Cauchemar et Saint-Valentin


- S'il vous plaît professeur, c'est important…

- Ah oui ? Expliquez-moi, miss Walter, ce qui est plus important que rendre le devoir sur les métamorphoses d'objets que j'attends depuis trois jours ?

- Professeur, il faut vraiment que je vois le directeur…

- Eh bien cela attendra !

- Mais…

- DEHORS !

Ça fait deux semaines que je harcèle McGonagall, pour avoir un entretien avec Dumbledore. Je la harcèle après ses cours, le soir, le matin aussi, quand je la vois. Elle m'a d'ailleurs menacée d'une retenue, si je ne me calmais pas très vite… Elle ne comprend pas que je dois m'entretenir avec Dumbledore de toute urgence ! Ça concerne mes parents, mes origines ! Dépitée, je remonte à la salle commune, les bras ballants et en traînant des pieds.

La salle commune est déserte et j'en profite pour sortir le fameux devoir que notre professeur de métamorphose exige. Depuis que Ginny a supposé que j'étais la sœur de Harry, je n'arrive plus à me concentrer en classe et je foire même mes potions, ce qui a l'air de réjouir Rogue au plus haut point soit dit en passant. Je commence donc à rédiger mon devoir. Je viens de le finir quand ma meilleure amie entre dans la pièce. Elle m'aperçoit et vient s'assoir à mes côtés. - T'as vus McGo ? me demande-t-elle

- Oui.

- Et ?

- La même chose que hier, avant-hier et la semaine dernière. je réponds. Et toi, d'où tu sors ?

- De l'infirmerie.

Je lève un sourcil, interrogateur et elle précise :

- Hermione est à l'infirmerie.

- Pourquoi ?

- Un mauvais sort d'après ce qu'elle m'a dit… Et honnêtement ce n'est pas beau voir…

- Précise !

- Elle s'est faîte transformée en chat et en ce moment, elle est au stade : je recrache mes poils…

- La pauvre ! dis-je écœurée

Un long silence s'installe, seulement rompu par le crépitement des flammes.

- Au fait, je me suis débarrassée du journal…

- Tant mieux, il avait une mauvaise influence sur toi.

- Je m'ennuie, on fait quoi ?

- Je vais allez rendre ce devoir à McGo, tu m'accompagne ?

- Hum…

Ensemble, nous regagnons le bureau de notre directrice de maison, elle est encore en plein travail et elle ne remarque pas tout de suite notre présence. Quand elle lève les yeux, je vois une expression exaspérée traverser son visage.

- Écoutez miss, si c'est encore pour le professeur Dumbledore…

- Tenez c'est mon devoir.

- Enfin !

Je lui donne et nous dirigeons Ginny et moi vers la sortie.

- Pour le professeur Dumbledore…

- Miss Walter, j'ai dit NON !

Penaude, je regagne, en compagnie de Ginny, la Grande Salle où le repas ne va pas tarder à être servi. La salle n'est pas encore remplie et nous trouvons une place facilement. Une fois que tout le monde est présent les plats apparaissent et nous mangeons dans la joie et la bonne humeur ambiante. Nous en sommes au dessert quand Dumbledore se lève.

- Mes chers élèves, comme vous le savez, demain est une journée particulière puisque c'est la Saint-Valentin. Pour cette occasion, vous trouverez à votre disposition un nain qui sera chargé de vous transmettre cartes et vœux.

- Il se fait tard. Je vous serez donc gré de regagner vos dortoirs respectifs et de ne pas traîner !

Le grincement des chaises se fait entendre et nous évacuons les uns après les autres la salle. Une fois dans le dortoir j'enfile mon pyjama et sombre dans le sommeil.

Une porte fracassée. Des hurlements. Des éclairs verts. Des cris. Des pleurs.

Je me réveille en sursaut. C'est un cauchemar, juste un cauchemar Virginia. Calme-toi. Je halète, j'ai du mal à respirer, j'étouffe. J'ai besoin d'air.

Doucement et essayant de faire le moins de bruit possible, je me lève et sors de la chambre, mes chaussures à la main. Je me chausse et passe le portrait de la Grosse Dames qui dort profondément. Je descends les escaliers, sur mes gardes. Je n'ai pas envie de tomber sur Miss Teigne ou sur Rusard. Je pousse la porte qui mène à la cour de l'entrée et m'assois sur un banc, sous un figuier.

Le vent me chatouille le visage. Quelle idiote ! Je n'ai même pas pensé à prendre une cape. Il fait froid. Pourtant, je ne veux pas rentrer, j'ai encore le cauchemar en tête… Qu'est-ce que cela signifie, ces éclairs et ces hurlements.

- Hum, Hum…

Je me retourne vivement. Dumbledore se tient là, devant moi un sourire bienveillant sur le visage.

- Je…Je…je bafouille

- Suis-moi Virginia…

J'obtempère. Je viens de violer le règlement et je vais certainement être collée, pour la première fois de ma vie. Nous arrivons dans son bureau, il me désigne une chaise. Je m'assois rapidement. Dumbledore fait de même. Il me jauge quant à moi j'ai les yeux vissés sur mes chaussures qui sont vraiment fascinantes.

- Qu'est-ce que tu fais dehors Virginia ? me demande-t-il

- Et vous ?

A cet instant j'ai envie de me foutre trois paires de claques. Mon comportement frise l'insolence, je crois que je viens de signer mon arrêt de mort… Pourtant Dumbledore continue de me fixer, toujours avec ce sourire bienveillant et contre toute attente, il me répond.

- Je trouve que la nuit est fascinante, pas toi ?

- Si vous le dîtes… je marmonne

- Tu n'as pas encore répondu à ma question.

- Je… J'ai fait un cauchemar…

- Tu souhaites en parler ?

- Il y avait des éclairs et des cris. Il y avait une femme qui pleurait… Professeur est-ce que mon… rêve à un lien avec mes vrais parents ?

- Qu'en penses-tu ?

- Je vous ai entendu parler de mes parents avec le professeur McGonagall quand j'étais à l'infirmerie…

Le directeur ne paraît pas fâché et il m'incite même à poursuivre. Je sens que si je ne lui dis pas ce que j'ai découvert maintenant, je n'aurai pas d'autres occasions de lui en parler et ainsi de connaître la vérité. Alors, je me lance :

- J'ai fait des recherches et j'ai émis l'hypothèse que… C'est idiot… J'ai pensé que Harry Potter était mon frère…

Je baisse les yeux, honteuse. En parler n'était peut-être pas la meilleure idée qui soit, finalement… Je m'attends à ce que le directeur me rabroue ou se moque de moi mais il n'en n'est rien. Il se lève et tire d'un tiroir une photo. Il me la tend. Sur cette photo, on voit le château de Poudlard à l'arrière-plan. Les deux adultes ressemblent étrangement aux photos que j'ai observées dans la salle des trophées. Il y a deux bébés. Un garçon et une fille. Le garçon a des cheveux noirs et de grands yeux verts. La fille a les cheveux roux et de grands yeux bruns. J'interroge Dumbledore du regard, pour me faire confirmer mon hypothèse. Il hoche la tête et je sens les larmes montées malgré moi.

- Même si je me doute que tu as envie de rapporter cette nouvelle à tes amis et à Harry, je te demanderai de garder cela pour toi pour le moment. D'accord ?

- Je… Oui, oui d'accord.

Le directeur me raccompagne jusqu'à la porte et je remonte tranquillement jusqu'au dortoir. Je regagne mon lit, le plus silencieusement possible et sombre dans les bras de Morphée.

°oOo°

Je me réveille vers huit heures, pas pressée le moins du monde de sortir de mon lit. Nous ne prenons qu'à dix heures le mardi. Finalement après m'être tournée et retournée, dans l'espoir de me rendormir, je me lève et m'habille. Ginny et déjà dans la salle commune en train d'écrire quelque chose sur une grosse carte rose bonbon.

- Ah, tu tombes bien ! J'ai écrit un poème pour Harry !

- Génial…

- Écoute !

Elle s'éclaircit la voix et récite :

- Ses yeux sont verts comme un crapaud frais du matin

Ses cheveux noirs comme un corbeau, il est divin

Je voudrais tant qu'il soit à moi

Celui qui a combattu et vaincu

Le Seigneur des Ténèbres à mains nues

J'applaudis poliment. Bon sang, elle ne va pas quand même pas envoyer ça à Harry ! Quoique, ça peut être marrant… Allez quitte à ce que ça soit totalement ridicule…

- Pourquoi tu ne rajouterais pas : c'est mon héros et c'est mon roi entre il est divin et je voudrai tant qu'il soit à moi ?

- Tu crois ? demande-t-elle les yeux brillants.

- Mais oui !

Et elle ajoute ma suggestion à sa carte. Bon sang, je n'aimerai pas être à la place de Harry quand il recevra la carte…


Et voilà, un peu plus court que d'habitude mais dîtes ce que vous en avez pensez. A la prochaine !