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CHAPITRE 8

Bonzour…

Désolée pour le retard :o !

Titou douh a corrigé ce chapitre ! Ourah !

Plum32 : Elle est entièrement écrite :D. J'ai juste du mal à poster de façon hebdomadaire !

Guest : Huhu encore un peu de patience alors !

Hellehaare : Moui, je crois qu'Harry prends beaucoup de pincettes avec Molly mais…bon, c'est là toute la force de son amour pour sa mère de cœur XD. Oui Draco est un grand garçon, qui sait ce qu'il veut. Et ce qu'il veut c'est…mouhahaha

Claire : Mais merci beaucoup ! C'est vrai que ça aurait pu se finir là mais bon comme j'ai déjà écris la suite on va pas s'arrêter en si bon chemin XD ! J'espère que tu aimeras autant la suite ! Koeur

Et voilà, bonne lecture les agneaux !

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« J'ai toujours été fier du talent que je possède pour tourner des phrases. Et les mots sont à mon avis, qui n'est pas si humble, notre plus inépuisable source de magie. Ils peuvent à la fois infliger des blessures et y porter remède. »

Harry Potter et les reliques de la mort - 1re partie, Dumbledore.

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La porte s'ouvrit sur une Hannah souriante. Ses cheveux blonds remontés en queue de cheval soulignaient la douceur de son visage rond.

- Bonsoir, Harry ! Bonsoir, Hermione !

- Salut, Hannah !

Hermione embrassa son amie avant de s'engouffrer dans le salon.

- On est les premiers ?

- Pas du tout, vous êtes les retardataires !

En entrant, Harry remarqua que c'était effectivement le cas. Assis dans les deux fauteuils du salon se trouvaient Malfoy, qui faisait tourner un verre contenant un liquide ambré, et Zabini, penché vers Neville.

- On avait dit vingt heures, non ?

- Et il est vingt heure quinze passé, fit Draco en se levant. La ponctualité Potter, ce n'est pas juste une notion abstraite.

- Au nom de notre amitié, Hannah : peux-tu te débarrasser de ce blond ?

- Je croyais que tu aimais ma couleur de cheveux ? fit la jeune femme, clairement amusée.

- Je vois. C'est une soirée entre amis ou un procès ?

- Ne les écoutes pas, intervint Neville. Je crois qu'on a créé un duo diabolique. Les Poufsouffle sont immunisé au venin des Serpentard.

- Comment peut-on être désobligeant face à une hôte aussi remarquable ? répondit Draco en employant son ton le plus pompeux.

- Oubliez ce que je viens de dire, c'est moi qui m'en vais, fit Harry en faisant mine de remettre son manteau.

- Tatata, ne sois pas idiot ! Depuis quand ploies-tu face à l'adversité ? Vous êtes encore en supériorité numérique, plaisanta Hannah.

- Oui, Potter, ce n'est pas ton genre de ployer ! Tu es un chêne : tu te tiens droit et tu laisses ton hirsute coiffure se faire balayer par le vent.

Harry leva les yeux au ciel mais ne se retint pas de sourire.

- Tu ne t'arrêtes jamais.

- Jamais.

Draco ponctua son mot d'un clin d'œil et Harry se força à ne pas le regarder trop longtemps.

Il n'expliquait pas ce qui se passait entre lui et Malfoy. Il réalisait avec peine qu'ils étaient capables de s'entendre sur presque tout : sur des choses banales comme la nourriture ou des choses plus sérieuses comme le Quidditch.

Même si Malfoy s'était tenu loin des journaux, Harry avait trouvé une oreille attentive en sa personne lorsqu'il lui avait parlé de son travail en tant qu'auror, de la façon dont la plupart de ses collègues l'avait traité, remettant sans cesse en cause ses capacités, jugeant son travail de la plus mauvaise façon sans jamais reconnaître à quel point il était doué. Malfoy n'avait pas compati, il l'avait juste écouté et s'était amusé à souligner que son statut était une véritable plaie. Harry avait rétorqué qu'il était temps qu'il comprenne. Ils avaient fini par descendre en flèche le Ministère et le système, qu'ils jugeaient stupide.

Harry se rendait compte petit à petit que le ressentiment qu'il avait eu envers Malfoy lui avait mis des œillères. A présent, il découvrait un homme brillant, avec un humour cynique et délicieux. Le ton velouté de Draco résonnait avec douceur à ses oreilles. La plupart du temps, il n'avait pas besoin de faire beaucoup d'efforts pour comprendre les traits d'esprit du blond. C'était comme si discuter avec lui coulait de source.

Malfoy était curieux sur beaucoup de choses et beaucoup de points de sa vie qu'Harry se permettait de partager, dans la limite du raisonnable. Mais il se montrait aussi curieux à propos des choses du monde moldu et surtout au niveau de sa littérature et sa musique.

De son coté, le brun restait fasciné par la façon dont il usait de la magie pour créer ses objets. Il avait passé un temps plus que nécessaire dans l'atelier de Malfoy, l'observant travailler ou posant des tas de questions sans que jamais l'ancien Serpentard ne se fatigue de lui répondre.

C'était simple : il avait l'impression de laisser quelqu'un de nouveau entrer dans sa vie et il n'y avait pas de contraintes. Pas de loup caché dans le jardin, pas de monstre sous le lit. Leurs échanges étaient plus que rafraichissant et Harry aimait ça.

Il avait fini par se l'avouer : accepter Malfoy dans sa vie n'était peut-être pas la pire de ses idées.

OoooooooooooOoooooooooooO

- C'est une plaisanterie ?

- Absolument pas !

Hannah se pencha sur l'épaule de son mari, essayant en vain de faire taire son rire. Mais un regard vers le visage fier de Blaise Zabini et celui déconfit de Malfoy ne fit que redoubler son hilarité.

- En quoi était-il mieux que moi ? Il pointa-t Blaise du doigt, outré.

- Oh, je ne sais pas, sûrement le fait que tu étais un poison et que Zabini avait cet espèce d'aura…

Hemione agita la main pour leur signifier quelque chose.

- Ne fait pas cette tête, Draco, ce n'est pas comme si c'était nouveau. Je suis mieux que toi sur bien des points.

- Pas sur la beauté physique ! s'emporta Malfoy. J'étais classé combien ?

Draco jeta des regards acérés à tous les Gryffondor de la table.

- Avant, avant dernier, fit calmement Harry.

- Quoi ? Ne me dites pas que… Qui était dernier et avant-dernier ? Non, ne me le dite pas ! Par Merlin, j'étais juste avant Goyle et Crabbe !

Hermione pouffa de rire.

- Vraiment, Malfoy, tu ne devrais pas prendre cette liste au sérieux. Ça n'apportait rien d'être en tête de liste.

- Si ce n'est voir Harry et Ginny imiter des évanouissements dès que Zabini traversait un couloir.

- Pardon ?

Blaise et Draco devinrent silencieux et posèrent leurs yeux sur Potter, qui fronçait à présent les sourcils.

- Bien, bien, inutile de revenir sur ce classement ridicule, fit Potter.

- Non, non, c'est intéressant ! Vous faisiez quoi ? demanda innocemment Zabini.

Neville, qui ne voyait rien au trouble de Potter, s'engagea dans une explication, devant l'expression hilare d'Hermione et Hannah.

- Les votes étaient hum, unanimes, coté fille comme coté garçon. Ginny et Harry étaient les plus virulents et dès que tu passais devant eux, ils se laissaient tomber au sol et s'éventaient le visage. C'était vraiment très drôle.

- Oh… Donc Potter en pinçait pour moi ?

Le sourire de Zabini se fit immense et carnassier. Harry toussa.

- C'était une blague, Zabini. Ne prends pas ça au sérieux. On a aussi fait une liste pour les filles et Hermione nous a délicieusement avoué qu'elle avait un petit faible pour Parkinson…

- C'est faux ! objecta vivement Hermione. Harry !

Harry ricana.

- Parkinson était la première de votre liste !? grimaça Draco. C'est confirmé : vous avez des goûts ignobles.

- Non, répondit Neville. Daphné Greengrass était première avec sa sœur… Astoria, c'est ça ?

Hermione secoua la tête.

- Oh Hannah, tu as encore de ce vin ?

- C'est ça, répondit Harry, mais uniquement parce que certains leur trouvaient un petit quelque chose à la Fleur Delacourt.

- Non, parce qu'il était délicieux, fit Hermione un peu plus fort.

Draco était devenu livide.

- C'est vrai ! s'empressa d'ajouter Blaise. Ce vin c'est une merveille.

Hannah agita sa baguette et amena la bouteille vers eux.

- Qu'est ce qu'elles deviennent, d'ailleurs ? Enfin, je dis ça mais ce n'est pas comme si on savait ce que devenaient tous les Serpentard.

Neville balança la tête avec un air dépité.

- Si vous aviez consenti à revenir à Poudlard, les choses auraient peut-être été différentes...

- Comment ça !? demanda sèchement Zabini. Comment ça, « si on avait consenti »… Le Ministère… On nous a dit qu'il n'y aurait pas de huitième année.

Draco et Blaise furent estomaqués en lisant la surprise sur le visage des autres adultes.

- Quoi… Ce n'est… Ce n'est pas vrai ?

Hermione ramena ses cheveux en arrière.

- Le Ministère pensait que ça serait dangereux pour les Serpentard de revenir. C'était pour votre sécurité.

- Ou on était des pestiférés ! s'emporta Blaise.

- Blaise.

- Non ! Bon sang, Draco ! Et tu t'étonnes qu'on doive marcher en courbant l'échine !

- Blaise ! cracha Draco. Ca n'aurait rien changé et ça nous aurais rendu encore plus détestables !

Blaise le fusilla du regard.

- Tu ne penses pas ce que tu dis. On aurait pu se justifier ! Se rattraper…

- Vraiment ? Tu penses que Pansy aurait était accueillie à bras ouverts ? Nott aussi ?

Draco se tourna vers les autres.

- Vous avez tous fait votre huitième année ?

- Non, répondit Hermione. Harry, Ron et Neville se sont vus acceptés à l'école des aurors.

- Les pires années de ma vie, fit Neville. Je regrette chaque jour passé là-bas.

Draco et Blaise en tombaient des nues.

- Tu devais être auror ? demanda Draco.

- Je pensais que je pouvais l'être. Je me disais que je pourrais marcher dans les pas de mes parents. Il faut croire que je n'étais pas fait pour ça.

- Tu l'étais, fit sombrement Harry, mais on était juste des lions lâchés dans une autre arène. Malfoy et Hermione ont raison, Zabini. Ça ne vous aurait rien apporté de vous présenter à Poudlard. De plus, le château était loin d'être en parfait état lors de cette ultime année. C'était en pleine période des procès. Vous auriez sûrement supporté l'indifférence et la haine mais auriez-vous supporté les reproches à chaque pas dans le château ? Même si vous n'étiez pas responsables... Rappelez-vous de ce qu'on était, gamins, à quel point c'était facile de dire du mal des autres. A quel point c'était facile d'être blessant. Je ne crois pas que ça vous aurait rendu plus forts ou je ne sais quoi. Ce n'était pas parce que Voldemort n'était plus là que les gens ne cherchaient plus de coupables.

Un lourd silence se posa sur la tablée.

- Je vais peut-être ouvrir une autre bouteille, souffla finalement Hannah.

OoooooooooooOoooooooooooO

- Tu n'as rien dit pour Astoria.

Hermione repoussa sa tasse de thé avant de laisser son regard se poser sur la silhouette de Malfoy.

- Contrairement à ce que tu peux croire, nous sommes doués pour garder des secrets.

- C'est pour ça que personne ne parle de Ginny Weasley ?

Hermione posa sa main sur ses yeux.

- Je ne sais pas ce que tu attends de nous exactement, Malfoy. Le repas de ce soir est un parfait exemple que si on gratte la surface, on se retrouve avec plein de saleté sur les doigts.

- Tu es train de dire que nous ne sommes pas faits pour nous entendre ? Je ne suis pas stupide, Blaise n'est pas stupide. C'était la guerre, qu'on le veuille ou non. Il y a des gagnants et des perdants.

Hermione esquissa un sourire triste.

- Non, Malfoy… Il n'y a que des perdants. Tu veux te rapprocher d'Harry, tu veux quelque chose que tu as toujours désiré, mais tu ne sais pas à quel point Harry est brisé. Tu devrais te contenter de ça. Ne prétends pas tout comprendre, s'il te plait.

- Tu me suggères de faire marche arrière ?

- Non, je te dis juste que tu ne trouveras pas une ressource inépuisable de bons sentiments. De Gryffondor chevaleresque. De Sauveur.

- C'est parfait, c'est tout ce que je déteste.

Hermione se leva et lissa les pans de sa robe.

- Dans ce cas, Malfoy… Bienvenu dans le monde très mouvementé d'Harry Potter.

OooooooooOoooooooO

Le temps jusque là agréablement chaud avait laissé place à une journée pluvieuse. Une journée qui avait commencé difficilement. Harry s'était remis avec difficulté du fiasco de la veille. La façon dont le repas chez Neville s'était terminé ne présageait rien de bon pour la suite mais Harry s'en était douté. Ce n'était pas pour rien qu'il n'aimait pas parler de Poudlard, surtout en présence de ceux qui n'avaient pas agi du même coté que lui.

C'était ressasser des choses ignobles pour rien. Et il n'avait pas besoin de ça dans sa vie. Il n'avait pas besoin d'un Zabini pour lui rappeler que certains d'entre eux avaient été traités injustement, ni du regard féroce de Malfoy lorsqu'ils parlent du bon vieux temps à s'être moqué d'eux. La rancœur était un sentiment qui avait fait beaucoup de mal et qui continuait à planter ses graines insidieuses. Harry détestait ça.

Il avait ensuite du prendre sur lui pour emmener sa fille chez Andromeda et la laisser là-bas sans lui dire qu'il allait voir Ginny.

Il était fatigué de ça aussi. D'emmener Lily dans cet endroit. Parce qu'il partageait ses pensées.

Ginny faisait beaucoup de choses, avant. Elle chantait fort sous la douche. Elle déposait des tas de baisers sur sa nuque. Elle enfilait ses pulls et les déformaient en cachant ses jambes en dessous. Elle conduisait la moto de Sirius, préparait le plus immonde des puddings, tricotait très mal et buvait beaucoup de bière.

Ginny souriait, pleurait, riait, criait. Aujourd'hui, elle ne faisait plus rien de tout ça. Harry en avait conscience. Il le savait. Et il ne faisait que prolonger son calvaire. Et tous ces secrets le rendaient encore plus lourd.

Aujourd'hui, il avait l'impression que c'était encore plus difficile à porter.

Mais il se força. Il traversa l'allée qui le menait vers l'entrée de l'hospice où il avait installé Ginny. Marchant la tête baissée pour se protéger du vent et de la pluie, il ne faillit pas voir la personne qui passait à coté de lui.

- Janette !

La femme sursauta et braqua un regard rouge sur Harry.

- Tu… Tu es venu voir Ginny ?

Janette le regarda comme s'il était totalement fou.

- Tu… Tu es content de me voir ?!

Harry parut décontenancé.

- Comment ça ? Bien sûr. Tu veux prendre un café ? Je t'offre un café.

Avant qu'il ait pu dire autre chose, la femme fondit en larmes.

OooooooooOoooooooO

Harry tendit le gobelet à la jeune femme qui huma l'odeur du café avec un petit soupir.

- Est-ce que ça va ?

- Je ne comprends pas… Je pensais que… Que tu me haïssais.

- Quoi ? Pour quelle raison ?

Janette leva sur lui un regard horrifié.

- Parce que… C'est de ma faute.

Harry fit un bruit sec avec sa langue.

- Ne dit pas de bêtise, ce n'est pas de ta faute. C'était un accident.

- Alors… Pourquoi je ne peux pas la voir ?!

- De quoi est-ce que tu parles ?

- Je… Je sais que j'ai été lâche. J'ai… Mais je me disais qu'après tout ce temps, j'avais le droit de la voir. C'était mon amie. Mais quand je suis arrivée à l'hôpital, on m'a dit que j'étais interdite de droit de visite !

- Mais c'est stupide…

- Alors, ce n'est pas toi ?

- Pourquoi j'aurais-je fait une telle chose ! Bon sang, Janette, quand j'ai su que tu avais quitté l'équipe ça m'a fait un choc ! Tu… Enfin, ce n'était pas de ta faute ! Et tu avais le droit, tu as le droit ! J'aurais du te le dire.

- Non, non. Oh, Harry, je suis tellement désolée. Il n'y a pas un jour où… Je n'arrête pas de revoir mon geste et j'essaie de comprendre...

- C'était un accident Jane… Un accident. Tu as le droit de la voir.

Harry essaya de consoler la jeune fille.

Même après avoir rectifié le tir du coté de l'hôpital, elle ne cessa pas de pleurer. Et quelque part, les larmes de Janette lui faisaient du bien. Parce qu'il y avait encore quelqu'un pour se soucier.

Il la regarda passer sa main sur le front de Ginny, murmurait des mots d'excuse à ses oreilles, pleurer contre sa joue, embrasser ses doigts froids.

Janette avait été la batteuse des Harpies.

Aujourd'hui, la journée était plus que difficile. Parce qu'Harry se rendait compte qu'une autre vie avait été gâchée.

- Janette…

- Pardon, pardon. Harry, pardonne-moi.

Il passa une main dans ses cheveux et elle se jeta dans ses bras. Harry pensa brièvement qu'il n'avait plus serré de femme autre qu'Hermione ou Molly contre lui. Janette avait presque la même carrure que Ginny, c'était une sportive. Pendant un infime instant, il imagina que c'était son épouse contre lui... Mais l'illusion était loin d'être parfaite. Il la repoussa doucement.

- Tu penses qu'elle se réveillera ?

- Je n'en sais rien, Jane.

- Je vais revenir… J'aimerais revenir.

- Tu peux venir quand tu veux, Jane. Ginny… Elle t'aimait beaucoup.

OoooooooooooOoooooooooooO

Andromeda passa une main sur son front et siffla entre ses dents.

- Tu es brûlant, Harry.

- Je sais, je sens que je transpire.

- Tu as pris de la pimentine, pourtant.

- Pas suffisant, grogna le brun.

- Où est Hermione en ce moment ?

- Quelque part en France, je crois, pour un comité…. Réunion… Truc.

La sorcière épongea doucement le visage du jeune homme avant de s'essuyer les mains sur sa robe.

- Je vais prendre Lily avec moi pour quelques jours. Aucun de nous ne veut qu'elle attrape quelque chose, n'est-ce pas ?

Harry ouvrit des yeux rouges et tenta un semblant de sourire.

- Tu es un ange, Andy.

- Ne m'appelle pas comme ça. Je vais passer à la maison et essayer de te ramener quelque chose de plus fort. Et ton courrier s'amoncèle.

Le brun se retourna dans son lit et soupira.

- Je sais, mais j'ai écrit à mon éditrice et à Molly et c'est suffisant.

- Si tu le dis.

Harry ne répondit pas. Sa respiration sifflante indiqua à Andromeda qu'il était à deux doigts de s'assoupir. Sans plus de cérémonie, elle quitta la chambre de son « gendre » et revint dans celle de Lily. La petite fille avait déjà fait son sac et portait le beau manteau vert offert par son père.

- Papa est malade ?

- Si peu... Ça lui apprendre à courir nu sous la pluie !

Lily pouffa.

- Il ira bien, trésor, il a juste besoin de dormir beaucoup. Dans deux ou trois jours, il sera de nouveau sur pieds. Donc pas d'inquiétude, toi et moi nous allons chercher de quoi faire une potion qui lui redonnera des forces.

- Et Teddy va nous aider ?

- C'est une évidence… Viens, maintenant.

Andromeda tendit sa main et Lily l'attrapa. Elles descendirent les escaliers et la sorcière en profita pour jeter un œil en coin au courrier d'Harry. Par curiosité, elle attrapa une lettre dont le « Harry Potter » était tracé d'une délicieuse écriture et cachetée du sceau des Malfoy.

- Tu sais ce que c'est ?

- Oh, ça doit être une invitation de Mr. Malfoy ! Papa a du la recevoir hier.

Andromeda haussa un sourcil.

- Mr. Malfoy ?

- Oui, Draco, piailla la petite fille. Il tient une jolie boutique. Papa et lui essaient d'être amis mais c'est pas gagné, il dit que Draco est un sale gosse pé.. Pédant !

Andromeda rit doucement puis reposa la lettre sur le comptoir.

- Tu sais où se trouve cette boutique ?

- Oui !

- Et si nous allions prévenir ce cher Mr. Malfoy qu'Harry Potter est injoignable pour le moment ? Pour qu'il ne s'inquiète pas ?

- Trop bien !

OoooooooooOooooooooooO

Cela faisait un peu plus d'une semaine que Draco n'avait reçu aucune nouvelle d'Harry. Depuis le repas organisé chez Neville, c'était silence radio du coté du brun. Pourtant, Draco avait pris sur lui de relancer le jeune homme mais s'était retrouvé sans réponse.

Il aurait du être profondément vexé, terriblement énervé. Il l'avait été et ça s'était accompagné d'une profonde envie de défoncer la porte de Potter pour l'insulter. Mais il ne savait même pas où ce dernier vivait ni ce qu'il faisait quand ils ne se voyaient pas.

La seule bonne nouvelle était que Blaise s'était réconcilié avec les Londubat, ce qui n'avait pas été difficile en soi. Neville et Hannah étaient les personnes les plus douces qu'il connaissait. Aussi douce qu'Astoria.

Draco réprima une grimace. Penser à elle le ramena à la petite discussion échangée entre Serpentard et Gryffondor. Il aurait pu en profiter pour tout leur dire. Pour leur dire qu'Astoria était décédée et que sa sœur Daphné ne lui adressait plus la parole, considérant qu'il était responsable de sa mort. Il aurait pu leur dire que depuis qu'elle n'était plus là, sa vie était un vide profond. Vide qui avait de nouveau commencé à se combler depuis qu'il échangeait avec Harry Potter.

Mais encore une fois, tout ne pouvait pas être parfait. Il se fustigea intérieurement en se rendant compte qu'il était l'esclave des sentiments que lui imposait Potter.

Il fallait qu'il pense à lui, tout le temps. Est-ce qu'au moins, Potter pensait à lui ?

Le retentissement de la cloche fut un son bienvenue et Draco s'empressa de quitter son établi, le cœur battant. Encore dans les escaliers, il put entendre des rires. Des rires qui appartenaient à des enfants. L'espoir de Draco grandit un peu plus et quand il arriva en bas, il décida qu'il n'était pas déçu.

- Mr. Malfoy !

Lily Potter se trouvait dans l'entrée secouant ses cheveux. A coté d'elle se dressait une femme dont la ressemblance frappante avec Bellatrix Lestrange le fit reculer... Jusqu'à ce qu'il reconnaisse son autre tante.

- Bonjour, Draco, dit-elle. Cela ne te dérange pas que nous venions chercher asile dans ta boutique ? Le temps est infernal.

Draco laissa son regard errer sur le troisième : un garçon dans un cirée jaune, avec des cheveux bouclés et noirs comme ceux de sa grand-mère.

- Bonjour, Mr. Malfoy.

Le blond décida enfin de s'avancer et gratifia la petite Lily de son sourire le plus charmant.

- Cela faisait longtemps, Lily. Comment vas-tu ?

- Je vais bien, dit-elle en rougissant.

- Et tu dois être Edouard Lupin, n'est-ce pas ?

- On m'appelle Teddy, se défendit le garçon.

- Teddy, alors… Tu sais qui je suis ?

- Oui, tu es le fils de la sœur de ma grand-mère.

- Je suis ton cousin, s'amusa Draco.

- C'est ce que j'ai dit, répliqua le garçon.

- Teddy, soit poli, veux-tu ?

- Pardon, souffla l'enfant.

Draco leva enfin les yeux sur sa tante. De sa vie, c'était la troisième fois qu'il la voyait. Il avait du mal à détacher d'elle l'image de Bellatrix. Pourtant, elle était différente. Son regard était doux et son sourire tendre. Son visage était certes ridé mais elle dégageait le même charisme que le professeur McGgonagall.

- C'est un plaisir de te rencontrer, Draco.

- Non, tout l'honneur est pour moi.

Andromeda lui sourit avec bienveillance avant de parcourir sa boutique des yeux.

- Quel endroit charmant... On touche avec les yeux, Teddy !

Draco avait remarqué que les enfants étaient déjà partis à la chasse au trésor mais préféra suivre Andromeda.

- Nous revenons de l'apothicaire. Quel temps affreux, n'est-ce pas ?

- Et bien… Ca ne change pas de l'Angleterre.

- Quel dommage, je commençais à m'habituer au soleil ! Ça remonte le moral. Teddy, garde tes mains le long de ton corps !

Draco retint son rire.

- J'ai vu, continua Andromeda, que toi et Harry échangiez des mots.

Tout le sang du blond quitta ses joues. S'il avait cru à une visite de courtoisie, il en était tout de suite moins sûr. Draco s'en voulut d'avoir baissé sa garde. Andromeda n'avait jamais voulu parler avec eux, en dépit des nombreuses lettres que sa mère lui avait envoyées en secret, pensant qu'il ne savait pas. Mais Draco savait que sa tante était restée silencieuse devant les appels de sa mère. C'était légitime. Ils étaient responsables de la mort de tous ceux qu'elle aimait.

- C'est exact, répondit froidement Draco.

Ce qui n'impressionna pas Andromeda une seule seconde.

- Y a-t-il une raison à cela ? Je m'interroge sur ce regain d'intérêt et de quelle façon vous en êtes venus à discuter.

- Potter ne vous a rien dit ?

- Le jour où Harry me dira quelque chose sans que je ne lui force la main n'est pas encore arrivé. Je ne suis pas sa mère, je ne me permettrai pas une telle chose. Cependant, Harry est aussi très seul et je m'en voudrais de constater un peu tard que pour se donner l'impression qu'il change d'air, il se mette à fréquenter des personnes infréquentables.

- Vous êtes venue pour me dire de ne plus voir Harry ?

Draco s'en voulut d'avoir prononcé son prénom. Mais sa question était sortie plus vite qu'il ne l'avait voulu.

- Je veux juste m'assurer que ce n'est pas dans un but égoïste. Nous n'avons pas besoin de faire plus de charité que ça.

Draco en resta interdit.

- Vous pensez que j'ai l'intention de… De soutirer de l'argent à Potter ? Vous pensez que je le fréquente pour le piéger ?!

Andromeda haussa un sourcil.

- A quoi pourrais-je penser d'autre ? Vous êtes sans le sou, détestés de tous et tout d'un coup, j'apprends que vous commencez à être proches d'Harry. Vous savez que c'est un bon garçon qui vit encore mal les souvenirs de la guerre et vous faites partie de ces mauvais souvenirs. J'ai du mal à croire que vous êtes pétris de bons sentiments, Draco, et vous ne pouvez pas m'en vouloir.

Le blond en resta sans voix. Bien sûr qu'elle avait le droit de croire que c'était une histoire d'argent ou de chantage. Bien sûr qu'elle avait le droit de penser qu'il n'était là que pour revenir dans la lumière. Mais jamais Draco ne s'était senti aussi insulté de toute sa vie. Pourtant, c'était ce que les gens se mettraient à croire si Draco continuait dans cette voix-là. Même si Granger et les Londubat n'y avaient pas pensé. Il n'y avait bien qu'une ancienne Serpentard pour creuser là où il ne fallait pas.

Il était un pariat et il n'y avait rien de naturel dans son amitié avec Harry. Pourtant, il ne voulait pas y mettre fin. Il ne voulait pas perdre la seule petite chose qui le gardait éveillé durant la journée.

- Qu'est ce qui vous fait croire qu'Harry n'a pas déjà pensé à ça ? Et que malgré tout, il a accepté de continuer à discuter avec moi ?

- Je pourrais le croire, en effet. Mais je n'aimerais pas apprendre que tu as profité de sa faiblesse, sa grandeur d'âme est déjà en train de le perdre. Draco, ne rajoute pas plus de problèmes.

- Vous avez tous l'air de faire beaucoup d'efforts à surprotéger Potter mais si je vous disais que c'est une histoire dont je n'ai pas eu vent, puis-je espérer être pris au sérieux ?

Cette fois-ci, le regard de la femme se fit incertain. Mais Draco continua sur sa lancée.

- C'est aussi pour ça que vous n'avez jamais répondu à ma mère ? Vous avez cru qu'elle mendiait !

- Oseriez-vous m'en blâmer ?

- Non, mais vous auriez au moins pu vérifier si cela est vrai ! s'insurgea Draco. Nous n'avons pas besoin d'argent ! En dépit de l'échec de ma vie, supplier pour demander la plus futile des choses ne nous a pas traversé une seule fois l'esprit ! La seule chose que ma mère voulait, c'était le pardon ! C'est la seule chose que l'on voulait !

- Bien sûr, il est plus aisé de demander pardon une fois que la tempête est passée. Ou était-elle quand les hommes de Voldemort pourchassait mon mari ?

Draco sentit un mal de tête pointer le bout de son nez.

- Elle essayait de me protéger, de protéger sa famille.

- J'étais sa famille ! siffla Andromeda. Je vous aurais ouvert la porte à n'importe quel moment, à elle et à toi ! Je vous aurais aidés de la même façon que j'ai aidé Harry. Mais ma sœur avait bien trop de fierté pour s'abaisser à ça ! La fierté dont elle faisait preuve durant la guerre s'est évaporée comme neige au soleil dès la guerre finie. Et je sais ! Je sais ce qu'elle a fait pour Harry. Mais c'était une chose qu'elle aurait aussi pu faire pour moi ! C'était avant que j'avais besoin d'une sœur et c'était avant qu'Harry avait besoin que tu ne sois pas aussi mauvais que le reste de ta famille !

Draco perçut l'humidité aux coins des yeux de sa tante. Il méritait tout ce qu'elle lui disait. De la même façon qu'il n'était plus sûr de mériter l'amitié d'Harry. Mais Draco était fatigué. Fatigué de se battre contre des fantômes et des « si ». Fatigué de se battre conte des choix qu'il regrettait.

- Je suis désolé, dit-il. Ma mère et moi ne serons plus une gêne pour vous, comme pour Potter. Considérez que j'ai bien compris vos inquiétudes et que j'en prends compte.

- Parfait. Teddy, Lily, dites au revoir à Mr. Malfoy, nous partons.

- On va préparer la potion pour parrain ?! claironna Teddy.

- Oui, trésor, sinon il sera encore en train de ramper au sol.

Draco ouvrit la bouche mais un regard d'Andromeda l'empêcha d'en savoir plus.

- Au revoir, Mr. Malfoy. Dès que Papa ira mieux, il répondra à vos lettres ! fit Lily grand sourire.

Le blond n'eut pas la chance de comprendre ce que ça voulait dire. Mais dès qu'Andromeda et les deux enfants disparurent de la rue, il ferma boutique.

D'un pas lent et incertain, il remonta dans l'établi, jetant un regard circulaire sur le peu de travail qu'il avait à faire, puis il se mit à pleurer.

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Voilà pour aujourd'hui! Koeur