Sybille possédant le corps de Sonia. Nous l'avons sauvée, mais cela a couté la vie de Cassandra et de Sébastian. C'est là qu'est intervenue la mère de Cassy. Elle nous a accordé une chance de changer les choses et nous a ramené trois ans en arrière. Autrement dit quand l'affaire 851 venait de commencer. C'était le jour de l'accident de Cassy. Elle a été correctement prise en charge, Nel est née, Sonia a été exorcisée… »
« Attends, attends… tu es en train de me dire que nous avons… remonté le temps ? » s'exclama-t-elle choquée.
« Précisément. Le geste altruiste d'Eleanore n'a pourtant pas été sans conséquences. Sébastian et Thomas sont redevenus des traqueurs et Eleanore est revenu sur terre pour arranger tout cela »
Hermione sentit son cœur s'emballer progressivement à mesure qu'elle laissait l'information pénétrer son esprit. Quelque chose clochait, il s'était passé quelque chose de très grave, elle en était intimement persuadé.
« Trois ans en arrière tu dis ? » demanda-t-elle pour s'assurer de tout bien comprendre.
« Oui » répondit-il lui tournant obstinément le dos.
Et elle comprit enfin que s'ils étaient revenus trois ans en arrière, elle devrait être enceinte ! Elle se leva précautionneusement et baissa lentement ses yeux sur son abdomen.
« Hermione… du calme » tenta de l'apaiser Harry.
Elle porta ses mains tremblantes sur son ventre. Plat. Totalement et indubitablement plat. Elle redressa vivement la tête et s'aperçut que son mari la regardait enfin, le visage terriblement triste.
« Non… » dit-elle incapable de contenir la terreur qui lui saisit les tripes.
Drago sentit sa lèvre trembler.
« Après la naissance de notre petite fille, tu as décidé de partir. Tu n'arrivais plus à gérer la situation, tu voulais des réponses. J'ai tenté tu sais... J'ai tenté de t'en dissuader. Mais tu es partie, emportant nos deux fils grandissants dans ton ventre… »
« Non… » supplia-t-elle.
Mais Drago continua, imperturbable.
« Tu t'es exilée au fond de la jungle amazonienne et quand je t'ai retrouvée… quand je t'ai retrouvée … »
Elle gardait ses deux mains serrées sur son ventre et pleurait à n'en plus finir.
« Tu… ils… nos fils n'étaient plus là » hoqueta-t-il sans se laisser submerger « tu étais devenus complètement folle. Tu avais gratté le nom de nos fils partout dans la cabane où on t'a trouvé Ron, Harry et moi. On t'a ramenée dans l'unité psychiatrique de Ste Mangouste. On a tout essayé pour te ramener. Le professeur Rogue a dit que tu avais fait quelque chose de tellement terrible pour toi, que tu as volontairement verrouillé ton esprit. Sébastian et Thomas se sont insinués dans tes rêves pour tenter de te ramener et… te voilà » termina-t-il.
Hermione éclata en sanglot, se laissant tomber à genoux au milieu de la chambre, désemparée.
« Je… je ne me souviens… de rien » balbutia-t-elle entre deux sanglots déchirants « oh mon dieu mes bébés… »
« Ils sont en vie » s'empressa de la rassurer Drago.
« Quoi ? » hoqueta-t-elle.
« Blaise dit que tu es toujours enceinte biologiquement. On entend leurs cœurs Hermione »
Cette dernière redressa la tête vers son mari et elle sut à quel point il était affligé et en colère contre elle. Parce qu'il ne l'appelait jamais par son prénom, jamais.
« Mais… mais… comment j'ai pu… » pleura-t-elle.
« C'est pour ça que j'espérais que Sébastian réussisse à te ramener. Mais visiblement, quelque chose ne tourne pas rond en toi et tu refuse l'accès à cette période de ta vie. Ces quelques semaines que tu as passé là bas sont un mystère, même pour toi » dit-il.
« Je… je… je ne me sens pas très bien » dit-elle.
Et elle vomi. Tout le contenu de son estomac.
« Je suis… désolée… » hoqueta-t-elle.
« Viens… » murmura Blaise en l'aidant à se redresser.
Il l'aida à se recoucher dans son lit, elle tremblait de tout son corps, en proie à une très grande nervosité.
« Je vais t'administrer un calmant, tu es beaucoup trop agitée et ce n'est pas bon pour tes enfants »
« Drago… » dit-elle.
Ce dernier se déplaça afin d'être dans son champ de vision, mais ne l'approcha pas.
« Il faut les retrouver » dit-elle.
« Chut… » lui intima Blaise en lui injectant le produit.
« Tu répétais toujours un nom » lui dit Drago.
« Lequel ? »
« Azaharo »
Elle ne put lui répondre, car elle sombra dans le sommeil.
OoO
Sébastian rentra chez lui, la mine préoccupée. Il ne pouvait empêcher les paroles de Charlène de tourner en boucle dans sa tête. Il regarda la cuisine où il avait faillit perdre le contrôle un peu plus tôt dans la journée et frissonna. Que serait-il arrivé s'ils avaient été jusqu'au bout ? Il ne pouvait plus se permettre de la toucher de cette manière, c'était trop dangereux pour sa vie. Alors quoi ? Était-il condamné à nouveau ? Comment diantre allait-il bien pouvoir gérer la situation ?
« Au fond de toi tu l'as, la solution » fit une voix douce derrière lui.
Il sursauta et fit volte face.
« Qu'est ce que vous faites ici ? Comment êtes vous entrée ? » demanda-t-il.
« Je suis un ange Sébastian, l'aurais-tu oublié ? » répondit Eleanore.
« Qu'est ce que vous voulez ? »
« Ce que je veux, c'est protéger ma fille »
« Je ne lui ferais jamais le moindre mal »
« C'est ce que tu ne cesse de répéter et pourtant, tu as avoué toi-même avoir du mal à te contrôler… combien de temps vas-tu tenir crois-tu ? » demanda-t-elle.
Il lui lança un regard féroce teinté de jaune.
« Tu vois, tu te laisse déjà dominer par tes émotions. Tu es dangereux pour elle et tu le sais »
« Je n'ai rien demandé ! J'étais bien moi, c'est vous qui avez tout chamboulé ! Et vous me demandez d'abandonner la seule raison que j'ai de continuer à vivre ? » s'égosilla-t-il.
Eleanore fut touchée bien plus qu'elle ne l'aurait cru possible.
« Oh Sébastian je sais que tu aimes profondément Charlène. Justement, c'est pour elle que tu dois t'éloigner. Tu finiras par lui faire du mal et tu le sais »
Le jeune homme se retourna en serrant les poings, se contrôlant pour ne pas craquer. Eleanore s'approcha alors de lui et posa une main sur son épaule.
« C'est provisoire je te le promets, je suis là pour vous aider »
« Comment ? » dit-il en se retournant à nouveau « comment comptez vous vous y prendre, vous pouvez m'expliquer ? »
« Je ne sais pas encore, mais on va trouver. Ensemble. En attendant, tu dois t'en aller. Thomas n'as aucun problème d'addiction, car il ne côtoie pas de voyante. Tu ferais mieux de t'installer chez eux, le temps que l'on puisse gérer la situation. Tu verras par toi-même tu te sentiras bien mieux. Sois réaliste Sébastian, Charlène est épuisée à force de te nourrir, elle va finir par craquer » termina-t-elle.
« Elle va être anéantie si je m'en vais » murmura Sébastian vaincu.
« Ce n'est pas définitif. Et puis elle n'est pas toute seule, elle a sa sœur. Cassandra approuverait cette décision et elle sera là pour Charlène. Tu sais que c'est la seule solution »
Les épaules de Sébastian s'affaissèrent.
« Vous allez m'aider ? »
« Je te le promets »
« Bien. Retrouvons nous chez mon neveu dans quelques heures dans ce cas »
« Je suis désolée Sébastian, j'aurais aimé que cela se passe autrement tu sais. Moi tout ce que je voulais, c'était que mes filles puissent enfin vivre la vie qu'elles méritent. Je sais que je suis responsable de tout ça et qu'elle m'en veut énormément, mais je compte bien réparer toutes les conséquences engendrées par ma décision. Je te demande juste un peu de patience »
Le jeune homme hocha la tête et monta à l'étage. Eleanore le regarda monter, la boule au ventre. Elle se sentait vraiment coupable de leur infliger tout ça et se promit de les réunir coûte que coûte. Elle disparut, comme elle était arrivée.
OoO
Sébastian bouclait sa valise quand il entendit la porte d'entrée. Il soupira, parce qu'il aurait aimé ne pas avoir à l'affronter. Il l'entendit monter les escaliers quatre à quatre et la porte de la chambre s'ouvrit à la volée. Elle était toute échevelée et essoufflée aussi. Elle se figea sur le pas de la porte et fronça les sourcils.
« Tu t'en vas ? » demanda-t-elle ahurie.
« Oui, il le faut » répondit-il.
« Sébastian, je t'en prie, non… »
« Ne rends pas les choses plus difficiles s'il te plaît »
« Si c'est pour ce que j'ai dis à l'hôpital, je ne le pensais pas, je te le jure. Seb', tu dois me croire. Je suis désolée, d'accord ? Je suis épuisée, et en colère, c'est sortit tout seul »
« Il ne s'agit pas de ce que tu as dis, ça n'a rien avoir » réfuta-t-il.
« Alors parle-moi ! Tu ne peux pas partir comme ça » s'égosilla-t-elle presque hystérique.
Le jeune homme posa sa valise à terre, prêt à partir. Il avait l'air si décidé, qu'elle sut qu'elle avait perdu la bataille.
« Je ne peux pas rester plus longtemps auprès de toi »
« C'est elle n'est ce pas ? Ma mère est venu te voir et t'as persuadé de t'en aller » elle sut qu'elle avait vu juste, parce qu'il ne répondit pas « j'ai ressenti l'amour que tu ressens pour moi ce matin. Je l'ai ressentit jusqu'aux tréfonds de mon être. Tu as marqué mon âme Sébastian, tu avais promis de ne pas m'abandonner pourquoi me fais tu ça ? » gémit-elle.
« Il ne s'agit pas de l'amour que je te porte Charlène. Évidemment que je t'aime. Bien plus que ma propre vie. C'est justement pour ça que je m'en vais, parce que je t'aime » dit-il douloureusement.
Il prit sa valise et la dépassa. Mais elle le retint par le poignet.
« Tu ne me feras jamais de mal ! Je le sais » cria-t-elle.
Elle eut un hoquet de surprise quand il se retourna, les yeux jaunes étincelants et le lâcha.
« Tu ne comprends donc pas le calvaire que c'est pour moi de vivre à tes côtés, en ayant toujours cet instinct en moi ? Ne vois tu pas à quel point je te pourris l'existence ? » aboya-t-il.
« Sébastian »
« Tais-toi ! Ça suffit ! J'ai TOUT LE TEMPS envie de te faire du mal Charlène tu comprends ça ? C'est en moi et je ne peux rien y changer ! La seule chose qui m'a fait tenir jusqu'à maintenant, c'est l'amour que j'ai pour toi. Mais ma volonté s'amenuise chaque jour un peu plus et un jour, je ne pourrais plus me retenir. Je finirais par engloutir ton âme, c'est comme ça, je dois m'éloigner le plus possible de toi » termina-t-il.
« Ma mère a dit qu'il y avait un moyen » tenta-t-elle alors qu'une larme roulait sur sa joue.
« Oui et bien je n'ai pas envie de risquer ta vie, pour vérifier cette théorie »
« Tu as donc si peu foi en l'avenir ? » demanda-t-elle choquée.
« Arrête d'essayer de me persuader de rester, parce que ça n'arrivera pas. Ma décision est prise et tu ne me feras pas changer d'avis » dit-il en se retournant, prêt à sortir de la chambre.
Elle baissa la tête, se pinçant fortement les lèvres pour ne pas éclater en sanglots. Elle se sentait complètement dévastée, impuissante.
« Je t'en supplie, ne m'abandonne pas, je n'y arriverai pas sans toi » murmura-t-elle si bas qu'il eut du mal à tout comprendre.
« Bien sûr que si, tu y arriveras » dit-il en ouvrant la porte.
« Je t'aime » dit-elle en dernier recours.
« Au revoir Lénie' » dit-il douloureusement avant de sortir de la chambre.
Charlène regarda la porte close devant elle, laissant ses pleurs déferler sur son visage. Ses mains tremblaient, son corps entier tremblait. Quand elle entendit la porte d'entrée se refermer, elle ne put se retenir et hurla. Elle hurla si fort, que les vitres de sa chambre volèrent en éclat.
Dehors, Sébastian avança. Sans se retourner. Parce qu'il savait que s'il le faisait, il ne pourrait plus partir. Il devait la protéger, peu importe ce qui lui en coûtait. Elle devait vivre, quitte à lui briser le cœur…
OoO
Drago avait perdu la notion du temps. Il était tellement englué dans son tourbillon d'émotions contradictoires, qu'il lui semblait avoir passé des heures entières au chevet d'Hermione, à regarder la fenêtre. Le soleil avait décliné depuis longtemps et il se dit que quelque part il aurait dû partir, parce que sa fille avait besoin de lui, mais il ne bougeait pas. Il attendait quelque chose, mais n'était pas capable de dire quoi. Un miracle peut être.
Il se sentait tellement triste, accablé, coupable aussi. Pourtant, le sentiment qui primait sur tout le reste - même sur l'amour qu'il avait pour elle - restait la colère. Il n'arrivait plus à regarder sa femme. Son sang dans ses veines bouillonnait. Comment pouvait-elle avoir délibérément mis leurs enfants face à un si grand danger ? Pourquoi ne lui avait-elle pas fais confiance ? Tout au fond de lui, il savait qu'il y avait une explication. Il connaissait Hermione et s'il n'avait pas été si émotionnellement instable, il aurait admit qu'elle était incapable de faire délibérément du mal à sa propre chair. Mais il n'y arrivait tout simplement pas. Il lui en voulait beaucoup trop.
Perdu dans ses pensées, il n'entendit pas la porte. Tout le monde était partit depuis longtemps, il ne s'attendait pas à ce quelqu'un entre dans la chambre, hormis un médicomage évidemment. Il entendit que l'on tirait une chaise à ses côtés, c'était Harry qui venait de s'asseoir.
« Elle ne s'est toujours pas réveillée ? »
« Comme tu vois »
Son ami le dévisagea longuement en silence.
« Drago, écoute. Je ne peux pas prétendre comprendre ce que tu traverses. Ça doit être horrible ce que tu vis. Mais je veux que tu garde la tête froide, il s'agit d'Hermione » lui dit-il comme si ce seul fait suffisait à tout effacer.
Il tourna son visage incrédule vers le Survivant. Harry enchaîna.
« Elle a besoin de nous Drago. Et de toi. Tu es son mari, son pilier et je sais que tu l'aime »
Il détourna le regard, ne répondant pas.
« Je ne sais pas si j'y arriverais, Harry » murmura enfin Drago d'une voix rauque.
« Arriver à quoi ? »
« Lui pardonner » dit-il du bout des lèvres.
« Elle a fait une grosse bêtise, oui. Mais c'est ta femme, tu ne dois pas l'abandonner »
« Tu as vu par toi-même à quel point elle est fragile mentalement »
« Vous aller y arriver, vous y arriver toujours » répondit Harry.
Drago se sentit las tout à coup.
« Va retrouver ta famille Harry, laisse moi »
« Je vais y aller » lui accorda Harry « mais je veux que tu gardes foi en elle. Elle a besoin d'aide, pas que tu lui tourne le dos » dit-il en se levant « je sais que tu es en colère et tu en as le droit. Mais on ne jette pas quelque chose quand il casse, on le répare. C'est ce que tu as fais avec son esprit et c'est ce que tu feras encore et tu sais pourquoi ? »
« Je t'écoute » ironisa le blond.
« Parce que sinon, tu ne pourras jamais plus te regarder dans une glace mon ami » termina Harry avant de sortir.
Drago s'accrocha de toutes ses forces au bras de son siège. Il avait les mains qui tremblaient et les paroles de son ami tournèrent en boucle dans son esprit. Soudain, il vit le drap remuer légèrement. Elle était réveillée et elle le dévisageait avec une perplexité telle, qu'elle le contamina.
« Comment tu te sens ? » demanda-t-il.
« Comment m'as-tu retrouvée ? » demanda-t-elle sur un ton incrédule.
Il s'était attendu à tout sauf à cette question. Il risqua un regard vers elle et grimaça quand il effleura du regard son œil bleu. Elle avait le visage si surpris et si méfiant. Rien avoir avec la détresse qu'il avait vue quelques heures plus tôt, lorsqu'elle s'était réveillée.
Il se passa une main lasse dans les cheveux.
« De quoi est ce que tu te souviens au juste ? »
Hermione fronça les sourcils. Elle avait le sentiment d'avoir raté quelque chose. Elle avait mal aux yeux comme si elle avait pleuré et elle se sentait un peu groggy.
Elle réfléchit un moment, avant de briser le silence.
« Je me souviens d'avoir quitté l'appartement de Théo pour prendre un avion, mais je ne sais plus où j'allais, ni pourquoi » finit-elle par répondre profondément perplexe.
Drago sentit son cœur dérailler. Il la fixait bouche bée.
« Et ce qu'il s'est passé il y a quelques heures, tu t'en souviens ? »
Elle secoua la tête, ne comprenant pas. Elle baissa ses yeux sur son ventre plat et releva le visage paniqué.
« Que… est ce que tu peux m'expliquer ? » demanda-t-elle presque hystérique « on a encore remonté le temps ? »
Drago avait un affreux pressentiment.
« Le sort noir ? Malcolm ? Ton esprit ? Tout ça ne te dit rien ? »
Elle secoua la tête, son cœur commençant à battre furieusement contre ses côtes. Et cette désagréable sensation de trou dans le temps qui ne la quittait pas. Elle ne comprenait pas. Drago ne comprenait pas non plus.
« Tu t'es réveillée il y a quelques heures, en me disant que ton dernier souvenir remontait au moment ou Cassy et moi t'avons sauvée du sort noir » expliqua-t-il patiemment en tentant de garder son calme.
Elle le regardait, complètement confuse.
« Je te jure que tout ce dont je me souviens, c'est d'avoir séjourné chez Théo quelques temps. Je voulais me retrouver. Je cherchais un moyen de raviver ma mémoire sans souffrir » promit-elle.
Drago se massa l'arrête du nez.
« C'est un cauchemar » dit-il.
« Que s'est-il passé ? Pourquoi je ne suis plus… »
« Enceinte ? C'est ce que j'aimerais découvrir »
Drago lui raconta alors l'épisode entre le moment où il l'avait retrouvée complètement folle dans la jungle et le moment où Sébastian et Thomas l'avait ramenée des tréfonds de son esprit. Elle l'écouta, bouche bée.
« Son esprit est bien plus mutilé que vous ne le pensez tous » fit une voix douce qui les fit sursauter tout les deux.
Eleanore s'approcha du lit, le visage bienveillant se fendant d'un sourire amical et rassurant.
« Puis-je ? » demanda-t-elle à Hermione en tendant la main.
« Qui êtes vous ? »
« Je suis Eleanore, la mère de Cassandra. Je suis un ange, c'est moi qui vous ai tous fait traverser le temps »
Cette explication suffit à apaiser Hermione. Du moins, assez pour qu'elle tende la main. L'ange ferma les yeux et Drago braqua les siens sur son beau visage concentré, comme s'il attendait d'elle le dénouement de tout son nœud de problèmes. Quand il la vit froncer les sourcils, il les fronça en même temps qu'elle. Hermione qui avait jusque là un visage curieux, parut s'angoisser tout à coup. Si bien que son cœur s'affola et elle se mit à haleter.
Eleanore la lâcha subitement.
« Tout vas bien ma chère, vous ne craignez rien »
« Qu'avez-vous vu ? » demanda Drago sèchement.
« Comme je le disais, son esprit est affreusement mutilé. Thomas et Sébastian ont réussi à débloquer deux parties d'elle. La troisième est enfermée à double tour derrière une protection que même moi, je ne peux franchir »
« Qu'est ce que ça veut dire ? » demanda Drago excédé.
« Je ne sais pas » avoua-t-elle.
Le jeune homme la regardait avec une telle intensité, qu'elle se sentit transpercée par ce regard.
« Je ne suis pas la responsable de ce qui arrive à votre femme, Drago »
« Vous avez dit que vous alliez nous aider »
« Et je compte honorer cette promesse. Mais vous devez arrêter de me considérer comme une ennemie mon jeune ami, je ne veux que vous aider »
Il eu la décence de détourner le regard.
« Je ne vous considère pas en ennemie, je veux juste récupérer mes enfants et oublier cette histoire » murmura-t-il.
« Je le sais bien. Je vais vous dire ce dont je suis certaine. Votre femme aurait dû mourir »
Hermione releva vivement la tête. On le lui avait déjà expliqué, mais à l'époque elle n'y croyait pas. Quelque chose pourtant avait changé. Le fait était qu'elle portait la vie et qu'aujourd'hui, elle ne la portait plus. Elle n'avait aucun souvenir de sa vie avec Drago, mais force était de constater qu'on ne lui avait pas mentit.
« Tout ce que je voulais, c'était me souvenir » murmura-t-elle.
« Tu aurais dû rester dans ce cas » lui reprocha-t-il sèchement, tout en refusant de la regarder.
« Calmez-vous mes enfants, vous allez avoir besoin l'un de l'autre. Comme je le disais, en tuant Malcolm, c'est comme si elle s'était arraché une partie d'elle-même. Elle aurait dû mourir, mais vous êtes intervenus à temps. Elle est revenue à elle sans aucuns souvenirs de sa vie de sa famille. Voilà la partie de vous que vous êtes en ce moment très chère »
« Continuez » lui intima Drago curieux.
« Cette Hermione là, en colère contre tout le monde et surtout contre vous a fui. Durant cette période de sa vie, il s'est passé quelque chose d'horrible. Tellement terrible, qu'elle a préféré enfouir ce souvenir derrière une muraille psychologiquement impénétrable, ça c'est un autre morceau de vous » continua Eleanore « et enfin, il y a la partie de vous, qui se souvient de sa vie de famille, du sort noir, mais pas de ce qu'il s'est passé après. C'est la troisième et dernière partie de votre esprit » termina-t-elle.
« Sébastian et Thomas ont ramené deux partie différentes de son esprit » comprit Drago.
Eleanore hocha la tête.
« Et il semblerait que l'une prend le dessus sur l'autres après un temps de sommeil »
« Comme un dédoublement de personnalité ? » demanda Hermione désorientée.
« Non mon enfant. Ces deux facettes de vous font partie d'un tout. Ce tout, est la personne que vous étiez »
« Comment on doit faire pour les réunir ? » demanda Drago.
« Il faut trouver le moyen de débloquer la troisième partie de son esprit. Celle qui refuse que l'on sache ce qu'il s'est passé dans cette jungle » répondit posément l'ange.
« Mais comment ? » insista-t-il ahuri.
« Je n'en sais rien » murmura-t-elle atterrée.
OoO
Lorsque Sébastian frappa à la porte de son neveu, ce fut Coleen qui vint lui ouvrir. Elle lui sourit avec bienveillance et s'effaça pour le laisser entrer. Eleanore avait raison, il sentait déjà les effets bénéfiques de s'éloigner de toutes voyantes. Pourtant, le gouffre dans sa poitrine, lui il ne faisait que s'agrandir.
« Thomas m'a parlé de la situation. Eleanore a convaincu son mari de nous prêter une maison, elle nous a assuré que l'on pourrait y rester aussi longtemps que nécessaire, alors… bienvenue chez toi » l'invita-t-elle.
Sébastian lui sourit, mais c'était juste pour la forme. Il n'avait pas envie d'être ici, si accueillants soient-ils. Tout son être lui criait de rejoindre l'amour de sa vie. Sa conscience pourtant, commanda à son corps de se mettre en marche et il entra.
« Merci de m'accueillir » dit-il la gorge serrée.
« Je suis sûre que vous allez trouver une solution » dit-elle en captant l'émotion dans sa voix.
Il lui sourit un peu plus franchement cette fois.
« Où est Thomas ? »
« Dorian prépare une sauce bolognaise » dit-elle.
Mais son sourire se fit crispé.
« Pardon… »
« Ne sois pas désolé Sébastian. J'accepte qui il est et qui il était. C'est juste une habitude que je n'arrive pas à perdre » dit-elle.
« Et je ne veux pas que tu la perde. Tant que tu seras à mes côtés, je sais que tout se passera bien. Appelle moi comme tu veux, je m'en moque du moment que tes yeux ne se posent pas sur moi autrement que comme en ce moment » fit la voix de Thomas.
Il embrassa le sommet du crâne de sa petite amie, qui l'enlaça. Sébastian fut frappé par l'amour que ces deux là se portaient. C'était tellement… inattendu. Il en fut heureux pour eux, réellement.
« Je vous trouvais longs, j'ai cru que tu avais changé d'avis, alors je suis venu voir » crut-il bon de se justifier.
« Sans vouloir vous offenser, j'ai hésité tout le temps du trajet et j'ai faillit faire demi tour plusieurs fois » avoua-t-il.
« C'est normal mon oncle. Mais on va se serrer les coudes et tu la retrouveras très rapidement, aie foi en l'avenir » dit-il en lui prenant sa valise des mains « mais d'abord, si on mangeait, je meurs de faim pas vous ? » sourit-il.
Sébastian lui sourit en retour. Thomas était profondément amoureux de Coleen, c'était indéniable. Mais quelque chose au fond de son regard lui chamboula le cœur. S'il avait des démons à affronter, son neveu avait également les siens. Alors oui, résolument, il décida que effectivement, se serrer les coudes restait la meilleure des solutions. Il l'aiderait lui aussi, à surmonter ses épreuves.
Il les suivit volontiers dans la salle à manger, où une table pour trois était dressée. Ils mangèrent en évitant soigneusement d'aborder le sujet épineux de leurs situations respectives et écoutèrent tout les deux Coleen leur raconter sa vie de famille avec ses nombreux frères et ses parents. Comment elle était entrée à l'école de police.
Ils ne virent pas le temps passer, si bien que longtemps après avoir finit de manger, alors que Thomas partageait ce qu'il restait de vin entre leurs trois verres, ils furent surprit d'entendre la sonnette.
« Vous attendiez quelqu'un ? » demanda Sébastian en fronçant les sourcils.
« Ce doit être Eleanore » suggéra Coleen.
« Je sais d'expérience que ma belle mère ne frappe pas, elle entre, point » railla Sébastian.
« Je vais ouvrir » s'exclama Thomas en se levant.
Avant de se rendre à la porte, il plongea la main dans son sac et en sortit une arme. Il disparut dans le vestibule et en revint, plus détendu que quand il s'y était engouffré, l'arme remise en place. Sébastian qui s'était levé plissa les yeux afin d'apercevoir le visage de la petite silhouette qui l'accompagnait.
A mesure qu'elle avançait dans la lumière, il distingua ses cheveux noirs. Puis ses yeux… son nez, sa bouche… son verre de vin s'écrasa sur le carrelage immaculé de la salle à manger.
Thomas leva les mains en signe d'apaisement.
« Sébastian, elle n'est pas qui tu crois » commença-t-il.
Mais le jeune homme ne semblait pas l'entendre. Il n'avait d'yeux que pour elle.
« Bonsoir Sébastian » dit-elle d'une voix tellement douce, qu'elle sonnait comme une caresse à l'oreille.
« Géraldine… » murmura-t-il.
Elle lui sourit en hochant la tête.
« Comment tu as pu savoir ? » demanda Thomas perplexe « quand Eleanore est venu nous la présenter, il m'a fallut toutes les peines du monde pour ne pas lui sauter à la gorge. Je croyais que c'était Anna » s'exclama-t-il.
« Parce que je la reconnaitrait entre mille » murmura Sébastian qui ne pouvait décidément pas détacher son regard d'elle.
Elle le fixait sans ciller.
« Eleanore est retenue auprès de Drago et Hermione. Elle a sollicité mon aide et la hiérarchie a accepté de m'envoyer provisoirement pour régler les problèmes causés par son geste » expliqua-t-elle de sa petite voix.
« Comment se fait-il que nous ne ressentions pas l'envie de… » commença Sébastian.
« Parce que je suis un ange moi aussi » fit-elle comme une évidence.
« Mais Eleanore aussi est un ange et nous ressentons ses pouvoir de divination » répliqua-t-il surpris.
La jeune fille inspira.
« C'est une question de consistance » répondit-elle.
Voyant qu'ils la fixaient tout les trois avec des yeux brillants d'incompréhension, elle se tortilla les mains.
« Eleanore a été renvoyée sur terre, avec des pouvoir bridés. Elle n'est plus vraiment un ange sur terre. Ils ont reconstitué la moindre molécule de son corps, c'est une sorte de punition pour avoir désobéi. Moi, je ne suis qu'une pâle copie de ce que j'étais. Ceci n'est pas mon corps, à l'inverse d'elle, je ne peux pas rester plus de quelques heures sur terre. Eleanore a suscité l'aide d'un autre ange, chose qui lui a été accordée, mais à petite dose. Tant qu'elle aura besoin de moi, je saurais venir sur terre, mais je ne puis rester plus de 24 heures d'affilées »
« Et pourquoi toi ? » ne put-il s'empêcher de lui demander.
Un voile de tristesse passa sur le visage de l'ange.
« Pour deux raisons. La première est ma sœur, Anna. Elle doit être remise sur le droit chemin. J'ai vu ce qu'elle vous a fait à Charlène et toi. C'était cruel et terriblement injuste. La vengeance la rongeait jusqu'à l'os. Je ne veux pas qu'elle en arrive là à nouveau, alors que je peux l'éviter, elle a le droit de recommencer à vivre. Eleanore à donner une seconde chance à tout le monde, ma sœur compris »
« Et la deuxième ? » demanda Thomas.
« Je sais comment entraver le dangereux pouvoir qui est le vôtre » annonça-t-elle jetant un silence dans la pièce « et je vais vous y aider, mais j'ai besoin de votre aide en retour »
« Tout ce que tu voudras » souffla Sébastian.
Elle rougit en baissant les yeux et le jeune homme se figea. Son cœur se rempli d'effroi à l'idée qu'elle puisse croire que son engouement lui était destiné.
« Oh détrompe toi, je sais que c'est pour Charlène que tu veux en finir avec la noirceur qui est en toi. Je suis ton passé et elle est ton avenir » dit-elle tristement.
Il amorça un pas vers elle, mais elle recula.
« Je vais vous laisser, mon temps est déjà presque écoulé pour aujourd'hui, je vous recontacte bientôt » dit-elle en devenant complètement floue.
Elle regarda une dernière fois Sébastian, et il sut. Il sut qu'elle l'aimait encore profondément et lui détourna le regard dégoûté. Elle disparut et sa culpabilité l'étouffa tellement qu'il en suffoqua.
« Seb'… » tenta Thomas.
« Je suis fatigué, je monte me coucher. À demain » dit-il désireux d'échapper aux regards compatissant qu'ils lui lançaient.
Il se sentait dégoûté d'être si égoïste. Il l'avait aimée. Tellement. Mais aujourd'hui pour lui, c'était finit. L'amour de sa vie, ce n'était plus elle. Et pourtant si elle était morte, c'était entièrement sa faute. Quelle ironie que son premier amour, doivent l'aider à retourner auprès d'une autre femme qu'elle. S'il avait pu, Sébastian aurait hurlé !
OoO
Lorsque Max rentra chez lui, la maison était plutôt silencieuse. Il n'osa pas crier qu'il était rentré, de peur de réveiller Nel qui avait le sommeil léger. Il referma la porte aussi doucement que possible et quand il se retourna, il vit Cassy descendre les escaliers.
« Hey » dit-il en l'enlaçant.
Elle mit un doigt sur sa bouche l'intimant au silence et lui montra le salon du menton. Elle avait le baby phone en main et ils s'enfermèrent dans la pièce.
« Ta sœur a eu un mal fou à s'endormir, elle réclame Hermione tout le temps » grimaça-t-elle.
« Et Nel ? » demanda-t-il.
« Elle se porte comme un charme. Depuis que maman a posé ses mains sur elle, j'ai l'impression d'avoir un autre bébé » lui avoua-t-elle mi soulagée, mi inquiète.
Max sembla se dégonfler comme un ballon.
« Tu sais que c'est un répit provisoire ? » ne put-il s'empêcher de lui dire.
Elle hocha gravement la tête.
« Je sais. Mais elle aura une enfance normale. Nous seront là quand elle devra faire face à ses souvenirs » dit-elle en l'enlaçant.
Il referma ses bras sur elle, posant son menton sur sa tête d'un air absent et ils restèrent un moment dans cette position, sans rien dire.
« Il faut que je te parle » finit-il par avouer.
Elle s'écarta de lui, le regardant avec curiosité.
« Je t'écoute »
Max se passa nerveusement la main dans les cheveux.
« Je me suis promis de ne plus jamais rester sur des non-dits avec toi, quand je vois ce que ça a faillit nous coûter, je ne veux plus de ça » commença-t-il.
« D'accord » dit-elle ne sachant pas où il voulait en venir.
« Je vais être direct parce que je ne sais pas comment aborder la question autrement. Alors voilà… est ce que tu regrette notre histoire ? » voilà, la bombe était lâchée.
« Est ce que je… quoi ? » balbutia-t-elle effarée « Max, non voyons ! »
Il la regardait, terriblement nerveux.
« C'est que tu sais… après la discussion qu'il y a eu entre ta sœur et toi tout à l'heure et l'intervention de Thomas... » il haussa les épaules ne sachant pas très bien comment lui faire comprendre « je sais pas j'ai cru que… on aurait dit que tout à coup, ta conscience se rappelait à toi. Je me dis que si toi et moi on n'avait pas couché ensemble à l'époque, tu serais toujours avec lui après tout, vous vous aimiez sincèrement » termina-t-il un peu confus, la tête baissée.
Le silence qui accompagna sa tirade finit par lui faire lever la tête. Elle le fixait, complètement choquée.
« Alors écoute bien ce que je vais te dire Maxime Malefoy. Je suis amoureuse de toi depuis si longtemps, que je suis incapable de définir quand mon cœur a chaviré. Tu es l'amour de ma vie. Toi et toi seul tu m'entends ? Oui j'ai aimé Thomas et il m'a aimé. Ce que j'ai exprimé tout à l'heure, n'est que le regret d'avoir été le déclencheur de ses pouvoirs de Traqueur. C'est ma faute et uniquement ma faute. Je lui ai fait tellement de mal et je m'en voudrais toute ma vie pour cela. Le fait était que toi et moi on était destiné l'un à l'autre, tu ne peux pas rivaliser avec le destin. Même si nous n'avions pas couché ensemble à ce moment précis de notre vie, Thomas et moi ne serions pas resté ensemble » dit-elle « et tu sais pourquoi ? » dit-elle alors qu'elle avait posé ses mains de part et d'autres de son visage.
« Parce que tu es mon âme sœur » répondit-il pour elle d'une voix enrouée.
« Exactement. C'est toi et ça a toujours été toi, l'aurais-tu oublié ? »
Il secoua la tête, incapable de parler.
« Toi et notre fille, c'est tout ce qui compte »
« D'accords » murmura-t-il.
« Ne doute plus de moi Max »
« D'accord » répéta-t-il.
Elle posa sa bouche sur la sienne, ce qui eu le don de le faire sortir de sa léthargie et il y répondit avec autant de ferveur qu'elle, la plaquant contre la porte. Qu'il était bon de se sentir aussi aimé. Il était sincère, plus jamais il ne douterait d'elle. Il savait que Thomas occuperait toujours une place dans sa vie. Mais dans son cœur à elle, il n'y avait que lui et dans son cœur à lui, il n'y avait qu'elle. C'était aussi simple que cela.
Lorsqu'il se fut plus entreprenant, ils furent interrompus par la sonnette de la porte d'entrée. Ils décollèrent leurs lèvres, la fièvre brûlant dans leurs yeux, la respiration saccadée. Il finit par la lâcher et elle remit de l'ordre dans ses cheveux, avant d'aller ouvrir.
Si elle était brûlante de désir pour son homme, ce qu'elle vit en ouvrant la porte d'entrée lui fendit le cœur et une vague de froid s'abattit sur elle comme une vague sur un rocher.
Charlène. Elle se tenait sur le perron de sa maison, les larmes déferlant sur son visage, les bras serré autour d'elle comme si elle avait froid. D'ailleurs elle tremblait comme une feuille. Elle leva un regard désemparé vers sa petite sœur et ce fut d'une voix enrouée qu'elle lui parla.
« Cassy… » sanglota-t-elle.
Elle comprit.
« Chut… viens là » dit-elle en l'attirant contre elle.
La jeune fille se laissa faire sans rechigner et s'agrippa à sa chemise de toutes ses forces. Et elle l'entraina à l'intérieur dans le vestibule, se laissant choir sur le sol, caressant inlassablement ses cheveux afin de l'apaiser. Visiblement, il n'y avait pas que son homme qui aurait besoin d'elle ce soir.
« Sébastian… » hoqueta-t-elle « il est… partit »
Si tu pars
Regarde moi dans les yeux avant
Si tu pars
Jure moi si tu pars
Jure que c'est ce que tu veux vraiment
Si tu pars
À suivre…
Voila ! Rangez vos fourches. Vos haches. Vos flingues et tout et tout. Oui Sébastian est partit. Non ce n'est pas définitif. On se calme lol Pour Hermione, j'espère ne pas avoir été trop brouillonne. N'hésitez pas à poser vos questions si vous doutez de quelque chose. Si vous ne comprenez pas ou que sais-je ? Qu'avez-vous pensé de ce chapitre sincèrement ? Arrivez vous à voir où je vous emmène, ou est-ce encore trop flou ? Que pensez-vous de l'attitude de Drago ? Pensez vous que Sébastian a bien fait ? A votre question *hey je vous vois brandir à nouveau vos fourches là !* non il n'y aura pas de triangle amoureux avec Géraldine. Sébastian et Charlène représentent l'un pour l'autre, ce que Max et Cassy ou encore Drago et Hermione sont : des âmes sœurs. Cet ange est là pour aider, point. Que pensez-vous de Thomas et de Coleen ? Vraiment, dites moi tout ! Dans le chapitre prochain, cette fois je le promets, Ted et Victoire seront là !
Evidemment je m'excuse encore un million de fois d'avoir mit autant de temps à poster, mais je n'ai pas vraiment de temps à moi… néanmoins, je vous promets de ne pas vous laisser tomber. Je vous remercie tous pour votre fidélité comme toujours. Je ne cesse de m'étonner d'arriver à attiser votre curiosité à chaque fois. Je vous embrasse tous très fort et vous dis à bientôt.
Bisou !
Jess
