Disclaimer : L'univers et les personnages de cette histoire appartiennent

à JK Rowling. Le reste m'appartient hormis quelques phrases empruntées

au tome 7 d'Harry Potter.


Quand Hermione ainsi que les autres élèves entrèrent dans la Grande Salle, le silence était presque absolu, exactement comme dans le train, brisé par quelques timides murmures. Elle ne leva même pas les yeux vers le plafond magique alors qu'auparavant elle ne manquait jamais la moindre occasion de le contempler. Elle eut été émerveillée par cette belle magie, mais elle n'avait plus vraiment le cœur à s'émerveiller de quoi que ce soit. Elle s'assit à côté de Ron. Il ne semblait pas non plus au mieux de sa forme, comme elle avait pu le constater plus tôt. Mais sa légère morosité devait surement venir de l'absence d'Emma.

Étant plus vieille qu'eux d'un an, elle avait déjà son diplôme en poche et avait décidé d'aider activement l'Ordre. Pour le moment sa mission était de se faire passer pour une jeune Américaine qui souhaitait voir du pays sans changer de langue. Elle avait donc trouvé un petit travail de serveuse chez Mme Piedodu à Pré-au-Lard. Ainsi, elle était une mince protection pour les élèves au cas où les Mangemorts décidaient d'attaquer l'école. Mais cela voulait dire que Ron devrait faire comme s'il ne la connaissait pas et donc il ne pourrait pas lui faire parvenir de lettre par hibou postal. Et c'est cela qui le rendait un peu amer.

Elle se tourna vers la table des professeurs où manquaient à l'appel le professeur McGonagall, puisqu'elle était auprès des premières années. Et le professeur Rogue était assis au centre à la place de Dumbledore. Il y avait pourtant deux sièges vacants alors qu'il ne manquait qu'un professeur de Défense contre les Forces du Mal pour compléter la tablée. Mais en recomptant, Hermione s'aperçu de la disparition du professeur d'Etudes des Moldu, Mrs Burbage. Elle fronça les sourcils et allait faire part de cette disparition à ses amis quand Severus Rogue se leva.

Il n'eut pas à demander le silence les quelques rares chuchotements cessèrent immédiatement quand il esquissa son mouvement et un silence de mort régnait sur l'assemblée. Les portes de la Grande Salle s'ouvrirent sur le professeur McGonagall suivie par les nouveaux élèves de première année. Elle posa le Choixpeau Magique sur le tabouret et il s'éveilla et entonna sa chanson. Pour ne pas changer, il parla de l'importance de rester soudés entre les maisons, des futures difficultés des élèves face à la noirceur qui s'immisce insidieusement dans le château.

Comme à son habitude, la directrice de Gryffondor appela chacun des jeunes élèves pour qu'ils viennent s'asseoir sur le tabouret de bois où elle déposait sur leur tête le Choixpeau Magique. La répartition commença et à chaque élève envoyé dans une maison, une pâle clameur s'élevait à peine à la table concernée. Les anciens félicitaient rapidement leurs nouveaux camarades, comme s'ils souhaitaient en finir au plus vite, irrationnellement impatients d'entendre le discours du nouveau directeur.

Quand cet instant arriva, comme à son habitude, il ne fût pas nécessaire au Professeur Rogue de parler fort ou d'utiliser le sortilège Sonorus pour se faire entendre de chacune des personnes présentes.

« Cette année, commença-t-il de sa voix doucereuse, est signe de changement dans beaucoup de dom… »

Sa phrase fût coupée par l'entrée fracassante de deux personnes par la porte de la Grande Salle. Tous deux vêtus de longues capes noires, le même sourire dérangeant aux lèvres, se ressemblaient énormément. Il y avait un grand sorcier au visage étrangement de travers et une petite sorcière trapue avec un grand nez pointu. Hermione sentit Ron se contracter à côté d'elle. Il mima le mot « Mangemort » avec ses lèvres. Ils avançaient à grands pas vers la table des professeurs.

« Pardonnez notre retard, nous avions… un léger problème à régler, ricana la femme à l'adresse du directeur.

- Prenez place, répondit Rogue d'une voix sèche avant de se tourner à nouveau vers l'assemblée d'élèves. Comme je vous le disais, il y a quelques changements cette année. Pour commencer, les cours d'Entretien aux Créatures Magiques n'existent désormais plus. Il y aura en revanche un nouveau cours obligatoire pour tous les élèves dès la première année, le cours d'Etude des Moldus qui vous sera prodigué par le professeur Alecto Carrow. »

La sorcière qui venait de prendre place inclina la tête avec un rictus inquiétant imprimé sur les lèvres.

« Le cours de Défense contre les Forces du Mal est remplacé par le cours d'Art des Forces du Mal qui lui vous sera dispensé par le professeur Amycus Carrow. Le nouveau règlement de l'école est affiché dans vos salles communes, prenez-en bien connaissance avant demain matin. La liste des objets interdits est affichée sur la porte du bureau de vos deux nouveaux professeurs qui se sont portés volontaires pour être surveillants généraux de l'école. Il est toujours interdit aux élèves d'accéder seuls à la Forêt Interdite, sauf sur autorisation du corps professoral. Je vous laisse profiter du festin… »

Il se rassit et les plats apparurent sur les tables. Sa dernière phrase résonnait dans la tête d'Hermione ''Je vous laisse profiter du festin…'', comme si c'était la dernière chose agréable à laquelle les élèves auraient le loisir de se raccrocher. Elle frissonna et commença à se servir. Elle constata que leur table était moins garnie que les années précédentes, bien qu'il y ait toujours assez pour les nourrir, les mets étaient moins raffinés, moins diversifiés et moins goûteux en plus d'avoir baissé en quantité. Hermione se tourna vers les autres tables et vit qu'il en était de même à la table des Poufsouffles et des Serdaigles. À la table des Serpentards, en revanche, jamais on n'avait vu un tel étalage de bonnes choses. En parcourant la table des yeux, son regard rencontra celui de Malefoy. Il la dévisagea avec un immense dégoût et, pour la provoquer, repoussa son assiette devant lui pour lui signifier que sa vue lui coupait l'appétit. Devant sa mine outrée, il ne put s'empêcher de lui offrir son habituel sourire narquois.

« A qui est-ce que tu souris bêtement ? demanda Tyler à son ami.

- Je ne souris pas bêtement. Je préviens la petite Sang-de-Bourbe que, même si Rogue a dit que c'était l'année du changement, certaines choses ne changeront jamais.

- Je vois… et que comptes-tu lui faire cette année ? s'enquerra-t-il, impatient de savoir de quelle façon ils allaient se distraire cette année à l'école.

- Oh… bien pire que les années précédentes. Je ne sais pas si tu as remarqué mais Potter semble avoir disparu de la circulation. C'est le moment propice pour torturer notre pantin préféré. »

Ils ricanèrent discrètement en jetant un regard plein de promesse à Hermione qui semblait fascinée par les deux Serpentards. Voyant qu'ils la fixaient de cette façon, elle rougit violemment et détourna son regard. Les desserts arrivèrent, mais elle n'avait déjà plus faim. Elle frissonna en se remémorant le regard implacable de Malefoy. Cette année allait être éprouvante, elle le sentait. Elle l'était déjà, de toute manière. Son visage se voila d'une infinie tristesse et son esprit s'envola loin de cette école, loin du monde magique.

Ses parents lui manquaient. Plus que de raison. Elle ne s'était jamais attendue à ce que son monde d'origine puisse être gagné par la guerre qui menaçait le monde sorcier. Elle ne pensait pas que ses parents en soient les premières victimes. Et elle ne s'était pas préparée à se sentir si seule face à cette perte. Ron et Ginny étaient là pour elle bien sûr, mais ils avaient encore leur famille, ils ne pouvaient donc pas mesurer l'impact de la perte des parents d'Hermione sur son moral.

Perdue dans ses souvenirs, elle ne vit ni n'entendit pas les étudiants se lever pour rejoindre leurs dortoirs respectifs, les premières années guidés par les préfets. Ce n'est que quand un élève la heurta légèrement, poussé par un autre qu'elle se rendit compte du remue-ménage. Elle vit également que Malefoy était resté assis. Elle se souvint alors que Rusard devait leur montrer leur pièce commune.

« Tu ne viens pas, Hermione ? la questionna Ginny.

- Je vous rejoins après, on doit aller voir Rusard avec Malefoy.

- Fais attention en allant à la tour Gryffondor, cet énergumène est capable de bien des choses…

- Ne t'en fait pas, je garderai ma baguette à portée de main », la rassura Hermione.

La jeune fille hocha la tête et rejoignit les autres Gryffondors. Hermione se résigna à se lever, mais elle ne voyait toujours pas Rusard. Le professeur McGonagall entra alors dans la Grande Salle par la petite porte qui se trouvait à gauche de la table des professeurs. Elle avait les lèvres pincées, comme quand elle surprenait un élève à bavarder au lieu de suivre son cours.

« Mr Rusard n'est pas disponible tout de suite, c'est donc moi qui vais vous montrer votre salle commune. Veuillez me suivre. »

Sans ajouter un mot, elle commença à avancer à grands pas vers le grand escalier. Elle les mena jusqu'à une vieille tapisserie dans l'aile Ouest, au cinquième étage.

« Ordre et discipline,» énonça la directrice adjointe.

La tapisserie se plissa vers la droite, ouvrant le passage sur une très courte galerie. Ils s'engagèrent dans la pièce et arrivèrent sur un salon spacieux et sobre. Il était meublé d'un large canapé en cuir marron, de deux causeuses pourpres entourant une table basse qui était placée deux mètres devant la grande cheminée où un feu ronflait paresseusement. La cheminée disposait d'une porte à sa droite – ainsi qu'une autre juste en face de celle-ci - et le blason de Poudlard reposait au-dessus de l'âtre. À leur droite, contre le mur, était disposé un lourd buffet en chêne massif, devant une grande table en marbre vert émeraude, tacheté de noir et blanc. Les chandelles qui se trouvaient dessus

« Du Vert de Prato, chuchota Hermione en se retenant de caresser la pierre froide du bout des doigts.

Sur le mur du fond se trouvait une immense verrière devant laquelle trônaient deux fauteuils lie de vin à l'allure très confortable.

« Bien, voici donc votre salle commune, commença la vieille femme. Je vous ai déjà énoncé les règles propres à ce lieu. Cependant, j'ajouterais que de chaque côté de la cheminée, vous avez deux chambres. Si vous le souhaitez, vous pouvez y dormir à l'occasion. Vous êtes cependant obligé de nous le signaler par une missive ou par avertissement oral. Et vous devrez vous débrouiller pour réaménager ces chambres. Chacune d'elle dispose d'un passage secret vers la salle de bain des préfets. Je vous laisse découvrir l'endroit désormais, je dois me réunir avec les autres professeurs. »

Et elle les planta là. Hermione s'avança un peu dans la pièce, s'approchant de la verrière. Devant l'aperçu du paysage qu'elle eut, elle se rapprocha pour mieux l'apprécier. La verrière donnait directement sur la falaise à pic dont le pied s'enfonçait dans le lac noir. Son souffle se coupa devant le vide qui s'étendait devant elle. Elle sursauta brusquement en sentant le souffle de Malefoy dans son cou.

« Tu penses déjà au suicide, Granger ? Je n'ai pourtant pas encore commencé à te tourmenter… Je préfèrerais que tu me laisse le plaisir de te faire souffrir un long moment avant que tu ne mettes fin à tes jours. »

Il ne lui laissa pas le temps de répondre et s'éloigna aussi silencieusement qu'il était arrivé. Elle frissonna, comme si un froid glacial s'était soudain abattu sur la pièce. Elle recula précautionneusement et retourna vers le feu. Intriguée, elle ouvrit la porte de droite mais elle était verrouillée. Dépitée, elle tenta la porte en face qui, elle, s'ouvrit. L'autre chambre devait déjà être occupée par son homologue. En pénétrant dans la pièce, elle comprit pourquoi le professeur McGonagall leur avait dit qu'ils devraient réhabiliter les chambres eux-même.

La pièce sentait le renfermé. Une épaisse couche de poussière recouvrait le peu de mobilier qui s'y trouvait. Les draps avaient besoin d'être changés : ils étaient mités par endroits et des tâches peu ragoutantes les parsemaient. Même la fenêtre était encrassée.

« Tu te plais ici, Granger. Une créature telle que toi, Sang-de-Bourbe, ne peut que se complaire dans un univers aussi répugnant, n'est-ce pas ?

- Ne commence pas, Malefoy, soupira-t-elle. Je ne suis pas d'humeur.

- Tant pis pour toi. Je suis toujours d'humeur pour te rendre la vie impossible. Que tu y sois disposée ou pas, peu m'importe.

- Puisque tu résonnes comme un Veracrasse, je m'en vais…

- Profites bien de ta soirée, tu vas avoir besoin de toute ta verve demain…

Sans répondre, elle souffla bruyamment en s'éloignant à grand pas, laissant un Drago Malefoy extrêmement satisfait. Peut-être allait-il réellement pouvoir s'amuser cette année. Il fallait qu'il en parle à Tyler, aussi, descendit-il dans les cachots pour aller à la salle commune des Serpentards où il savait que son ami l'attendrait.

« T'en as mis du temps ! s'exclama celui-ci quand Drago franchit la porte. J'ai failli ne pas t'attendre.

- J'étais occupé à terrifier notre très chère Granger, espèce de larve fainéante. Et je sens qu'on va bien s'amuser, mon vieux. »

Drago lui raconta tout au sujet du dortoir des préfets, ne manquant pas de préciser les réactions de la Gryffondor à chacune de ses piques. Tyler lui tapa dans la main en s'esclaffant.

« Je sens que tu vas lui mener la vie tellement dure qu'elle ne s'en remettra pas.

- J'espère bien qu'elle ne s'en remettra pas… c'est un peu aussi le but de la manœuvre. Aider le Seigneur des Ténèbres tout en se divertissant un peu, ajouta-t-il avec un rictus cruel. Et ce que j'espère surtout, c'est qu'elle passera quelques nuits dans cette chambre, ce sera beaucoup plus simple…

- Tu m'étonnes. Tu me feras visiter, hein ?

- Que dis-tu comme idiotie ? répliqua Drago. Cet endroit est réservé aux seuls préfets.

Tyler eu la mine déconfite un instant, surpris par la réponse du blond. Mais celui-ci ricana en ajoutant :

« Tu me prends, pour qui, Greenwood ? Pour un Gryffondor qui respecte les règles ou quoi ? Viens, je t'y emmène, dès maintenant. Tu m'aideras à ranger ma chambre comme ça.

- Dans tes rêves, Malefoy ! ronchonna l'intéressé.

« Dommage que tu n'aies le droit d'y aller que pour tes devoirs de préfète, soupira rêveusement Ginny. D'un autre côté, ça t'évitera d'avoir à t'infliger la tronche de la fouine trop souvent, parce que connaissant l'individu, amoureux du confort comme il est, il va sans doute y dormir assez régulièrement…

- Je le pense aussi. Je vais déjà devoir le supporter plus que de raison.

- S'il te fait quoi que ce soit, tu viens nous prévenir, on lui fera sa fête ! bougonna Ron.

- Merci Ron, je pense qu'il ne va pas trop s'occuper de moi. Avec ses responsabilités de préfet-en-chef, il va sûrement persécuter les plus jeunes en leur retirant des points à tout bout de champs.

Que Malefoy puisse l'embêter ne l'inquiétait pas plus que cela. Elle se fichait bien de tout ce qu'il pourrait lui dire. Elle se moquait bien de tout ce qui pouvait lui arriver de toute manière. Ce dont elle ne se doutait absolument pas, c'est qu'il l'avait bel et bien prise pour cible, elle et personne d'autre.


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