Vos avis et conseils sont toujours les bienvenues.

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Lorsqu'ils arrivèrent à la banque, il leur fallut braver la horde de journalistes qui faisaient le pied de grue dans l'espoir d'obtenir une information fracassante. Depuis son arrivée ici, Alex n'avait jamais été confrontée directement aux médias, et elle s'en réjouissait. Mais là c'était du lourd : la Royale Banque attaquée. Si l'enquête n'aboutissait pas rapidement, elle savait parfaitement que ses collègues et elle subiraient une pression écrasante.

Gene : Poussez-vous de là, du balai !

Gene molestait de bon coeur les journalistes qui avaient le malheur de se trouver sur son passage. Pas étonnant que l'opinion publique ait une mauvaise image de la police en voyant ça. Mais pour une fois, Alex n'allait pas s'en plaindre, cela lui permettait d'emprunter le "passage" ouvert par son patron sans avoir elle-même à se battre pour avancer. Elle avait trop mal à la tête et aux côtes pour ça. Ils venaient juste de passer ce barrage quand Ray et Chris déboulèrent vers eux, visiblement embêtés.

Ray : Patron, avant de rentrer là dedans faut qu'on vous dise...

Gene : Quoi ?

Chris : Ca va pas vous plaire, oh non, ça...

Tandis qu'Alex les regardait avec perplexité, Gene fonçait dans la banque tête la première. A l'intérieur, le spectacle était édifiant. Ce braquage avait été plus meurtrier que le précédent et trois corps gisaient au sol, recouverts d'un drap blanc, figés pour l'éternité. Une forte odeur d'ammoniaque envahissait la pièce, laissant à penser que certains otages apeurés s'étaient urinés dessus, et le chaos le plus total semblait régner. Gene remarqua que plusieurs de ses collègues le regardaient en chuchotant, comme ces commères qui n'ont rien d'autre à faire que de colporter des ragots.

Gene : Quoi ? Vous avez un problème ?

Il avait vociférer ces quelques mots et personne n'osa lui répondre. Alex s'approcha doucement, derrière lui.

Alex : Gene !

Il se retourna pour la voir et c'est là qu'il découvrit pourquoi tout le monde agissait ainsi. Sur un des murs de la banque, un message en grosses lettres rouges avait été tagué : "GENE HUNT EST UN CLOWN ET UN INCAPABLE". La peinture fraîche dégoulinait encore et accentuait le pathétisme de la situation. Durant quelques secondes, Gene ne broncha pas, se contentant de fixer le mur. Ce fût Ray qui brisa le silence en premier.

Ray : Vous savez que c'est des salades patron, on les aura ces salopards et vous leur mettrez la tête au carré.

Sacré Ray. Il n'était ni le plus futé, ni le plus tendre, mais sa loyauté envers le patron était indéfectible.

Chris : Il a raison boss.

Gene était sur le point de répondre quand une voix masculine se fit entendre derrière lui.

??? : Hunt ! Expliquez-moi ce cirque nom de dieu !

Oulà, la situation devait être critique si le commissaire divisionnaire délaissait sa partie de golf pour venir sur le terrain.

Le commissaire divisionnaire : C'est le deuxième braquage de la journée et vous n'avez arrêtez personne ! On a quatre victimes, quatre depuis ce matin, c'est une véritable hécatombe ! Et comme si ça ne suffisait pas, il faut que vous vous fassiez ridiculiser, vous croyez que l'opinion publique ne vous déteste pas déjà suffisamment, surtout depuis votre passage à la télé ?!

Alex se sentit mal, cette veille histoire semblait poursuivre le patron alors qu'il avait fait ça pour elle.

Alex : Monsieur, ces hommes ont tiré sur M. Hunt et moi-même en pleine rue. Nous ne pouvions rien faire de plus.

Le commissaire divisionnaire la regarda pour la première fois depuis qu'il était arrivé. La vue de son visage blessé sembla le radoucir quelque peu.

Le commissaire divisionnaire : Et pourquoi ne suis-je pas au courant de ça ?

Gene : La radio passe peut-être mal au golf !

Incroyable, même en mauvaise posture il ne pouvait s'empêcher d'ouvrir sa grande gueule. Alex enchaîna à toute vitesse pour ne pas laisser au big boss le temps de partir dans un sermon dithyrambique.

Alex : Tous les collègues étaient occupés ici vous savez, à la banque. Ils n'ont pas dû avoir l'info.

Le commissaire divisionnaire : Et qu'est ce que vous savez sur ces braqueurs ?

Cette fois-ci Alex ne répondit pas. Elle se contenta de jeter un coup d'oeil à son patron, ne sachant pas trop si elle devait parler de Patkinson. Gene sembla comprendre le message.

Gene : Donald Patkinson est derrière tout ça !

Le commissaire divisionnaire : Hmm, j'ai déjà entendu ce nom là quelque part.

Il marqua une pause.

Le commissaire divisionnaire : N'était ce pas dans votre dossier Hunt ?

Gene : Si.

Ray et Chris assistaient au débat sans comprendre.

Le commissaire divisionnaire : Quel panade ! Une fois de plus nous récoltons les fruits de votre comportement de voyou !

Alors là il allait trop loin.

Gene : C'est sûr que c'est pas en restant enfermé dans son bureau toute la journée qu'on risque d'avoir des problèmes !

Alex vit le teint du commissaire divisionnaire viré au rouge écarlate.

Le commissaire divisionnaire : C'est des types comme vous qui gangrènent la police Hunt ! Rentrez chez vous, vous êtes en vacances forcées !

Alex voyait que Gene bouillait de l'intérieur et remarqua son poing serré.

Gene : Ok mais venez pas pleurer quand Patkinson vous aura fait la peau. Personne ne le connaît mieux que moi !

Le commissaire divisionnaire : Je ne veux plus vous voir avant au moins une semaine !

Il se tourna ensuite vers Alex mais baissa d'un ton.

Le commissaire divisionnaire : Quand à vous Capitaine, vous avez une mine effroyable, rentrez vous reposer.

A vrai dire, elle ne trouva pas la force de protester, son crâne la faisait trop souffrir. Et puis elle devait bien admettre que ça ne la tentait que très moyennement de laisser Gene tout seul après ça. Ainsi, elle accepta sans rechigner.

Alex : Merci monsieur.

Gene n'avait toujours pas bougé d'un millimètre. Raide comme un piquet, il ne lâchait pas le commissaire divisionnaire du regard. La jeune femme s'approcha de lui.

Alex : Pouvez-vous me ramener ?

Sans baisser les yeux, il marmonna.

Gene : Ouais.

Le duo s'éloigna dans le silence le plus total car, bien entendu, tout le monde avait stoppé ses tâches en cours pour ne pas rater une seconde de cette joute verbale. Tandis que Gene marchait triomphalement vers la porte de sortie pour ne pas perdre la face, Alex jeta un dernier coup d'oeil derrière elle et vit Ray lui adresser un léger signe de tête.

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