Auteur: Subaru-dSérie: Tokyo BabylonGenre: Retour dans le passéCouple: SahanXSûjiro

L'histoire de Tokyo Babylon ainsi que ses protagonistes appartiennent à Clamp, mais les héros de cette fic sont ma création, quoiqu'ils vous rappelleront potentiellement quelqu'un .

Et voilà qui conclut cette petite fic «d'introduction». En espérant que ça vous ait plus…

Ri-Me-n-shi – Epilogue

Rimenshi (mot de la langue japonaise): signifie, en langue française «contexte historique caché ou inconnu», écrit avec le kanjis «intérieur», «surface» et «histoire».

Il suivait calmement l'avançé du garçon sur le quai, puis sa chute…il savait qu'il n'y avait pas besoin de se presser, sa proie se montrerait en temps et en heure.

Il était beau…Seishirô Sakurazuka sourit. Sa mère avait raison, ce serait plus amusant de cette façon.

Bien plus amusant…mais seulement pour lui.

Le petit Sumeragi trouverait cela beaucoup moins drôle, sans aucun doute…Mais quelle importance? Se préoccuper de ce qu'il pouvait ressentir ou souffrir serait une perte de temps. Mieux valait l'obliger à plier en douceur.

Et s'il ne voulait pas…Bah, ça n'en serait que plus drôle. Le Sakurazukamori plia proprement son journal sous le bras et plaça sur ses lèvres un sourire bienveillant, avant d'ajuster ses lunettes. Un masque parfait.

«Vous vous êtes fait mal?»

Le jeune homme releva de grands yeux limpides, terriblement –trop, même- expressifs, sur cet homme qui lui proposait de l'aider à se relever en souriant.

«Euh…n…non. Je vous remercie.»

Il prit la main tendue avec gratitude. Et un instant, il sembla à Seishirô Sakurazuka qu'il ne le lâcherait plus.

Enfin, Sahan-kun…

«Euh…je suis désolé…j'ai dû buter sur…sur quelque chose…»

Il écoutait à peine ce que le garçon racontait…Il y avait définitivement quelque chose de peu commun avec cette proie-là.

Peut-être qu'il ne le tuerait pas en fin de compte…

Non.

Il y avait certainement mieux à faire.

«Oh, non! Je vais être en retard.»

L'assassin revint à la réalité en regardant son interlocuteur s'agiter.

«Vous avez un rendez-vous?»

«Hé bien…ma sœur est…très à cheval sur les horaires.»

J'oubliais…je n'ai supprimé que ta mère, pour le moment. Patience, le tour de ta jumelle viendra.

«Elle vient vous chercher?»

«Nous avions rendez-vous dans un café, après mon travail.»

«Où?»

«A Nakano-plaza…Elle va m'écorcher!»

«Allons, allons…si elle aime son petit frère…»

«Vous ne la connaissez pas…» Fit Subaru avec un abatemment comique.

Comme si j'avais besoin de la connaître…Tu ne réalises pas la stupidité de ta remarque, Subaru-kun…ou Sahan-kun?

«Et si je vous fournissais une excuse?»

«?»

«Oui…un rendez-vous galant, par exemple?»

Il vit l'adolescent devenir d'un joli rouge, jusqu'aux oreilles.

Tu étais moins prude, dans mon souvenir…encore un des bienfaits de ton maudit clan.

Avec ce que le mien les a fait souffrir pendant des siècles…ils ont fait ce qu'ils ont pu pour me mettre des bâtons dans les roues.

Seishirô Sakurazuka s'autorisa un nouveau sourire.

Il était très satisfait…très satisfait de l'avoir retrouvé, très satisfait de voir à quel point sa comédie semblait prendre sur cet esprit trop pur, très satisfait d'être un Sakurazukamori, enfin.

Jamais la perspective de détruire quelque chose ne l'avait autant amusé.


«Tu n'as pas tenu ta promesse.»

Il était toujours saisissant de voir à quel point elle pouvait ressembler à son frère, bien qu'ils soient de caractère si différent…

Surtout avec la tenue rituelle des Sumeragi.

Une provocation…que le Sakurazukamori allait se faire un devoir d'honorer. Lui, savait parfaitement à qui il avait affaire. Il ne voyait pas seulement Subaru, il le sentait, le devinait. L'aspect physique n'était qu'un plus, un bonus.

Il sourit à la jeune fille:

«Nous nous étions fait une promesse?»

«Je t'avais dit de ne pas emmener Subaru loin de moi.»

Le sourire devint plus cruel, plus incurvé, comme pour dévoiler les crocs d'un fauve:

«Mais Subaru-kun est dans sa chambre.»

Il savait toujours où se trouvait sa proie. Toujours ce qu'elle faisait…Subaru Sumeragi, si timide, aurait probablement été choqué de savoir à quel point il n'avait plus d'intimité, depuis des années.

En fait, il n'avait plus rien.

Plus d'âme.

Plus d'espoir.

Plus d'amant.

Plus de volonté.

Et bientôt, plus de moitié. Hokuto savait pertinemment que Seishirô ne la laisserait jamais repartir vivante. Par ce qu'elle était un obstacle, et une Sumeragi. Par ce que les Sakurazukamori avait juré de les détruire.

Et par ce qu'elle savait que l'assassin en face d'elle considérait son frère comme une propriété.

«Qu'est-ce cela t'aurait coûté de l'aimer, simplement? Il aurait aussi bien pu être à toi de cette manière!» Fit-elle, le regard dur.

«Non. Il ne l'aurait pas été totalement. Tu sais comment il est…trop altruiste, trop gentil, trop dévoué. En brisant cette gentillesse, je m'assure qu'elle n'aille à personne d'autre.»

«C'est une manœuvre désespérée, Sei-chan.»

«Peut-être bien. Mais j'ai réussi.Ton petit frère se réveillera quand je l'aurais décidé. Si je lui demande, il quittera le clan.»

«Et tu vas le lui demander?»

«Je n'en ai pas besoin. Il me suffira de l'appeler pour qu'il vienne.»

«C'est une vengeance?»

Seishirô perdit son sourire à ce simple mot, et il sembla un instant à Hokuto que son regard devenait vague, comme perdu…

«Oui.» Répondit-il finalement, comme se rappellant qu'elle était là.

La réponse sembla lui suffire.

«Je veux être sûre que tu ne le tueras pas…»

«Qui te dit que je compte le faire?»

«Si tu estimes qu'il ne t'appartient pas encore suffisamment, tu le feras.»

«Hokuto-chan, je suis étonné qu'avec une telle perspicacité, tu m'assomes encore de questions.»

«Je voulais être sûre avant de faire ça.»

«Ca?»

Un long silence s'installa entre eux et Seishirô songea qu'il allait prendre un certain plaisir à se débarasser d'elle. Elle était la seule encore capable de briser ce joug qu'il avait patiemment apposé sur Subaru.

«Maintenant…je veux que tu me tue.»

Le Sakurazukamori se remit à sourire.


Tokyo était définitivement plus belle dans la brume qu'en plein jour…il choisissait toujours l'aube pour venir s'installer au parc, même si cela le contraignait à des horaires désagréables. De toute manière, il ne travaillait pas durant la journée, cela lui laissait une certaine marge de manœuvre.

Y compris pour laisser le loisir à certaines personnes de le trouver plus facilement.

Cela avait été très distrayant de jouer avec Subaru, de l'empêcher de le voir, de détruire chacune de ses pistes, de le voir s'acharner…comme un drogué en manque.

Puis au bout de 9 ans, ca l'avait lassé: il voulait récupérer son bien, et le jeune onmyôji commençait un peu à lui manquer. Si l'observer était charmant, le tenir était plus intéressant.

Et la brume les cachait si bien…Subaru avait toujours détesté se montrer en public, il pouvait bien lui accorder ça. Le jeune homme aussi avait dû se lever tôt pour venir le retrouver, assis à côté du cerisier, l'attendant de manière visible.

«Tu n'es pas surpris de me voir.» Fit enfin la silhouette claire qui émergeait devant lui.

«Pas vraiment.» Répliqua le Sakurazukamori en jetant son journal sur le banc, sans cesser de sourire «Tu fais partie de ceux qui préfèrent Tokyo ensomeillée.»

«Tokyo est une ville qui ne dort jamais, Seishirô-san.»

«Veux-tu te battre?»

Bien sûr, il avait pensé à cette éventualité: Subaru devait quand même lui en vouloir…mais il avait la certitude que faire fondre sa rancœur serait la partie la plus facile.

«Pour quoi faire? Je ne gagnerais pas.»

«J'ai pourtant cru comprendre que tu étais devenu puissant. Tu t'es entraîné durement pendant toutes ces années…il serait injuste que ça ne serve pas.»

«Ce n'est pas un problème de puissance, et tu le sais très bien. Merci quand même.»

«Pour?»

«Avoir essayé de sauver mon honneur. Mais vu le peu que tu m'en as laissé, ce n'est vraiment pas la peine.»

«Subaru-kun…L'honneur…est seulement un mot. Il cause plus de tort que de bien, il pousse à tuer où à être tué et n'apporte aucune satisfaction. Et je n'ai pas touché au tien – pas encore.» Se crut-il obligé de préciser, pour enfonçer un peu plus le clou.

«Alors que me reste-t-il?» Demanda le Sumeragi d'une voix assourdie, comme s'il voulait étrangler cette question dans sa gorge.

Seishirô se leva et posa sa main gantée sur l'épaule frêle.

«Moi. C'est tout ce qui doit te rester à présent.»


Seishirô se pencha légèrement, jusqu'à ce que ses lèvres effleurent la joue du jeune homme étendu…un contact presque tendre et timide, mais qui cachait un désir violent et possessif. Il se masquait, comme toujours.

«Je ne vois pas ce que notre amour a de complexe, Subaru-kun. Je te vois, je te veux, je te prends.»

«Ma vie se résume à ces trois mots?»

Le Sakurazukamori eut un rire de gorge, piquant, cruel.

«Sais-tu pourquoi je t'aime, Subaru?»

La réponse, il valait mieux ne pas l'entendre…elle le ferait souffrir…mais il désirait si ardemment savoir…

«Pourquoi?»

Le sourire de l'assassin devint joueur et le baiser se transforma en morsure, sur son cou. Il eut un gémissement étouffé. L'autre ne le relâcherait que lorsque le sang commencerait à perler.

«Je te brise…et tu reconstruis patiemment pour moi, pour que je te brise à nouveau. C'est si distrayant de te faire mal. Je trouve sans cesse de nouvelles cibles.»

«Tu es un malade.» Souffla Subaru. «Un psychopathe.»

«Oui. Et tu es aussi fou que moi.»

«A cause de toi» Corrigea le Sumeragi en sentant son cœur s'affoler.

«Que veux-tu? C'est un besoin irrépressible…de briser…de briser ta foi, ton espoir, tes rêves…Il n'y a que l'amour que tu me portes qui soit intact, n'est-ce pas?»

Le jeune homme hocha douloureusement la tête:

«Pourquoi?»

«Par ce que j'ai travaillé durant une année pour m'immiscer en toi…Pour que tu m'aimes à en perdre la raison. Pour que tu me portes dans tes entrailles, que mon absence te brûle, que mon mépris te poignarde. Chez toi, à présent, même ton corps te fait souffrir.»

Il laissa négligemment sa main glisser le long de la hanche nue de son amant.

«C'est atroce, n'est-ce pas? Je ne connais pas vraiment cette douleur, mais je la devine…un mal qui prend au cœur, sourde dans la poitrine, remonte dans la gorge, brûle les yeux, tord l'estomac…On se rend malade pour un regard, un mot…C'est bien de toi.»

«Je te hais. Tu es une ordure... UNE ORDURE !"

En définitive, je me suis toujours trompé…j'ai voulu t'avoir par le plaisir, t'aimer, te chérir…mais je savais que je serais obligé de te forcer.

C'est de ta faute, Subaru…Sahan.

Tu aurais dû savoir que je n'abandonnerais pas.

Tu aurais pu être mon amant…mon chéri, mon être «spécial». Tu as préféré être ma proie.

Tant pis pour toi.

Tant pis pour moi.

Tu as perdu ton sourire…ce qui fait toi.

Moi j'y ai perdu mon humanité.

Tant pis pour nous…

Sahan-kun…je te hais.

FIN