Alors ? Que va-t-il advenir de notre chat préféré, maintenant qu'il est du côté obscure de la force, comme dirait l'autre ? Merci à ceux qui suivent, BISOUS
La chimère reptilienne mena la chimère féline jusqu'à une cave souterraine dont la lucarne était assez large pour laisser passer le lézard. Les deux chimères entrèrent donc, Roy regardant autour de lui avec un air curieux.

- Voici mon repaire, dit la chimère à la vaste carrure. Je pense qu'il va aussi devenir le tien. Tu ne voudras sans doute plus retourner auprès de ta maîtresse, après ce que tu lui as fait aujourd'hui.

Roy restait assis dans un coin, les yeux baissés. Il sentait qu'il ne pouvait pas retourner près de Riza mais un chat tel que lui avait besoin d'un endroit confortable pour vivre, ce que cette cave humide et froide ne pouvait lui apporter. Il sembla plonger dans ses pensées et se roula en boule sur le sol, tournant le dos à l'autre chimère. A vrai dire, il voulait rester aussi seul que possible, il se sentait honteux de s'être fait avoir par ce reptile. Celui-ci continua à déblatérer :

- Je comprends ce que tu ressens. Tu es perdu après ce qu'il s'est passé. Ca passera sûrement plus vite que pour moi, puisque tu n'es pas seul.

Roy ne voulait pas croire qu'il devait s'en faire un allié. Mais après ce qui venait de se passer, que pouvait-il faire d'autre ? Personne ne pourrait comprendre son état d'esprit, il n'était même pas sûr que Riza le pouvait.

- Bon, la nuit ne devrait pas trop tarder. Je vais continuer de faire mes réserves pour l'hiver. Tu viens ?

Roy se retourna vers lui.

- Tu verras, tu ne pourras plus manger la nourriture des humains dans cet état, et tu vas devoir chasser. C'est ce que j'ai fait, ces derniers temps. En fouillant les poubelles des restos, j'étais sûr de trouver à bouffer. En général, je trouvais jamais de viande, c'est pour ça que je tuais les gens qui se ramenaient.

Notre Neko l'écoutait, assis comme un chat, les oreilles aplaties et la queue formant un arc de cercle autour de lui. L'autre sentit que quelque chose n'allait pas.

- Bon, assez parlé de moi. Dis-moi ce qui va pas.

Roy gardait le silence mais il sentait qu'il devait parler.

- C'est parce que tu es tombé du côté du mec que tu traquais ?

Nouveau silence, mais Roy comprenait petit à petit que l'autre était peut-être cinglé de vouloir rester chimère, cependant il ne semblait pas bête pour autant.

- C'est la blonde ?

- Miaou… gémit Roy.

- Faut croire que j'ai touché juste.

- Je l'aime… murmura Mustang.

L'ouïe de l'autre homme était assez développée pour percevoir ces quelques mots.

- Attends, tu es Roy Mustang. Des femmes, t'en as autant que t'en veux, veinard !

- Mais c'est Riza que je veux pour le restant de ma vie. T'as pas l'air de comprendre qu'un homme à femmes comme moi a pu devenir un homme fidèle à une seule et insensible au charme des autres.

- J'ai toujours aimé collectionner les gonzesses, surtout les grandes rousses.

Ils continuèrent à discuter ainsi, jusqu'à ce que la nuit tombe. Roy se sentait mieux au fur et à mesure qu'il parlait mais il refusait de faire confiance à ce meurtrier. Lorsque l'autre se prépara à aller à la chasse, il réalisa que le chat s'était mis en boule sur un tapis miteux et dormait.

- Ah, ces chats ! Toujours en train de dormir ! soupira le reptile.

Et il sortit remplir son ventre.


Quelques heures plus tard, Roy se réveilla. Après avoir retrouvé sa mémoire embrumée par le sommeil, il sortit à son tour et, après avoir un peu erré sur les toits pour retrouver un endroit connu, il se rendit dans son jardin. Tapi dans l'ombre, il remarqua que la lumière était allumée. Il chercha Riza des yeux et la vit bientôt sortir de la cuisine. Elle semblait avoir fini de manger, vu l'heure qu'indiquait l'horloge du salon. Elle se posa sur le canapé, un livre à la main, pensant oublier ce qu'il s'était passé dans la journée. Hayate voulut la rejoindre sur le canapé mais elle lui fit comprendre que cette place était réservée à un autre mâle. Le chien alla donc se coucher sur les pieds de Riza.

La pauvre n'arrivait pas à se concentrer sur sa lecture, trop inquiétée par le comportement de Roy. Elle balança la tête en arrière, en soupirant. Elle promena ses yeux un peu partout dans la pièce, perdue dans ses pensées. Très vite, elle se sentit observée. En regardant par la fenêtre, la jeune blonde remarqua deux points brillants dans l'ombre. Brusquement, Hayate partit dans la cuisine en gémissant, la queue entre les pattes. La militaire comprit qu'il avait senti la présence de Roy.

Elle s'approcha lentement de la fenêtre, ne voulant pas brusquer sa chimère de petit ami. Elle s'accroupit devant la fenêtre, le regard tourné vers ces deux points brillants. Ceux-ci s'approchèrent après un certain temps. Peu après, devant elle se tenait un Roy assis comme un chat, les yeux toujours jaunes, les oreilles aplaties et la queue caressant à travers la vitre la main que Riza y avait apposée.

Elle lui ouvrit et il entra lentement, pas fier. Elle retourna s'asseoir sur le canapé et invita Roy à la rejoindre, pensant qu'il voudrait une séance de caresses ventrales. Mais il resta assis par terre, à côté de la fenêtre.

- Pardon, Riza. Je m'en veux pour ce qu'il s'est passé aujourd'hui. Tu dois m'en vouloir et je ne t'en tiens pas rigueur. Mais je veux que tu saches ce qu'il m'est arrivé.

En fait, Riza ne lui en voulait absolument pas, elle l'aimait trop et elle savait qu'ils courraient des risques avec la transmutation temporaire de Roy. Celui-ci lui dit tout ce qui s'est passé avec l'autre chimère. Son aimée l'écouta attentivement et comprit bien vite que ces événements étaient un avantage pour l'enquête malgré tout.

- Comme tu l'as sans doute compris, je sais où il hibernera et je connais ces motifs, comment il procédait, tout !

- Bonne nouvelle, alors…

- Riza,… j'aimerais que tu rentres chez toi, je me sentirai mal si tu restais encore chez moi. Je t'aime et, à cause de ce qui s'est passé aujourd'hui, je ne veux plus que tu restes avec moi. Je ne supporterais pas qu'il t'arrive quelque chose à cause de moi.

- Mais…

- Je t'en prie, Riza.

Elle ne savait que trop bien à quel point il était tête de mule en ce qui concernait les personnes qu'il aimait. Elle partit donc chez elle, avec son chien et une profonde tristesse, suite à sa rupture avec Roy.