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Chapitre VII
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J'étais seul. Ce n'était pas différent de d'habitude. Même, c'était habituel. C'était ce qui avait toujours été. C'était ce qui aurait toujours dû être et ne jamais changer ne serait-ce qu'un jour ou ne serait-ce qu'une seconde. J'étais seul et cela aurait dû être normal. J'aurais dû me sentir bien et quelque part c'était le cas. Cependant, tandis que j'avais la satisfaction de ma propre suffisance, j'avais cette démangeaison dans tout mon être, cette petit chose insignifiante mais bien présente qui jouait doucement dans mes entrailles de manière sournoise. Ce prénom qui allait et venait dans mon esprit. Sa voix et surtout, par-dessus tout, son regard qui planait devant moi. Toutes ces choses n'auraient simplement pas dû être là. Ces choses n'auraient pas dû me perturber de la sorte. Cette chose, cette personne n'aurait même pas dû avoir de nom, du moins, je n'aurais pas dû le savoir. C'était elle qui m'embêtait comme un vilain moustique assoiffé de sang, décidé à rester à virevolter autour de toi alors que depuis longtemps tu t'es toi-même décidé à ne pas lui laissé une seule goutte de ton sang.
Oui, c'était Naruto. Naruto qui n'était pas là. Indéniablement pas là. Et c'était normal ! Diable ! Cela aurait dû être logique dans mon esprit, une information comme une autre et ça l'était pourtant…
Je reposais nerveusement ma tasse sur l'îlot central de ma cuisine. Je soupirais passant ma main dans mes cheveux, grattant mon cuir chevelu par la même occasion. J'étais agacé par moi-même, agacé de savoir qu'en cet instant, je savais que Naruto était en vacances avec Sakura, dans un chalet avec Kiba et Hinata. Je n'aurais pas dû savoir ça. Je ne devrais pas. Je devrais l'ignorer comme j'ignorais le prénom du garçon ou de la fille au premier rang. Je devrais m'en foutre ! Je ne devrais même pas connaître l'existence de ces gens pourtant…
Et Itachi, il ne voulait pas rester dans ma tête. Non, c'était trop compliqué de stagner quelques jours. Il voguait où bon lui semblait et… par moment, j'avais l'impression de l'oublier. Je tapais douloureusement mon poing contre la table. C'était malin ça. Naruto n'avait pas le droit d'être dans ma tête. Mon plan était parfait, mon dessein incroyablement justifié ! Il n'y avait pas de place pour lui. Que je lui doive ma présence ou non, pour être quitte ou le remercier de sa compagnie plus petits ne comptait plus. Ça ne le devrait pas. Ça jouait avec ma tête et c'était mauvais, effroyablement mauvais.
Je tournais en rond dans mon appartement sombre.
Noir.
Vide.
Pas un bruit.
Pas un son.
Le calme.
Le silence.
Mon chez moi.
Un manque, une absence...
Le vide et non un vide comme un autre.
Ce n'était pas comme si Naruto venait ici. Naruto n'étais jamais ici. Cependant, quand je rentrais à l'appartement, c'était comme si j'emportais avec moi ses blagues sans humour, son rire de crétin et la lumière parfois trop pesante avec moi. Je ne m'en rendais pas compte. J'aurais dû faire plus attention. J'avais apporté ça sur moi et je devais donc régler ça rapidement et proprement.
Je lavai durement mes mains dans le lavabo, l'eau glacée me réveillant et m'amenant à réfléchir à une solution. Une solution que je connaissais depuis le départ mais que je n'avais pas voulu écouter : Ignorer et oublier pour enfin effacer. Naruto ne serait qu'un vulgaire souvenir comme il l'avait été autrefois, ce serait comme s'il n'avait jamais exister. C'était parfait.
Je souriais, satisfait.
XXX
Noël. C'était Noël. On était le vingt-quatre Décembre au soir et c'était Noël. Enfin… la veille. C'était la veille. Tout dépendait des points de vue. Pour moi, c'était La Veille. La nuit des lames. La nuit du sang. La nuit des cadavres. La nuit du massacre. La nuit qui me hantait. La nuit qui me dévorait et me consumait un peu plus chaque jour. La nuit qui n'aurait jamais dû être. La nuit qui aurait dû n'être qu'un simple cauchemar. La nuit où mon frère ne devint qu'un monstre. La nuit où je lui promis de me venger. La nuit qu'il regrettera. Et enfin… je saurais : Pourquoi ?
« Et Naruto, que fait-il ? » Pardon, qui ?
XXX
Je me rendais à pied en cours. Je regrettais déjà mon choix. Mes chaussures disparaissaient à chaque pas que je faisais, s'enfonçant dans la poudreuse. Et doucement, un peu plus à chaque mètre que j'effectuais, elle fondait autant qu'elle le pouvait et entrait sous le tissu, mouillant ma chaussette et congelait mes doigts de pieds. J'ignorais la froideur. J'ignorais la légère douleur que cela me faisait car bientôt elle disparaîtrait. Je tirais un plus sur mon bonnet, replaçais un peu mieux mon écharpe autour du coup, jurais à cause de mes gants qui restreignais mes mouvements. J'enterrais alors mes mains dans les poches, fatigué. Putain, je détestais l'hiver. Je pestais contre moi-même. Pourquoi m'habiller ainsi si cela ne m'énervait que plus encore et ne m'empêchait pas de ne pas avoir froid, hein ? Je soupirais, cela ne servait à rien de s'énerver.
XXX
Mon banc était couvert de neige. Pourquoi semblait-il qu'aujourd'hui tout s'était mis en place pour m'agacer ? C'était un jour comme les autres, non ? Oui, c'était la rentrée de vacances comme une autre, non ?
- Sasuke…
Je frissonnais, tout en serrant les poings. Lui. Je me tournais difficilement vers lui et il eut un mouvement de recul. La petite fumée blanche s'échappait de ses lèvres et il grelottait. Derrière lui se tenait Sasuke et un autre garçon que je ne reconnaissais pas. Il avait pourtant des traits communs avec la brunette Hinata, je crois.
L'atmosphère s'était tendu d'elle-même. Cependant, aucun d'eux ne put vraiment le confirmer que la sonnerie retentit à travers tout l'établissement. Et clairement, un soupire général noya le lycée et s'engouffra dans nos oreilles.
XXX
Pour l'instant, je ne crois pas qu'il se rendait compte que je l'ignorais. Il semblait très pris par ses « autres » amis. Je secouais la tête. Je faisais de mon mieux pour ne pas le chercher des yeux. Quitte à l'ignorer, autant qu'il le remarque, non ?
Quelqu'un s'assit à côté de moi et, je ne savais pas encore comment, j'étais certain qu'il ne s'agissait pas de Naruto. Il y avait une odeur particulière et j'en étais certain, elle n'était en rien comparable à celle de Naruto. Et surtout, ce n'était pas la même sensation lorsqu'elle se mit à parler. Je regrettais presque qu'il ne s'agissait pas de Naruto. Et, loin, quelque part dans mon esprit, je me demandais pourquoi ce n'était pas lui, là, installé près de moi comme à chaque pose depuis peu avant le blanc de notre pseudo relation. Il n'était pas supposé savoir que je l'ignorais. Il devrait être là. Il devait l'être et se prendre un vent de ma part.
- Tu sais, quand je lui offert son cadeau, il y a plus d'un mois maintenant…
Sakura parlait d'une voix lointaine, n'ayant pas l'air d'attendre une réaction de ma part. Cependant, elle ne continua que lorsque j'eus hoché la tête.
- C'est parce que le jour où je lui ai donné, c'était un mois tout pile après son anniversaire.
J'assimilais la chose comme quelconque. Seulement, pourquoi un mois plus tard ? Comme si elle avait entendu ma question, elle poursuivit :
- Je lui ai donné un mois plus tard parce que le jour de son anniversaire, le jour de sa naissance, sa mère et son père sont mort.
L'air devint soudainement lourd, pesant, difficile à aspirer. J'avais du mal à respirer. Pourquoi ça m'affectait autant ? Pourquoi me sentais-je coupable ? Je commençais doucement à assembler le puzzle, le pourquoi du comment il n'était pas dans son état normal la dernière fois. Il avait dû y penser non-stop depuis que Sakura le lui avait donné et quelque part se rappeler toutes ces choses.
- Personne ne veut lui dire comment ils sont morts. Il a sa petite idée mais, elle est absurde. Enfin…
Elle soupira, jouant avec la matière de son manteau et vaguement, le froissement du tissu rose me parvenait jusqu'aux oreilles.
- Il sait pour sûre qu'ils sont morts ce jour-là par un moyen ou un autre, il a vu les certificats de décès.
Je frissonnais. Je ressentais quelque chose d'inhabituelle. Je secouais la tête, tentant de la chasser.
- Il croit que c'est sa faute.
Elle rit, d'un rire amer.
- Il n'a aucune preuve… Du coup, depuis que je le connais, je lui donne son cadeau un mois plus tard.
Elle sourit à cette pensée avant que son visage ne retombe tristement, à la limite des larmes. Elle ajouta :
- Mais ça ne change rien. Ça fait toujours aussi mal ! Je ne peux rien faire !
Elle serra ses petites mains sur ses genoux, la tête baissée, les cheveux cachant son regard.
- Mais c'est pas grave… si ça l'aide un peu… Sois plus gentil avec lui, la prochaine fois. Son visage, j'ai vu, finit-elle, laissant un silence presque plaisant mais à la fois perturbant planer autour de nous.
Elle se leva, me saluant vaguement de la main, visiblement gênée au vue des teintes sur joues. Je soupirais, baissant la tête. Je la relevais soudainement et vis Naruto me regarder, ne sachant probablement ce qu'il devait penser depuis notre dernière rencontre. Il y avait encore des traces de mon passage sur son visage mais ça guérissait vite.
Après l'histoire de Sakura, son semblant d'explication, je me sentais relativement plus proche de Naruto, plus que je ne croyais possible. Le désir de savoir, je le comprenais tout à fait. Certes, il n'avait pas de vengeance en tête, du moins, d'après Sakura mais… le « Pourquoi ? » cette question fondamentale je la connaissais par cœur et celle-ci pouvait vous rongez de l'intérieure…
XXX
Je fermais les yeux laissant ma tête retomber en arrière. Ce cours me paraissait interminable, répétitif. Je sentais le regard de Naruto sur moi mais refusais de me tourner vers lui, m'obstinant à détailler la fenêtre ou ce qu'il s'y trouvait dehors une fois mes yeux rouverts. A son tour, il soupira et reporta son attention sur le cours. J'entendais vaguement le bruit de la mine de son crayon et papier tracer de longue droites sur son cahier et le son étouffé de la gomme qui tentait vainement d'effacer les simplement trop forts et pas droits. Naruto n'était vraiment doué pour les mathématiques.
XXX
Etrangement, Naruto agissait comme si de rien était. Comme s'il n'avait jamais pleuré dans mes bras. D'ailleurs, je ne m'en souciais pas plus que cela, bien trop concentré sur mon activité favorite : ignorer le blond. Oui, comme à mon habitude, avec agilité je mis tout cela dans une partie de mon cerveau avec marqué en gros dessus « Ce n'est jamais arrivé et ça n'arrivera plus jamais » Je passais outre la contradiction de cette phrase. Je plaçais le fait que Naruto ait pu m'approcher de la sorte sur ma fatigue mais aussi parce que Naruto était un souvenir faisant partie de mon enfance.
Seulement, il y avait ses yeux, ce regard…
Je ne faisais pas exprès de les entre voir. Après tout, nous étions côte à côte en classe il suffisait de tourner la tête pour observer le tableau pour voir du coin de l'œil l'éclat des bleus dans les yeux de son voisin. Non, vraiment, ce n'était pas ma faute. C'était simplement très mauvais.
XXX
Je n'arrivais pas à le repousser, à lui demander de dégager tandis qu'il marchait avec moi sur le chemin du retour, toujours en silence. Presque naturellement, il était venu à mes côtés et il avait tellement calme que la seule chose qui me signalait qu'il était encore là était le frottement de nos manteaux à chaque de son bras.
- Tu viens chez moi ?
Je m'arrêtais perturbé, surpris, incrédule, perdu. C'était bien ma voix ça ? Il fit de même. Je ne bougeais toujours pas et il se gratta nerveusement la tête. Il semblait hésiter et quelque part, je souhaitais qu'il ne vienne pas et d'autres parts, il se devait de venir, d'accepter. C'était moi qui lui proposais, Sasuke Uchiha.
- Je… Je peux pas.
Je soupirais, mi soulagé, mi énervé.
- Pourquoi ?
Il détourna la tête, cherchant une bonne raison, une bonne excuse.
- T'sais quoi, Sasuke…
Naruto laissa sa phrase en suspens. Je le regardais un instant avant de d'observer quelque chose d'insignifiant derrière lui. Il sourit alors de toutes ses dents.
- Pourquoi pas, finit-il d'un ton presque soulagé lui aussi.
Et en ce mois Janvier, je descendais légèrement la fermeture éclair de ma veste. Après tout, il faisait un peu plus chaud.
XXX
Je tournais la clé dans la serrure et ouvrait la porte d'entrée. Naruto passa le seuil de celle-ci après moi toujours dans le calme. J'avais l'impression qu'il retenait sa respiration. En plus, il n'avait pas ouvert la bouche de tout le trajet et était resté dans un calme olympien. Il enleva ses chaussure tout comme moi et nous posâmes nos sacs dans le hall avant d'aller dans le salon où il faisait bien sombre. Naruto ne dit rien et une partie de moi en était étonnée mais refusais de lui demander le pourquoi de cela. Etrangement, ça ne me gênait pas plus que cela et lui non plus. De toute façon, je n'avais pas envie de discuter de quoi que ce soit avec lui, pas pour l'instant. On s'assit sur le canapé et il alluma la télé.
Tiens… J'avais une télé ?
XXX
- Je… Je… Sasuke, ce n'est absolument pas ce que tu crois ! Je…
Je remarquais enfin Naruto qui gesticulait à côté de moi, touchant tous les boutons de la télécommande. C'était bien connu, celle-ci ne faisait jamais ce qu'on souhaitait qu'elle fasse, toujours tout le contraire. Je prêtais enfin attention aux bruits et sons qui sortaient des enceintes de la télé. J'écoutais attentivement. « Ah ! Ah ! Oui ! Encore ! Encore ! »
Naruto était rouge de honte et désemparé. Il se confondait en excuse et ne sachant plus que faire, il jeta la télécommande. « Ah ! Oui, là ! Enfonce-la là ! » En soupirant, je me levai et parti éteindre la télévision à sa source.
- Sasuke, osa Naruto, oubliant presque ce qu'il venait de se passer, ne comprenant apparemment pas quelque chose.
J'entendis le cuir du canapé qui doucement se détendait Naruto debout à son tour.
- Hum ?, fis-je en me retournant.
Il marcha vers moi, ses chaussettes muettes sur la moquette. Il s'arrêta à un bon mètre, se triturant les doigts comme le faisait une fille de notre classe lorsqu'elle était gênée. Je ne savais plus laquelle, peu importait. Pourtant, dans mon souvenir, Naruto se grattait la tête dans ses moments-là. Me rendant compte de ce que je venais de me remémorer presque naturellement et inconsciemment, je secouais la tête avec lassitude, expirant un bon coup.
C'était n'importe quoi, qu'est-ce qu'il fait là ? Chez moi ?
- Sasuke ? Sasuke ?
Il me parlait ?
- Quoi, lâchai-je enfin.
- Ça ne te fait rien ?
Dans le blanc des yeux, je le fixais. De quoi me parlait-il maintenant ?
- Quoi ?
Il redevint rouge de honte et détourna les yeux en pointant l'écran du doigt.
- Ah… ça, dis-je de façon presque bête, lentement, trop lentement comme un enfant qui apprenait à parler, non, terminais-je.
Il écarquilla les yeux, se pinçant les lèvres.
- Mais… mais c'était deux hommes, Sasuke.
Je relevais les yeux vers lui.
- Ah, fut tout ce que je pu souffler.
Finalement il soupira tout en retournant vers le canapé, s'étalant alors de tout le long sur le sofa.
- T'es incompréhensible, Sasuke, marmonna-t-il.
Il posa son regard sur mon, ses yeux bleus…
- Tss…
Je me redressais, m'étant baissé pour atteindre le bouton, hésitant à lui demander de partir ou rester.
- Dis, Sasuke…
Je me tournais une nouvelle fois vers lui, l'interrogeant d'un mouvement de tête.
- Je peux rester dormir ?
Ignorant la question, je me rendis en cuisine. Il ne me suivit pas, restant assit.
Je souris.
- Fais ce que tu veux mais ne me gêne pas, c'est tout.
Après tout, c'était Naruto, non ?
Face à mon ton désinvolte, il ria. Son s'immisça sous pas peau, pénétrant par les pores et j'en tremblais presque.
Avais-je le droit ?
XXX
Je rejoignis Naruto, une tasse dans la main, qui avait pleinement pris ses aises et qui me parlais de nouveau de je ne savais quoi mais peu importait du moment que sa voix chaude vibrait et courrait sur les murs. A sa demande, bien qu'un peu retissant, j'ouvris les volets. Je n'appréciais pas plus que cela mais bon… Où était le mal ?
- Et tu vois, Sasuke, Kiba il me lance la balle. Je la dribble et marque un panier comme un pro' !
Tout en disant cela d'un discours enflammé, il gesticulait dans tous les sens.
- Après, Neji il…
Je ne connaissais pas ce Neji. Je me moquais de Neji. Mais qu'importais. Naruto, restes je l'oublies presque.
« Et Itachi ? » Qui ça ?
A suivre...
Samedi 13.11.10 : Je souhaite m'excuser pour toutes fautes de frappes à l'avance, si vous en voyez une, dites-moi.
Merci pour votre fidèlité et ceux qui m'on lu peut-être une première fois jusqu'ici.
J'espère à bientôt,
Chouchou-chan.
