Titre : Waste the night.
Nombre de parties : 8/9.
Pairing : Neuvième Doctor/Rose Tyler.
Synopsis : "Bien entendu, après que Rose a fait un malaise dans sa chambre, Jackie a insisté pour rester dans le coin jusqu'à la fin de la grossesse et elle m'a prévenu : plus de voyages. Je ne peux même pas disparaître une minute."
A/N : Les personnages et l'univers de la série ne m'appartiennent pas. Ils sont l'entièrement propriété de Russell T. Davies, Phil Collinson, Susie Liggat, Steven Moffat et la BBC. Pour le reste, tout appartient à mon imagination.
MOIS: 8.
04/08/07
Encore un mois. Encore un mois à tenir et tout sera fini. Le bébé sera né, et les problèmes seront terminés. En supposant que Rose survive bien entendu. La question est toujours là, dans un coin de mon esprit, même si je la garde pour moi. Je ne veux inquiéter aucune des femmes à bord, et j'essaie de me convaincre que tout ira bien. Il n'y a pas de raison que quelque chose se passe mal, pas vrai ? Aucune raison, hormis cette prophétie qui me hante encore. Le bébé, ou Rose. Rose avait raison. Je n'écoute jamais ces conneries, mais cette fois, c'est à son sujet et peut-être est-ce là la raison pour laquelle je suis si désemparé. Peut-être est-ce là la raison pour laquelle je ne cesse d'y repenser et de m'inquiéter de ce qui va se passer. Ma vie n'est qu'une succession totale de courses et de désastres, de pertes et de douleur. Je ne pense pas que ça va changer seulement parce que j'aime une femme humaine, mais je suis bien placé pour savoir que tout peut arriver.
Peu importe, je choisis de croire Rose, de croire que tout va bien se passer. Après que nous ayons découvert pour mon sang, tout a semblé prendre un bon tour. Rose n'a montré aucun signe de rejet après la première transfusion. J'ai, après que Jackie a lourdement insisté, dû pratiquer des tests sur moi-même pour être sûr que je n'étais pas porteur de quelque maladie que ce soit… Que pensait-elle ? Les Seigneurs du Temps ne sont jamais malades alors notre sang n'est porteur d'aucune maladie. Notre biologie supérieure nous empêche d'attraper quoi que ce soit, d'un simple rhume à quelque chose de plus sérieux. Mais j'ai fait les tests. Seulement pour qu'elle soit rassurée, et il n'y avait effectivement rien. De plus, en se protégeant, notre petite fille protège aussi sa mère. Bon, elle permet au moins au sang de Rose de rester 'propre', et maintenant que je lui donne les composants Seigneur du Temps dont elle a besoin, Rose se sent de mieux en mieux. C'est un soulagement, pour tout le monde.
Aussitôt qu'elle s'est sentie assez forte pour sortir de son lit, elle a recommencé à se promener dans le TARDIS, même si je n'étais pas d'accord, mais Jackie m'a donné l'argument le plus irréfutable pour me convaincre : c'est bon aussi bien pour le bébé que pour Rose car cela fait circuler son sang et Rose en a vraiment besoin après être restée au lit pendant des semaines. C'est bon pour ses pieds, pour ses chevilles, mais aussi pour l'oxygénation du bébé et de la mère et cela repousse quelques maladies bien humaines. Elle est pourtant d'accord avec moi sur le fait que Rose doit toujours être accompagnée chaque fois qu'elle veut marcher alors nous le faisons à tour de rôle. Elle est devenue moins dure avec moi maintenant et m'autorise à passer du temps avec Rose. Nous profitons de ces petits moments que nous avons et quand Rose se sent fatiguée de marcher, je la force gentiment à s'asseoir et recrée le lien pour qu'elle puisse également communiquer avec le bébé.
Aujourd'hui, pourtant, j'ai décidé de faire quelque chose de différent alors que nous marchions ensemble. Jackie était retournée dans son appartement pour rassembler quelques trucs dont Rose pourrait avoir besoin durant le dernier mois de la grossesse, mais elle m'a menacé de me botter le cul si jamais j'essayais de m'envoler avec Rose et ma boîte pendant qu'elle n'était pas là. Tentant, mais pas de voyage. C'est mieux pour Rose. Donc, même si je n'aime pas ça, je suis bloqué sur Terre jusqu'à la naissance du bébé. Rose n'aime pas non plus le fait d'être bloquée sur Terre, mais elle comprend que nous le faisons pour sa santé. Elle était un peu déprimée aujourd'hui – et je suis surpris qu'elle ait tenu si longtemps avec tout ce qui s'est passé – alors je vais lui montrer un projet sur lequel je travaille depuis quelque temps. Quand Jackie me tenait à l'écart, je devais garder mon esprit occupé alors j'ai commencé à travailler sur quelque chose pour notre bébé. J'espérais que Rose l'aimerait et ça me rendait vraiment nerveux.
Alors, je l'ai emmenée vers une pièce, juste entre ma chambre et la sienne, mais je ne lui ai pas bandé les yeux pour qu'il n'y ait aucun risque qu'elle trébuche et qu'elle tombe, même si je la tenais fermement. Le TARDIS lui a fait croire que c'était une pièce tout à fait normale et a tout révélé après que j'ai fermé la porte. Je me souviens de cette expression de surprise et de joie et des larmes qui coulaient sur ses joues alors qu'elle regardait la pièce changer et révéler la chambre que j'ai construite. Le TARDIS m'a beaucoup aidé avec la peinture des murs pendant que je construisais les meubles. Bien entendu, nous avons choisi le thème de l'espace alors la pièce est peinte aux couleurs des étoiles, des trous noirs et des planètes. Les couleurs de l'univers. Rose s'est promenée dans la chambre en caressant légèrement les meubles de bois. Sa caresse était délicate, et pleine de tendresse. Elle est ensuite revenue vers moi et m'a serré très fort dans ses bras et m'a embrassé avec tant d'amour. Elle aimait de toute évidence que j'avais fait.
Puisque nous avions un peu de temps avant que Jackie ne revienne, nous nous sommes étendus sur le sol rendu mou par la présence de la moquette et avons observé les étoiles au plafond. Rose était allongée sur le côté, sa tête sur ma poitrine, sa main tenant la mienne sur son ventre. Nous sommes restés silencieux pendant un long moment avant qu'elle ne me demande si j'avais réfléchi à un nom. J'y ai vraiment réfléchi, mais n'en ai jamais dit un mot puisque c'était une bataille entre Rose et sa mère. Donc, alors que nous partagions ce moment de calme ensemble, je lui ai dit le nom que j'avais en tête et elle m'a avouée que sa mère et elle y avaient pensé aussi. Je suppose que nous allons le garder en tant que nom final, et je l'adore. C'est un nom charmant, et je suis ravi que Rose m'ait autorisé à avoir un mot dans cette affaire. Elle veut que j'y sois totalement impliqué, et choisir le nom de ma future fille est l'une des grandes étapes. Je veux être le meilleur père et le meilleur petit-ami possible pour Rose et notre fille.
J'ai ramené Rose à sa chambre quelques minutes avant que Jackie ne revienne. Elle avait besoin de repos et je suis resté avec elle jusqu'à ce qu'elle s'endorme pour sa sieste quotidienne. Jackie nous a retrouvés là, et sitôt dans la chambre, elle a décidé de m'envoyer en ville pour acheter quelque chose que Rose voulait vraiment manger. Je n'y ai vu aucune objection. Si Rose veut manger ce plat – encore un étrange mélange de nourriture – alors, elle devrait l'avoir. Je le ferai pour elle, et je n'aurai pas à m'inquiéter puisque Jackie va garder un œil sur elle pendant que je serai en ville. En tant que femme qui est déjà passée par une grossesse – une normale mais tout de même – en tant que mère, elle saura quoi faire si quelque chose se passe. Ou elle m'appellera. Je lui fais confiance sur ce point.
Le Docteur parcourait les rayons du magasin dans lequel il se trouvait, cherchant tous les ingrédients dont il avait besoin pour cuisiner ce plat que Rose voulait tant manger. Ses mains étaient déjà pleines de ces ingrédients puisqu'il n'avait pas pris de panier à l'entrée du magasin. Des gens le regardaient étrangement, d'autres souriaient même alors qu'il se débattait pour tout garder en place dans ses bras, en se demandant quel type de fromage Rose préférerait dans son repas. Il n'aurait jamais pensé qu'il y avait tant de fromages différents sur Terre. Comment était-il supposé savoir lequel elle voudrait ? Et Jackie ne cessait de rallonger sa liste en lui envoyant des messages – sur le téléphone de Rose puisque c'était le seul qu'il avait. Il devait trouver ce fromage, et qu'est-ce que Jackie lui demandait ? Du pop-corn, du chocolat et des raisins secs. Il supposait – et espérait vraiment – que tout était pour Rose car il ne voulait pas se retrouver à acheter de la nourriture pour Jackie.
— Je sais tout du temps et de l'espace, et je ne peux pas choisir un satané fromage, soupira-t-il lourdement.
Il ignorait totalement les regards sur lui, et les gens souriant mais il était conscient de leur présence et cela le faisait se sentir mal-à-l'aise. Comme s'il n'était pas assez humiliant d'être forcé aux tâches domestiques avec quelque chose d'aussi ennuyant que de faire des courses.
— Où en est-elle ? lui demanda soudainement une femme.
— Pardon ? répondit-il en la regardant.
— Votre femme, où en est-elle dans sa grossesse ?
Le Docteur haussa un sourcil à sa question. Comment pouvait-elle savoir qu'il achetait de la nourriture pour une femme enceinte ? Une femme enceinte qui n'était même pas sa femme, et ses cœurs lui firent mal, car il aimait vraiment cette femme et souhaitait vraiment qu'elle soit sa femme. Il ne pouvait pas tomber plus loin dans le domestique. Cette femme avait définitivement changé sa vie, et tout ce qu'il avait été depuis si longtemps.
— Ce n'est pas ma femme. Juste… Juste mon amie.
— Vous devez vraiment aimer votre amie dans ce cas. Peu d'hommes s'impliquent dans les grossesses.
Il se mordit la langue pour ne pas dire que c'était quelque chose de très humain. Ce ne serait pas très malin de révéler qu'il n'était pas du tout humain, qu'il n'était qu'un extra-terrestre de passage. Un extra-terrestre qui était parvenu à faire en sorte qu'une jeune femme humaine tombe enceinte de lui. La femme penserait qu'il était soit fou, soit un adepte de toutes les théories sur la zone 51. Ce qui l'offenserait réellement.
— Huit mois. Environ trente-deux semaines.
— Oh, ça se rapproche.
— Oui.
— Vous devriez prendre celui-ci, lui recommanda-t-elle en se saisissant d'un sachet de fromage. Il est bon pour les futures mamans. Très sain.
Le Docteur hocha la tête pour la remercier alors qu'elle ajoutait le fromage dans ses bras déjà chargés de nourriture. Il n'était pas sûr que Rose se soucie vraiment de la partie 'bon pour la santé', mais lui s'en préoccupait. Il se souciait de sa santé et de celle de leur fille. La femme lui souhaita bonne chance et retourna à ses courses. Le Docteur se saisit des dernières choses dont il avait besoin avant de se diriger vers la caisse. Il régla toutes les choses qu'il avait prises et se dépêcha de retourner au TARDIS. Le téléphone ne cessait de vibrer dans sa poche. Jackie l'appelait – qui d'autre insisterait autant ? – et il espérait que ce n'était pas trop important car il ne pouvait pas répondre, ses bras étant occupés à porter deux sacs pleins de nourriture. Au fond de lui cependant, il savait que c'était très important. Il avait cette sensation dans ses cœurs, une sensation qui revenait trop souvent à lui dernièrement. Il accéléra pour retourner au TARDIS plus vite.
Sa boîte bleue était maintenant en vue. Il accéléra encore plus, courant presque alors que la sensation s'accentuait dans sa poitrine, l'étouffant pratiquement. Ses bottes frappaient le sol à un rythme rapide. Les portes du TARDIS furent ouvertes avant même qu'il ne les atteigne et Jackie le tira presque de force à l'intérieur. Elle avait l'air énervé, mais semblait également dans un état de précipitation paniquée.
— Qu'est-ce que j'ai encore fait ?
— Elle a perdu les eaux !
— Quoi ? Les mots mirent un peu de temps à atteindre son cerveau. Impossible ! C'est trop tôt !
Il jeta quasiment les sacs dans les bras de Jackie et courut vers la chambre de Rose. Il examina Rose rapidement. En effet, elle avait perdu les eaux et les draps étaient trempés de liquide amniotique. Rose tentait de respirer à travers la douleur qu'elle ressentait, et ça n'irait pas mieux dans les prochaines heures si – quand ! – elle serait véritablement en plein travail. Le Docteur repoussa les draps en expliquant à Rose ce qu'il faisait.
— Docteur, l'appela-t-elle douloureusement, qu'est-ce qui m'arrive ?
— Tu as perdu les eaux, dit-il très calmement, en glissant deux doigts en elle. Parfait, on a encore du temps.
Elle n'était pas assez dilatée. Cela prendrait des heures avant qu'elle ne soit assez dilatée pour accoucher, mais il devait commencer la surveillance médicale du bébé et de la maman. Dans plus ou moins douze heures, le bébé serait là. Ils devaient seulement rester calmes et faire les choses méthodiquement. Le bébé était en avance, mais pas trop en avance. Ça pourrait passer.
— Les contractions ont commencé quand ?
— Un peu après ton départ. J'avais déjà mal quand nous étions dans la chambre.
— Pourquoi tu ne me l'as pas dit ?
— C'étaient des maux de dos. J'en ai déjà eu avant. C'est devenu plus douloureux après notre promenade puis j'ai pensé que j'avais mouillé le lit, mais maman ne m'a pas crue. Elle a dit la même chose que toi, que j'avais perdu les eaux, mais c'est trop tôt. Docteur, notre fille n'est pas encore prête à sortir.
Le Docteur posa une main sur sa joue et la caressa tendrement. Elle serrait sa main si fort que c'en était douloureux mais il ne se plaignit pas. Il était trop occupé à essayer de la rassurer. C'était trop tôt, c'était certain, mais c'était bon. Il était là et il ne la laisserait pas tomber. Ils allaient donner naissance à ce bébé ensemble.
— Je sais, mais ça va. On va traverser ça ensemble. Elle a huit semaines d'avance, mais elle est en bonne santé et elle est à moitié Dame du Temps. Pas vraiment une fille patiente. Vous irez bien. Je vais m'en assurer.
— Je te fais confiance.
— Peux-tu me dire de combien sont espacées les contractions ?
— Environ vingt minutes, fit la voix de Jackie qui était revenue dans la chambre après avoir rangé la nourriture que Rose ne mangerait pas à présent. J'ai compté. Vieux réflexe.
— Bien. Ce n'est que le début. On va être très occupés dans les prochaines heures. On doit se préparer.
Et effectivement, ils se préparèrent. Pendant des heures, le Docteur et Jackie préparèrent tout pour la naissance à venir et aidèrent Rose à se détendre. Elle était bien trop anxieuse – c'était son premier bébé, c'était trop tôt et elle avait trop mal pour ne pas paniquer – et Jackie se rendit compte combien le Docteur prenait bien soin de sa fille dans cette épreuve difficile, combien il restait calme malgré la peur et la douleur qui tourbillonnaient dans ses yeux bleus en écho à celles de Rose. Il leur dit que ce n'était pas la première fois qu'il aidait une femme à accoucher, mais ça n'avait jamais été des humaines. Le procédé n'était pas très différent d'une espèce à une autre donc c'était tout bon. De plus, il avait l'aide de Jackie et du TARDIS. Tout irait bien. Tout devait bien se passer. Ce choix n'arriverait pas. Le Docteur ne pourrait pas le faire. Pas maintenant. Pas quand les choses allaient bien trop vite pour tout le monde.
Des heures s'écoulèrent et Rose souffrait de plus en plus alors que le travail avançait. Elle était maintenant dilatée de dix centimètres et les contractions étaient de plus en plus proches. Elle était prête à accoucher, et elle était déjà si fatiguée, mais elle devait tenir le coup juste un peu plus longtemps. Tout était prêt, et Jackie et lui étaient sur le qui-vive. Ils pouvaient le faire tant qu'ils travaillaient tous ensemble. Le Docteur serait, eh bien, le docteur et Jackie serait la sage-femme.
— Okay, Rose, déclara soudainement le Docteur. Les vraies choses commencent maintenant. Tout se passe bien jusque-là. A présent, tout repose sur toi. Ça va être très dur, mais tu peux le faire. Je sais que tu peux. Tu devras pousser et bloquer et respirer quand je te le dirai. Ta mère et moi gardons un œil sur toi et sur le bébé. Tout va bien se passer, d'accord ? Tu es prête ?
— Je suis prête, marmonna-t-elle, respirant lentement pour faire passer une autre contraction. Donnons naissance à notre fille, Docteur.
C'est ainsi qu'ils passèrent les heures qui suivirent : le Docteur donnant des ordres à Rose et à Jackie et les deux femmes obéissant de leur mieux. Peu à peu, le bébé sortait et Rose tenait le choc, mais le Docteur n'était pas soulagé. Ce n'était pas encore fini. Les choses pouvaient encore dérailler dans les heures ou les jours à venir, mais pour le moment, tout se passait bien. Ses pleurs et ses hurlements de douleur le traversaient et le blessaient bien plus qu'il ne pourrait le dire. Il détestait voir sa Rose souffrir et savait combien un accouchement pouvait être douloureux. Non pas qu'il ait vécu cette expérience. C'était juste une connaissance commune.
— Je sais que tu es très fatiguée maintenant, Rose, mais c'est presque fini. Une dernière fois, d'accord ?
Rose acquiesça. Son visage était couvert de sueur, de larmes et ses cheveux tombaient dans ses yeux bien que Jackie tente de la rafraîchir avec un tissu frais de sa main libre, l'autre étant trop occupée à tenir la main de sa fille pour l'aider à supporter la douleur. Rose poussa une dernière fois quand le Docteur le lui demanda, et soupira presque de soulagement quand ce fut fini, quand leur petite fille fut enfin sortie. Le Docteur lui sourit, en tenant leur bébé dans ses bras, et coupa le cordon ombilical, mais elle ne pleurait pas.
— Elle ne pleure pas, remarqua faiblement Rose, en même temps que tout le monde. Pourquoi ne pleure-t-elle pas, Docteur ?
Il ne savait pas, et il s'inquiétait parce que ça signifiait que la prophétie avait raison, qu'il avait un choix à faire et que s'il sauvait le bébé, ça voudrait dire que Rose… Il n'avait pas de temps à perdre. Il était sur le point de lancer la procédure d'urgence quand la petite fille commença à pleurer. Le Docteur soupira de soulagement et pratiqua tous les tests médicaux nécessaires. Tout allait bien pour elle. Une petite Dame du Temps en parfaite santé. Il l'enveloppa dans une serviette propre et chaude, la berçant lentement et lui parlant calmement. Il se retourna pour la placer sur la poitrine de Rose afin que mère et fille puisse passer un moment ensemble mais, quand il vit le visage de Rose, il comprit que quelque chose s'était mal passé, et ses cœurs plongèrent dans sa poitrine. Une protestation silencieuse s'échappa de ses lèvres et il confia immédiatement le bébé à Jackie. Elle la prit mais elle voyait que quelque chose n'allait pas. Le visage de Rose était trop pâle, et elle ne respirait plus.
— Que se passe-t-il, Docteur ? demanda Jackie, paniquée. Pourquoi ne respire-t-elle plus ?
— Son corps a traversé pas mal d'épreuves dernièrement, et il n'était prêt à faire un tel effort, répondit-il en scannant Rose avec son tournevis sonique. Asystolie.
Il ordonna à Jackie d'aller dans une autre pièce et de prendre soin du bébé. Elle essaya de protester mais il l'envoya balader. Il était déjà en train de pratiquer les gestes de réanimation cardio-pulmonaire sur Rose, en la suppliant de continuer à se battre, de leur revenir. Après tout, elle ne pouvait pas les quitter ainsi. Elle ne pouvait pas les quitter alors qu'elle n'avait même pas tenu sa fille dans ses bras. Il persista à faire le massage cardiaque et le bouche-à-bouche. Le tournevis sonique avait remarqué des changements dans le corps de Rose. Des changements causés par la présence du Loup, par le bébé qui avait grandi en elle, par le sang qu'il lui avait donné. Et il continuait de la supplier, continuait de tenter de sauver sa vie parce qu'il ne voulait vraiment pas la perdre, parce qu'il ne voyait pas en quoi ces nouvelles informations pourraient être utiles. Et les larmes coulaient sur ses joues car elle ne revenait pas, et il y aurait des conséquences si elle ne revenait pas bientôt, et il ne voulait pas penser à comment il pourrait possiblement continuer s'il la perdait maintenant.
La réponse m'a frappée alors que le temps était presque écoulé. Je regardais le corps mort de la femme que j'aime, je regardais mes mains presser sa poitrine, et j'ai embrassé ses lèvres froides une nouvelle fois pour donner de l'air à ses poumons. Le mauvais pressentiment était encore là et je refusais de l'écouter, refusait de croire que ma Rose puisse être morte, et je pouvais à peine respirer ou vivre jusqu'à ce que je sache que je l'avais sauvée. Et les informations données par le tournevis sonique tourmentaient mon esprit. Cela voulait dire quelque chose. Je savais que ça voulait dire quelque chose et, soudain, la réponse m'est venue à l'esprit : le corps de Rose a changé. Le Loup l'a changé, le bébé l'a changé, mon sang l'a changé. Il s'est adapté – oh, quelle merveilleuse capacité ! – aux nouvelles choses qui lui arrivaient, et si Rose est encore humaine, elle a également une petite partie de Seigneur du Temps en elle. Une partie de Seigneur du Temps qui pourrait la sauver.
Dès que j'ai réussi à avoir un faible pouls, j'ai procédé à que ce que les Seigneurs du Temps nomment l'ultime sacrifice : je lui ai donné l'une de mes vies. J'ai transféré l'énergie régénérative d'une de mes futures vies dans son corps et j'ai attendu. Des secondes, des minutes, des heures, des jours. Je ne sais pas. Je n'ai pas prêté attention au temps. Je sais seulement que j'ai attendu, et si son cœur bat maintenant à un fort rythme, ma Rose Tyler n'a toujours pas ouvert ses beaux yeux marrons. Je ne sais pas à quoi m'attendre. Je ne sais pas si ce sera suffisant, si elle va survivre ou si son corps va rejeter mon énergie. Je déteste ne pas savoir et je déteste attendre alors je l'ai mise sous surveillance médicale rapprochée et Jackie reste avec elle. Oh, elle me hait de nouveau, mais je n'ai pas fait de choix, et j'espère vraiment que ma Rose va survivre à tout ça. Et en attendant que maman se réveille, je prends soin de notre petite Millie Tyler comme le meilleur papa que je puisse être, en lui racontant des histoires sur le courage de sa maman, et sur le fait qu'elle allait bientôt la rencontrer. Si tout se passe bien.
