un chapitre assez court, que j'aime moyen moyen. j'essaie d'introduire les nouveaux personnages, mais c'est pas facile, et vraiment pas ce à quoi je suis la meilleure x)

j'espère qu'il n'y a pas trop de fautes, encore une fois.

je vous remercie de tout mon coeur pour les reviews, je les lis toutes avec attention. et merci à tous ceux qui follow et mettent en favori, même sans laisser de reviews, merci merci!

bonne lecture :3


Draco se releva, avec l'impression que seules dix minutes s'étaient écoulées, tandis qu'il était effondré au sol, frigorifié par la neige qui trempait ses vêtements, les joues mouillées de larmes salées. Mais, le soleil était déjà en train de se coucher, teintant les nuages de violet et rose clair. Il prit une grande bouffée d'air, essuya d'une main les quelques perles qui restaient au coin de ses yeux, puis se mit en chemin vers le château. Avec cette désagréable impression d'avoir fait preuve d'une grande faiblesse. Il espérait que personne n'y avait assisté. On se ficherait encore de lui, on l'appellerait la mauviette, le pleurnichard, et il n'avait franchement pas besoin de ça maintenant.

Il jeta un coup d'œil à sa montre en argent, un cadeau d'anniversaire, qui avait appartenu à son père avant lui. Les aiguilles indiquaient une heure bien trop tardive. Il aurait dû être dans la Grande Salle pour dîner depuis presque vingt minutes. Il était censé manger avec ses « nouveaux amis », soit la bande d'Alya, aka la bombasse, El, aka la rousse folle, Oli, Charles et Alex, aka les trois inséparables insupportables. Et il allait se faire atomiser pour être en retard.

Il songeait toujours à une excuse potable à leur sortir lorsqu'il prit place à côté d'eux, ses habits encore humides et froids, ses cheveux mal coiffés qui collaient à son front, ses yeux rouges d'avoir pleuré pendant des heures. Avec un peu de chance, personne ne remarquerait rien, n'est-ce pas ?

Par habitude, il regarda furtivement l'endroit à la table de Gryffondor où Potty, Weasmoche et Granger mangeaient chaque jour. Etrangement, Harry – depuis quand est-ce qu'il l'appelait par son prénom, mais n'importe quoi, vraiment – était seul, sans ses meilleurs amis. Draco pensa en souriant que ces deux-là étaient peut-être partis faire des… affaires de couple. Il allait se mettre à ricaner bêtement à cette pensée, quand deux émeraudes se plantèrent dans ses yeux. Il avait du mal à l'avouer, mais il n'arrivait pas à rester de marbre face à ça. Jamais. Il se sentait transpercé. Il avait du mal à respirer. Ce n'était pas normal. Pourquoi est-ce que des conneries pareilles lui arrivaient toujours ? Que son cœur accélère comme un détraqué pour ça ? N'importe quoi. Il était vraiment à bout. Vraiment. Quel con.

Potter le fixait toujours. Pourtant, il ne semblait pas en colère. Il avait changé de comportement depuis le début de l'année. Enfin, il avait l'air d'avoir changé. Il ne l'avait plus frappé, ni insulté de monstre. C'était un beau progrès, non ? Il avait changé. Plus précisément… depuis ce fameux cours. Sur l'Amortentia. Merde. Encore ça. Ça revenait. Bordel !

Draco secoua brusquement sa tête de gauche à droite, quitta le brun du regard, se concentra de nouveau sur ses camarades. Pourquoi ne pouvait-il pas simplement oublier ?

- Et donc, c'est officiel maintenant ! s'exclama joyeusement Oli, celui qui lui avait été présenté comme « celui qui devient tout rouge quand il rit. »

- Qu'est-ce qui devient officiel ? demanda Draco, essayant de s'incruster avec discrétion dans la discussion en cours.

- Tu n'écoutes donc jamais ! ria le garçon.

Le blond haussa les épaules. Il aurait tout aussi bien pu répondre « c'est parce que je m'en fous totalement », parce qu'il le pensait, mais bon, il devait être… gentil. C'était bien ça, non ?

- On parlait du bal d'hiver. McGo a annoncé ça, au début du repas. Ça aura lieu le premier jour des vacances de Noël. C'est pour ça que la plupart des élèves restent à Poudlard pour les fêtes.

- Ouais, le château va être blindé ! renchérit Charles.

Les filles, Alya et El, semblaient complètement absorbées par leur propre conversation. La brune écarquillait grand les yeux, en posant parfois sa délicate main sur sa bouche pour montrer son étonnement. La rousse n'était pas si gracieuse elle parlait sans arrêt, tout en enfournant une fourchette entre chaque mot. Elle ressemblait vraiment à Weasley.

- Tu sais qui tu vas inviter, Malfoy ? questionna un des jeunes hommes.

Ils parlaient toujours de ce stupide bal, auquel Draco n'avait aucune envie d'assister. Un bal, ça se faisait encore ce genre de connerie ? Ce n'était plus l'âge de pierre pourtant. Il haussa les épaules de nouveau en guise de réponse. S'il y avait quelqu'un à inviter, il pensait déjà à une personne en particulier. Alya serait ravie de l'accompagner, n'est-ce pas ? Vu la manière dont elle l'aguichait à chaque fois qu'ils se croisaient, il n'y avait aucun doute. Et il n'avait pas le courage de chercher plus loin. Pourquoi le faire d'ailleurs ? Il avait à sa portée une magnifique jeune femme, qui l'appréciait et ne le traitait pas comme un monstre horrible. Pourquoi chercher quelqu'un d'autre, hein ? Ce serait inutile.

- Je demanderais bien à El, murmura Charles, les joues roses.

Draco fut pris d'un fou rire incontrôlable. El ? Avec… lui ? Même pas en rêve. Le blond avait assez trainé avvec elle ces derniers-temps pour assurer qu'il n'avait pas la moindre de chance. Premièrement, parce que ce gars était un demeuré. Deuxièmement, parce qu'il n'était pas et ne serait jamais son genre. Non, il lui manquait une paire de seins.

Draco avait rapidement compris qu'El avait une nette préférence pour les filles. Elle ne se gênait pas pour en parler directement avec lui. Quand il lui avait posé la question, elle avait répondu, très à l'aise. Puis lui avait fait promettre ne pas en parler à ses amis. Parce qu'apparemment, ils ne comprendraient pas… Personnellement, c'était ça que Draco ne comprenait pas. Elle avait peur que ses amis la rejettent s'ils venaient à apprendre qu'elle aimait les filles et non pas les garçons ? Elle avait peur de s'afficher comme elle était vraiment ? Au début, il ne voyait pas comment elle pouvait avoir peur. Enfin, la rousse était joviale, rieuse, confiante, et tout le monde l'adorait. Pourquoi avait-elle peur ? Pourquoi est-ce que quiconque la rejetterait ? Et puis, ce n'était pas une raison de la rejeter. C'était stupide.

Puis, ça lui sauta aux yeux. Eléanor – il aimait bien son prénom entier – avait peur de perdre ses amis au détriment de sa « différence » - bien que Draco ne voyait pas la différence – car elle n'avait pas confiance en elle, comme elle le faisait croire à tout le monde. Il avait appris à mieux la connaître, pendant ces moments qu'ils avaient passé ensemble. Et, il pouvait maintenant être sûr quand il disait cela. El doutait beaucoup trop d'elle pour faire son coming-out.

Draco la sortirait bien lui-même du placard, dans lequel elle s'était enfermée pendant longtemps, où elle s'était cachée toutes ces années. Mais elle refusait, inlassablement. « Tu ne comprends pas, ils me laisseront ! » Il avait eu beau lui répéter que s'ils la laissaient, alors ils n'en valaient pas la peine, et que lui, au moins, ne la laisserait pas, elle ne voulait rien entendre.

Enfin, bref. Tout ça pour dire que le pauvre Charles n'avait aucune chance auprès d'Eléanor. Aucune. Néant.

- Pou-pourquoi tu rigoles ? bégaya l'autre, vexé et gêné à la fois.

En effet, le blond ne s'était pas arrêté de rire, si bien que la moitié de la salle était retournée vers lui. Ça lui apprendrait à s'enfoncer trop loin dans ses pensées, sans ne plus remarquer rien de la vraie vie.

- Oh… C'est… je… rien, rien, rien oubliez, fit-il, avec un geste de la main, signifiant « laissez tomber, et me faites pas chier » de manière plus polie.

Il aurait, lui aussi voulu tout oublier, quand ses yeux rencontrèrent de nouveau ceux émeraudes et intenses d'Harry Potter. Instinctivement, l'odeur significative du philtre d'amour, de l'Amortentia, miel, gâteau et pomme – un peu trop sucrée, non ? – lui revint. Et, comme toujours – il allait s'y habituer à force – son cœur se détraqua. Il se demanda encore une fois qu'est-ce que c'était que ce bordel, et encore une fois n'eut aucune réponse. Aucune autre réponse que celle du brun, qui le regardait toujours. Sans colère dans ses prunelles. Sans rien. Avec, juste, ce truc, indescriptible, qu'il ne comprenait pas. Et ne comprendrait jamais.

Quel bordel.