Chapitre 8
Celle-ci était en larmes et se précipita dans les bras de son leader qui la serra contre lui. Le médecin coupa le programme et l'homme perdit connaissance brusquement. Il enleva le casque et rangea le matériel. Lorsqu'il eut terminé, il revint dans la zone principale et s'approcha de ses collègues.
– Reste avec elle, fit Jack en lui confiant la jeune femme qui se blottit dans les bras de son ami.
– Que vas-tu faire ?
– Je vais aller chercher Ianto.
– Tu ne peux pas le faire tout seul, je vais venir.
– Non, restez ici et mettez-moi ce pourri en cellule. Je déciderai plus tard de ce que je vais en faire.
Sur ces mots, il monta dans son bureau et ouvrit le coffre-fort. Il en sortit une boite dans laquelle se trouvait un petit artéfact rond qu'il prit dans sa main. Il quitta la pièce et se dirigea vers le garage après un bref regard aux deux autres membres qui étaient toujours dans les bras l'un de l'autre.
Installé dans le SUV, il quitta le bâtiment et se dirigea vers les docks. Quand il arriva à destination, il gara le véhicule à l'abri des regards et se faufila jusqu'à l'entrée du bâtiment, sortant son arme et avançant prudemment. L'intérieur était divisé en plusieurs espaces ressemblant à des bureaux dont toutes les portes étaient fermées.
Il connecta son oreillette et appela la base.
– Tosh, murmura-t-il, j'ai besoin de toi.
– Que puis-je faire ?
– Je suis dans l'entrepôt, mais il est aménagé en pièces différentes. Peux-tu me dire si tu vois quelqu'un d'autre que moi ?
– Ne bouge pas un instant, je lance le programme.
– Comment va le prisonnier ?
– Owen l'a descendu comme tu le lui avais demandé, il l'a mis près de Janet. Bon, ça y est, je te vois, enfin, si c'est bien toi, j'ai quatre autres signatures. Déplace-toi pour que je te visualise.
Jack avança dans le couloir, faisant attention à chaque intersection.
– Je t'ai, continue plus loin. Prends sur ta droite à la prochaine et va au bout. J'ai deux points fixes, je suppose qu'ils sont devant une porte.
– D'accord. Où sont les deux autres ?
La jeune femme fixait l'écran et leva les yeux vers Owen qui s'approcha en lisant le désespoir dans son regard. Les deux points étaient superposés, s'éloignant quelquefois pour se confondre à nouveau.
– Tosh, réponds !
– Les autres sont dans la pièce, Jack, fit Owen. Fais gaffe en entrant.
Le Capitaine continua sa progression et arriva au croisement. Prudemment, il passa la tête pour regarder la position des hommes en faction et il se redressa, se plaquant au mur. Il ferma les yeux pour se détendre un instant.
Sa décision prise, il bascula à l'angle, visa et tira deux fois, faisant mouche. Il vit les deux corps s'effondrer sans un bruit et s'avança vers la porte. Pendant quelques instants, il ne bougea pas, attendant de voir si quelqu'un allait venir après avoir entendu les coups de feu, mais tout était calme. La main sur la poignée, il avait le cœur battant, derrière la séparation, il y avait son amant. Silencieusement, il ouvrit et se figea sur place à la vue qui s'offrait à lui. Ianto était couché sur le lit, toujours attaché et la créature se mouvait sur son corps, sa peau scintillant sous le plaisir qu'elle ressentait. Il entendait ses gémissements et son cri résonna lorsqu'elle eut son orgasme. Il vit le Gallois atteindre l'extase, lui aussi, se déversant avec un râle de jouissance.
– Non ! cria le Capitaine.
Sous la surprise, la femme leva les yeux et croisa le regard de l'immortel. Un sourire flottait sur ses lèvres et elle caressa doucement la peau de Ianto qui ne la quittait pas des yeux.
Elle descendit du lit et se dirigea vers le leader de Torchwood. Celui-ci ne fit pas attention à sa nudité, seul comptait son amant, allongé et ligoté sur ce lit. Il voyait sa poitrine se soulever avec rapidité.
– Il est à moi, fit-elle en s'approchant.
– Je ne le pense pas, répondit Jack.
– Il ne peut plus se passer de moi.
– Je vais me charger de lui faire oublier ce cauchemar.
– Qui vous dit que cela en est un pour lui, il prend du plaisir autant que moi ! Il en redemande maintenant.
– C'est votre drogue qui l'y oblige, lorsqu'elle aura quitté son organisme, il le saura.
– C'est vous qui ne comprenez pas, il ne pourra plus jamais s'en passer, j'ai fait ce qu'il fallait pour cela et je vais l'emmener avec moi lorsque je retournerai dans mon monde. C'est le meilleur mâle que je n'ai jamais eu, j'ai enfin trouvé ce que je cherchais.
– Donc, toutes ces agressions, c'était vous ?
– Oui, il me fallait tester mon produit, le perfectionner et trouver le bon spécimen.
– N'avez-vous donc pas d'hommes dignes de ce nom dans votre monde ?
– Malheureusement non, ils sont tous dégénérés, ils ressemblent plus à des vieillards qu'à ce jeune homme agréable à regarder. Je prends beaucoup de plaisir avec lui et sans doute que j'utiliserai une porteuse pour lui donner une descendance. Des enfants de lui devraient faire des envieux chez nous, ils pourraient me rapporter beaucoup. Les mâles évidemment, précisa-t-elle, je me débarrasserai des femelles.
Jack eut un coup au cœur en comprenant qu'elle voulait transformer son amant en un simple étalon de qualité.
– Une porteuse ?
– Évidemment, il n'est pas question que j'ai des enfants moi-même, je n'ai pas envie que mon corps devienne difforme, fit-elle en passant sensuellement ses mains le long de ses hanches nues.
Jack sentait la colère monter, mais il se maîtrisa, il devait sortir Ianto des griffes de cette créature abjecte.
– Vous ne l'emmènerez pas ! gronda le Capitaine. Je vous en empêcherai, je peux vous l'assurer !
– Ah ! Et comment comptez-vous vous y prendre ? fit-elle en reculant jusqu'au lit pour caresser le corps du Gallois.
Ianto tourna la tête et croisa le regard de son amant. Un bref éclair de lucidité traversa ses pupilles et une larme roula sur sa joue en le voyant. Il tira sur ses liens pour tenter de se libérer.
– Aide-moi, supplia-t-il.
Le Capitaine glissa sa main dans sa poche et saisit l'artéfact qu'il tendit devant lui en baissant les paupières.
– Ianto, fit-il assez fort pour que le jeune homme l'entende bien. Ferme les yeux et pense à moi !
Obéissant, le Gallois s'exécuta et forma l'image du Capitaine. La femme les regarda tour à tour sans comprendre ce qu'il se passait jusqu'à ce qu'elle voie un faisceau lumineux sortir de l'objet.
– Je vous ai dit que vous ne l'emmèneriez pas, gronda Jack. Je tiens toujours mes promesses.
À ce moment, le rayon frappa la poitrine de l'extraterrestre qui s'illumina sous l'impact. Après quelques instants, son corps explosa en un millier de petites étincelles. L'écho de son cri résonna encore pendant quelques secondes avant de s'évanouir, laissant retomber le silence dans la pièce. Le Capitaine ouvrit les yeux, remit l'artéfact dans sa poche et s'approcha du Gallois.
Il passa sa main sur sa joue, son regard parcourant le corps nu et détacha ses poignets et ses chevilles. Il ôta son manteau et le posa sur les épaules du jeune homme après l'avoir aidé à s'asseoir.
– Ian, murmura-t-il, pardon d'avoir autant tardé.
– Jack ! fit Tosh à l'oreillette, réponds-moi !
– Oui.
– Deux points sont encore là. Que s'est-il passé ? Tu l'as trouvé ?
– Nous rentrons, fit-il simplement en prenant dans ses bras le Gallois qui venait de perdre connaissance. Owen, je vais avoir besoin de toi.
– Ok, je t'attends, fit le médecin en regardant la jeune femme. Comment va-t-il ?
– Il est évanoui, mais il ne semble pas blessé.
– D'accord, fais vite.
Lorsque Jack arriva près du véhicule, il ouvrit la portière et déposa son précieux fardeau sur le siège puis boucla sa ceinture et rabattit le manteau sur ses jambes nues. Après un instant, il lui caressa tendrement la joue et ferma pour faire le tour et s'installa au volant. Pendant une minute, il regarda son compagnon puis démarra et rentra à la base.
L'alarme de l'entrée du Hub se déclencha et la lourde porte s'ouvrit, laissant passer le Capitaine qui portait le Gallois dans ses bras. Il se dirigea rapidement vers la baie médicale où attendait le médecin. Sans un mot, il posa le jeune homme et s'écarta pendant que Owen commençait à l'examiner. Il ouvrit le manteau et constata qu'il était nu. Le voyant prendre un drap, Tosh comprit et s'éloigna pour le laisser officier. Jack l'aida à retirer le vêtement et le posa pour recoucher son amant.
Le médecin le couvrit et prit ses constantes puis les nota avant de regarder son bras de plus près, constatant les nombreuses traces de piqûres.
– J'en compte au moins onze, Jack, mais il y en a sans doute plus. Je ne sais pas ce que l'on va faire.
– Je ne sais pas non plus, fit-il de la douleur dans la voix. Mais je ne le laisserai pas comme ça. Je trouverai une solution.
– Il a dit que le besoin serait permanent, insista Owen.
– Je trouverai, répéta le Capitaine en caressant le visage du Gallois.
– Bien, je ne peux rien faire de plus. Je crois que nous allons rentrer, nous avons besoin de repos. Méfie-toi, je ne sais pas quelle réaction il pourrait avoir à son réveil !
– Ne t'en fais pas, je vais gérer.
– D'accord, alors on te laisse, si tu as besoin, n'hésite pas à m'appeler.
Jack acquiesça sans rien dire. Tosh posa un baiser sur la joue du jeune homme, puis se tourna vers son leader, des larmes roulant sur ses joues.
– À demain, fit-elle doucement en partant vers le sas.
Owen passa son bras autour de ses épaules et ils quittèrent la base.
Jack n'avait pas bougé, les pensées se bousculaient dans sa tête et il n'arrivait pas à réfléchir à une solution efficace pour aider Ianto. Il s'assit près de lui et lui caressa doucement les cheveux. Épuisé nerveusement, il posa sa tête sur le matelas, tenant la main de son amant et finit par s'endormir.
Il fut brutalement réveillé en sentant le Gallois s'agiter. En levant les yeux, il constata qu'il était en sueur, les yeux hagards et qu'il ne semblait pas le reconnaître.
– Ianto, tout va bien, tu es à la base, fit-il doucement.
Il tentait de parler posément, mais le jeune homme ne se calmait pas, agrippant la chemise du Capitaine pour le tirer à lui.
– Ariana, murmura-t-il. Viens…
L'immortel ressentit une vive douleur quand il entendit les mots prononcés. Le Gallois semblait vouloir contenter la jeune femme qui l'avait soumis à sa volonté.
– Ian, elle n'est plus là. Ian, regarde-moi, souffla-t-il en cherchant à le focaliser sur lui.
– Ariana…
Le drap glissa et Jack put constater que le Gallois était en érection, son corps se tendant vers celui de l'immortel qu'il confondait avec sa tortionnaire. Il délirait et voulait assouvir son désir. Le Capitaine prit rapidement une décision, il fallait l'apaiser et il ne voyait qu'une solution. Il lui fit quitter son lit, lui enfila une blouse d'hôpital et l'entraîna dans le bureau. Il le fit descendre dans la chambre et le rejoignit rapidement. Quand il arriva au pied de l'échelle, le jeune homme était couché sur le dos et tendait les bras vers lui.
– Viens Ariana…
Le leader se dévêtit rapidement et se rapprocha du corps qui l'appelait. Il se colla contre lui et l'embrassa délicatement, écartant le tissu, caressant sa peau du bout des doigts. Le Gallois gémit, fermant les yeux appréciant les sensations. Jack descendit jusqu'à sa virilité et la prit dans sa bouche, appliquant de savants va-et-vient pour l'amener à la jouissance. Mais avant d'y arriver, Ianto se dégagea, conditionné par le fait de donner du plaisir et non d'en avoir. Le Capitaine comprit immédiatement et tendit la main vers le tube de lubrifiant, s'appliquant à préparer son intimité pour recevoir son amant.
– Ariana, vas-y, souffla le Gallois.
Jack se mit à califourchon sur ses hanches et se laissa glisser sur le membre dressé, sentant les mains de son partenaire agripper ses fesses pour initier le mouvement. Après un bref moment de douleur, il commença à ressentir du plaisir et se laissa emporter, variant les allées et venues sur la hampe de chair qui s'insinuait en lui. L'extase montait, mais Ianto, pensant faire l'amour à une femme, ne s'occupait pas de son membre douloureux et Jack s'employa lui-même à s'amener à la jouissance.
La chambre résonnait de leurs soupirs et de leurs gémissements et au bout de longues minutes, le Capitaine finit par se déverser dans sa main et sentit le Gallois le remplir de sa semence chaude en poussant un cri de délivrance. Le corps en sueur, ils se caressaient et l'immortel se coucha sur le torse de son amant, picorant sa peau et léchant ses tétons durcis. Puis il libéra le jeune homme et se coucha près de lui. Il n'avait pas pensé que la première fois que Ianto le possèderait, serait ainsi, mais il ne le regrettait pas, il avait aimé sentir son amant en lui, même si cela avait été bien trop court.
Jack rabattit le drap sur leurs corps et ils finirent par s'endormir dans les bras l'un de l'autre. Demain, il serait temps de trouver une solution pour soulager le Gallois.
Au matin, le Capitaine se réveilla et regarda le jeune homme dormir paisiblement. Il se dégagea des draps et alla prendre une douche rapide avant de s'habiller pour aller attendre le médecin. Lorsque celui-ci arriva en compagnie de Tosh, il vit le visage fatigué de son leader et regarda vers la baie médicale. Il pâlit en voyant le lit vide et se tourna vivement vers l'immortel.
– Ne t'en fais pas, pour le moment, il va bien, fit Jack en voyant son inquiétude.
– Où est-il, tu ne l'as pas enfermé au moins !
– Non, il est dans ma chambre.
– Pourquoi ?
– Il s'est réveillé cette nuit et il était très agité. Il n'a pas arrêté de demander à Ariana de…
– Non, Jack, qu'as-tu fait ?
– Rien, je l'ai simplement satisfait.
– Quoi ! Mais…
– Je l'ai laissé faire, dit-il tout bas pour éviter que Tosh entende ses paroles.
Mais celle-ci avait l'ouie finie et se mit à rougir violemment en posant sa main sur sa bouche. Gênée, elle se sauva dans la cuisine, laissant les deux hommes converser.
– Tu veux dire que…
– Oui, le coupa Jack, je n'avais pas le choix. Il fallait trouver un moyen de le soulager et c'est tout ce que j'avais sous la main.
– Ok et maintenant ? s'enquit Owen.
– Il faut aller voir le chimiste. Il y a sûrement quelque chose à faire. Il ne peut pas rester comme ça. Je ferai ce qu'il faut chaque fois que cela sera nécessaire, mais son cœur va finir par ne plus le supporter, il est fiévreux et très agité. C'est pire que les drogues terrestres.
– Je pourrais peut-être le mettre dans un coma artificiel, proposa le médecin.
– On verra en dernier recours, mais il doit y avoir quelque chose à faire. Je vais voir le prisonnier. Suis-nous sur la vidéo, peut-être me parlera-t-il si je suis seul.
– D'accord.
Le Capitaine descendit dans les voûtes et se planta devant la cellule, fixant l'homme qui baissait la tête pour ne pas croiser son regard.
– Nous l'avons ramené, fit l'immortel. Et j'ai tué la femme. J'ai besoin de votre aide pour sauver mon ami. Je peux vous permettre de changer de vie en échange d'un coup de main. Vous connaissez la composition de cette drogue, j'aimerais que vous nous aidiez de trouver un antidote.
Meugan finit par le regarder. La créature était morte, mais il avait peur des représailles du Capitaine.
– Je ne peux rien faire, fit-il en se rendant compte qu'il n'avait pas trop de choix pour s'en sortir.
– Pourquoi ? Nous pouvons vous fournir tout ce dont vous avez besoin et notre médecin est très compétent.
– Vous ne comprenez pas, l'une des composantes ne se trouve pas sur Terre.
– Comment ça ?
– Elle activait un portail et recevait le produit d'une autre créature qui repartait aussitôt.
– D'accord. Avez-vous déjà pris livraison d'un envoi ?
– Oui, le jour où je vous ai tiré dessus.
– C'était vous ? demanda Jack.
– Oui, je suis désolé, j'ai eu tellement peur que je vous ai même raté !
Le Capitaine sourit, il l'avait belle et bien tué, mais il n'allait pas le lui dire. En prenant la balle, il avait protégé le Gallois et s'était réveillé dans ses bras.
– Ok, pouvez-vous me dire ce qu'est ce produit ?
– C'est le nectar d'une fleur qui pousse sur leur planète d'origine. Elle l'appelle la Belle de Jour. Ariana venait de la périphérie de Pégase, une petite planète qui n'avait même pas de nom.
– Comment cela ?
– Elle n'avait que des coordonnées.
– Très bien, vous les avez ?
– Oui, elle me les avait données pour la livraison, vous comptez vous y rendre ?
– Sans aucun doute si cela peut me permettre de sauver Ianto, fit le Capitaine en quittant le prisonnier.
À suivre…
